09/05/2016 (Brève 786) STOP AU VIOL DES FEMMES ET FILLES AFAR A DJIBOUTI /Fédération Internationale De la Diaspora Afar (FIDA) / International Federation of Afar Diaspora (FIDA).

COMMUNIQUE DE PRESSE:

Date: 3 Mai 2016

Ref: 002/FIDA/16

Fait à: Bruxelles, Belgique

Nous, FÉDÉRATION INTERNATIONALE DE LA DIASPORA  AFAR (FIDA), représentant  les
organisations de la diaspora afar dans le monde, publions ce communiqué au nom des femmes et filles afar qui ne peuvent pas s’exprimer. Ces mêmes femmes afars qui ont été et continuent d’être victimes de viols systématiques et routiniers depuis longtemps à Djibouti.

Au moins 246 femmes et filles du groupe ethnique Afar ont été violées par l’armée Djiboutienne et les forces de sécurité, en particulier dans les districts au nord: Obock, Tadjourah et au sud: Dikhil. Et cela depuis que la guerre civile entre le gouvernement djiboutien et le Front de Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD) a commencé au début des années 1990. Depuis, la politique délibérée d’utilisation du viol et des violences sexuelles pour des buts politiques et militaires par le gouvernement djiboutien a été utilisée avec l’impunité la plus totale. Jusqu’à présent, personne n’a été jugé ou condamné pour ces crimes. Le nombre de victimes de viol mentionné ici correspond aux cas qui ont été rapportés, et il est certain que ce n’est que la partie immergée de l’iceberg et que les vrais chiffres sont beaucoup plus élevés.

Nous sommes profondément préoccupés par le fait que les viols et violences sexuelles pour des raisons politiques soient aussi largement répandus et continuent d’être perpétrés régulièrement dans le pays pendant que les auteurs de ces crimes bénéficient d’un haut degré d’impunité. Il est tragique que le gouvernement de Djibouti et ses agences qui ont été investis de la responsabilité de protéger ces femmes et jeunes filles sans défense et vulnérables soient eux-mêmes les principaux responsables de ces atrocités, crimes contre l’humanité et violations des droits humains. C’est clairement inacceptable et condamnable. La pratique brutale et infâme des viols systématiques est contre les lois internationales qui protègent les droits humains et contre la loi nationale du pays. Le viol a de sérieuses conséquences sur la santé des victimes (tant physique que psychologique), leur survie et développement. Ceci est à l’antipode de l’Islam, la religion d’une vaste majorité de Djiboutiens.

Nous sommes profondément inquiets et extrêmement préoccupés par le silence de la communauté internationale, des organisations pour les droits humains et en particulier des grandes puissances possédants des bases militaires à Djibouti, qui ont un meilleur accès  aux informations et qui sont donc informées sur ce qui se passe dans le pays.

Nous saluons, d’un autre côté, les efforts et actions entreprises par « Stop au viol maintenant
–une action de l’ONU contre la violence sexuelle dans les conflits et la campagne internationale pour faire cesser le viol et la violence de genre dans les conflits (http://www.stoprapeinconflict.org). Nous exprimons notre admiration et soutien à ces organisations et à d’autres qui travaillent sans relâche pour amplifier les voix des survivantes de viol (en particulier ARDHD), la presse télévisée et Radio 1 le Grand Débat, (http://africa1.com/IMG/mp3/le_grand_debat_-_29_03_16_-_pad.mp3), et mettre fin aux viols dans les conflits.

Récemment, un groupe de courageuses femmes Afar de Djibouti a lancé une grève de la faim collective à Paris et à Bruxelles pour attirer l’attention sur la détresse des femmes et filles qui sont victimes de viols systématiques, de violences sexuelles et d’harcèlement à Djibouti ; un crime commis par les forces de sécurité et l’armée du pays en toute impunité.

Le groupe de 10 femmes qui ont commencé la grève de la faim le 25 mars 2016 sont restées inébranlables dans leur détermination à faire entendre leurs voix même quand leur santé physique devenait extrêmement préoccupante. Deux d’entre elles avaient déjà été admises  à l’hôpital après une fragilisation de leurs conditions de santé, Ouma après 18 jours et Fafi après 15 jours en grève de la faim. Après un total de 19 jours de grève de la faim à Paris, le groupe a décidé d’organiser une grève de la faim similaire à Bruxelles. La grève de la faim à Bruxelles se poursuit à l’heure de publier ce communiqué.

Selon Mme Aicha Dabale, la porte-parole du groupe et pour le mouvement de lobbying basé en France Femmes solidaires, personne à l’intérieur du pays n’ose dénoncer ce crime par crainte de représailles de la part du gouvernement; et c’est pourquoi le groupe a lancé une grève de la faim collective à Paris et Bruxelles, afin d’attirer l’attention sur cette question. Pour plus d’informations, voir ce lien : http://www.loubakdongolo.com/jibouti/hunger-strike- day-10-one-of-the-djiboutian-women-striker-admitted-to-hospital-on-day-10.

Nous, la Fédération Internationale de la Diaspora Afar (FIDA), saluons l’action entreprise par ces femmes courageuses à Paris et Bruxelles pour dénoncer les viols organisés par le régime djiboutien et ciblant les femmes et filles Afar et exprimons notre solidarité avec elles.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté le caractère systématique et largement répandu du viol et des violences sexuelles en toute impunité contre les femmes et filles afar innocentes à Djibouti.

Nous exigeons que le gouvernement djiboutien cesse sans délai cette politique d’utilisation du viol et des violences sexuelles comme une arme contre le groupe ethnique des Afar et démontre son sérieux en amenant devant la justice les auteurs de ces exactions pour que cesse la culture de l’impunité dans le viol.

Nous appelons la communauté internationale et les organisations humanitaires à prendre des mesures concrètes pour soutenir les survivantes des viols systématiques à Djibouti. Le gouvernement djiboutien, qui porte la responsabilité première de protéger les victimes de violence y compris de viol, a non seulement failli à remplir ses obligations constitutionnelles et à respecter les droits humains de ses citoyens, mais est également la force principale derrière ces crimes. Nous appelons la communauté internationale et les organisations pour les droits humains à travailler activement pour que ces faits arrivent devant la Cour Pénale Internationale (ICC – CPI). Il existe déjà une abondance de preuves de violations flagrantes des droits humains et qui relèvent de crimes contre l’humanité commis par le gouvernement djiboutien contre le groupe ethnique des Afar et ceux et celles qui élèvent leurs voix pour demander un changement démocratique dans le pays.