07/02/09 (B485) Amnesty International. Comme l’a déjà annoncé la FIDH, l’organisation internationale appelle à une enquête indépendante, concernant les allégations de massacres de civils qui auraient pu avoir été commis par les détachements de l’AMISOM en Somalie. // Amnesty International Calls for Investigation of Civilian Deaths in Somalia As Allegations Point to Shooting Incident by African Union Peace Operation (En Anglais)

Amnesty International today called for an immediate, independent and impartial investigation into allegations that AMISOM, the African Union peace support operation in Somalia, opened fire indiscriminately in the capital of Mogadishu, killing civilians on Monday, (February 2).

An AMISOM spokesperson denied that troops opened fire on civilians, saying that three civilians were killed and one of their soldiers injured by an explosion on the Maka Al-Mukarama road that targeted one of their vehicles.

But Amnesty International has received several reports that AMISOM soldiers fired indiscriminately in response to the explosion, killing at least 10 civilians on board or boarding buses on that road, and injuring at least a dozen others. Reports indicate that at least 10 bodies with gunshot wounds were transported to the Medina hospital in the capital. AMISOM later stated that civilians killed in the incident were victims of both the explosion and gunfire fired by armed opposition groups.

The human rights organization said an investigation is needed to establish the number and identity of the civilians killed and injured in the incident, the nature of their injuries and the sources of the gunfire. If it reveals that AMISOM soldiers did open fire, the investigation should also establish whether all feasible precautions were taken to spare civilian deaths and injuries. Soldiers alleged to have opened fire should be suspended from duty pending the results of the investigation and anyone found responsible for violations of international humanitarian law should be brought to justice.

“It is crucial that an effective public investigation is conducted into accusations that AMISOM troops unlawfully killed civilians. This would send a message to the Somali population that AMISOM is willing to uphold standards of international humanitarian law, in a situation where all parties to the conflict have unlawfully killed civilians with impunity,” said Michelle Kagari, deputy director of Amnesty International’s Africa program.

Amnesty International has repeatedly condemned attacks on civilians by all parties to the conflict in Somalia. Armed groups fighting the Somali Transitional Federal Government (TFG) forces have used explosive devices in civilian-populated areas and launched attacks from civilian areas, while TFG forces, militias and their allies have carried out indiscriminate attacks as well as directly targeted civilians in response to attacks by armed groups.

Amnesty International is a Nobel Peace Prize-winning grassroots activist organization with more than 2.2 million supporters, activists and volunteers in more than 150 countries campaigning for human rights worldwide. The organization investigates and exposes abuses, educates and mobilizes the public, and works to protect people wherever justice, freedom, truth and dignity are denied.

14/01/09 (B481) Amnesty International / Éthiopie. Le gouvernement adopte une nouvelle loi répressive / COMMUNIQUÉ DE PRESSE du 7/01/09

Amnesty International a qualifié de répressive la loi sur les sociétés et associations caritatives (CSO, Charities and Societies Proclamation Law) adoptée ce mardi 6 janvier par le gouvernement éthiopien ; selon l’organisation, cette loi vise à encadrer et contrôler strictement la société civile et s’inscrit sur fond d’intolérance croissante envers les actions des défenseurs des droits humains et des organisations de la société civile. Des versions précédentes du projet de loi imposaient des contrôles gouvernementaux stricts et prévoyaient des sanctions pénales sévères pour les organisations non gouvernementales.

Selon le gouvernement éthiopien, la loi CSO a été conçue pour pallier aux carences de l’actuel régime juridique, promouvoir la transparence financière, améliorer la capacité des ONG à rendre des comptes aux parties intéressées et assurer la « bonne » administration et réglementation de la société civile.

Amnesty International, se basant sur ses analyses des précédentes versions de la loi, s’est élevée contre ces affirmations ; selon l’organisation, les dispositions répressives de la loi constituent « une tentative du gouvernement éthiopien pour masquer les atteintes aux droits humains et empêcher toute protestation publique et toute critique de sa politique avant les élections prévues en 2010 ». Amnesty International considère également que plusieurs dispositions de la loi CSO bafouent les traités régionaux et internationaux relatifs aux droits humains auxquels l’Éthiopie est État partie.

Si elle est appliquée, la loi CSO se traduira, entre autres dispositions, par

  • une criminalisation des actions de défense des droits humains entreprises par des organisations éthiopiennes dont le financement est assuré à plus de dix pour cent par des fonds étrangers ;
  • une criminalisation des actions de défense des droits humains entreprises par des ONG étrangères, y compris les campagnes en faveur de l’égalité des genres, des droits des enfants, des droits des personnes handicapées et de la résolution des conflits ;
  • l’imposition de sanctions pénales disproportionnées pour des infractions administratives mineures ;
  • la mise en place d’une agence des sociétés et associations caritatives (Charities and Societies Agency, CSA) disposant de pouvoirs discrétionnaires étendus sur les organisations de la société civile et la possibilité pour le gouvernement de surveiller et d’intervenir dans la gestion et le recrutement des organisations de la société civile.

Amnesty International demande instamment aux gouvernements donateurs – notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni et à la France – ainsi qu’aux organisations internationales, de condamner la nouvelle loi et d’observer attentivement son impact sur les organisations de défense des droits humains opérant dans le pays. Tous doivent affirmer clairement leur intention d’user de leur influence pour empêcher que des atteintes aux droits humains ne soient perpétrées en Éthiopie sous couvert des dispositions de cette loi.

Complément d’information

Le bilan de gouvernement éthiopien en matière de droits humains s’est dégradé après les élections contestées de 2005, au cours desquelles 187 manifestants avaient été tués et des milliers d’autres arrêtés, parmi lesquels de nombreux députés de l’opposition, des dirigeants de l’opposition, des journalistes et des défenseurs des droits humains.

La majorité des personnes arrêtées et jugées ont été soit acquittées soit libérées après leur condamnation, en vertu d’une grâce présidentielle négociée en 2007. La première semaine de janvier 2009 toutefois, Birtukan Mideksa, ancienne magistrate et actuelle dirigeante du nouveau Parti de l’unité pour la démocratie et la justice, a été de nouveau arrêtée. Le ministre de la Justice lui a fait savoir que sa condamnation à la réclusion à perpétuité allait être rétablie.

29/11/08 (B476) Amnesty International : Somalie. La communauté internationale doit se saisir de l’occasion qui lui est donnée d’établir les responsabilités et de rendre justice

Déclaration publique

Amnesty International a salué ce jeudi 27 novembre 2008 l’appel lancé par les deux parties aux négociations de Djibouti sur la Somalie en faveur de la mise en place d’une commission internationale d’enquête sur les crimes de guerre et autres violations des droits humains perpétrés en Somalie, ainsi que de la création d’un tribunal spécial chargé d’enquêter sur les faits et de poursuivre les auteurs présumés de ces violences.

Les représentants du gouvernement fédéral de transition de Somalie et l’Alliance pour la seconde libération de la Somalie basée à Djibouti ont donné leur accord pour la mise en place de ces mécanismes de justice le dimanche 23 novembre. Les attributions et le champ d’application de la commission d’enquête et du tribunal spécial chargé de juger les auteurs présumés d’atrocités restent à déterminer par un groupe de travail mis en place par les deux parties.

Il est impératif que cet accord soit suivi d’effets rapidement. La conduite de cette enquête ne sera pas facile, la situation étant extrêmement instable en Somalie en termes de sécurité. Toutefois, cet accord offre une occasion de briser le silence entourant les atteintes aux droits humains en Somalie. C’est ce silence et le manque de responsabilisation qui ont permis que de telles violations – notamment des activités criminelles telles que les prises d’otages et la piraterie connaissent un tel essor en Somalie.

L’anarchie régnant en Somalie continue de se traduire au quotidien par des homicides, des viols et des actes de harcèlement. Elle est également à l’origine du déplacement forcé de plus d’un million cent mille personnes depuis janvier 2007. La communauté internationale ne doit pas laisser passer cette occasion. L’impunité règne en Somalie depuis dix-neuf années – le temps est venu de mener des enquêtes, de donner des noms et de demander des comptes aux auteurs de ces actes.

L’annonce de l’avènement de la justice en Somalie devrait avoir une influence sur la conduite des parties au conflit et faire cesser les attaques contre des civils – mais la menace que fait planer la justice sur les auteurs de tels crimes perdra de son effet si l’on attend que la sécurité soit assurée sur le terrain avant de démarrer les enquêtes.

Amnesty International a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à mettre en place une commission d’enquête sur les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres atteintes aux droits humains perpétrés au cours du conflit en Somalie. Les agences concernées des Nations unies et la communauté internationale doivent faire le nécessaire pour préparer la mise en place de cette commission et assurer son indépendance et son impartialité, en veillant à ce qu’elle dispose des moyens financiers et des ressources nécessaires pour mener à bien son mandat, avec le maximum de coopération de toutes les parties concernées.

Complément d’information

Les pourparlers de Djibouti sont un processus de négociation entre le gouvernement fédéral de transition de Somalie et l’Alliance pour la seconde libération de Somalie basée à Djibouti. Ils sont présidés par Ahmedou Ould-Abdallah, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et facilitateur.

07/11/08 (B472) Amnesty – Communiqué – Somalie. Il faut que les attaques cessent pour permettre de venir en aide à ceux qui en ont besoin.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

La mort d’au moins 40 membres d’organisations humanitaires ou de défense des droits humains en 2008 et la menace toujours grandissante d’attaques menées par des milices ou des groupes armés accroissent encore le risque de malnutrition et de maladie que courent plus de trois millions de Somaliens, a affirmé Amnesty International ce jeudi 6 novembre 2008.

Dans son nouveau rapport, l’organisation appelle l’attention sur le fait que la violence ciblée contre les pacifistes, les travailleurs humanitaires et les défenseurs des droits humains oblige de nombreuses organisations à suspendre leurs programmes et à retirer leur personnel. Pourtant, la Somalie est plongée dans une très grave crise humanitaire, les Nations unies estimant que quelque 3 250 000 Somaliens, soit 43 p. cent de la population, auront besoin d’une aide alimentaire avant la fin de l’année 2008.

Différentes raisons sont à l’origine de ces violences, notamment l’idée fausse mais très répandue en Somalie que les organisations humanitaires sont des espions à la solde des gouvernements occidentaux.

Ces homicides, ces enlèvements et ces menaces signifient que les membres d’organisations humanitaires et de défense des droits humains ne bénéficient plus de la protection limitée qui leur était accordée en raison de leur statut au sein de la communauté – parce qu’ils distribuent de manière impartiale nourriture et services d’urgence ou défendent la paix et les droits fondamentaux , a indiqué David Copeman, responsable des actions sur la Somalie à Amnesty International.

En effet, les attaques se poursuivent : un employé des Nations unies a perdu la vie dans un attentat à l’explosif le 29 octobre, un ingénieur de l’UNICEF a été délibérément assassiné dans le centre-ville de Hudur le 19 octobre et une militante des droits des femmes a été tuée a Guriel le 25 octobre.

S’agissant des homicides dont les auteurs ont été identifiés, la majorité est imputable aux membres des groupes armés d’opposition, notamment aux milices al Shabab et aux différentes milices affiliées à l’Alliance pour la re-libération de la Somalie (ARS), souvent appelées tribunaux islamiques.

Ces homicides ont aussi été attribués pour partie à des bandes de malfaiteurs et, dans une moindre mesure, aux milices affiliées au gouvernement fédéral de transition ou à l’armée éthiopienne. Les meurtres les plus récents ont été commis par un ou plusieurs tueurs, presque toujours décrits comme ayant entre quinze et vingt-cinq ans. Les menaces sont proférées au téléphone, dans des tracts ou par le bouche à oreille.

Amnesty International engage toutes les parties au conflit en Somalie à cesser ces attaques illégales contre les membres d’organisations humanitaires et de la société civile.

Les dirigeants du monde doivent mettre en place un mécanisme, par exemple une commission internationale d’enquête, afin de faire la lumière sur ces homicides, ces enlèvements et ces agressions, et de traduire les responsables présumés en justice, a préconisé David Copeman.

En outre, les gouvernements donateurs et l’ONU doivent redoubler d’efforts pour établir une distinction claire et transparente entre les secours humanitaires d’urgence, apolitiques, et toute activité politique ou de développement apportant un appui au gouvernement fédéral de transition ou au processus de paix.

04/03/08 (B437) AMNESTY INTERNATIONAL / Somalie. Les journalistes sont confrontés à des attaques délibérées et systématiques (De nombreuses menaces, y compris de la part de représentants diplomatiques éthiopiens en Somalie …) Amnesty demande à tous les gouvernements d’accorder un droit d’asile aux journalistes qui fuient les violences dont ils sont les victimes)

Amnesty International a révélé ce lundi 3 mars l’étendue de la répression à laquelle sont confrontés les journalistes somaliens qui tentent de couvrir le conflit en cours dans ce pays ravagé par la guerre ; selon l’organisation, la menace envers les journalistes somaliens est aujourd’hui la pire depuis le renversement du gouvernement de Mohamed Siyad Barré en 1991.

« Les homicides, arrestations et menaces de mort dont les journalistes somaliens sont la cible ne sont pas un simple effet collatéral malheureux du conflit et de l’insécurité générale en Somalie – ils constituent une tentative délibérée et systématique, par toutes les parties au conflit, de tarir le flot d’informations en provenance du pays », selon Michelle Kagari, directrice adjointe du programme Afrique d’Amnesty International.

Depuis février 2007, neuf journalistes somaliens ont été tués. Des menaces de mort et arrestations ont contraint au moins 50 journalistes à chercher refuge dans les pays voisins.

Des journalistes ayant fui Mogadiscio pour les pays voisins ont déclaré à Amnesty International qu’ils recevaient régulièrement des menaces de mort lorsqu’ils faisaient état des pertes de l’une des parties au conflit. Les menaces prennent généralement la forme d’appels sur des téléphones portables, avec le numéro de l’appelant caché, et le plus souvent la personne qui appelle se présente comme appartenant à l’Agence nationale de sécurité du gouvernement fédéral de transition.

« Les journalistes pris pour cibles sont menacés de mort, de disparition forcée ou d’arrestation s’ils ne retirent pas leurs articles sur Internet – une attaque grossière et brutale de leur droit à la liberté d’expression », a déclaré Michelle Kagari.

Deux journalistes ont déclaré à Amnesty International avoir personnellement reçu des menaces de représentants diplomatiques éthiopiens à Mogadiscio.

D’autres journalistes ont déclaré à l’organisation avoir reçu des menaces répétées de groupes armés combattant le gouvernement fédéral de transition et les forces éthiopiennes. Un journaliste a déclaré à Amnesty International : « J’avais écrit dans un article que deux insurgés avaient été tués. On m’a appelé sur mon téléphone portable pour me dire : « Pourquoi as-tu écrit cela ? » J’ai répondu : « C’est la vérité. Je dois l’écrire. » Mon interlocuteur m’a dit alors : « On te met sur la liste de ceux que nous allons tuer » ».

D’autres journalistes ont été arrêtés à maintes reprises par les forces du gouvernement fédéral de transition ou l’armée éthiopienne. Beaucoup ont reconnu ceux qui les avaient fait prisonniers comme faisant partie de l’Agence nationale de sécurité, dirigée par le général Mohamed Aden, connu sous le nom de général « Darwish ». Ils ont généralement été arrêtés après avoir réalisé des interviews ou écrit des articles portant sur le conflit – en particulier des interviews d’opposants au gouvernement.

Certains ont déclaré à Amnesty International que pendant qu’ils étaient interrogés, des membres de l’Agence nationale de sécurité discutaient ouvertement entre eux pour savoir s’il fallait ou non tuer le journaliste.

« Les journalistes somaliens luttent pour faire leur travail dans l’un des contextes les plus dangereux et les plus difficiles que l’on puisse imaginer, a déclaré Michelle Kagari. Les attaques et les menaces dont ils font quotidiennement l’objet constituent une tentative délibérée pour faire taire ceux qui révèlent les atteintes aux droits humains perpétrées par toutes les parties au conflit en Somalie. Il faut protéger ces personnes. »

Amnesty International a appelé tous les gouvernements à accorder refuge aux journalistes somaliens forcés de fuir la Somalie et à ne contraindre aucun journaliste à retourner dans le pays.

Complément d’information

Les attaques contre les médias en Somalie marquent un recul dans le développement de la liberté d’expression dans le pays. En 2005 et 2006, de nouvelles stations de radio et de télévision, des journaux et des sites web se sont ouverts – les sujets traités et les liens de ces médias avaient commencé à s’étendre au-delà des allégeances aux clans et seigneurs de la guerre.

07/05/07 (B394) Amnesty International : les Somaliens privés du droit de chercher refuge (Info lectrice)

Des milliers de
demandeurs d’asile et réfugiés somaliens se sont retrouvés
livrés à eux-mêmes lorsque le Kenya a décidé
de fermer sa frontière avec son voisin dévasté par la
guerre. Cette décision les expose à de graves violations des
droits humains.

Le Kenya a fermé sa frontière avec la Somalie le 3 janvier 2007,
invoquant des «préoccupations en matière de sécurité»
à la suite de la résurgence du conflit armé en Somalie.
Le jour même, les autorités kenyanes ont expulsé au moins
420 Somaliens, qui avaient déjà franchi la frontière
et attendaient dans le centre de transit de Liboi.

Depuis, des milliers d’autres demandeurs d’asile somaliens sont
dans l’impossibilité de se rendre au Kenya pour y exercer leur
droit de solliciter l’asile afin d’échapper à la
flambée de violence qui touche la Somalie depuis juin 2006.

De leur côté, les quelque 2 000 demandeurs d’asile ayant
réussi à passer la frontière ne sont pas au bout de leurs
peines, les risques et les obstacles étant encore nombreux. Lorsqu’elles
se déplacent dans la brousse, les familles s’exposent aux homicides,
viols et tortures commis par les groupes armés. Celles qui réussissent
à gagner les camps de réfugiés à Dadaab vivent
dans la peur d’être renvoyées si les autorités kenyanes
découvrent qu’elles sont arrivées après la fermeture
de la frontière.

Khadija, vingt-quatre ans, est mère de quatre enfants. Elle
a essayé de fuir la Somalie le jour où la frontière a
été fermée.

Elle raconte à Amnesty International: «On nous a reconduits
en Somalie, où on nous a abandonnés au milieu de nulle part.
Certains d’entre nous ont décidé de revenir au Kenya illégalement,
en passant par la brousse.»

Lorsque son groupe a vu un hélicoptère qui volait à
très basse altitude, il a pensé qu’il s’agissait
des forces de sécurité kenyanes: «Il y a eu de la confusion
et de la panique, chacun a commencé à courir pour aller se cacher.
J’ai été séparée de tous mes enfants et
je n’ai pas réussi à retrouver la trace d’un seul
d’entre eux», déclare Khadija, qui a aussi perdu contact
avec son mari, parti à la recherche de leurs enfants.

Le droit de rechercher une protection internationale
dans un autre pays est inscrit dans le droit international.

En refusant d’autoriser les Somaliens à traverser sa frontière,
le Kenya agit en violation de ses obligations internationales, et notamment
de la Convention relative au statut des réfugiés (ONU, 1951),
à laquelle le Kenya est partie.

Le gouvernement kenyan doit rouvrir sa frontière immédiatement
et veiller à ce que toutes les personnes demandant asile bénéficient
d’une protection adéquate et effective.

03/05/07 (B393-B) AMNESTY INTERNATIONAL / Éthiopie. La situation des «otages» chinois et les homicides perpétrés lors des attaques des rebelles suscitent des inquiétudes (Info lectrice)

Amnesty
International est préoccupée par la sécurité de
sept ressortissants chinois enlevés le 24 avril dans l’est de l’Éthiopie
par le Front de libération nationale de l’Ogaden (FLNO).

L’opposition armée les a emmenés dans un lieu inconnu après
avoir attaqué un site d’exploration pétrolière d’une
filiale de la société pétrochimique chinoise Sinopec.
L’attaque a eu lieu à Abole dans le district de Degabur à plus
de 500 kilomètres à l’est d’Addis-Abeba en direction de la frontière
avec la Somalie.

L’attaque a fait neuf morts parmi les employés civils chinois. Il pourrait
s’agir d’homicides ciblés. Selon certaines informations, 65 Éthiopiens
auraient également été tués sans que l’on sache
dans quelle proportion il s’agissait de soldats protégeant le site
ou d’ouvriers travaillant sur le site.

Amnesty International demande au FLNO de traiter les personnes enlevées
avec humanité et de les libérer immédiatement en toute
sécurité.

Les sept ressortissants chinois enlevés seraient Li Genhai,
directeur de la production ; Xu Jianfeng, responsable des ressources humaines
; Yang Qingwu, médecin ; Zhang Xiaoyu, ingénieur ; You Jindong,
responsable de l’équipement ; Ke Weitao, préposé à
l’équipement et Chen Wenxiang, mécanicien. On ignore les circonstances
exactes des événements.

Les homicides ciblés et les enlèvements de civils violent
le droit international humanitaire, qui s’applique à tous les groupes
armés.

Complément d’information

Le FLNO se bat depuis plus de dix ans en faveur de l’autodétermination
de la région de l’Ogaden peuplée en majorité de membres
de l’ethnie somalie et qui dispose d’une assemblée régionale
et de ses propres partis politiques. Le FLNO avait menacé précédemment
les sociétés pétrolières étrangères
qui ne quitteraient pas la région.

Le gouvernement éthiopien a qualifié l’attaque de «massacre»
et a accusé le gouvernement érythréen d’en être
à l’origine, ce que l’Érythrée a démenti.

L’Érythrée abrite et soutient
le FLNO. Les tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée
sont toujours vives depuis le conflit frontalier qui les a opposées
en 1998 – 2000.

16/12/06 (B374) Somalie. Amnesty Belgique. Craintes pour les droit humains dans le conflit qui menace.


Déclaration publique

Index
AI : AFR 52/004/2006 (Public) Bulletin n° : 324 ÉFAI 15 décembre
2006

Amnesty
International met en garde contre une escalade du conflit en Somalie qui pourrait
se traduire par des violations graves et systématiques du droit international
humanitaire par toutes les parties. On peut s’attendre à des
atteintes graves aux droits fondamentaux des civils, des femmes et des enfants
notamment. Le conflit engendrerait aussi inévitablement un nouveau
déplacement massif de réfugiés à l’intérieur
du pays et en direction des pays voisins.

Amnesty
International demande donc instamment de toute urgence à toutes les
parties au conflit et à la communauté internationale de faire
de la protection des civils, du respect pour les droits humains et de l’accès
des civils à l’aide humanitaire d’urgence, des questions
de priorité.

Le 6 décembre,
le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une
résolution autorisant l’envoi d’une force régionale
de maintien de la paix en Somalie, sous les auspices de l’Autorité
intergouvernementale pour le développement (IGAD) et de l’Union
africaine (UA). Le mandat de l’IGAD en Somalie (IGASOM)), force de maintien
de la paix de 8 000 hommes, est principalement de protéger le gouvernement
fédéral de transition et de former ses forces de sécurité.
Des heurts de plus en plus nombreux se produisent entre l’importante
force éthiopienne présente dans le pays qui soutient le gouvernement
fédéral de transition et l’Union des tribunaux islamiques.
Les tribunaux islamiques ont déclaré qu’ils combattront
l’IGASOM, bien que son déploiement ne soit pas prévu avant
quelque temps.

Amnesty
International, qui a redit que la protection des droits humains doit être
prise en compte dans toute résolution du conflit, demande instamment
que soit accordée une attention spéciale aux questions humanitaires
et relatives aux droits humains urgentes, notamment lors des pourparlers de
paix qui doivent reprendre bientôt à Khartoum entre le gouvernement
fédéral de transition et les tribunaux islamiques.

Complément
d’information Le gouvernement fédéral de transition a
été établi en 2004 après deux années de
pourparlers de paix entre factions armées claniques et treize années
d’effondrement de l’État. Toutefois, en dépit de
la reconnaissance internationale dont il bénéficie, le gouvernement
fédéral de transition n’a pas réussi à s’imposer
en dehors de sa base, dans la ville de Baidoa. Il est soutenu par une importante
force éthiopienne appelée en renfort par le président
Abdullahi Yusuf pour défendre les institutions fédérales
contre les forces des tribunaux islamiques. En juin, des milices des tribunaux
islamiques à Mogadiscio, la capitale, l’ont emporté sur
les dirigeants de factions précédemment liées au gouvernement
fédéral et ont étendu leur contrôle au centre et
au sud de la Somalie.

En octobre,
les tribunaux islamiques ont déclaré la djihad (guerre sainte)
contre les troupes éthiopiennes en Somalie et appelé au retrait
de toutes les « forces étrangères » de Somalie.
En novembre, le Premier ministre Meles Zenawi a annoncé des préparatifs
de guerre contre les tribunaux islamiques. Outre le fait que cela créé
de nouveaux obstacles à l’aide humanitaire d’urgence destinée
aux victimes des inondations et retarde les projets d’aide internationale
à la reconstruction et au développement, l’élargissement
du conflit pourrait affecter d’autres pays de la région et réactiver
les tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée,
dont les frontières sont toujours sous la surveillance d’observateurs
des Nations unies.

Le 29
novembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné
l’afflux d’armes entrant en Somalie en quantités toujours
plus grandes, en violation de l’embargo sur les armes décrété
en 1992. Le groupe de surveillance des Nations unies a signalé des
violations par 11 États, dont l’Éthiopie en faveur du
gouvernement fédéral de transition et l’Érythrée
en soutien aux tribunaux islamiques.

Les tribunaux
islamiques qui réclament l’instauration d’un État
islamique en Somalie, ont rétabli la paix à Mogadiscio et mis
un terme à des années d’atteintes graves aux droits fondamentaux
des civils par les factions armées. Les défenseurs somaliens
des droits humains s’inquiètent cependant beaucoup de l’impact
que pourrait avoir l’interprétation, par les tribunaux, de la
loi islamique (charia) qui impose d’importantes restrictions aux droits
fondamentaux des personnes, aux droits des femmes et à la liberté
d’expression.