11/12/08 (B477) Des nouvelles de l’Africom !! Faute de mieux, le commandement US pour l’Afrique s’installe finanement en Europe et particulièrement en Allemagne et en Italie. (2 dépêches en Français)

____________________________ 2 – Les Afriques (Ch)

L’Africom opérationnel depuis le 1er octobre…mais hors d’Afrique

L’Africom, le commandement militaire américain pour l’Afrique, est opérationnel depuis le 1er octobre 2008… de Stuttgart, en Allemagne.

Par Said Djaafer, Alger

Les campagnes « d’explication » menées par les officiels américains – dont le général William « Kip » Ward, l’officiel le plus gradé de l’armée américaine, issu de la communauté noire, qui a été désigné à la tête de l’Africom – n’auront pas eu raison de la grande méfiance des pays africains. Cette réserve africaine, exprimée avec plus ou moins de force selon les pays, était générale du nord au sud de l’Afrique.

L’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Algérie, la Libye ont publiquement refusé toute idée d’une implantation de bases américaines chez eux et sur le continent. Ils ont défendu l’idée que les mécanismes de l’Union africaine pour la prévention et la résolution des conflits sont les mieux appropriés pour gérer les problèmes de sécurité en Afrique. La SADC (Communauté pour le développement de l’Afrique australe), sous l’influence de l’Afrique du Sud, a été la plus offensive dans le rejet du projet de l’Africom, et elle a largement donné le ton pour toute l’Afrique.

Les responsables américains ont eu beau affirmer qu’il n’existe aucun « agenda caché » derrière la mise en place de l’Africom, le bilan guerrier des deux mandats de George W. Bush n’incitait guère à les croire. La notion de « preemptive action » a si fortement ruiné les fondements du droit international qu’il ne s’est trouvé pratiquement aucun pays africain prêt à offrir d’héberger l’Africom.

Les Américains ne désespèrent pas de vaincre les préventions actuelles des Africains, fruits de « beaucoup de malentendus et d’interprétations erronées », selon l’amiral Robert Moeller.

Militarisation contre concurrence

Cette défiance a été confortée par la conviction répandue que ce nouveau commandement militaire pour l’Africom est une sorte de « militarisation » de la bataille économique en cours pour les ressources énergétiques et minières du continent. Le discours sur la sinisation de l’Afrique, qui s’est développé dans les pays occidentaux, ne passe pas sur le continent.

Il est généralement interprété comme une volonté de préserver des chasses gardées sur fond de refus de la concurrence économique des Chinois (et des Russes qui commencent à s’intéresser au continent et dont les projets dans le secteur du gaz au Nigeria ont donné lieu récemment a des commentaires à la tonalité inquiète, tant en Europe qu’aux Etats-Unis). Tout en étant parfois très critique à l’égard de la Chine, l’opinion dominante en Afrique est que la grande vertu de la présence dynamique des Chinois est de faire jouer la concurrence.

Instrument de pétroliers américains

Les Américains ne désespèrent pas de vaincre les préventions actuelles des Africains, fruits de « beaucoup de malentendus et d’interprétations erronées », selon l’amiral Robert Moeller, vice-commandant des opérations militaires de l’Africom. Le général Ward a ainsi évoqué la possibilité, à l’avenir, d’une « relocalisation de certaines portions du commandement ». La secrétaire d’Etat-adjoint à la Défense, Theresa Wallen, a estimé, quant à elle, que l’Africom finira par « faire partie du paysage ».

Aux Etats-Unis, Mark Fancher, membre de la Conférence américaine des avocats noirs, s’est fait l’écho de l’opinion africaine. « Le commandement africain des Etats-Unis n’est rien d’autre qu’un instrument visant à garantir l’accès de l’industrie pétrolière américaine aux larges réserves énergétiques de l’Afrique. Si quiconque interfère, nous craignons qu’il soit étiqueté “terroristes” et devienne la cible d’attaques militaires. »

De manière moins militante, un rapport de la Cour des comptes des USA a conforté les appréhensions à l’égard d’une « militarisation » de la politique africaine des Etats-Unis. Ce rapport, rendu public en juillet 2008, soulignait que « le département d’Etat et des responsables de l’Agence pour le développement international s’inquiètent qu’Africom prenne la direction de tous les efforts américains en Afrique, et pas seulement des activités du département de la Défense ».

_____________________________ 1 –
Mondialisation. CA /

Usa : le commandement Africa sera basé en Italie (Info lectrice)

par Manlio Dinucci

Deux des commandements militaires subordonnés au tout récent Commandement Africa, (AfriCom) –dont l’ « aire de responsabilité » comprend quasiment tout le continent africain, sauf l’Egypte- seront localisés en Italie, l’un à Naples et l’autre à Vicence. C’est ce qu’ont annoncé dans une conférence de presse conjointe, le ministre des Affaires étrangères Frattini et l’ambassadeur des Usa en Italie, Ronald Spogli.

L’ambassadeur a déclaré que les deux commandements seront constitués « exclusivement de personnel assigné aux quartiers généraux et que ce personnel continuera à effectuer sa propre mission dans un cadre OTAN, en aidant, dans le même temps, AfriCom à poursuivre l’engagement des Etats-Unis en faveur de la paix et de la sécurité des populations africaines ». Le but principal d’AfriCom est celui de l’ « assistance humanitaire, du contrôle de l’immigration et de la lutte contre le terrorisme »

Frattini a répété la leçon, en parlant de « structures de commandement qui agissent dans le cadre OTAN» et en garantissant qu’ « il n’y aura pas de troupes de combat mais des composantes civiles ». En réalité, le Commandement Africa n’opère pas dans le cadre de l’OTAN, mais est un des six commandements africains unifiés du Pentagone, qui est devenu opérationnel depuis début octobre. Il est défini comme « un type de commandement différent », en ceci qu’il intègre, avec les forces militaires, du personnel et des structures du Département d’Etat, de l’Usaid et d’autres agences.

L’AfriCom se centre sur l’entraînement de militaires africains. A ce propos, Spogli a rappelé qu’à Vicenza, dans le « Centre d’Excellence pour le Stability Police Unites (Coespu) », créé par les Usa et l’Italie, sont entraînées des forces de « peacekeeping » provenant principalement de pays africains. S’appuyant sur les élites militaires, l’AfriCom essaie d’amener le plus grand nombre de pays africains dans la zone d’influence étasunienne. L’ « assistance humanitaire » qu’il opère en Afrique est complémentaire de cette politique.

Fausse est aussi l’affirmation qu’en Italie « il n’y aura pas de troupes de combat mais des composantes civiles » de l’AfriCom. Le Commandement Africa sera supporté par les commandements et les bases étasuniennes en Italie. Les navires de guerre utilisés pour l’opération en Afrique sont envoyés par les forces navales étasuniennes en Europe, dont le quartier général est à Naples et dont le commandement est en ce moment responsable aussi des opérations navales en Afrique. Quand, en novembre, un corps de marines approprié pour l’Afrique avait été constitué (Marforaf), on avait aussi supposé qu’il aurait été supporté par les commandements et par les bases étasuniennes en Italie : de Vicence à Aviano, de Camp Darby à Sigonella. La confirmation arrive maintenant officiellement: à Naples sera installé le commandement naval de l’AfriCom et à Vicence le terrestre.

On peut prévoir, en outre, que la 17ème force aérienne étasunienne, réactivée en septembre dernier à Ramstein (Allemagne) pour être mise à disposition de l’AfriCom, opèrera aussi non pas depuis la base allemande, mais surtout depuis des bases en Italie, comme Aviano et Sigonella. On peut également prévoir que les matériels nécessaires à l’AfriCom seront fournis par la base étasunienne de Camp Darby. Particulièrement important aussi sera le rôle de la base aéronavale de Sigonella : c’est ici que, depuis 2003, est à l’œuvre la Joint Task Force Aztec Silence, la force spéciale qui mène en Afrique des missions de renseignement, surveillance et opérations secrètes dans le cadre de la « guerre globale contre le terrorisme ».

« En accueillant ces troupes en Italie – écrit le correspondant de La Stampa depuis New York- le gouvernement Berlusconi a fait un pas très apprécié aussi bien par le président sortant que par celui qui arrive, car le Pentagone avait des difficultés à trouver des bases sur l’échiquier méditerranéen. Ceci fera de l’Italie un interlocuteur privilégié pour discuter les scénarios de crises au sud du Sahara ». Le gouvernement Berlusconi a ainsi accompli « un pas très apprécié » à Washington, en tant qu’il participe à la nouvelle opération de caractère colonial, visant au contrôle de zones stratégiques du continent africain, comme la Corne d’Afrique à l’embouchure de la Mer Rouge (où est basée, à Djibouti, une task force étasunienne), et surtout comme l’Afrique de l’Ouest, région riche en pétrole et autres ressources précieuses.

Nous voudrions savoir dans quelle instance et avec quelles procédures a été prise cette décision d’importance stratégique. Nous voudrions aussi savoir comment va se comporter l’opposition, en particulier le Partito democratico. Y aura-t-il quelqu’un au Parlement, qui refusera d’être un « interlocuteur privilégié » de la politique néocolonialiste étasunienne bipartisane ? Y aura-t-il quelqu’un qui refusera le « privilège » d’être recruté pour la nouvelle conquête de l’Afrique, avec, en substance, le rôle que jouaient les ascaris[i] dans le colonialisme italien ?

Edition de samedi 6 décembre de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/06-Dicembre-2008/art37.html

Traduit de l’italien
par Marie-Ange Patrizio

10/04/05 (B293) Grande victoire de notoriété (Italien). La popularité de Guelleh dépasse maintenant le microcosme francophone : France, Belgique et Canada en particulier. La presse italienne s’intéresse à lui et c’est nouveau … mais pour le comparer à Mugabe du Zimbawe. Bravo Guelleh, ca c’est de la bonne communication ! (Il Manifesto – Roma)

GIBUTI
Voto a candidato unico: ma tutto ok

A Gibuti si è votato
ieri per (ri)eleggere il presidente della repubblica. Un solo candidato: Iamail
Omar Guelleh, già eletto nel `99 succedendo a suo zio, che si avvia
a una plebiscitaria conferma per un nuovo mandato di sei anni. Poi ha detto
che non si ripresenterà. L’opposizione, debole e divisa, ha chiamato
a boicottare le elezioni. Un recente rapporto del Dipartimento di stato Usa
ha criticato Gibuti per «abusi gravi sui diritti umani, e serie limitazioni
ai cittadini circa la possibilità di cambiare il governo», ma
più che una denuncia, è stato un sussurro.

Gibuti infatti ha un ruolo
strategico decisivo nell’area del Corno d’Africa.

Alla congiunzione tra
Mar Rosso e Golfo di Aden, gli Usa vi hanno una base per le operazioni antiterrorismo
nella zona; così come la Francia (di cui Gibuti è ex colonia)
che vi schiera ancora un forte contingente militare. Quindi anatemi su Mugabe,
silenzi su Guelleh. (Toutes les critiques pour Mugabe, le silence sur Guelleh)