10/10/2013 (Brève 282) Revue de presse (RFI une longue interview de Med Aloumékani après la tentative d’attentat)

_________________________ RFI

Affaire Borrel: le témoin clé victime d’une embuscade


Par Pierre Pinto

En exil depuis 15 ans, le Belgo-Yéménite Mohamed Saleh Alhoumekani, dont le témoignage met en cause directement le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh dans l’enquête sur la mort du juge Borrel, à Djibouti en 1995, vient de passer un mois et demi en prison au Yémen, réclamé par Djibouti pour des délits mineurs.

Cet ancien officier de la garde républicaine djiboutienne est tombé dans une embuscade, ce jeudi matin, alors qu’il se rendait dans sa ville natale.

RFI : Vous êtes au Yémen, où vous avez été libéré mardi. Ce matin, alors que vous vous rendiez dans votre ville natale, vous êtes tombé dans une embuscade. Que s’est-il passé ?

Mohamed Saleh Alhoumekani : Ce matin nous avons été invités dans la région de ma ville natale. Et à notre entrée on nous a tirés dessus à balles réelles. On a été obligé de rebrousser chemin. Il y a même eu un blessé. Ils étaient habillés en soldat. C’était un piège tendu pour qu’on puisse arriver et que je puisse mourir ici.

Pour vous, qui se cache derrière l’attaque que vous avez subie ce matin ?
C’est Ismail Omar Guelleh qui est derrière cela ! Parce qu’ils ne peuvent plus m’arrêter. Ils ne peuvent plus m’incarcérer. Ils ne peuvent plus m’extrader. Donc ils n’ont plus qu’un seul choix, c’est de m’éliminer maintenant.

Pourquoi ?
Parce que si on m’élimine au Yémen, Ismail Omar Guelleh va se laver les mains, pour dire : ce n’est pas moi. Il n’est pas de mon territoire, il est sous la responsabilité des Yéménites.

Revenons à présent sur votre arrestation à Sanaa, au Yémen il y a un mois et demi. Quel motif a-t-on invoqué à ce moment-là ?
Dès mon arrivée, j’ai passé douze heures à l’aéroport. Ces messieurs ont voulu me garder, parce qu’ils savaient parfaitement qu’un avion arrivait de Djibouti pour pouvoir m’extrader. Et heureusement que j’avais des amis qui m’ont dit que la loi ne leur permettait pas de me garder à l’aéroport. Il fallait que je sois à la brigade criminelle, à laquelle une enquête pouvait être ouverte.

J’ai été transféré à cette brigade et je suis resté six jours dans la cellule, sans savoir les motifs !

Mais les motifs j’ai pu les savoir par le directeur d’Interpol. Il m’a dit que je fais l’objet de deux délits. Le premier c’est falsification en 2004. Et j’ai rigolé. Le deuxième c’est une bagarre en 93.

Alors je lui ai dit : d’abord en 2004 je n’étais pas à Djibouti pour falsifier quelque chose. J’ai quitté Djibouti en 98. Il m’a dit : OK.

Pour le deuxième cas, en 1993, même s’il y avait quelque chose ce serait prescrit.

Et je ne peux pas faire l’objet d’une fiche rouge pour une simple bagarre. Il m’a dit : moi je suis venu vous voir pour savoir si vous maintenez surtout, votre nationalité yéménite ou belge. J’ai dit : pourquoi ?

Et il me dit : si vous me dites que vous êtes Belge, il y a un avion qui est à l’aéroport de Sanaa, on vous extrade immédiatement. Si vous dites que vous maintenez votre nationalité yéménite, la Constitution yéménite ne permet pas de vous extrader. J’ai dit : je suis Yéménite.

Et puis le lendemain matin, sans l’ordre du parquet, j’ai été kidnappé de cette cellule de la brigade criminelle à la grande prison du Yémen, où figurent des terroristes à l’intérieur, des criminels. J’ai été parmi tout ce beau monde, et sans l’accord du parquet !

Je suis resté trente-quatre jours dans cette cellule ! Après j’ai fait intervenir ma tribu, il y a eu un peu de pression. On a ramené un dossier au parquet.

Et le substitut du procureur qui m’a auditionné a estimé que je devais être libre. Mais vingt-quatre heures plus tard, il n’y a rien d’officiel. J’apprends que peut-être on m’interdirait de quitter le territoire yéménite. Je ne vois pas pourquoi on va m’interdire de quitter le territoire yéménite. Je l’ai compris ce matin. Le fait de me garder sur le territoire yéménite, dans un territoire où tout le monde est armé, je deviens une cible potentielle pour me faire descendre

Je ne pense pas que le gouvernement yéménite soit complice. Mais sans doute un groupe de personnes fait pression sur certains membres du gouvernement pour que je reste ici. Mais je ne pense pas que le gouvernement yéménite soit complice pour qu’on m’assassine. Ismail Omar Guelleh a des tentacules au Yémen. J’ai eu la visite de personnes à la grande prison au Yémen, qui sont venues me dire que nous avons des intérêts à Djibouti. La seule chose qu’on vous demande c’est de rectifier votre témoignage. Et j’ai refusé. J’ai dit non !

Alors justement, vous êtes cité comme témoin, dans l’enquête sur la mort du juge Borrel à Djibouti. Dans votre témoignage, vous impliquez directement Ismail Omar Guelleh, devenu depuis le président de Djibouti. Est-ce que vous maintenez vos déclarations encore aujourd’hui ?

Bien sûr ! Je n’ai jamais changé et je ne rectifierai jamais ! D’abord, je n’ai jamais mis en cause Ismail Omar Guelleh comme assassin. Je ne l’ai jamais dit. J’ai dit que j’ai été témoin d’une discussion au palais présidentiel, dans laquelle Ismail Omar Guelleh était présent, avec tous les responsables cités : Hassan Saïd, le chef de sécurité, le colonel Mady, Monsieur Alain Romani et deux présumés terroristes. Ça, je le maintiens. Je ne changerai pas !

Ces personnalités qui sont venues me voir m’ont dit que je serai libre et que Ismail Omar Guelleh paiera tous mes soucis, en particulier à moi et ma famille. Et j’ai refusé ! Et je refuserai ! Je l’ai dit, même si on me met la corde au cou pour me tuer, je ne changerai même pas une virgule ! Je le dis devant la justice française. Et ça ne concerne en aucun cas le Yémen. Ça concerne Djibouti et la France. Je ne vois pas pourquoi le Yémen va m’arrêter, m’incarcérer et faire pression sur moi pour ce témoignage.

Je demande aujourd’hui aux autorités européennes, françaises et surtout belges, d’assurer ma protection, parce qu’on m’interdit de voyager et de quitter ce territoire, mais ils doivent être responsables de cela, parce qu’ils n’ont rien fait. Et ils doivent bouger immédiatement pour ma sécurité et que je quitte le territoire. J’ai été libéré et je ne vois pas pourquoi je vais rester, pour être une cible. Et si je meurs aujourd’hui, ce sera sous la responsabilité du gouvernement yéménite qui m’a libéré pour être une cible, et surtout du silence des Européens, de la Belgique et de la France.

10/10/2013 ALERTE ROUGE (Bréve281-b) Ce matin Mohamed Alhoumékani a échappé de justesse à un attentat (A écouter son témoignage ce matin)

Nous venons d’avoir un entretien téléphonique avec Mohamed Alhoumékani, qui vient d’échapper à un attentat au Yémen dans la ville d’Al Saïda où il devait assister à une réception donnée par le Gouverneur de la région en honneur à la victoire de son fils Moncef, dans le championnat de boxe et aussi pour saluer sa libération.

Un grand nombre de policiers avait été deployé autour de la résidence du Gouverneur. Quand Mohamed est arrivé, des tirs à balles réelles ont été déclenchés. On pense probablement par des membres de ces forces de protection (?). Par miracle, Mohamed et son fils ont échappé aux tirs. Un gendarme aurait été tué dans la confusion.

Mohamed lance un appel urgent d’abord à la Belgique, dont il est citoyen, puis à la France et à l’ensemble de la communauté internationale pour que les Etats assurent sa protection et son rapatriement en Belgique dans des conditions qui garantissent sa sécurité et celle de son fils.

Il semble que tout désigne Guelleh dans la commandite de ce nouvel attentat.

Dès hier, nous évoquions l’hyptohèse d’un plan B concocté au Palais de l’Escale à Djibouti, qui consisterait à éliminer physiquement ce témoin qui a permis de le désigner Guelleh, comme le commanditaire possible de l’assassinat du Juge Borrel.

Cette information est confirmée par le site Horn of Africa, qui ajoute que Guelleh serait devenu fou furieux en apprenant la libération de Mohamed et qu’il aurait ordonné à son complice de toujours, le célèbre Hassan Saïd, chef du SDS, de faire exécuter Alhoumékani. On peut donc légitimement imaginer que ce sont ses sbires qui auraient pu avoir acheté des tireurs (policiers, gendarmes, mercenaires, … ?)

Nous réactivons l’alerte rouge.


1°) A écouter en WMA


2°) A télécharger en MP3
Lien de téléchargement

09/10/2013 (Brève 279) Des détails sur la libération de Mohamed Alhoumékani que nous avons pu joindre par téléphone.

Nous avons pu joindre Mohamed Alhoumékani, ce mercredi et il nous a donné des informations sur sa détention et sur sa situation après sa libération hier mardi de la prison centrale de Sanaa.

Durant la première semaine qui a suivi son arrestation sur l’aéroport de Sanaa, Mohamed Alhoumékani avait été soumis à un règime « très sèvère » au sein de la prison de Sanaa. Isolement complet, brimades et probablement sévices, ce qui confirme l’alerte que nous avions lancée à propos de mauvais traitements possibles.

Après plusieurs jours passés dans ces conditions (comme disent les policiers français « pour attendrir la viande »), il a reçu la visite d’une haute personnalité djiboutienne, qui
a tenté de nouveau d’obtenir qu’il revienne sur son témoignage dans l’affaire Borrel, en échange de sa libération immédiate. Il a refusé de changer une virgule, position qu’il avait toujours maintenu et qu’il maintient contre vents et marées jusqu’à sa libération hier.

Ensuite, il a bénéficié d’un régime « assoupli », proche de la normale dans la prison centrale de Sanaa. Bien que les juges aient estimé à deux reprises que les accusations présentées par Djibouti, même complétées de nouveaux délits inventés au fil du temps, ne tenaient pas la route, le Procureur a toujours botté en touche, en ne prenant pas la décision de libération.

Dès le début de l’affaire la tribu d’Alhoumékani a considéré que Mohamed était un otage et elle a joué un rôle fondamental, augmentant la pression pour contrebalancer les promesses financières de Guelleh, présentées par les différents intermédiaires qui se sont succédés à Sanaa et dont nous avions évoqué la présence. Aux promesses financières, il faut certainement ajouter une opération de chantage sur des établissements yéménites à Djibouti…?

Hier, comme, elle l’avait annoncé dans la presse (nous avions publié l’information), la tribu a décidé que Mohamed serait libéré. Ce sont 5.000 hommes armés qui sont venus encercler la prison. 5.000 autres étaient prêt à les rejoindre et Mohamed a cité le nombre de 25.000 hommes au total, susceptibles de venir en renfort.

Face à cette démonstration et sachant que le Yémen n’avait rien à lui reprocher, le Président yéménite s’est enfin décidé à confirmer l’ordre de libération. Mohamed est sorti de la prison dans le calme, accueilli par sa tribu et les nombreuses banderolles que l’on peut voir sur les photos ci-dessous. La tribu avait menacé, au final, de couper tout l’approvisionnement qui passe du nord vers le sud du pays.

Mohamed Alhoumekani nous a confirmé qu’il a reçu, durant sa séquestration, la visite de nombreux émissaires djiboutiens qui demandaient à chaque fois, le reniement de son témoignage. Pour le moment, il ne nous appartient pas de dévoiler leurs identités qui sont en notre possession, mais ils se reconnaîtront et nous pouvons espérer que la Justice française les convoquera pour les entendre dans une nouvelle tentative de subornation de témoin… Cela pourrait concerner aussi plusieurs personnalités yéménites.

Pour preuve de sa bonne foi, Mohamed Alhoumékani a remis plusieurs documents à la justice yéménite, documents écrits et copies des enregistrements audio de conversations avec Grandes Oreilles, le Procureur Djama (et d’autres),
au cours desquels ils tentaient d’obtenir sa rétractation…

Guelleh a perdu son épreuve de force. A Djibouti, on parle de mettre en marche un plan B. S’agirait-il de l’assassinat programmé de Mohamed Alhoumékani ? Pour le moment il se repose au sein de sa tribu dans un village
et il est protégé par de nombreux hommes armés, qui garantissent sa sécurité, au cas où Guelleh entretiendrait encore l’espoir de mettre fin à ses jours …. (Sait-on jamais ?)

La tribu de Mohamed Alhoumékani occupe une vaste zone qui est stratégique parce qu’elle contrôle le passage des marchandises et du pétrole du nord vers le sud. Tout blocage à partir de Sa’dah priverait la capitale et une grande partie du pays de ses approvisionnements, ce qui aurait des conséquences graves.

09/10/2013 (Brève 280) Mohamed Dour, l’Ambassadeur de Guelleh auprès du Yémen, grand ami du Ministre de l’intérieur yéménite, qui a tenté d’obtenir l’extradition de Mohamed Alhoumékani est-il un brave homme ? A priori pas vraiment selon les informations que nous venons de recevoir à son sujet : ce serait même le contraire.

On sait que l’entourage proche de Guelleh n’est pas constitué que de personnalités honnêtes, au-dessus de tout soupçon !!! … Cela se vérifie chaque jour, que ce soient les directeurs des grands établissement publics (eau, électricité, télécommunications), les principaux directeurs dans l’administration et les ministres. Mais cela concerne aussi les Ambassadeurs. Par exemple, l’ARDHD avait poursuivi une chronique édifiante sur les aventures du Prince des noisettes, l’ancien ambassadeur à Bruxelles, qui se croyait tout permis, y compris de battre son propre chauffeur …

Mohamed Douhr, l’ambassadeur de Djibouti au Yémen n’échappe pas à la règle.

On sait qu’il a atterri un beau jour en Belgique pour demander le droit d’asile puis la nationalité en se faisant passer pour un réfugié somalien … Ensuite il a décidé de quitter son épouse qui est restée en Belgique, mais il a kidnappé les enfants avant de s’enfuir vers Djibouti où Guelleh l’a accueilli comme un digne membre de la bande mafieuse qui tient le pays et il l’a nommé comme Ambassadeur au Yémen, en récompense de ses hautes qualités.

Actuellement Mohamed Douhr ferait l’objet d’une enquête judiciaire en Belgique pour kidnapping d’enfants et en plus il risque de perdre le droit d’asile et la nationalité au motif qu’il a menti honteusement lorsqu’il a déposé sa demande.

Tout cela suffit à montrer qu’il est un digne représentant du régime ….et qu’il ne peut rient refuser à Guelleh ! Sera-t-il convoqué par la justice française, en plus, pour tentative de subornation de témoin et complicité de séquestration. L’avenir le dira !

08/10/2013 (Brève 275)ALERTE ROUGE – LIBERATION DE MOHAMED ALOUMEKANI A SANAA

C’est avec un immense soulagement que nous venons d’apprendre la libération de Mohamed Aloumékani qui est sorti de la prison centrale de Sanaa où il était séquestré depuis six semaines.

Pour l’heure, nous ignorons tous les détails de sa libération et surtout s’il y a des conditions ou s’il est libre de rentrer sain et sauf en Belgique, mais nous devrions recevoir des informations dans la soirée.

Actuellement, il est placé sous la protection de sa tribu, qui a joué un rôle fondamental pour obtenir sa libération
et nous formulons tous nos voeux pour qu’il puisse rentrer, le plus rapidement possible en Belgique pour retrouver sa famille..

En conséquence nous levons l’alerte rouge qui avait été ouverte le 24 août 2013

08/10/2013 (Brève 276) Revue de presse / LIBERATION DE MOHAMED ALOUMEKANI A SANAA : la presse en parle (Libération, Le Figaro, Le Vif (Belgique), …

_______________________ 1°) Le Vif (Belgique)
http://www.levif.be/info/belga-generique/le-belgo-yemenite-mohamed-saleh-alhoumekani-libere-apres-un-mois-et-demi-de-detention/article-4000418048881.htm

Le Belgo-Yéménite Mohamed Saleh Alhoumekani libéré après un mois et demi de détention mardi 08 octobre 2013 à 16h30 (Belga)

Le Belgo-Yéménite Mohamed Saleh Alhoumekani, détenu dans son pays d’origine depuis le 24 août, a été libéré mardi après-midi, a confirmé sa famille à l’agence Belga.

Le Belgo-Yéménite Mohamed Saleh Alhoumekani libéré après un mois et demi de détention Mohamed Saleh Alhoumekani avait été arrêté le 24 août à Sanaa, alors qu’il prévoyait de rendre visite à des proches. Il est un témoin clef dans l’affaire Borrel, du nom de ce juge français assassiné en 1995 à Djibouti.

A l’époque, la justice avait conclu à un suicide, mais des témoignages, dont celui de M. Alhoumekani, qui fut officier dans la garde républicaine de Djibouti, mettent directement en cause le président et son entourage.

Deux ordonnances de libération immédiate avaient été délivrées par un juge yéménite mais sans être rendues effectives. La demande d’extradition formulée par Djibouti pour calomnie envers le chef de l’État, Ismaël Omar Guelleh, semblait dès lors être l’unique raison du maintien en détention du ressortissant belge.

Mardi matin, le député bruxellois Ahmed El Khannouss (cdH), qui s’est rendu à Sanaa du 7 au 12 septembre et y a rencontré les plus hautes autorités de l’Etat, a souligné lors d’une conférence de presse que les autorités yéménites avaient reconnu ne rien avoir à reprocher à M. Alhoumekani.

_____________________ 2°) Libération

Affaire juge Borrel : le témoin-clé libéré au Yémen
http://www.liberation.fr/societe/2013/10/08/affaire-juge-borrel-le-temoin-cle-libere-au-yemen_937930

Le juge français avait été retrouvé mort à Djibouti en 1995.

Le témoin-clé avait été emprisonné après avoir mis en cause l’actuel président djiboutien et son entourage. Le témoin-clé dans l’affaire du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort à Djibouti en 1995, a été libéré mardi à Sanaa, où il était détenu depuis le 24 août, a-t-on appris auprès de sa famille à Bruxelles. Mohamed Saleh Alhoumekani «est sorti de prison en début d’après-midi», a déclaré son frère, Saleh Houssein Nadrin, à l’AFP.

«Nous sommes évidemment très heureux et remercions tous ceux qui ont lutté pour sa libération», a-t-il ajouté.

Mohamed Saleh Alhoumekani, qui est domicilié à Bruxelles et possède la double nationalité belge et yéménite, est considéré comme un acteur clé ayant permis de relancer l’enquête sur la mort du juge Borrel. Cet ancien officier dans la garde républicaine de Djibouti avait mis en cause auprès des autorités judiciaires françaises l’actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh et son entourage, pour leur implication dans la mort du juge.

Il avait été arrêté à son arrivée à Sanaa le 24 août alors qu’il venait rendre visite à des membres de sa famille. Les autorités yéménites avaient mis en avant une demande d’arrestation lancée par Interpol à l’initiative des autorités de Djibouti, qui réclament son extradition, selon sa famille.

Son avocat belge, Me Mischaël Modrikamen, avait ensuite fait état de «blocages» empêchant sa remise à liberté «alors qu’il n’y a aucune charge contre lui». Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, en contrebas d’un ravin, à 80 km de Djibouti. Son corps était en partie carbonisé.

Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide. Mais en se basant sur de nouvelles expertises et des témoignages, l’enquête française privilégie désormais celle d’un assassinat. L’affaire Borrel a empoisonné pendant des années les relations entre Paris et son ex-colonie, où la France dispose de l’une de ses plus importantes bases militaires à l’étranger. AFP

__________________________ 3°) Le Figaro

Affaire Borrel : le témoin clé libéré
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/10/08/97001-20131008FILWWW00531-affaire-borrel-le-temoin-cle-libere.php

Le témoin-clé dans l’affaire du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort à Djibouti en 1995, a été libéré aujourd’hui à Sanaa, où il était détenu depuis le 24 août, a-t-on appris auprès de sa famille à Bruxelles. Mohamed Saleh Alhoumekani «est sorti de prison en début d’après-midi», a déclaré son frère, Saleh Houssein Nadrin. «Nous sommes évidemment très heureux et remercions tous ceux qui ont lutté pour sa libération», a-t-il ajouté. Mohamed Saleh Alhoumekani, qui est domicilié à Bruxelles et possède la double nationalité belge et yéménite, est considéré comme un acteur clé ayant permis de relancer l’enquête sur la mort du juge Borrel.

Cet ancien officier dans la garde républicaine de Djibouti avait mis en cause auprès des autorités judiciaires françaises l’actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh et son entourage, pour leur implication dans la mort du juge. Il avait été arrêté à son arrivée à Sanaa le 24 août alors qu’il venait rendre visite à des membres de sa famille.

Les autorités yéménites avaient mis en avant une demande d’arrestation lancée par Interpol à l’initiative des autorités de Djibouti, qui réclament son extradition, selon sa famille. Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, en contrebas d’un ravin, à 80 km de Djibouti. Son corps était en partie carbonisé.

Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide. Mais en se basant sur de nouvelles expertises et des témoignages, l’enquête française privilégie désormais celle d’un assassinat. L’affaire Borrel a empoisonné pendant des années les relations entre Paris et son ex-colonie, où la France dispose de l’une de ses plus importantes bases militaires à l’étranger.

07/10/2013 (Brève 272) ALERTE ROUGE : Le fantôme du Juge Bernard Borrel assassiné à Djibouti en octobre 1995, plane toujours sur Haramous. (Uniquement pour celles ou ceux qui ne l’auraient pas encore lu, nous vous proposons une rediffusion d’un article « Panique à Soumarah » publié le 22 octobre 2004 puis le 25 juin 2006 dans la rubrique humour). L’actualité est-elle en train de rattraper la fiction ? (Toute ressemblance avec des personnalités djiboutiennes serait fortuite et involontaire)

Panique à Soumarah

Samedi, sortira sur le
grand écran, le nouveau film de fiction : « Panique à
Soumarah », du célèbre réalisateur Nassah Dias (*), dont
les mauvaises langues disent que lassé de torturer ses concitoyens, il s’attaque désormais aux cinéphiles du monde entier. Nous laisserons
à chacun le soin d’en juger.

Ce film raconte l’histoire
d’un Chef d’Etat dans un pays imaginaire, qui est confronté à
sa conscience. Tel Caïn, sa (mauvaise ?) conscience le suit partout et
hante ses jours et surtout ses nuits.

Le réalisateur
se veut être un homme très proche de ce Chef de l’Etat et il
nous raconte ce qu’il voit avec ses yeux et avec sa parfaite connaissance des dossiers secrets (et scabreux ?) de l’Etat.
On verra d’ailleurs que le suspens durera jusqu’à la fin. C’est au
tout dernier moment que l’on connaîtra le dénouement. Pendant
plus de 90 minutes les spectateurs voient se dérouler l’intrigue avec
les yeux de Nassah Dias ! Mais coup de théâtre final, le réalisateur va être
arrêté, pour le crime qu’il a commis autrefois, par des gendarmes dépêchés par un autre pays. C’est avec la plus grande angoisse que nous suivons cette scène jouée à la perfection. Les interprètes sont plus vrais que nature. On jurerait que les gendarmes sont des professionnels. Le spectateur
a vraiment l’impression que c’est lui qui va être arrêté
et emprisonné. Il ressent le frisson du futur condamné.

Revenons à l’intrigue
: tous les ingrédients sont là. Un Président dictateur
Helleug et son épouse Oyabag qui tire les ficelles par derrière
et qui semble détenir la plus grande partie du pouvoir. Le réalisateur
a-t-il forcé le trait, quand il la dépeint sous l’aspect d’une
femme méchante, acariatre, rancunière, très avide et à l’ambition
démesurée. A-t-il vraiment forcé le trait ? Où a-t-il trouvé son inspiration pour imaginer un tel personnage, aussi cruel et aussi machiavélique ?

Il faut admettre que la scéne de l’orphelinat est insoutenable : lorsqu’elle arrive en voiture pour sélectionner froidement les malheureux enfants qui seront jetés ensuite dans un avion à destination de Londres. Qui aurait pu imaginer un tel cynisme de la part d’une femme, mère de famille ? La question que l’on se pose, est de savoir s’il était nécessaire (pour expliquer la tyrannie exercée par les dirigeants) de montrer la violence inacceptable exercée sur des enfants : par exemple la séquence atroce de la sélection pour satisfaire les commandes reçues de l’étranger ?

Il y a aussi un traitre,
comme dans toutes les histoires bien ficelées. Il est joué
par le célèbre comédien, enfant du pays, Namielous.
Préféré d’Oyabag, artiste chevronné, spécialiste de l’équilibrisme,
charlatan à ses heures, il joue à merveille : on le croit, on approuve ses paroles mielleuses ! Il sait interpréter les deux faces du personnage qu’il double : totalement ‘carpette’ avec les plus forts que lui, et sadique à l’extrême avec les plus faibles.

La salle de projection,
emportée par son enthousiasme face à tant de duperie, de méchanceté, de mauvaise foi et de mesquinerie,
se mit spontanément à le siffler. Sa chute est relativement
brutale ensuite. Passé le point de non-retour dans le mensonge d’Etat, puis confondu par les faits, il s’écrase brutalement, comme une vieille loque.
On le voit plus tard, devenu craintif, ne sortir que la nuit et raser les murs. Dès les premières lueurs de l’aube il se réfugie
dans les égouts de la ville pour échapper frileusement à la Justice,
dont il fut pourtant un acteur particulièrement acharné, du temps de sa splendeur.

Le personnage principal,
on ne le voit jamais. Il est présent dans tous les esprits, il est
la cause de nombreuses réunions du Cabinet du Président, mais
il n’apparaît pas. Enfin pas tout à fait. Nassah Dias a choisi
de lui donner l’apparence d’un fantôme. Il est présent partout,
mais on ne le voit pas au début. Petit à petit, le spectateur
voit des formes se dessiner de plus en plus distinctement. Lerrob, c’est le
nom de ce personnage. Vers la fin, on découvrira comment (et pourquoi) de son vivant,
il a été tué par le réalisateur et ses complices, sur ordre direct du
Président. Rien de plus banal dans ce gouvernement aux moeurs dépravés
et aux multiples affaires louches, qui ne supporte pas d’être pris la main dans le sac.

Mais Lerrob, même mort, a la rancune tenace. Il veut se venger. Il n’a de cesse que les vivants découvrent les noms de ses assassins et
surtout de celui qui a donné l’ordre de la sauvage exécution. Pour atteindre son objectif, il a décidé de le désigner sans équivoque aux yeux des vivants et de la Justice, durant cette fameuse nuit, qui est le temps fort du film.

Certes, on pourrait reprocher au réalisateur
certaines longueurs : il y a des moments de grand silence et le film gagnerait
certainement à ce qu’ils soient coupés. L’action se déroule
sur plusieurs années, mais il sait habilement nous faire passer par
des phases de doute, par des phases de certitude, démenties rapidement
par une nouvelle information contradictoire ….

Nous avons moins aimé le personnage de Fera, le conseiller fraichement repenti, lorsqu’il sort sur le parvis et qu’il s’adresse au fantôme avec un porte-voix pour tenter vainement de le convaincre de repartir. L’acteur manque de force : il n’est pas convaincu, il joue « petit-bras » comme on dit dans le métier. Son interprétation ne restera pas gravée dans les mémoires. Heureusement, il ne s’agit que d’un rôle secondaire, mais c’est quand même une « erreur de casting ».

La grande
scène, c’est lorsque l’on découvre que le fantôme de Lerrob s’approche lentement de la capitale, qu’il survole ensuite la ville pour aller s’immobiliser au dessus du Palais
de Soumarah.

Là c’est vraiment
la panique à bord, le chaos, l’indécision et le sauve-qui-peut général au Palais de l’Elacse. Certains hauts fonctionnaires courent vers le port pour se jeter dans un boutre en partance pour le Yémen. D’autres, qui ont réussi à rassembler les certificats nécessaires, s’enfuient vers l’aéroport pour tenter de trouver un avion qui les emménera en Belgique ou au Canada, où ils déposeront une demande d’asile.

Le Président reste seul, terrorisé. Ses courtisans, jadis si nombreux ont disparu, son personnel s’est enfui : son épouse est en voyage. On le suit. En proie à la panique, il se réfugie lourdement avec une extrême
violence dans son coffre-fort, une immense pièce aveugle et blindée où il a entassé des richesses inouïes; sur son passage il pulvérise tout : vases
et objets précieux. Mais rien ne le protègera : le fantôme
approche toujours et il a compris qu’il était à sa recherche.

A l’Etat-Major des Armées, c’est le grand branle-bas
de combat : Airakaz, décoiffé, à peine réveillé, semble sorti tout droit d’un quelconque lupanar. Arrivé en toute hâte, dans un immense 4×4 conduit par une jeune militaire en survêtement suggestif, il vitupère contre l’ennemi insaisissable. Son supérieur le fameux Ihtaf (qui est absolument génial dans son rôle d’agent double) hurle
à la mort ; il annonce la fin du régime et il accuse directement Helleug d’être le seul responsable de cet immense gâchis. Il fait même semblant de cracher sur un portrait d’Helleug.

A eux deux, ils donnent
des ordres et des contre-ordres.

Ihtaf lance ses
hélicoptères pour intercepter et détruire le fantôme planant. A un moment,
il donne même l’ordre de tirer à balles réelles et traçantes : dans
la nuit, c’est d’un réalisme saisissant. Malgré cela, le fantôme continue
sa route, imperturbablement. Les balles le traversent sans l’arrêter
dans sa course. A noter que l’un des hélicoptères s’écrase et on comprend
que c’est une panne.

Cela marque le début
de l’une des scènes les plus émouvantes, lorsque l’officier Demahom (surnommé
‘Démago’), le chef des soldats tués dans l’accident, comprend enfin que
ce sont ses deux supérieurs qui ont détourné l’aide internationale qui
devait permettre de payer l’entretien des hélicoptères … et que la révision
indispensable n’a pas été faite, faute de financement disponible. On s’associe
à sa rage, à sa douleur face à la mort stupide et injuste de ses propres
hommes, on partage son ressentiment et son horreur face à tant de compromission
et de pourriture au pays d’Helleug.

Eh bien on a tort !


Il nous prend à contrepied, au moment où il exige de recevoir sa part de l’enrichissement
sans cause, pour prix de son silence, comme le veut la coutume ancestrale
du clan dominant ‘Nassamam’.

Dans un fracas assourdisant
(en dolby stéréo), les chars d’Airakaz s’ébranlent. D’abord lentement,
ils sortent du camp Kiehc Namso, sur trois colonnes, ils accélèrent ensuite
pour rejoindre le Palais de Soumarah qu’ils entourent aussitôt et ils
dressent leur terribles canons ver le Ciel, dans un dérisoire et dernier
geste de protection envers Helleug. Ce sera inutile, mais le spectateur
est fasciné par les effets spéciaux.

Nous vous avons dévoilé
une fraction du dénouement, mais pas tout, afin que vous ayiez toujours envie
d’aller voir ce grand film qui devrait remporter, à notre avis, la Palme d’Or
du festival international d’Ituobijd. On ne vous a pas tout dévoilé, mais
sachez quand même qu’à la fin, ‘la vérité finira par triompher’ et que la
Justice étrangère obtiendra finalement les terribles aveux du réalisateur.
La morale est sauve !

Ouf ! On avait cru pendant tout
le film que les affaires, les trafics, le crime et la vénalité allaient sortir en grands
vainqueurs de cette fiction. Il n’en est rien et tous les
méchants se retrouvent finalement en prison, condamnés pour des années. Sauf Helleug qui se suicide avec un certain panache, juste avant son arrestation. Quant au fantôme de Lerrob, il s’envole
lentement et disparaît derrière l’horizon, comme s’il était enfin libéré. Jamais fantôme n’avait suscité
une telle panique, dans l’histoire des hommes.

Toutes nos félicitations à l’équipe technique
au grand complet. Elle a vraiment été à la hauteur pour assurer la réussite
de ce grand film, de cette fiction inédite et du scénario invraissemblable qui nous a été proposé par Nassah Dias.

(*) Nassah Dias, pour
ceux qui ne le connaîtraient pas encore, est ce grand réalisateur très engagé,
qui a déjà plusieurs succès cinématographiques
à son actif. Spécialisé dans les affaires « clandestines »,
il s’est engagé très jeune dans la Brigade des Réalisateurs
de l’Ombre. Recruté ensuite par la Société des Dessous
de la Scène (SDS), société familiale puissante, comme assistant opérateur, il gravit progressivement les
échelons pour en devenir le PDG. Longtemps incontesté, en raison
de la qualité de ses mises en scène et de son expérience,
il semble qu’il ait connu dernièrement des divergences graves avec les deux associés familiaux et
majoritaires de la société d’exécution cinématographique.

Mais, comme toujours,
grand manipulateur du Jury, il est assuré de recevoir la GMRC (Grande Médaille de la Reconnaissance Cinéphile)
au festival d’Ituobijd, le 27 juin. On sait qu’il aura au moins 99 % de votes favorables
: le seul suspens est de connaître la décimale après la
virgule (99,1 ou 99,8 ?).

De toutes les façons,
s’il a de nombreux détracteurs, peu oseront le dire ouvertement, parce
que sa technique est imparable, en particulier dans le domaine des flous artistiques, des clairs obscurs et des explosions de lumière. Sa technique d’éxécution a longtemps été considérée comme la plus brillante, la plus efficace et la plus discrète, par ses pairs.

On dit même qu’à ses débuts, lorsqu’il n’avait encore
qu’un appareil photo à balançoire de l' »Alliv Ephotsirhc », il menaçait déjà
ses contradicteurs de les enfermer dans sa chambre noire de marque « Edobag » : celle où
il fabriquait des (é)preuves sur papier et qu’il les faisait signer pour les vendre ensuite à ses patrons.

07/10/2013 (Brève 271) ALERTE ROUGE : Statut quo à Sanaa. Contre toutes les règles de droit et en dépit de l’engagement du Président de libérer Mohamed Aloumékani, ce dernier est toujours séquestré illégalement dans la prison centrale de Sanaa.

Qu’attentent donc les autorités yéménites responsables de la séquestration illégale de Mohamed Alhoumékani, en laissant « pourrir » ainsi la situation
?

Cel fait six semaines que Mohamed Alhoumékani est séquestré dans la prison centrale de Sanaa, sans aucune inculpation pour un délit qu’il aurait pu avoir commis au Yémen, donc la mesure est totalement illégale au regard du droit.

Les motivations de Guelleh sont claires
On sait que c’est Guelleh qui avait demandé l’extradition de Mohamed Alhoumékani et qui a provoqué son arrestation à l’aéroport le 24 août à sa descente d’avion. Les motivations de Guelleh ont le mérite d’être claires. Plus il s’acharne sur Alhoumékani, plus il montre qu’il a besoin de le récupérer ! Et pour quelles raisons voudrait-il le récupérer à Djibouti, si ce n’est pour obtenir le reniement du témoignage (par tous moyens) qui le met en cause dans l’assassinat du Juge Borrel….

Plus Guelleh met de moyens pour récupérer Alhoumékani, plus il prouve son implication dans l’assassinat.

Mais pour quelles raisons, les autorités yéménites maintiennent-elles Alhoumékani dans la prison de Sanaa ? C’est une demie mesure entre la libération inconditionnelle et l’extradition : les yéménites se réservent ainsi les deux possibilités : le relâcher ou le livrer à Guelleh pieds et poings liés.

Il est évident que Guelleh dispose de moyens de pression efficaces :

  • d’abord sur les commerces et agences financières yéménites installées à Djibouti, qui pourraient connaître de sérieux ennuis si Alhoumékani était relâché à Sanaa. On sait que sous la férule du sanguinaire Guelleh, Djibouti n’est pas un état de droit et que différentes administrations (fisc, police, gendarmerie) peuvent, sur un simple ordre du Palais de l’Escale, rendre la vie impossible aux commerçants ou responsables d’agences bancaires ou financières : contrôles fiscaux, taxation d’office, interdiction d’exercer, fermeture administrative, arrestation, séquestration de tous les avoirs, et d’autres encore …!
  • ensuite sur les autorités judiciaires et politiques au Yémen, en promettant de verser « une rançon » conséquente à ceux qui l’auront aider à récupérer Alhoumékani et à le pousser dans un avion en route pour Djibouti.

Certes la mobilisation en Europe d’abord dans les média et sur les réseaux sociaux et aussi dans la rue, a fait prendre conscience aux Yéménites, du fait que des regards vigilants et très critiques étaient braqués sur cette affaire et qu’ils devaient être très prudents dans leurs décisions et dans leur communication. Peut-on supposer, même s’ils s’en défendent officiellement, que les diplomaties françaises et belges aient fait part de leur « préoccupation » dans ce dossier, comme l’on dit dans le jargon spécifique des ambassades …

Mais le temps passe et rien ne se produit : la routine est très dangereuse.
Le Yémen, en maintenant Alhoumékani en détention, joue-t-il la montre, en espérant que les observateurs se lassent et qu’ils pourront ensuite « vendre » discrètement Alhoumékani à Guelleh, en échange de la rançon convenue …

C’est à craindre, d’autant plus qu’en l’absence d’une intervention diplomatique (officielle et médiatisée cette fois) de la Belgique et/ou de la France, le Yémen a tout son temps. Les européens ont pris acte et ont accepté « de facto » la séquestration arbitraire et illégale et sa durée sans n’émettre aucune protestation officielle. Donc rien ne contraint les responsables yéménites à prendre des décisions rapides.

L’avenir est inquiétant. C’est le moment de tous les dangers.
Même protégé par sa tribu, (qui est puissante dans le pays et qui n’a pas caché dans la presse, qu’elle se réservait d’obtenir la libération de Mohamed par tous les moyens, puisqu’elle avait le droit pour elle), Mohamed pourrait perdre la vie dans la prison de Sanaa, qui n’est pas réputée comme un lieu calme et tranquille ou bien il pourrait être transféré vers le tarmac de l’aéroport où l’attendrait un vol direct pour Djibouti.

Il est donc important de poursuivre la mobilisation par tous les moyens. Demain, mardi, il y aura la conférence de presse du député belge, puis il faudra poursuivre les manifestations devant les Ambassade du Yémen et il faudra alerter les média dans la mesure du possible et interpeller pour ceux qui le peuvent, les autorités de leurs pays de résidence.

La guerre n’est pas gagnée. Maintenant l’adversaire est au pied du mur : c’est à ce moment là que Guelleh devient le plus féroce : il a horreur de perdre la face et en plus il tient par dessus tout à se dédouaner « officiellement » d’une accusation précise dans l’assassinat du Juge Borrel, même s’il n’obtenait qu’un « reniement de comédie » au prix, ensuite, du meurtre programmé
de celui qui a révélé la Vérité et par là-même sa responsabilité pénale personnelle..