30/09/2017 (Brève 1072) Affaire Borrel sur France Info. Ecouter les interventions d’Elisabteh Borrel et David Servenay à propos de la sortie de la BD signée Servenay et Martin aux Editions du Soleil

Affaire de l'assassinat du juge B. Borrel à Djibouti _ Une affaire d'état

A (ré)écouter ci-dessous :

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15/03/2014 (Brève 372) France Info : Procès Rwanda : Pascal Simbikangwa condamné à 25 ans de réclusion

Lien avec l’article sur le site France Info : http://www.franceinfo.fr/justice/proces-rwanda-pascal-simbikangwa-condamne-a-25-ans-de-reclusion-1351353-2014-03-14
_______________________ Note de l’ARDHD.
Pascal Simbikangwa a été condamné pour génocide et complicité de crimes contre l’humanité. Il n’a pas été jugé pour ses pratiques de la torture, car ces faits sont prescrits au bout de 15 ans.
C’est une première en France et nous pouvons espérer qu’elle va ouvrir la voie au jugement des criminels qui ont torturé leurs compatriotes à Djibouti et qui ont commis des massacres dans le Nord, en particulier, mais pas seulement …

De nombreuses associations étaient constituées « partie civile », dont le CPCR, la FIDH, la LICRA, la LDH et SURVIE qui a apporté une contribution significative aux avocats. Plusieurs avocats représentaient les parties civiles, Mes Simon, Daoud, Baudoin et confrères.
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Pascal Simbikangwa a été condamné ce vendredi soir à 25 ans de réclusion dans le procès historique du génocide rwandais. Il était jugé par la cour d’assises de Paris. L’ancien capitaine de la garde présidentielle a été reconnu coupable de génocide et de complicité de crime contre l’humanité. 

Coupable.  
Après un procès fleuve et douze heures de délibéré, les jurés de la cour d’assises de Paris ont déclaré Pascal Simbikangwa coupable de génocide et de complicité de crime contre l’humanité. L’ancien capitaine de la garde présidentielle a été condamné à 25 ans de réclusion. Dans son réquisitoire, l’avocat général avait réclamé la perpétuité. 

Pascal Simbikangwa était notamment accusé d’avoir armé et donné des instructions aux miliciens. Ceux là mêmes qui tenaient des barrières à Kigali où étaient filtrés et exterminés les Tutsis. L’avocat général l’avait décrit comme un « génocidaire négationniste ».

La défense avait demandé l’acquittement

Tout au long du procès, Pascal Simbikangwa, âgé de 54 ans et paraplégique depuis 1986, avait expliqué n’avoir vu aucun cadavre durant les 100 jours au cours desquels 800.000 personnes ont été massacrés. Essentiellement des Tutsi tués par les Hutu.

Jeudi, la défense avait réclamé son acquittement en tentant de jeter le discrédit sur les témoins qui se sont succédés à la barre. Les avocats de Pascal Simbikangwa avaient notamment dénoncer des témoignages « fragiles » et un procès « politique ».

« Le fait qu’il conteste avoir vu le moindre cadavre revient à manifestelent minimiser son rôle et sa connaissance des massacres qui se déroulaient sous ses yeux », a exstimé la cour. Elle a aussi jugé « invraissemblable » qu’il soir rester inactif après l’assassinat du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994.

La défense pourrait faire appel 

« C’est un pas de plus pour la justice universelle et la lutte contre l’impunité des bourreaux » (Patrick Baudoin)  

Avec Sophie Parmentier
« Nous avons assisté à un procès exemplaire », a expliqué Patrick Baudoin, l’avocat de la Fédération internationale des Droits de l’Homme. « C’est enfin une avancée et un pas de plus pour la justice universelle et la lutte contre l’impunité des bourreaux », raconte-t-il. 

Pour l’un des avocats de l’accusé, Me Fabrice Epstein, « c’est une décision qui ne va pas jusqu’au bout. Si on reconnait Pascal Simbikangwa coupable de génocide, alors il faut le condamner à la perpétuité. C’est une décision empreinte d’un malaise ». La défense qui envisage de faire appel.

Un procès historique
Ce verdict intervient à quelques semaines seulement des commémorations du déclenchement du génocide, c’était le 7 avril 1994. Pendant longtemps, les autorités du Rwanda ont accusé la France d’avoir soutenu le régime hutu génocidaire et soutenu ses responsables.

Ce procès qui s’est achevé vendredi est donc historique. C’est le premier, en France, lié au drame rwandais. Pascal Simbikangwa avait été arrêté en 2008 à Mayotte pour trafic de faux papiers. Il était jugé au nom du principe de compétence universelle qui permet de juger un étranger pour des faits commis à l’étranger pour les crimes les plus graves. 

Par Baptiste Schweitzer

10/12/2013 (Brève 329) Sur France Info, Mohamed Alhoumékani confirme les déclarations faites au micro de Benoit Collombat et il lance un défi aux autorités yéménites et au pouvoir djiboutien au cas où ils nieraient les tentatives de pression exercées contre lui, car il affirme détenir des preuves écrite et orales

Lien avec le site de France Info
http://www.franceinfo.fr/justice/affaire-borrel-comment-djibouti-a-tente-de-faire-taire-un-temoin-cle-1242781-2013-12-09

Affaire Borrel : comment Djibouti a tenté de faire taire un témoin clé

Par Rémi Ink

Le juge Borrel, assassiné en 1995, à Djibouti © Maxppp
Rebondissement dans l’affaire Borrel, ce magistrat français assassiné en octobre 95, à Djibouti. Un témoin clé parle aujourd’hui, pour la première fois.

Il accuse Djibouti d’avoir tenté de le faire revenir par tous les moyens sur son témoignage.

Mohamed Alhoumekani est l’ancien responsable de la garde présidentielle à Djibouti. Et c’est un rescapé. Retenu pendant plus de trois mois au Yémen : emprisonné puis interdit de quitter le pays, il échappe à une fusillade et se réfugie en Belgique.

« Je me suis échappé clandestinement, sans carte d’identité et sans passeport. »


L’homme accuse le président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, dans l’affaire Borrel. Il accuse notamment Djibouti d’avoir tenté de le faire revenir par tous les moyens sur son témoignage dans l’affaire Borrel.

« J’ai eu la visite du chef d’Etat major général des armées djiboutien. Il m’a fait comprendre que j’avais intérêt à changer sur le dossier de l’assassinat du juge Borrel, sinon je risquais de perdre ma vie. »


Mohamed Alhoumekani explique également avoir reçu la visite de l’ambassadeur de Djibouti sur place, accompagné de haut dignitaires yéménites. « On m’a proposé des millions de dollars. Le deal principal, c’était de me faire changer mon témoignage », explique-t-il.

L’homme assure être en possession d’enregistrements audio qui prouveraient ses accusations. Il se dit prêt à les livrer aux juges en charge de l’enquête sur l’affaire du juge Borrel.

27/08/2013 (Brève 171) ALERTE ROUGE – Revue de presse – France-Info (à lire et à écouter) et Le Monde. « On est en train de laisser un témoin risquer sa vie au Yémen » (E Borrel)

1 – France Info (Texte + audio)

Affaire Borrel : un témoin clé arrêté au Yémen

Mohamed Alhoumekani, un des témoins qui accusent et impliquent les autorités djiboutiennes dans l’assassinat du juge Borrel, a été interpellé au Yémen. Il est menacé d’extradition vers Djibouti. Pour la veuve de Bernard Borrel, mort en 1995 à Djibouti, cette arrestation a été commanditée.

« On est en train de laisser un témoin risquer sa vie au Yémen (Elisabeth Borrel)

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Mohamed Alhoumekani a été arrêté au Yémen samedi. Il est le témoin clé de l’affaire du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort à Djibouti en 1995. Cet ancien officier a permis de relancer l’enquête qui avait d’abord conclu à un suicide. Mohamed Alhoumekani, qui possède la double nationalité belgo-yéménite, accuse les autorités djiboutiennes d’avoir organisé un assassinat.

L’association pour la défense des droits de l’homme à Djibouti a affirmé qu’Alhoumekani avait « été arrêté samedi à la demande des autorités djiboutiennes » et qu’un haut responsable djiboutien « serait arrivé dimanche par vol spécial à Sanaa pour réclamer son extradition vers Djibouti« . Le ministère Belge des Affaires étrangères a été informé de cette arrestation « par des membres de la famille » de Mohamed Alhoumekani qui vivent sur place.

Pour Elizabeth Borrel, la veuve du juge Borrel, la présence d’une délégation djiboutienne au Yémen prouve que l’arrestation est commanditée par Djibouti. Elle réclame l’intervention de la France pour protéger ce témoin crucial et empêcher son extradition vers Djibouti.

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2 – Le Monde

Affaire Borrel : une ONG dénonce une tentative d' »étouffer l’affaire » Le Monde.fr avec AFP

L’arrestation au Yémen d’un témoin-clé dans l’affaire de la mort du juge Bernard Borrel, retrouvé mort à Djibouti en 1995, et sa possible extradition font craindre que ce dossier ne soit « étouffé », selon l’association de défense des droits de l’homme Survie.

L’homme en question est identifié comme étant Mohamed Saleh Alhoumekani, un ex-officier de la garde républicaine djiboutienne qui a la double nationalité belgo-yéménite.

Il s’agit d’un des témoins clés de l’affaire, car il avait mis en cause l’actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, et son entourage dans la mort du magistrat. Il a été interpellé la semaine dernière au Yémen, selon son avocat, Luc Cambier, qui redoute son renvoi vers Djibouti.

« UN TÉMOIN ESSENTIEL » L’ONG s’inquiète de cette possible extradition : « L’extradition de ce témoin vers la dictature djiboutienne présente un risque majeur pour la vérité sur l’implication des autorités djiboutiennes et, au-delà, des autorités françaises, dans l’assassinat de ce coopérant. L’instruction étant toujours en cours en France, le gouvernement français doit intervenir auprès des autorités yéménites pour empêcher de voir ainsi disparaître un témoin essentiel. »

Une autre ONG pour la défense des droits de l’homme à Djibouti avait affirmé que Mohamed Saleh Alhoumekani avait « été arrêté samedi à la demande des autorités djiboutiennes » et qu’un haut responsable djiboutien « serait arrivé dimanche par vol spécial à Sanaa pour réclamer son extradition vers Djibouti ».

« CELA PROUVE QUE SON TÉMOIGNAGE LES GÊNE » Elisabeth Borrel, veuve du magistrat retrouvé mort en 1995 à Djibouti, devant le palais de justice de Lille, le 2 mai 2007. Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel a été retrouvé mort le 19 octobre 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d’un ravin, à 80 kilomètres de Djibouti. Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide.

Mais en se fondant sur de nouvelles expertises et témoignages, l’enquête française privilégie désormais la thèse d’un assassinat. Olivier Morice, avocat d’Elisabeth Borrel, la veuve du juge, a alerté les magistrats français de l’arrestation de M. Alhoumekani : « Il nous semble révélateur et maladroit que les autorités djiboutiennes souhaitent obtenir son retour à Djibouti. Cela prouve que son témoignage les gêne. »

Lire notre portrait : Elisabeth Borrel, veuve courage En 2006, Mme Borrel a écrit un livre intitulé Un juge assassiné, dans lequel elle soupçonne le régime djiboutien d’avoir commandité l’assassinat de son mari et les autorités françaises d’avoir voulu étouffer l’affaire au nom de la raison d’Etat et de la protection de ses relations avec Djibouti.

« Si le dossier ne va pas jusqu’au bout, c’est que l’Etat français l’aura étouffé », déclarait en février 2005 au Monde Olivier Morice, qui est également l’actuel avocat des familles de victimes de l’attentat de Karachi.

22/12/2011 (B635) La France a-t-elle aussi son "Grand menteur" ? Gérard Longuet, Ministre de la Défense, assure que l’Armée n’était pas au courant de l’assassinat du Juge Borrel. Ben voyons !!! On demanderait qu’à le croire… mais cela semble un peu gros. En tout cas cela montre que le lobby pro-Guelleh semble encore bien implanté dans les plus hautes sphères de la République … Qui veut-on protéger ? (A lire ci-dessous l’article de France-Info)

Gérard Longuet sur l’affaire Borrel : "Non, l’armée ne savait pas"

La veuve du juge Borrel, assassiné en 1995 à Djibouti, affirme que l’armée et les dirigeants français de l’époque (notamment le président Chirac) étaient au courant. Elle s’appuie sur les déclarations d’un témoin, un soldat en poste en 95 à Djibouti : selon lui, l’armée française a bien été informée de l’assassinat du juge. L’actuel ministre de la Défense, Gérard Longuet, dément.

"L’armée ne savait pas. Si l’armée savait, elle a l’obligation, c’est dans le code pénal, article 40, de transmettre au magistrat toute information sur une affaire juridique" : Gérard Longuet a été catégorique ce matin, interrogé sur cette affaire par France 2.

Pour autant, le ministre de la Défense ne s’opposera pas à une levée du secret défense : "Mes prédécesseurs ont toujours donné, et j’ai toujours donné, les documents demandés, dès lors qu’ils sont autorisés par la commission (qui statue sur les demandes de levée du secret défense). La recherche de la vérité, c’est très bien, l’armée française, pour sa part, n’a rien à cacher", affirme-t-il.

Gérard Longuet s’interroge enfin sur ces nouvelles révélations, 16 ans après les faits : si ce témoin savait, "il fallait le dire immédiatement au juge. Le juge se retourne vers l’armée et nous demande des documents. Avant d’assurer :"tous les documents qui seront demandés par le magistrat seront délivrés au juge."

22/12/2011 (B635) Nouvelle intervention d’Elisabeth Borrel au micro de France-Info ce jeudi matin.

"le sommet de l’Etat français, et notamment monsieur Chirac"

Invitée ce matin de France Info, Elisabeth Borrel, la veuve du juge Bernard Borrel assassiné en 1995 à Djibouti, n’a pas été surprise par les révélations d’un militaire français, selon lequel l’armée françaises avait à l’époque été informée de cet assassinat. Elle parle d’un trafic d’uranium enrichi et met en cause le sommet de l’Etat français.

Elisabeth Borrel, la veuve du juge Borrel interrogée par Bernard Thomasson

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Selon Elisabeth Borrel, l’Etat djiboutien n’est pas le seul à avoir "caché cet assassinat, c’est aussi le sommet de l’Etat français et notamment monsieur Chirac. Tout ce qui a été fait ensuite dans le cadre de la Cour internationale de La Haye le prouve…Le chef de mission de mon mari a expliqué que c’était plus grave que le Rainbow Warrior".

La veuve du juge Borrel explique la mort de son mari par un trafic d’uranium enrichi dans lequel elle se dit "intimement persuadée" que des Français sont impliqués. Et elle appelle tous les candidats à la présidentielle à "s’emparer" de ce dossier.

19/02/11 (B591-B) France-Info (samedi matin) – Point sur les manifestations dans le monde arabe et en particulier à Djibouti avec une interview de Mohamed Alhoumekani, qui s’exprime à propos de la situation au pays et de l’attitude des puissances étrangères.

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13/03/09 (B490) France Info avec AFP : Affaire Borrel: relaxe pour un journaliste poursuivi pour diffamation

CRETEIL, 13 mars 2009 (AFP) – Le tribunal correctionnel de Créteil a relaxé vendredi un journaliste français poursuivi pour diffamation publique après une plainte de l’ex-propriétaire d’un café djiboutien mis en cause dans un reportage consacré à la mort du juge Bernard Borrel, en 1995 à Djibouti.

La 11e chambre correctionnelle a relaxé Bernard Nicolas au bénéfice de la « bonne foi », tout en estimant qu’il ne rapportait « pas la preuve » des faits allégués, et a débouté l’ancien propriétaire de « L’Historil », Alain Romani, de ses demandes.

M. Romani avait porté plainte en janvier 2007, après la rediffusion en public d’un reportage de Bernard Nicolas, déjà diffusé en 2002 sur Canal+, dans lequel il apparaît.

« Chaque fois qu’on parle de l’assassinat du juge Borrel et des deux terroristes (évoqués dans le reportage, ndlr), pourquoi mettre tout de suite après la photo de M. Romani’ », s’était interrogé à l’audience, le 13 février, l’avocat du plaignant, qui avait réclamé 50.000 euros de dommages et intérêts.

« Pour moi, M. Romani n’est que le participant éventuel à une conversation sur la mort du juge +fouineur+, mais je ne suis jamais allé plus loin », avait souligné Bernard Nicolas.

Cité comme témoin, Mohamed Aloumekhani, ex-garde de la présidence de Djibouti, avait « confirmé », comme il le soutient dans le reportage, la présence de M. Romani au palais présidentiel lors d’une conversation dans laquelle était évoquée la mort du juge « fouineur ».

Ce que M. Romani, absent à l’audience, dément.

Le procureur avait estimé que le fait d’avoir « présenté M. Romani comme ayant participé à cette réunion restreinte pouvait avoir un caractère diffamatoire ». Mais le journaliste « n’a pas agi de mauvaise foi », avait-il estimé.

Le corps du juge Bernard Borrel avait été retrouvé en 1995 à moitié carbonisé dans un ravin à Djibouti. La justice djiboutienne avait conclu au suicide, une thèse longtemps privilégiée par la justice française qui a ensuite retenu celle du meurtre.

M. Romani a aussi déposé plainte à Paris en 2007 contre Mme Elisabeth Borrel, veuve du juge Bernard Borrel, pour diffamation publique.