23/07/08 (B457) CYBERPRESSE (Canada) avec AFP / Somalie: un cargo japonais et son équipage interceptés par des pirates

Un cargo japonais et son équipage ont été interceptés par des pirates fortement armés au large de la côte somalienne, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Le MV Stella Maris, battant pavillon panaméen et qui transporte une cargaison de plomb et de zinc, a été intercepté dimanche, a indiqué à l’AFP Andrew Mwangura, responsable du bureau kényan du Programme d’assistance aux marins, organisation basée à Mombasa (sud-est du Kenya).

Cette information a été confirmée à l’AFP par Bile Mohamoud Qabowsade, conseiller spécial du président de la région semi-autonome du Puntland (nord-est de la Somalie).

«38 pirates lourdement armés ont attaqué le bateau dans les eaux du golfe d’Aden (…); selon des chefs coutumiers locaux, les pirates et le bateau ont dépassé le port de Calula (extrême nord du Puntland) lundi soir», a déclaré M. Qabowsade, joint par téléphone depuis la capitale somalienne Mogadiscio.

«On nous a informé que les 18 membres d’équipage sont à bord. Des bateaux rapides utilisés par les pirates encadrent le bateau», a ajouté la même source.

La nationalité des membres d’équipage n’a pas encore été établie.

Les eaux proches des côtes de la Somalie, pays de la Corne de l’Afrique ravagé par la guerre civile depuis 17 ans, sont considérées comme les plus périlleuses du monde pour la navigation. En 2007, plus de 25 navires ont été détournés par des pirates dans ses eaux.

Deux Allemands, enlevés le 23 juin par des pirates au large de la côte somalienne à bord d’un voilier, sont toujours retenus en otage par ces pirates.

02/05/07 (B393-B) CYBERPRESSE AVEC AFP : Affaire Borrel: les juges tentent une perquisition à la présidence française

Benjamin
Sportouch
Agence France-Presse

Deux magistrates françaises ont requis
mercredi l’autorité militaire pour pouvoir perquisitionner au palais
présidentiel de l’Elysée, dont elle se sont vu refuser l’accès
dans le cadre d’une enquête liée à la mort suspecte en
1995 d’un juge français, Bernard Borrel, à Djibouti.

Les deux magistrates souhaitaient perquisitionner la «cellule Afrique»
à la présidence française qui regroupe des collaborateurs
du chef de l’État chargés de veiller sur les intérêts
de la France en Afrique.

Elles instruisent une plainte avec constitution de partie civile d’Elisabeth
Borrel, la veuve du juge, dénonçant «des pressions sur
la justice» dans l’enquête sur le décès de son mari.

Le juge Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à
Djibouti, le corps à demi-calciné, au pied d’un ravin. L’enquête
locale a conclu à un suicide mais celle menée par la justice
française, au cours de laquelle des mandats d’arrêt ont été
délivrés en 2006 contre le procureur et le chef des services
secrets de Djibouti pour une présumée «subornation de
témoins», privilégie la thèse d’un assassinat.

Bloquées dans un sas d’entrée à l’Elysée,
les juges ont requis l’autorité du gouverneur militaire de Paris, estimant
qu’il pouvait les autoriser à mener leur perquisition. Selon une source
militaire, il n’a cependant pas cette compétence.

L’Elysée est une enceinte militaire protégée par la Garde
Républicaine. Le code de procédure pénale stipule qu’«un
juge d’instruction» doit adresser préalablement «à
l’autorité militaire des réquisitions» motivées.

Peu avant midi, la présidence a annoncé avoir refusé
la perquisition, invoquant un article de la Constitution sur le statut juridique
du chef de l’État, selon lequel «le Président de la République
n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité».

La tentative de perquisition, à quatre jours du second tour de la présidentielle,
apparaît comme une manifestation d’indépendance des juges dans
un dossier sensible.

«Il est inadmissible que, dans une démocratie comme la nôtre,
on tente d’empêcher une perquisition à l’Elysée et qu’il
faille requérir le gouverneur militaire, c’est à ma connaissance
du jamais vu», a déclaré l’avocat de la veuve du juge
Borrel, Me Olivier Morice.

Les syndicats de magistrats ont dénoncé le refus opposé
à leur tentative de perquisition. Le ministère de la Justice
n’a pas souhaité commenter ce refus.

Des perquisitions dans deux ministères ont déjà eu lieu
dans cette affaire: au ministère des affaires étrangères
le 19 avril puis au ministère de de la Justice le lendemain.

La plainte de Mme Borrel sur de présumées pressions politiques
vise une déclaration de l’ancien porte-parole du quai d’Orsay, Hervé
Ladsous, qui avait assuré le 29 janvier 2005 qu’une copie du dossier
d’instruction relatif au décès du juge Borrel serait «prochainement
transmise à la justice djiboutienne», qui en avait fait la demande.

Cette déclaration intervenait avant que la juge Sophie Clément,
en charge de l’enquête et donc seule habilitée à transmettre
son dossier, ne se prononce. Elle refusera d’ailleurs cette transmission,
estimant qu’elle avait «pour unique but de prendre connaissance (…)
de pièces mettant en cause le procureur de Djibouti».

La responsabilité présumée du président
djiboutien et de membres de son entourage a été évoquée
par des témoins lors de l’enquête sur la mort du juge.

Cette affaire a tendu les relations entre Paris et son ancienne colonie, qui
abrite la principale base militaire française à l’étranger.