31/03/07 (B389) CAMEROON TRIBUNE / Mogadiscio sous les bombes

Cameroon
Tribune (Yaoundé)

By Raphaël Mvogo

Appuyée par ses alliés éthiopiens,
l’armée nationale a accentué la traque contre les rebelles.

Mogadiscio, la capitale somalienne, était hier le théâtre
d’intenses combats armés. Dans le cadre d’une offensive d’envergure
contre les miliciens islamistes qui n’arrêtent pas de semer la terreur
dans la ville, malgré leur défaite en janvier, les forces gouvernementales
somaliennes et leurs alliés éthiopiens n’ont pas fait dans le
détail. En déclenchant, c’est le cas de le dire, des frappes
chirurgicales contre les insurgés et en pilonnant systématiquement
leurs positions. A celle des bataillons terrestres, notamment à bord
de chars, s’associait l’action des troupes aéroportées, transportées
par les puissants hélicoptères de combat MI-24, de fabrication
russe, tirant au missile.

Les affrontements se concentraient principalement dans le quartier de Ramadan,
bastion de l’insurrection dans le nord de la capitale, et autour du principal
stade de football. Des sources concordantes faisaient état de plus
de 15 morts, en majorité des civils, et de nombreux blessés,
au moment où nous mettions sous presse. D’après les observateurs,
ces combats sont les plus violents depuis l’éviction de l’Union des
tribunaux islamiques (UTI) de Mogadiscio, qui a permis l’installation dans
la capitale du président Abdullahi Yusuf Ahmed le 13 mars et celle
du gouvernement de transition sept jours plus tard. Depuis 2004, les autorités
étaient repliées à Baïdoa, à quelque 250
km au sud de Mogadiscio.

Le 12 mars, le gouvernement s’était fixé un délai de
30 jours pour nettoyer la capitale des combattants islamistes et ramener l’ordre.
Depuis samedi, il régnait une certaine accalmie, suite à un
accord de cessez-le-feu conclu la veille entre un des principaux clans des
tribunaux islamiques et l’armée éthiopienne. La rupture de la
trêve se justifie par le fait que l’armée somalienne estime que
des miliciens tentent de s’infiltrer dans le centre-ville. Comme lors de l’opération
du 21 au 23 mars, au cours de laquelle de 24 personnes avaient trouvé
la mort, l’offensive d’hier rencontrait une résistance.

C’est le 28 décembre 2006 que, à l’issue d’une offensive éclair,
les forces gouvernementales somaliennes et l’armée éthiopienne
ont repris Mogadiscio et plusieurs régions contrôlées
par les islamistes depuis mi-2006. Ces derniers avaient été
chassés de leur derniers bastion, Kismayo, le 1er janvier 2007. Le
19 janvier, l’Union africaine (UA) avait décidé le déploiement
pour six mois d’une force de paix africaine d’environ 7.600 soldats (l’Amisom),
pour prendre le relais de l’armée éthiopienne. Le déploiement
de cette force a débuté il y a deux semaines et actuellement,
quelque 1.300 éléments sont à l’oeuvre à Mogadiscio.
Ils sont la cible des attaques rebelles.


17/03/07 (B387-A) Cameroon Tribune / Somalie: La force africaine dans l’étau de la résistance

Raphaël
Mvogo

Sur les 8.000 prévus, les quelque 1.200 soldats déployés
par l’Union africaine déployés essuient des attaques à
répétition.

Dimanche dernier, à la veille de l’installation du président
Abdallah Youssouf Ahmed, le gouvernement de Mohamed Gedi a pris le pari de
ramener la paix et la stabilité à Mogadiscio, au plus vite.
Il s’est précisément fixé un délai de 30 jours,
à compter de ce jour-là, pour nettoyer la capitale des groupes
armés constitués par les résistants islamistes, qui n’entendent
pas se laisser vaincre, continuant d’entretenir la spirale de la violence.

Les autorités somaliennes ont notamment conçu un plan de sécurisation
de Mogadiscio, qui se met en oeuvre avec le concours de la force de paix déployée
par l’Union africaine (Amisom). Sur un total de 8.000 hommes prévus,
cette mission compte actuellement 1.200 soldats présents sur le terrain
depuis la semaine dernière. A peine elle a commencé sa mise
en place, la résistance a entrepris d’en faire une cible de ses opérations
de terreur et de déstabilisation.

En l’espace d’une semaine, l’Amisom, installée près de l’aéroport
international de Mogadiscio, a déjà été en effet
l’objet de plusieurs attaques. Le dernier bilan datant de deux jours fait
état de quatre blessés dans ses rangs. Les leaders islamistes
avaient appelé à combattre à toute force militaire étrangère
sur le sol de leur pays. Ils avaient assimilé cette présence
à une  » occupation  » pure et simple.  » C’est le moment
pour la jeunesse somalienne de combattre l’occupation (de la Somalie) par
l’Ethiopie et les autres (troupes de la force de paix en Somalie). Les musulmans
ne se rendront pas aux non croyants « , avait lancé l’un de ces
leaders sur la radio Koran, basée à Mogadiscio.

Un avion transportant du matériel militaire et quelques soldats de
l’Amisom avait pris feu vendredi dernier à son atterrissage à
Mogadiscio. Les islamistes avaient affirmé avoir tiré deux missiles
sur cet appareil, propriété d’une compagnie bélarusse.
L’Union africaine (UA) assure toutefois que  » les attaques et les menaces
ne remettent pas en question le plan de déploiement  » de sa force
de paix, décidé le 19 janvier pour six mois. Outre la protection
des institutions nationales, cette force est également chargée
de former les forces de sécurité somaliennes.