19/02/11 (B591-B) Amnesty International – Action urgente en faveur de Jean-Paul Noël Abdi. (En Anglais)

URGENT ACTION

HUMAN RIGHTS ACTIVIST ARRESTED IN DJIBOUTI

On 9 February, Jean-Paul Noёl Abdi, the president of the Djiboutian League of Human Rights (la Ligue djiboutienne des droits humains, LDDH), was arrested after he investigated and reported on arrests following recent student protests in the Republic of Djibouti, in the Horn of Africa.

The National Police arrested Jean-Paul Noёl Abdi on 9 February and he was taken to the police headquarters located in Djibouti City (Djibouti-Ville).

Later on the same afternoon, he was brought before the Prosecutor General (Procureur de le République) who charged him with participation in an insurrectional movement (“participation a un mouvement insurrectionel”) under articles 145 and 146.4 of the Penal Code. The charges carry a possible 15 year jail sentence and a fine of seven million Djiboutian francs (around 40,000 USD).

He was then transferred to Gabode Prison, Djibouti City.

On 5 and 6 February, Jean-Paul Noёl Abdi recorded and shared information about alleged arbitrary arrests following student protests in Djibouti City. He had also tried to visit the students in detention. Another Djiboutian human rights defender has also reported the arrest of at least seven opposition party members, from the Movement for Democratic Renewal and Development and the Union for Democracy and Justice.

Student protests took place on 5 February and were in response to a low pass rate this year and the quality of the education system. Local sources believe that the protests have become increasingly political. The international media has reported civil unrest and low-level violence, including rock throwing and looting.

Presidential elections are scheduled for April 2011. Opposition parties refused to take part in the 2005 and 2008 elections because their demands for changes in the electoral process were not met.

PLEASE WRITE IMMEDIATELY in French, English or your own language:

– expressing grave concern that human rights defender, Jean-Paul Noёl Abdi, has been detained on charges of participating in an insurrectional movement, apparently for investigating and reporting on arbitrary arrests following

– urging the authorities to release him immediately and unconditionally, as he is a prisoner of conscience, detained solely for exercising his right to freedom of expression;

– calling on the authorities to ensure that all Djiboutian human rights defenders can work freely and independently and with the full protection of the state.

PLEASE SEND APPEALS BEFORE 25 MARCH 2011 TO:

President of the Republic, Ismail Omar Guelleh, Palais Présidentiel BP 6 Djibouti Ville, République de Djibouti, Fax: 00 253 35 50 49,

Salutation: Your Excellency / Dear President

Minister of Justice, Mohamed Barkat Abdillahi, Ministre de la Justice, BP 12, Djibouti Ville, République de Djibouti, Fax: 00 253 35 54 20

Salutation: Dear Minister

And copies to: Public Prosecutor, Maki Omar Abdoulkader, Fax: 00 253 35 69 90, Email: likmik@caramail.com.

Also send copies to diplomatic representatives accredited to your country. Please check with your section office if sending appeals after the above date.

28/06/08 (B454) Amnesty International : Égypte : Amnesty International demande au président de stopper les vols susceptibles de mener vers la torture en Érythrée

Amnesty International a écrit vendredi 20 juin à Hosni Moubarak, le président égyptien, pour lui demander d’intervenir de toute urgence pour empêcher que de nouveaux Érythréens en quête d’asile en Égypte soient renvoyés de force dans leur pays, et de veiller à ce que l’Égypte permette, comme elle s’y est engagée, l’établissement de réels contacts entre le bureau du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Égypte et lesdits demandeurs d’asile.

Les demandeurs d’asile renvoyés en Érythrée risquent d’être soumis à la torture ou à d’autres formes de mauvais traitements, en particulier ceux qui ont fui pour échapper au service militaire obligatoire. Amnesty International exhorte les autorités égyptiennes à prendre en considération les appels lancés le 19 juin 2008 par Louise Arbour, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, qui a demandé que l’on mette fin aux retours forcés, et par le HCR, qui a réclamé que ses représentants puissent se rendre librement auprès de l’ensemble des demandeurs d’asile actuellement privés de liberté.

Depuis le 11 juin 2008, les autorités égyptiennes ont renvoyé de force en Érythrée un nombre de demandeurs d’asile pouvant atteindre le millier, et de nouvelles expulsions sont à prévoir. Parmi les personnes expulsées figuraient quelque 400 demandeurs d’asile érythréens qui, selon certaines sources au sein des services de sécurité égyptiens, ont été embarqués le 18 juin 2008 à bord d’avions d’Egypt Air au départ de l’aéroport du Caire et à destination d’Asmara.

Parmi ceux-ci se trouvaient 35 hommes et 30 femmes qui avaient été incarcérés à la prison d’Al Qanater, aux environs du Caire, et auraient été roués de coups par des agents pénitentiaires le 17 juin quand ils ont tenté de s’opposer à leur expulsion. Ils ont ensuite été embarqués de force dans des camions du ministère de l’Intérieur, et conduits à l’aéroport. Les forces de sécurité ont escorté toutes les personnes devant être expulsées et les ont contraintes à monter dans un avion d’Egypt Air. Certaines auraient tenté de s’échapper, en vain.

Amnesty International déplore le fait que les personnes expulsées n’aient pas eu la possibilité de soumettre leur cas au bureau du HCR en Égypte pour celui-ci évalue leurs besoins en matière de protection, et qu’elles aient subi des mauvais traitements au cours du trajet vers l’aéroport.

L’organisation a rappelé au président égyptien que le renvoi forcé de ces demandeurs d’asile érythréens vers leur pays va à l’encontre de ce qu’a promis le ministère égyptien des Affaires étrangères le 15 juin 2008, à savoir que le bureau du HCR en Égypte serait autorisé à se rendre auprès des Érythréens afin d’examiner leurs demandes d’asile. Or, le soir même, quelque 90 demandeurs d’asile érythréens auraient été renvoyés dans leur pays depuis l’aéroport d’Assouan.

Amnesty International a déjà fait part de ses inquiétudes aux autorités égyptiennes concernant les quelque 700 demandeurs d’asile érythréens qu’elles ont renvoyés chez eux depuis le 11 juin 2008 en utilisant des vols d’Egypt Air spécialement affrétés au départ de l’aéroport d’Assouan et à destination de l’aéroport de Massawa, en Érythrée.

Dans sa lettre au président égyptien, Amnesty International a rappelé l’obligation qui est faite à l’Égypte de ne pas expulser les demandeurs d’asile érythréens vers l’Érythrée, où ils risqueraient d’être victimes de torture et d’autres formes de persécution. Ces expulsions sont interdites par le principe de non-refoulement, inscrit dans la Convention des Nations unies contre la torture, dans la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et dans la Convention de l’Organisation de l’unité africaine régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique, auxquelles l’Égypte est partie ; à ce titre, ces expulsions constituent des violations aux obligations de l’Égypte aux termes du droit international.

06/05/08 (B446-B) Amnesty International : Somalie : Les homicides de civils sont désormais courants en Somalie (Lien avec le téléchargement du rapport intégral en Anglais à la fin de l’article)

(Nairobi) – Amnesty International a rendu public ce mardi 6 mai 2008 un important rapport sur la crise humanitaire et la dramatique situation des droits humains vécues par la population somalienne.

Il contient de très nombreux témoignages de victimes du conflit. Ces personnes traumatisées relatent les atteintes aux droits humains qui leur ont été infligées par une série d’acteurs, notamment par des militaires éthiopiens et des soldats des forces du gouvernement fédéral de transition, d’une part, et des membres de groupes armés, d’autre part.

« Des Somaliens sont tués, violés, torturés, a déclaré à Nairobi Michelle Kagari, la directrice adjointe du programme Afrique d’Amnesty International. Les pillages se multiplient et des quartiers entiers sont détruits »

Des témoins ont déclaré à Amnesty International que les soldats éthiopiens avaient de plus en plus souvent recours à la méthode de l’« abattage » pour tuer des personnes : les victimes sont « tuées comme des chèvres », c’est-à-dire égorgées. Elles sont bien souvent abandonnées dans leur sang en pleine rue, jusqu’à ce que les tireurs embusqués et autres combattants armés quittent les lieux, laissant la possibilité aux proches de ramasser les cadavres.

Alors qu’elle rentrait de l’école, une adolescente de quinze ans a ainsi découvert le corps de son père, la gorge tranchée. Les forces éthiopiennes avaient déferlé sur son quartier.

Citons quelques uns des cas présentés dans le rapport :

• Haboon, une habitante de Mogadiscio de cinquante-six ans, a expliqué que la fille de sa voisine, âgée de dix-sept ans, avait été violée par des militaires éthiopiens. Ses frères, des adolescents de treize et quatorze ans, ont essayé de la défendre, mais les soldats leur ont arraché les yeux avec une baïonnette. La mère s’est enfuie, mais on ne sait pas ce qu’il est advenu des garçons. Blessée lors de l’agression, la jeune fille se trouve dans le coma.

• Une autre habitante de Mogadiscio âgée de cinquante-six ans, Qorran, a raconté les faits suivants à Amnesty International : un jour où ses proches étaient couchés, elle est sortie chercher du charbon de bois. Pendant son absence, sa maison a été touchée par une roquette et totalement détruite. « Je n’ai pas retrouvé la maison à mon retour », a-t-elle déclaré. Son mari et ses fils ont été tués. « Si l’on peut mourir de chagrin, je vais certainement mourir », a-t-elle déclaré à Amnesty International.

• Guled, trente-deux ans, a découvert ses voisins qui avaient été « abattus ». Il a déclaré avoir vu de nombreux cadavres d’hommes égorgés, qui avaient été abandonnés dans la rue. Certains avaient les testicules tranchées. Guled a également vu des femmes se faire violer. Sa voisine, une jeune mariée, a ainsi été violée par 20 soldats éthiopiens à un moment où son époux était absent du domicile.

« Les témoignages que nous avons recueillis donnent fortement à penser que des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, ont été et sont commis par toutes les parties au conflit en Somalie, et ce en toute impunité, a déclaré Michelle Kagari.

« La situation humanitaire et des droits humains empire de jour en jour dans le pays. Ce rapport porte la voix des citoyens ordinaires de Somalie, qui demandent à la communauté internationale de se mobiliser pour mettre un terme aux attaques dont ils sont victimes, notamment celles commises par l’armée éthiopienne et par les forces du gouvernement fédéral de transition, soutenues à l’étranger. »

De nombreux secteurs de Mogadiscio sont livrés à l’insécurité, et tous les habitants de la capitale sont marqués par les très graves atteintes aux droits humains et violations du droit international humanitaire qu’ils ont subies ou dont ils ont été témoins.

« Où qu’ils aillent, les civils sont en danger. Ceux qui fuient la violence à Mogadiscio sont attaqués sur les routes, ceux qui ont la chance de parvenir jusqu’à un camp ou un campement sont confrontés à d’autres violences et vivent dans des conditions épouvantables. »

C’est au gouvernement fédéral de transition, le gouvernement reconnu de la Somalie, qu’incombe en premier lieu la responsabilité d’assurer la protection des droits fondamentaux de la population. En raison de son rôle prépondérant, l’armée éthiopienne, qui soutient ce gouvernement, a toutefois elle aussi des responsabilités à assumer.

« Il faut que cessent immédiatement les attaques perpétrées par toutes les parties contre les civils. La communauté internationale a par ailleurs elle aussi sa part de responsabilité, pour n’avoir pas exercé sans relâche des pressions sur le gouvernement fédéral de transition et sur le gouvernement éthiopien afin qu’ils empêchent leurs forces armées de commettre de très graves violations des droits humains. »

Amnesty International a appelé au renforcement du Bureau politique des Nations unies pour la Somalie. L’organisation a en outre demandé que la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), ainsi que toute mission de maintien de la paix des Nations unies qui pourrait lui succéder, reçoive pour mandat de protéger les civils et soit dotée d’une composante droits humains forte, l’habilitant à enquêter sur les violations des droits fondamentaux de la personne.

Amnesty International a également demandé, entre autres recommandations, que l’embargo sur les armes imposé par les Nations unies à la Somalie soit renforcé.

Note

Il y a un million de Somaliens déplacés à l’intérieur de leur propre pays, et des centaines de milliers d’autres réfugiés à l’étranger. Quelque 6 000 civils ont été tués l’an dernier dans des attaques. Les journalistes, qui vivent dans un danger de mort permanent, sont de plus en plus nombreux à quitter le pays.

L’AMISOM, mission de « maintien de la paix » de l’Union africaine en Somalie, ne dispose ni du mandat ni des moyens nécessaires pour protéger les civils.

Après 13 conférences de paix, la crise de cet État désintégré, l’une des plus longues en la matière qu’a connu le monde, n’est toujours pas résolue.

Le rapport complet en anglais est téléchargeable ici

28/04/08 (B445) AMNESTY International – COMMUNIQUE de PRESSE – : Somalie/Éthiopie. L’homicide délibéré de civils est un crime de guerre

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International réfute les déclarations faites par le gouvernement éthiopien à propos des informations données par l’organisation sur le raid de la mosquée Al Hidaya à Mogadiscio le 19 avril 2008.

Au cours de l’attaque, des soldats éthiopiens ont tué au moins 21 personnes, parmi lesquelles 11 civils non armés à l’intérieur de la mosquée et ont fait prisonniers une quarantaine de jeunes et d’enfants âgés de neuf à dix-huit ans. Dix autres personnes au moins ont été tuées par les forces éthiopiennes au voisinage de la mosquée.

Les informations données par l’organisation ont été recoupées plusieurs fois et s’appuient sur des sources indépendantes, telles que les membres des familles des victimes, des témoignages recueillis sur place, notamment de personnes présentes dans la mosquée au moment des homicides et des contacts locaux d’Amnesty International.

« L’homicide délibéré de civils est un crime de guerre, a déclaré Amnesty International.

Nous appelons le gouvernement éthiopien à faire en sorte qu’une enquête indépendante soit menée sur le raid de la mosquée et sur le traitement qu’auront subi les personnes détenues par ses forces.

Sept des 21 personnes tuées dans la mosquée auraient eu la gorge tranchée, une forme d’exécution extrajudiciaire pratiquée par les troupes éthiopiennes en Somalie. Amnesty International a recueilli des témoignages faisant état d’exécutions similaires, souvent lors d’opérations de sécurité après des attaques ayant visé les forces éthiopiennes en Somalie.

Selon les informations diffusées par les médias somaliens le 25 avril, les forces du gouvernement fédéral de transition (TFG) de Somalie ont emmené en détention au département des enquêtes criminelles de la police somalienne dix-huit jeunes et enfants faits prisonniers par les forces éthiopiennes à la mosquée d’Al Hidaya. Trente-deux autres enfants et adolescents ont été remis en liberté, selon un porte-parole du TFG.

Selon les normes internationales relatives aux droits de l’enfant, la détention d’un enfant doit n’être qu’une mesure de dernier ressort et être d’une durée aussi brève que possible. Amnesty International lance un appel pour que les 18 jeunes toujours détenus soient inculpés d’une infraction dûment reconnue par la loi et jugés, ou qu’ils soient libérés.

Amnesty International appelle une nouvelle fois le gouvernement éthiopien à s’engager à mener une enquête indépendante sur les homicides perpétrés pendant et après le raid sur la mosquée Al Hidaya.

Lorsque cette enquête aura eu lieu, ses conclusions devront être rendues publiques et les soldats éthiopiens impliqués au cours de l’enquête devront être jugés lors de procès répondant aux normes internationales d’équité des procès.

24/04/08 (B444-B) Amnesty International : Somalie : Amnesty International accuse l’Ethiopie d’exactions

Amnesty International accuse l’Ethiopie d’avoir capturé 40 enfants et tué plus de 20 personnes lors d’un raid dans une mosquée somalienne la semaine dernière, indique la BBC.

L’Ethiopie, qui soutient la Somalie dans sa guerre contre les islamistes, dément les accusations de l’organisation internationale des droits humains – qui demande la libération des enfants.

13/07/07 (B403) Amnesty International : Éthiopie. Le procureur requiert la peine de mort pour des prisonniers d’opinion (Info lectrice)

Amnesty International s’est déclarée choquée à l’issue des débats de ce lundi 9 juillet au cours desquels le procureur a requis la peine de mort contre les 38 accusés au centre d’un procès politique qui dure depuis quatorze mois en Éthiopie.

L’organisation a appelé la Cour à rejeter la demande du procureur.

Le tribunal a accordé trois jours aux accusés pour plaider les circonstances atténuantes. Le verdict est attendu le 16 juillet.

Parmi les 38 accusés figurent deux femmes, des journalistes, un défenseur militant des droits humains et des dirigeants du parti d’opposition Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD).

Tous sont en prison depuis novembre 2005. Ils avaient dans un premier temps refusé de présenter une défense, déclarant qu’ils ne croyaient pas à un procès équitable. Après que les juges eurent décidé, après présentation des faits par l’accusation, qu’ils devaient répondre d’un certain nombre de charges, ils avaient envisagé de soumettre une défense. Toutefois, le 11 juin, les juges auraient coupé court à toute demande concernant la préparation de leur défense et les auraient reconnus coupables des accusations dont ils étaient inculpés.

Les 38 ont été reconnus coupables d’«outrage à la Constitution» et d’«atteinte au pouvoir défensif de l’État» ; cinq d’entre eux ont également été déclarés coupables d’«incitation à la rébellion armée ou organisation ou direction d’une rébellion armée». Ils avaient auparavant été acquittés des chefs de «trahison» et «tentative de génocide», mais le procureur a fait appel de cette décision.

Pour Amnesty International, il est choquant que les accusés soient maintenant confrontés à une possible exécution. D’après les informations dont dispose Amnesty International, la plupart de ces prisonniers d’opinion – voire tous – ont été arrêtés en raison de leurs opinions non violentes et n’ont pas eu recours à la violence ni fait l’apologie de la violence. Amnesty International appelle à leur remise en liberté sans condition.

Plusieurs informations non confirmées laissent entendre que le gouvernement éthiopien envisagerait de libérer les 38 sous certaines conditions – ainsi que d’autres membres de la CUD toujours en attente de jugement – dans les prochains jours.

Des sources variées rapportent que pendant plusieurs mois au cours du procès, les dirigeants emprisonnés de la CUD auraient eu des entretiens privés avec des représentants du gouvernement par l’intermédiaire d’un médiateur éthiopien.

Selon certaines rumeurs, ils pourraient être graciés et libérés en échange d’une déclaration qu’ils auraient signée, avec d’autres membres de la CUD dont le procès est toujours en cours, reconnaissant une part de responsabilité dans les violences qui se sont déroulées au cours des manifestations de juin et novembre 2005 après un scrutin contesté. Quatre-vingt treize manifestants avaient alors été tués par les forces de sécurité et six policiers par des manifestants.

Selon un responsable du gouvernement, une telle grâce ne pourrait être accordée que dans le cadre d’une amnistie présidentielle ou d’une procédure de grâce à l’issue du procès.

Dix des autres accusés dans le même procès présentent une défense ; ils doivent comparaître le 12 juillet. Parmi eux figurent les militants de la société civile Daniel Bekele et Netsanet Demissie, tous deux prisonniers d’opinion.

Un autre procès de membres de la CUD – parmi lesquels Kifle Tigeneh, député élu de la CUD – a été repoussé au 29 octobre. Les accusés risquent également la peine de mort.

Amnesty International suit le procès à titre d’observateur pour s’assurer qu’il répond aux normes internationalement reconnues d’équité des procès. L’Union européenne a également un rôle d’observateur. Amnesty International prévoit d’assister aux audiences au cours desquelles le verdict sera prononcé et aux plaidoiries de la défense.

Complément d’information

Amnesty International s’oppose en toutes circonstances et sans exception à la peine de mort qu’elle considère comme une violation du droit à la vie et le châtiment ultime le plus cruel et le plus dégradant. La peine de mort rend légitime juridiquement un acte irréversible de violence par l’État et fait inévitablement des victimes innocentes. Amnesty International demande donc avec force l’abolition sans condition de la peine capitale partout dans le monde.

01/06/07 (B397) Selon un communiqué d’Amnesty International, il y aurait de nouvelles déportations …. mais chez un voisin proche : le Kenya ! (Guelleh ferait-il école dans la région ? )(Info lectrice)

Kenya.
Des milliers de personnes sont expulsées des forêts kenyanes

Emetteur: Amnesty International

De 2004 à 2006, un programme important d’expulsions a été
mené dans des zones forestières du Kenya.

Des maisons, des écoles et des centres de soins ont été
détruits, et de nombreuses familles sont devenues sans abri. Selon
certaines estimations, plus de cent mille personnes ont été
expulsées dans six forêts seulement. Dans un certain nombre de
zones forestières, les expulsions se poursuivraient ; des associations
humanitaires ont exprimé une préoccupation croissante devant
la hausse du nombre de personnes déplacées à l’intérieur
de leur propre pays, expulsées de zones forestières kenyanes.
Le gouvernement du pays a indiqué par le passé que ces expulsions
continueraient.

Amnesty International, le Centre pour le droit au logement et contre les expulsions
(COHRE) basé à Genève, la fondation Hakijamii et la Kenya
Land Alliance ont mené une mission d’enquête en octobre 2006
dans deux zones du complexe de la forêt de Mau (forêts de Mau
masaï et Sururu) au Kenya, pour enquêter sur l’étendue des
expulsions et autres violations des droits humains liées à ce
phénomène. La Commission nationale kenyane des droits humains
a accompagné cette mission, dont la coalition publie les conclusions
dans le rapport Nowhere to go : Forced Evictions in Mau Forest, Kenya.

Aux termes du droit international relatif aux droits humains, il n’existe
aucune justification aux expulsions forcées. La coalition craint que,
même si la protection de la forêt constitue un but légitime,
les moyens utilisés par le gouvernement kenyan pour y parvenir ne le
soient pas. La coalition estime en outre que la manière appropriée
de réconcilier l’intérêt du gouvernement pour la protection
de l’environnement avec, d’un côté les obligations du Kenya en
terme de droits humains de faire respecter le droit à l’eau et à
un environnement sain d’un côté, et de l’autre côté,
de respecter, protéger et appliquer le droit à un logement décent
(notamment l’obligation d’éviter les expulsions forcées), consiste
à faire en sorte que les expulsions n’aient lieu qu’en dernier recours,
seulement lorsqu’elles s’avèrent nécessaires, et toujours dans
le respect du droit international relatif aux droits humains.

Selon la mission d’enquête, les affaires d’expulsions dans la forêt
de Mau révèlent que les autorités kenyanes n’ont pas
respecté le droit international relatif aux droits humains et ses normes
lors des expulsions. Le préavis était insuffisant et imprécis,
aucune consultation n’a été menée avec les résidents,
et aucun effort n’a été fait pour trouver une alternative à
leur expulsion de leurs domiciles. Aucune des expulsions n’a été
menée en se fondant sur une décision judiciaire ; au contraire,
une injonction du tribunal mettant fin aux expulsions a été
ignorée. Les expulsions forcées ont été menées
avec un recours excessif à la force et les autorités responsables
de l’application de la loi n’ont pas pris de mesures suffisantes pour empêcher
les excès ou enquêter sur les allégations de violations
des droits humains. De nombreuses personnes ont été privées
d’abri, de moyen de subsistance, ou ont perdu leurs biens.

La coalition déplore les expulsions de masse au Kenya qui continuent,
sans qu’un relogement décent soit octroyé aux personnes concernées.
La coalition exhorte le gouvernement kenyan à respecter ses obligations
internationales en termes de droits humains, à adopter des textes de
loi et des garanties pour réguler les expulsions, et à agir
immédiatement pour fournir un logement sûr et décent à
toutes les familles expulsées.

Amnesty International, le COHRE, Hakijamii, Kenya Land Alliance et la Commission
nationale kenyane des droits humains font les recommandations suivantes, entre
autres, au gouvernement kenyan :

  • cesser immédiatement la pratique des expulsions
    forcées des zones forestières, déclarer et appliquer
    un moratoire sur toutes les expulsions en masse jusqu’à ce que

    • (a) des normes et textes de loi soient mis en place
      pour s’assurer que toute expulsion se conforme aux normes internationales
      relatives aux droits humains ;
    • (b) une consultation approfondie soit menée
      avec les groupes concernés et les organisations qui les soutiennent,
      lorsque les expulsions prévues sont absolument nécessaires.
  • achever l’élaboration des normes et textes de loi
    nationaux actuellement menée par le ministère du Territoire,
    afin d’encadrer l’élaboration de plans et de textes de loi relatifs
    aux expulsions, notamment dans les zones forestières. Les normes
    nationales doivent aborder spécifiquement la question des expulsions
    dans les zones forestières.
  • faire en sorte que les victimes d’expulsions forcées
    dans le complexe de la forêt de Mau (Mau masaï et Sururu) et
    toutes les autres zones forestières reçoivent une aide, dans
    le respect des normes internationales relatives aux droits humains, notamment
    l’accès à des sites de relogement, avec un accès réel
    aux services essentiels et aux écoles.
  • mettre rapidement en place un plan exhaustif de relogement
    et d’indemnisation pour toute expulsion prévue, notamment dans les
    zones forestières. Ce plan de relogement doit respecter les normes
    internationales relatives aux droits humains.
  • faire en sorte que toute affaire d’octroi illégal
    ou irrégulier d’un terrain fasse l’objet d’une enquête distincte
    sur les origines de cette allocation, et établir un tribunal foncier
    à cet effet, comme l’a proposé la commission Ndungu.
  • coordonner les diverses activités des agences et
    ministères du gouvernement concernés par les forêts
    et/ou les expulsions, et donner des instructions à toutes les autorités
    compétentes pour que les expulsions ne puissent avoir lieu que dans
    le respect complet du droit international relatif aux droits humains et
    de ses normes.

29/09/1999: Action urgente d’Amnesty International en faveur des 3 journalistes emprisonnés

AMNESTY INTERNATIONAL

Unfair trial /
Prisoners of conscience 28 September 1999 DJIBOUTI

Moussa Ahmed Idriss, journalist, opposition leader and member of parliament
Ali Meidal Wais, journalist
Daher Ahmed Farah, journalist, opposition leader

Amnesty International is very concerned by a recent government crackdown on the last two remaining opposition newspapers circulating in Djibouti.

The three journalists named above were arrested and charged with diffusion de fausses nouvelles, ?spreading false news?, likely to ?demoralize the army?. Moussa Ahmed Idriss, 66, co-director of Le Temps, The Times, was arrested on 23 September 1999 in Djibouti city.

A large contingent of armed police arrested him in the middle of the night. Their arrival led to clashes at his home in which police fired grenades, shot at people (one of whom died of bullet wounds), beat several others (including Moussa Ahmed Idriss? wife) and arrested 24 relatives and supporters – they are still held on criminal charges.

Le Temps is published by the opposition party Opposition djiboutienne unifée (ODU), Unified Djiboutian Opposition. Moussa Ahmed Idris is a member of parliament and president of the ODU party.

In April 1999, he was the unsuccessful opposition candidate in the presidential elections. (Before independence he had been a member of the French National Assembly.) Before his arrest, his parliamentary immunity was lifted by the president of the assembly in a dubious procedure.

He is expected to be tried imminently. Amnesty International is concerned that he will not receive a fair trial.

Retired army general Ali Meidal Wais is the other co-director of Le Temps. Daher Ahmed Farah is president of the opposition Parti du renouveau démocratique (PRD), Party of Democratic Renewal and editor of Le Renouveau, The Renewal, the journal of the PRD.

Both men were found guilty after a summary trial on 2 September and sentenced to eight months and one year in prison respectively and each fined 1 million Djibouti francs (US$5,850).

The arrests were over articles which appeared in Le Temps and Le Renouveau about an explosion which destroyed an army helicopter.

The articles reported a claim by the opposition Front pour la restauration de l?unité et de la démocratie (FRUD), Front for the Restoration of Unity and Democracy, that its forces shot down the helicopter, but they also reported the government denial of any FRUD connection to the incident.

The FRUD communique from Paris was also reported by French international radio stations. Amnesty International believes that the three journalists have been imprisoned contrary to international standards for the freedom of the press and are prisoners of conscience.

The organization also believes that the two already convicted did not receive fair trials – they were prevented from having legal representation of their choice and were undefended, members of the public were barred from attending the trial and there appeared to be several procedural irregularities.

BACKGROUND INFORMATION

Djibouti is currently governed by President Ismael Omar Guelleh, the former head of security who succeeded President Hassan Gouled Aptidon, his uncle, in the May 1999 elections.

The ruling Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), People’s Rally for Progress, and an allied party won all the seats in the first multi-party elections in 1997.

Two deputies, including Moussa Ahmed Idriss, later went into opposition. Some opposition leaders were barred from standing in the 1997 and 1999 elections after court convictions in an earlier political trial.

The FRUD, which draws its support largely from the Afar ethnic group, has been fighting government forces since 1991, alleging government repression and exclusion of Afars.

Peace talks failed in 1994, though a small FRUD faction joined the government.