03/06/2018 (Brève 1159) HCH 24-Les nouvelles forces navales éthiopiennes, seront-elles au Port-Soudan ou celui de Tadjourah ?

31/05/2018 (Brève 1158) Selon un sénateur, « il faut s’attendre à des conflits de type canal de Suez » à Djibouti (opex360.com)

23/03/2018 (Brève 1139) Mais qui se cache derrière le titre de Conseil européen du tourisme, qui vient de décerner « une médaille en chocolat » à Guelleh ? Une information qui ne va pas réjouir ni Guelleh ni sa feuille de choux inféodée au régime : « La Nation » (ARDHD)

En l’état actuel de nos investigations, il s’agirait d’une organisation privée dont les objectifs sont repris ci-dessous(*) (en Anglais) ou disponibles à l’adresse suivante !
https://europeantourismnews.wordpress.com/european-council-on-tourism-and-trade-world-parliamentarians-forum/ .

Cette organisation peu connue du grand public fait tout pour créer une confusion avec l’U.E., avec laquelle elle ne semble avoir aucun lien.

Son site, flagorneur à souhait, développé sous un blog WordPress est une vitrine alléchante, mais totalement creuse.

Allons, Guelleh, inutile de pavoiser. C’est encore une récompense sans valeur, comme le titre de Docteur Honrois Causa de l’université de Tokyon (pour l’agriculture !!!)

* Focus & objectives of the Marketing & PR Technology TASK FORCE

The group serves two sets of clients:

– marketing andoffering consultancy and personnel within the membership of ECTT states who wish to learn, and share knowledge and expertise, about digital technologies and their impacts on tourism ; and

– external clients who wish to market their products on European market and also to obtain trade opportunities and supplier partners engaged in marketing their products on European Union.

The task force objectives are :

– ensure that all marketing personnel working for the ECTT members to have the opportunity to learn more about existing and emerging digital media technologies, their impact on business processes and the opportunities they offer.

– help marketing personnel identify, select and deploy these technologies effectively in the marketing their products in Europe and the world.

– support the development for a pan-European marketing strategy for overseas countries by identifying ways in which new technologies can be used to compile and manage a content and information`s destined for an European Union audience.

– to become the primary creator of tourism policy advice to the EU on the use of digital media for destination marketing.

– identify other organizations which could form partnerships or joint ventures with ECTT to help it achieve its marketing objectives.

22/03/2018 (Brève 1138) Guelleh élevé au titre de « Leader mondial du tourisme » et de membre de l’Académie européenne du tourisme !!! Une farce ? Non le paradis du tourisme militaire armé !

C’est grâce à la presse chinoise "French China" que nous apprenons cette information de première importance qui va éclairer le monde.

En effet, selon cet article (http://french.china.org.cn/foreign/txt/2018-03/22/content_50736617.htm), daté de ce jour, Guelleh a été elévé au titre de leader mondial du tourisme par le Préisident du Conseil européen du tournisme.

Est-ce un farce ? Certainement pas, car la presse chinoise est connue pour la qualité de ses informations… Alors ?

C’est une bombe … médiatique. Certes Djibouti a des atouts pour attirer des touristes expérimentés, qu’ils aiment la plongée sous-marine, les excursions dans le désert, le farniente aux îles ou les croisières aventureuses dans le Goubet … mais de là à en faire le leader mondial du tourisme, il y a un grand pas, que nous nous refusons de franchir….

Mais allons plus loin .. A l’appui de cette nomination, le Président du Conseil européen du tourisme salue en ces termes : »Aujourd’hui, le gouvernement de Djibouti reconnaît l’importance du tourisme comme facilitateur clé pour le développement du pays et la promotion internationale en investissant dans les infrastructures et le renforcement des capacités, en créant une équipe spéciale pour la promotion et la gestion des lieux touristiques, ainsi que du patrimoine naturel et historique du pays ».

Mais non, le Président du Conseil européen ne s’est pas trompé. Il a juste oublier de préciser qu’il s’agit à 90 % d’un tourisme militaire. En effet Djibouti est le seul pays au monde, capable d’attirer autant de touristes militaires venus de différents pays. USA, Chine, Japon, Allemagne, Hollande, France, Italie, Espagne. D’autres pays frappent à la porte ou auraient déjà obtenu des accords : Arabie saoudite, Inde, …. ?

Foire aux armes

C’est vrai que le régime de Guelleh met tout en oeuvre pour bien accueillir les forces militaires et qu’il dépense un argent fou pour leur offrir des infrastructures à la hauteur de leurs attentes (ex : 20 km2 pour les implantations chinoises). Ces dépenses sont payées avec des emprunts chinois et le peuple djiboutien, qui n’en voit pas la couleur (en termes d’amélioration de son niveau de vie et de la qualité des services publics : santé, éducation, transport, …) devra payer les échéances de remboursement, intérêts en plus.

Gulleh, enfin un titre universitaire !!Mais que ne consentirait pas Guelleh pour ajouter un titre sur son CV, après celui tant convoité de Docteur Honoris Causa de l’Université de
l’Université de Tokyo pour l’agriculture (comme s’il y connaissait quelque chose !)

_________________________________________
Mais attendez ! Il y a encore mieux ! La série d’éloges !!!

"Votre leadership a réussi à créer une stratégie de réduction de la pauvreté de façon exemplaire et puissante, en l’occurrence dans le cadre de la stratégie dite ‘Vision Djibouti 2035’, qui se concentre sur la promotion de la croissance économique et l’emploi vers une sortie de la pauvreté de toute la population de Djibouti », peut-on y lire.

Pour les cosignataires de cette lettre, « Djibouti est surtout un exemple pour les activités de développement, la protection et la facilitation de l’investissement, la croissance économique et la diffusion de la richesse à la nation, et ceci relève pertinemment de votre créativité et de votre dévotion à votre peuple ».

« Vos activités ont créé ce que nous célébrons aujourd’hui : Djibouti, la Perle de la mer Rouge et capitale mondiale de la culture et du tourisme »…

_________________________________________

Les Djiboutiennes et les Djiboutiens, qui vivent au pays,
vont certainement apprécié ces louanges à leur mesure et demander à juste titre si le Conseil européen du tourisme "ne se fout pas de leur gueule". Eux qui endurent les privations, le chômage, l’absence de soins décents et les graves carences dans le système éducatif, les embargos contre les populations du Nord, etc…

Et nous n’avons pas peur de crier trois fois : "Honte au Président du Conseil européen du tourisme"

21/01/2018 (Brève 1117) Fidèle à ses principes, Guelleh le Funambule continue ses deux méthodes favorites "diviser pour régner" et "ne jamais tenir ses promesses", mais cette fois au détriment des intérêts Chinois ! (Selon LOI). L’empire du milieu va-t-il se laisser berner, sans réagir violemment par ce menteur chevronné, qui ne respecte aucune parole ?

Après avoir laminé l’opposition, en favorisant les divisions, l’émergence de syndicats et de partis clonés (qu’il contrôle) – L’ARD historique semble être la dernière victime en date – et en légalisant uniquement les partis amis, Guelleh s’attaque à un gros morceau : la Chine.

Selon deux articles du dernier numéro de LOI (N° 1466) les relations entre Guelleh et la Chine se dégraderaient à toute allure. Les causes seraient nombreuses.

D’abord l’intransigeance des ministres djiboutiens qui, hormis la pagaille administrative à de nombreux échelons de l’Etat, multiplieraient les pressions sur le personnel chinois pour qu’ils privilégient, par exemple, tel fournisseur de carburant, dirigé par un membre du Clan au pouvoir.

Plus grave, Guelleh, revenant sur ses promesses de garantir un monopole aux Chinois, vient d’autoriser deux concurrents à exercer des activités dans la zone franche : une société d’origine indienne et une autre dirigée par un membre du Clan.

Par ailleurs Djama Ali Guelleh, surnommé "Le père fouettard" s’oppose à un projet de centrale électrique fonctionnant au Charbon, contrairement à des accords conclus auparavant …

Et maintenant c’est une autre banque chinoise la Banque of China Hong Kong qui se propose de concurrencer le partenaire de référence la China Merchant Holdings…

Bref, nous avons l’impression que Guelleh joue avec le feu … et qu’il pourrait finir par se brûler terriblement. Il suffirait que les investisseurs étrangers admettent enfin, comme nous le clamons depuis une vingtaine d’années, qu’il ne faut pas investir à Djibouti, tant que Guelleh et ses hommes de main tiendront le pouvoir. Car avec eux les investissements, qui pourraient apporter une amélioration du niveau de vie de la population, se transforment vite en sable aride en perdant toute leur valeur.

28/11/2017 (Brève 1099) SURVIE : « La coopération militaire et policière en Françafrique : de l’héritage colonial au partenariat public-privé » (Rapport)

Lien avec l’article https://survie.org/themes/militaire/cooperation-militaire/article/nouveau-rapport-de-survie-la-cooperation-militaire-et-policiere-en-francafrique

A l’occasion du discours de politique africaine qu’Emmanuel Macron entend faire à Ouagadougou le mardi 28 novembre, l’association Survie publie un rapport sur la coopération militaire et policière entre la France et des Etats africains.

Cette nouvelle publication éclaire et dénonce la continuité du soutien que les autorités françaises apportent à certaines des pires dictatures du continent.

Pour Survie, il s’agit d’interpeller le président de la République, au moment même où il va prétendre incarner un renouveau de la politique africaine de la France. L’association appelle à la transparence sur la coopération militaire et policière et demande sa suspension immédiate avec des régimes qui répriment brutalement leur population, comme en ce moment au Cameroun et au Togo.

Montreuil, le 27 novembre 2017.

En octobre 2014, face à l’ampleur de la contestation populaire, le dictateur Blaise Compaoré avait été contraint de démissionner, et avait été discrètement exfiltré par les militaires français de l’opération Sabre. Aucune évolution de la coopération militaire et policière n’a été annoncée depuis, ni avec le Burkina Faso ni avec d’autres pays où des régimes autocratiques sont toujours en place.

Pour Thomas Borrel, porte-parole de Survie, « en venant faire son discours de politique africaine à Ouagadougou, où des manifestants à mains nues ont poussé à la démission un dictateur soutenu pendant 27 ans par la France, Emmanuel Macron ne doit pas faire comme si les mécanismes institutionnels de la Françafrique avaient soudainement disparu. La coopération militaire et policière en fait partie, et pour le moment la France la maintient avec des régimes qu’elle devrait contribuer à isoler et fragiliser. Ne rien annoncer à ce sujet, ce serait instrumentaliser l’insurrection burkinabè sans en tirer les leçons. »

Dans son rapport publié ce lundi, Survie démontre de façon précise qu’en dépit de la réforme de la coopération de 1998 et des réductions de moyens et de la baisse importante des effectifs de « conseillers » détachés auprès des autorités civiles et militaires africaines, l’armée, la police et la gendarmerie françaises ont maintenu un lien privilégié avec des forces de l’ordre pourtant régulièrement impliquées dans une répression féroce des opposants et des mouvements citoyens.

En évoquant un glissement vers une forme de « partenariat public-privé », les auteurs du rapport alertent également sur la montée en puissance d’opérateurs privés sur fonds publics européens, de collectivités locales et même de la réserve parlementaire, et sur la recherche de nouvelles sources de financements telles que des fondations d’entreprises. Après avoir exposé cette évolution et le cadre institutionnel actuel de cette coopération, et dénoncé le manque de transparence qui entoure ces pratiques, le rapport prend pour illustration les répressions meurtrières récentes au Cameroun et au Togo.

Pour Thomas Borrel, « il y a aujourd’hui un double enjeu à ce que les parlementaires se saisissent de l’enjeu de la coopération militaire et policière. D’une part, il est inacceptable que cette coopération soit maintenue, au nom d’un prétendu ‘renforcement de l’État de droit’, avec des régimes qui répriment mortellement leur population. D’autre part, il y a une véritable omerta organisée sur le sujet : aujourd’hui, en dehors du gouvernement et de l’état-major, personne ne peut savoir précisément la nature du soutien que nous apportons à tel ou tel pays. C’est d’ailleurs très pratique pour prétendre être simplement ‘attentifs’ à la situation lorsqu’il y a des exactions comme au Togo et au Cameroun en ce moment !  »

Télécharger le rapport en format PdF – Lien https://survie.org/IMG/pdf/survie_rapport_cooperation-militaire-et-policiere_nov2017.pdfhttps://survie.org/IMG/pdf/survie_rapport_cooperation-militaire-et-policiere_nov2017.pdf

Rapport Survie – coopération militaire et policière – novembre 2017

Résumé du rapport :
Ce rapport, préparé à l’occasion du voyage d’Emmanuel Macron au Burkina Faso, pour y prononcer le 28 novembre son discours de politique africaine, entend mettre en lumière un aspect institutionnel trop méconnu de la Françafrique : la coopération militaire et policière française avec des régimes autocratiques.

Le rapport souligne tout d’abord la continuité de cette coopération militaire et policière, en dépit de réformes et d’évolutions institutionnelles. Aujourd’hui, l’argument du double continuum, entre sécurité et défense d’une part et entre sécurité et développement d’autre part, vient justifier une pratique indéfendable : le maintien d’un appui, à forte portée symbolique, à des armées ou polices coupables de graves violations des droits humains. Une approche « technique », qui voudrait former ces forces de l’ordre à réprimer moins brutalement, ne peut pas apporter de solution à un problème politique : les régimes en question sont illégitimes et ne devraient pas être soutenus.

Ce rapport insiste en outre sur le grave manque de transparence qui entoure la coopération militaire et policière française : absence d’information exhaustive sur les conseillers mis à disposition pays par pays, et à quel poste ; et opacité complète sur les fournitures de matériels dits « de sécurité », c’est-à-dire utilisés par les appareils répressifs de ces régimes.

Ce rapport met également en lumière une tendance inquiétante : la montée en puissance d’opérateurs parapublics ou privés pour mener les projets de coopération militaire ou policière, en lien avec les autorités françaises ; mais également une diversification des sources de financement de la Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD) qui va de fonds relevant de la réserve parlementaire à des financements privés d’entreprises. C’est cette tendance que le titre du rapport entend dénoncer, en évoquant un « partenariat public-privé ».

Enfin, le rapport revient sur les cas récents de répression féroce au Cameroun et au Togo, pour montrer que l’absence de condamnation française claire des violations des droits humains par les forces de l’ordre est d’autant plus inacceptable que la présence de conseillers français sur place permet au Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères d’avoir toutes les informations en temps réel. En ne suspendant pas immédiatement sa coopération militaire et policière, le gouvernement français refuse ainsi de se désolidariser d’un appareil répressif brutal. Au Cameroun, l’Ambassadeur de France, lui-même militaire, a même remis des décorations françaises à des représentants des forces de l’ordre camerounaises à l’occasion des commémorations du 11 novembre, soit juste après qu’elles aient tué entre 40 et 100 personnes lors de la répression des manifestations dans les régions anglophones.

Et au Togo, des matériels produits par des entreprises françaises ont été utilisés lors de la répression récente. Le gouvernement d’Édouard Philippe pourrait même valider la vente au forces armées togolaises d’hélicoptères d’attaque de l’armée française, qui avait été bloquée par le gouvernement précédent en arguant qu’ils pourraient être utilisés contre des civils.

Les revendications de l’association Survie, présentées en conclusion, portent notamment sur la transparence sur la coopération militaire et policière et sur sa suspension immédiate avec des appareils répressifs qui commettent de graves violations des droits humains.

20/10/2017 (Brève 1087) Djibouti: Pékin mon amour… Un article bien documenté publié par Ecofin-Hebdomadaire (Signé Aaron Akinocho).

Lien avec l’article original : https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/2010-51375-djibouti-pekin-mon-amour

(Ecofin Hebdo) – En février dernier, la Chine inaugurait sa première base militaire en Afrique à Djibouti. L’opération a déclenché des protestations houleuses de la part des autres puissances présentes militairement dans le pays qui voyaient d’un mauvais oeil l’arrivée de ce concurrent. Qu’à cela ne tienne, les relations entre Pékin et Djibouti sont solides, tissées par des investissements massifs et le désir, pour le premier, de faire du second son hub sur un continent où son influence s’accroît de jour en jour. Pour Djibouti, l’allié chinois pourrait lui permettre le destin de petite puissance régionale à l’instar d’un Dubaï, dont il se rêve.

Djibouti. 113 000 km2, moins d’un million d’habitants. C’est dans ce petit pays à l’importance hautement stratégique que Pékin déploie des trésors de diplomatie économique. En effet, s’il existe à peine sur la carte du monde par l’importance de ses ressources, Djibouti a néanmoins un avantage certain sur beaucoup de pays. Situé au croisement du golfe d’Aden et de la mer rouge, et pas très loin du Bab-el-Mandeb qui voit passer 40% du trafic maritime mondial, il dispose d’un positionnement géographique présentant un intérêt précieux.

En outre, Djibouti joue la carte de sa grande stabilité dans une région marquée par les conflits et la montée du terrorisme. Alors que les shebabs sévissent chez le voisin somalien, la guerre au Yemen et la crise en Ethiopie, Djibouti est une oasis au milieu d’un désert. Et il est la porte d’accès naturelle vers une Ethiopie privée de façade maritime dont il reçoit 95% des importations.

Conscientes de son importance stratégique, la plupart des grandes puissances y ont installé des bases militaires qui assurent au pays une rente annuelle de l’ordre de 200 millions $. Dernière arrivée, la Chine, qui a annoncé la construction de sa base au début de l’année 2016 et l’a achevée, un an plus tard. Si la présence chinoise dérange ses nouveaux voisins, c’est d’abord en raison de l’offensive économique que l’empire du milieu a lancée sur le continent, et dont son implantation à Djibouti est symptomatique.

Si officiellement, cette première base militaire de l’empire du Milieu a pour but «d’effectuer des missions navales anti-piraterie au large de la Somalie et de fournir une assistance humanitaire», personne n’y croit réellement. Pas même le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh qui confie à Jeune Afrique que «Les Chinois, eux, veulent sécuriser à partir de ce hub stratégique la ‘’nouvelle route de la soie‘’, leurs investissements massifs et leurs ressortissants dans toute la région, de l’Ouganda à l’Arabie saoudite en passant par l’Ethiopie». Mais qu’à cela ne tienne. La Chine est une bonne amie, et soigne ses relations avec Djibouti.

++ L’ami chinois
Fidèle à sa politique africaine d’investissements massifs pour sécuriser son approvisionnement en matières premières, l’empire du Milieu a fait de l’axe Addis Abeba – Djibouti, l’une de ses priorités. Ainsi, il n’a pas hésité, par le biais de sa banque d’export-import (Exim Bank of China), à financer à hauteur de 70% cette infrastructure d’un coût total de 3,4 milliards $. La ligne, longue de plus de 750 km, veut accélérer le trafic entre l’Ethiopie et sa façade maritime.

Dans cette optique déjà, la Chine avait, en 2013, fait son entrée au capital du Port Autonome International de Djibouti, par le biais de la China Merchants Holding International. L’aboutissement de cette collaboration sera la construction du port polyvalent de Doraleh qui relie l’Asie, l’Afrique et l’Europe.  Ce port qui peut traiter jusqu’à 9 millions de tonnes de marchandises, a coûté 590 millions $, financés à 85% par l’Exim Bank. 

Un peu plus tôt, cette année, la Chine a annoncé en grande pompe la construction à Djibouti de la plus grande zone franche du continent. 48 km2 pour héberger 500 entreprises chinoises, et créer de façon directe ou indirecte quelques 15 000 emplois pour un chiffre d’affaires annuel attendu de 7 milliards $.

Mais le secteur des infrastructures n’est pas le seul auquel se limitent les attentions chinoises. En effet, Djibouti, qui a déjà accueilli la Silk Road Bank, première banque chinoise à être implantée en Afrique, devrait également abriter l’Exim Bank.

Dans le secteur des télécoms, China Mobile International Ltd (CMI), filiale de China Mobile Ltd, a récemment annoncé qu’elle avait porté son choix sur Djibouti Data Center (DDC) pour l’accompagner dans l’extension de son réseau mondial de colocation et de câblage sous-marin en Afrique de l’Est. Concrètement, CMI associera ses ressources réseau et l’écosystème du centre de données neutre de DDC pour renforcer ses capacités réseau mondiales et répondre à la demande croissante en services télécoms de haute qualité formulée par le secteur panafricain des affaires.

En tout, entre 2012 et cette année, la Chine a injecté quelques 14 milliards $ dans la minuscule économie djiboutienne (1,8 milliards $ de PIB). Il n’en fallait pas plus pour que les autorités qui rêvent leur pays en Dubaï du continent, cèdent aux chants des sirènes chinoises. Et qu’importe si « l’ami français » essaie de le mettre en garde contre cette nouvelle alliance qui pourrait lui coûter sa souveraineté.

++ Ismaïl Omar Guelleh rêve son pays en Dubaï du continent.
Pour Djibouti, l’équation est simple et l’option chinoise faite. «Les Chinois sont par ailleurs les seuls à investir chez nous dans tous les domaines : chemin de fer, ports, banques, parcs industriels, etc. Les Français et les Européens sont largement aux abonnés absents. Quant aux Américains, qui ont manifesté leur intérêt pour le projet de pipeline Djibouti-Addis Abeba, leur objectif est de gagner beaucoup, vite et seuls : c’est compréhensible, mais plus compliqué que prévu pour eux. La réalité est que personne d’autre que les Chinois n’offre un partenariat à long terme à Djibouti.», affirmera d’ailleurs le président à l’hebdomadaire français.

Si tout est rose, la romance entre les deux parties ne suffit pas à réduire les risques, réels, auxquels s’expose l’économie de Djibouti. En effet, aujourd’hui, la Chine détient 60% de la dette extérieure du pays, et Ismaïl Omar Guelleh aura beau protester avec véhémence que son pays ne connaîtra pas, à terme, le destin d’une colonie, il est difficile de l’imaginer résistant aux pressions de l’allié chinois. Djibouti aurait-il signé un pacte avec le diable? Si c’est ce que s’époumonent les chancelleries occidentales à lui dire, elles oublient, souvent, hypocrites, que peu d’entre elles ont offert autant d’opportunités à ce petit pays.

Gageons qu’il existe en Afar ou en Issa l’équivalent du proverbe allemand : «qui veut dîner avec le diable, doit se munir d’une longue fourchette».

Aaron Akinocho