23/02/2018 (Brève 1127) Conférence-débat avant parodie de législatives le 18 février à Paris (Compte-rendu préparé par Régis Marzin)

Maki HoumedGaba et Mahdi Ibrahim A. God avaient convié la diaspora à assister le 18 février à une conférence-débat avant la parodie des législatives de février 2018.

Le compte-rendu intégral, écrit par Régis Marzin est disponible sur son blog.
http://regismarzin.blogspot.fr/2018/02/18-fevrier-2018-paris-conference-debat.html

23/02/2018 (Brève 1127) Les élections ne semblent pas passionner la population ni les média officiels (Pas un mot sur la page d’accueil de la RTD à 11:00 Paris 13:00 Djibouti )

Sur le site de la RTD nous n’avons trouvé aucune information en relation avec les élections législatives qui se déroulent dans le pays aujourd’hui. C’est curieux !!! C’est vrai que ces élections sans enjeux n’intéressent que peu de monde et que la RTD a probablement d’autres sujets plus importants pour flagorner l’ego démesuré du Patron.

Ecrn RTD le 23/02/18 à 11h00_Paris

22/02/2018 (Brève 1125) Guelleh va-t-il faire voter près de 50.000 « mercenaires » habitant les différentes localités en Somalie et en Ethiopie ? (Selon une note d’Houssein Ibrahim Houmed)

Dans une note (dont nous n’avons pas pu vérifier l’exactitude des faits), Housein Ibrahim (qui nous a habitué à certains excés de langage dans le passé) prétend que le régime, faute de votants à Djibouti, ferait appel à des mercenaires qu’il recruterait dans des localités en Somalie et en Ethiopie.

Le marché serait clair : en échange d’une carte nationale d’identité djiboutienne, les habitants devraient voter un jour à l’avance dans des bureaux externalisés dans ces villes.

Houssein Ibrahim cite des chiffres impressionnants (qu’il faut prendre avec précaution) et comme dit le dicton  » il n’y a pas de fumée sans feu « , il convient de s’alarmer si cette pratique était confirmée, car ce n’est plus de la magouille électorale mais un véritable hold up, un crime contre la population djiboutienne.

« Les chiffres des personnes à qui le régime aurait distribué des cartes d’identité djiboutienne par region sont selon le Ministère de l’Intérieur de
– 20 000 inscrits pour Mogadisho
– 10 000 inscrits pour Hargeisa
– 3 000 inscrits pour Borama
– 5 000 inscrits pour Gig-Giga’

22/02/2018 (Brève 1126) Le ministère de l’intérieur disposerait déjà des résultats de votes à l’étranger. Rapidité extrême qui témoignerait de capacités organisationnelles encore jamais vues dans le monde (Selon une information diffusée par Houssein Ibrahim Houmed)

Selon une information diffusée il y a quelques minutes par Houssein Ibrahim Houmed (et que nous n’avons pas pu vérifier), le Ministère de l’Intérieur serait déjà en possession des résultats des votes à l’étranger (Somalie / Ethiopie). Comme il nous a habitué depuis plusieurs scrutins, le régime obtient parfois des chiffres ahurissants (par exemple, 100 % de votants, 100 % de suffrages exprimés et 100 % en faveur de Guelleh)

Sources à titre d’exemple :
1°) http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=15499
2°) http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=16565

Les résultats seraient d’après notre source :

++ Mogadisho : 
20 000 votants : 2000 abstentions, 1000 votes blancs
++ Hargeisa 
10 000 votants : 9999 votants pour et 1 abstention
++ Borama
3000 : 55 abstentions (Pots de vin détourné) + 2943 votants pour +2 nuls
++ Gig Giga
5000 : 2500 votants pour +2000 absents +500 votes nuls

20/02/2018 (Brève 1124) Djibouti : aggravation de la dictature constatée avant la parodie de législatives (Collectif de solidarité avec les luttes sociales et politiques en Afrique – dont l’ARDHD est signataire avec de nombreux partis et organisations de l’opposition)

Télécharger le communiqué en PdF, avec toutes les annexes et les liens avec les sources de référence: https://electionsafrique.files.wordpress.com/2018/02/180219djibouticplegislatives
23fevrierversionpubliee.pdf

Djibouti : aggravation de la dictature
constatée avant la parodie de législatives

Communiqué du Collectif de solidarité
avec les luttes sociales et politiques en Afrique,Paris, 19 février 2018

En organisant le 23 février des élections législatives factices, le régime djiboutien confirme son mépris de toute forme de démocratie et de libertés. La simulation ne trompe personne, elle souligne à l’intérieur commeà l’extérieur du pays, le contrôle militaire et la violence de la répression administrative visant à empêcher toute forme d’opposition démocratique.

A partir de fin 2015, Djibouti a rejoint le haut du classement des dictatures en Afrique, sans que cela ne soulève de réprobation internationale en dehors du parlement européen1. Après quelques efforts de médiation entre 2013 et 2015, les diplomates internationaux sont restés depuis 2016 sans voix face à un pourrissement sans issue, entre perplexité et focalisation sur leurs intérêts. L’Union africaine est, elle, en avril 2016, venue

cautionner par une mission d’observation factice, une élection en dehors des règles de la démocratie.

Les flux de marchandises entre la Chine et l’Ethiopie3, les navires et les avions des forces armées internationales traversent le pays-hub d’Ismaïl Omar Guelleh sous les yeux d’une population qui perd l’espoir, comme si plusieurs réalités se croisaient sans lien entre elles, dans un espace de non-droit international, dominé par des intérêts commerciaux et militaires. Les loyers de bases forment une rente qui facilite le maintien le statu quo sans exigence d’effort sur l’Etat de droit et pour la reprise du processus de démocratisation.

Ce refus d’une démocratisation s’inscrit depuis 1990 dans la durée. Sur 10 élections présidentielles ou législatives, 6 ont été boycottées par l’opposition réelle. La présidentielle de 2016 ayant été partiellement boycottée, les seules élections auxquelles toute l’opposition a participé sont la présidentielle de 1999 et les législatives de 2003 et 2013. La mainmise du pouvoir sur le soi-disant parlement est flagrante puisque lors de 4 législatives entre 1992 et 2008, l’ancien parti unique, le Rassemblement populaire pour le Progrès (RPP) au pouvoir depuis 1979, puis, depuis 2003, la coalition Union pour la majorité présidentielle (UMP), se sont attribués 65 sièges sur 65.

A partir de 2013, l’opposition s’est rassemblée dans la coalition Union pour le salut national, très suivie par la population. Le pouvoir menacé n’a pu se maintenir qu’en modifiant les résultats de deux scrutins au moyen de scores et procès-verbaux inventés, une première fois en inversant totalement le résultat des législatives de 2013, une seconde fois à la présidentielle de 2016, en s’attribuant un score fictif lui permettant d’éviter un second tour dans lequel l’opposition aurait pu s’unir, bien qu’elle ait souffert au premier tour d’une absence de candidat commun consensuel.

Cela s’est fait en modifiant tellement les scores réels que l’opposition5, qui aurait pu mobiliser la population pour le second tour mais ne disposait d’aucune estimation du résultat réel, est devenue inaudible à l’extérieur du pays, alors qu’à l’intérieur la répression militaire faisait tomber une chape de plomb.

Les inversions de résultat de législatives sont rares en Afrique, car elles sont difficiles à organiser. Celle de 2013 à Djibouti a été facilitée par un mode de scrutin qui attribue 80% des sièges d’une zone au parti qui atteint 50% des voix. Après invention de faux résultats, le ministère de l’intérieur a attribué 10 sièges à l’USN et 55 à l’UMP au lieu de l’inverse. Les procès-verbaux détaillés n’ont jamais été publiés.

Début 2013, l’Union européenne s’est compromise en validant diplomatiquement cette inversion de résultat pour ne pas mettre en danger son action militaire dans la lutte contre la piraterie maritime au large des côtes somaliennes, stratégique lors du démarrage d’une Politique de sécurité et de défense commune (PSDC), puis a corrigé sa position suite à la vive désapprobation du parlement européen7. En dépit des corrections ultérieures visibles dans l’accompagnement de l’Accord-cadre du 30 décembre 2014, le soutien croisé franco-européen au pouvoir djiboutien après l’inversion de résultat des législatives8, s’est avéré une cause profonde de détérioration de la situation politique, faute d’attention suffisante au processus électoral en 2015. La politique de François Hollande et Jean-Yves Le Drian, focalisée sur les aspects militaires aux dépends de la défense de la démocratie a également affecté Djibouti, ce qui est apparu lors de la visite du ministre de la défense en juillet 20159.

Depuis 2016, les 2 inversions et modifications de résultat ont été suivies de la destruction de l’opposition véritable qui allait se mobiliser suite à ces crimes électoraux. La grande majorité des processus électoraux dans les dictatures en Afrique sont détournés en amont au moyen de quelques familles de techniques de détournement : l’utilisation d’un mauvais fichier électoral, le contrôle des institutions et de la Commissionélectorale, la suppression des libertés permettant un débat politique et surtout la désorganisation de l’opposition.

Ismaïl Omar Guelleh, décomplexé et sans scrupules, est sans doute le chef d’Etat africain qui maîtrise le mieux les techniques de désorganisation de l’opposition réelle en amont d’un processus électoral. Bien que l’opposition ait souffert de ses divergences et ait mal explicité des choix faits sous contrainte, elle a surtout été empêchée de jouer son rôle à partir de 2013 et a été réduite par le pouvoir à un état dans lequel elle ne peut plus participer aux élections, alors que l’électorat du pouvoir est très réduit et que la population attend le changement. Depuis 2018, Ismaïl Omar Guelleh a utilisé l’empêchement de la création ou de l’existence légal de partis, l’interdiction des réunions et de l’accès aux lieux de réunion, des attaques physiques de leaders d’opposition, l’emprisonnement et la torture, les interdictions de voyager, les mutations et les radiations de fonctionnaires cadres des partis, les manipulations judiciaires et les fausses accusations, le clonage des partis, la création et le financement de partis de fausse opposition pour des manipulations électorales, la fabrication d’un système de fausse opposition en vue des élections.

En plus des violences et emprisonnements, les techniques principales qui ont été utilisées sont l’imposition de 4 statuts légaux maximum pour l’opposition, l’enlèvement du statut légal à des partis dont l’ARD et l’UDJ, l’interdiction de partis existants dont le MRD en 2008, le refus de la légalisation des partis Model et RADD, le clonage des partis ARD, UDJ, PND, toujours en jouant avec les 4 statuts maximum. A l’approche des
législatives, un parti ne pouvait avoir un statut légal que s’il ne boycottait pas, s’il parlait de l’accord du 30 décembre 2014 d’une manière qui ne dérangeait pas le pouvoir, et s’il ne dénonçait pas la Commission électorale (Céni). Mieux que tout autre dictateur, Ismaïl Omar Guelleh s’est fabriqué sur mesure un système de fausse opposition, composé de partis aux statuts volés, déconnectés de la population, pour participer à une
élection factice qui redistribuera 10 sièges de l’assemblée à des politiciens neutralisés.

L’Observatoire djiboutien pour la promotion de la démocratie et des droits humains (ODDH) dénonce une élection organisée« avec les clones des partis de l’opposition et ceux ou celles qui ont fait de leur carrière l’opportunisme politique et la trahison du peuple »10. Le point positif des « 25% de femmes » sert à la promotion internationale. Le stade du boycott du « match amical », un boycott de fait, est une conséquence des attaques subies précédemment. Selon la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)13, « les centres des retraits des cartes d’électeurs sont quasiment déserts et l’on peut dire sans exagération que le taux de retraits sont infimes. Et la RTD a annoncé le 08 février 2018 que 10% des électeurs inscrits avaient retiré leurs cartes »

L’élection est basée sur l’écrasement d’une opposition réelle et sur le silence d’une communauté internationale focalisée sur la géopolitique et les conflits du Moyen-Orient, du Sahel et de la Corne de l’Afrique. En 2018, devraient se dérouler en Afrique 25 élections, 8 présidentielles et 17 législatives, 9 processus électoraux dans un cadre démocratique, 16 processus électoraux dans un cadre non-démocratique14. Cette série électorale axée sur les législatives, au niveau des régimes non-démocratiques, commence à Djibouti. Alors que s’amorce la négociation « post-Cotonou », la réaction de l’Union européenne et de l’exécutif français sera observée à la fois par les populations, par la jeunesse africaine objet de l’attention de l’Ua, mais aussi par les régimes qui se préparent à détourner d’autres processus électoraux.

Comme le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique l’indiquait déjà en 201615, « les acteurs internationaux, en particulier les pays possédant une base militaire, sont interpellés sur l’arrêt du processus de démocratisation. Une vision conservatrice de Djibouti, associé au Moyen-Orient sans démocratie, dans les compromis avec la dictature, s’oppose à la volonté de la population djiboutienne. Dans la Corne de l’Afrique, aussi la paix ne s’installera durablement qu’en s’appuyant sur la démocratie et l’Etat de droit. Un clivage entre militaires et diplomates français et européens, et population, risquerait de pousser une partie de cette population, si ce n’est pas vers le désespoir, vers d’autres voies, en pratique et intellectuellement. »

A l’occasion de la parodie d’élection du 23 février 2018, le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique demande à l’Union européenne et au gouvernement français de dénoncer l’absence de démocratie et d’Etat de droit à Djibouti et de soutenir dans ce pays l’expression démocratique et la liberté d’organisation des partis politiques.

Collectif de Solidarité
avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique,

Paris, le 19 février 2018

9 signataires :

  • + Alliance Républicaine pour le Développement (ARD, Djibouti),
  • + Mouvement pour le Renouveau démocratique et le développement (MRD, Djibouti),
  • + Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD),
  • + Alliance Nationale pour le Changement Ile-de-France (ANC-IDF, Togo), Union des Populations du Cameroun – Manidem (UPC-MANIDem),
  • + Coalition d’Opposition pour la Restauration d’un Etat Démocratique (CORED, Guinée Equatoriale),
  • + Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD, Congo Brazzaville),
  • + Amicale panafricaine, Parti de Gauche.

17/02/2018 (Brève 1122) Quand le tribalisme prime sur les règles démocratiques de base à Djibouti.(LDDH)

Dans un communiqué N° 3 daté du 17 février, sous la signature de son Président Omar Ali Ewado, la LDDH signale que la vie politique et en particulier le choix des candidats à l’élection législative mais aussi celui des Ministres ou des hauts-fonctionnaires est établi sur des bases tribales et non sur les compétences des candidats.

La LDDH dénonce la prise en main du pays, depuis des années, à tous les rouages adminisratifs, politiques et financers, par des personnes n’ayant pour seul mérite, leurs appartenances tribales et non leur compétence ou leur engagement sincère au redressement du pays, des services publics et de l’économie.

Par ailleurs la LDDH confirme le faible taux de retrait des cartes électorales, qui inquiéte à juste titre le Ministère de l’intérieur. Il aurait décidé d’employer des vacataires pour qu’ils sillonnent les rues à la recherche des logements des électeurs inscrits, afin de leur remettre à domicile le précieux sésame, qui ne semble pas l’être aux yeux d’une population totalement découragée par le régime et ses pratiques plus que douteuses.

La LDDH émet des doutes sur la réussite de l’opération à moins de six jours du scrutin….

17/02/2018 (Brève 1121) (LOI) Comment Guelleh, après avoir laminé l’opposition, va-t-il tuer ses alliés de l’UMP, afin que le RPP concentre à nouveau, l’exclusivité et le monopole de tous les pouvoirs sur le pays ?

Dans un article payant de son dernier numéro (N°1468) LOI démonte, sur la base d’informations précises, la stratégie de Guelleh pour se débarrasser cette fois, non plus de ses concurrents politiques, mais des partis alliés du RPP, au sein de l’UMP.

Soulignons qu’il semble y avoir une forte dose de machiavélisme dans la démarche, mais avec Guellh aucun Djiboutien n’en sera surpris ! La responsabilité est-elle aussi à imputer à l’inconsistance, au manque de vision stratégique et de programme des principaux leaders (qu’ils soient alliés de l’UMP ou desmembres de l’USN, alliance moribonde ? Selon LOI Guelleh a de fortes chances de gagner son pari et de concentrer tous les pouvoirs (et surtout les sources d’enrichissement) dans ses mains, via le RPP qui est soumis à sa botte et à celle de la douce et généreuse (sic !) Paulette, son épouse.

C’est ainsi que le FRUD (branche repentie), le PSD, le PND et l’UPR, pourtant alliés de la première heure et qui ont favorisé la prise de contrôle du pays par Guelleh, sa famille et leurs obligés, ont été mis à l’écart des décisions importantes concernant en particulier l’établissement de la liste des candidats à l’élection législative à venir.

Cela a attiré des réactions de rejet. Par exemple Hasna Moumin Badhon, après la publication de la liste aurait décidé que le PSD cessait de faire partie de l’UMP, et bien d’autres cas. L’ARD (branche clonée) de Cassim Ahmed Dini, n’alignerait qu’un seul candidat à Tadjourah et encore n’a-t-il pu le faire qu’avec l’aide du Ministre de l’intérieur qui a la haute main sur tous les partis (ou branches clonées) légalisés et subventionnés par la régime.