18/02/11 (B591-B) Lettre ouverte de Rona Peligal, Deputy Africa Director (HRW) au Président Guelleh pour lui demander de faire libérer Jean-Paul Noël Abdi de toute urgence, en raison à la fois de sa qualité reconnue de Défenseur des Droits de l’Homme et de son état de santé qui est très préoccupant. (En Anglais)

Letter to His Excellency Ismail Omar Guelleh, President of the Republic of Djibouti.

Your Excellency,

HRW is an international non-governmental organisation that monitors and publicly reports on violations of human rights around the world.


We write to draw your attention to a very serious human rights concern relating to the arrest of Mr. Jean-Paul Noël Abdi and to call upon your executive office to take steps to safeguard his human rights as outlined below. 

 

Mr. Noël Abdi was arrested on February 9, 2011, shortly after he investigated and reported on the arrests of students and members of opposition political parties following demonstrations on February 5 and 6; we also understand that he tried and was prevented from visiting the detainees at the central prison, Gabode. The February 5 demonstrations by university students protesting educational policies began peacefully, but later became disorderly and reportedly some looting occurred. The police used teargas and rubber bullets to disperse the crowd and arrested a dozen or more people.

 

Mr. Noël Abdi did not organize the protests nor did he take part in the demonstrations.


He did not condone any disorderly behavior or looting or stone throwing. Instead, as the president of Djibouti’s major human rights organization, the Djiboutian League of Human Rights (Ligue Djiboutienne des Droits Humains, LDDH), he publicly objected to what he considered to be arbitrary arrests, especially that of an LDDH member, Mr. Farah Abadid Heldid, on February 5.

 

Human Rights Watch is deeply concerned because Mr. Noël Abdi has now been charged with « participation in an insurrectionary movement » under articles 145 and 146.4 of the Djibouti Penal Code, even though there appears to be no evidence to corroborate the charges.


We believe that Mr. Noël Abdi has been arrested and detained for exercising his right to free expression, which is protected under international law, the International Covenant on Civil and Political Rights (to which Djibouti is a party) and the Djibouti constitution.

 

Mr. Noël Abdi has faced a pattern of harassment by the authorities for several years. In 2006, he was prevented from attending a journalists’ conference in Uganda. In 2007, he was arrested, convicted, and sentenced to six months’ imprisonment and fined DJF 100,000 for « criminal libel » after he alleged that the security forces were complicit in the 1994 murder of seven people whose remains were uncovered in 2007. We understand that his appeal from that conviction has never been heard. In April 2009, he was arrested and detained for « public insults of judicial authority » after he criticized the courts for lack of judicial independence. He was released in June 2009 but the charges have not been dismissed.

 

Mr. Noël Abdi’s health is fragile. He is diabetic and in his mid-sixties. After his 2007 conviction, he was released from prison because of ill health and allowed to travel overseas for treatment. His detention now would undoubtedly exacerbate his health problems and put his life at risk.

 

Your Excellency, we call up on your office to consider the general circumstances of Mr. Noël Abdi’s arrest for his human rights activities and also having due regard to his health situation to exercise your executive power to drop the criminal charges against him and order his release. In so doing, meet Djibouti’s international legal obligations under the International Covenant on Civil and Political Rights.

 

Thank you for your consideration of this important matter.

 

Yours sincerely,

Rona Peligal

Deputy Africa Director

24/10/07 (B418-B)Somalie : un désastre humanitaire s’annonce pendant que le gouvernement prend des mesures autoritaires contre l’insurrection

Par Brian Smith

D’après Elman Human Rights (une ONG locale), les troupes somaliennes et éthiopiennes ont ordonné l’évacuation de milliers d’habitants de la capitale somalienne pour pouvoir mener des fouilles à la recherche d’armes et d’insurgés. Ces expulsions sont les premières à être signalées depuis avril, où des centaines de gens étaient morts durant de lourds combats à Mogadiscio.

Le gouvernement fédéral de transition (GFT) a déclenché la semaine dernière une opération de grande envergure pour écraser l’insurrection de type irakien contre le GFT et ses soutiens éthiopiens, qui a tué des milliers de personnes cette année.

Le GFT, une création du Conseil de sécurité des Nations unies, fut établi à Mogadiscio en décembre, suite à l’invasion de la Somalie par l’Éthiopie, sous la direction des États-Unis. Une large portion du pays, dont la capitale, était alors aux mains de l’Union des tribunaux islamiques. Une insurrection violente s’est développée et s’amplifie depuis l’installation du GFT, qui est à présent confiné dans une poignée d’immeubles lourdement fortifiés à Mogadiscio. La ville est devenue, comme Bagdad, un imbroglio d’attaques suicides, de routes minées et d’assassinats.

Selon Jennifer Pagonis, du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), « Mogadiscio est maintenant divisée en deux parties ; le nord est progressivement abandonné par les résidents, qui fuient les combats entre les insurgés et les forces du GFT soutenues par les Éthiopiens, tandis que le sud de la ville est calme. »

Le marché de Bakara, autrefois l’un des plus grands d’Afrique orientale, fonctionne à peine.

Selon Pagonis, « Les gens ont peur de s’approcher du marché, et seuls les plus désespérés y risquent encore leur vie pour vendre quelques légumes, car ils n’ont pas d’autre moyen de nourrir leurs enfants. » Des marchés plus petits ont ouvert à Mogadiscio Sud, mais les résidents craignent que les combats n’y viennent un jour ou l’autre.

Dans une tentative de maintenir la sécurité et la stabilité, les autorités ont pour projet d’établir plus de 50 bases sous la direction des forces du GFT à Mogadiscio, et de diviser la ville en quatre zones de sécurité, avec des soldats stationnés à chaque point de passage.

Les forces du GFT ont aussi tenté de faire taire les médias : l’immeuble de Radio Shabelle a été visé par des tirs d’artillerie la semaine dernière, les forçant à cesser d’émettre. Les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme vivent dans un climat de peur et d’indignation, avec sept journalistes tués depuis janvier et des dizaines d’autres menacés ou séquestrés.

Les violences à Mogadiscio ont poussé des centaines de milliers de civils à quitter la ville cette année, les forçant à vivre dans des camps sordides à la périphérie de la capitale, où ils n’ont qu’un accès limité à l’eau et à la nourriture, et manquent d’abris, d’équipements médicaux et d’assainissement.

Il y a plus de 700 000 personnes déplacées à travers la Somalie. Les 22 camps chargés de les accueillir se débrouillent tant bien que mal avec les nouveaux arrivants. Le programme alimentaire mondial (PAM) nourrit actuellement 1,2 million de personnes dans le pays, soit plus de 15 pour cent de la population.

Le gouvernement a affirmé en mai que les insurgés avaient été débusqués après trois mois de combats qui avaient déplacé près de 400 000 civils. Cependant, les violences continuelles ont provoqué une seconde vague de combats et d’émigrations en juin et une troisième le mois dernier.

Près de 65 000 personnes ont fui Mogadiscio depuis le début du mois de juin, dont 11 000 en septembre. Le HCR signale qu’à Afgooye, à 30 kilomètres à l’ouest de Mogadiscio, il a commencé à distribuer des secours à 24 000 personnes, dont beaucoup fuyaient la récente montée de violences.

De même, Jowhar, à 80 kilomètres au nord, qui était le grenier à blé de la région jusqu’à ce qu’il soit frappé par la sécheresse puis des inondations, a des difficultés à faire face aux milliers des réfugiés fuyant la capitale.

« Des milliers de gens vont droit à la crise, a dit Peter Goossens, le directeur du PAM en Somalie. N’importe quelle petite difficulté supplémentaire, n’importe quelle petite inondation ou sécheresse les y fera basculer. »

Le HCR révèle qu’en septembre, près de deux bateaux par jour sont arrivés sur les côtes yéménites en provenance de Somalie, amenant quelque 4741 personnes, surtout des Somaliens et des Éthiopiens fuyant les conflits et la sécheresse. Cela représente un accroissement de 70 pour cent par rapport à la même période de l’année précédente. Pratiquement 14 000 personnes ont fait la traversée périlleuse du golfe jusqu’au Yémen cette année. L’exode s’est modéré pendant l’été à cause de la mer agitée, mais a repris au début de septembre.

Les signes d’une famine à venir en Somalie sont clairs : les récoltes de céréales sont les plus mauvaises depuis 13 ans ; l’inflation galope, les prix des produits de base ont doublé ou même triplé ces derniers mois ; les taux de malnutrition augmentent nettement. Un reportage de la chaîne anglaise Channel 4 News a montré des enfants au ventre enflé et aux jambes décharnées dans des camps à la périphérie de la ville.

Des centaines de délégués, représentant un mélange de milices claniques et islamistes, d’anciens parlementaires, et d’autres membres de la diaspora somalienne, se sont rencontrés à Asmara, en Érythrée, le mois dernier pour former l’Alliance pour la re-libération de la Somalie. Leur ressentiment contre l’Éthiopie est la force qui les anime.

Le porte-parole de l’Alliance, Zaccaria Mahmud Abdi, a expliqué que leurs forces visent les troupes éthiopiennes, qui sont une armée d’occupation protégeant un gouvernement illégitime : « Nous attaquons l’occupation éthiopienne à Mogadiscio, a dit Abdi. Tant qu’il y aura un soldat éthiopien quelque part sur le sol de la Somalie, nous les attaquerons jusqu’à ce que nous ayons libéré notre pays de leur occupation. »

Une conférence de plusieurs millions de dollars, soutenue par le GFT, a été également organisée le mois dernier pour réconcilier les clans. Elle a été suivie du déplacement de plusieurs patriarches en Arabie Saoudite pour signer un accord solennel. Pourtant, la myriade de clans somaliens ne sont toujours pas réconciliés, et même le GFT est déchiré par des divisions.

Le premier ministre Ali Mohammed Gedi et le président Abdullahi Youssouf Ahmed ont un contentieux ancien et sont actuellement en désaccord sur le point de savoir si certains alliés de Gedi devraient répondre d’accusations de corruption.

Le procureur général Abdullahi Dahir Barre, un allié de Youssouf, a ordonné l’arrestation du ministre de la Justice Youssouf Ali Haroun, un allié de Gedi, en l’accusant d’avoir volé plusieurs centaines de milliers de dollars. La réaction de Gedi a été de renvoyer Barre.

Les deux chefs appartiennent à des clans rivaux et se sont déjà opposés à propos du contrôle de l’aide étrangère et des accords commerciaux, et de contrats potentiellement lucratifs portant sur la prospection pétrolière.

Youssouf était auparavant le chef du territoire à moitié autonome du Pountland dans le nord. Il l’a quitté pour devenir Président de la Somalie en emmenant ses troupes, ses véhicules, ses armes et ses munitions. Les droits de prospection pétrolière au Pountland ont été vendus plusieurs fois, mais Gedi a refusé de les approuver. Il aurait également été furieux que Youssouf ait signé des accords pétroliers, dont un avec une compagnie chinoise.

Le conflit permanent entre les deux chefs, et la descente du pays dans l’anarchie causée par l’invasion américano-éthiopienne, sont des facteurs expliquant la division du pays, en particulier les récents combats entre le Pountland et son voisin du Somaliland qui est virtuellement indépendant du reste du pays depuis 16 ans.

Le point de mire des combats régionaux est la région contestée du Sool, essentiellement divisée entre des sous-clans qui soutiennent soit le Pountland, soit le Somaliland, bien que certains d’entre eux veuillent l’autonomie pour le Sool lui-même. Selon Hadji Mohamed Jamal, un résident de Las Anod, capitale du Sool, « Il y a une concentration croissante d’armes et de troupes dans la région, avec des livraisons quotidiennes par voie de terre. »

Le conflit a été aggravé par la sécession de la plus grande partie de la région du Sanaag d’avec le Pountland, pour former une nouvelle entité souveraine au nord, qui s’est renommée le Makhir. Les tensions entre le Makhir et le Pountland sont élevées.

Insensible aux forces centrifuges en jeu et à la misère humaine qu’elle a causée, l’administration américaine a l’intention de continuer à soutenir le GFT jusqu’aux élections prévues en 2009.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) basée à Washington a récemment présenté à la commission des Affaires étrangères du Congrès américain un rapport intitulé « The human rights and humanitarian situation in the Horn of Africa » (Les droits de l’homme et la situation humanitaire dans la Corne de l’Afrique).

Ce rapport condamne les États-Unis en raison de leur soutien envers l’Éthiopie et particulièrement dans son invasion de la Somalie, et plus largement pour toute leur politique dans la région.

Tout en notant qu’« il n’y a aucun protagoniste qui ait les mains propres » en Somalie et dans l’Ogaden (la région de l’Éthiopie peuplée de Somalis), le HRW explique qu’il s’est concentré sur « la conduite de l’armée éthiopienne », essentiellement « parce que l’Éthiopie est un allié et un partenaire primordial des États-Unis dans la Corne de l’Afrique. »

Les troupes éthiopiennes qui soutiennent le GFT ont « violé les lois de la guerre en bombardant abondamment et sans discrimination les zones fortement peuplées de Mogadiscio à la roquette, au mortier et avec de l’artillerie. » Elles sont accusées d’avoir volontairement visé les hôpitaux.

La conduite de l’armée éthiopienne dans l’Ogaden est aussi condamnée.

Ses crimes incluent « des civils visés intentionnellement ; des villages réduits en cendre dans le cadre d’une campagne de châtiments collectifs ; des exécutions publiques pour terrifier les villageois ; l’utilisation généralisée de sévices sexuels comme moyens de guerre ; des milliers d’arrestations arbitraires ainsi que la torture, répandue et parfois mortelle, et des passages à tabac dans les centres de détention militaires ; un blocus du commerce et de l’aide humanitaire de toute la zone de conflit ; et des centaines de milliers de personnes arrachées à leurs foyers et réduites à la faim et la malnutrition. »

Le HRW indique que les États-Unis « sont considérés dans la région comme les principaux soutiens du gouvernement éthiopien et implicitement – sinon directement – comme responsables de la conduite du gouvernement éthiopien.

Donc, le soutien américain aux outrageuses actions de maintien de l’ordre éthiopiennes dans la Corne de l’Afrique risque de rendre les États-Unis complices des crimes de guerre ininterrompus du gouvernement éthiopien. »

Le HRW avertit également l’administration américaine que sa politique « va entraîner une montagne de morts civils et une litanie d’abus. Cette politique risque de précipiter en Somalie le même genre de violation désastreuse des droits humains que celui décrié à juste titre au Darfour. » Cela pourrait aussi « participer à la radicalisation de la population musulmane de la région, dense et jeune. » Le HRW rappelle que, contrairement au gouvernement soudanais au Darfour, l’Éthiopie est « un allié clé des États‑Unis et le bénéficiaire du soutien militaire, politique et financier apparemment inconditionnel des États-Unis.

07/04/07 (B390) ALL AFRICA Human Rights Watch (HRW) Appel à toutes les forces en présence en Somalie pour qu’elles cessent des attaques tous azimuths, afin d’épargner la vie des populations civiles (Info lectrice)

End
Indiscriminate Attacks in Mogadishu

Human Rights Watch (Washington, DC)

PRESS RELEASE

The Ethiopian military, Somali government, and insurgent groups operating
in Mogadishu must cease all indiscriminate attacks, Human Rights Watch said
today. Human Rights Watch called on the parties to the conflict to take all
necessary steps to protect the civilian population from further fighting,
including ensuring access to humanitarian assistance.

Fighting between Ethiopian armed forces and insurgent groups in Mogadishu
escalated between March 29 and April 2 and resulted in deaths and injuries
to hundreds of civilians, including from indiscriminate shelling and mortar
attacks on heavily populated areas. According to United Nations estimates,
100,000 people have fled the Somali capital since February, including tens
of thousands in the past week. A ceasefire is currently in effect but further
fighting is anticipated.

« Civilians in Mogadishu are paying an intolerable price for the failure
of all sides to abide by the rules of warfare, » said Georgette Gagnon,
deputy Africa director of Human Rights Watch. « The warring parties are
legally obliged to protect civilians and to stop indiscriminate attacks. »

The escalation in fighting in Mogadishu followed weeks of increasing attacks
by insurgents and counter-attacks by Ethiopian armed forces supporting the
Somali Transitional Federal Government. Residents living in targeted areas
of Mogadishu, primarily in the southwestern and central quarters of the town,
have described near constant artillery and rocket fire from Ethiopian forces
between March 29 and April 2, as the three-day ceasefire came into effect.

The insurgents are believed to include remnants of the Union of Islamic Courts
militia as well as other clan militia, and are reportedly armed with heavy
weaponry, including anti-aircraft guns, mortars and some artillery. In response
to the insurgent attacks, Ethiopian forces used helicopter gunships and sent
barrages of artillery and Katyusha rockets into neighborhoods thought to be
insurgent strongholds.

The densely populated areas around Mogadishu stadium, Tawfiq, Hamar-Bile,
Hararyaale, Ali Kamiin, Suuq Ba’aad, and other Mogadishu neighborhoods have
been specifically targeted. After several days of shelling, Somali government
officials publicly ordered residents to vacate entire neighborhoods alongside
the 21st October Road of Mogadishu in order to flush out the armed attackers.
One government official told the media: « We call on the civilians living
in terrorist-held areas in Mogadishu to abandon their houses because it is
possible that government troops may target these areas any time. »

The laws of war require parties to a conflict, to the extent feasible, to
remove civilians under their control from the vicinity of military targets
and to give effective advance warnings of attacks. However, doing so does
not relieve an attacking force of the obligation against conducting attacks
that cannot discriminate between combatants and civilians or would be expected
to cause disproportionate civilian harm.

« Ordering people out of their homes doesn’t allow an army to ignore the
fate of those who remain, » said Gagnon. « The Somali government should
ensure that Somali and Ethiopian forces in Mogadishu respect the laws of war,
especially to protect civilians. »

Most of the people displaced from Mogadishu have fled to neighboring towns
such as Afgoe and Balad. There are also reports that hundreds of displaced
people have traveled as far as Dhobley, near the Kenyan border. The Kenyan
government closed the border with Somalia in January, after Ethiopian forces
attacked and ousted the Union of Islamic Courts from most of southern Somalia
in a rapid military campaign.

The Somali government has apparently closed many of the airstrips around Mogadishu
– including for humanitarian agencies – and there are concerns that thousands
of residents and displaced people outside the town are without vital humanitarian
aid, including water, food, and shelter. Where civilians are displaced for
security or imperative military reasons, the laws of war require that all
possible measures be taken so that they receive satisfactory conditions of
shelter, hygiene, health, safety and nutrition.

On April 4, a joint committee of Hawiye clan elders and the Ethiopian military
toured the frontline areas following a temporary ceasefire agreement in order
to retrieve and bury the dead. Eyewitnesses described bodies littered alongside
the main street linking Mogadishu’s football stadium and Florence junction
in Wardhigley district.

Although the ceasefire agreement is holding, the agreement remains fragile
and renewed fighting is anticipated. As a result, scores of civilians continue
to flee the city.

01/08/03 (B207) Human Right Watch (HRW) écrit une lettre ouverte à IOG pour lui demander la libération de DAF. (Version en Français)

Lien
avec l’article : http://hrw.org/french/press/2003/djibouti073003ltr.htm

Lettre
au Président Guelleh

Son
Excellence Ismaël Omar Guelleh

Président de Djibouti
c/o Embassy of Djibouti
1156 15th St., NW, Suite 515
Washington DC 20005

30 juillet
2003

Monsieur le Président
Guelleh:

Human Right Watch vous
demande de libérer de la détention, et sans condition, le journaliste
Daher Ahmed Farah, un leader de l’opposition politique qui a été
condamné pour le crime de diffamation pour avoir critiqué le
chef d’Etat-major de l’armée dans un article publié dans son
journal, Le Renouveau. Nous demandons également que le gouvernement
lève l’interdiction de publication de trois mois dont Le Renouveau
s’est vu frappé et l’énorme amende imposée à Farah.

En plus, Human Rights
Watch recommande vivement l’abrogation de la loi faisant des déclarations
diffamatoires une infraction criminelle.

Farah a été
arrêté le 17 avril pour un article alléguant que le chef
d’Etat-major de l’armée se servait de façon abusive d’une troupe
d’artistes de l’armée et utilisait sa position à des fins politiques.
Ceci est une affaire de réputation personnelle pour laquelle une peine
criminelle ne devrait pas être appliquée.

En plus de la peine d’emprisonnement,
la cour d’appel a ordonné à Farah de payer des dommages et intérêts
de 13 millions de francs djiboutiens (autour de 74.000 dollars américains)
et lui a imposé une amende criminelle de 1 million de francs djiboutiens
(autour de 5.500 dollars américains). Ces sommes sont énormes
dans un pays où le revenu moyen par individu est moins de 800 dollars
américains. La cour a également interdit la publication de Le
Renouveau pour trois mois.

La condamnation de Farah
est en violation de la loi internationale de protection de la liberté
d’expression. L’article 19 de l’Accord International sur les Droits Civils
et Politiques (International Covenant on Civil and Political Rights, ICCPR)
stipule : " Tout le monde aura le droit à la liberté d’expression
; ce droit comprendra la liberté de . . . diffuser . . . l’information
et les idées de toutes sortes . . . par écrit ou dans la presse.
" Djibouti a adhéré au ICCPR le 3 février, 2003.

La presse doit bénéficier
de la plus grande protection quand elle couvre des sujets d’intérêt
public. Les Principes de Syracuse sur les Limitations et Dérogation
aux Dispositions du ICCPR, qui prévoient un guide autorisé de
l’accord, précisent que même en période d’état
d’urgence national, la clause dans l’article 19 qui permet la restriction
de la liberté d’expression en vue de protéger la réputation
des autres " ne sera pas utilisée pour protéger l’Etat
et ses représentants, de l’opinion publique ou de la critique "
(Principe 37).

De même, les Principes
de Johannesburg sur la Sécurité Nationale, la Liberté
d’Expression et l’Accès à l’Information prévoient que
" Personne ne peut être punie pour avoir critiqué ou offensé
. . . les autorités publiques . . . sauf si la critique ou l’offense
était intentionnelle et de nature à inciter à une haine
imminente " (Principe 7).

Les lois sur la diffamation
criminelle ont un profond et néfaste impact sur la liberté des
média et le débat démocratique. Les peines criminelles
sont disproportionnées et non nécessaires, surtout quand elles
sont utilisées pour défendre la réputation des grandes
autorités du gouvernement. Pour que le système démocratique
puisse fonctionner, les critiques à l’endroit des figures publiques
doivent être solides et libérées des entraves que sont
les menaces d’emprisonnement. Si protection il doit y avoir – dans des circonstances
extrêmes – elle doit être assurée par des moyens beaucoup
moins répressifs que des sanctions criminelles.

Dans le cas de Farah,
il s’avère que la loi sur la diffamation est en train d’être
appliquée principalement pour réduire au silence le dissident
politique. Farah n’est pas seulement l’éditeur de Le Renouveau, il
est aussi un rival politique, en sa qualité de chef du Mouvement Pour
le Renouveau Démocratique. Le Renouveau est une des rares publications
en dehors du monopole que le gouvernement et ses alliés exercent sur
la presse écrite et radiodiffusée au Djibouti.

L’usage abusif de la loi
sur la diffamation pour punir les opposants politiques se reflète dans
les conditions punitives et vindicatives de détention auxquelles les
autorités ont soumis Farah depuis le début du mois d’avril.

Il paraît que Farah
est détenu dans une toute petite cellule de 2,5 sur 1,5 mètres
(numéro 13) dans la prison de Gabode. Une toilette occupe la moitié
de cet espace. Quand un prisonnier est assis contre un mur, ses pieds touchent
l’autre mur. La cellule grille tout le temps à cause du soleil réfléchi
par un mur à côté. La ration d’eau est inadéquate,
et la cellule est infestée de mouches le jour, de moustiques la nuit.
Il paraît que Daher Ahmed Farah est coupé de tout contact humain
; la cellule habitée la plus proche se situe à 500 mètres
et la présence humaine la plus rapprochée est un garde sur le
toit de la prison, à 20 mètres.

Daher Ahmed Farah a été
maintenu en détention préventive dans ces conditions abominables
pendant les six semaines qu’a durées l’attente du procès, jusqu’à
ce qu’un magistrat a ordonné sa libération le 3 juin, 2003.
Trois jours après, il a été arrêté de nouveau
et remis dans la cellule 13.

Le 23 juin, Farah a été
acquitté par la cour pénale de Djibouti et relâché
encore. En appel par le gouvernement, la cour d’appel l’a condamné
le 9 juillet à six autres mois de prison, dont trois avec sursis. Les
autorités carcérales ont immédiatement enfermé
Farah dans la cellule 13 encore.

Juillet et août
sont les mois les plus chauds à Djibouti et les températures
diurnes dans la cellule monteront jusqu’à plus de 40 degrés
Celsius.

Les conditions de détention
de Farah sont on ne peut plus inhumaines, et violent le ICCPR, article 7,
qui stipule : " Personne ne sera soumise aux . . . traitement ou peine
cruels, inhumains ou dégradants. " Elles ne se conforment pas
non plus aux Règlements de l’ONU sur le Standard Minimal pour le Traitement
des Prisonniers.

L’usage du système
judiciaire pénal pour emprisonner un journaliste de l’opposition et
leader politique pour l’expression pacifique de ses opinions ainsi que l’interdiction
de son journal, non seulement violent la loi internationale, mais aussi ne
servent qu’à détruire les idéaux démocratiques
repris dans la Constitution de Djibouti et à menacer la légitimité
des institutions de l’Etat.

Monsieur le Président,
vous avez le pouvoir de réparer les dommages causés par l’usage
injustifié de la procédure pénale et par l’imposition
cruelle, et sans nécessité, d’un jugement. Nous vous demandons
d’user, sans tarder, de ce pouvoir pour libérer Daher Ahmed Farah,
annuler l’amende encourue, et rapidement rétablir, pour Le Renouveau,
le droit de publication.

Nous vous prions d’agréer
l’expression de nos sentiments respectueux.

Peter
Takirambudde
Directeur exécutif, Division Afrique

31/07/03 (B207) Le Président de Human Right Watch (HRW) écrit une lettre ouverte à IOG pour lui demander la libération de DAF. (En anglais)

Lien
avec l’article : http://hrw.org/press/2003/07/djibouti073003ltr.htm

Letter
to President Guelleh

His
Excellency Ismaël Omar Guelleh

President of Djibouti
c/o Embassy of Djibouti
1156 15th St., NW, Suite 515
Washington DC 20005

July 30,
2003


Dear President Guelleh:

Human Rights Watch requests
that you unconditionally release from detention journalist Daher Ahmed Farah,
a political opposition leader who has been convicted of the crime of defamation
for criticizing the army chief of staff in an article in his newspaper, Le
Renouveau. We further request that the government lift its 3-month ban on
publishing Le Renouveau and annul the enormous fine imposed on Farah.

In addition, Human Rights
Watch urges repeal of the law making defamatory statements a criminal offense.

Farah was arrested on April 17 for an article alleging that the army chief
of staff was making improper use of a troupe of military entertainers and
was using his position for political ends. This is a matter of personal reputation
to which no criminal penalty should apply.

In addition to his jail
sentence, the appellate court has ordered Farah to pay civil damages of 13
million Djibouti francs (around U.S.$74,000) and imposed a criminal fine of
1 million Djibouti francs (around U.S.$5,500). These are large sums in a country
where the average per capita income is less than U.S.$800. The court also
banned publication of Le Renouveau for three months.

Farah’s conviction violates
international law protecting freedom of expression. Article 19 of the International
Covenant on Civil and Political Rights (ICCPR) provides: "Everyone shall
have the right to freedom of expression; this right shall include freedom
to . . . impart . . . information and ideas of all kinds . . . in writing
or in print." Djibouti acceded to the ICCPR on February 3, 2003.

The press must be entitled
to the greatest protection when it covers matters of public interest. The
Siracusa Principles on the Limitations and Derogation Provisions of the ICCPR,
which provide authoritative guidance on the covenant, say that even in times
of national emergency, the provision in Article 19 that permits restricting
freedom of expression to protect the reputation of others "shall not
be used to protect the state and its officials from public opinion or criticism"
(Principle 37).

Likewise, the Johannesburg
Principles on National Security, Freedom of Expression and Access to Information
provide that "No one may be punished for criticizing or insulting …
public officials … unless the criticism or insult was intended and likely
to incite imminent violence (Principle 7).

Criminal defamation laws
have a profound and chilling effect on media freedom and democratic debate.
Criminal sanctions are disproportionate and unnecessary, especially when used
to defend the reputation of high government officials. In order for the democratic
system to function, criticism of public figures must be robust and unfettered
by the threat of incarceration. If protection is necessary — in extreme circumstances
— it can be provided by means far less oppressive than criminal sanctions.

In Farah’s case, it appears
that the anti-defamation law is being enforced principally to silence political
dissent. Farah is not only editor of Le Renouveau, he is a political rival,
as head of the Mouvement Pour le Renouveau Democratique. Le Renouveau is one
of the few publications outside the monopoly that the government and its allies
exercise over the written and broadcast press in Djibouti.

The misuse of the defamation
law to punish political opponents is reflected in the punitive and vindictive
conditions of confinement to which the prison authorities have subjected Farah
since early April.

We understand that Farah
is being held in a tiny 2.5 by 1.5 meter cell (number 13) at Gabode Prison.
A toilet takes up half the space. When a prisoner sits against one wall, his
feet touch the opposite wall. The cell is broiling at all times because of
sunlight reflected from a nearby wall. The water ration is inadequate, and
the cell is fly-infested during the day and mosquito-infested at night. We
understand that Daher Ahmed Farah is isolated from all human contact; the
nearest inhabited cell is 500 meters away and the nearest human presence is
a guard on a prison roof, 20 meters away.

Daher Ahmed Farah was
kept in preventive detention in these abysmal conditions for six weeks pending
trial, until a magistrate ordered his release on June 3, 2003. Three days
later he was re-arrested and returned to cell 13.

On June 23, Farah was
acquitted by Djibouti’s criminal trial court and again released. On appeal
by the government, the appellate court on July 9 sentenced him to six more
months of incarceration, three of which are suspended. The prison authorities
immediately confined Farah in cell 13 again.

July and August are the
hottest months in Djibouti and daytime temperatures in the cell will climb
above 40 degrees centigrade.

Farah’s conditions of
confinement are inhumane by any standard, and violate the ICCPR, article 7,
which states: "No one shall be subjected to . . . cruel, inhuman or degrading
treatment or punishment." Nor do they conform to the U.N. Standard Minimum
Rules for the Treatment of Prisoners.

Use of the criminal justice
system to jail an opposition journalist and political leader for the peaceful
expression of opinion and the closure of his newspaper, not only violates
international law, but can only serve to undermine the democratic ideals enshrined
in the Djibouti Constitution and to threaten the legitimacy of state institutions.

Mr. President, you have
the power to undo the damage caused by unwarranted use of the criminal process
and by the unnecessarily cruel enforcement of a sentence. We ask that you
exercise those powers without delay, to release Daher Ahmed Farah, to cancel
the fine awarded, and to promptly restore the right of Le Renouveau to publish.

Very truly yours,


Peter Takirambudde