16/03/10 (B542) France Soir : – Plainte à Paris contre le président de Djibouti (Plainte déposée par Charles Boreh)

Samy Mouhoubi

Charles Boreh, homme d’affaires et ressortissant franco-djiboutien, a déposé plainte contre l’actuel chef de l’Etat de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, ainsi que son épouse Odette Haïd.

Enregistrée le 24 février 2010 devant le doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance (TGI) de Paris, cette plainte, rédigée par Me Olivier Morice, vise nommément le couple présidentiel et « tous autres » pour « extorsion », « enlèvement et séquestration », « torture et acte de barbarie », ainsi qu' »assassinat ».

Officiellement candidat à la magistrature suprême en vue du scrutin de mars 2011, Charles Boreh, 50 ans, conteste au président Guelleh – dont il fut le mandataire financier – la possibilité de rempiler pour un troisième mandat, une hypothèse proscrite en l’état actuel de la constitution de Djibouti.

03/01/09 (B481) Le Journal de la Flibuste / France-Soir / Pirates – La Marine nationale déjoue une attaque de flibustiers

Philippe Cohen-Grillet

La première opération aéronavale de l’Union européenne porte ses fruits. Huit pirates ont été mis en échec.

« Atalante » a sauvé Vénus. Traduction : l’opération aéronavale lancée par l’Union européenne, à l’initiative de la France, a permis de mettre en échec la énième tentative d’abordage d’un navire dans le golfe d’Aden.

Au premier jour de l’année, le bâtiment tricolore baptisé Premier-Maître-l’Her reçoit un appel de détresse du cargo panaméen Vénus, attaqué par des pirates.

La marine française croisant au large de la corne de l’Afrique se met aussitôt en chemin et au secours du bateau en péril. Sans doute découragés par cette initiative, et voyant surtout s’approcher un hélicoptère Fennec, les flibustiers renoncent à prendre d’assaut le navire.

Rebelote, quelques heures plus tard. Le Vénus lance un nouvel SOS.

Cette fois, les militaires français arrivent à temps et arraisonnent les pirates.

05/11/08 (B472) France Soir // Défense – La Royale part à l’abordage des pirates.

Par Philippe Cohen-Grillet

Hier, à Djibouti, le ministre de la Défense est allé à la rencontre des soldats français qui traquent les bandits des mers.

Les rêveurs et nostalgiques en seront pour leurs frais. Les lointains successeurs de Rakam Le Rouge ont perdu en folklore. Les pirates d’aujourd’hui tiennent plutôt du croisement entre Surcouf et Rambo : ils sont organisés, structurés et solidement armés. A bord de leurs embarcations, baptisées skiff par l’armée française, ils n’hésitent pas à prendre d’abordage les navires qui croisent leur route, écumant les eaux du golfe d’Aden.

« Depuis le début de l’année, nous avons été confrontés à cent dix tentatives de piraterie, dont trente et une ont été un succès pour leurs auteurs », comptabilisait, hier, le vice-amiral Gérard Valin, commandant des forces françaises pour l’océan Indien. A bord de la frégate Courbet, croisant au large de Djibouti, il accueillait le ministre de la Défense Hervé Morin et son homologue espagnole, Carme Chacon Piqueras. L’occasion pour les deux ministres de signer une « déclaration d’intention » visant à poser les bases d’une force européenne d’intervention contre la piraterie (lire ci-dessous).

3,5 millions de barils de brut par jour

Entre la Corne d’Afrique et le Yémen, le golfe d’Aden est un point de passage stratégique. « Tous les ans, 16.000 bateaux empruntent ce rail de navigation et 3,5 millions de barils de brut en provenance du golfe Persique y transitent chaque jour », relevait Hervé Morin. Impossible de poster un bâtiment de guerre derrière chaque navire commercial sur une étendue d’eau grande comme la moitié du territoire français.

La Royale joue donc au chat et à la souris avec les pirates. « Notre première mission est d’effectuer du renseignement, de repérer les bateaux suspects ou qui ne devraient pas se trouver là », explique le pacha du Courbet. Illustration, le 26 août dernier, la frégate repère un skiff manœuvré par une dizaine d’hommes et traînant dans son sillage deux autres embarcations, apparemment vides. La reconnaissance aérienne fait apparaître que celles-ci transportent en fait… des échelles ! « Pas très utile pour la pêche », remarque le commandant français.

Il s’agissait de pirates en quête d’une proie. Aussitôt, le Courbet les prend en chasse. S’ensuit une traque qui durera plusieurs jours et nuits : approche, intimidation, montrer sa force pour ne pas avoir à s’en servir. La dizaine de flibustiers s’était postée au beau milieu du rail de navigation, attendant tranquillement qu’un navire vulnérable croise sa route. La marine française a alerté du péril les bateaux croisant dans les parages. Cette fois, les pirates sont rentrés bredouilles.

Ces paramilitaires attaquent au lance-roquettes

Ces bandits des mers ne sont pas pour autant des amateurs qui canotent le couteau entre les dents au petit-bonheur-la-chance. « Ce sont de vrais professionnels, explique l’amiral Valin qui parle d’expérience. Leur organisation est paramilitaire. Ils disposent de moyens importants et d’équipements performants pour mener un assaut. » Les pirates échangent avec leur base arrière via des moyens de communications perfectionnés. Le sabre est rengainé, un abordage se fait désormais sous la menace de lance-roquettes et kalachnikov au poing. Durée d’un assaut, quinze minutes tout au plus.

En avril dernier, les trente Français de l’équipage du Ponant ont enduré une telle mésaventure avant d’être libérés par les commandos-marine. Une partie de la rançon a été récupérée et six des pirates, capturés, attendent aujourd’hui d’être jugés en France. Même scénario en septembre avec la prise en otage d’un couple à bord du voilier le Carré d’As. Cette fois, le sang coulera. Un pirate a été tué par l’armée française.

Largage à haute altitude

Pour libérer le Ponant, les militaires ont mis en œuvre une technique bien particulière et à haut risque : le largage par avion et à haute altitude d’un commando-marine avec son équipement, embarcation comprise, un « trapon » dans le jargon de la Royale. En quelques minutes, les hommes assemblent leur matériel dans l’eau et foncent sur l’objectif. Hier, sur le pont d’envol hélico du Courbet – 35° C à l’ombre et pas d’ombre –, les ministres français et espagnol devaient assister à la démonstration d’un « trapon ».

Las, la mer du golfe d’Aden était quelque peu agitée, le show est donc tombé à l’eau. Plus précisément, il a été limité au largage de matériel. Espérons donc que la prochaine attaque de pirates se déroulera par temps clair, si possible dans la rade de Toulon. Mais plus sérieusement, il eut été en effet bien inutile de faire courir le moindre risque aux hommes.

D’autant que les commandos-marine auront prochainement, à coup sûr, l’occasion d’exercer leurs talents. Un officier confie que l’armée a identifié au moins « trois bandes structurées de pirates ». Chacune compte près de 400 soldats « déterminés », et qui n’ont pas grand-chose à perdre. En fin de semaine dernière, de l’autre côté de l’Afrique, dix hommes dont six Français, employés d’une firme pétrolière, ont été à leur tour pris en otage par des pirates dans le golfe de Guinée.

Leurs revendications restent floues et, a priori, seraient plus politiques que motivées par l’appât du gain. Hier, Hervé Morin préférait « ne rien dire » de cette situation de crise pour des raisons de sécurité. Après avoir brandi la menace, les pirates auraient renoncé à exécuter les hommes un à un.

21/04/08 (B444) France-Soir : Djibouti – La base française reste stratégique (Info lecteur)

Maud Guillaumin,

Le ministre de la Défense a réaffirmé jeudi la volonté de Paris de poursuivre sa coopération avec les autorités djiboutiennes, en particulier dans le domaine de la défense.

L’affaire du Ponant a permis à la France « de tirer des enseignements », selon Hervé Morin. Lors de sa visite jeudi dernier à Djibouti, le ministre de la Défense a souligné que « la présence française sur tous les océans et les forces positionnées à des endroits stratégiques ont permis de réaliser cette opération avec succès, comme cela a aussi été le cas au Tchad. Cela nous différencie de la plupart des pays du globe ».

Une différence que la France espère bien préserver à Djibouti. Reçu par le président Ismaïl Omar Guelleh, Hervé Morin a d’ailleurs réaffirmé « la volonté de la France de continuer à coopérer avec la République de Djibouti » dans différents domaines et en particulier dans le domaine de la défense, soulignant l’importance de la présence française à Djibouti et affirmant qu’elle serait maintenue.

Terrain de jeu

Si la convention de 2003, signée pour une durée de dix ans, inscrit cette présence militaire dans la durée, les forces françaises de Djibouti (FFDj) savent qu’elles pourraient bientôt se retrouver « hors jeu » dans la Corne de l’Afrique. La protection extérieure accordée dans le cadre de la convention n’a plus la même porté. Depuis 2002, les Américains ont eux aussi une base qui compte plus de mille GI. Autre danger, économique cette fois : l’influence de Dubaï qui vient là aussi perturber l’hégémonie française.

Grâce à la progression des échanges commerciaux avec la Chine et les investissements directs à l’étranger en provenance des pays arabes (Dubaï et Arabie saoudite), Djibouti a connu un regain de croissance économique de plus de 5 % en 2007. Si la France reste le premier bailleur de fonds, sans compter les dépenses liées à la présence des 2.800 militaires sur place, la concurrence se fait sentir.

Et les 30 millions d’euros versés en contrepartie de l’utilisation de son « terrain de jeu » ne suffiront peut-être plus dans quelques années. Or, stratégiquement parlant, Djibouti reste un terrain d’entraînement crucial pour les Français. Un terrain désertique ressemblant à l’Afghanistan, sans entrave pour s’exercer à des opérations maritimes, terrestres et aériennes.

La machine a d’ailleurs réagi parfaitement lors de la libération des otages du Ponant.

La France a profité de ses forces prépositionnées à Djibouti et a pu utiliser ses bases permanentes pour réagir vite. Un choix coûteux mais qui, selon l’état-major, s’est révélé une nouvelle fois indispensable.

03/03/2000 – France-Soir: Enquête sur la mort d’un juge.

Crime ou suicide ? Plus de quatre ans après les faits, des magistrats parisiens partent à Djibouti pour enquêter sur la fin tragique de Bernard Borrel.