04/11/2015 (Brève 503) Jusqu’à quand l’opposition USN pourra-t-elle contenir l’insurrection populaire (Article publié par Alwihda Info)

Jusqu’à quand l’opposition USN pourra-t-elle contenir l’insurrection populaire, en fin gestation et aux conséquences imprévisibles
?

Dans un communiqué (ci-dessous) diffusé ce 3 novembre 2015 sur son compte Facebook, Maître Zakaria Abdillahi(*), avocat de la défense, ancien magistrat à la Cour d’appel de Djibouti, député de l’opposition USN, défenseur des Droit de l’Homme et président de la ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme (LDDH) dénonce le non-accès à plusieurs de ses clients (plusieurs dizaines de jeunes), détenus illégalement par la police de Balbala.

Ces arrestations ont eu lieu le 01-02-03 novembre 2015, lors de la journée de la jeunesse africaine qui fut instrumentalisée par le régime à des fins électoralistes en une marche « pré-payée » de la « honte », grâce essentiellement aux concours d’agents publics de l’État (fonctionnaires, policiers et militaires en civil) utilisant les biens et moyens de l’État (exemple : l’hélicoptère de l’Armée de l’Air djiboutienne qui défila au couleur de « Oui IOG 2016 ») afin de soutenir le 4ème mandat d’Ismaël Omar Guelleh (IOG).

Ce, en violation des dispositions de la Loi Électorale du pays et du devoir général d’impartialité de l’administration publique. A 6 mois du scrutin Présidentiel d’avril 2016, en réponse à une campagne prématurée qui bat son plein, mais uniquement pour les sympathisants du RPP (parti au pouvoir), les jeunes militants de l’opposition djiboutienne se sont mobilisés, à juste titre, l’après-midi même et ont organisé un meeting au siège du Parti MRD de Cheiik Moussa (à Balbala) pour dire « Non4Mandat ».

C’est alors que les forces de l’ordre ont sauvagement saccagé les lieux, plus d’une vingtaine de militants du Mouvement des Jeunes de l’Opposition (MJO) furent arrêtés, pour certains chez eux, cela en dehors de toute justification légale. Frappés à coups de crosse à la tête, sur les jambes et aux reins, lors de ces arrestations, ils seront par la suite torturés dans les locaux de la police, sous les ordres du Lieutenant-colonel Elmi Jess.

Voici le communiqué de Me ZAKARIA :
« A la demande des jeunes militants de l’opposition et des défenseurs des humains, je me suis rendu ce matin vers 12 H 30 aux commissariats de police du 4e et 5e arrondissement et de Hodan pour pouvoir les assister. Mais l’accès m’a été interdit et il m’a été dit que je n’avais pas le droit d’assister les jeunes en garde à vue.

C’est tout simplement une grave violation de la constitution de Djibouti. En effet, aux termes de l’article 10 de la Constitution : La personne humaine est sacrée. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger. Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne. Nul ne peut être poursuivi, arrêté, inculpé ou condamné qu’en vertu d’une loi promulguée antérieurement aux faits qui lui sont reprochés. Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par la juridiction compétente.

Le droit à la défense, y compris celui de se faire assister par l’avocat de son choix, est garanti à tous les stades de la procédure. Toute personne faisant l’objet d’une mesure privative de liberté a le droit de se faire examiner par un médecin de son choix. Nul ne peut être détenu dans un établissement pénitentiaire que sur mandat délivré par un magistrat de l’ordre judiciaire ». Il est clair que, ces arrestations s’inscrivent dans le cadre d’une répression contre la liberté d’expression avant l’élection présidentielle qui doit avoir lieu dans le pays en avril 2016.

Cette affaire présente les caractéristiques de poursuites à motivations politiques destinées à inspirer la peur chez les militants de l’opposition qui craignent une répétition des évènements de 2013 (fraudes aux législatives du 22 février). Après l’accord-cadre, mort né, signé le 30 décembre 2014 entre l’opposition USN et le régime djiboutienne, la question qui taraude tous les analystes est la suivante : en plus du conflit armé, actuellement en cours dans le nord du pays, jusqu’à quand l’opposition USN pourra-t-elle contenir l’insurrection populaire, en fin de gestation et aux conséquences imprévisibles
« 

(*) Maître Zakaria
a été l’avocat de la LDDH (Ligue djiboutienne des Droits de l’Homme). Il défendait non seulement Jean-Paul Noël Abdi, mais aussi les prisonniers politiques. Bien que la situation juridique soit complexe (en raison d’un  »clonage’), il a légitimement et légalement succédé à Jean-Paul Noël Abdi, en qualité de Président.et il est reconnu par la FIDH.

15/08/2014 (Brève 425) La bataille de Goda entre le FRUD et l’armée de Djibouti. (Alwhida)

Lien avec l’article original

La bataille de Goda à une vingtaine de km de Tadjourah qui a été déclenché le 11 août confirme l’emprise du FRUD sur les deux régions de Tadjourah et d’Obock.

Les affrontements de Sismo dans les Mablas de fin juin avaient laissé un goût amer aux troupes dijboutiennes qui ont été repoussées à 2 reprises malgré l’utlisation des armes lourdes. Les militaires du Camp Mariama (situé non loin d’Arta) ont refusé d’aller combattre le FRUD.

La bataille de Goda  à une vingtaine de km de Tadjourah qui a été déclenché le 11 août confirme l’emprise du FRUD sur les deux régions de Tadjourah et d’Obock. 
 

Les combattants du FRUD ont mis en échec une nouvelle offensive de l’armée djiboutienne qui a mobilisé des soldats d’Assagueila, de Doumeira, de Dorra et de Tadjourah et qui ont attaqué par 4 endroits (Dissay Af et le Day , Amisso Daba et Assa Gueri Af). Les combats qui ont duré toute la journée du 11 août ont permis au FRUD de repousser les assaillants (militaires djiboutiens) qui ont eu une perte importante: 4 soldats sont morts sur place et le 5ème est décédé à l’hôpital français Bouffard, 7 autres ont été blessés parmi les troupes dépêchées de Dorra et d’Assagueila. L’hélicoptère n’a pas pu se poser durant cette journée dans les environs pour transporter les blessés. Le FRUD de son côté n’a eu à déplorer aucune perte.

03/03/2014 (Brève 367) Confirmation d’une attaque du FRUD dans la ville de Tadjourah

_______________________ 1 – Communiqué (publié par Alwhida info)
Lien avec l’article original : http://www.alwihdainfo.com/Djibouti-Attaque-du-FRUD-contre-les-symboles-de-l-Etat-a-Tadjourah_a10061.html

Djibouti: Attaque du FRUD contre les symboles de l’État à Tadjourah (Alwihda Info)
Rédigé par Adil Abou – 26 Février 2014 modifié le 26 Février 2014 – 17:09

La 2ème ville de la République de Djibouti,Tadjourah attaquée par le FRUD au mortier , au Bazooka et à l’RPG Vendredi 21 février à 4h du matin, les combattants du FRUD ont attaqué au mortier, au Bazooka et à l’RPG, les bureaux du Préfet , la caserne militaire et la gendarmerie de Tadjourah . Un des deux obus qui ont visé les locaux du préfet a atteint sa cible, la caserne militaire a été aussi bombardé au Bazooka (on ne sait pas s’il y a eu des morts, mais on déplore des blessés).

La population de Tadjourah a été réveillée par les bruits des obus, a été très surprise par ces attaques. Le ministre de l’intérieur et le procureur de la République se sont rendus le 22 février à la ville de Tadjourah pour constater les dégâts. Une bonne partie des militaires sont partis des casernes de Tadjourah et d’ Obock le 21 février à la recherche des éléments du FRUD qui ont mené l’attaque contre Tadjourah. Cette attaque du FRUD s’est déroulé au moment même où les forces de l’ordre quadrillaient le centre de la capitale pour empêcher la manifestation à l’appel de l’opposition.

Le FRUD a voulu aussi s’inscrire dans la date symbolique du 22 février , le jour où le peuple de Djibouti a rejeté le pouvoir de Guelleh en votant massivement pour l’opposition Le FRUD a aussi voulu signifier aussi bien au pouvoir qu’à l’opposition légale que si toutes les manifestations pacifiques sont interdites , il reste l’option de la lutte armée pour se débarrasser de la dictature de Djibouti.

Le FRUD a ainsi manifesté sa solidarité avec les prisonniers politiques (Mohamed Ahmed dit Jabha du FRUD emprisonné depuis 4 ans sans procès , les trois Ulémas détenus arbitrairement depuis un an et d’autres personnes emprisonnées et torturées). C’est aussi une réponse à la campagne haineuse du pouvoir de Guelleh depuis novembre 2013 contre les habitants du nord et du Sud ouest du pays orchestrée par les émissaires du régime qui ont menacé ces populations de représailles s’ils ne mettaient pas fin à leur soutien au FRUD .

Le pouvoir a interdit au Programme alimentaire mondiale (PAM) de distribuer des aides alimentaires aux habitants de ces zones qui en ont pourtant un besoin urgent

__________________2 – Confirmation reçue ensuite par un correspondant

Les habitants de Tadjourah ont été les premiers à faire état de cette attaque au mortier et au bazooka, tout le monde là-bas parle de l’obus tombé sur une petite partie des bureaux du commissaire  qui est à proximité de la maison du sultan. En revanche, les habitants  n’auraient entendu  que les bruits du Bazooka qui a atteint la caserne..

I y aurait des blessés dont 2 grièvement, le local de la gendarmerie n’a pas été touché..

Le  procureur de la République  et le ministre de l’intérieur Hassan Omar se sont rendus  à Tadjourah. Ce dernier à continué vers Randa et  Dorra  où il a menacé les habitants de représailles.

Les militaires des garnisons de Tadjourah et d’Obock  sont partis  « en traînant les pieds » à la recherche des combattants du FRUD qui ont fait le coup et ils sont rentrés après une journée. Ils ont arrêtés 7 civils de Ribta  à 13 km de la ville de Tadjourah;

C’est bien  le FRUD qui est à l’origine de l’attaque.

11/07/10 (B560) Alwihda : Mohamed Ahmed dit Jabha arrêté à Djibouti

Mohamed Ahmed dit Jabha, militant de longue date du Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie a été arrêté le 1er mai 2010, près du Moussa Ali par des éléments de l’Armée. Il a été arrêté alors qu’il essayait de défendre une femme enceinte victime

Porté disparu dans un premier temps, Il a été sauvagement torturé dans les locaux des Services de Sécurité. Il est detenu depuis 30 juin dans la terrible prison de Gabode sans aucun soin. Il souffre des contusions multiples, côtes cassées, tympan éclaté et a énormement des difficultés pour se déplacer.

Il s’agit de l’homme que le Président Ismael Omar Guelleh a cité dans son discours au conseil de Sécurité de l’O.N.U le 29 Mai en le qualifiant de chef de bandes à la solde de l’Erythrée.

06/07/10 (B559) Alwidha Info : Djibouti : Les rebelles du FRUD harcèlent les forces gouvernementales

Selon les informations en provenance de la capitale djiboutienne, les derniers affrontements entre rebelles et soldats gouvernementaux ont crée une sorte de panique au sein de la population.

Les rebelles du Frud (Front pour la restauration de l’unité et la démocratie), dirigés par Kadamy semblent gagner du terrain. Harcelés par les combattants du Frud, des officiers supérieurs djiboutiens ont conseillé le président de privilégier la négociation d’arrêter l’effusion de sang, a déclaré à Alwihda un officier supérieur sous le couvert de l’anonymat.

Selon les informations en provenance de la capitale djiboutienne, les derniers affrontements entre rebelles et soldats gouvernementaux ont crée une sorte de panique au sein de la population. Des soldats refusent de combattre et face à l’intransigeance du président sur sa présentation aux élections présidentielles, d’aucuns n’excluent pas un coup d’état à la nigérienne afin de sauver l’unité du pays.

Les forces de l’ordre (Armée, gendarmerie, et police), qui constituent le bouclier du régime jusqu’aujourd’hui, sont traversées par des crises profondes, l’armée n’est pas très motivée pour combattre le FRUD.

L’exécution du chef d’Etat major de la gendarmerie, le colonel Ali Bogoreh le 12 mai 2010, probablement par les éléments du régime, toujours liée aux péripéties du 3ème mandat, suscite de sérieux remous au sein de cette corporation.

Crée en Août 1991 à BALHO, petit village au Nord Ouest de la République de Djibouti sous sa forme actuelle, le FRUD est issu de 3 mouvements fruits des luttes populaires multiformes. Ce mouvement s’est assigné comme objectif la création d’un véritable État national et d’une authentique démocratie, ainsi que la justice sociale et l’égalité entre les citoyens.

Selon le leader du mouvement, "Le FRUD, qui avait déjà dénoncé l’éventualité d’une présidence à vie de Guelleh, dans sa déclaration de Bruxelles (26 juin 2009), condamne avec force cette fuite en avant d’un président illégitime adoubé par un parlement coopté et non moins illégitime, qui risque de mettre le pays dans une situation chaotique".

Dans une interview à Alwihda, le leader du FRUD a déclaré que l’opposition au 3ème mandat est très forte au sein de toute la population, y compris au sein des soutiens traditionnels du pouvoir, Le PND d’Aden Robleh Awaleh, membre de la coalition UMP (Union pour la Majorité Présidentielle) a refusé son soutien à la révision constitutionnelle relative à la levée de la limitation du mandat présidentiel.

Lié à cette conjoncture, l’homme d’affaire Aboulrahman Boreh qui a été un homme clé sur le plan économique (la construction des infrastructures) en introduisant les investisseurs de pays de Golfe, a été évincé par le fait de prince ou de « princesse ». Tous ses biens ont été confisqués ; ses proches parents ont été pris comme cibles (arrestations arbitraires, tortures, assassinats …).