28/03/2016 (Brève 704) Alwihda Info / Quand Paris courtise Djibouti

Par Laurent Le Bloa

Lien avec l’article : http://www.alwihdainfo.com/Quand-Paris-courtise-Djibouti_a30232.html

A quinze jour des élections présidentielles djiboutiennes, la France opère un étonnant revirement de position. Après avoir envoyé il y a trois semaines son Chef d’Etat-major des Armées en reconnaissance pour évaluer les bonnes dispositions du président djiboutien à l’égard de la France, son ministre des Affaires étrangères, Mr Jean-Marc  Ayrault a reçu avec tous les honneurs son homologue djiboutien pour inviter le président djiboutien à Paris. 

J’aime imaginer le président djiboutien dans son palais prendre une pause quand la nuit apporte la fraicheur, pour contempler satisfait la lagune. Djibouti est entrée dans le vingt-et-unième siècle et Il se sait courtisé. Rien d’étonnant. Depuis une quinzaine d’année l’économie du pays s’est ouverte, libéralisée pour profiter pleinement de sa position géographique exceptionnelle. 

On lui disait que le destin de son pays dépendait entièrement de la présence française. Il suffisait d’écouter Paris et tout se passerait bien. Mais la France ne s’intéressait plus, ne croyait pas en l’avenir de l’Afrique. le président rêvait d’autre chose pour son pays.Il n’est ni rebelle ni docile, mais les relations entre les deux pays se sont envenimées. Tout y est passé, les conseils, les menaces, la trahison, presque la rupture. puis le dédain, le mépris. L’incompréhension totale: Jamais le président ne prononça un mot contre la France, aucune manifestation hostile à la France dans les rues de Djiboutiville. 

La France laissait entendre qu’elle allait se retirer de Djibouti. Cependant les temps avaient changé et Djibouti aussi. Djibouti aurait certainement regardée avec un pincement au coeur les Français partir, mais sans appréhension. Sans élever la voix mais avec détermination le Président avait mis le pays en marche vers son avenir. 

Il n’y a pas si longtemps, c’était le temps de la Françafrique quand la politique africaine se décidait dans les cabinets secrets de l’Elysée en jouant des divisions internes des pays, où un Président français et toute la classe politque française s’insurgeaient qu’un président africain osa parler d’égal à égal (Thomas Sankara, on sait quel fut son sort). L’ordre d’arrivée des présidents africains venus féliciter le Président français pour son élection, déterminait la hièrarchie des courtisans. 

Il y a peine un an, Djibouti comptait si peu que la France décommandait au dernier moment les rencontres officielles. Le Président djiboutien peut s’enorgueillir que la France se dépêche de lui envoyer ses plus hauts représentants. On fait le siège de la présidence pour y être reçu, on invite, on s’impatiente de recevoir en personne à Paris Ismael Omar Guelleh. Mieux, la France salue la médiation qatari avec l’Erythrée. Ce qui en langage diplomatique signifie que la France reconnait ses erreurs dans cette affaire. La Patience est décidément une vertu. 

La politique n’est pas parfaite, c’est une suite de choix où on se Se ferme des possibilités pour s’en ouvrir d’autres. Mr Ismael Omar Guelleh a fait le choix de protéger l’unité de son pays, seule garantie pour le développement d’un pays. Djibouti est maître de son destin.

12/03/2016 (Brève 695) Alwihda Info / Elections présidentielles à Djibouti: La France a choisi son candidat (Laurent Le Bloa)

Lien avec l’artile :http://www.alwihdainfo.com/Elections-presidentielles-a-Djibouti-La-France-a-choisi-son-candidat_a29497.html

La France conservait jusqu’à présent une attitude neutre dans les affaires djiboutiennes, gardant ses distances avec le Président Ismael Omar Guelleh (IOG) qui se représente pour un quatrième mandat. A quelque semaines des élections présidentielles en République de Djibouti, la France semble avoir fait son choix comme l’indique la visite de deux jours en République de Djibouti qu’a effectuée le Chef d’Etat-Major des Armées Françaises, le Général Pierre de Villers. 

Le fait que c’est le Chef d’Etat-Major des Armées Françaises qui ait rendu visite le 9 mars au Président de la République de Djibouti est un acte éminemment politique. Au regard du contexte et des circonstances, c’est encore plus évident. 
Cette visite a lieu alors qu’en juillet 2015 le Ministre de la Défense français Le Drian était venu pour annoncer une nouvelle réduction du contingent présent à Djibouti de 1900 à 1300 hommes. Ce n’est un secret pour personne que les relations franco-djiboutiennes ne sont pas au beau fixe depuis plusieurs années. Le président IOG reprochant à la France, non sans raison, son manque de soutien diplomatique et aussi militaire (notamment dans l’affaire du conflit frontalier avec l’Erythrée). Depuis Djibouti a changé peu à peu sa politique étrangère, trouvant des partenaires plus compréhensifs parmi les pays de la Ligue Arabe. 

La France a également perdu sa place de partenaire économique exclusif. Le marché djiboutien est désormais ouvert à de nombreux partenaires (Chine, Japon, pays de la Ligue Arabe…). La France n’est plus non plus l’unique partenaire militaire. Le Président IOG a favorisé l’installation permanente ou ponctuelle d’autres forces armées: Les Forces Armées Américaines, les Forces Aériennes Japonaise… La Chine a entrepris de construire à Djibouti des infrastructures portuaires pour sa Marine, ainsi que deux nouveaux aéroports qui n’en doutons pas, permettront d’accueillir des Forces Aériennes supplémentaires, chinoises ou autres. L’Arabie Saoudite serait actuellement désireuse d’établir une base à Djibouti. 

Le plus remarquable ait que cette visite intervient un mois avant les élections présidentielles à Djibouti et après les incidents sanglant du 21 décembre 2015 entre la Police Djiboutienne et l’opposition djiboutienne. Paris avait adopté un profil bas, laissant la police djiboutienne arrêter les opposants à leur sortie de l’hôpital militaire français où ils étaient venus se faire soigner. 

La signification diplomatique de cette visite devient claire: La France jusqu’ici attentiste prend ses distances avec l’opposition djiboutienne, convaincue que le président IOG sera réélu. En aucun cas elle ne prendra pas en compte les réclamations ou la contestation des résultats des élections par l’opposition. Les Forces Armées Françaises France ne peuvent pas se permettre un nouveau théâtre d’action: La déstabilisation de Djibouti provoquerait l’irruption dans le pays des questions de sécurité qui agitent l’Afrique de l’Est. La France veut à tout prix éviter d’être prise au piège des accords de défense qui la lie à Djibouti tandis que l’Etat Islamique a fait son apparition dans la Corne de l’Afrique et que la menace shebab se rapproche de Djibouti. 

Ce revirement de dernière minute ne ramènera pas pour autant Djibouti dans le giron français et la France ne retrouvera pas la place qu’elle occupait autrefois. Dans cette brouille diplomatique le pays a gagné son émancipation de l’ancien colonisateur et le pouvoir de décider par lui-même. Cependant l’attitude de la France ne sera pas sans conséquence pour la sécurité de la région.

20/03/2014 (Brève 377) Alwihda Info : Djibouti : « Le régime de Guelleh vit ses derniers moments », (Hassan Mokbel)

(Alwihda Info) Rédigé par  – 18 Mars 2014 modifié le 18 Mars 2014 – 21:21
– Lien http://www.alwihdainfo.com/Djibouti-Le-regime-de-Guelleh-vit-ses-derniers-moments–Hassan-Mokbel_a10293.html

Interview de Monsieur HASSAN MOKBEL, responsable des relations extérieures du FRUD.

Alwihda Info : Pouvez vous nous brosser brièvement un tableau de la situation actuelle à Djibouti ?

Hassan Mokbel : Djibouti s’enfonce du jour en jour dans la crise. Le pays va de mal en pis, à cause d’un  seul homme, Ismail Omar Guelleh. La plupart des observateurs y compris dans le camp du pouvoir estiment que le régime de Guelleh vit ses derniers moments, les plus optimistes parlent de 2016 (fin du  3ème mandat). La République de Djibouti peut être qualifiée sans exagération d’État «failli», mais ce régime peut encore durer, parce que maintenu artificiellement par la communauté internationale. D’où le rôle important de  la diaspora pour convaincre cette Communauté de prendre conscience de la gravité de la situation dans ce petit pays où l’on s’achemine vers ce que le politologue camerounais Achile Mbembe appelle la sénilité croissante des pouvoirs nègres. 

L’impasse politique postélectorale, a paralysé en grande partie le fonctionnement de l’État et de certaines institutions. 

Conflit plus ou moins larvé au nord et au sud-ouest. 

Situation sociale catastrophique, en particulier les populations rurales et de certains quartiers de la capitale lancent un véritable cri d’alarme pour que les aides humanitaires leur soient directement distribuées. Les habitants du Nord et du Sud Ouest sont encore plus durement touchés  à cause de durcissement de restrictions alimentaires décidés  ces derniers mois par le gouvernement. Ce n’est pas un hasard si les révoltes et manifestations  surviennent dans ces quartiers pauvres (Balbala, Arhiba) et des régions victimes de la violence de l’Etat. 

Malgré les pressions internationales, le dialogue est au point mort entre le pouvoir et l’opposition.

Est-ce à dire que l’alternance par les urnes est définitivement exclue ? 

Le président djiboutien aurait déclaré, l’effet du « khat » (plante euphorisante consommée dans la région) aidant, que ceux qui croient me déloger à coup du bout de papier n’ont rien dans la tête, alors que j’ai maintenu ce pouvoir contre vents et marées et surtout face aux partisans armés. 

Les dernières élections législatives furent une illustration éclatante du refus de verdict des urnes. Alors que le ministre de l’intérieur était sur le point de proclamer la victoire  de l’opposition aux élections du 22 février 2013, le président s’est déplacé en personne pour inverser les résultats obtenus par l’opposition au profit de son parti. 

Le changement par les urnes semble pour le moment impossible. Les fraudes massives, sauveur suprême des dictateurs ! 

Battus dans les urnes pourtant confectionnés à sa mesure le pouvoir de Guelleh n’arrive pas à sortir de ce trauma, surtout que la défiance est quasi générale sur le territoire. 

Il a comme seule légitimité la force et comme seul soutien son lignage. 

Le régime de Guelleh commence même à désespérer ses protecteurs occidentaux, inquiets de sa fuite en avant, dans une situation  régionale préoccupante.

Quelles sont les réactions du pouvoir suite au regain d’activités du FRUD, notamment depuis août 2013 ? 

Les populations martyrisées des régions du nord et du sud ouest sont une nouvelle fois prises comme cible par Ismael Omar Guelleh. Il  a dépêché en novembre 2013 des délégations dans les 3 districts de Tadjourah, d’Obock et de Dikhil, composées du premier Ministre, des Ministres de l’Intérieur, de la Jeunesse et du chef d’État major de la gendarmerie pour qu’elles les intimident; les harcèlent, les menacent de représailles si elles n’arrêtent pas leur soutien au FRUD. Joignant l’acte à la parole le pouvoir a interdit au Programme alimentaire mondial (PAM), de distribuer les aides alimentaires dans ces régions.

Suite à la dernière attaque du FRUD contre les symboles de l’État à Tadjourah, le régime a traité les assaillants de mercenaires Érythréens ? Comment réagissez-vous ? 

Les années passent mais les discours sur la résistance ne changent pas, comment peut il en être autrement, quand on sait que les 2 personnages  les plus en vue de la petite République, trônent d’une manière inamovible sur la destinée de ce pays : il s’agit du Président actuel  et de son compère de toujours Ismael Taani. Le chef de l’État par la voix de son premier ministre a traité les combattants du FRUD  y compris le plus ancien prisonnier politique -Mohamed Ahmed dit Jabha-(détenu depuis 4 ans après avoir été férocement torturé) de mercenaires érythréens, le 1er mars à l’Assemblée nationale. 

Ce n’est pas la première fois  que les résistants du FRUD sont qualifiés d’étrangers. Dès le déclenchement de la lutte armée en novembre 1991, ils furent assimilés aux miliciens éthiopiens. Les arguments massue à l’époque étaient qu’il  suffisait de se référer aux noms d’Abatté ou  d’Ougouré Kiflé  qui ne pouvaient être qu’éthiopiens. Le premier est aujourd’hui un  des leaders de l’opposition,  le second, un dissident du FRUD  qui est passé par la case ministre. Étranger un jour et ministre le lendemain quelle cohérence ! 

Ces propos irresponsables  et provocateurs renvoient cependant à la vision du pouvoir qui s’est installé en 1977,  et qui n’a pas changé d’un iota malgré 2 accords de paix, consistant à traiter en « ennemi intérieur » les habitants de ces régions réputées hostiles. C’est ce qui explique que de dizaines de milliers de personnes sont exclues de la citoyenneté  de Djibouti y compris de proches parents du premier ministre. Il faut dire que ce poste  de la primature est devenu un collier de misère pour ses 3 derniers titulaires.

Au delà du cas emblématique  de Mohamed Ahmed dit Jabha, il y a donc un véritable problème de citoyenneté à Djibouti ? 

Mohamed Ahmed Jabha est un combattant du FRUD des premières heures qui a consacré vingt ans de sa vie à la lutte pour la démocratie et la liberté. Il a contribué à toutes les conquêtes des droits démocratiques du FRUD (adoption de la constitution, quadripartisme, multipartisme),  et enfin dans une ultime étape, détermination en bandoulière il s’est engagé, pour faire aboutir  un État national et  véritablement démocratique que ses camarades vont parachever.  

Il est aussi Djiboutien que le chef de  l’État en tout cas il est moins Éthiopien que lui. 

Mais cette question de citoyenneté  est au cœur  des problèmes à Djibouti. 38 ans après la proclamation de l’Indépendance, le fait que la citoyenneté soit soumise au fait de prince, aux desiderata  du chef de l’État, est pour le moins symptomatique  du refus de création d’un État national. Les exemples sont nombreux des personnes qui sont exclues arbitrairement de leur nationalité et d’autres qui en ont bénéficié abusivement.

Dans les années 90, de milliers de personnes ont été expulsées d’Arhiba, de Hanlé, de Daoudawya , leur cartes  d’identité djiboutiennes déchirées (comme ce qui a été fait en 1967 à l’encontre des indépendantistes par le colonisateur) et ont été expulsées en Ethiopie. Elles ont rejoint la vingtaine de milles de ressortissants djiboutiens qui se trouvent en Ethiopie, qui ne sont pas reconnus comme réfugiés. En 2008, 300 citoyens djiboutiens  de Syarou ont été expulsés vers l’Ethiopie après avoir été durement réprimés. 7 membres de la famille  de Mohamed Saleh Alhoumekani ont subi le même sort et ont été expulsés au Yémen, uniquement parce que ce dernier est témoin dans l’assassinat du Juge Borel. Plusieurs personnes ont été arbitrairement déchues de leur nationalité  comme Omar Absieh (ancien chef de la police) dans les années 80, plus récemment, Ahmed Aïdahis , ancien blessé FRUD,  détenu pendant 6 mois et torturé, avant d’être expulsé en Ethiopie, et enfin tout dernièrement  Mohamed Robleh Daher , sympathisant du MODEL, torturé et expulsé en Somalie.

Quelles sont les relations  du FRUD avec l’ensemble de l’Opposition ? 

Il nous faut préciser dans cette phase actuelle et cruciale de la lutte que la contradiction principale se situe entre les groupes qui soutiennent ce pouvoir dont les rangs se rétrécissent comme une peau de chagrin et l’ensemble  de la population djiboutienne ainsi que les forces politiques et associatives qui aspirent au changement. Les contradictions  au sein de la population et au sein des forces de changement sont secondaires et peuvent être dépassées par des discussions. C’est la raison pour laquelle chaque fois qu’il y a un conflit, un litige entre le pouvoir et l’opposition, le FRUD est du côté  de cette dernière. C’est pourquoi  nous  sommes solidaires de toutes les luttes que mène le peuple pour une véritable démocratie, ainsi que celles  de l’USN et  des autres forces qui contribuent au changement

Car l’aspiration du peuple  est l’unité, le plus large rassemblement de l’opposition et l’utilisation de toutes les formes de lutte pour créer les conditions du départ d’Ismael Omar Guelleh. Le FRUD n’a pas ménagé ses efforts pour créer les conditions de l’unité de l’opposition. Nous avons contribué à tous les rassemblements de l’opposition. Nous avons crée avec d’autres forces en février 2012 la Coordination Nationale pour la Démocratie à Djibouti (CNDD) qui offre un cadre ouvert à toutes les forces qui veulent aller le plus loin dans leur convergence. Le FRUD a contribué à la création de la coalition de l’USN.

S’ il est nécessaire  comme le fait l’USN depuis un an de  mener  des manifestations  et autres actions pacifiques, le FRUD reste convaincu que la résistance armée face à la violence et à la terreur de l’Etat est  juste, légitime et aussi nécessaire. 

Ceux qui au sein de l’opposition même s’ils sont de plus en plus minoritaires, veulent  mener  la lutte uniquement dans l’espace pacifique, sont  en retard sur l’histoire.

C’est Boris Vian qui disait «y en marre de ces gens qui pensent par exclusion, moi je pense par addition ».

Comment envisage le FRUD la suite  des évènements à Djibouti ?  

Jusqu’ à maintenant, une grande partie de l’opposition essaie d’arracher des réformes démocratiques au régime tout en envisageant de laisser en l’Etat le président omnipotent jusqu’en 2016. Mais l’attitude du chef de l’Etat   qui s’est confirmée lors du dernier congrès  de son parti, en tournant le dos au dialogue avec l’opposition, ne fait qu’illustrer le fait qu’une bande est difficilement réformable. Les arrestations arbitraires en particulier  de jeunes qui sont systématiquement torturés, la répression et les restrictions alimentaires dans les campagnes, le refus de libérer les prisonniers politiques démontrent si besoin étaient  que Guelleh est à des années de lumière de dialogue et de l’ouverture politiques parce qu’il est les sources des problèmes.

Les forces de l’opposition  doivent agir sur 3 axes :

  • Préparer dès à présent  les convergences qui seront nécessaires pour gérer la période de transition. Le FRUD  va travailler en ce sens avec l’USN et avec les forces de la diaspora.
  • Mobiliser toutes les ressources politiques et de la résistance pour mettre au pied du mur ce régime ;
  • Sensibiliser la communauté internationale  sur la situation à Djibouti.

En vous voyant décrire vos trois axes, on a l’impression que le FRUD bénéfice réellement d’un soutien étranger comme de l’Ethiopie ou de l’Érythrée comme d’ailleurs certains proches de l’État djiboutien le disent ? 

Une des caractéristiques fondamentales de l’organisation FRUD, est qu’il n’a jamais bénéficié des soutiens des États, encore moins des États voisins. Dans les premières années du conflit, c’est le pouvoir de Djibouti qui a bénéficié de soutiens et de l’Éthiopie et de l’Érythrée. Ces derniers temps , le pouvoir de Guelleh accuse le FRUD, d’être le bras armé de l’Érythrée comme si cette dernière avait besoin de notre modeste mouvement pour cela. Cette accusation permet à Guelleh de quémander le soutien militaire et sécuritaire de l’Éthiopie, parce que l’armée djiboutienne (affectée par la crise politique et sociale) n’est pas en mesure ou n’est pas motivée pour faire face aux combattants du FRUD.

Si le FRUD était soutenu par l’Érythrée ou par tout autre pays, nous ne serions pas encore dans l’opposition. Mais nous disons à l’Éthiopie de ne pas tomber dans ce piège grossier. Elle ne doit pas se comporter en soutien inconditionnel d’un régime finissant, car aucune force de l’opposition ne menace les intérêts vitaux de l’Éthiopie.

Le FRUD contribuera à l’établissement de bonnes relations avec tous les États voisins. ​

Quelle est la position de la France -ex-puissance coloniale- par rapport à votre lutte ? ​ 

La France qui dispose d’une importante base militaire à Djibouti est un partenaire et un soutien importants du régime de Guelleh. Pendant les 5 premières années, elle a financé l’armée djiboutienne. C’est grâce à l’interposition des troupes françaises en février 1992, que ce régime a été sauvé in extremis d’une défaite face au FRUD, ce qui a permis aux éléments les plus extrémistes comme le président actuel de monopoliser le pouvoir et de mener le pays à la dérive.​ 

La France ainsi que les autres puissances militairement présentes à Djibouti n’ont aucun intérêt à ce que ce pays se transforme en nouvelle Somalie ou en Centrafrique, ce qui risque d’arriver avec le statut quo actuel. 

Le FRUD et toute l’opposition demande que la France, l’UE et les autres pays conditionnent leurs aides à Djibouti au respect des droits humains ( libérations des prisonniers politiques, arrêt des arrestations , des tortures , des viols et des blocus alimentaires des zones rurales) et l’ouverture d’un véritable dialogue inclusif.

25/02/11 (B592-B) Tandis que l’opposition unie (UAD et UMD) ont appelé à une nouvelle manifestation le vendredi 4 mars, des appels circulent actuellement sur les réseaux sociaux pour appeler les Djiboutiens à ne pas relâcher la pression et à manifester aujourd’hui 25 février. (L’un des messages qui est signé Alwihda)

Djibouti: le 25 février 2011 c’est aux braves d’écrire leur histoire

(alwihda) – 24 février 2011

On n’est jamais mieux servi que par soi-même, chers compatriotes. Le 25 février 2011, c’est aux braves d’écrire leur histoire et de poser la 1ère première de la destinée qu’ils souhaitent se donner afin d’honorer enfin leur devise : unité – égalité – paix.

"il y a un temps pour réfléchir, un temps pour sensibiliser, un temps pour épiloguer et un temps pour agir contre le RPP : rassemblement des pillards du peuple.""

24/03/10 (B543) Alwihda Info : Djibouti : Des civils tués par la police dans une fusillade à Tadjourah et razzia

Le chef de la police à Tadjourah, le capitaine Awalleh aurait donné l’ordre de tirer sur une voiture Toyota transportant des passagers dans le quartier Fi’a de Tadjourah, le 21 mars 2010. Bilan : deux hommes (originaires de la Somalie) ont été tués, 3 autres ont été blessés. La population de Tadjourah, excédée par les exactions de la Police et de leur chef, de l’armée et de la gendarmerie qui se comportent comme des troupes d’occupation, ont protesté massivement et énergiquement contre ce crime odieux.

La police qui fusille à Tadjourah, avait opérée une véritable razzia à Djibouti ville, entre l4 janvier et le 12 février, des bétails des vendeurs Afar. Des officiers de la Police (dont le lieutenant Abdillahi du 4ème arrondissement) et un ancien préfet de Dikhil, Mr Moussa Djama ont participé à la confiscation d’une quarantaine de bovins pour les distribuer à leurs proches ou pour les vendre.

Cette fusillade intervient aussi, après l’exécution extra-judiciaire d’un berger afar à Yoboki par un officier de l’armée (janvier) ; après l’expédition punitive des FAR (Forces d’Action Rapide), en février contre les populations de Syaru et de Hilou (Nord Ouest de district de Tadjourah), qui ont expulsé, banni et torturé une cinquantaine de personnes.

Le pouvoir de Djibouti semble avoir initié une stratégie de tension : terroriser les civils innocents et provoquer des conflits entre les communautés.