20/12/10 (B583) Les traits de l’Erythrée – Afewerki a peur des USA (1 article)

___________________________ 1 – JDD

WikiLeaks-Erythrée: Afewerki a peur des EU

"Isaias Afewerki pense que les Etats-Unis vont tenter de le tuer en lançant un missile sur sa maison de Massawa", rapporte un télégramme de l’ambassade américaine en Erythrée, révélé samedi par WikiLeaks.

Le document diplomatique cite une responsable de l’ONU, l’ancien ambassadeur américain, Ronald McMullen. Afewerki serait également persuadé que le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, a tenté de le faire tuer en 1996.

17/12/10 (B582) Les traits de l’Erythrée – la torture et le totalitarisme, quotidien de l’Erythrée, pays à la dérive (1 article)

________________________ 1 – Le Monde

WikiLeaks : la torture et le totalitarisme, quotidien de l’Erythrée, pays à la dérive

Jean-Philippe Rémy

Dans l’un des pays les plus fermés au monde, l’Erythrée, les témoignages sur les conditions de détention dans les prisons sont rares. En voici un, recueilli par des diplomates américains en 2008, selon un télégramme diplomatique obtenu par WikiLeaks et révélé par Le Monde. Il s’agit du récit d’un Erythréen, "encore secoué émotionnellement" après cinq mois de détention arbitraire, qui raconte le quotidien des détenus du petit pays de la Corne de l’Afrique.

Le témoin avait été arrêté chez lui, à l’aube, par des soldats venus vérifier sa carte de démobilisation, pratique commune "avant la fête de l’indépendance". Le service militaire est obligatoire en Erythrée, pour les hommes comme pour les femmes, pour une période d’un an et demi généralement reconduite plusieurs fois.

Lors du contrôle, les forces de l’ordre notent que son "père porte un nom éthiopien". Depuis la fin de la guerre de 1998-2000, l’Ethiopie et l’Erythrée vivent dans un état de paix armée. Mais, alors que l’Ethiopie connaît un démarrage économique, l’Erythrée continue de vivre sur le pied de guerre, dans un pays transformé en caserne par son président, Issayas Afeworki.

"LES CRIS DE CEUX QU’ON TORTURE"

Les camps militaires servent aussi de prisons, comme celui d’Adi Abeito, à la périphérie de la capitale, Asmara, où a été transféré le témoin. Il y est enfermé dans une cellule de dix mètres sur douze où se trouvent déjà 600 prisonniers, "tellement serrés qu’il est impossible de s’allonger et à peine possible de s’asseoir". Les prisonniers n’ont le droit de se rendre "aux toilettes que deux fois par jour". "Un seau au milieu de la pièce servait pour les besoins, il était constamment plein et laissait s’écouler dans la pièce urine et étrons."

Ce n’est pas la seule difficulté de la détention : "beaucoup ne pouvaient plus parler à cause du manque d’eau, leur langue restant collée au palais par la soif."

Dans ce cloaque, on trouve "des Erythréens qui ont essayé de fuir le pays, des déserteurs, des petits criminels et des protestants". Depuis une dizaine d’années, un courant évangéliste s’est développé parmi les chrétiens (orthodoxes) du pays. Plusieurs milliers de fidèles de ces Eglises évangéliques sont en prison.

Depuis la cellule bourrée à craquer, les détenus "entendent les cris de ceux qu’on torture". Le témoin observe les membres des services de renseignement ramenant dans la pièce des détenus "portant des traces de coups et pleins de sang". Un homme est "battu sur la plante des pieds avec un tuyau en plastique". Un autre, enfermé dans un conteneur, a les bras attachés à l’arrière du corps à un pieu en bois, étirés jusqu’à toucher ses jambes. Cela s’appelle, dans les prisons érythréennes, un "huit".

Après plusieurs semaines, il est finalement interrogé par des membres des services de renseignement qui lui demandent de dénoncer les Erythréens se livrant "à une activité d’espionnage". Un groupe d’enfants "de 8 à 13 ans" se trouve en détention avec lui. Ils ont tenté de "fuir l’Erythrée à pied en marchant jusqu’à la frontière " avant d’être refoulés par les Ethiopiens en raison de leur âge. A leur retour, ils sont emprisonnés à Adi Abeito, et battus comme les autres.

Selon les diplomates américains, une partie des tensions avec l’Ethiopie s’expliquerait par le fait qu’Issayas Afeworki est convaincu que Meles Zenawi, le premier ministre éthiopien, qui était son frère d’armes dans les années de guérilla et qui a permis à l’Erythrée d’accéder à l’indépendance en 1993, a tenté de l’assassiner trois ans plus tard.

Deux ans avant la guerre Ethiopie-Erythrée, cette tentative, réelle ou imaginée, serait l’acte fondateur de leur animosité. Selon "des sources érythréennes", Issayas Afeworki, de retour de vacances au Kenya en 1996, se serait arrêté à Addis-Abeba. Le premier ministre éthiopien aurait proposé son avion pour terminer le voyage vers Asmara. Au cours de ce vol, le moteur de l’avion aurait pris feu, contraignant l’appareil à un atterrissage d’urgence. Les relations se seraient ensuite dégradées par paliers, jusqu’à l’éclatement de la guerre en 1998.

"UN DICTATEUR AUSTÈRE ET NARCISSIQUE"

Issayas Afeworki faisait alors partie des "nouveaux responsables africains" identifiés par Susan Rice, chargée de l’Afrique sous l’administration Clinton, comme les espoirs du continent. Depuis, les relations entre Asmara et Washington se sont dégradées. Les Etats-Unis reprochant à l’Erythrée d’appuyer des islamistes somaliens, notamment les Chabab, qui se réclament d’Al-Qaida.

Combien de temps l’Erythrée peut-elle rester sous la domination du président Issayas, que les diplomates américains décrivent comme "un dictateur austère et narcissique"?

Le pays est isolé, ses ressources se raréfient. Les officiers qui forment le socle du régime fondent de grands espoirs sur le début prochain de l’exploitation minière, espoirs que les diplomates américains jugent "caricaturalement exagérés". La mise en route de la mine de Bisha, exploitée par le groupe canadien Nevsun, produira bientôt un peu d’or "qui sera exporté directement vers la Suisse", puis du zinc et du fer.

Le pays "à la dérive" va-t-il se redresser?

Au sein de l’armée, épine dorsale du pouvoir, des rivalités pour le contrôle de marchés publics (notamment la "construction de casernes") tournent parfois à l’affrontement. De plus, le mécontentement gagne les officiers. Un télégramme note "des exemples de plus en plus fréquents et détaillés sur la tendance à la mutinerie de nombreuses unités de l’armée" et le "nombre croissant de soldats désertant en passant la frontière soudanaise ou même celle de l’Ethiopie".

"NOUS AVONS BESOIN DES ETATS-UNIS"

Certains hauts responsables sont, en secret, passés du côté de l’opposition.
Lors d’une rencontre discrète, un responsable du parti au pouvoir, compagnon de lutte du président, affirme avoir organisé une structure clandestine d’opposition avec des membres du parti du pouvoir. Le président Issayas "est en train de détruire le pays", assure cet officier, qui souligne que ceux d’entre eux qui ont mené la longue guerre de libération "trouvent que leurs sacrifices ont été inutiles".

Il conclut alors : "Nous avons besoin des Etats-Unis". L’ambassadeur rétorque prudemment : "Tous les mouvements pour le changement, pour réussir, doivent venir de l’intérieur." Le diplomate, du reste, réserve son jugement sur la capacité de ces responsables militaires à changer la situation : "Les anciens combattants ont une bonne réputation, mais ils ne sont pas très bien organisés."

Combien de temps Issayas Afeworki a-t-il l’intention de rester au pouvoir?

A un parlementaire allemand, qui a rapporté les propos du dictateur à l’ambassadeur américain, il affirme qu’il "compte rester au pouvoir encore quarante ou cinquante ans". Auparavant, il avait annoncé que "des élections pourraient peut-être être organisées d’ici trois à quatre décennies".

26/11/10 (B579) Contrairement aux usages feutrés de la « carrière », les diplomates djiboutiens s’emportent parfois avec une rare violence (cf le 15/10/10). C’était avant le piège tendu à IOG lors de son déplacement au Yémen, qui l’avait, lui aussi, beaucoup irrité !!! (Info lecteur)

Le coup de gueule de Mohamoud Ali Yousouf

D’habitude calme et posé, le ministre des affaires étrangères, Mohamoud Ali Yousouf s’est laissé emporter face à l’émissaire du Qatar le 15 octobre dernier.

Officiellement, durant sa visite, l’émissaire de l’émir du Qatar, qui est aussi ministre délégué aux affaires étrangères a transmis un message verbal au président Guelleh. Ce message portait sur la médiation du Qatar entre Djibouti et l’Erythrée.

Apparemment, c’est la teneur du message qui a énervé Mohamoud Ali Youssouf. En effet, il parait que l’émissaire du Qatar est venu informer les autorités djiboutiennes sur deux points :

1- Que l’Erythrée n’a pas les 9 prisonniers que Djibouti réclamaient sans cesse dont le colonel Ali Aden, un proche du général Zakaria.

2 – Que Djibouti doit dorénavant prendre un avocat, au même titre que l’Erythrée, pour plaider sa cause devant les tribunaux internationaux. Comme si l’Erythrée reconnaissait et respectait quiconque.

Alors, en quoi consistait la médiation du Qatar ?

Rien n’a changé sur le front. Les deux armées ont certes reculé, mais elles sont toujours massées des deux côtés de la frontière, à environ cinq kilomètres.

Les efforts du Qatar ne se limitent pas seulement à s’interposer entre les 2 parties sur le front, mais à trouver une issue diplomatique aussi. On parle même d’un projet de tracé de la frontière que le Qatar souhaiterait proposer au conseil de sécurité de l’ONU ; le même tracé que Google Earth.

En tout cas, ce n’est pas la première fois qu’un pays fait appel à Internet. On se rappelle de la prestation d’un certain Colin Powel, secrétaire d’état américain, devant le conseil de sécurité de l’ONU en février 2003.

12/11/10 (B577) Les traits de l’Erythrée / le régime prévoirait une purge des chrétiens non issus des Eglises officielles (Alliance Presse)

Les chrétiens évangéliques en Erythrée ont de quoi s’inquiéter. Selon l’organisation de défense des chrétiens persécutés Release International, le régime de ce pays prévoirait de purger le pays des chrétiens «illégaux» à Noël.

Dans ce pays, les autorités autorisent les Eglises catholique, luthérienne et orthodoxe mais les chrétiens de confessions non traditionnelles doivent faire face à une persécution intense. 3000 d’entre eux ont été emprisonnés ou torturés par les autorités pour n’avoir pas renoncé à leur foi, comme l’exigeait la junte militaire.

Selon le directeur de Release Erythrée, ce qui se passe dans son pays est semblable à ce qui se passe en Corée du Nord.

30/10/10 (B576) Les traits de l’Erythrée / Onze chrétiens arrêtés en Erythrée (Alliance-Presse)

Onze chrétiens évangéliques erythréens ont été arrêtés le 20 octobre dernier lors d’une vaste opération lancée par le gouverneur Mustafa Nurhussein, gouverneur de Southern Zone.

Arrestations, confiscations de téléviseurs et autres équipements électroniques ont été effectués dans les villes de Mendefera, Dekemharre et Dibarwa, selon International Christian Concern.

Les chrétiens visés par cette opération sont en majorité membres de l’Eglise Full Gospel, une Eglise déclarée hors-la-loi en 2002.

3000 prisonniers seraient actuellement détenus en Erythrée pour des motifs religieux ou politiques.

27/10/10 (B575) Les traits de l’Erythrée – 46e anniversaire de Dawit Isaac, emprisonné depuis 9 ans – Un journaliste suédo-erythréen remporte la Plume d’or de la liberté 2011 (2 articles)

___________________ 2 – RSF

46e anniversaire de Dawit Isaac, emprisonné depuis 9 ans

C’est aujourd’hui l’anniversaire du journaliste Dawit Isaac, et c’est le dixième qu’il passe en prison. Pas de célébration familiale, pas de bougies ni de gâteau d’anniversaire, Dawit se retrouve, une année encore, seul, plus isolé que jamais, entre les murs étroits et insalubres de sa cellule, peut-être dans le bagne d’Eiraeiro, ou ailleurs. Nul ne le sait. En guise de cadeau cependant, Dawit peut compter sur la mobilisation des siens. Et sur celle de quelques organisations, comme l’Association mondiale des journaux (WAN-IFRA) qui vient de lui décerner, aujourd’hui, le « 2011 Golden Pen of Freedom ».

Il y a neuf ans, lorsqu’il a été arrêté à Asmara, il n’imaginait certainement pas qu’il serait encore en détention le jour de ses 46 ans. Il pensait sûrement que son innocence aurait été prouvée depuis longtemps. Innocent, mais de quoi ?

Les raisons de sa détention demeurent à ce jour inconnues. « C’est un traître à la solde de l’Ethiopie », nous disent les autorités érythréennes. Son crime ? Avoir simplement reproduit dans le quotidien désormais disparu Setit, une lettre de ministres et de généraux appelant à la démocratisation de l’Erythrée. Il pensait aussi sans doute que sa double citoyenneté, érythréenne et suédoise, le protègerait de l’arbitraire et de l’injustice qui règnent dans son pays natal. Pourtant, le gouvernement suédois, qui affirme entretenir une « diplomatie silencieuse » avec l’Erythrée, reste inefficace.

Son frère, Esayas Isaac, refuse, lui, de rester silencieux. Il se mobilise en Suède, mais aussi à travers l’Europe, pour alerter l’opinion sur le sort du journaliste et tenter de faire agir le gouvernement suédois. Avec la section suédoise de Reporters sans frontières, représentée par Björn Tunbäck, il a organisé aujourd’hui une conférence à l’université de Göteborg, où étaient présents le Club national de la presse suédois, l’Association de politique étrangère de l’université de Göteborg, et l’ancien Premier ministre Ingvar Carlsson, qui s’est depuis longtemps illustré par ses positions contre la diplomatie silencieuse du gouvernement suédois. Carin Norberg, responsable du Nordic Africa Institute, ainsi que le journaliste érythréen en exil Meron Estifanos, ont également pris la parole.

Esayas Isaac et Reporters sans frontières n’ont de cesse d’interpeller la Suède et les autorités européennes dont ils dénoncent la passivité et le manque d’initiative. La semaine passée, ils ont présenté ensemble, en Suède et devant le Parlement européen à Strasbourg, un avis juridique sur l’obligation positive issue du droit international qui contraint la Suède et l’Union européenne à tout faire pour garantir la protection du journaliste.

Plus d’informations : http://fr.rsf.org/erythree-le-frere-de-dawit-isaac-et-18-10-2010,38564.html

Ambroise PIERRE
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___________________ 1 – Wan IFRA

Un journaliste suédo-erythréen remporte la Plume d’or de la liberté 2011

La Plume d’or de la liberté 2011, le prix annuel de la liberté de la presse remis par l’Association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d’information (WAN-IFRA), est décernée à Dawit Isaak, le fondateur du premier journal indépendant érythréen emprisonné depuis neuf ans sans chef d’inculpation ni procès.

Dawit Isaak, citoyen à la double nationalité suédoise et érythréenne, a été incarcéré en septembre 2001 suite à la fermeture des médias indépendants en Érythrée, un des pires pays au monde au point de vue de la liberté de la presse. Le pays n’a pas de médias privés : ni journaux, ni radios, ni stations de télévision.

Dawit Isaak, qui vient d’avoir 46 ans ce mercredi 27 octobre, n’a officiellement été accusé d’aucun délit et l’incertitude demeure sur le lieu de sa détention.

« Dawit Isaak, qui avait été contraint de fuir son pays pour la Suède, mais était retourné plus tard en Érythrée en raison de son attachement aux principes démocratiques et à une presse indépendante, mériterait d’être félicité pour ses actions. Le gouvernement érythréen, comptant parmi les plus répressifs au monde, a cependant choisi de l’emprisonner », a déclaré le conseil d’administration de la WAN-IFRA lors de la proclamation du prix.

« Dawit Isaak a été confronté à de rudes épreuves, mais son engagement pour la liberté de la presse et les droits de l’homme n’a jamais faibli. Dans de telles conditions, il faut faire preuve d’un grand courage pour travailler comme journaliste et ne pas faire de compromis. Dawit Isaak est une source d’inspiration pour la presse du monde entier », ajoute le conseil d’administration.

La WAN-IFRA exhorte le président érythréen, Issayas Afeworki, à libérer immédiatement Dawit Isaak.

La Plume d’or de la liberté est décernée chaque année par la WAN-IFRA pour récompenser l’action remarquable d’un individu, d’un groupe ou d’une institution ayant particulièrement contribué par ses écrits et ses actions à la défense de la liberté de la presse. Pour en savoir plus sur la Plume d’or, consultez http://www.wan-press.org/pfreedom/goldenpen.php

Dawit Isaak a fui l’Érythrée en 1987 lors de la guerre d’indépendance et est arrivé en Suède avec le statut de réfugié. Il est devenu citoyen suédois en 1992 après avoir travaillé pendant des années comme agent de nettoyage. Il est rentré en Érythrée en 1996 après l’accès à l’indépendance du pays.

S’attachant à développer la presse indépendante du pays, Dawit Isaak a co-fondé le premier journal indépendant, Setit, qui s’est taillé une réputation à l’échelle nationale pour son journalisme d’investigation couvrant souvent les abus de pouvoir du gouvernement.

En 2001, après la publication par Setit et d’autres journaux d’une lettre ouverte rédigée par 15 ministres du cabinet qui réclamait des réformes démocratiques et une investigation des événements menant à une guerre récurrente entre l’Érythrée et l’Éthiopie, tous les médias privés du pays ont été fermés. Onze sur les quinze ministres ont été arrêtés, ainsi que Dawit Isaak et 13 autres propriétaires de journaux, éditeurs et journalistes.

Aucun d’entre eux n’a fait l’objet d’un chef d’inculpation ou d’un procès. Dawit Isaak et les autres personnes arrêtées ont été qualifiés de traîtres. Selon les sources, parmi les journalistes détenus en 2001 quatre ont déjà trouvé la mort.

En 2008, selon certaines informations, Dawit Isaak aurait fait partie de 113 prisonniers politiques transférés dans une prison de haute sécurité à Embatkala, où les conditions de détention sont parmi les plus dures du pays. Il aurait été placé dans un hôpital militaire et malgré les dires du gouvernement assurant qu’il reçoit tous les traitements médicaux nécessaires, nous ne connaissons pas l’endroit précis de son lieu de détention et n’avons pas de détails sur son état de santé.

Le gouvernement de Suède et les médias suédois ont entrepris de nombreux mais vains efforts pour faire sortir Dawit Isaak. Le gouvernement érythréen a clairement dit que sa double nationalité suédo-érythréenne était sans importance. « La Suède ne me concerne pas. Elle n’a rien à voir avec nous », a souligné le président Issayas Afeworki l’année dernière.

Le président a également déclaré qu’il n’était pas prévu de libérer Dawit Isaak ou de lui accorder un procès avec un chef d’inculpation officiel. Les déclarations du président faites au cours d’une interview diffusée en mai 2009 ont soulevé de nombreuses critiques à l’échelle internationale lorsqu’il a mentionné : « Nous ne lui accorderons jamais un procès et nous ne le relâcherons jamais. Nous savons parfaitement comment traiter les gens de son espèce. »

L’Érythrée est un pays à parti unique gouverné par le président Issayas Afeworki depuis qu’il a acquis son indépendance de l’Éthiopie en 1993. Le pays n’a jamais connu d’élections libres. Deux tiers de la population dépendent de l’aide humanitaire de l’étranger pour se nourrir.

L’Érythrée est le plus grand geôlier de journalistes en Afrique avec au moins 19 d’entre eux en prison. D’autres ont été contraints de fuir leur pays. En raison de la politique répressive de son gouvernement, l’Érythrée est un pays qui parvient à se soustraire à la surveillance internationale et dont la population n’a pratiquement aucun accès aux informations indépendantes. La poignée de correspondants étrangers résidant dans la capitale Asmara fait l’objet d’une intense observation de la part des autorités.

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Parmi les précédents lauréats de la plume d’or de la liberté décernée chaque année depuis 1961, citons Jacobo Timerman d’Argentine (1980), Anthony Heard d’Afrique du Sud (1986), Doan Viet Hoat du Vietnam (1998), Geoffrey Nyarota du Zimbabwe (2002), Shi Tao (2007) et Li Changqing (2008) de Chine. Le lauréat 2010 était Ahmad Zeid-Abadi of Iran.

La liste complète des lauréats est publiée sur http://www.wanpress.org/pfreedom/goldenpen.php

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La WAN-IFRA, basée à Paris en France et à Darmstadt en Allemagne, avec des filiales à Singapour, en Inde, Espagne, France et Suède, est l’Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d’Information.

Elle représente plus de 18 000 publications, 15 000 sites Web et plus de 3 000 sociétés dans plus de 120 pays.

L’association est issue de la fusion de l’Association Mondiale des Journaux et de l’IFRA, l’organisation mondiale de recherche et de services pour l’industrie de la presse. Pour en savoir plus sur la WAN-IFRA, veuillez consulter le site http://www.wan-ifra.org ou lire le magazine de la WAN-IFRA à l’adresse http://www.ifra.net/microsites/wan-ifra-magazine

Pour toute question, veuillez vous adresser à : Larry Kilman, directeur de la communication et des affaires publiques, WAN-IFRA, 7 rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris France. Tél. : +33 1 47 42 85 00. Fax : +33 1 47 42 49 48. Mobile : +33 6 10 28 97 36. E-mail : larry.kilman@wan-ifra.org

22/10/10 (B574) Erythrée / RSF / Le frère de Dawit Isaac et Reporters sans frontières pressent la Suède et l’Union européenne d’agir pour faire libérer le journaliste emprisonné.

Le 18 octobre 2010, à Stockholm, et le 19 octobre, à Strasbourg, Esayas Isaac et la section suédoise de Reporters sans frontières interpellent le gouvernement suédois et les autorités européennes sur l’obligation juridique issue du droit international qui les contraint à tout faire pour garantir la protection du journaliste Dawit Isaac, emprisonné depuis neuf ans en Erythrée. Citoyen doté de la double nationalité suédoise et érythréenne, en cela ressortissant européen, l’ancien journaliste du quotidien disparu Setit est un prisonnier d’opinion.

Candidat finaliste pour l’obtention du prix Sakharov en 2009, le journaliste pourrait à nouveau faire partie de la liste des nominés 2010, qui doit être rendue publique ce 18 octobre.

"L’avis juridique démontre que la Suède et l’Union européenne sont obligées d’utiliser tous les moyens possibles pour aider leur ressortissant, Dawit Isaac. C’est un moment crucial", a déclaré Esayas Isaac, le frère du journaliste.

"Depuis des années, nous dénonçons la cruauté des autorités érythréennes vis-à-vis des journalistes emprisonnés et nous appelons l’Union européenne à réagir. Depuis des années, nous demandons à Bruxelles de s’opposer à la politique répressive d’Asmara en étant plus ferme sur le plan diplomatique et en conditionnant son aide en matière de coopération. La mobilisation en faveur de Dawit Isaac prend désormais une nouvelle dimension puisqu’elle a lieu également sur le terrain juridique", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

"La Suède doit se demander quels sont les moyens les plus appropriés pour protéger Dawit Isaac et le faire enfin libérer. Effectuer une visite d’État en Erythrée ? Ouvrir une ambassade permanente à Asmara dont le mandat principal serait de défendre la cause du journaliste ? Appliquer enfin les sanctions imposées sur ce pays par les Nations unies et cesser d’accueillir de hauts responsables érythréens comme Yemane Ghebreab l’été dernier ?", a ajouté Jean-François Julliard.

A la demande d’Esayas Isaac, de la section suédoise de Reporters sans frontières, mais aussi de l’Union des écrivains suédois, de l’Association suédoise des éditeurs de magazines, du PEN suédois, du Club national de la presse suédois, et du Comité Free Dawit, deux avocats suédois, Me Percy Bratt et Me Olle Asplund, ont établi une note juridique démontrant que la Suède et l’Union européenne ont "l’obligation positive" d’agir en faveur de Dawit Isaac. En se basant notamment sur le principe de droit international coutumier de la protection diplomatique (jus protectionis) et sur les articles 2, 3, 6 et 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales (droit à la vie, interdiction de la torture, droit au procès équitable et droit à la liberté d’expression), ils prouvent que la Suède et l’UE sont contraintes d’agir par tous les moyens pacifiques possibles pour le défendre.

Le 18 octobre, à 10 heures, les résultats de ce travail sont présentés au cours d’une conférence de presse au cabinet Bratt&Feinsilber, à Stockholm. Immédiatement après, Esayas Isaac et Reporters sans frontières se rendront au ministère suédois des Affaires étrangères pour déposer leur avis juridique, accompagné d’une lettre adressée au ministre Carl Bildt.

Le lendemain, à Strasbourg, Esayas Isaac et la section suédoise de Reporters sans frontières, accompagnés par un groupe de parlementaires européens mené notamment par les députés suédois Olle Schmidt et Eva-Britt Svensson, présenteront cette note juridique au commissaire européen Andris Piebalgs, ainsi qu’au président du Parlement européen, Jerzy Buzek. Ils donneront ensuite une conférence de presse au Press Bar du Parlement européen, à 17 heures 30, pour présenter leur démarche et rendre compte du retour que leur auront fait les autorités européennes.

Emprisonné en Erythrée depuis le 23 septembre 2001, Dawit Isaac est détenu au secret, sans avoir jamais eu droit à un procès, et alors que son état de santé est très inquiétant. Les autorités d’Asmara, qui refusent de reconnaître la nationalité suédoise du journaliste, ne laissent filtrer aucune information sur sa situation.

En dépit de récentes révélations de plusieurs sources érythréennes faisant état du transfert de Dawit Isaac au bagne d’Eiraeiro, il est à ce jour impossible de savoir avec certitude où le journaliste est détenu.

Plus d’informations sur Dawit Isaac et la trentaine de journalistes emprisonnés en Erythrée : http://fr.rsf.org/erythree-neuf-ans-apres-les-rafles-de-17-09-2010,38395.html

Signez la pétition pour la libération des journalistes emprisonnés en Erythrée : http://fr.rsf.org/petition-pour-la-liberation-des-journalistes-emprisonnes,37550.html


Ambroise PIERRE
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23/09/10 (B570) Les traits de l’Erythrée – Le monde doit s’occuper de l’Érythrée, dit l’ICG – un pays au bord de la crise – Déclaration de la Haute Représentante, Catherine Ashton, au nom de l’Union européenne sur les prisonniers politiques en Érythrée (3 articles)

________________ 3 – Métro (Canada) avec AP

Le monde doit s’occuper de l’Érythrée, dit l’ICG

La communauté internationale doit accorder plus d’attention au gouvernement autoritaire de l’Érythrée pour empêcher ce petit pays de la mer Rouge de devenir un nouvel état en déroute dans la corne africaine, prévient un nouveau rapport de l’organisme International Crisis Group.

L’impact de sa guerre contre l’Éthiopie voisine entre 1998 et 2000, une économie en voie de s’effondrer et une augmentation de la pauvreté minent la légitimité du régime autoritaire qui dirige le pays, indique le document rendu public tard mardi.

Plutôt que d’acculer l’Érythrée dos au mur, dit le rapport, la communauté internationale devrait faire preuve de plus de compréhension envers son histoire et ses attentes.

À la fin de 2009, le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé un embargo militaire et d’autres mesures sévères à l’Érythrée, pour avoir fourni des armes aux insurgés somaliens et pour avoir refusé de régler son différend frontalier avec Djibouti — un allié important des États-Unis dans la région.

Il y a dix ans, poursuit le rapport, l’Érythrée faisait face à des défis mais demeurait stable. Aujourd’hui, le pays connaît des problèmes graves mais n’est pas pour autant en crise, dit l’ICG. L’organisme ajoute que l’Érythrée n’est pas le seul fauteur de trouble dans la région.

L’isolation internationale a poussé le président Isaias Afwerki et ses anciens compagnons d’armes à resserrer leur emprise sur le pays et à limiter les libertés civiles pour créer une unité nationale docile, conclut le rapport.

_____________________ 2 – AFP

L’Erythrée, un pays au bord de la crise

L’Erythrée est un pays « sous grave tension » qui s’affaiblit progressivement, son principal pilier, l’armée, étant gangrenée par la corruption, observe l’institut de recherche International Crisis Group (ICG) qui préconise un engagement plus fort de la communauté internationale.

« Il y a juste dix ans, l’Erythrée pouvait être raisonnablement qualifié de pays sous pression mais stable. Aujourd’hui, c’est un pays sous grave tension même s’il n’est pas encore en crise ouverte. Bien qu’il soit improbable qu’il connaisse un soulèvement dramatique dans le futur proche, il s’affaiblit de manière constante », estime ICG, dans une analyse publiée mardi sur l’évolution du pays depuis la guerre contre l’Ethiopie en 1998-2000.

L’armée, longtemps la principale force d’équilibre du pays, « devient moins stable, gangrenée par la corruption et de plus en plus faible », souligne le rapport.

Aussi, poursuit l’institut de recherche basé à Bruxelles, la communauté internationale doit s’engager davantage dans ce pays de la Corne de l’Afrique pour éviter qu’il ne devienne un nouvel Etat en perdition dans la région.

« Bien qu’il n’y ait pas de contestation ouverte pour le moment, le gouvernement ne peut considérer que cela va durer dans le long terme. Le changement n’est vraiment qu’une question de temps », affirme Andrew Stroehlein, directeur des publications d’ICG.

« La communauté internationale devrait s’engager en Erythrée en prenant mieux en compte les difficultés passées et actuelles du pays », affirme le groupe de recherche.

Selon lui, le militarisme et l’autoritarisme qui marquent le régime politique du président Issaias Afeworki trouvent leurs racines dans l’histoire du pays marquée par la violence et les trente années de la guerre d’indépendance, finalement obtenue en 1991.

« Les conséquences de cet héritage sont apparues clairement au cours de la décennie qui s’est écoulée, avec le renforcement du pouvoir du président érythréen et d’une petite cohorte d’ex-combattants et la suppression des libertés au profit d’un programme axé sur l’unité nationale et l’idée que l’Erythrée est entourée d’ennemis », commente ICG.

Les tensions avec l’Ethiopie voisine demeurent élevées, après le long conflit frontalier.

_____________________ 1 – Organisation Presse Africaine (Ch)

Déclaration de la Haute Représentante, Catherine Ashton, au nom de l’Union européenne sur les prisonniers politiques en Érythrée

African Press Organization (APO)

L’Union européenne demeure profondément préoccupée par la détention, depuis septembre 2001, de onze députés et membres du Front populaire pour la démocratie et la justice et de dix journalistes indépendants. On ne sait pratiquement rien de leur état de santé. Ils sont détenus de manière illégale et mis au secret, sans chef d’inculpation, en contradiction totale avec les obligations internationales de l’Érythrée en matière de droits de l’homme.

L’Union européenne est profondément préoccupée par des informations récentes, non confirmées, selon lesquelles certaines de ces personnes seraient mortes en détention. Elle invite les autorités érythréennes à rendre publiques toutes les informations concernant le lieu de détention des prisonniers politiques et à leur permettre d’avoir des contacts avec leur famille et leurs avocats.

L’Union européenne demande fermement la libération sans condition de ces prisonniers et de toutes les autres personnes détenues pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions. Elle déplore en outre le fait que l’Érythrée continue de violer les obligations qui sont les siennes en vertu du droit national et international, en dépit des appels lancés à maintes reprises par la communauté internationale. (…)