09/10/09 (B520) HCR / Débat sur l’asile et l’Islam au nord de la Somalie

Plus de 40 chefs religieux originaires de la région du Puntland au nord de la Somalie ont pris part un débat organisé par le HCR sur le droit des réfugiés et de l’asile, un débat qui aidera à faire connaître les droits et les besoins des réfugiés et des déplacés somaliens.

Cet atelier a eu lieu samedi dernier à l’Université d’Etat du Puntland dans la ville de Garowe. Des fonctionnaires et des membres du personnel du HCR étaient également présents. Lors de ce groupe de travail a été étudiée l’intégration des concepts de l’asile et de la protection dans la loi islamique, la charia. Le HCR prévoit d’organiser des ateliers similaires avec des chefs religieux et des fonctionnaires locaux dans d’autres régions de la Somalie.

« A la fin de cet atelier, nous avons travaillé sur un communiqué conjoint qui a été envoyé aux médias locaux », a indiqué Mohamed Salah, chargé auxiliaire de protection pour le HCR à Garowe. « Cela favoriserait une meilleure sensibilisation de la population [locale d’accueil] qui continue à aider ses frères et ses sœurs ayant besoin d’assistance après avoir fui leurs maison du fait de la guerre », a-t-il ajouté.

Avant la réunion de samedi, le HCR a donné à chaque participant une copie d’une étude comparative rédigée par un professeur de droit de l’Université du Caire, le Professeur Abu Al-Wafa. Cet ouvrage dont le titre est « Le droit à l’asile entre la charia islamique et le droit international des réfugiés : étude comparative » a été utilisé comme point de départ pour les discussions.

Cette étude, publiée par le HCR, explique que la tradition de générosité propre à l’Islam et se poursuivant depuis 1 400 ans en faveur des personnes fuyant la persécution a eu davantage d’influence sur le droit international des réfugiés appliqué de nos jours que toute autre source historique.

Dans la préface qu’il a rédigée pour cet ouvrage, António Guterres affirme que ce livre montre que, plus que toute autre source historique, la loi et la tradition islamique sous-tendent le cadre juridique appliqué de nos jours et sur lequel le HCR base ses activités mondiales en faveur de dizaines de millions de personnes déracinées, y compris le droit pour toute personne de rechercher et de bénéficier de l’asile face à la persécution ainsi que les interdictions de renvoyer dans une situation dangereuse ces personnes ayant besoin d’une protection.

Le HCR estime que les chefs religieux en Somalie devraient être impliqués dans les efforts visant à sensibiliser les communautés hôtes aux besoins et aux droits des personnes déplacées internes et des réfugiés. L’agence pour les réfugiés a également conçu une brochure contenant des messages clés sur l’asile et traduite en somalien, basée sur des citations du Coran. Des milliers de brochures ont été distribuées depuis début septembre aux personnes déracinées, aux communautés hôtes, aux hommes d’affaires et aux personnels des autorités locales.

« Les Somaliens sont croyants ; ils suivent scrupuleusement leurs chefs religieux locaux quand il s’agit de l’interprétation des textes islamiques. Toute initiative engageant des chefs religieux en Somalie a un profond impact sur la population », a indiqué Mohamed Salah du HCR.

L’atelier s’est tenu alors qu’un nombre croissant de déracinés, spécialement des Somaliens et des Ethiopiens, arrivent dans le nord de la Somalie en quête d’abri pour échapper à la pauvreté, au conflit ou à la persécution. Nombre d’entre eux tentent la traversée du golfe d’Aden vers le Yémen. Parfois, leur présence crée des tensions avec les communautés locales.

Par Roberta Russo
et Esther Mwangi à Nairobi, Kenya

07/05/07 (B394) Somalie : la responsable des opérations de l’UNHCR choquée par les conditions de vie des Somaliens ayant fui Mogadiscio (Info lectrice)

Emetteur:
UNHCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés

Une responsable de l’UNHCR, Judy Cheng-Hopkins, a déclaré
à la fin d’une visite de quatre jours en Somalie qu’elle était
choquée par les conditions dans lesquelles vivent les personnes déplacées
après avoir dû fuir les récents combats à Mogadiscio,
la capitale somalienne.

La Haut Commissaire assistante de l’UNHCR en charge des opérations
s’est rendue par avion en Somalie lundi, où elle a visité des
personnes déplacées à Baidoa et à Galkayo avant
de se rendre à Nairobi, Kenya, jeudi.

A Baidoa, ville située à quelque 230 kilomètres de Mogadiscio
où près de 19 000 civils déplacés sont récemment
arrivés, Judy Cheng-Hopkins a visité plusieurs bidonvilles de
personnes déplacées qui sont surpeuplés après
les arrivées récentes. Ceux-ci vivent dans des abris misérables
faits de tissus attachés sur des branches d’arbres. Certaines familles
n’ont pas réussi à se fournir suffisamment de tissu pour couvrir
tout leur abri, et l’absence de bâches en plastique les expose aux lourdes
pluies qui se déversent la nuit.

Nourtou, qui s’occupe de ses trois enfants ainsi que de ses cinq neveux orphelins,
a déclaré à Judy Cheng-Hopkins depuis le fragile abri
qu’elle a construit à Baidoa qu’elle avait fui Mogadiscio le 15 avril.
« Je n’arrive pas à dormir la nuit, j’ai trop peur que mes enfants
soient trempés par la pluie et tombent malades, surtout qu’ils n’ont
pas assez à manger. »

Comme la plupart des personnes récemment déplacées, Nourtou
affirme vouloir rentrer à Mogadiscio, mais pas dans l’immédiat.
« Même si le Gouvernement fédéral de transition
a déclaré que la paix régnait à nouveau dans la
ville et a appelé les personnes déplacées à revenir,
il ne s’agit que de belles paroles », explique-t-elle. « Je crains
toujours que les combats reprennent. »

Choukri, âgée de 15 ans, a fui Mogadiscio avec ses parents et
ses soeurs il y a quelques semaines, pour trouver refuge chez des membres
de sa famille qui habitent Baidoa, veut également rentrer chez elle.
« Mogadiscio est une grande ville où il est plus agréable
de vivre », explique Choukri en bon anglais, ajoutant que l’école
lui manque.

Quelque 394 000 personnes ont fui Mogadiscio depuis début février.
Bien que certaines, qui s’étaient installées dans des zones
proches de la ville, commencent doucement à prendre le chemin du retour,
beaucoup – comme Nourtou et Choukri – attendent de voir si la sécurité
se maintient dans la capitale. Certaines personnes déplacées
savent que leurs maisons ont été détruites, d’autres
ne peuvent pas se payer le voyage de retour.

Les personnes qui vivaient dans des bidonvilles installés à
l’intérieur d’anciens bâtiments publics à Mogadiscio craignent
de ne pas être autorisées à y retourner par le Gouvernement
fédéral de transition, qui a déclaré son intention
de les expulser afin que ces bâtiments puissent à nouveau fonctionner.
L’UNHCR négocie avec le Gouvernement afin de s’assurer que ces personnes
seront réinstallées sur un terrain situé dans la ville
qui soit économiquement viable et qui dispose de suffisamment d’infrastructures
et de services.

Après avoir visité Baidoa, Judy Cheng-Hopkins a visité
des bidonvilles de personnes déplacées à Galkayo, au
Puntland, à quelque 700 kilomètres au nord de Mogadiscio, où
plus de 10 000 personnes sont récemment arrivées, alourdissant
la charge supportée par une ville qui comptait déjà environ
28 000 personnes déplacées par les précédents
conflits. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés est présente
à Galkayo depuis janvier, et elle y a distribué des articles
de secours tels que des bâches en plastique et des matelas.

La Haut Commissaire assistante de l’UNHCR a déclaré que la priorité
de l’UNHCR devrait être de venir en aide en premier à ceux qui
ne reçoivent aucun soutien de la part de membres de leur famille ou
de leur clan. Elle a estimé que l’agence des Nations Unies pour les
réfugiés devait se concentrer sur les personnes déplacées,
sans pour autant exclure les communautés qui les accueillent et qui
sont tout aussi nécessiteuses. « En Somalie, tant de personnes
sont pauvres qu’il est parfois difficile de faire la distinction entre les
personnes déplacées et les résidents locaux pauvres,
dans la mesure où tous vivent dans des bidonvilles », a-t-elle
expliqué.

Judy Cheng-Hopkins a ajouté que l’UNHCR entendait accroître ses
efforts dans des villes telles que Baidoa et Galkayo. Dans cette dernière,
elle a rencontré une jeune mère qui craignait que son fragile
abri laisse passer non seulement la pluie mais aussi les serpents et les hyènes
qui rôdent autour du bidonville la nuit.

Judy Cheng-Hopkins a également rencontré des ministres du Gouvernement
fédéral de transition et visité plusieurs hôpitaux
qui manquent cruellement de matériel médical. Elle a estimé
que l’accès aux personnes déplacées constituait la clé
des efforts humanitaires en Somalie. L’insécurité continue à
poser problème et on craint que des inondations restreignent l’accès
à Afgooye, une ville située à 30 kilomètres au
nord-ouest de Mogadiscio et où plus de 43 000 personnes se sont installées
après avoir fui la capitale. L’UNHCR et ses partenaires ont distribué
de l’aide à quelque 50 000 personnes à Afgooye et dans les environs.

D’autres articles de secours ont récemment été acheminés
en Somalie par l’UNHCR en vue d’une prochaine distribution. L’agence prévoit
également d’acheminer par avion d’autres articles de secours dans les
semaines qui viennent, en utilisant l’aéroport de K50, à 50
kilomètres de Mogadiscio, qui a récemment rouvert.

L’agence va appeler les donateurs à fournir rapidement davantage de
fonds afin de venir en aide aux Somaliens déplacés dans leur
propre pays ou réfugiés dans des pays voisins. L’UNHCR dispose
actuellement d’un budget de 5,7 millions de dollars pour la Somalie, mais
ce budget avait été établi avant l’exode massif hors
de Mogadiscio.

L’UNHCR estime que les combats qui ont dévasté Mogadiscio ont
causé la fuite de pratiquement 400 000 personnes depuis février,
selon des données fournies par un réseau d’agences humanitaires
et compilés par l’UNHCR. Environ 152 000 personnes ont fui vers les
provinces voisines des Shabelle (84 000 en Bas Shabelle et 68 000 en Moyen
Shabelle). 109 000 autres se sont rendues dans la région de Galgaduud
; 44 000 dans celle d’Hiran ; 40 000 en Mudug ; 28 000 en Bay.

Le nombre de civils fuyant la capitale somalienne s’est effondré depuis
que les combats ont diminué.

21/04/07 (B392-A) Le HCR se mobilise pour une ville somalienne confrontée à un afflux de déplacés internes et à des épidémies

United Nations (New York)
ACTUALITÉS
20 Avril 2007

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
(HCR) a transporté par camion de l’aide d’urgence et des médicaments,
depuis le camp de Dadaab au Kenya vers la ville somalienne de Dobley, qui
est confrontée à un afflux de 4 000 déplacés internes
somaliens et à une épidémie de diarrhée.

« Nous travaillons étroitement avec les agences des Nations Unies
pour combler d’urgence le déficit temporaire dans l’assistance déjà
fournie par les Nations Unies et les ONG à Dobley », a indiqué
Eddie Gedalof, délégué par intérim de l’UNHCR
au Kenya, dans un communiqué publié hier à Nairobi.

« Contrôler la propagation de la maladie du côté
somalien de la frontière aide aussi à endiguer les épidémies
au Kenya », a-t-il souligné.

Dans la petite ville de Dobley, à 18
kilomètres de la frontière avec le Kenya, l’épidémie
de diarrhée a causé jusqu’à aujourd’hui la mort de six
enfants.

Selon les organisations non gouvernementales (ONG) locales somaliennes opérant
sur place, 36 personnes – 19 il y a trois jours – sont actuellement hospitalisées
et mises en quarantaine dans un camp de fortune, installé dans la banlieue
de Dobley, pour tenter d’endiguer la propagation de l’épidémie.
Selon les ONG, les produits médicaux commencent à manquer dans
le camp de fortune, ce qui a poussé certaines familles à ramener
leurs enfants chez elles.

Les articles de secours acheminés mercredi par camion depuis le camp
de Dadaab, au nord-est du Kenya, comprennent des médicaments et des
articles de soins médicaux, comme des liquides intraveineux, des antibiotiques,
des gants, de l’ouate et des seringues.

Les convois ont aussi apporté 720 jerrycans, 1 600 savons, 250 couvertures,
50 bâches en plastique et 200 matelas. Les articles de secours ont été
remis aux ONG travaillant à Liboi, en Somalie, du côté
kényan de la frontière entre le Kenya et la Somalie, pour être
ensuite transportés par nos soins à Dobley.

Depuis début avril, environ 4 000 déplacés somaliens
sont installés à Dobley, à cause des violences qui ont
éclaté ce même mois entre le Gouvernement fédéral
de transition et les rebelles.

Les informations communiquées par les ONG font état de l’arrivée
chaque jour à Dobley de nouvelles personnes fuyant Mogadiscio. La frontière
entre le Kenya et la Somalie est fermée depuis le 3 janvier 2007.

Le camp de mise en quarantaine à Dobley compte deux tentes
abritant actuellement 36 patients.
Le personnel de santé indique
qu’avec seulement deux tentes disponibles, les patients en cours de traitement
doivent partager le même espace que les patients nouvellement admis,
augmentant ainsi le risque de réinfection des patients en cours de
rétablissement.

De plus, le fait de ne pas disposer d’une chambre d’observation implique que
le tri des patients arrivés au camp de quarantaine se déroule
sous un arbre à épines, l’un des rares arbres à survivre
dans cet environnement de sable, aride et chaud.

Cependant, le matériel d’urgence envoyé depuis le Kenya, qui
a déjà été distribué par les agences non
gouvernementales dans le camp de quarantaine, comporte à la fois des
produits médicaux et des bâches en plastique qui seront utilisées
pour mieux abriter les personnes hospitalisées.

Les travailleurs médicaux continuent à mener des campagnes de
sensibilisation dans la petite ville frontalière, en conseillant aux
habitants d’envoyer les membres de leur famille au camp de quarantaine, dès
les premières diarrhées et les premiers vomissements.

Ailleurs en Somalie, l’UNHCR achève les préparatifs pour la
distribution de plus de 28 tonnes de biens de secours qui ont été
acheminées la semaine dernière par voie aérienne vers
Baidoa depuis l’entrepôt d’urgence de l’agence pour les réfugiés
situé à Dubaï. Le matériel a été ensuite
transporté par camion vers Afgoye, une autre ville somalienne devant
faire face à un afflux de quelque 40 000 personnes arrivées
de Mogadiscio.

Au moins 213 000 Somaliens auraient fui Mogadiscio
depuis début février. Près de 100 000 d’entre eux sont
partis se mettre en sécurité dans les provinces adjacentes du
Milieu et du Bas Shabelle (Shabelle Dhexe and Shabelle Hoose). Les populations
des villes comme Afgoye ont augmenté de façon très importante,
contraignant les nouveaux arrivants à se diriger plus au nord, notamment
vers les villes de Baidoa et Balcad.

Ces chiffres, préparés par l’UNHCR sur la base
des informations fournies par un réseau de surveillance composé
d’ONG locales en Somalie, pourraient augmenter alors que les populations continuent
à fuir Mogadiscio. Un cessez-le-feu est observé depuis environ
deux semaines dans la capitale, malgré des tirs sporadiques.

L’insécurité dans certains quartiers de Mogadiscio continue
à compromettre l’accès humanitaire à la capitale somalienne
et aux régions environnantes, rendant encore plus difficile le sort
des civils.