25/10/09 (B522) 16ème anniversaire de l’arrivée des premiers réfugiés djiboutiens à Addis Abeba. L’UA adopte un document historique sur la protection des réfugiés (par Xinhuanet – Info lectrice)

Les dirigeants africains participants au sommet spécial de l’Union africaine (UA) sur les réfugiés les 22 et 23 octobre ont adopté vendredi à Kampala la Convention de l’Union africaine pour la protection et l’assistance des personnes déplacées internes en Afrique, instrument juridique historique pour résoudre le problème des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées internes (PDI).

Le sommet de deux jours a également abouti à la signature de la Déclaration de Kampala sur les réfugiés, les rapatriés et les personnes déplacées internes en Afrique.

Le président ougandais, Yoweri Museveni, qui a clôturé la réunion de deux jours, a indiqué que la convention est importante pour des millions d’Africains qui ont été déracinés par les conflits et les catastrophes naturelles.

Il a appelé les gouvernements africains à signer et à ratifier cette déclaration afin que le problème des PDI soit résolu.

Le président zambien, Rupiah Banda, a quant à lui indiqué que la signature de la convention montre l’engagement des dirigeants pour s’assurer qu’ils n’oublient pas les personnes déplacées.
D’après lui, le défi désormais est de garantir l’application des dispositions rapidement afin que les personnes déplacées puissent jouir de leurs droits.

« La mission qui est devant nous est de faire en sorte que les personnes déplacées internes jouissent de leurs droits en appliquant les dispositions de la convention rapidement », a-t-il indiqué.

Julia Dolly Joiner, commissaire de l’UA chargée des affaires politiques, a appelé les Etats africains à traduire leur intention de résoudre le problème des réfugiés et des PDI en action en signant et ratifiant rapidement la convention.

« Ce sera la démonstration la plus visible que les Etats membres sont prêts à aller au-delà des intentions et de la rhétorique et à prendre des actions visibles et dans l’avenir immédiat apportera plus d’espoir aux millions de déplacés dans nos pays et communautés », a-t-elle souligné.

Les leaders ou représentants des 46 pays membres de l’UA ont participé au sommet spécial. D’après la convention récemment adoptée, les Etats ont accepté de coopérer tout en s’attaquant aux causes du déplacement forcé.

Ils ont accepté d’établir des mécanismes nationaux de haut- niveau pour résoudre le problème du déplacement forcé.

Ils ont également appelé à la fin des ingérences extérieures comme le soutien des mercenaires et le parrainage des groupes armés qui ont alimenté les conflits sur le continent, déracinant des millions de personnes. Les dirigeants africains se sont réunis ici dans la capitale ougandaise pour le sommet spécial de l’UA afin de résoudre le problème grave du déplacement forcé des populations.

Le sommet a été organisé pour trouver les causes du déplacement forcé en Afrique. La déclaration de Kampala devrait accroître la coordination entre les pays pour protéger et aider les populations déplacées, estimée à plus de 17 millions en Afrique.

La Convention de l’UA pour la protection des déplacés

Voici les principaux points de la « Convention pour la protection et l’assistance » aux déplacés en Afrique adopté vendredi 23 octobre 2009 par l’Union africaine (UA).

Dans le préambule, les chefs d’Etat se disent « conscients de la gravité de la situation des personnes déplacées internes, source d’instabilité constante et de tension pour les Etats africains ».

Le texte rappelle « le manque de cadre légal et institutionnel contraignant pour la prévention des déplacements internes et l’assistances aux déplacés ».

Les Etats s’engagent selon l’article 3 à « interdire et prévenir tout déplacement arbitraire de population, (…) à respecter et assurer le respect des principes d’humanité et de dignité humaine des personnes déplacées ».

Pour lutter contre l’impunité, ils s’engagent « à assurer la responsabilité individuelle pour les actes de déplacement arbitraire, en accord avec les lois domestiques et le droit criminel international ».

Les Etats membres « doivent déclarer comme des crimes punissables par la loi les actes de déplacement arbitraire qui relèvent du génocide, des crimes de guerre et crimes contre l’humanité ».

Le respect des travailleurs humanitaires est aussi rappelé tout en soulignant que ceux-ci doivent rester « neutres », et les Etats sont censés prendre des mesures pour que les « groupes armés » non-étatiques qui « doivent être tenus pour criminellement responsables pour leur actes qui violent les droits des déplacés internes selon le droit international et national ».

La convention prévoit que « l’UA peut avoir le droit d’intervenir dans un Etat membre, en fonction d’une décision de l’Assemblée (des chefs d’Etat) en cas de circonstances graves comme des crimes de guerre, génocide et crimes contre l’humanité ».

L’article 12 prévoit « des compensations justes et équitables, et d’autres formes de réparations pour les déplacés pour les dommages causés par le déplacement en accord avec les standards internationaux »

15/10/09 (B520) 16 ème anniversaire de l’arrivée des premiers réfugiés Djiboutiens en Ethiopie. Un lecteur nous écrit …

Le 5 juillet 1993, l’armée djiboutienne a lancé une offensive généralisée sur tous les fronts, au nord et au sud-Oeust – que les résistants du FRUD tenaient depuis novembre 1991..

Fuyant les combats qui faisaient rage un peu partout dans l’arrière-pays, les populations civiles se réfugièrent massivement dans les zones frontalières avec l’Ethiopie et/ou l’Erythrée.

Près de 18.000 personnes ont été ainsi accueillies par les deux pays voisins de Djibouti. Les années sont passées. Les relations diplomatiques entre les voisins ont connu des hauts et des bas, au gré des intérêts économico-géo-stratégiques, pour être au beau fixe ces dernières années, entre Djibouti et l’Ethiopie et à la tempête entre Djibouti et l’Erythrée.

Le réchauffement des relations djibouto-éthiopiennes n’est pas un léméent favorable à nos concitoyens ayant choisi – faute de mieux – de se réfugier en Ethiopie.

Cela fait 16 ans qu’une vingtaine de familles djiboutiennes (sur des milliers) , attendent une hypothétique réinstallation, quelque part dans le monde. L’ancienne Abyssinie, connue autrefois pour son hospitalité, ne cahce plus un réel agacement du fait de la présence, sur son sol, des réfugiés djiboutiens (en majorité issue de la communauté Afar). Tous les moyens sont bons pour se débarrasser de ces réfugiés jugés encombrants.

En 1996, une opération de rapatriement « volontaire» aavait été organisée conjointement par les autorités des deux pays, avec le concours technique et financier du HCR Haut commussariat des Nations-Unies pour les réfugiés .

Aucun succès n’a été enregistré. Pire, aucune des promesses ni des engagements pris, n’ont jamais été respectés par les deux Etats. Rien d’étonnant !!!

Décembre 2007, la petite Hasna Mohamed Hassan, fillette à peine âgée de 12 ans, vivant avec son père, réfugié djiboutien de la première heure, à été séquestrée pendant 45 jours par un individu de 23 ans, de nationalité éthiopienne. A peine libérée par son tortionnaire, elle avait été emprisonnée par les autorités locales sous des prétextes aussi fallacieux que grotesques.

Double peine
Considérant probablement qu’elle n’en avait pas assez «bavée» pendant 6 semaines entre les mains du malfrat éthiopien, elle avait été condamnée à six mois de prison ferme et bien que mineur (12 ans !) elle avait été incarcérée dans un établissement pénitentiaire qui abrite environ 2.000 détenus adultes..

Pour faire libérer cet enfant, la mobilisation internationale s’est mise progressivement en action. Deux hommes se sont illustrés pour venir en aide à cette malheureuse gamine des faubourgs d’Addis-Abéba. Jean-Loup Schal, président de l’Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD) et Omar Ali Gabasseh, ancien réfugié djiboutien d’Addis-Abéba, aujourd’hui installé au Danemark. Les deux hommes n’ont pas ménagé leurs efforts pour mobiliser autour d’eux-même d’abord, tous leurs réseaux relationnels et pour développer une opération d’envergure internationale.

L’association Survie s’est jointe à l’ARDHD pour défendre la cause d’Hasna. Puis, ils furent rejoints par de nombreuses Associations de Défense des Droits de l’Homme et des Enfants et des établissements scolaires français qui ont apporté leurs forces pour gagner la bataille contre les autorités éthiopiennes, geôlières d’enfants.

Plusieurs manifestations avaient été organisées devant la représentation diplomatique éthiopienne à Paris dont la dernière qui s’est achevée sur un impressionnant lâcher de ballons .

Agacée, l’Ambassadrice d’Ethiopie, a fini par convaincre son pays de céder car ici en France, on ne lâche pas ! La petite Hasna avait été finalement libérée après plusieurs semaines de prison.

Tout le mérite de ce travail titanesque et quotidien, revient à l’ARDHD, à SURVIE et aux autres associations qui ont soutenu ce combat et qui ont relayé les informaitons.

L’absence de réaction, à l’époque, de la part des formations politiques d’opposition djiboutienne (hormis deux : Uguta-Toosa et le GED) avait été très remarquée. Certains se demandent encore aujourd’hui si ces formations n’avaient pas des intérêts communs ou partagés avec le régime éthiopien de Zénawi ?

Rien n’est moins sûr et rien ne permet de confirmer cette hypothèse.

En tous cas, la non implication de l’opposition djiboutienne dans son ensemble dans le dossier Hasna, a suscité bien des interrogations.

Aujourd’hui, le sort des réfugiés djiboutiens d’Addis-Abeba, n’est plus oublié, alors qu’il l’avait été pendant de si longues années.

Un premier visa français pour une famille djiboutienne réfugiée.

L’annonce du premier visa qui est octroyé par la France à une mère de famille (veuve avec deux enfants) pour sa réinstallation en France ne peut que nous réjouir. D’autres dossiers sont en cours d’instruction et nous espérons qu’ils connaîtront un dénouement aussi heureux.

Tout ceci a pu être réalisé, que grâce à la pugnacité et à la détermination d’une équipe d’hommes et de femmes, qui ont accepté de donner un peu de leur temps, de leurénergie et de leurs moyens, à nos frères et à nos soeurs, oubliés pendant des années, mais qui ont toujours besoin de nous tous : les réfugiés djiboutiens d’Addis-Abeba.

Enconre un grand bravo à toute l’équipe de l’ARDHD, de SURVIE et bravo à Jean-Loups Schaal et Omar Ali Gabasseh, sans oublier Laurence Dawidowicz et Anne-Marie de Vaivre qui ont pris une part plus qu’active à la bataille d’abord pour la libération d’Hasna et pour que des réponses humaines soient données aux familles des réfugiés.

Un Djiboutien qui suit
avec attention les dossiers des réfugiés

13/10/09 (B520) 16ème anniversaire de l’arrivée des premiers djiboutiens réfugiés à Addis Abeba. Une mére de famille et ses deux enfants obtiennent un premier visa pour une réinstallation en France. (ARDHD)

Ce mardi, le Comité de soutien aux réfugiés à reçu la confirmation du fait que la France avait accordé un premier visa de réinstallation à une mère de famille réfugiée à Addis Abeba avec deux enfants.

C’est peu et c’est déjà beaucoup ! Parce que c’est une première ! Mais ce ne sera pas la dernière

Trois autres dossiers familiaux sont en instance auprès des autorités françaises et nous espérons avoir de bonnes nouvelles en ce qui concerne ces familles.

Le Comité de soutien tient à remercier le HCR pour les efforts accomplis afin de faire avancer des demandes de réinstallation formulées par des réfugiés djiboutiens à Addis et il se félicite de cet heureux dénouement qui est le résultat d’un travail en profondeur effectué par ses membres et en particulier par les deux co-représentants des réfugiés.

(A suivre)

05/10/09 (B519)  16ème anniversaire de l’arrivée des premiers réfugiés djiboutiens à Addis. Les arrestations systèmatiques des jeunes du nord de Djibouti, provoquent un nouvel afflux de réfugié en Ethiopie. (Omar Gabasse)

Je vous envoie ces informations sur la base des précisions que je viens de recueillir auprès des réfugiés Djiboutiens en Ethiopie.

Depuis l’accrochage entre le FRUD Armée et l’Armée djiboutienne, le 30 Août dernier, à Mabla au nord de Djibouti, l’Armée djiboutienne emprisonne et torture tous les jeunes bergers du nord. Elle agit dans le silence le plus complet. Tous les bergers sont accusés systématiquement et sans aucune vérification, d’appartenir à la rébellion. Automatiquement ils sont arrêtés .

Cela explique que plusieurs jeunes originaires du nord de Djibouti aient été obligés de quitter la région pour se réfugier en Ethiopie, afin d’échapper aux arrestations systèmatiques,

La majorité d’entre eux se trouve actuellement a Logya qui est située à 400 km d’Addis. Ils survivent dans les rues, sans aucune assistance. D’autres se sont rendus à ADDIS où ils vivent de la solidarité des réfugiés qui bénéficient de l’assistance sociale et qui partagent généreusement avec eux, leurs ressources déjà très insuffisantes.

Cet afflux ne fait qu’augmenter le nombre des réfugiés sans statut. Le responsable est le régime dicatorial de Guelleh, mais le HCR ne peut pas fermer les yeux et ignorer ces jeunes, leur situation et l’impossibilité pour eux de rester dans leur pays, sous peine d’arrestations et de tortures systématiques.

Je lance un nouvel appel au UN HCR d’Addis pour qu’il enregistre tous les réfugiés Djiboutiens présents en Ethiopie et qu’il prenne en compte le contexte réel auquel sont confrontées les jeunes générations du nord du Pays, en proie à des harcèlements soit de l’Armée nationale, soit de milices tribales hostiles qui opèrent maintenant, sous l’indifférence totale des Français et des Américains, qui ne peuvent ignorer la situation..

Nous demandons également la création d’un camp pour accueillir ces réfugiés dans la région AFAR .

OMAR ALI GABASSE
CO-representant des refugies Djiboutiens en Europe .

20/09/09 (B517) 16ème anniversaire de l’arrivée des premiers réfugiés djiboutiens en Ethiopie.

Je souhaite une bonne fête de l’Aïd à toutes les Djiboutiennes, tous les Djiboutiens en particulier et à tous les Musulmans du monde entier.

A l’occasion de cette fête, j’adresse tout particulièrement un message à toutes mes soeurs et à mes frères qui sont réfugiés. Mes meilleurs voeux et que le ciel exauce leurs prières.

Mes soeurs et mes frères, vous avez fait preuve de patience et d’endurance pour supporter ce statut de réfugié pendant 16 années.

J’espere que le HCR va enfin se mobiliser pour vous trouver une solution acceptable, qui vous permettent de vous réinstaller dans un pays d’accueil, avec les mêmes droits que les autres citoyens, ce qui n’est pas le cas actuellement.

En dépit des efforts déployés et des promesses, nous savons que rien n’a bouge pour vous. Depuis que le comité d’aide aux réfugiés s’est entretenu avec le HCR de Paris, la fameuse Negeta Mengesa, fonctionnaire Ethiopienne en poste au bureau du HCR d’Addis, continue à bloquer les dossiers et à menacer de plus belle les pauvres refugies qui souffrent depuis 16 ans.

En dépit des assurances du bureau de Paris,
Negeta Mengesa refuse toujours d’interviewer les personnes dont les dossiers ont été retournés par le bureau de Nairobi (KENYA), voilà bientôt 9 mois pour des compléments d’information.

Sans qu’il ne soit question d’ingérance dans les affaires du HCR, une question se pose : pour quelles raisons les dossiers subissent-ils un si long retard ?
Pourquoi cette injustice envers de pauvres gens atteints psychologiquement par les differentes situations qu’ils ont endurées durant leur exil en Ethioipie.

Où est l’humanité dans tout cela et le secours international, que les signataires de la charte du HCR, s’étaient engagés à promouvoir et à respecter ?

Je renouvelle mon appel aux bureaux du HCR à Genève et à Paris pour

1°)
qu’ils accelèrent le processus de réinstallation de ces 20 premières familles qui ont été reconnues comme satisfaisant aux critères imposées.

2°) qu’ils enregistrent tous les réfugiés qui vivent éparpillés en Ethiopie depuis 16 ans.

Il faut que la hiérarchie du HCR sache que ces Djiboutiens d’origine AFAR sont les premières victimes de la politique d’oppression qui est conduite par les gouvernements Djiboutien et Ethiopien, dans toute la Corne de l’Afrique.

Je le dis tout haut ! Mes soeurs et mes frères sont bloqués en Ethiopie au seul motif d’être issue des communautés AFAR.

Des milliers de réfugiés Eritreens ont été réinstallés un peu partout dans le monde par le HCR d’Addis.

Contrairement aux Djiboutiens, les réfugiés érithréens bénéficient de tous les droits et secours du HCR (sécurité sociale, …). Jamais ils n’ont été victimes de harcèlement ou d’emprisonnement extra-judiciaire.

Mais attention, car les réfugiés érithréens d’origine Afar, qui sont des milliers à Logya, par exemple, sont victimes aussi de la discrimination éthnique. Contrairement à leurs compatriotes issus d’autres communautés, qui ont été réinstallés aux USA, au Canada ou en Australie

C’est pourquoi je demande également au HCR d’affecter un nouvel « officier » traitant à ces réfugiés djiboutiens et de plus confier leur avenir et leur désespoir à Negeta Mengesa, qui n’a d’autre comportement que de les humilier aussi souvent qu’elle le peut.

A tel point, que les réfugiés refusent désormais de se confier à elle !

Comment un refugie djiboutien d’origine AFAR peut-il dire à une éthiopienne qu’il a été arrêté et/ou emprisonné illégalement par des officiers de la police ethiopienne, dont elle est issue elle-même ? Les responsables du HCR attendent-ils un autre scandale internationale comme celui de la malheureuse Hasna pour consentir à évoquer le probleme des refugies Djiboutiens ?

Il est déjà difficille d’être issu de la communauté AFAR pour vivre dans la corne de l’Afrique. Il est encore plus difficille d’être un refugié AFAR .

Pour terminer, je lance un appel aussi à la Diaspora djiboutienne partout dans le monde pour qu’elle mobilise une aide financière et/ou médicale pour venir en aide à ses soeurs et frères refugiés en Ethiopie.

Omar Gabasse
Co-représentant des réfugiés djiboutiens en Europe.

30/08/09 (B514) 16ème anniversaire de l’installation des premiers réfugiés djiboutiens en Ethiopie. Récit d’un ancien réfugié qui a bénéficié de la réinstallation en Europe du Nord. « Si moi qui vit maintenant dans un pays libre, je n’ai jamais pu éliminer la peur que nous avions à Addis, imaginez ce qu’il en est pour nos camarades qui sont toujours « cloués » à Addis.

Voici pour vos lecteurs, les évènements que j’ai personnellement vécus lors de mon exil en Ethiopie entre 1994 et 2002.

J’y ai subi toutes sortes de mauvais traitements comme par exemple l’incarcération et l’injustice. Tous les refugiés djiboutiens qui sont encore « cloués » en Ethiopie endurent cela depuis leur arrivée jusqu’à ce jour.

Personnellement j’ai eu la chance de pouvoir échapper à cette galère en obtenant la réinstallation dans un pays d’accueil.

Dès septembre 94, j’avais compris que le Commandement supérieur qui était resté dans le maquis était constitué d’éléments perturbateurs comme Ougoureh Kifleh.

Son groupe n’avait qu’un objectif : celui d’empêcher la réorganisation du front (*FRUD – Note de l’ARDHD).

C’est ainsi que j’ai compris que nous étions trahis « par les nôtres » ou par ceux qui tentaient de faire croire qu’ils étainet des nôtres. Cette affreuse découverte m’avait totalement désorienté, découragé et même rendu malade.

Je n’avais plus d’autre alternative que d’ abandonner la lutte et c’est pourquoi, j’ai rejoint les réfugiés à Eli Daar.

Dés mon arrivée à Eli Daar, les ennuis ont commencé.

D’abord, j’ai été arrêté par la police locale, puis emprisonné. Après sept jours de détention, j’ai été interrogé par un officier de police qui me reprochaient d’appartenir toujours au FRUD.

Ils n’avaient aucune preuve en main mais ils prétendaient qu’ils avaient des témoignages accusateurs, affirmations qui se sont révélées sans fondement. C’est pourquoi, après vingt-et-un jours de détention, j’ai été relâché.

Au début du mois de février 95, j’ai été de nouveau arrêté, puis séquestré et enfin torturé avec plusieurs de mes compatriotes pour avoir protesté contre le préfet de la région.

Ce Préfet voulait détourner les vivres que le HCR octroyait aux réfugiés. Nous voulions seulement dénoncer cette injustice et réclamer nos droits.

C’est exactement ce qu’il ne fallait pas faire dans un monde où les faibles n’ont pas le droit de parler, ni surtout de contester. Nous n’avons été libérés que trois mois plus tard.

En mai 95, j’ai été arrêté de nouveau. Cette fois pour avoir empêché un officier de police d’agresser une Djiboutienne, en abusant de son pouvoir..

Puis en août 95, j’ai été enfermé parce que j’avais participé à la grande manifestation des refugiés djiboutiens qui avait été durement réprimée par les militaires éthiopiens.

Il y avait eu un affrontement musclé entre nous (les réfugiés) et les autorités éthiopiennes. Les conséquences ne se sont pas fait attendre : arrestation générale de tous les réfugiés. La moitivation de notre action venait du fait qu’un refugié djiboutien avait été égorgé à 7 km d’Eli Daar.

Coprenant que la hiérarchie était consituée de hors-la-Loi, nous avons pris la décision de nous plaindre auprès du Sultan Ali Mirah Hanfareh. Nous lui avons exposé tous les actes de harcèlement dont nous étions les victimes et la partialité, avec laquelle, les différents corps éthiopiens nous jugeaint systématiquement.

Le Sultan nous a très bien reçus et il nous a réconfortés. Il a été très généreux avec nous. Son intervention a été fructueuse et nous avons été très satisfaits.

La majorité des policiers qui s’étaient acharnés contre nous ont été mutés et le préfet de la région a été démis de ses fonctions.

Les refugiés avaient retrouvé un peu de tranquillité.

Je saisis cette occasion pour remercier le Sultan Ali Mirah Hanfareh pour toutes les actions nobles et courageuses qu’il a entreprises en faveur des refugiés durant l’année 95.

Je respecte et j’admire encore ce sage qui continue toujours à héberger quelques familles Djiboutiennes à Addis parce qu’elles n’ont aucune ressource.

En septembre 97, lors de l’extradition des opposants de FRUD vers Djibouti, par les Ethiopiens, j’ai décidé de quitter Eli Daar pour m’installer chez un ami à Addis Abeba. Je me suis rendu à la représentation du HCR d’Addis avec plusieurs de nos camarades, pour exposer notre situation et nos difficultés..

Malheureusement nous n’avons pas été bien écoutés au HCR

Nos demandes réitérées pour être reçus, n’ont jamais eu de suite. Comme le Gouvernement éthiopien avait bloqué toutes les procédures de régularisation, un haut fonctionnaire du HCR nous a conseillé de traverser la frontière kenyane.

Chaque fois que nous rencontrions les membres de l’opposition djiboutienne, nous étions systématiquement arrêtés, soumis à des interrogatoires et victimes le plus souvent de menaces.

A un point tel, que nous vivions dans la terreur.

Pour notre sécurité, nous ne sortions plus qu’en groupe.

Depuis, la peur a hanté mon esprit et jusqu’à ce jour, elle ne m’a jamais quitté.

Par moment je suis submergé par un sentiment de panique. Désormais je suis angoissé en permanence.

J’ai consulté un psychologue mais en vain, car ce sentiment persiste.

Si moi, qui suis établi dans un pays démocratique je vis toujours avec cette peur, imaginez ce que cela est pour nos camarades qui sont restés à Addis Abeba et qui subissent des harcèlements au quotidien !!!

Ancien refugie Djiboutien

02/08/09 (B510)  16ème anniversaire de l’arrivée des réfugiés djiboutiens en Ethiopie. Suite et fin de la liste des réfugiés djiboutiens qui ont perdu la vie en Ethiopie.

01/08/09 (B510)  16ème anniversaire de l’arrivée des premiers réfugiés djiboutiens à Addis Abeba. Hommage à tous ceux qui sont morts en Ethiopie, abandonnés par leur patrie et ignorés par le HCR, l’Ethiopie et la communauté international. (Lettre ouverte du Comité des réfugiés djiboutiens d’Addis Abeba)

________________________________ Note de l’ARDHD
Sous 24 ou 48 heures, nous publierons la liste des personnes décédées, qui est évoquée dans cette lettre. Le travail de restranscription est relativement long et il ne sera achevé qu’en fonction des disponibilités des membres de l’équipe.

Mais nous tenions à publier cette lettre et cet appel dans les meilleurs délais, aussitôt que nous l’avons reçue, même si elle date de plus d’un an, au moment de l’affaire Hasna.
_____________________________________________________

Comite des Refugies djiboutiens

Addls le 12 mal 2008

Au President de I’ARDHD


Objet: Listedes réfugiés djiboutiens, décédés en Ethiopie.

Monsieur le Président,

Vous trouverez, ci-dessous, la liste des réfugiés djboutiens qui sont morts sur le sol éthiopien depuis leur établissement dans ce pays en 1993.

C’est le résultat d’un travail difficile et minutieux car personne n’a jamais tenu de registre d’Etat-civil pour les réfugiés djiboutiens en Ethiopie .

Il est impossible d’en garantir l’exhaustivité car nous avons été contraints de faire appel à la mémoire des membres du Comité des réfugiés pour lister toutes les personnes qui ont péri durant ces quinze dernières années

Par exemple, nous sommes dans l’incapacité de dresser un bilan exact des nourrissons et des bébés décès qui ont perdu la vie en bas âge. La majorité des personnes qui sont répertoriées ont été « détenues » dans les localités de la région 2 (État National et Régional Afar) où les soins médicaux sont très rares, pour ne pas dire inexistants.

Signalons, dans celte région abandonnée depuis longtemps à son compte par les régimes successifs, qu’il n’y a qu’un seul centre hospitalier digne de ce nom dans un rayon de 700 km et qu’il est censé répondre aux besoins d’une population estimée à trois millions d’âmes : cet hôpital est débordé et souvent saturé.

Et pourtant, c’est le seul hôpital. Il est en charge des soins médicaux pour une zone de 150.000 km2 (plus du quart de la France) et en plus il est considéré sur le plan budgétaire comme le parent pauvre de l’Éthiopie. C’est vrai dans différents domaines car cette région est connue pour abriter des foyers où les moustiques prolifèrent à la saison des crues. (Malaria, Diarrhée, Choiera ou Tuberculose font de nombreuses victimes. Tout ceci est aggravé par les dérèglements climatiques accompagnés de nouvelles calamités atmosphériques qui provoquent des ravages supplémentaires parmi les hommes et le bétail au moment des inondations saisonnières.

Dans ces conditions, les réfugiés n’ont pas eu d’autres choix que de partager le sort du reste de population locale. C’est d’ailleurs toujours le cas, puisque le UN-HCR a fermé sa représentation sur place depuis 200l !!

Aujourd’hui, plus de 3000 personnes sont abandonnées a leur sort dans la région Afar. Elle subsiste dans la précarité le plus absolue. L’Administration régionale, consciente du problème avait attiré, à plusieurs reprises l’attention du UN-HCR sur la situation de ces populations, mais sans ne jamais obtenir la moindre réaction.

Combien d’enfants chétifs, combien de vieillards affaiblis par la sous-alimentation et les maladies ? Combien de femmes ont succombé aux conséquences d’accouchement dans des conditions rudimentaires ? Tous ont payé et payent encore un lourd tribu au refus d’assistance par la communauté internationale et au détournement des aides par l’Armée éthiopienne.

Depuis 1998, le stock des médicaments est stocké dans des hangars à Doubte. Il est approvisionné annuellement par le UN-HCR.

Malheureusement il a commencé à être réquisitionné par l’Armée nationale quand elle se battait contre l’Erythrée.

La situation est encore plus difficile quand l’accès aux traitements, qui était déjà en crise, est contrôlé par le bureau de représentation de l’ARRA. Cette administration étatique éthiopienne est censée subvenir à la protection et à l’assistance sanitaire des réfugiés. Elle a aussitôt suspendu la possibilité de transférer les malades vers les centres médicaux d’autres localités situées sur les haut- plateaux et qui sont mieux approvisionnées.

Durant la guerre, les déplacements ont été soit restreints, soit interdits : c’est alors que les décès des mères et des nourrissons ont été les plus nombreux.

A titre de preuve, nous vous adressons, en même temps, que la liste des défunts, une copie du rapport du représentant des réfugies djiboutiens de l’époque (Cf : rapport de tournée juin98). Il évoquait l’urgence d’organiser une assistance sanitaire et il demandait clairement aux responsables de l’ARRA et du UN-HCR de procéder à l’évacuation des camps situés à proximité des zones de conflit.

En conclusion, il est de notre devoir de lancer un appel à la Communauté internationale et aux Organisations de défense des droits de l’homme pour qu’elles prennent en compte la situation de ces personnes (dont le nombre est estimé à trois mille âmes).

Leur reconnaissance en tant que réfugiés est un préalable nécessaire, sinon toute assistance humanitaire leur sera retirée et ils continueront à vivre dans le dénuement le plus total, victimes des calamités et des épidémies, sans aucune ressources financières, sans soin et sans moyen pour envoyer leurs enfants dans des écoles.

Nous demandons à tous les Organismes qui interviennent en faveur des Droits de l’homme à ce qu’ils interviennent sans délai, auprès des différentes Agences des Nations Unies pour que toutes ces familles obtiennent la reconnaissance officielle de leur statut de réfugies, qu’elles soient enregistrées par le UN-HCR et qu’elles bénéficient des mêmes droits d’assistance et de protection, que ceux qui sont accordés à tous les autres réfugiés, issus de différentes nationalités.

Depuis bientôt 10 ans, elles en sont arbitrairement privées..

Comité des réfugiés djiboutiens
Mohamed Ismaël Ahmed
Mohamed Hassan Ali
Ail Moussa Seik

Nom
et prénom
Sexe
Etat-civil
Arrivée : date
Décès :
date/ lieu
Nb pers.

charge
Profession
äge

29

Asia Aden Ali

H

Marié

1993

Ayssaita 2001

2

institutrice

28

30

Ali Kassim

H

Célib.

Ne en Ethiopie
en 2003

Awache 2005

1

Sans

1

31

Mohamed Ali Hamza

H.

Marié

1993

Addis Abeba 2007

14

Sans

38

32

Mohamed Ail Talha

H

Marié

1993

Aysaita
1997

4

Célèbre artiste afar

70

33

Cheicko Yacoub

H

Célib.

1993

Ayssaita 1998

1

Sans

30

34

Aicha
Mohamed AIi

F

Célib.

1994

Manda 1998
.

1

-sans

20

35

Abdo Aden Ahmed

H

Célib.

1994

Manda 1 998

1

sans

28

36

Adoulkader Talha

H

Célib.
.

1994

Aysaita
1998

5

Chef de famille

55

37

Mohamed Houssein

H

Marié

1994

Manda 1 998

2.

 39

38

Idriss Osman

H

Célib.

1994

Manda 1998

2

4

39

Alawi
AbdouLkader

F

Mariée

1994

Manda 1998

3

Mère

40

40

Momina Mohamed

F

Mariée

94

Eli-daar 1999

Mère

32

41

Fatouma Mohamed Ali

F

Mariée

93

Eli-daarl 999

0

Mère

17

42

Nima Daoud

F

Mariée

93

Eii-daarl999

0

Mère

27

43

43-Madina Kamil

F

Céliba

93

Manda 1999

2

Mère

32

44

Nouria Ali Hassan

F

Célib.

94

Manda 2000

Fille

13

45

Halima Abdo Kamil

F

Mariée

93

Eli-daar

2

Mère

24

46

Fatouma Mohamed Ahmed

F

Céliba

93

EIi-daar

15

47

Fatouma ALI Mohamed

F

Céliba

93

Eli-daar 2002

12

48

Aicha Kamil Ali

F

Mariée

93

Aysaita 2007

2

Mère

25

49

Houmed Kamil Hass.

H

Célib.

94

Manda 2005

19

50

Momina Hassan

F

Célib.

94

Eli-daar2007

21

51

Fatouma Kamil Daoud

F

Mariée

94

Manda/2004

2

Mère

38

52

Nasro Mohamed Ali

F

Célib.

93

Aysaita/2006

36

53

Hamid Mohamed Ahmed

H

Célib.

94

Manda 2001

30

54

Hamadou Ali Abdallah

H

Marié

ELI daar/2005

1

Père

30

55

Saida Kamil Daoud

F

Mariée

93

Eli-daar/ 2003

2

38

56

Hemeda Houmed Ahmed

F