27/02/11 (B593) DJIBOUTI, ATTENTION DANGER ! (Par Bouh Warsama)


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DJIBOUTI
ATTENTION DANGER !

Paris doit consolider l’éveil démocratique du pays
avec l’opposition politique
et la jeunesse car la saison
des tempêtes a déjà commencé.

Bouh Warsama

A l’heure où les quinze pays membres du Conseil de Sécurité de l’ONU se réunissaient à New York pour se pencher sur un projet de résolution avertissant Mouamar Kadhafi qu’il « pourrait » être (observez le conditionnel utilisé officiellement et non « sera ») poursuivi pour crimes contre l’humanité par la Cour Pénale Internationale, les mercenaires d’Ismaïl Omar Guelleh et de Kadra Mahamoud Haïd – sous la gouverne d’Hassan Saïd Kaireh – déferlaient tels des barbares de la répression dans les rues des quartiers de la capitale.

Ils défonçaient et défoncent encore aujourd’hui les portes des habitations pour se saisir de tout ce qui peut ressembler à un opposant politique à IOG ; de tout ce qui pourrait être un manifestant, et ce, dès l’âge de 11 ans …

– Osons le dire ! Depuis le 18 février 2011 au soir, la capitale de Djibouti est le théâtre des pires actes de répressions policières.

Ce sont de véritables fléaux quotidiens qui se succèdent les uns aux autres en générant des centaines d’arrestations, d’incarcérations et de tortures exclusivement pour servir d’exemple aux autres et faire ainsi « baisser la tête » aux populations, si possible, loin des regards réprobateurs des Occidentaux.

Nul n’est besoin de balles pour torturer et tuer, le tout étant de le faire à l’abri des regards…et des « fouineurs » !

Surtout à l’abri des regards des militaires occidentaux et tout particulièrement français qui ont pleine conscience de ce qu’il se passe réellement à Djibouti sous le régime Guelleh/Haïd mais qui ont la sacro-sainte « obligation de réserve » qui est celle de « fermer leur G….. ».

Alors les militaires se taisent mais ne baissent pas la tête et témoigneront en temps et en heure.

– Mais Djibouti, c’est où ? C’est loin de Tripoli ?

Ouf, enfin ce n’est pas trop tôt ! Serait-on tenté de clamer fort et haut : « Mouamar Kadhafi…pourrait être poursuivi pour crimes contre l’humanité ? On attendait cela depuis si longtemps mais la déplorable politique du pantalon baissé était passée par là et avait fait obstacle… ! ».

Enfin ! Nous voici rassurés, quel soulagement pour les « bonnes consciences » occidentales soudainement horrifiées par les massacres en Libye…mais dont la vision s’arrête au bord de la Mer Méditerranée.

Autant dire aux portes de l’Europe donc des logis des « bonnes consciences » si peu dérangées par les évènements gravissimes qui se passent là bas, au loin, à Djibouti ; y compris par le génocide lancé contre les populations du nord du pays et qui perdure depuis plus de 30 années.

Souvenons-nous des massacres par bombardements au napalm perpétrés sur les populations Afars (vieillards, femmes et enfants) de Yoboki et d’ailleurs. Il y a de cela un peu plus de 15 années, des centaines d’humains sans défense furent sacrifiés au nom d’un « diplomatiquement correct » qui ne voulut pas voir la vérité.

Ismaïl Omar Guelleh a depuis tiré la leçon de ce qui avait failli coûter son trône à Hassan Gouled.

Finis les bombardements au napalm – napalm offert gracieusement à l’époque par Saddam Hussein au Général Zakaria Cheick Ahmed – aujourd’hui il faut soigner son image, masquer les vérités qui perdurent.

Alors on élimine les opposants un à un ou par petits paquets dans les prisons ; rarement plus de trois en même temps.

Des prisonniers « disparus » dont nul n’entendra jamais plus parler et dont les familles, les enfants espèrent toujours le retour ou des hommes décédés suite à une crise cardiaque, rupture d’anévrisme, mort subite…suicide.

Le panel des possibilités est large dans ce domaine et il restera toujours la solution de payer la famille pour l’aider financièrement afin d’éviter toute réclamation.

Les « bonnes consciences » occidentales sont peu concernées par le sang versé sous les matraques de la répression (le sang djiboutien serait-il d’une autre couleur ? Donc de peu d’importance ?), à peine touchées émotionnellement par les centaines de manifestants incarcérés et torturés, par les femmes violées dans les geôles, par les jeunes souvent tout juste sortis de la petite enfance et marqués à vie par les sévices car pris en otages pour faire taire les familles ; puis maltraités à la prison de Gabode et dans les cellules des Commissariats ou de la Gendarmerie du méprisable « Colonel tortionnaire » Zakaria.

En Occident, les « bonnes consciences », particulièrement élyséennes, sont bien peu contrariées par les dizaines de disparitions de pères de familles – opposants politiques – lors d’incarcérations pour un simple « délit d’opinion », dans ce petit pays du bout du monde écrasé de soleil mais si loin de la France, si loin là bas, derrière l’horizon !

– Comme nous l’avons souvent dit et répété, du haut du Palais de l’Elysée et de Matignon, même sur la pointe des pieds, on ne voit pas Djibouti et ce qu’il s’y passe !

Pourtant lors des deux grandes guerres du siècle dernier, la mère patrie « La France » n’avait pas hésité à brandir ses trois couleurs pour enrôler dans ses armées ses soldats d’Afrique, ses enfants du soleil pour en faire des « Combattants de première ligne » aptes à défendre avec honneur le territoire national ou les envoyant la nuit, dans les pires conditions climatiques, en escouades pour harceler les lignes défensives ennemies, nettoyer le terrain et « bouffer du fasciste, de l’envahisseur » !

Des hommes, trop souvent soldats oubliés et leurs descendants dont le seul crime a toujours été de demander le respect de leurs Droits républicains, de leurs droits d’êtres humains tout simplement.

Des hommes et leurs enfants qui en désespoir de cause, las des discours trompeurs et de l’oubli insultant dans lequel on les tenait encore récemment, las des dictateurs et de leurs clans tribaux mafieux qui s’accaparent tous les pouvoirs et le reste dans leur pays, se sont levés pour accompagner le courage d’un jeune tunisien (AMIN) et qu’il faudra écouter ou …supprimer pour ne plus les entendre.

– Ismaïl Omar Guelleh utilise les mêmes méthodes que Kadhafi mais peu osent aller « fouiner » dans ses affaires et les dévoiler sur la place publique, au grand jour !

Acculé aux pires extrémités alors que le glas marquant la fin inéluctable de son régime tyrannique retentit dans tout le pays et ne cesse de raisonner bien au delà des frontières, IOG est plus que jamais attentif sur ce qu’il se passe en Libye.

Il a pleine conscience que les condamnations verbales, menaces pénales et, peut être, embargo sur les livraisons d’armes ne sont, au final et le plus souvent, que des coups d’épée dans l’eau émanant de l’ONU.

Comme Kadhafi, le tyran djiboutien possède déjà du matériel de guerre en quantité suffisante, complaisamment fourni depuis bien des années par les USA, la France et les pays occidentaux ; tout récemment par la Chine.

Un matériel de guerre lui permettant de « hacher menu » toute l’opposition, voire même toutes les populations qui s’opposeraient à lui à Djibouti.

Quant aux mercenaires étrangers au pays, il les paie grassement en détournant les Aides internationales…au Développement.

De surcroît, n’oublions pas qu’IOG a été récemment cité, une nouvelle fois, dans un rapport d’experts de l’ONU comme étant le ou l’un des principaux trafiquants d’armes à destination de la Somalie.

Etat voisin au sein duquel il veille, depuis la chute de Syad Barré – en janvier 1991 – à y générer et à y maintenir financièrement tous les antagonismes et les combats qui, par évidence, sont une source de revenus importants.

Le président djiboutien, autoproclamé par deux fois, agit impunément en toute occasion et se pense être protégé par une présence militaire importante des Occidentaux à Djibouti ce qui, sur ce dernier point, reste à démontrer car il semblerait bien qu’IOG et Paulette, sans foi ni loi, en sont arrivés à déranger outre-mesure le « diplomatiquement correct » et les sacro-saints principes du monde occidental.

Aux sommes, transférées sur des comptes situés dans des paradis fiscaux et prélevées sur les finances de l’Etat viennent s’ajouter les avoirs de la Banque Centrale de Djibouti (BCD) – qui se chiffreraient en milliards de Francs Djibouti – qui sont eux aussi ouvertement escroqués par les clans Haïd/Guelleh depuis des années.

Véritable pillage organisé, connu des Occidentaux, accompagné de corruptions de hauts fonctionnaires djiboutiens et … »étrangers »mis en évidence récemment par les Services de Renseignements français – la DGSE, Direction Générale de la Sécurité Extérieure – à partir des comptes de la Banque Centrale de Djibouti.

La méthode est bien connue ! C’est, entre autres, celle de l’effacement de lignes complètes de crédits qui concernent des emprunts d’Etat, des Aides internationales en provenance de l’UE et des Aides Publiques au Développement (ADP) affectées à Djibouti par l’Elysée, via Matignon.

– Le Palais de l’Elysée aurait-il les bras ballants ?

Du haut de son balcon et après que dans d’autres temps Paris ait tant protégé le tyran Ismaïl Omar Guelleh dans l’affaire de l’assassinat du juge Bernard Borrel en octobre 1995 à Djibouti (nous allons bientôt savoir POURQUOI !), allant même jusqu’à lui remettre la légion d’honneur sur le parvis du Palais de l’Elysée, de la même façon que ledit président français d’alors avait longtemps regardé le siège de Sarajevo tout en ignorant le massacre de Srbrenica, il ne faudrait pas qu’une fois encore la France reste paralysée, les bras ballants face au drame djiboutien.

N’en déplaise à tous les populismes, aux électoralismes à vocation tribaliste, les Djiboutiennes et les Djiboutiens attendent du Palais de l’Elysée non point des discours sur les Droits de l’humain mais des actes forts pour accompagner et consolider l’éveil démocratique de leur pays car la saison des tempêtes a déjà commencé et ne s’arrêtera qu’avec l’avènement d’une véritable ouverture à la démocratie.

Si la jeunesse djiboutienne a ceci de beau au point qu’elle peut admirer le courage sans comprendre, avec raison elle exige qu’on exige la Liberté.

25/02/11 (B592-B) Accusés, « Levez-vous ! ». Que valent les mots face à la barbarie d’un couple de prédateurs ?. (Par Bouh Warsama)


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Accusés, « Levez-vous ! ».

Que valent les mots face
à la barbarie d’un couple
de prédateurs ?


Bouh Warsama

Chacun est fondé à se poser des questions sur la valeur des mots, sur ce que valent les réquisitoires, sur l’importance et le poids des « désapprobations officielles », sur les supposées « condamnations internationales » (condamnations à quoi ?) et les mises en demeure adressées par les grands pays occidentaux et l’ONU – à grand renfort de publicité – à l’encontre d’un couple tyrannique et sanguinaire placé à la tête d’un pays.

Djibouti est « dirigé » par un binôme qui s’est autoproclamé à la présidence du pays en 1999 et dont la plus grande préoccupation est de se bâfrer sans vergogne en puisant à foison dans les aides internationales qu’il détourne allègrement : tout en ne respectant aucune règle, aucun Droit humain et encore bien moins la misère qui est son « fond de commerce » qu’il entretient.

IOG et Paulette seraient-ils les seuls à agir ainsi ? Hélas, non !

Face à ces couples de « bouchers de l’histoire contemporaine » dont les épouses, de surcroît, n’ont pas l’aptitude d’assumer avec dignité leur rôle et responsabilités de Première dame mais se pavanent dans les palaces au milieu de leur cour d’oies gloussantes en arborant tant et tant de bijoux escroqués impunément sur le « pain du peuple » – ce qui les fait ressembler en permanence à des artificiels et clinquants arbres de noël en toutes saisons de l’année – chacun et chacune d’entre nous est en droit de crier fort et haut : « Honteux », « Injuste », « IOG et Kadra, DEHORS ! ».

Infamie lorsque l’on pense à ces familles dont le seul crime est d’être nées pauvres et le ventre vide, à ces hommes, à ces femmes et à ces enfants mal nourris, pas soignés, parfois rejetés au-delà des limites de la capitale ou des frontières de leur propre pays par la force bestiale ; trop souvent des familles qui se meurent de faim à Djibouti comme ailleurs.

Dans cette situation insoutenable d’images d’enfants au corps décharné qui n’ont plus que quelques jours à vivre – telles qu’elles nous parviennent de certaines régions de Djibouti et de Somalie en heurtant de plein fouet nos consciences – tous nos qualificatifs pour tenter d’ameuter l’opinion publique internationale et de changer les choses sur le plan humain s’affrontent depuis trop longtemps à un mur du silence.

A ce mur d’indifférence apparente de l’Occident qui nous révolte chaque jour un peu plus car détournant le regard, ou fermant les yeux comme le cœur – et surtout le portefeuille – pour se réfugier derrière le par trop facile « diplomatiquement correct » et la « non ingérence dans les affaires intérieures d’un pays indépendant…et ami ».

Nos « coups de gueule », quelles qu’en soient la forme et la force ont le méritent d’exister, c’est une pierre apportée au grand édifice de la Justice. Ces révoltes en arrivent à ressembler à une psalmodie dérisoire, à des ritournelles impuissantes à arrêter la folie meurtrière d’un tyran et de son épouse qui n’ont que faire, l’un comme l’autre, des familles djiboutiennes et de leurs enfants qui ne sont là que pour leur servir d’otages vis-à-vis des Occidentaux ; des otages qui constituent « la pompe à fric », la pompe aux aides internationales et rien d’autre.

Durant tant et tant d’années, la France, l’Europe et les USA ont fait semblant de croire que le grand maître de Djibouti Ismaël Omar Guelleh (devenu Ismaïl), autoproclamé président, mettait tout en œuvre pour tenter d’améliorer les conditions de vie des Djiboutiennes et des Djiboutiens et qu’il s’était amendé de son passé d’exterminateur, devenant enfin plus fréquentable.
Pourtant chacun savait que les images et les mots trahissaient la vérité.

– On ne peut fonder l’extrême richesse pharaonique d’un petit nombre sur la misère de tous les autres.

Cet aveuglément volontaire, derrière lequel se cachaient de « gros intérêts occidentaux », individuels et inavouables, a pérennisé, de facto, le gangstérisme en col blanc d’IOG et de Kadra se pensant « intouchables ».

Les assassinats ordonnés par ce couple de dangereux récidivistes dont l’ascension commune vers tous les pouvoirs ne fut qu’un long chemin pavé par les dizaines de corps de ceux qui tentaient de s’opposer à l’un ou à l’autre, sont difficiles à comptabiliser tant ils sont nombreux et les moyens différents pour y parvenir.

Le couple diabolique n’a pas attendu que les populations du pays manifestent et se révoltent contre eux – sous les balles meurtrières de leurs mercenaires chargés, paraît-il, de maintenir le sacro saint « Ordre Public » (de quel ordre public parlons-nous ? Celui des désordres cautionnés et entretenus !) – pour se rendre coupable de génocide, d’exclusions, de meurtres massifs à l’échelle de ce petit pays, dit du bout du monde.

Entre autres, dans l’affaire de l’assassinat du Juge Bernard Borrel, les opinions, djiboutienne et française, n’ont pas été dupes. L’une et l’autre n’ont pas oublié la sauvagerie et la duplicité de celui que se prend pour le « grand Guide Djiboutien ».

Les peuples sont moins cyniques que leurs dirigeants.

Pour conclure, les évènements gravissimes qui se passent à Djibouti et le silence embarrassé de l’Elysée n’absoudront en rien les lâchetés des pouvoirs en Occident qui auraient fait le mauvais choix de préférer, presque jusqu’au bout, l’odeur de l’argent et du profit individuel à partir des retours sur investissements des Aides Publiques au Développement, à l’Honneur, avec un grand H et à l’Histoire de l’éveil Djibouti qui s’écrit de manière indélébile, à chaque seconde qui passe.

Dans une République bananière, pour les questions d’Honneur l’histoire se répète éternellement. Il n’y de vrai et de décisif que la répétitivité des « coups de pied au cul du tyran » pour le virer de son trône…en carton.

19/02/11 (B592) La République fut créée par et pour les hommes doués de sens moral et d’humanité. Ceux-là seuls ont la capacité de la faire vivre et prospérer. (Par Bouh Warsama)


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La République fut créée par et pour les hommes doués de sens moral et d’humanité. Ceux-là seuls ont la capacité de la faire vivre et prospérer.

Bouh Warsama

La République fut créée par et pour les hommes doués de sens moral et d’humanité. Ceux-là seuls ont la capacité de la faire vivre et prospérer.
Bouh Warsama

Il aura fallu bien des siècles, dans les pays dits « civilisés » du monde occidental pour que cessent enfin la barbarie et toutes ses atrocités.

Il aura fallu des siècles et des siècles pour que disparaissent les « Grandes Compagnies » – de triste mémoire – constituées de mercenaires de l’époque qui se substituaient aux militaires des armées régulières.

Ces hommes souvent quelque peu « primitifs et incultes » étaient formés à l’emploi des armes, forgés à la bestialité et à la terreur car telles étaient leurs seules « compétences ».

Durant les périodes de paix, alors qu’ils étaient privés d’employeurs, ils se regroupaient en bandes appelées les « Grandes Compagnies » qui – loin de toute idée de grandeur, d’honneur, d’esprit chevaleresque ou de protection de la femme et de l’enfant – louaient leurs services au « plus offrant ».

Ils transgressaient toutes les lois, tous les droits alors que leurs « chefs » vivaient souvent somptueusement telles des sangsues parasites au détriment des populations qu’ils asservissaient.

Ce n’était, dans les faits, que des troupes de détrousseurs, de tortionnaires impitoyables, de violeurs et de meurtriers qui faisaient régner la terreur, entre autres dans les campagnes en Europe d’alors, pillant tout ce qui pouvait l’être.

Usant et abusant de razzias qu’ils ne lançaient point contre des bourgs fortifiés mais tout particulièrement contre les fermes isolées.

Ils surgissaient très souvent çà et là à la tombée de la nuit, tels des « diables » de l’imagerie populaire, pour parfois y massacrer les occupants hommes, femmes et enfants après les avoir torturés en leur brûlant la plante des pieds afin de leur faire avouer où ils cachaient leur argent et leurs bijoux.

Nul ne résistait à la torture.

Des siècles et des siècles se sont ainsi succédé avant que la nuit venue, les rues des villes et des villages du vieux continent ne soient plus des coupe-gorges.

Des siècles et des siècles pour que le travail d’Education, dans les familles comme dans l’enseignement et la culture, développe chez chaque humain un minimum de fraternité et de respect aux fins de permettre à chacun et chacune de considérer que la vie de l’autre a une valeur inviolable et qu’une existence humaine dépasse de beaucoup les quelques sous et bijoux qu’il pourra lui voler.

– L’Education est le fondement de toute Culture et Civilisation

L’Education est un bien sacré qui garantit à chaque citoyenne, à chaque citoyen qu’il peut – en toute liberté – circuler partout sur le territoire de la République alors que la Justice y fait régner la loi que nul n’est présumé ignorer.

Ce qui signifie d’ailleurs que la loi seule ne suffit pas car celui qui l’enfreint, au moment où il le fait, agit en pleine conscience et se moque absolument de la sanction.

La loi ne suffit donc pas si elle n’est pas assortie de la prise de conscience que cette loi, pensée et délibérée en commun par une assemblée, est le frein que nous acceptons d’imposer à nos pulsions en échange de la possibilité de vivre en paix, les uns à côté des autres.

En ce bas monde, il y aura toujours des voleurs, des tricheurs, des violeurs ou des assassins, des tyrans donneurs d’ordres tels IOG qui choisissent sciemment d’enfreindre la loi ; voire même toutes les lois de la République lorsqu’ils se sont placés a fortiori, par la tromperie et la falsification, au plus haut sommet de l’Etat.

Au moins peut-on avoir la certitude que leur responsabilité sera pleinement engagée lorsqu’ils seront présentés devant un tribunal car dans leurs transgressions ils mesurent – en préalable – les risques et savent parfaitement ce qu’ils font.

– Les rapports de force dans un Etat ne justifient pas la barbarie.

Ce monde est ainsi fait, il y aura toujours des fous et des meurtriers, qui en arrivent aussi à utiliser la brutalité bestiale des hommes placés sous leurs ordres, celle de l’arriéré mental et sa sauvagerie qui relèvent de la psychiatrie bien plus que de la prison.

Et l’on peut déplorer que ces « donneurs d’ordres » ne soient pas mis en quarantaine sur le plan international, voire au banc des accusés comme ils devraient l’être par le monde occidental.

Pire que cela, ils dirigent l’Etat à certains niveaux ou ont des responsabilités importantes de commandement.

Lorsqu’une mauvaise copie d’Officier supérieur, sorti du ruisseau nauséabond, fait matraquer puis tirer sur des étudiants ou de « vieux pensionnés », venus manifester pour réclamer par des slogans le paiement de leurs pensions, nous sommes au-delà de l’indignité et du bestial.

Lorsqu’un supposé Officier Général – ancien « Caporal des douches » de l’Armée coloniale d’antan – ordonne à ses « Escadrons de la mort » de faire feu sur des manifestants, hommes, femmes et enfants venus réclamer le respect de leurs droits républicains ou simplement par ce qu’ils ont faim, c’est un acte criminel et barbare qui dépasse de très loin l’humiliation.

C’est aussi une tache indélébile sur la Légion d’Honneur qui lui a été indûment remise et que nous lui ferons restituer en temps et en heure.

Quand un homme est incarcéré puis torturé, frappé à coups de crosse ou de matraque jusqu’à en rester handicapé à vie ou que mort s’ensuive, parce qu’on veut lui faire dire qu’il renonce à son opposition politique, on peut parler une fois encore d’abjecte barbarie d’un autre âge.

Autant d’actes de sauvagerie car ces comportements impliquent que ceux qui les développent ne se sentent pas appartenir à la civilisation, qu’ils ne se trouvent rien de commun avec leur victime, qui n’est plus qu’un autre, anonyme et ennemi.

Lorsque le Tyran Ismaïl Omar Guelleh a l’aplomb de parler des droits de l’homme à Djibouti et dans le même temps fait incarcérer le président de la LDDH atteint d’une grave maladie, Jean Paul Noël Abdi, dans les pires conditions et sous un prétexte fallacieux par ce qu’il a le courage de la Vérité, c’est un acte de lâche et barbare.

Lorsque le même Tyran, lors de la grande manifestation populaire du 18 février 2011, use d’un indigne stratagème en faisant tirer sciemment sur la presse et les forces de répression par SA Police Politique (SDS) pour générer une réplique immédiate qui a fait des centaines de blessés et plus d’une dizaine de morts dont des femmes et des enfants parmi les manifestants c’est un acte barbare de la pire espèce.

Observons l’absence de courage de ce président autoproclamé qui a déserté son Palais d’Haramous pour se réfugier en urgence dans celui d’Arta, à l’abri de la bataille et protégé par une armada de mercenaires étrangers ; mercenaires à la gâchette facile et grassement payés à partir des aides internationales détournées.

– Le « grand criminel » est celui qui n’éduque pas, n’a pas un comportement exemplaire mais incite à la haine, à toutes les haines et les manipule pour son seul intérêt.

Le « donneur d’ordres » est, tout le moins, aussi responsable que les « officiers soudards » placés sous son commandement.

Des individus qui sont mus par des pulsions incontrôlées, par des instincts, celui du territoire, celui du clan, surtout de l’argent et qui exploitent pour leurs seuls intérêts l’esprit clanique et sectaire des autres.

Des « spécimens au psychisme particulier » que ne vient pas réfréner la conscience de l’humanité de l’autre, quand ces individus ne trouvent pour seule explication de leur geste que des expressions toutes faites, du genre :
«Ce ne sont pas des hommes, ce ne sont que des Afars…que des Gadas, que des Issas..».

– En chaque chose il y a des limites.

Il n’est sans doute rien de plus dangereux politiquement pour que d’humilier à un tel point un peuple après l’avoir asservi.

Le couple de Tyrans barbares, leurs généraux bardés de bimbeloterie clinquante, leurs escadrons de la mort tout comme les mercenaires qu’ils emploient pour faire le « sale boulot », y compris ceux en provenance de l’Ouganda, ne peuvent que faire mourir la République.

IOG et Kadra Mahamoud Haïd obligent ainsi le pays et ses populations à la rébellion armée. Un geste ultime de sauvegarde qui y trouvera demain sa justification ; car les Djiboutiennes et les Djiboutiens sont contraints et forcés de se défendre pour survivre.

03/02/11 (B589) Que ce soit au niveau du sport et de la vie courante, pour gagner de manière durable … (Par Bouh Warsama)


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Que ce soit au niveau du sport et de la vie courante, pour gagner de manière durable, il faut faire confiance à l’humain et l’accompagner dans sa manière de se découvrir et de se transcender ; plutôt que d’utiliser « le bâton » à longueur de journée.



Bouh Warsama

Avec un quatrième titre mondial, agrémenté d’une qualification pour les prochains jeux olympiques qui se dérouleront à Londres l’an prochain obtenant, en prime, un « ticket d’entrée prioritaire » pour une participation au Mondial 2013 en Espagne, constat est fait que l’équipe de France de hand-ball vient de toucher de manière magistrale le « gros lot » en matière de réussite sportive en battant celle du Danemark, dimanche en finale du dernier Mondial.

Mais ceci ne s’est pas fait tout seul.

C’est un long chemin qu’a parcouru cette équipe et les deux entraineurs qui se sont succédés à sa tête avant d’en arriver là avec au départ, et il y a bien des années de cela, un « boss » devenu depuis légendaire ; je veux parler de Daniel Costantini.

Quand Claude Onesta a repris en main l’équipe de France, aucun entraîneur n’en voulait tant la tâche de succéder à Costantini paraissait insurmontable.
Devenir entraîneur de cette équipe à cette époque là n’avait rien d’un cadeau pour Claude Onesta, loin s’en faut et la sixième place obtenue à sa première compétition à l’Euro 2002 en Suède n’allait en rien arranger les choses.

Il est vrai que Costantini, ancien entraineur du Stade Marseillais Université Club (SMUC) de 1973 jusqu’en 1985, avait quitté la place auréolé de gloire avec derrière lui un palmarès éloquent et 16 années « d’excellents et loyaux services ».

Lorsqu’il prend en charge l’équipe de France de handball masculin en 1985, celle-ci est classée au19eme rang mondial.

Ce qui coûtait le plus cher dans le hand-ball français de l’époque, c’étaient les erreurs cumulées avec une forme de fatalisme entretenu qui n’arrangeait rien, du genre : « Les Allemands sont bien plus forts que nous..les Espagnols aussi…de même que les Russes et les Suédois …etc ».

Les budgets sont faibles, les moyens presque miséreux, les installations obsolètes pour un niveau mondial ! Nîmes Champion de France en 1985 a tout à envier ne serait-ce qu’à l’Atlético de Madrid, finaliste de la prestigieuse Ligue des Champions.

C’est en prenant son travail à bras le corps et en changeant radicalement les mauvaises habitudes instaurées et entretenues au sein d’une Fédération française de hand-ball archaïque, que Daniel Costantini se fera bien des ennemis à cette époque.

Notamment parmi les vieux caciques du « pouvoir si peu handballistique », adeptes du doux ronronnement protégeant outrancièrement leur siège à la FFHB par un immobilisme de « mauvais aloi » et qui ne risquent pas de faire « péter les coutures » de leu fauteuil par une trop grande agitation ; tout en abusant et en protégeant à outrance leurs privilèges surannés.

La meilleure réponse qu’il peut leur opposer est de faire taire « les corbeaux » en conduisant d’abord l’équipe de France à l’obtention d’une médaille de bronze aux Jeux olympiques d’été de 1992.

Ce qui sera chose faite.

Puis à une première consécration mondiale aux Championnats du monde de hand-ball masculin de 1995 en Islande avec une équipe de joueurs à forte personnalité, que la presse sportive nationale puis internationale va presqu’aussitôt surnommer les Barjots.

Des Barjots qui ont appris le goût de l’effort, savent souffrir ensemble sur un terrain comme dans la vie et peuvent tout gagner ; des hommes qui vont très vite conquérir le cœur des Français et surtout celui de tous les amoureux du hand-ball et du bon jeu offensif dans les pays francophones.

Des joueurs d’exception tels que Frédéric Volle, Philippe Gardent, Denis Lathoud , Stéphane Stoecklin avec de plus un magicien du hand-ball, venu de l’île de la Réunion.

Un Jackson Richardson, un éclair d’Outre mer qui sème la panique dans les rangs de l’équipe adverse réduite aux pires expédients pour tenter de l’arrêter ; souvent sans succès. Un surdoué capable de ramasser des coups sans broncher pour faire basculer le résultat d’un match, à lui seul et en quelques dixièmes de seconde, tant son talent est grand.

Après quelques déceptions comme les Jeux olympiques d’été de 1996 et ceux de l’année 2000 Daniel Costantini reconduit, pour sa dernière compétition, l’équipe de France à la médaille d’or lors des Championnats du monde 2001 en France avec des joueurs tels que l’éternel Jackson Richardson, son capitaine, et Grégory Anquetil.

Puis il cède le flambeau à Claude Onesta.

-Claude Onesta, un patron participatif.

Lorsque l’on observe aujourd’hui son calme et la sérénité absolue dont il fait preuve en toute circonstance et avec laquelle il « manage » l’équipe de France de hand-ball, on a peine à se remémorer ce que furent les neuf années de parcours difficile de cet ancien professeur de gymnastique à l’accent méridional et au caractère bien trempé.

Ancien joueur de l’équipe de Toulouse de 1968 à 1987, le nouveau « boss » de l’équipe de France masculine qui succède à Costantini en 2002 va s’efforcer de s’installer dans le calme tout en prenant conscience de la grande difficulté de succéder à un entraineur auréolé de deux titres de Champion du Monde.

A cette époque, on va exiger d’Onesta qu’il fasse au moins aussi bien que son prédécesseur, oubliant que l’équipe de France est arrivée au sommet de son art et que, face aux autres grandes équipes de l’époque qui lui couraient après …, sa position étant instable elle risque que redescendre momentanément d’une voire de plusieurs marches dans la hiérarchie sportive mondiale.

Sous la conduite de Claude Onesta, l’équipe de France obtient deux nouvelles médailles mondiales avec le bronze de 2003 et en 2005 en Tunisie pour les adieux de Jackson Richardson à l’équipe nationale.

Durant ce Championnat du Monde 2005 en Tunisie, l’entraîneur français est à deux doigts d’être limogé après le très mauvais départ de la sélection française.

Dans une partie à quitte ou double le 29 janvier 2005 l’équipe se « sort les tripes » et s’impose face au Danemark (32-26) tout en sauvant la tête du « boss » avant de décrocher la troisième place de ce Championnat du Monde.

Le boulet de la déroute ayant soufflé très prêt, ceci aura le mérite de faire réfléchir véritablement « équipe et entraineur ».

Un an plus tard, lors du Championnat d’Europe 2006, Claude Onesta marque enfin de son empreinte indélébile le handball français en parvenant à réaliser un objectif qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait rempli.
Il remporte une médaille dans un Championnat d’Europe, compétition réputée pour être la plus difficile tant la concurrence est grande.

Observons que le hand-ball est un sport dont les plus grandes nations au monde sont, à cette époque, toutes européennes.

L’objectif sera rempli de la plus belle des façons avec le titre de Champion d’Europe, en battant en finale les Champions du monde en titre l’Espagne, après avoir éliminé en demi-finale les Champions olympiques Croates.

Pour le Championnat d’Europe 2008 qui va suivre et se déroule en Norvège, Claude Onesta doit faire face aux forfaits de Michaël Guigou et Joël Abati et la préparation perturbée de Bertrand Gille en raison d’une blessure à l’épaule.

L’équipe de France va se transcender en remportant les trois matchs de son premier tour, puis elle battra l’Espagne et l’Allemagne lors du tour principal, ce qui lui assure alors une place en demi-finale.

Celle-ci l’oppose à la Croatie menée par Ivano Balić et Petar Metličić, deux joueurs d’exception parmi les plus grandes figures handballistiques mondiales.

Tout aurait pu basculer du côté français qui perd finalement le match par un but d’écart mais l’équipe de france bat l’Allemagne lors de la petite finale pour repartir avec la médaille de bronze.

Claude Onesta mène ensuite pour la première fois de son histoire l’équipe de France au titre olympique, en août 2008 à Pékin.

L’équipe de France est première de son groupe, elle rencontre la Russie lors du premier tour, s’imposant sur le score de 27 à 24.

En demi-finale, elle retrouve une nouvelle fois la Croatie.

Les Français prennent leur revanche sur le Championnat d’Europe perdu en demi-finale deux ans plus tôt, remportant la rencontre sur le score de 25 à 23.

En finale, la France impose sa défense aux Islandais et remporte le premier titre olympique de son histoire sur le score de 28 à 23.

En 2009, alors que les « spécialistes » pensent que la Croatie va logiquement rester maître chez elle devant un public totalement « déchaîné » et voué à sa cause, Claude Onesta mène l’équipe de France au titre de Champion du monde, en remportant la finale face aux Croates.

L’équipe de France entre ainsi dans le cercle fermé des équipes ayant réalisé le doublé « titre olympique-titre mondial » ; après l’Allemagne (1936-1938), la Yougoslavie (1984-1986) et la CEI-Russie (1992-1993).

Le 31 janvier 2010, l’équipe de France réalise un triplé inédit et historique: consécutivement, titre olympique – Champion du monde – Champion d’Europe en battant en finale du Championnat d’Europe, disputé en Autriche, la Croatie sur le score de 25 à 21.

Avec ce titre, Claude Onesta devient le premier entraîneur national français à avoir obtenu les 3 titres majeurs : Championnat d’Europe, Championnat du Monde et Jeux Olympiques.

Il est aussi le deuxième à l’avoir réalisé en hand-ball après l’entraîneur russe Vladimir Maximov .

Durant cette compétition, débutée de manière un peu laborieuse pour les grands favoris que sont les Français – deux matchs nul lors du premier tour contre la Hongrie puis contre l’Espagne -, Claude Onesta va surprendre quelque peu les observateurs et les entraîneurs adverses.

En effet, il fait débuter les rencontres sans aligner Daniel Narcisse, le poste d’arrière gauche étant occupé par le capitaine Jérôme Fernandez et le poste d’arrière droit par un véritable gaucher Sébastien Bosquet.

Cette tactique a pour conséquence de pouvoir ménager quelque peu les joueurs habituels de la base arrière, l’équipe de France profitant alors de la seconde période pour faire la décision.

Bien que diminuée par l’absence de quatre titulaires sur blessure, dont Narcisse, le 30 janvier 2011, Claude Onesta amène l’équipe de France de hand-ball en finale du Championnat du monde.

Elle remporte la compétition en battant une grande équipe du Danemark 37-35 après la prolongation.

-Comment sont-ils parvenus à de tels résultats ?

Après l’échec aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004 – l’équipe de France terminant à la cinquième place – Claude Onesta et son équipe étaient au bord du gouffre.

Comme nous l’avons écrit, ci-dessus, l’année suivante ils obtinrent un sursis salvateur en ramenant une médaille de bronze au Championnat du Monde en Tunisie.

C’est à cette époque que le « boss » va décider après concertation de laisser la clé aux joueurs en les responsabilisant de manière différente, basculant ainsi dans une forme de régime de participation active de chacun et d’autogestion qui va très vite porter ses fruits.

Le véritable déclic viendra en 2006 en Suisse où l’équipe de France va s’offrir le titre le plus difficile et de son histoire, celui de Champion d’Europe.

C’était alors la consécration d’une génération de joueurs exceptionnels marquée par l’émergence d’un Nikola Karabatic surdoué et qui n’a que 26 ans. Le jeune joueur français, d’origine serbo-croate, considéré comme le meilleur joueur du monde de par sa puissance physique, son habileté technique et surtout son intelligence tactique sans oublier le meilleur gardien au monde, l’alsacien Thierry Omeyer.

Une équipe nationale constituée majoritairement de jeunes qui n’ont rien à envier à leurs aînés et fonctionnant selon l’idée basée sur le partage des responsabilités et la participation de tous.

A partir d’un tel mode de fonctionnement inédit s’est installée une sorte de république des joueurs, sans distinction de couleur, d’appartenance ethnique et présidée un « boss » éclairé qui sait leur témoigner sa confiance.

L’aura de Claude Onesta grandit depuis ce jour.
Leçon à méditer.

Que ce soit au niveau du sport et de la vie courante, pour gagner de manière durable, il faut faire confiance à l’humain et l’accompagner dans sa manière de se découvrir et de se transcender ; plutôt que d’utiliser « le bâton » voire même la terreur à longueur de journée.

Suivez mon regard…

30/01/11 (B589) Un peuple qui prend ses enfants par la main et bouscule ses « leaders politiques » … (Par Bouh Warsama)


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Un peuple qui prend ses enfants par la main et bouscule ses « leaders politiques »,

afin qu’ils construisent ensemble un meilleur avenir, est un peuple qui vivra longtemps.

Bouh Warsama

On ne libère pas des femmes et des hommes d’un coup de baguette magique ou avec de longues et stériles palabres lors d’une « KCCP » (Kat, Coca, Craven, Party).

Ce n’est qu’avec le temps et l’opiniâtre volonté commune de la plupart de des leaders d’opposition, qui avec courage déterminent ensemble un programme et le mettent en œuvre pour le bien de toutes et de tous, que le peuple se lèvera.

Quand il se lèvera véritablement et d’un seul élan irrésistible, rien ne pourra lui résister. Il arrivera à se délivrer de tout de manière pacifique ; y compris de la tyrannie la plus sanguinaire qui sera alors contrainte à fuir.

Mais le champ de l’erreur est immense.

Aussi longtemps que ce peuple s’accommoderait de fausses images sur sa possible liberté à venir en pensant se protéger, entre autres derrière un clanisme obsolète, sectaire et combien destructeur, alors hommes et femmes – pourtant de bonne volonté – ne feraient que se créer de nouvelles chaînes ; de nouvelles entraves à toute réelle expression d’une volonté de Liberté.


Ces chaînes que l’on ne veut pas voir (et malheur à qui ose aborder le sujet) que constituent les mauvaises habitudes instaurées, entre autres celles que sont le clanisme et la xénophobie, qui sont en général trop peu légères pour être ressenties véritablement ; jusqu’à ce qu’elles deviennent trop fortes pour être brisées.

Force des mauvaises habitudes dont on ne voudrait pas se défaire en leur préférant une artificielle facilité avec le risque de passer, demain et après, d’une tyrannie à une autre aussi destructrice, l’une et l’autre, des Droits de l’Humain.

Tout ceci pour aboutir plus tôt qu’on ne le pense à une partition donc à une désintégration dudit pays ce qui ferait la satisfaction des pays voisins car étant les seuls bénéficiaires au final dans cette affaire.

– Pendant longtemps, la politique menée par la France particulièrement à Djibouti était-elle la fille de la diplomatie et de « l’escroquerie courtoise » et habile vis-à-vis de l’opposition au régime en place ?

Certes, et pour avoir assisté à bien des entretiens «diplomatiques» nous en avons acquis l’intime conviction, mais l’opposition à IOG n’aurait-elle pas facilité le travail de quasi ignorance en acceptant d’entendre au Quai d’Orsay les choses les plus banales, dites avec élégance mais incontestable langue de bois, et dont elle est la victime sacrifiée sur « l’autel de la lâcheté politique et de l’exclusion » depuis 1995 voire même bien avant ?

La naïveté est la grâce des politiciens honnêtes et le visage de la vérité. Mais force est de constater hélas que politique et sincérité ne font pas « bon ménage ».

Pour cette opposition, se présenter en ordre dispersé face à la diplomatie française ou d’une quelconque autre diplomatie occidentale c’est alors entrer inconsciemment dans le jeu de la manipulation des intelligences qui en viennent à s’embrouiller et s’affaiblissent.

Ce clivage, dichotomie politique qui empêche la pose d’une « réelle et sincère première pierre d’unité nationale » en repoussant l’échéance aux calendes grecques (Ad kalendas graecas).

C’est le jeu du fractionnement, des scissions tribales savamment entretenues au sein de l’opposition donc « il divertimento » de l’inutilité politique souhaitée et entretenue – y compris à coups de millions de Francs Djibouti – par Ismaïl Omar Guelleh.

Les Occidentaux et les bailleurs de fonds potentiels qui dispersent leurs regards sur tout, n’ont jamais vu, ou voulu voir que les arguments du plus fort ; de celui qui tient l’Etat et RIEN d’autre.

Qu’observent-ils ?

Un Tyran qui règne en maître absolu donc une artificielle stabilité politique sur un pays protégé par la sacro sainte non ingérence étrangère dans les affaires intérieures d’un pays indépendant.

Un président autoproclamé qui a totalement laminé l’opposition dans le pays en la tenant sous étroite surveillance et en faisant « effacer » les gêneurs ; avec une opposition qui coûte bien des vies humaines sacrifiées sur le piédestal de l’indifférence occidentale.

Une opposition qui s’agite beaucoup mais dans l’incapacité chronique de réaliser une union qui ferait sa force ; alors que ses incessantes discordes et son impuissance à désigner parmi elle un leader commun l’expose indubitablement à une prompte défaite si elle ne réagissait pas dans l’urgence.

– Un peuple qui prend ses enfants par la main et bouscule ses « leaders politiques », afin qu’ils construisent ensemble un meilleur avenir, est un peuple qui vivra longtemps.

Curieuse situation que celle d’un gouvernement djiboutien à la fois parfaitement illégalement légitimé par certains Occidentaux – qui y trouvent leur propre intérêt financier (notamment au niveau des nébuleuses Aides Publiques au Développement …et des retours…) – et totalement illégitime aux yeux de l’histoire du pays car gouverné par un président Ismaïl Omar Guelleh, falsificateur d’élections, autoproclamé par deux fois et qui tente un troisième hold-up électoral.

Oui mais brusquement la distribution des cartes a changé !

Que ce soit dans la capitale ou dans les villes de l’arrière pays, la rue perd de la terreur imposée par la Police Politique (SDS). Cette rue est devenue celle du peuple djiboutien, demain accompagné des gendarmes, militaires et policiers ; TOUS unis par la même colère et qui rappelleront au pouvoir cette controverse qui pollue les parfums de la Liberté pour l’avènement d’une véritable république qui reste à créer, à inventer.

– Ismaïl Omar Guelleh doit rendre TOUTES les clés du pays !

En manifestant sans cesse dans les rues du pays et à quelques milliers de kilomètres de Djibouti, le peuple tunisien a tracé le sillon d’une véritable reconstruction nationale avec un seul mot d’ordre qui est désormais « aller jusqu’au bout du chemin ouvert le 14 janvier 2011 par la fuite de Ben Ali » pour recréer un état démocratique.

Ce n’est pas le fait du hasard si chaque opposant Djiboutien est directement concerné par ce même mélange d’idéalisme et de spontanéité populaire, de rejet de la tyrannie qui l’étouffe depuis trop longtemps.

A Djibouti, peut-on arrêter un mouvement populaire de libération nationale qui s’est mis en marche depuis bien des mois et vient de nous faire une démonstration de sa force au premier jour de l’année nouvelle ?

Ce à quoi nous assistons c’est la révolte spontanée de toutes les émotions du peuple contre toutes les répressions dont elle est victime depuis tant et tant d’années.

Rien ne l’arrêtera !

21/01/11 (B587) A Djibouti comme ailleurs, les tortionnaires doivent être dénoncés, un à un ! (Par Bouh Warsama)


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A Djibouti comme ailleurs, les tortionnaires doivent être dénoncés, un à un, pour être mis nominativement au « banc international des accusés » pour crimes contre l’humanité.

Bouh Warsama

Depuis bien des années, constat est fait qu’Ismaïl Omar Guelleh et quelques « laquais tortionnaires », qui sont capables de tuer père et mère sur ordre et pour quelques deniers de Judas, font peu de cas de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, adoptée le 10 décembre 1948 par l’Organisation des Nations Unies.

Déclaration de l’ONU qui, dans son article 5, fut le premier texte international à déclarer illégale la torture.

– « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

Bien d’autres textes régionaux et internationaux sont venus depuis compléter ces mesures et interdire la torture dont la Convention européenne des Droits de l’Homme qui fut adoptée en 1951 par le Conseil de l’Europe et qui est reconnue depuis comme étant le premier traité, en son article 3, interdisant la torture.

La Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples n’est pas en reste sur ce point.

S’inspirant des décisions prises précédemment et réunie en sa 32ème session ordinaire, qui s’est tenue à Banjul en Gambie, du 17 au 23 octobre 2002, elle reconnaissait alors la nécessité de prendre des mesures concrètes d’application des dispositions en vigueur relatives à l’interdiction de la torture et des peines ou des traitements cruels, inhumains ou dégradants sur le continent africain.

– Les évènements récents de Tunisie et les accusations portées contre la Police Politique locale nous renvoient à tous les sévices physiques et psychologiques, aux viols et aux tortures subies à Djibouti par les populations.

Qu’elle concerne les femmes, les hommes et pire encore les enfants victimes, cette torture est l’expression d’une forme aigüe de sadisme et de perversité sans limite. Actes dépassant parfois, et de loin, ce que peut faire le pire animal dans la nature.

Vétérinaires et experts sont catégoriques sur le sujet ; les animaux d’une même espèce ne luttent jamais à mort, le vainqueur épargne le vaincu.

A Djibouti, sous le joug des tortionnaires d’IOG, bien des victimes sont privées de cette protection, de cette garantie de survie. Après qu’ils aient souffert sous la torture et refusé de baisser la tête, soit on les « suicide », soit on les « efface » ouvertement et on les enterre quasi immédiatement.

Torturer ? C’est le moyen d’expression du « faible et du lâche », le dialogue dans l’horreur. Ce n’est point une fatalité comme certains tenteraient de nous le faire croire pour essayer de disculper leurs « complices ».

Certes, c’est un moyen employé parfois pour obtenir des aveux mais le plus souvent un acte délibéré pour terroriser des populations ou des organisations, en ciblant un à un chaque membre d’un groupe de personnes, afin que les autres restent passifs de peur d’être victimes des pires sévices à leur tour.

Cette torture, telle qu’elle est pratiquée sous toutes ses formes les plus abjectes, est quasi exclusivement l’apanage de quelques « laquais fanatiques » au service d’Ismaïl Omar Guelleh et de Kadra Mahamoud Haïd. Le couple se limitant, quant à lui, à être le donneur d’ordres verbaux et se gardant bien, l’un comme l’autre, de s’impliquer directement dans ces actes criminels.

Le moment venu, face à un Tribunal (car il y aura forcément comparution et jugement un jour prochain), ils tenteront de faire croire « qu’ils n’étaient pas informés des actes de tortures » et que la faute incombe donc pleinement et exclusivement aux « laquais tortionnaires » ayant pris des initiatives malheureuses.

Tant Ismaïl Omar Guelleh que Kadra Mahamoud Haïd ont pris toutes les mesures conservatoires de leurs seuls intérêts en n’établissant pas d’ordre écrit sur la torture.

Tout est verbal, il ne subsiste donc pas une quelconque trace des ordres donnés……….. ! Les « laquais fanatiques » qui n’ont de cesse de torturer des femmes, des hommes et des enfants innocents devraient réfléchir plus longuement sur la précarité de leur situation vis-à-vis de la justice internationale lorsqu’elle viendra « frapper à leur porte », où qu’ils se trouveront alors.

En attendant que passe enfin la justice, cette torture que nous n’avons pas de cesse de dénoncer depuis bien des années par tous les moyens dont nous disposons est à considérer comme étant la technique privilégiée d’intimidation et de terreur, la pierre angulaire du régime Guelleh pour maintenir les populations de Djibouti – tout particulièrement celle du Nord, de l’Ouest et du Sud Ouest – sous le joug du pouvoir tyrannique de la « pensée unique ».

– La question que nous posons est celle consistant à « savoir si la fin peut justifier l’utilisation de tous les moyens pour y parvenir ? »

Bien qu’il existe un cadre juridique et institutionnel impressionnant sur le plan international pour prévenir tout acte de torture, qu’elle soit physique ou psychologique, celle-ci continue d’être largement tolérée, pratiquée et encouragée sur ordre de l’un ou l’autre des « squatters opportunistes, occupant le Palais présidentiel » – entendez par là Ismaïl, Omar Guelleh et Kadra Mahamoud Haïd.
Donneurs d’ordres de ces actes odieux qui assurent une temporaire impunité à leurs laquais du moment et les paient grassement…

Ephémère impunité qui perdure, tout le moins, depuis 1999 pour les auteurs d’actes de tortures mais les place de facto sur le même banc des accusés que le « couple infernal ».

– La torture n’a aucune justification.

Abdi Dembil, comme bon nombre de ses complices, voire même certains de ses subordonnés, a sa place de réservée sur le « banc international de l’infamie ».

En effet comme bien d’autres dont la liste sera publiée, en temps et en heure, Abdi Dembil devra bientôt justifier ses actes de torture et leur caractère infâmant devant un Tribunal.

Comme le précisent les textes de Justice internationale, rien ne saurait justifier la torture ni aucune forme de peine ou de traitement cruel, inhumain voire dégradant dans toute société, à tout moment, en toute circonstance.

« J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre » (extrait des Justes)
Albert Camus

15/01/11 (B586) Afrique : La peur aurait-elle changé de camp ? (Par Bouh Warsama)


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Afrique :

La peur aurait-elle
changé de camp.


Par Bouh Warsama

 

Souvent des peuples opprimés ont gagné des batailles face à toutes les formes de Tyrannie, aussi sanguinaires puissent-elles être et cautionnées par un Occident qui ne voit pas, n’entend pas et ne dit rien.

Souvenons-nous que lors de sa visite d’avril 2008 au président d’alors Zine El Abidine Ben Ali, le président Sarkozy avait confirmé que « la France entendait rester l’ami privilégié pour accompagner l’œuvre de modernisation et de développement de la Tunisie sur les principes de la confiance, du respect, de l’estime et de l’amitié………. »

A ceci, il avait ajouté « ….n’avoir pas de leçons à donner en matière de droits de l’homme au président tunisien ».

C’était vraisemblablement s’avancer un peu trop vite sur ce dernier point.

Presque deux années plus tard, tout a subitement basculé dans ce petit pays du Maghreb.

L’immolation par le feu du jeune commerçant tunisien Mohamed Bouazizi a déclenché une réaction en chaîne dans son village puis une révolte sans précédent au sein de la population tunisienne.

Cette immolation n’avait rien d’un suicide ou d’un meurtre cautionné par l’Etat, ce fut l’ultime acte de courage d’un jeune homme sans cesse persécuté, racketté par un policier de son village.

Un acte de la dernière énergie destiné à montrer à la foule le rejet absolu des pratiques d’un pouvoir qui musèle le peuple, cautionne les pratiques excessives et mafieuses d’une partie de ses forces de police.

C’est pour cette raison que les habitants dudit village, puis les populations tunisiennes ont manifesté, une fois pour toutes, leur désapprobation pour mettre un terme à la dictature dans leur pays.

S’en sont suivis les évènements dramatiques de ces derniers jours.

Pourtant Paris n’a pas cru à une défaite possible de son « partenaire ».

Ni l’Elysée, ni Matignon, ni le Quai d’Orsay complaisants au possible avec Ben Ali, en des temps si récents, n’ont pu, su ni voulu faire du préventif en prenant en compte la réalité tunisienne pourtant évidente, criarde, dénoncée sans cesse et depuis bien des années, entre autres, par le président de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme et par l’opposition en exil.

La Liberté, Egalité et Fraternité ! Paroles vaines, trompeuses et combien funestes même, depuis qu’elles sont entrées dans le jargon politique français. Le politiquement correct « Avant…je n’ai rien vu, rien entendu et je n’en parlerai pas » en a fait trois mensonges.

Dans les heures qui suivirent le « départ » de Zine El Abidine Ben Ali la France prenait "acte de la transition constitutionnelle" en Tunisie,

« Seul le dialogue peut apporter une solution démocratique et durable à la crise actuelle », affirmait la présidence française, ajoutant : « La France se tient aux côtés du peuple tunisien dans cette période décisive »….

– Une Vérité tant tunisienne que djiboutienne !

Cette vérité, applicable en Tunisie et qui se vérifiera demain à Djibouti, est la démonstration que lorsqu’un peuple est poussé aux pires extrémités, par la pauvreté, le chômage, l’absence de soins de santé…., il a la capacité de se libérer soudainement du despotisme, et ce en quelques jours.

Malgré les dizaines de morts qui constituent un très lourd tribut payé par le peuple à la transition démocratique, ces événements graves resteront pour demain un moment émouvant dans l’histoire de la Tunisie et de l’Afrique.

Comme nous l’avons écrit si souvent, « Il est bien plus que périlleux pour la tyrannie de contraindre puis de combattre ouvertement par les armes un peuple qui n’a plus rien à perdre… »

Pour ne pas avoir compris plus tôt qu’il convenait d’ouvrir la porte à une amorce de Liberté dans son pays tout en procédant au nettoyage dans son gouvernement, mais aussi et surtout de l’obligation qu’il avait de mettre de l’ordre sans attendre dans son entourage immédiat, surtout dans sa propre famille, Zine El Abidine Ben Ali a été contraint de quitter le pouvoir et de s’exiler dans l’urgence.

– L’esclavage moderne, qui s’est substitué à certains aspects néfastes et honteux liés indirectement à la colonisation, n’aurait pas pris un tel essor sans la cupidité démesurée de certains potentats africains et de leur « famille ».

Nous avons maintes fois affirmé et écrit qu’un despote absolutiste n’est souvent qu’une fiction.

Dans les faits et avec le temps, son pouvoir s’étiole pour se disséminer en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes – souvent choisis dans sa propre famille, dans son propre clan tribal et dans le creuset des ignares, des incultes, des incompétents et des cupides ; voire des xénophobes…étrangers qui tentent de chasser les véritables occupants du sol.

Hommes et femmes venus de l’étranger, prêts à tout par et pour l’argent, irresponsables et qui se cachent craintivement derrière le tyran mais qui seront les premiers à le poignarder le moment venu, lorsque le bateau prendra l’eau de toutes parts.

Des êtres sans foi ni loi, froussards au possible, bien éloignés des saints préceptes religieux. Qui, pour certains, n’hésiteront pas à effectuer chaque année le pèlerinage de La Mecque en croyant ainsi se faire pardonner tous leurs délits passés voire leurs crimes mais dont la tyrannie et la corruption sont devenues insupportables pour le peuple.

Ce qui va systématiquement mener à une révolte quasi générale, telle que nous la vivons en Tunisie et demain à Djibouti.

– Ce qui est vrai aujourd’hui en Tunisie, le sera demain à Djibouti car la peur a changé de camp et les mouches ont changé d’âne !

Comme il faut de la vertu dans une République et de l’honneur dans une monarchie, il faut de la crainte dans un gouvernement tyrannique ; la vertu n’y est point nécessaire voire même interdite et l’honneur y serait dangereux pour le pouvoir en place.

Pour ne pas avoir compris plus tôt qu’il convenait de changer « l’ordre des choses », Ismaïl Omar Guelleh et sa « famille » risquent fort d’être confrontés subitement aux mêmes effets du pourrissement économique, social et politique irréversible qu’en Tunisie et qui les prendront inévitablement de court.

A Djibouti, le désespoir humain a une odeur bien plus forte qu’ailleurs car la situation y est bien plus grave qu’en Tunisie et le khat ne suffit plus à « chloroformiser les consciences humaines ».

Si les « Occidentaux » n’aiment guère les surprises, telle que celle qui vient de se produire dans le Maghreb, il est grand temps qu’ils anticipent en ayant une bonne lecture d’évènements récents. Les populations djiboutiennes leur ont donné, lors de l’immense manifestation du 1er janvier de cette année, un ultime et très explicite message.

Un avertissement indiquant que les Djiboutiennes et les Djiboutiens préfèrent les craintes d’un bouleversement politique à la peur inspirée par une troisième auto proclamation d’Ismaïl Bobard à la présidence ; c’est-à-dire la frayeur du maintien d’un pouvoir brutal, cynique et tyrannique.

– Ecrire le mot Liberté sur le sable du bord de mer, c’est déjà avoir la liberté de l’écrire. A Djibouti, on n’a pas encore ce droit mais on a le sable et les mains pour l’écrire.

L’odeur de Liberté, portée par les vents qui viennent de Tunisie, est décidément irrépressible car elle peut en quelques jours balayer, à des milliers de kilomètres de Tunis, l’artificielle « valeur rempart » dans la région qu’IOG tente d’incarner.

Espérons que Paris ne sous estimera pas, une fois encore, la force de ce vent porteur de Liberté et de Justice et que l’Elysée aura rattrapé puis réparé les aveuglements coupables de ses cécités volontaires du passé.
Souhaitons que le pays des Droits de l’Homme aura enfin rétabli sa capacité à parler franchement d’avenir avec l’opposition djiboutienne, sans tenter de la chloroformiser une nouvelle fois.

Faute de quoi, un soulèvement populaire et soudain à Djibouti risquerait de laisser le champ libre à des radicaux, de tous bords et de toutes obédiences… tant politiques que faussement religieuses, structurés et dont la greffe pourrait prendre sur une société civile véritable creuset naturel ; une société civile actuelle condamnée à la paupérisation grandissante, au bâton et au silence par Ismaïl Omar Guelleh et son clan mafieux depuis bien des années.

07/01/11 (B586) L’éveil de Djibouti ? Ismaïl Bobard t’es foutu, Djibouti est dans la rue ! France, réveille-toi, on assassine les Droits de l’Homme à Djibouti !(Par Bouh Warsama)


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L’éveil de Djibouti ?

Ismaïl Bobard t’es foutu,

Djibouti est dans la rue !

Par Bouh Warsama

 

La grande vanité des régimes tyranniques et leur grande chimère, c’est de se penser être au dessus de toutes les lois ; de croire qu’ils peuvent tout faire surveiller par leur Police politique et contrôler le pays du haut de leur donjon qu’ils pensent être inexpugnable.

Oui mais voilà, ni la Police politique ni les forces militaires et policières – aux ordres du « Palais des Artifices » et aussi importantes fussent-elles – ne sont en mesure de maîtriser aujourd’hui – et le seront encore bien moins demain – le flot des mécontentements qui telle une vague surgie de l’océan a envahi toutes les rues de la capitale, des villes et des villages de l’arrière pays.

Ce mouvement initié ces derniers jours par l’opposition politique n’emprunte à aucun des codes idéologiques habituels. Dans ce pays cadenassé depuis trop longtemps, la serrure s’est ouverte un peu plus en ce premier jour annonciateur de l’année nouvelle.

Année fondamentalement nouvelle car placée sous la poussée magistrale d’une population ivre de toutes les déceptions essentielles à la vie.
Une population avide de Justice.

– Djibouti a peur et cette peur n’est pas que d’un seul coté !

Comme depuis trop longtemps, outre la faim au ventre car l’assiette est quasiment vide, ce matin la capitale de Djibouti s’est réveillée avec la peur.

La crainte en ce vendredi pour que ce jour traditionnellement consacré à la prière ne soit pas celui de la violence voire même de la terreur obscurantiste imposée par le pouvoir.

Cette forte inquiétude cohabite avec un irrépressible élan pour la Liberté.
Cette Liberté qui ne peut être que TOUTE la Liberté ; un morceau de Liberté n’est pas la Liberté.

En refusant obstinément l’instauration d’un dialogue pour une véritable ouverture à la démocratie, Ismaïl Omar Guelleh s’est condamné au pire bien avant qu’un prochain Tribunal ne prononce sa sentence.

En Europe comme outre atlantique on hésite en ne sachant pas s’il convient de se réjouir de l’énergie que semble mettre les populations djiboutiennes pour bousculer et mettre à mal un modèle politique à bout de souffle, ou s’il faudra s’inquiéter de la déstabilisation qu’un mouvement spontané de masse des populations djiboutiennes pourrait entraîner dans le pays mais aussi – et peut-être surtout – dans la région.

– Ismaïl Bobard t’es foutu, Djibouti est dans la rue !

En dépit de toutes les frustrations qu’elles peuvent éprouver, les familles Djiboutiennes partagent cette même chance qui est celle d’avoir une jeunesse qui représente jusqu’à 70 % de la population.

Toutes ces familles partagent une même nécessité – voire exigence – pour se développer, élever leur niveau de vie et s’ouvrir enfin au monde du troisième millénaire.

C’est au nom de tout cela que jeunes et moins jeunes manifestent dans les rues contre un régime qui n’a jamais tenu ses promesses ; hommes et femmes pliant sous le double poids de la crise économique et sous les interdits de toutes sortes qu’on leur oppose depuis bien trop longtemps.

Expert en langue de bois dictatoriale, son Excellentissime Sérénité Ismaïl Bobard 1er voit, dans les télévisions étrangères et sur le net – surtout l’ARDHD – les « supposés responsables des désordres à Djibouti » qui susciteraient – toujours d’après lui – l’impression de manque et le goût de révolte des populations djiboutiennes.

Sa vanité et son arrogance, comme celles de Kadra Haïd – la QUABYO – sont de penser que la Tyrannie – aussi sanguinaire soit-elle – puisse tout contrôler.

Les populations djiboutiennes viennent de leur répondre de manière imposante et ce n’est qu’un début car le pire est à venir pour le couple de tyrans sanguinaires.

-L’Occident ne peut rester indifférente à cette révolte inédite !

Fini la « politique de l’autruche », fini le temps du « Je ne vois pas, je n’entends pas et je ne dis rien ».

L’Occident et tout particulièrement la France ne peuvent rester plus longtemps indifférents à ce soulèvement des populations djiboutiennes.

Paris est trop près de Djibouti, de notre histoire commune, de ce passé qui nous lient – ne serait-ce que par respect pour ces soldats d’honneur qui ont versé leur sang pour sauver la « Mère patrie d’antan » – pour simplement fermer les yeux et les portes à la Liberté qui se dessine ; pour, encore une fois, ne rien voir et ne rien entendre.

Ce malaise profond qui conduit à la situation actuelle est bien différent d’une fièvre momentanée, éruptive et concerne l’Elysée directement.

Si elle ne veut pas contribuer à faire le lit des extrémismes – d’où qu’ils viennent et aussi trompeurs soient-ils – sur un matelas constitué de toutes les rancœurs accumulées, la France doit plus que jamais se tourner de manière attentive vers cet « Eveil de Djibouti », aussi périlleux que prometteur pour l’avenir.

FRANCE ! REVEILLE-TOI, ON ASSASSINE LES DROITS DE L’HUMAIN ET LA LIBERTE A DJIBOUTI