15/01/2016 (Brève 634) Communiqué de la LDDH. La répression continue à Djibouti. 3 arrestations dont 2 enseignants, transférés vers une destination inconnue

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (L.D.D.H) Djibouti, le 15 janvier 2016

Communiqué de presse:

La répression continue à Djibouti

La LDDH vient d’apprendre que la police et la gendarmerie djiboutienne mènent une vague d’arrestations visant notamment les milieux opposants à l’approche de la célébration de l’USN, son troisième anniversaire ce samedi 16 janvier 2016. 

Le journaliste, co-directeur de publication du Mensuel l’Aurore de l’USN et haut-cadre de la coalition, Kadar Abdi Ibrahim, journaliste et enseignant d’université a été arrêté jeudi 14 janvier 2016 après-midi à son domicile de la capitale par des gendarmes.

Mohamed Robleh Farah
enseignant à Balbala 2 et Militant de l’USN, a été arrêté lui aussi le jeudi 14 Janvier 2016 en rentrant de l’école ou il enseigne.

Zakaria Rirache Miguil, jeune militant et opposant USN, a été arrêté par la police le 14 janvier 2016 à Balbala dans la capitale, alors qu’il marchait paisiblement dans la rue.

La LDDH ignore pourquoi et où ont étés conduit
ces 3 membres de l’opposition USN, dénonce des arrestations arbitraires et demande leur libération immédiate.

La LDDH lance un appel à soutien à toutes les organisations de défense des droits humains de par le monde à faire pression sur le régime en place à Djibouti pour que la répression s’arrête.

La LDDH lance un appel solennel  à la communauté internationale
de faire pression sur le pouvoir en place pour libérer  les prisonniers politique, les militants de l’opposition et le défenseur des droits de  l’homme.    

Enfin la LDDH condamne le cycle de la répression et exige la fin des arrestations arbitraires.  

Le 2ème Vice Président de la LDDH
Mahdi Samireh Sougueh

14/01/2016 (Brève 633) RFI Afrique : Djibouti: tensions autour de la campagne électorale

LIen avec l’article : http://www.rfi.fr/afrique/20160113-djibouti-tensions-autour-campagne-electorale

RFI Afrique
A Djibouti, c’est le signal de départ pour l’élection présidentielle du 8 avril prochain : la Commission électorale nationale indépendante a été réactivée dimanche et son président élu mardi. Il s’agit d’un point crucial du processus électoral, car la réforme de cet organe fait partie des termes de l’accord signé fin 2014 entre gouvernement et opposition. De son côté, le président Ismaïl Omar Guelleh est entré en campagne. Le climat politique s’annonce particulièrement tendu.

Il reste moins de trois mois avant l’élection présidentielle à Djibouti et trois motifs d’inquiétude pour les observateurs. 

D’abord un climat politique crispé autour du dernier accord entre pouvoir et opposition.

Signé fin 2014, il a mis fin à plus de deux années de crise violente après des législatives aux résultats contestés par l’opposition. Regroupée au sein de la coalition de l’Union pour le salut national, elle a obtenu des promesses de démocratisation et d’une réforme de la Céni en une commission paritaire.

Ensuite un climat sécuritaire tendu : 5 jours après une grande manifestation de l’opposition fin novembre, le gouvernement a décrété l’état d’urgence, en réponse aux attentats de Paris et Bamako. Le 21 décembre dernier, des affrontements ont éclaté entre des membres d’une communauté religieuse et les forces de l’ordre qui ont répondu à balles réelles. 9 personnes ont trouvé la mort, selon les autorités, près d’une trentaine selon la FIDH.

Enfin, les ONG dénoncent un climat judiciaire répressif. Suite à ces évènements, de nombreuses arrestations ont eu lieu au sein de l’opposition. Plusieurs membres de l’USN restent incarcérés, de même que certains défenseurs des droits de l’homme.

Toutefois, aucune mention n’a été faite de ces évènements dans le discours d’investiture qu’Ismaïl Omar Guelleh comme candidat de son parti, l’UMP.

Au pouvoir depuis 1999, Ismaïl Omar Guelleh affirmait en 2011 au magazine Jeune Afrique qu’il ne se représenterait pas pour un quatrième mandat. « J’ai pensé que devait sonner l’heure de la retraite » a-t-il déclaré devant ses militants, « mais vous m’avez fait changer d’avis ».

14/01/2016 (Brève 632) Communiqué de presse du 13 janv 2016 / LDDH Un défenseur des droits de l’homme en Danger. Deux personnes tuées à nouveau par la Police le 3 janvier 2016 à Buldhuqo et une nouvelle arrestation d’un journaliste et cadre de l’USN

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La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (L.D.D.H) Djibouti, le 13 janvier 2016

Communiqué de presse:

Omar Ali  Ewado Président de la ligue djiboutienne des droits humains est détenu dans la prison centrale de Gabode, il est maintenu dans un isolement total malgré la demande incessante de la famille pour leur permettre de le voir. Il est privé jusqu’à ce jour de toute visite. Les conditions de détention sont préoccupantes face à cette vieille prison serrée et datant de l’époque coloniale, les prisonniers sont superposés dans des cellules les uns sur les autres,  partout il y a des bestioles et des eaux usées, un endroit insalubre. 

A l’audience du dimanche 10 janvier 2016, le procureur a requis 12 mois de prison ferme , le jugement a été mis en délibéré au 17 janvier 2016.

Le 17 janvier 2016, le tribunal de Djibouti doit rendre son jugement.

La LDDH demande expressément aux représentants des gouvernements démocratiques et de l’Union européenne de déléguer un représentant à l’audience du 17 janvier, pour signifier leur soutien et leur souci du respect des défenseurs des droits humains.

Selon des informations reçues:  voici les noms des individus tués par les militaires à Buldhuqo dans la nuit de 03 janvier 2016:
1 – Abadeh Egueh Bouraleh 
2 – Hassan Gouled Gabad

Il nous parvient aussi l’arrestation du journaliste et cadre USN Mohamed Ibrahim Waiss, arrêté lundi 11 janvier 2016 vers 10 heures par des gendarmes et détenu depuis lors dans des conditions inhumaines par la Section de recherches et de documentation (SRD) de la gendarmerie.     

La LDDH lance un appel solennel  à la communauté internationale de faire pression sur le pouvoir en place pour libérer  les prisonniers politique, les militants de l’opposition,  le défenseur des droits de  l’homme et ainsi que d autre citoyen maintenus en détention provisoire à Gabode.   

La LDDH recommande au pouvoir de se conformer aux normes internationales ratifiés par Djibouti, La charte africaine de droits de l’homme, la protection des citoyens au respect des libertés fondamentales et la déclaration universelle des droits de l’homme.         

Le 2ème Vice Président de la LDDH
Mahdi Samireh Sougueh

13/01/2016 (Brève 626) Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique : Djibouti : lettre ouverte à l’ONU, l’UA, l’UE et l’Elysée : massacre du 21 décembre 2015 et arrêt brutal du processus électoral

Lettre ouverte signée par 16 organisations, dont l’USN et l’ARDHD – Lire la lettre en format PDF /
https://electionsafrique.files.wordpress.com/2016/01/160112djiboutilettre
colsollspafriqueonuueuafrversiondefinitive.pdf

Lien avec le site du Collectif : https://electionsafrique.wordpress.com/2016/01/12/djibouti-lettre-ouverte-a-
onu-ua-ue-elysee-massacre-du-21-decembre-2015-et-arret-brutal-du-processus-electoral/

Djibouti : lettre ouverte à l’ONU, l’UA, l’UE et l’Elysée :
massacre du 21 décembre 2015 et arrêt brutal du processus électoral
Lire la lettre en format PDF

Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique

Paris, le 11 janvier 2016
https://electionsafrique.wordpress.com
Ban Ki-Moon, United Nations Headquarter, 405 East 42nd Street, 32nd Floor, New York, NY 10017, USA
Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, UA – African Union Headquarters, P.O. Box 3243, Roosvelt Street (Old Airport Area), W21K19 Addis Ababa, Ethiopia
Mme Federica Mogherini, UE – Service Européen Action Extérieure, 242 rue de la Loi, 1049 Bruxelles, Belgique
François Hollande, Palais de l’Elysée, 55 Rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris
Lettre ouverte à l’attention de :

  • Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations unies,
  • Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine,
  • Mme Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎, vice-présidente,
  • François Hollande, Président de la République française,

Objet : Djibouti : massacre du 21 décembre 2015 et arrêt brutal du processus électoral

Monsieur le Secrétaire général des Nations unies,
Madame la présidente de la Commission de l’Union africaine,
Madame la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎,
Monsieur le Président de la République française,

Depuis 2009, le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique, à Paris, se consacre au soutien des démocrates africains. La réussite des présidentielles et des législatives prévues en Afrique en 2015 et 2016, 50 élections présidentielles et législatives sur 2 ans dans 54 pays

[1] est essentielle pour la démocratisation du continent africain. Ces 50 élections impliqueraient une considération technique sans concession des processus électoraux.
A quelques mois des scrutins au Tchad, au Congo Brazzaville, au Gabon, en Guinée Equatoriale et en République Démocratique du Congo, un échec du processus électoral à Djibouti faciliterait le maintien au pouvoir d’autres présidents contre les règles de la démocratie

[2] . Le fonctionnement qui s’installe progressivement entre Union africaine (UA), l’Union européenne (Ue), les Nations-Unies et les Communautés économiques régionales (CER) africaines, basé sur la subsidiarité et la complémentarité, pourrait tenir compte d’une résistance structurelle à la démocratisation de certains présidents et Etats africains, en particulier en Afrique francophone.
Après 16 ans de pouvoir, après le camouflage depuis 1995 de l’assassinat du magistrat français Bernard Borrel, après la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels en 2010 par un parlement issu d’une élection boycottée par l’opposition, et surtout après 6 scrutins, 3 présidentielles et 3 législatives, fraudés, boycottés ou au résultat inversé

[3] , le président Ismaël Omar Guelleh vient de bloquer le processus de démocratisation et de construction d’un Etat de droit à Djibouti, à quelques semaines de la présidentielle.
Le 21 décembre, la garde présidentielle et l’armée ont tiré sur les participants d’une réunion privée, faisant plusieurs dizaines de morts, au moins 27 morts selon la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH)

[4] , sans doute plus en raisons des disparus, 34 selon la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH)

[5] .Le même jour, la police a tiré sur les dirigeants de l’Union pour le Salut National (USN) en réunion. Le président de l’USN, Ahmed Youssouf Houmed souffre d’une fracture au col du fémur et a dû être opéré à l’hôpital militaire français. L’ancien ministre Hamoud Abdi Souldan et le député Saïd Houssein Robleh ont été blessés par balle. Abdourahman  Mohamed  Guelleh, secrétaire général  de l’USN, a été arrêté et probablement torturé.
La répression a également touché une organisation de droits humains: Omar Ali Ewado de la LDDH, a été arrêté le 29 décembre 2015 et le siège de son organisation a été saccagé

[6] . Au 11 janvier 2016, sont retenus prisonniers

[7] : Abdourahman Mohamed Guelleh, secrétaire général de l’USN, Omar Ali Ewado, de la LDDH, Hamoud Abdi Souldan, ancien ministre, blessé le 21 décembre, Mohamed Abdi Farah, conseiller du Ministre de l’Intérieur, Chirdon Khaireh Chirdon, Directeur des Sports au Secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, Abdo Daher Miguil, professeur à l’Université, Abdourahman Houssein, cadre au Ministère de la Santé, Mohamed Ibrahim Waiss, journaliste et cadre de l’USN, pour les plus connus.
Le 31 décembre 2015, suite à l’exclusion des députés  de  l’opposition, une loi instaurant  l’Etat  d’urgence pendant deux mois renouvelables a été adoptée en urgence par le parlement

[8] . L’Etat d’urgence empêche la vie politique. Ayant mis à mort l’Accord-cadre

[9] , Ismaël Omar Guelleh se dirige vers une présidentielle boycottée ou au résultat de nouveau inversé, alors qu’il ne dispose que d’un électorat réduit, d’après les résultats réels des législatives de 2013. Il s’apprête à imposer un processus électoral en dehors des normes démocratiques internationales, déterminé par la répression de l’opposition et de la population et par le détournement d’un état d’urgence décrété à des fins personnelles.
Le président est soutenu par un clan profitant des richesses, en particulier des loyers des bases militaires

[10] . Ce clan craignant la perte de ses privilèges pousse vers l’arrêt du processus électoral. Majoritairement, la population refuse de se voir imposer un pouvoir illégitime. L’entêtement du président à se maintenir au pouvoir risque de provoquer de nouvelles victimes et d’entrainer, comme lors des législatives de 2013, la communauté internationale vers le cautionnement d’un arrêt du processus de démocratisation, si elle reste passive.
Souvent, la démocratie est sacrifiée pour des raisons de maintien de la paix. Parfois, au contraire, elle est considérée, par exemple au Congo Kinshasa depuis 2014 ou au Nigéria en 2015, comme un élément essentiel du maintien de la paix. Jusqu’à présent, le président Ismaël Omar Guelleh s’est largement appuyé sur la position stratégique du pays, proche du Moyen-orient et de la Somalie, et sur les bases militaires étrangères. Début 2013, l’Union européenne s’est compromise à Djibouti en validant diplomatiquement l’inversion de résultat des législatives pour ne pas mettre en danger son action militaire dans la lutte contre la piraterie maritime sévissant au large des côtés somaliennes, importante dans le démarrage d’une Politique de sécurité et de défense commune (PSDC)

[11] , puis a corrigé sa position suite à la désapprobation du parlement européen

[12] . En dépit des corrections ultérieures visibles dans l’accompagnement de l’Accord-cadre du 30 décembre 2014, le soutien croisé franco-européen au pouvoir djiboutien suite à l’inversion de résultat des législatives

[13] , est resté une cause probable de détérioration de la situation politique, faute d’attention suffisante au processus électoral en 2015.
L’arrêt par le président Ismaël Omar Guelleh du processus de démocratisation implique la communauté internationale qui se retrouve une nouvelle fois prise à témoin et entrainée à cautionner le régime. Les acteurs internationaux, en particulier les pays possédant une base militaire ou les partenaires de développement, sont une nouvelle fois interpellés sur la nécessité d’affirmer un soutien ferme à la démocratisation de l’Afrique et d’agir pour empêcher l’arrêt du processus de démocratisation djiboutien. C’est pourquoi, le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique recommande :

A l’Union africaine, à l’Union européenne, au Secrétariat général des Nations-Unies et au gouvernement français de :

  • Condamner le massacre du 21 décembre 2015 à Djibouti et l’arrêt du processus électoral par la répression de l’Union pour le Salut National,
  • D’exiger la libération immédiate des prisonniers politiques à Djibouti.
  • De demander au Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies d’envoyer en urgence à Djibouti une mission composée d’experts indépendants pour enquêter sur les violations des droits humains[14] .
  • Proposer pour sortir de la crise un accompagnement international du processus électoral mixte politique et technique.
  • D’exiger du pouvoir djiboutien le respect de l’Accord-cadre du 30 décembre 2014 et en particulier la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) paritaire.
  • Mettre au calendrier des négociations internationales sur le respect de la qualité des processus électoraux en Afrique, en particulier sur l’indépendance et le caractère inclusif et technique des Commissions électorales, la qualité des fichiers électoraux, la qualité de la compilation des résultats issus des Procès verbaux, la possibilité de contestation légale auprès de Cours indépendantes incontestables, et la mise en œuvre d’accompagnements internationaux mixte politique et technique
  • De prendre globalement position sur l’absence d’alternance et de qualité des processus électoraux dans les pays sans limitation du nombre de mandats présidentiels, en particulier dans les pays où se préparent probablement des scrutins non démocratiques en 2016, à savoir, en plus de Djibouti, l’Ouganda, le Tchad, le Gabon, l’Angola, la Guinée Equatoriale et la Gambie.

A l’Union africaine :

  • Avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, s’impliquer et assumer ses responsabilités pour faire cesser violences et répression, et exiger une reprise du processus électoral dans le respect de l’Accord cadre du 30 décembre 2014.
  • Augmenter ses moyens et compétences techniques sur les processus électoraux.
  • Affirmer plus fortement la nécessité du respect des constitutions, conformément à la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, ainsi que la nécessité des alternances dans les pays sans limitation du nombre de mandats présidentiels et des alternances obtenues grâce à la qualité des processus électoraux.

Au Service Européen pour l’Action Extérieure (SEAE) de l’Union européenne de :

  • Adapter la coopération européenne avec Djibouti en fonction du respect de la qualité du processus électoral et de l’accord-cadre du 30 décembre 2014, en entamant les procédures de consultation prévues dans l’accord de Cotonou, y compris à l’article 96.
  • Tenir compte des inversions de résultats des scrutins, présidentiels ou législatifs, de l’historique des élections, dans le traitement diplomatique et politique des processus électoraux et redéfinir les modalités de sanctions économiques pour rétablir une conditionnalité partielle de l’aide associé à la qualité des processus électoraux, n’affectant pas directement les populations, en Afrique et en particulier à Djibouti.
  • Redéfinir la politique européenne en accord avec les Etats membres, dans le sens d’un soutien accru à la démocratie, en rééquilibrant les trois grands pôles, politique de défense et sécurité, politique de développement économique et politique de soutien à la démocratie et à l’Etat de droit.

Au gouvernement français de :

  • De conditionner le paiement des loyers de la base militaire française au respect des règles de la démocratie et de l’Etat de droit, et à l’effectivité des réformes prévues dans les accords signés avec l’opposition, en lien avec le gouvernement allemand pour la base allemande.

Au Secrétariat général des Nations-Unies et au Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies  de:

  • D’organiser et d’envoyer en urgence à Djibouti une mission composée d’experts indépendants pour enquêter sur les violations des droits humains.
  • Affirmer le soutien du Secrétariat général des Nations-Unies à la démocratisation de l’Afrique au travers de la qualité des processus électoraux et de la nécessité d’alternance des dirigeants.

Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique,
Paris, 11 janvier 2016
_________________________________

16 signataires : Union pour le Salut National (USN, Djibouti), Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD, Paris), Alliance Nationale pour le Changement Ile-de-France (ANC-IDF, Togo), Forces vives tchadiennes en exil, Rassemblement National Républicain (RNR, Tchad), Union des Populations du Cameroun, Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise (CODE, Bruxelles), Mouvement pour la Restauration Démocratique en Guinée Equatoriale (MRD), Ca suffit comme cà! (Gabon), Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD, Congo Brazzaville), Amicale panafricaine, Sortir du Colonialisme, Mouvement de la paix, Parti de gauche, Parti Communiste Français, Europe Ecologie les Verts (EELV).

13/01/2016 (Brève 627) ARDHD / Communiqué de presse conjoint avec SURVIE, LDDH : Violation des droits de l’homme à Djibouti, la vigilance internationale s’organise : Appel à présence des instances internationales à l’audience du 17 janvier (En français et en Anglais)

Télécharger le communiqué (Français et Anglais) en Pdf : http://www.ardhd.org/r0112_cp/r0112_communique_ardhd_fr_eng_v8.pdf

La vigilance internationale s’organise autour de la décision judiciaire qui sera rendue le 17 janvier 2016 dans le procès visant M. Omar Ali Ewado, Président de la Ligue Djiboutienne  des Droits de l’Homme,  arrêté, incarcéré et mis au secret pour avoir publié la liste nominative des morts, disparus et blessés lors du massacre policier de Buldhuqo le 21 décembre dernier.

Alors que l’on s’interroge encore sur la réelle position de la France et du gouvernement français en faveur de la protection des droits de l’homme à Djibouti et du respect des défenseurs des droits de l’homme comme de la liberté d’expression démocratique, la vigilance internationale des ONG mais aussi d’instances officielles européennes et Internationales s’organise, et on assiste à une montée en puissance en convergence croissante  en faveur de la protection des défenseurs djiboutiens des droits de l’homme, et de la prochaine échéance judiciaire du 17 janvier au Tribunal d’Instance de Djibouti.

Des ONG / associations de protection des défenseurs des droits de l’homme s’associent ce 12 janvier (d’autres suivront) pour demander que toute la vigilance des ONG, des instances officielles et des représentants des gouvernements démocratiques présents à Djibouti soit mobilisée et s’affirme activement avant, et lors du rendu de la décision du Tribunal correctionnel de Djibouti en audience le 17  janvier prochain pour le procès de M. Omar Ali  Ewado, inculpé pour avoir diffusé la liste nominative des morts, disparus et blessés du massacre du 21 décembre à Buldhuqo / Balballa, selon les charges suivantes :
– diffusion de fausses informations
– diffamation publique
– tentative d’entrave à la justice

Le Rappel des faits :
Le 29 décembre 2015 au matin, M. Omar Ali Ewado, Président de la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme, traversait le barrage filtrant mis en place par les forces de police du régime djiboutien qui stationnaient devant l’hôpital militaire français depuis les événements du 21 décembre. M. Omar Ewado venait chercher et aider le Secrétaire Général de la LDDH (Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme) et député à l’Assemblée nationale, M Saïd Houssein Robleh, grièvement blessé par balles par la police du régime le 21 décembre après-midi (après le massacre de Buldhuqo). Opéré et soigné par les médecins de l’hôpital militaire français Bouffard, M. Said Robleh était ‘sorti’ de  l’hôpital le 29 au matin, sous la pression du représentant du gouvernement français à Djibouti.

C’est  précisément au moment où il aidait son secrétaire général que MM. Omar Ewado a été appréhendé par la police djiboutienne, en même temps que M.  Said Robleh,  et qu’ils  se sont vus tous deux dépouillés de tous documents et dossiers LDDH comme de leurs téléphones. Après quelques dizaines de minutes Monsieur Robleh a été libéré sans restitution de ses téléphones, documents et effets personnels. et il a pu regagner son domicile, tandis que M Omar Ewado  était menotté,  emmené et incarcéré au secret à la BRD de Djibouti aux motifs énoncés ci-dessus.

Après une première comparution le 31 décembre 2015, puis une première audience le 3 janvier 2016, sans la présence d’un avocat, M. Omar Ewado a comparu le 10 janvier 2016, assisté d’un avocat local,  après que, alerté par l’ARDHD, Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti, Maître Emmanuel Daoud, membre du groupe d’action judiciaire de la FIDH (Fédération Internationale  des Droits de l’Homme), avocat au barreau de Paris,  membre du Conseil de l’Ordre du barreau de Paris, inscrit sur la liste des Conseils de la Cour pénale internationale(CPI), et pénaliste de renom,  avec un mandat direct de l’épouse et du fils de M. Ewado (lui-même ne pouvait s’exprimer puisqu’au secret le plus total), venait de faire parvenir deux courriers officiels, l’un au Procureur  pour lui confirmer qu’il allait piloter la défense et un autre au bâtonnier du Barreau de Djibouti, pour lui demander quelles décisions il comptait prendre dans cette situation.
(cf. notre communiqué ARDHD  du 9 janvier 2015)

Le 17 janvier 2016, le tribunal de Djibouti doit rendre son jugement.
Les ONG signataires et organisations associées attirent solennellement l’attention de la communauté internationale et demandent expressément aux représentants des gouvernements démocratiques et de l’Union européenne de déléguer un représentant à l’audience du 17 janvier,  pour signifier leur soutien et leur souci du respect des défenseurs des droits humains.

13/01/2016 (Brève 628) Question de Madame M-Ch Vergiat, députée européen à la haut-représentante avec demande de réponse écrite, à propos de la répression à Djibouti

13/01/2016 (Brève 629) Middle East Newsline : « Congress Worried over Djibouti » ‘Le congrés américain inquiet à propos de la situation à Djibouti

Selon un article du 5 janvier publié en anglais sur le site Middle East News line (lien) : http://www.menewsline.com/article-1173,36032-Congress-Worried-Over-Djibouti.aspx, le congrés américain aurait exprimé son inquiétude à propos de la situation à Djibouti et de son évolution dans un état de 900.000 habitants où les US entretiennent une importante base militaire.

Le congrés craint des troubles graves et même une révolte, face au refus de démissionner ou d’abandonner le pouvoir à l’issue de son 3ème mandat du Président Guelleh

13/01/2016 (Brève 630) SURVIE : Violation des droits de l’homme à Djibouti, la vigilance internationale s’organise

A lire sur le site de Survie, le communiqué conjoint SURVIE, LDDH, ARDHD à l’adresse http://survie.org/francafrique/djibouti/article/violation-des-droits-de-l-homme-a-5062