24/01/10 (B535) Point de vue : Round Trip / Toronto /Sarkozy à Djibouti…

Revenant de La Réunion ce mardi, le président français Nicolas Sarkozy, a effectué une escale à Djibouti. Mais, ce qui est étrange, c’est que les Forces Françaises stationnées à Djibouti, plus connues sous l’acronyme FFDJ, ont monopolisé l’accueil, ce qui a privé son homologue djiboutien Ismaïl Omar Guelleh (IOG) des toutes premières étreintes.

Raison de sécurité pour les uns (IOG n’aurait su qu’une fois Sarkozy à Djibouti-Ville, donc trop tard pour l’accueillir à l’aéroport et comme il se doit !); message vibrant pour les autres, celui selon lequel : « je suis plutôt venu rendre visite au peuple djiboutien » aurait murmuré Sakozy tout bas.

Chronomètre à la main, le président français ne pouvait se permettre d’accorder à son homologue djiboutien plus que 45 minutes : 7 minutes pour les premières poignées de mains et accolades; 30 minutes d’entretien; et 8 minutes pour s’en défaire. Pas question pour IOG, qui a tenu à mettre son hôte dans l’avion ! Et oui, chez les gaulois, les minutes sont précieuses…

Résultat, pas moyen de boire avec IOG, ni manger ! Soit parce que l’Affaire Borrel remonte en surface et continue par le fait même, à hanter la vie des français (y compris leur président), soit parce que le temps presse…Pour les analystes, c’est plutôt la première hypothèse qu’il faudra retenir.

Selon l’Elysée, Sarkozy aurait profité de l’occasion pour élaguer le terrain eu égard au projet du nouvel accord de partenariat de défense, destiné à remplacer celui de 1977. Pour rassurer IOG, un autre communiqué indique que « Le président de la République a réaffirmé l’attachement de la France à la sécurité et à la souveraineté de Djibouti ».

Il lui aurait rappelé que la France a voté POUR des sanctions contre l’Erythrée. Est arrivé ensuite, le tour des dossiers de la Somalie, du Yémen et de l’Afghanistan.

Voter POUR c’est bien, mais donner l’ordre à l’Erythrée de se retirer serait mieux ! N’est-ce pas ce qu’à fait la France avec le FRUD en 1994 ? N’est-ce pas la substance même de ce fameux accord entre la France et la France ? Oh pardon ! Je voulais dire entre la France et Djibouti.

Enfin, on a l’impression que cette fois-ci, la France a intentionnellement voulu garder l’épine dans la cheville de son ami IOG…Alors de la patience Adéro !

09/01/10 (B533) LDDH : NOTE D’INFORMATION DU 9 JANVIER 2010. Avec les familles de nos soldats contrariées et désolées. (Article mis à jour le 10/01 à 19h00 Paris – Cf 1er §)



Le Président

NOTE D’INFORMATION DU 9 janvier 2010.

Le jeudi 7 janvier 2010 nous avons rendu visite, en signe de solidarité afin d’apprécier les difficultés et les souhaits des Familles des militaires.

En effet, après une expulsion collective
de la Cité Gabode sur la route de l’Aéroport, les Familles des militaires se sont retrouvées récemment au PK13.

 

Après avoir écouté leurs doléances, il nous semble urgent que des mesures soient rapidement prises en leur faveur. D ’autant plus que depuis plusieurs mois, la majorité de ces familles sont constamment inquiètes, car leurs maris sont loin de leur foyer sur le Front nord de l’Ethiopie à Doumeira, et elles ne reçoivent que rarement de leurs nouvelles. (§ mis à jour le 10/01 à la demande de l’auteur)

Il est inadmissible que l’on jette hors de leurs logements : 200 familles composées de 150 familles de militaires et de 50 familles de gendarmes et de la Garde Républicaine. Ces mesures sont non seulement indignes et inhumaines, mais aussi
vexatoires et injustes.

C’est la deuxième fois que cela arrive !

A chaque fois, les expulsions se produisent en période scolaire. On jette hors de leur Cité des Femmes et des Enfants des Gendarmes (La Cité Rom a été vendue à un commerçant dit « Napoléon ») et maintenant ce sont les Femmes et les Enfants de l’Armée Nationale de Djibouti (AND) qui sont sorties de leurs logements, en l’absence de leur mari qui assurent la sécurité du pays.

Qui va bénéficier de ce scandale monstrueux ?

La Cité Gabode II est ou sera vendue probablement à des hommes d’Affaires (venus de la Somalie ?).

Faut-il préciser que l’on a obligé les familles décasées de prendre possession des logements à caractères sociaux financés sur des Dons Extérieurs avec la possibilité à la Société d’Etat l’ADDS de les leur revendre à des prix raisonnables, « en se sucrant pas ». Et pourtant, les montants proposés pour l’acquisition sont inappropriés et difficilement amortissables.

C’est le cas pour ces familles de militaires, qui gèrent vaille que vaille au quotidien les maigres salaires de leur mari.

Rappel des faits :

1. le mardi 15 décembre 2010 opération « coup de poings » pour déloger 200 familles de militaires ;

2. A peine terminés et financés par le Fonds des Logements à caractère sociaux, encore sans électricité, sans eau, les petits logements ont trouvé des locataires;

3. Dans certains logements, l’électricité a été branchée le 4 janvier 2010, tandis que l’eau faisait encore défaut pour plusieurs le 7 janvier 2010 ;

4. les charges financières et mensuelles sont lourdes et se répartissent de la manière suivante :

Trente mille francs Djibouti (30 0000FD) pour le logement de deux chambres ;

Quarante sept mille francs Djibouti (47 000FD) pour le logement de trois chambres ;

  • Dix mille francs Djibouti (10 000FD) par mois pour les arriérés d’électricité sans compter la consommation actuelle;
  • Idem pour l’ONEAD avec dix mille francs Djibouti (10 0000FD) par mois pour arriérés d’eau, sans compter la consommation actuelle ;
  • Soit un total de Cinquante mille francs Djibouti (50 000FD) par mois pour les deux pièces et de Soixante sept mille francs Djibouti (67 000FD) pour les trois pièces ;
  • Sans oublier le fait que l’Etat Major de l’Armée n’a pas encore doté de Moyens de transports (au moins un Car) pour les Elèves, Collégiens, Lycéens et Etudiants. Totalement isolées ces familles de soldats « au front » sont dépourvues de tout.

Avec les maigres salaires surtout pour les militaires de l’AND, et le nombre d’enfants sous la responsabilité des mamans loin de leurs maris il est difficile de croire qu’elles seront délaissées par l’ETAT-MAJOR.

Par conséquent.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel Pressant à l’ÉTAT-MAJOR des Forces Armées Djiboutiennes afin que ces Familles de militaires bénéficient d’une vente décente des Logements à Caractère Social, en réduisant de moitié la Totalité du montant global de la vente des logements, ce qui automatiquement diminuera de moitié les loyers/vente pour la même période déjà fixée.

NOEL ABDI Jean-Paul

25/10/09 (B522) JDD / Islamistes: Djibouti accuse l’Erythrée

Le ministre djiboutien des Affaires étrangères a accusé dimanche l’Erythrée d’armer et d’entraîner des milices islamistes en vue d’opérations de sabotage à Djibouti. « L’Erythrée exporte le chaos.

Exporter le chaos est devenu une routine en Erythrée », a déclaré aux journalistes Mahmoud Ali Youssef après un entretien au Caire avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.

« Ils viennent de commencer à former des milices et à les armer pour qu’elles commettent des actes de sabotage à Djibouti, exactement comme ils soutiennent des éléments dans l’Ogaden en Ethiopie », a-t-il ajouté.

Ancienne possession française, Djibouti abrite la plus importante base militaire française d’Afrique et une base américaine majeure.

02/10/09 (B518) Conflit entre Djibouti et l’Erythrée : Djibouti appelle le Conseil de sécurité à obtenir le retrait de troupes érythréennes (APA)

Djibouti a demandé mardi au Conseil de sécurité d’user de tous les moyens nécessaires pour faire respecter et appliquer la résolution 1862 de janvier dernier qui exigeait de l’Erythrée quelle retire dans les cinq semaines ses troupes de la zone frontalière disputée avec la République de Djibouti.

Dans un discours prononcé mardi à New York, lors de la 64ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Représentant permanent de Djibouti auprès de l’ONU, Robleh Olhayeh, a indiqué que « la situation à la frontière entre Djibouti et l’Erythrée reste tendue depuis une incursion injustifiée et délibérément provocatrice des troupes érythréennes vers Ras Doumeira, promontoire stratégique au nord de Djibouti qui surplombe le détroit de Bab El-Mandeb à l’entrée de la Mer Rouge, le 16 avril 2008 ».

Olhayeh a en outre indiqué que « le Conseil de Sécurité ne doit pas donner l’impression de vouloir apaiser l’Erythrée indéfiniment » car selon lui « c’est un régime dangereux et imprévisible qui ne montre aucun respect des normes internationales».

Pour le diplomate djiboutien, son pays a suivi à la lettre les recommandations du Conseil de sécurité en ce qu’il avait exhorté les deux parties, notamment l’Erythrée, « à coopérer et à entreprendre des efforts diplomatiques en vue de régler la question pacifiquement et conformément au droit international ».

« Cependant nos effort n’ont rencontré que sourde oreille, rebuffades, démentis flagrants, et déclarations dédaigneuses et condescendantes », a-t-il ajouté.

La résolution 1862, adoptée à l’unanimité le 14 janvier 2009, exige de l’Erythrée qu’elle retire, « d’ici à cinq semaines au plus tard », ses forces sur les positions du « statu quo ante », et qu’elle se prête « à des efforts diplomatiques en vue d’aboutir à un règlement mutuellement acceptable de la question de la frontière ».

L’Erythrée a rejetée la résolution au lendemain de son adoption « et la situation est essentiellement restée la même » a souligné Olhayeh, pour qui « la militarisation d’une voie maritime stratégique est de mauvais augure pour la paix régionale, ainsi que pour le transport maritime et les investissements ».

« Le différend entre l’Erythrée et Djibouti ne doit plus durer. Elle doit être résolue conformément à la résolution 1862, sans équivoque, sans confusion, et sans procrastination délibérée.

« L’inaction crée un dangereux précédent que d’autres suivront sûrement à l’avenir qui consiste à nier et refuser de coopérer » a dit le diplomate djiboutien. Pour ce dernier, la communauté internationale doit d’autant plus se résoudre à un règlement rapide du différend frontalier entre notre pays et l’Erythrée que la zone du litige avoisine un passage, le Détroit de Bab El Mendeb, névralgique au commerce et échanges économiques internationaux.

« Le Détroit et l’Ile de Doumeira sont situés dans l’une des voies maritimes les plus fréquentées du monde. La militarisation de cette voie maritime stratégique clé n’augurera rien de bon pour la paix dans la région et dans le transport maritime international et l’investissement » a affirmé en substance Olhayeh. Rappelons que le 10 juin 2008, des échanges de tirs entre troupes érythréennes et Djiboutiennes ont causé la mort de 35 personnes et fait des dizaines de blessés.

Les deux pays s’étaient déjà opposés à deux reprises pour cette zone, en 1996 et en 1999. Le diplomate djiboutien a aussi évoqué la question somalienne dans son intervention, exhortant la communauté internationale à redoubler d’efforts pour soutenir financièrement et matériellement le fragile gouvernement de transition somalien (TFG) afin que ce dernier puisse pacifier le pays et venir à bout des milices extrémistes qui le combattent.

Un tel soutien financier et matériel servirait contre « le flux de ressources, d’armes et de combattants étrangers dans le pays et la menace qu’Al Qaïda pourrait établir une tête de pont en Somalie », a estimé Olhayeh avant de s’arrêter sur l’intérêt de prévoir le renforcement des effectifs des Forces Africaines en Somalie (AMISOM).

Le Représentant Permanent de Djibouti auprès des Nations Unies a réitéré son appel à un rapide soutien matériel et financier à la Somalie sous peine que ce pays ne tombe entre les mains de factions extrémistes.

01/10/09 (B518) Tensions militaires entre Djibouti et l’Erythrée (Viatolosa.net)

Au dernier jour du débat de haut niveau de l’Assemblée générale, Djibouti a demandé mardi au Conseil de sécurité d’user de tous les moyens nécessaires pour faire respecter et appliquer la résolution 1862 de janvier 2009 qui exigeait de l’Erythrée quelle retire dans les cinq semaines ses troupes de la zone frontalière disputée avec la République de Djibouti.

« La situation à la frontière entre Djibouti et l’Erythrée reste tendue depuis une incursion ‘injustifiée et délibérément provocatrice’ des troupes érythréennes vers Ras Doumeira, promontoire stratégique au nord de Djibouti qui surplombe le détroit de Bab El-Mandeb à l’entrée de la mer Rouge le 16 Avril, 2008 », a déclaré Roble Olhaye, Représentant permanent de Djibouti auprès de l’ONU lors de son intervention.

Le 10 juin 2008, des échanges de tirs entre troupes érythréennes et djiboutiennes ont causé la mort de 35 personnes et fait des dizaines de blessés. Les deux pays s’étaient déjà opposés à deux reprises pour cette zone, en 1996 et en 1999.

« Le Conseil ne doit pas donner l’impression de vouloir apaiser l’Erythrée indéfiniment » a dit Mr. Olhaye, « C’est un régime dangereux et imprévisible qui ne montre aucun respect des normes internationales».

D’après Mr. Olhaye, Djibouti a suivi les recommandations du Conseil de sécurité en ce qu’il avait exhorté les deux parties, notamment l’Érythrée, « à coopérer et à entreprendre des efforts diplomatiques en vue de régler la question pacifiquement et conformément au droit international ».

« Cependant nos effort n’ont connu que sourde oreille, rebuffades, démentis flagrants, et déclarations dédaigneuses et condescendantes », a ajouté le représentant.

La résolution 1862, adoptée à l’unanimité le 14 Janvier 2009, exige de l’Erythrée qu’elle retire, « d’ici à cinq semaines au plus tard », ses forces sur les positions du « statu quo ante », et qu’elle se prête « à des efforts diplomatiques en vue d’aboutir à un règlement mutuellement acceptable de la question de la frontière ».

L’Erythrée a rejetée la résolution au lendemain de son adoption « et la situation est essentiellement restée la même » a souligné Mr. Olhaye, pour qui « la militarisation d’une voie maritime stratégique est de mauvais augure pour la paix régionale, ainsi que pour le transport maritime et les investissements ».

18/05/09 (B499) Quel plus terrible fléau que l’injustice de la tyrannie qui a les armes à la main, le mensonge pour drapeau et les complicités aveugles de l’Occident comme bouclier ? (par Bouh Warsama)


Retrouvez les chroniques de Bouh Warsama : lien
Quel plus terrible fléau que l’injustice de la tyrannie qui a les armes à la main, le mensonge pour drapeau et les complicités aveugles de l’Occident comme bouclier ?

Dans l’antiquité romaine, le terme de « garde prétorienne » était affecté à une unité de l’armée romaine de soldats supposés être d’élite et initialement recrutés que sur le territoire de l’Italie.

Selon l’encyclopédie Wikipéda, ces unités tirent leur origine du petit groupe d’hommes dont s’entouraient les magistrats républicains connus sous le nom de « préteurs » et leur nom du camp des légions romaines où était dressée la tente du commandant de la légion ; à savoir le « prétoire » quand ils partaient en campagne.

Dans la quasi-totalité des cas ces gardes prétoriennes fonctionnaient à partir de règles rigoureuses et bien établies dont un certain sens du devoir, de la loyauté et de la dignité.

Le temps des chevaliers

Puis vint le temps de la « chevalerie » qui désigne l’institution féodale des chevaliers avec toutes les valeurs qui lui sont associées ; notamment la prouesse en tant que courage, la loyauté dans le sens de l’honneur, la largesse qui sous entend la générosité vis-à-vis des plus faibles, des plus pauvres, des malades ou handicapés et la notion d’amour courtois qui est la façon réglementée de séduire une femme à la cour.

On observera que bon nombre de ces qualités humaines, notamment le sens de l’honneur et le respect de la dignité humaine et de la femme courtisée se retrouvent dans les versets religieux d’Al Kürran (le Coran) comme dans l’immense richesse intellectuelle que constitue la littérature arabe, entre autres avec Al Khalil ben Ahmed, qu’accompagnent la musicalité et la beauté de ses poésies.

Le temps des acteurs privés de la violence

Les temps vont ensuite bien changer, à ces chevaliers des temps anciens vont succéder bien plus tard les acteurs privés de la violence qui joueront incontestablement alors un rôle déterminant dans les conflits africains à partir de 1960 et continuent de le faire souvent au détriment des armées nationales, des hommes d’honneur (quel que soit leur grade) relégués au rang de simples observateurs muets comme c’est le cas actuellement en Irak et à Djibouti.

Souvenons-nous de ceux que l’on avait surnommé les « affreux » et qui mirent à feu et à sang la province congolaise du Katanga entre 1960 et 1963 ; pillant, violant, capables des pires actes de tortures et massacrant les populations dans les pires excès de barbarie qu’il soit.

Des unités constituées de mercenaires et dénommés les « chiens de guerre » furent ensuite engagées dans la guerre du Biafra entre 1967 et 1970 puis dans les conflits coloniaux du Mozambique et de l’Angola. Il y eut aussi les « faiseurs de rois » comme aux Comores impliqués dans des coups d’état en 1975 et 1978.

Ainsi des centaines de mercenaires étrangers – pas forcément occidentaux – furent engagés par bien des pays lors de conflits en Afrique qui étaient, le plus souvent, des guerres intestines.

Pour la plupart de ces mercenaires, ces conflits s’inscrivaient dans une démarche de lutte contre toutes les formes de communisme, dénommé le « Péril rouge », à laquelle adhéraient de nombreux anciens militaires occidentaux et africains ; une sorte de vernis supposé être idéologique et bien souvent sincère mais où ces hommes y perdirent souvent leur dignité et leur honneur de soldat ou simplement d’être humain.

C’est ainsi que les occidentaux vont aussi procéder au passage à la « liquidation » de leaders africains, parfois par l’entremise de leur garde présidentielle. Tel Thomas Sankara qui tentait de s’affranchir du joug de l’après colonisation, de construire son pays le Burkina Fasso (le pays des hommes intègres) et a conduit une politique d’affranchissement du peuple burkinabé jusqu’à son assassinat. Ce n’est pas sans raison qu’il est aujourd’hui revendiqué comme un modèle par une bonne partie de la jeunesse africaine.

Le temps des « Consultants et Conseillers »

Puis le temps des mercenaires à l’ancienne s’est éteint alors que d’autres acteurs privés sont apparus ou réapparus et qui, pour une supposée déontologie politique qui veut avoir une artificielle bonne conscience, ont pris l’appellation de « Consultants » ou de « Conseillers » (technique, administratif…militaire etc).
Mercenaires formés en un temps au métier des armes et qui ont toutes les compétences pour dispenser des formations adaptées aux besoins des pouvoirs en place ; notamment aux futures troupes dites d’élite constituant les gardes présidentielles mais sont aussi des spécialistes en renseignement, des écoutes et des « effaçages » de « fouineurs » ou autres opposants au régime politique dominant.

La déliquescence de certains États africains – s’appuyant le plus souvent sur l’exploitation d’artificielles oppositions ethniques ou tribales – a favorisé l’émergence, dans des zones de non-droit, telle la Somalie et souvent riches en matières premières à haute valeur ajoutée (or, diamant, coltan, gaz et pétrole), de pouvoirs occultes tenus par des hommes devenus des seigneurs de guerre et du piratage des navires sur les océans.

Tout comme leurs fournisseurs d’armes, ceux-ci ont bien compris que les guerres, y compris et surtout la manipulation politique d’artificielles oppositions de religions, sont une source de profits à très forte rentabilité financières presque incommensurables ; alors qu’initialement avec un peu d’argent, des armes et en fomentant des haines entre tribus et en les attisant, on pouvait recruter, armer (et droguer) des centaines de miliciens, souvent des enfants soldats, et mettre en coupe réglée des territoires de plus en plus vastes pour y imposer sa domination.

Privatisation de la violence en Afrique

Cet aspect de la privatisation de la violence est certainement le plus préoccupant, et le plus lourd de conséquences dans une perspective géopolitique à moyen terme notamment dans la Corne Est de l’Afrique.

Mais, là encore, l’Afrique n’a rien inventé si l’on se réfère à toutes les guerres qui ont émaillé du sang de millions de vies humaines l’histoire des pays occidentaux ; encore récemment en ex Yougoslavie.

Il est à craindre que l’évolution à Djibouti sous Ismaïl Omar Guelleh ne soit en fait qu’une orientation préparatoire vers une « sous-traitance privée » bientôt officialisée des moyens militaires.

Pour en arriver à des Armées, de terre, de mer et de l’air qui ne sont déjà plus qu’une façade, un miroir aux alouettes servant à attirer des budgets et des aides internationales bien vite détournées pour venir entretenir et engraisser de puissantes « milices privées de quartiers »(sous la coupe des SDS et masquées par de fausses ONG locales) constituées d’étrangers et se substituant pour partie à la Police et à l’Armée.

Hommes et femmes vouant un véritable culte au président autoproclamé Ismaïl Omar Guelleh ; servant prioritairement à sa protection et à l’organisation de manifestations de soutien.
Sur le fond, ce sont des outils de la police politique (les SDS) qui sont déjà partiellement en place dans la capitale et financés pour partie par les aides et les dons internationaux à différents titres (ONG …santé, lutte contre toutes les pandémies …etc. Là où il y a du fric à prendre).

On sait qu’Imaïl Bobard n’a que faire des lois, de la Constitution nationale, des Droits Humains et encore bien moins du contenu de la Convention de 1989 « contre le recrutement, l’utilisation, le financement et l’instruction de mercenaires » ; mercenaires étant aussi pris au sens de « milices locales ».

De par la position stratégique, géopolitiquement parlant, de Djibouti IOG connaît les limites de l’acceptable qui lui sont consenties par les grandes puissances occidentales et se sait à l’abri de toute condamnation par ces mêmes puissances ou par les instances internationales.

Machiavel affirmait que pour qu’un prince étranger s’empare d’un pays régi par un gouvernement républicain, il faut qu’il liquide la totalité de la population, puisque dans un tel pays le pouvoir est partout, dans chacun des membres de la population.

S’il a toujours manqué à Djibouti cette unité inébranlable entre le peuple et l’armée c’est qu’Ismaïl Omar Guelleh s’est toujours efforcé de briser dans l’œuf cette possibilité d’unité tout comme il l’a fait avec l’opposition politique.

A Asmara comme à Djibouti, le conflit entre l’Erythrée et Djibouti n’est qu’un stratagème de l’un et de l’autre président aux fins :

  • de tirer le maximum de fric des instances internationales en jouant, par chantage, sur la misère et la sècheresse subies par les populations ;
  • de monter les opinions publiques locales, à Asmara comme à Djibouti, en les poussant l’une contre l’autre et les faire encadrer par les « milices de quartiers » lors de défilés de soutien à la politique menée contre l’état voisin. Ce faisant, ceci bloque toute autre manifestation revendicative…. ;
  • de mobiliser les armées derrière le drapeau et la sauvegarde du territoire national et de procéder par le fait à un « nettoyage » tribal et ethnique en envoyant sur le front des hostilités les Officiers, Sous Officiers et soldats qui dérangent le pouvoir et les plus opposés au régime politique en place.

Pour conclure, on peut affirmer que la lente épuration, lancée dès 1996, au sein des Armées pour remplacer chaque militaire Djiboutien par un étranger favorable à IOG a produit les effets escomptés alors que la corruption entretenue sciemment en son sein lui permet d’acheter à moindre coût des consciences afin de se prémunir d’un éventuel « coup d’état militaire » ; mais pour combien de temps encore ?

La guerre contre l’Erythrée aura laissé le pays avec trois armées : une Armée de morts et d’infirmes, une Armée de familles en pleurs et exclues de leurs logements militaires, une Armée de profiteurs et d’escrocs.

09/04/09 (B493) AFP / L’Erythrée ne s’est pas retirée de la zone disputée avec Djibouti (ONU)

Le Conseil de sécurité de l’ONU a exprimé mardi sa préoccupation sur le fait que l’Erythrée a ignoré son injonction de retirer ses forces de la zone disputée à sa frontière avec Djibouti.

L’ambassadeur du Mexique à l’ONU Claude Heller, président du Conseil en avril, a indiqué à la presse à l’issue d’une séance consacrée au différend entre les deux voisins, que les 15 membres s’étaient dits préoccupés que l’Erythrée "n’ait pas rempli ses obligations aux termes de la résolution 1862."

Cette résolution, rédigée par la France et adoptée à l’unanimité le 14 janvier, donnait cinq semaines à l’Erythrée pour retirer ses forces de la zone frontalière disputée à Ras Doumeira et dans l’île de Doumeira, où s’était produit un incident armé avec Djibouti en juin dernier.

Asmara, qui nie l’existence d’un contentieux territorial avec Djibouti, avait rejeté cette résolution.

Mardi, le Conseil a demandé au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, de poursuivre ses efforts de médiation et a chargé M. Heller, à la requête de la mission de Djibouti, de rencontrer l’ambassadeur d’Erythrée pour lui faire part de ses préoccupations.

25/02/09 (B487) Radio-Trottoir : l’AND aurait-elle utilisé des obus aux phosphores contre l’Erythrée ? (Info lecteur)

Selon un lecteur généralement bien informée, les militaires français, du contingent déployé à proximité de Ras Doumeira, au nord, auraient découvert des traces des munitions au phosphore qui auraient pu avoir été utilisées contre l’armée erythréenne et sa population.

Ces munitions ont-elles été fournies par l’armée americaine ?

Les militaires français ont-ils manifesté leur mécontentement au régime d’IOG ?

D’autant plus que l’armée érythréenne n’aurait utilisé que des armes conventionnelles.

Selon mes sources, l’Erythrée aurait pu avoir réussi à documenter les preuves de ce crime en contradiction avec toutes les conventions que Djibouti a ratifié.

Est-cela qui pourrait expliquer le climat de haine qui s’est installé entre nos deux pays ?