03/08/08 (B459) EDICOM.CH / Une vingtaine de tués dans une explosion en Somalie

Une vingtaine de personnes, pour la plupart des femmes qui balayaient les rues de Mogadiscio, ont été tuées par l’explosion d’une bombe. Cette attaque a eu lieu alors que la Somalie s’enfonce dans la crise après l’annonce de la démission de dix ministres du gouvernement.

L’explosion s’est produite dans le quartier K4 du sud de Mogadiscio où plusieurs dizaines de femmes étaient employées par des associations locales à nettoyer les rues, laissant des scènes de carnage sur la chaussée.

« Il y a du sang partout, des morts, des blessés dans toute la rue », a indiqué un témoin. « Je n’ai jamais vu un tel carnage ».

Des habitants s’efforçaient d’organiser les secours et de transférer les blessés à l’hôpital.

Aucune revendication n’a été enregistrée. Mais le autorités attribuent généralement ce genre d’attentats aux militants islamistes qui entretiennent un climat d’insécurité depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir fin 2006 lors d’une intervention des troupes éthiopiennes venues soutenir le gouvernement de transition somalien.

Depuis lors, la violence politique a fait plus de 8000 morts. Le quartier où s’est produit l’explosion est fréquemment le théâtre d’attaques d’insurgés contre les forces éthiopiennes et les soldats somaliens.

02/08/06 (B361) EDICOM.CH – Somalie : le gouvernement enregistre douze nouvelles démissions

Douze nouveaux ministres ont quitté mardi le gouvernement intérimaire somalien. Ces démissions aggravent la crise politique dans un pays qui avait déjà enregistré le départ de 18 responsables la semaine dernière.

"Nous avons pris cette décision parce que ce gouvernement n’a pas rempli la mission qui lui était assignée. Il n’a pas réussi à réconcilier les Somaliens", a déclaré Saïd Hassan Shire, un ministre adjoint démissionnaire.

Shire, le ministre de l’Eau et des Ressources minérales Mohamud Salad Nur et deux autres ministres adjoints ont annoncé leur départ à Baïdoa, siège provincial du gouvernement intérimaire du président Abdullahi Yusuf. Huit autres ministres et ministres adjoints ont donné leur démission mardi.

Ils l’ont annoncé après que le Premier ministre Ali Mohamed Gedi eut à nouveau réclamé le report des négociations avec les factions islamistes qui contrôlent Mogadiscio et une grande partie du Sud somalien depuis juin.

"Si les discussions sont à nouveau reportées, cela influera sur les efforts de paix", a déclaré à Reuters Hassan Abshir Farah, ministre de la Pêche et des ressources marines.

Le gouvernement, qui comptait à l’origine 42 membres, avait pourtant connu un répit pendant le week-end avec le rejet par le parlement d’une motion de censure contre Gedi.

Mais les islamistes, maîtres de la capitale, ont ouvert un nouveau tribunal islamique appliquant la charia à environ 600 km plus au nord, ont fait savoir mardi des responsables locaux, signe de l’extension de leur influence dans le pays.

Le gouvernement intérimaire de Somalie représente la 14e tentative depuis 1991 d’instaurer un pouvoir central dans ce pays en proie à l’anarchie. Il s’est montré impuissant face à la montée de l’influence des islamistes.