03/12/1999 – BURKINA FASO – DERNIERES NOUVELLES

A TOUTES LES SECTIONS DE L’UIDH

A TOUTES ORGANISATIONS INTERNATIONALES DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME

Ce jour, 3 décembre 1999, le Président Halidou Ouédraogo, Me Sankara, Messieurs Sagnon Tolé, André Tibiri , Paulin Yaméogo et autres ont été déférés au Parquet du Tribunal de 1ère Instance de Ouagadougou. Ils sont poursuivis pour atteinte à la sûreté de l’Etat.
Après avoir été reçus par le Procureur de la république, ils ont été autorisés à regagner leur domicile aux environs de 13 heures (heure de Ouagadougou).
Il leur a été demandé de se présenter à nouveau au parquet le mardi 7 décembre1999.

NB : Des pressions ( grèves, meetings, …etc ) des mouvements démocratiques au Burkina Faso, et des protestations venant de l’extérieur sont enregistrées.
Nous vous remercions de poursuivre les actions demandées suite à l’appel urgent du 2 décembre 1999.

Par ailleurs, dans la perspective d’un procès contre le camarade Halidou et ses compagnons, il est demandé à chaque section de procéder à une campagne de sensibilisation auprès de l’opinion publique de son pays, particulièrement à l’endroit des avocats afin qu’ils se constituent pour défendre ces défenseurs des droits de l’homme en lutte contre l’impunité.
Vous tâcherez de garder le contact avec le secrétariat de l’UIDH pour lui fournir toutes les informations en votre possession.

Salutations militantes.

Ouagadougou, le 3 décembre 1999

02/12/1999 – BURKINA FASO – Arrestation de M.Halidou OUEDRAOGO, Président de l’UIDH et de 5 personnalités.

ACTIONS URGENTES A TOUTES LES SECTIONS DE L’UIDH

Le 26 novembre 1999, le Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques du Burkina Faso, suite aux tracasseries policières, arrestations et actes d’intimidation à l’encontre des
manifestations populaires ces temps derniers, a appelé, à travers une déclaration, les forces de sécurité et les forces armées nationales du
Burkina à  » garantir la sécurité  » et  » à défendre la liberté du peuple à manifester « .

Cet appel lancé à la veille des manifestations projetées par le Collectif à l’occasion du Ier anniversaire de l’assassinat de Norbert ZONGO et ses compagnons, a été adressé entre autres, au Ministre de la Défense du Burkina Faso et publié par voie de presse.

Suite à cette déclaration, le pouvoir a repris les interpellations et les actes d’intimidation.
Ainsi, le mercredi 1er Décembre 1999, le camarade Halidou OUEDRAOGO, Président du Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP) et du Collectif, M. Tolé SAGNON
Secrétaire Général de la Confédération Générale du Travail du Burkina (CGTB) et vice-président du Collectif, M. André TIBIRI
Secrétaire Général de l’Union Générale des Étudiants du Burkina (UGEB), Maître Bénéwendé SANKARA
président de l’Union des Jeunes Avocats du Burkina
(UJAB) cosignataires de la dite déclaration, M. Boureima SIGUE,
directeur de publication du journal  » Le Pays « , M. Paulin YAMEOGO
directeur de publication de l’hebdomadaire  » San Fina  » ont- ils fait l’objet d’interpellation à la Sûreté Nationale de Ouagadougou. Ils
seront relaxés le soir à 18 heures.

Le 02/12/1999, convoqués à nouveau , ils ont été auditionnés et gardés à vue dans les locaux de la Sûreté.

Cette interpellation fait suite à celle intervenue, le 27/11/1999, dans la nuit, du professeur Kapet de BANA et de Monsieur Julien TOGBADJA,
respectivement présidents des ligues Camerounaise et Béninoise des Droits de l’Homme pour soutien à un meeting populaire contre l’impunité tenu à Ouagadougou le 27/11/1999.

Ces actes constituent de graves atteintes à la liberté d’expression et de manifestation et sont de nature à faire obstacle à l’exigence populaire des poursuites et de la punition nécessaires à l’encontre des auteurs de l’assassinat du journaliste Norbert ZONGO et de ses compagnons.

ACTIONS DEMANDEES

Adresser sans délai par fax, E-MAIL, téléphone ou par toutes autres moyens des correspondances aux autorités politiques du Burkina Faso pour :

*Protester contre ces actes en ce qu’ils constituent des violations de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de la Charte Africaine des Droits de l’ homme et des Peuples, du pacte relatif aux Droits civils et politiques, de la convention contre la torture, et des dispositions des articles 3,7 et 8 de la constitution du Burkina Faso.

*Exiger :

1°) La libération immédiate et sans condition de Messieurs Halidou OUEDRAOGO, Tolé SAGNON, André TIBIRI, Maître SANKARA Bénbéwendé SANKARA,
Boureima SIGUE et Paulin YAMEOGO.

2°) La fin des tracasseries à l’encontre des démocrates et militants des droits de l’homme dans l’affaire Norbert ZONGO.

3°) La poursuite et le jugement régulier par des magistrats intègres des auteurs de l’assassinat de Norbert ZONGO et autres.

S’adresser à :

Monsieur Blaise COMPAORE

Président du Faso
Ouagadougou
Burkina Faso
Fax : 00 (226) 31. 49. 26

Monsieur le Ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères
Fax : 00 (226) 30.87.92
03 BP 7038 Ouagadougou 03
Burkina Faso

Monsieur le Ministre de la défense nationale
01 BP 496 Ouagadougou 01
Burkina Faso

Monsieur le Ministre de la justice
Ouagadougou Burkina Faso
Fax : 31.71.37
01 BP 526 Ouagadougou 01

Nous vous remercions de renvoyer au secrétariat de l’UIDH le texte de la correspondance que vous avez adressé aux autorités du Burkina.

Ouagadougou le 02/ 12/1999

POUR ECRIRE -> ADRESSE E-MAIL : uidh@fasonet.bf