01/12/05 (B326) Communiqué du FRUD sous la signature de Mohamed Kadamy pour dénoncer le nouveau massacre d’Arhiba.

FRONT POUR LA RESTAURATION DE L’UNITE ET DE LA DEMOCRATIE
F.R.U.D

COMMUNIQUE DE PRESSE

Bruxelles, le 30 novembre 2005

Le régime de Djibouti serti d’impunité pour tous ses forfaits commis depuis juin 1977, vient de réitérer son exploit sanglant en tuant 8 personnes dont deux femmes, blessant 30 autres et en prenant en otage dix personnes dans le quartier Arhiba de la capitale le 30 novembre 2005.

La gendarmerie, la police et la garde présidentielle se conduisant comme des véritables bandes armées, sous prétexte de décasement, ont tué de sang froid 8 personnes habitants ce quartier martyr, qui s’opposaient à la destruction de leurs habitations de fortune et des tombes de 59 personnes massacrées par les forces de l’ordre le 18 décembre 1991.

Le F.R.U.D condamne l’assassinat des civils innocents qui s’inscrit dans une longue suite d’exécutions extrajudiciaires.

Le chef de l’Etat Ismael Omar Guelleh, qui a bouché l’horizon politique et anéanti tout espace démocratique, grisé par l’impunité dont il jouit depuis 1977, assumera personnellement toutes les conséquences de ces actes odieux indignes d’un chef d’Etat.

Mohamed Kadamy Youssouf
Président du Comité du FRUD

24/09/05 (B317) IMPORTANT : le FRUD Armé dénonce les accords de Paix du 12 mai 2001, pour non application et violations multiples des termes. (Info LDDH)

Djibouti, le 24 septembre 2005

COMMUNIQUE DE PRESSE

L’ARD DÉNONCE

L’ACCORD DE PAIX DU 12 MAI 2001

Quatre ans et quatre mois après la signature de l’Accord de paix du 12 mai 2001 et un an après la disparition de son fondateur, cosignataire dudit Accord, le regretté Ahmed Dini, l’ARD a clôturé mercredi dernier une consultation populaire relative aux limites de l’action politique et à l’actualité de la paix civile. La base militante et les démobilisés du FRUD-armé ont adopté la résolution portant dénonciation de l’Accord de paix du 12 mai 2001, pour cause de violations systématiques et intolérables par le régime.

La reconduction des causes du conflit et le refus d’en traiter les conséquences, dont est coupable la partie gouvernementale justifient cette décision historique.

I) RECONDUCTION DES CAUSES DU CONFLIT:

a) L’égalité devant la citoyenneté reste une fiction car l’octroi des pièces d’identité nationale est dénié aux citoyens des districts du Nord et du Sud-Ouest. De même, la marginalisation persiste au niveau des emplois civils et militaires.

b) Les réformes démocratiques prévues par cet Accord ont été sabotées, rendant inutile toute participation à quelque compétition électorale que ce soit, comme l’ont amplement démontré la servilité partisane du Conseil Constitutionnel et de la CENI, ainsi que le déroulement des deux dernières consultations électorales, sans oublier les entraves au fonctionnement normal des partis politiques d’opposition.

c) La Décentralisation telle qu’adoptée par les deux parties signataires a subi d’inacceptables altérations que le régime se propose de concrétiser par des élections régionales qu’il prétend prochainement organiser et auxquelles l’ARD ne saurait apporter la plus infime caution.

II) REFUS DE TRAITER LES CONSÉQUENCES DU CONFLIT:

d) La reconstruction des zones dévastées s’est limitée, à Obock, à la construction de quelques logements indécents et à leur octroi sur une base strictement partisane. Aucun programme de réhabilitation pour assurer un cadre de vie décent n’est encore à l’ordre du jour partout ailleurs, de Yoboki à Moulhoulé, en passant par le Day et Randa.

e) L’indemnisation des civils dont les biens ont été détruits ou pillés n’a jamais été une préoccupation gouvernementale.

f) La réinsertion des cadres et anciens combattants, dispositif essentiel de tout retour à la paix partout ailleurs où il y a eu conflit dans le monde, est ici oubliée.

Tout en restant fermement attachée à la paix et à la démocratie, l’ARD, continuité historique du FRUD-armé, gravement préoccupée par cette reconduction du statu quo ante à l’origine du conflit civil, est aujourd’hui dans l’obligation de prendre officiellement acte du refus systématique opposé par le régime à une application honnête et concertée des dispositions de l’Accord de paix du 12 mai 2001.

Le respect pour les sacrifices hier consentis et la conscience des souffrances encore endurées par la population djiboutienne imposent cette décision à l’ARD : l’aggravation persistante des conditions de vie de nos concitoyens est due au fait que le régime, restant en état de guerre intérieure, oriente ses priorités budgétaires vers la répression.

Désormais, le régime assumera seul les inévitables conséquences des sabotages qu’il s’acharne à perpétrer contre la paix, la démocratie et le développement. Toute oppression doit cesser : nul ne peut impunément condamner son prochain au désespoir.

NNN

Le Président de l’ARD
Ahmed Youssouf Houmed

____________________________________ Note de l’ARDHD
Cette décision est importante. Depuis plusieurs mois, nous nous inquiétons de l’évolution de la situation à Djibouti et du risque d’un embrasement généralisé à Djibouti et dans la région.

Il est clair que la politique et que les décisions de Guelleh, qui met le feu aux poudres dans la région, qui a approvisionné des tribus avec des armes provenant souvent d’Afrique du Sud et qui asservit tout un peuple au profit de sa famille, de sa belle-famille et de sa tribu, ne peut que créer un terrain fertile à toutes les explosions incontrôlables.

Guelleh portera la responsabilité des troubles qui pourraient naître et la France continuera-t-elle, soit à fermer les yeux, sous à les ouvrir tout grands pour exprimer son étonnement, face à une situation annoncée, mais qu’elle n’avait pas anticipée ?