22/08/08 (B462) France Info avec AFP / Somalie: les insurgés islamistes ont pris le contrôle de Kismayo (habitants)

Les insurgés islamistes ont pris vendredi le contrôle de Kismayo, la principale ville du sud de la Somalie, après avoir défait des milices locales au terme de trois jours de violents combats qui ont fait au moins 34 morts, a-t-on appris auprès de témoins.

« Toutes les milices ont été chassées et la ville est désormais sous contrôle des islamistes », a déclaré à l’AFP par téléphone Farah Abdi, un habitant du port de Kismayo (environ 500 km au sud de Mogadiscio). « La plupart des milices locales ont été repoussées en dehors de la ville.

Nous pouvons encore entendre des coups de feu dans la partie ouest de la ville, et à présent nous voyons de nombreux islamistes entrer dans la ville », a rapporté un autre habitant Adan Gedi. « Ils appellent les gens au calme », a précisé M. Abdi. « La ville est entièrement contrôlée par les islamistes », a affirmé un homme d’affaires de Kismayo, Mohammed Abdi.

Ces combats qui avaient débuté mercredi ont fait au moins 34 morts et plusieurs dizaines de blessés, y compris des civils. « Nous avons enterré environ 12 personnes ce (vendredi) matin et plusieurs d’entre elles étaient des civils », a déclaré à l’AFP Mohammed Omar, un pharmacien de ville. Un précédent bilan établi jeudi soir par l’AFP faisait état de 22 morts.

07/04/08 (B442) France Info : Le Ponant a jeté l’ancre

Le Ponant, voilier de luxe français pris en otage par des pirates, a accosté sur la côte nord de la Somalie. Le gouvernement français aurait pris contact avec les pirates.

L’équipage et les passagers semblent en bonne santé.

Après plus de 48 heures de mer et plus de 400 km parcourus depuis l’attaque, le Ponant a jeté l’ancre au sud de la province semi-autonome du Puntland, a indiqué une source militaire française en début de soirée (heure française). Mais personne ne peut dire si les pirates ont atteint leur base ou si il ne s’agit que d’un mouillage temporaire.

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait annoncé un peu plus tôt un premier contact avec les pirates :“ Nous avons établi le contact et l’affaire risque d’être longue”, a-t-il déclaré. “Il faut faire tout pour qu’il n’y ait pas d’effusion de sang”, a ajouté le ministre français.

Quant à savoir si la France était prête à payer une rançon aux pirates, M. Kouchner a répondu : “Nous verrons bien”

27/03/08 (B440) France Info / Affaire Borrel : prison ferme pour deux dignitaires de Djibouti.

Une avancée majeure. Après douze ans de procédure, c’est la première fois qu’un tribunal français rend un jugement sur le fond de l’affaire Borrel. Deux hauts fonctionnaires de Djibouti ont été reconnus coupables par le tribunal correctionnel de Versailles de "subordination de témoins", après le meurtre du juge français Bernard Borrel en 1995 à Djibouti.

L’un est procureur de Djibouti, l’autre chef des services secrets de ce petit pays à l’est de l’Afrique. Tous deux ont été reconnus coupables par le tribunal correctionnel de Versailles d’avoir tenté d’entraver l’enquête sur la mort du juge français Bernard Borrel, en 1995, par "subordination de témoins".

Au cœur de leur condamnation : le témoignage d’un ex-membre de la garde présidentielle djiboutienne. Cet homme a affirmé devant la justice française avoir entendu, le jour de la mort de Bernard Borrel, cinq hommes rendre compte de la mort du "juge fouineur" à l’actuel président de Djibouti – qui était alors directeur de cabinet du président.

Un témoignage qui vaut 3 millions d’euros

Djama Souleiman, le procureur, a été reconnu coupable d’avoir offert 3 millions d’euros et un poste diplomatique à ce témoin, pour qu’il se rétracte. Il a été condamné à 18 mois de prison ferme.

Quant à Hassad Saïd, le chef des services secrets, il a été condamné à un an de prison ferme : il a soudoyé l’ex-chef de la garde présidentielle pour qu’il rédige chez un notaire une attestation discréditant le témoin.

Ni Djama Souleiman ni Hassad Saïd n’étaient pas présents à l’audience. Un mandat d’arrêt international a été délivré à leur encontre. Leur avocat a indiqué qu’il ferait appel du jugement.

Le corps en partie calciné du magistrat avait été retrouvé en 1995 en contrebas d’un ravin à 80 kilomètres de Djibouti où il travaillait, dans le cadre de la coopération, auprès du ministre de la Justice.

La thèse d’un suicide a longtemps été privilégiée avant que des expertises n’orientent l’enquête vers un homicide.

Céline Asselot avec agences

22/02/08 (B436) France Info avec AFP : Les visas de transit vont faire prospérer trafics et filières clandestines (associations)

PARIS, 22 fév 2008 (AFP) – Les visas de transit aéroportuaire frappant depuis peu certains Tchétchènes et Somaliens vont faire prospérer trafics de faux papiers et filières clandestines, soulignent vendredi des associations dans des lettres adressées à deux ministres français.

« Nous craignons que ce type de mesure engendre des trafics de passeports et contribue à renflouer les filières dites clandestines », écrivent aux ministres de l’Immigration Brice Hortefeux et des Affaires étrangères Bernard Kouchner ces associations de défense des droits de l’Homme et des migrants dont la Ligue des droits de l’Homme et France Terre d’asile.

« En l’absence de voies d’entrée légales, ces personnes n’ont en effet souvent d’autre solution que d’utiliser un passeport d’une autre nationalité ». « Nous craignons également que ces mesures poussent davantage de réfugiés à emprunter par n’importe quel moyen les voies maritimes et provoquent les drames que personne ne peut ignorer aux portes de l’Europe », poursuivent les associations dans ces courriers transmis à l’AFP.

MM. Hortefeux et Kouchner ont cosigné deux arrêtés publiés les 24 janvier et 2 février 2008 qui ajoutent respectivement à la liste des Etats dont les ressortissants sont soumis au visa consulaire de transit aéroportuaire (VTA), Djibouti et les Russes provenant d’un aéroport d’Ukraine, du Bélarus, de Moldavie, de Turquie ou d’Egypte.

« Les Somaliens étant soumis au VTA depuis son invention en 1995, certains cherchent à se munir d’un passeport de Djibouti pour venir demander l’asile en France », soulignent-elles.

« D’autre part, la mise en place des VTA pour les ressortissants russes en provenance de certains aéroports ciblés vise évidemment les demandeurs d’asile d’origine tchétchène ». « Afin que soient respectés les engagements internationaux de la France en matière de protection des réfugiés », les signataires demandent aux ministres « d’abroger dès à présent les arrêtés précités ».

Une vingtaine d’associations ont signé cet appel dont l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, Amnesty International France, le Comité Tchétchénie, le Groupe d’information et de soutien des immigrés, Emmaüs France, Forum Réfugiés, France Terre d’asile et la Ligue des droit de l’Homme

21/02/08 (B435) France-Info : Somalie: nouveau report de l’envoi éventuel d’une force de l’ONU

NEW YORK (Nations unies), 20 fév 2008 (AFP) – Le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé mercredi le renouvellement pour six mois du mandat de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom), remettant une nouvelle fois à plus tard un éventuel remplacement de cette force par une opération de l’ONU.

Le Conseil a pris cette décision dans sa résolution 1801, rédigée par la Grande-Bretagne et adoptée à l’unanimité de ses quinze membres. Le mandat de l’Amisom a été prorogé pour six mois en janvier par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA). Pour avoir une pleine légitimité, cette décision avait besoin de l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU, seul organisme habilité à veiller au maintien de la paix dans le monde.

La Somalie, pays de la Corne de l’Afrique, est en guerre civile depuis 1991. L’Amisom est déployée depuis mars 2007 à Mogadiscio, la capitale, mais est en sous-effectif et sous-financée. L’UA a déployé en mars 2007 1.500 soldats ougandais à Mogadiscio, qui ont été rejoints récemment par 1.500 soldats burundais. Le mandat de l’Amisom prévoit un contingent total de 8.000 soldats.

L’UA souhaite que l’ONU prenne le relais de l’Amisom.

Mais le secrétariat de l’ONU n’y est pas favorable, compte tenu du désordre régnant en Somalie, et la plupart des membres du Conseil de sécurité ne sont pas prêts à prendre une telle décision.

La résolution 1801 se contente à cet égard de dire que le Conseil attendra le prochain rapport du secrétaire général, Ban Ki-moon, attendu vers le 10 mars, « sur les options possibles pour préparer l’éventuel déploiement d’une force de paix de l’ONU pour succéder à l’Amisom »

16/02/07 (B382) France-Info : Un drôle de sommet Afrique-France

Plus
d’une trentaine de dirigeants africains sont réunis aujourd’hui
et demain à Cannes pour les adieux de Jacques Chirac à un continent
où l’influence de Paris s’est fortement réduite. Thème
: "l’Afrique et l’équilibre du monde". Mais il sera aussi
question du Darfour, de l’état de siège en Guinée
et de la demande d’une juge française d’entendre comme
témoin le président djiboutien.

Les adieux de ‘Chirac l’Africain’

La fin
d’une époque. Le dernier sommet Afrique-France du mandat de Jacques
Chirac rassemble au Palais des Festivals 38 chefs d’Etat et de gouvernement
africains et la chancelière allemande Angela Merkel, venue représenter
la présidence de l’Union européenne et celle du G8. Dès
mercredi soir, lors d’un dîner restreint dans un hôtel de
Cannes, le président de la République a évoqué
avec 17 chefs d’Etat francophones un certain nombre de crises africaines,
dont la situation en Côte d’Ivoire ou en Guinée. La Guinée
où depuis 4 jours le président Lansana Conté, au pouvoir
depuis 23 ans, a décrété l’état de siège
face à de violentes manifestations dont la répression a fait
plus de 110 morts. Au point que le gouvernement américain a annoncé
l’envoi d’un avion pour évacuer une partie de ses ressortissants tandis
que la France faisait savoir qu’elle veillait aux conditions de sécurité
de ses ressortissants.

Plus largement,
au niveau du continent, il sera question des matières premières,
alors que 9,5% des réserves de pétrole brut et 8% des réserves
de gaz se trouvent en Afrique, suscitant la convoitise de la Chine notamment.
Autres sujets de débats : la place de l’Afrique dans les organisations
internationales et la société de l’information. La France restera
"l’avocat inlassable de la place et du rôle éminent"
de l’Afrique, a déjà assuré le ministre des Affaires
étrangères Philippe Douste-Blazy. Mais alors que Jacques Chirac
a mené une politique de relations étroites, et parfois controversées,
les deux principaux candidats à la présidentielle, Ségolène
Royal et Nicolas Sarkozy, ont promis une politique concernant l’Afrique fondée
sur plus de transparence.

Des
dossiers épineux.
Le président soudanais Omar el-Béchir,
tout comme ses voisins tchadien Idriss Deby et centrafricain François
Bozize seront au rendez-vous. Jacques Chirac devrait donc tenter de convaincre
M. El-Béchir d’accepter le déploiement de casques bleus au Darfour,
où les violences ont fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de
déplacés.

Autre
difficulté pour Paris, imprévue à ce niveau : à
la veille de l’ouverture de cette XXIVe Conférence, la juge d’instruction
chargée de l’enquête sur la mort du magistrat français
Bernard Borrel en 1995 à Djibouti a convoqué comme témoin
le président de ce pays, Ismaël Omar Guelleh, attendu à
Cannes.

La magistrate
Sophie Clément l’a convié pour vendredi, mais il est peu
vraisemblable que l’intéressé s’exécute car il
est protégé par l’immunité dont bénéficient
tous les chefs d’Etat en exercice. Magistrat français détaché
à Djibouti, Bernard Borrel a été retrouvé mort
et brûlé le 19 octobre 1995 à 80km de la capitale djiboutienne.
Ce dossier empoisonne les relations entre Paris et Djibouti, qui accueille
une importante base militaire française. La veuve du magistrat, Elisabeth
Borrel, accuse en effet le président Ismaël Omar Guelleh d’être
le commanditaire de l’assassinat de son mari, ce que conteste Djibouti.

Enfin,
le président algérien Abdelaziz Bouteflika a aussi fait le déplacement
alors que les relations entre les deux pays ont été marquées
par une polémique sur la colonisation française.

En revanche,
le Sud-africain Thabo Mbeki et l’Ivoirien Laurent Gbagbo seront absents, tout
comme le président zimbabwéen Robert Mugabe interdit de séjour
en Europe par l’UE en raison de violations des droits de l’Homme depuis 2002.
(…)