29/10/05 (B322) Pour notre rubrique, les interviews éphémères et (presque) imaginaires, Me Aref a accepté de répondre aux questions de l’équipe de l’ARDHD et il explique de façon exclusive sa vision de la situation et de son avenir politique : Délire ou réalisme politique ?

Bonjour Me AREF et d’abord un grand merci de recevoir l’équipe de l’ARDHD.

Bien entendu, nous rappelons en préambule que notre Président n’est pas présent, afin de ne pas interférer dans la procédure que vous avez instruite et plaidée contre lui.

Me AREF :
En effet, il y a des règles et je tiens à ce qu’elles soient respectées. Toute ma vie personnelle et professionnelle a été influencée par un profond respect de l’éthique et de la morale et par un respect absolu de mes devoirs et de mes engagements. La Loi doit être respectée et quiconque s’y oppose, doit être jugé avec la plus grande fermeté. J’y reviendrai plus tard et je vous prouverai que les rumeurs qui sont colportées sont dénuées de tout fondement, à la base même. En tout cas, il est interdit à un avocat de recevoir la partie adverse.

ARDHD :
Maître, pourriez-nous expliquer les raisons pour lesquelles de nombreux observateurs pensent que vous avez effectué un « retournement à 180° » ?

Vous avec été le défenseur des syndicats, en particulier des enseignants, membre reconnu d’Amnesty International, puis arrêté sous Gouled en 91/92, relaxé par le tribunal, puis arrêté de nouveau par Guelleh en 99, pour escroquerie et condamné lourdement à ce motif. Aujourd’hui, on dit que vous êtes l’avocat de la Présidence et en tout cas, celui du Général Zakaria que vous avez défendu à deux reprises : contre DAF à Djibouti et contre l’ARDHD à Paris.

AREF :
Votre question est intéressante, mais elle est mal formulée, car elle présente les faits de façon tendancieuse, surtout quand vous parlez de « retournement ». Je m’inscris en faux contre cette expression et je vais vous expliquer pourquoi.

ARDHD :
Nous sommes attentifs …

Me AREF :
Issu d’une grande famille, je compte parmi mes ancêtres le Bey qui a signé les accords, autrefois avec la France. Plus proche de nous, j’ai des liens de parenté avec le Sultan de Tadjourah. Mon oncle Ali a été Président du Conseil, au temps de la Colonisation française. Un autre oncle, par alliance est Premier des Ministres. J’ai fait mes études dans les écoles militaires de la République française. Bien que ce ne soit pas conforme avec la Constitution(mais qui s’en soucie ?), je bénéficie de la double nationalité française et djiboutienne. Je n’en dirai pas plus, car cela suffit à vous montrer combien notre famille est à la fois proche des Français, mais aussi extrêmement puissante dans la région, bien qu’elle ait passagèrement perdu un peu de pouvoir. Le retour n’en sera que plus marquant.

A l’indépendance qui a marqué un retrait politique notoire de la France dans le Pays, nous avons perdu tout notre pouvoir, mais pas notre influence. C’est le point clef qui explique toute la suite.

Pour récupérer le pouvoir qui avait été accaparé par les Mamassan, nous n’avions d’autre choix que mobiliser les Afar dans une lutte fratricide. En sous-main, nous avons participé au développement du FRUD, dont j’étais membre sans l’être, afin de conserver ma liberté de pencher vers un camp ou vers l’autre, au gré de nos intérêts.

Guelleh que j’admire beaucoup, en dépit du fait qu’il occupe aujourd’hui le poste qui me revenait de droit, avait déjoué, à l’époque, notre fine stratégie à double détente. Il nous a fait incarcérer, mon Oncle, des amis et moi. En réalité, ce n’était qu’une façade, car nous étions pas si mal traités que cela à Ali Adde (mon épouse l’avait confirmé), même si de temps à autre, nous devions faire semblant d’être des victimes sous la menace d’une exécution à brève échéance, afin de remobiliser l’opinion publique, autour de mon image.

L’ARDHD et son Président n’ont rien compris, non pas à la stratégie des Afar en général car il ne faut jamais généraliser, mais à celle de notre clan. Bien involontairement, je dois dire, ils sont tombés dans le piège que nous avions tendu et ils nous ont soutenus avec la force et l’efficacité que le monde entier leur reconnaît. Mais au fond, ils dérangeaient notre stratégie, tout en l’aidant …

Ils la dérangeaient, car nous n’étions pas des vraies victimes en réalité … mais simplement des hommes dont l’espace de liberté avait été provisoirement réduit, en quelle que sorte. Mis à l’écart le temps de se refaire une nouvelle image de marque : celle de victimes, indispensable pour l’application du compromis, dont je vais vous parler.

Ils nous aidaient, car ils contribuaient à véhiculer cette image de martyr, montée de toutes pièces.

ARDHD :
Ce n’est pas simple à comprendre. Quels étaient les objectifs de cette mise en scène ?

AREF :
Vous les Européens, vous êtes incapables de comprendre les subtilités de la diplomatie des Africains. Nous ne sommes pas cartésiens, mais nous sommes habiles et je suis passé maître dans l’art de jouer sur deux tableaux à la fois ….

ARDHD :
Mais les objectifs ?

AREF :
Soyons clairs ! Conserver notre force d’influence mais retrouver le pouvoir. Après le début des combats, nous avons négocié un compromis avec Gouled et avec Guelleh. Il avait été convenu que Guelleh ferait deux mandats et qu’il me repasserait directement les commandes ensuite afin d’assurer une alternance familiale. Je ne suis pas tribaliste, mais il faut accepter les réalités du terrain et le tribalisme est le seul lien qui unit des hommes issus de la même origine … il participe activement au soutien des familles dirigeantes.

Donc, il fallait jouer finement pendant les deux mandats qui étaient réservés à Guelleh. D’abord apparaissant comme la victime d’un harcèlement judiciaire, durant le premier mandat, je devais évoluer vers un rôle majeur de défenseur, afin de reprendre progressivement ma place sur la scène politique.

Encore une fois, Schaal n’a rien compris à ma stratégie et il n’a jamais accepté, non pas que je retourne ma veste, mais que j’applique les accords passés et préparés de longues dates. Les grandes lignes de cette stratégie avaient été élaborés dès 1991 par les sages de nos familles respectives : Ali Aref d’un côté et Gouled de l’autre. L’arrivée de Dileita comme PM, était prévue : elle fait partie de l’application de cette stratégie et elle confirme ce que je vous disais : nous avons toujours notre capacité d’influence mais sans aucun pouvoir effectif.

Croyant bien faire et j’en suis convaincu, l’ARDHD, qui n’a pas compris le sens caché des messages que je lui ai fait passer, s’est mise en travers de mon chemin. Il fallait donc l’éliminer, d’autant plus que sa notoriété progressait fortement, comme média de l’opposition.

Pour rester honnête, comme je l’ai toujours été, je dois dire que l’ARDHD est l’une des rares forces véritables de l’opposition : son site est le plus lu. Vous savez pourquoi ? Parce qu’elle ne cherche pas à prendre le pouvoir !

Ce n’est pas le cas des nombreuses organisations qui sont dirigées par des Djiboutiens : beaucoup ont bien compris leur intérêt et les subtilités de la partie, puisqu’elles négocient périodiquement avec les représentants de Guelleh.

A quelques exceptions près (Ils étaient parmi ceux qui ont eu la cohérence d’assister au procès le 18 octobre), on ne peut généralement pas parler d’opposants purs et durs au régime, mais d’un système au sein duquel chacun échafaude des stratégies pour se positionner au mieux et ne pas perdre les avantages qu’il pourrait obtenir, du fait de l’importance relative de son audience parmi la communauté.

ARDHD :
Intéressant. Pourriez-vous nous donner des noms de partis politiques qui sont dans un cas ou dans l’autre ?

AREF :
Absolument pas, c’est plus qu’un Secret Défense et on ne le déclassera pas ! Mais interrogez donc les Djiboutiens : beaucoup pourraient vous les donner …. !

ARDHD :
Passons, tout cela nous semble bien compliqué et un peu alambiqué.

AREF :
Pour que je prenne le pouvoir, sans combat, à la fin du mandat de Guelleh, il est indispensable que j’abatte l’ARDHD, qui me fait de l’ombre maintenant et surtout qui médiatise ce qu’elle appelle « mon retournement », qui n’en est pas du tout un, car c’est l’application d’un plan conçu il y a plus 15 ans.

L’ARDHD brouille les cartes et contribue à dégrader dramatiquement mon image sur le plan international, ce qui est inacceptable. Par exemple, elle a agi pour que je sois destitué de mon poste de Vice-président de l’UIDH et bien d’autres encore. Alors que j’avais besoin de ces « couvertures » pour continuer mon double jeu, qui est l’un de mes domaines de prédilection.

Donc l’ARDHD dérange mes plans. Peu importe s’ils m’ont défendu avec honnêteté et engagement, moi je n’ai aucun état d’âme, vous le savez bien. En parfait accord avec Guelleh, nous avons pris le prétexte du Général Zakaria (c’aurait pu être un autre, mais j’ai remarqué que l’ARDHD avait dépassé les limites dans ce cas et donc que les rigueurs de la Loi devaient s’appliquer aussi à cette Association) pour déposer une plainte contre l’ARDHD. Pour moi, c’est sans risque : si l’ARDHD est condamnée, tout le mérite me reviendra et je pourrais le valoriser devant Guelleh, si c’est le contraire, c’est le Général seul qui aura perdu … et il s’en expliquera avec Guelleh, qui sera furieux !

ARDHD :
Ce n’est pas élégant …

AREF :
Pas du tout, mais le résultat seul compte. Alors que j’ai toujours des soutiens personnels au sein de la diplomatie non seulement française mais aussi américaine (nouée lors d’un voyage « de formation » qui m’a été offert aux USA, par le Gouvernement fédéral), je ne vais pas prendre des gants avec des gens qui n’ont rien compris à notre stratégie et qui, par pure naïveté, prennent les choses au premier degré. Tant qu’ils pouvaient m’être utiles, je leur envoyais des lettres de chaleureux remerciements. Maintenant le contexte est différent et c’est devant un tribunal français que je les attaque. C’est cela, la politique-réalité. Aujourd’hui, mon tremplin politique, c’est Guelleh, alors je m’appuie sur lui. Demain, eh bien on verra !

ARDHD :
Merci Me AREF pour ces réponses franches qui permettent de mieux clarifier votre action. Peut-on écrire : AREF sera le futur Président après Guelleh ?

AREF :
Surtout pas, car je vous attaquerai de nouveau au pénal pour diffusion de fausses informations destinées à me nuire auprès d’IOG ! Et cette fois, vous n’aurez aucun élément pour le prouver ni aucun témoin pour vous soutenir.

ARDHD :
Mais si vous le faisiez, pourriez-vous plaider pour vous ?

AREF :
Certainement pas et vous le savez très bien ! Je demanderai à mes excellents amis, Me Martinet ou Me Wabat Daoud de le faire et cela m’étonnerait qu’ils me refusent un tel service, sachant mon avenir politique.

ARDHD :
Comment voyez-vous la suite ?

AREF :
Mon retour dans la majorité au pouvoir se fait progressivement. D’abord, sans étiquette, avec mon Oncle Ali Aref, nous avons soutenu officiellement la campagne présidentielle de Guelleh.

Ensuite je vais me rapprocher officiellement de nos amis, qui ont rejoint les bancs de la majorité avant nous, comme Gabayo, Aden Robleh ou Moumin Bahdon, pour ne citer qu’eux. Seule la majorité a les compétences et l’infrastructure pour gérer efficacement ce pays et pour poursuivre efficacement les actions et les sytèmes « particuliers » mis en place. Je vous défie de me dire qui, au sein de l’opposition, pourrait le faire : il manquerait d’éléments !

ARDHD :
Toujours le réalisme politique, façon AREF ?

AREF :
Entre nous et « Off record » l’avenir vous le confirmera. Faites enfin, un effort pour comprendre les subtilités africaines et la stratégie de ma famille. Reconquérir le pouvoir perdu, mais sans ne jamais le dire. Dans quelque temps, je retrouverai le fauteuil qui me revient de droit, non pas seulement pour mes compétences, mais surtout pour mes origines familiales. L’alternance n’est pas un vain mot, mais l’alternance familiale uniquement.

En quittant le bureau de Me AREF, nous nous souvenions qu’il avait été condamné à Djibouti pour escroquerie et rayé du barreau en 1999. Difficile de se prononcer sur la réalité des charges d’escroquerie financière, mais pouvait-on retenir aujourd’hui et après l’interview : celles d’escroquerie intellectuelle ? Il faudra que les lecteurs soient bien tolérants pour comprendre et pour accepter cette présentation pour le moins, byzantine, des faits ? Ce n’était pas encore gagné !

05/09/05 (B314) Les interviews (presque) imaginaires de l’ARDHD : cette semaine notre équipe a rencontré Guelleh, après la publication du classement des Régimes par le magazine GEO.

L’ARDHD : « Monsieur Guelleh, merci d’avoir accepté de nous recevoir aussi rapidement .. »

Ismaël Omar Guelleh : « Inutile de perdre du temps avec les salades habituelles et la fausse courtoisie des journalistes …. je m’en moque totalement »

ARDHD : « Comme vous voudrez. Commençons tout de suite. Le magazine GEO, d’après un de nos lecteurs, vient de classer votre régime en dernière position, la 148ème, ex aequo avec la Somalie et surtout la Corée du célèbre

Kim Jong-il. Ne pensez-vous pas qu’il serait temps d’ouvrir votre régime à des pratiques qui soient plus en adéquation avec un minimum de respect des Droits de l’Homme ? »

IOG : « Messieurs, je vous arrête tout de suite … »

ARDHD : « Déjà ? mais on a encore rien dit … »

IOG : « Ce n’est pas ce que je veux dire, mais il faut avoir le courage de regarder les faits sous l’angle concret de leur véritable signification (?). Il suffit simplement de retourner les critères et vous verrez que mon régime, si populaire (*) est classé premier ex aequo !!!

J’en suis fier !

J’ai amené ce petit pays, l’un parmi les moins peuplés du monde à la première place aux côtés d’un autre dictateur aussi remarquable que moi, le célèbre Coréen, qui fait trembler le Monde, son peuple et même les Américains … et qui dispose peut-être déjà de la bombe atomique ! »

ARDHD : « Certes Monsieur Guelleh, mais nous ne voyons pas quelle gloire vous pourriez tirer du fait que votre régime soit contesté à tous les niveaux : Sécurité, Respect des Droits de l’Homme, etc.. »

IOG : « Chaque pays choisit librement et démocratiquement les dirigeants dont il a besoin. Les Djiboutiens aiment l’autorité naturelle que je représente, c’est pourquoi ils me soutiennent dans le durcissement du régime que je poursuis chaque jour. »

ARDHD : « Mais l’opposition gagne chaque jour du terrain et conteste vos méthodes dictatoriales et sanguinaires … »

IOG : « Alors là, vous vous trompez carrément ! L’opposition n’existe pas. C’est vous, les Européens qui avaient imaginé ce mythe … ! Depuis mon élection, qui m’a vraiment contesté publiquement et sérieusement en dehors des petites critiques habituelles ?

L’Opposition Unie à Djibouti ? Non !

Le MRD de DAF ? Non ?

Le Frud en Europe ? Non, silence radio de tous les côtés !!

Alors, je vous en prie, cessez de soutenir des oppositions fantômes qui n’existent que dans la tête des ex-colonialistes revanchards, que vous représentez …  »

ARDHD : « Pourtant, ils manifestent de temps à autre dans les rues, contre votre régime.

Sur un plan différent, prenons le site du GED, par exemple, lui, il publie des informations crédibles et documentées sur vos pratiques : torture, corruption, emprisonnements arbitraires, trafics d’enfants, spoliation des personnes privées, trafics d’armes, autrefois, de matières nucléaires et nous en passons … »

IOG : « Laissez-moi rigoler … Ce sont des organisations qui n’ont aucun membre en dehors de quelques copains recrutés par amitié. »

ARDHD : « Si cela peut vous rassurer … Mais nous n’avons pas parlé de la Somalie qui est classée comme Djibouti … »

IOG : « Ça vous étonne ! Le régime somalien, c’est mon bébé à moi, quoi que l’on puisse dire. C’est moi qui l’ait mis au monde à Arta, lors de cette conférence qui s’est achevée sur l’un des plus grands succès diplomatique internationaux : le mien ! Il est normal qu’il soit premier ex aequo avec mon régime, dont il est en quelque sorte, le fils spirituel … Et moi, je n’ai pas réclamé le Prix Nobel de la Paix !

ARDHD : « Mais ce classement va avoir une incidence fâcheuse sur vos efforts pour développer le tourisme à Djibouti … »

IOG : « C’est probable, encore que des nostalgiques de la dernière guerre, du stalinisme, du fascisme entre autres, que sais-je encore, puissent y puiser l’envie de nous visiter, mais qu’importe au fond !

Au contraire, on en profitera pour demander le double de la perte sous forme de nouvelles compensations financières aux Nations riches. Comme d’habitude et le tout sera joué.

Yacin Elmi Bouh a fait des miracles et il a bien formé son sucesseur. Ce dernier promet de faire encore mieux et je place de gros espoirs sur ces capacités à orienter les flux financiers vers ma bourse. « 

ARDHD : « Attention toutes ces compensations financières ne sont pas toujours des dons, mais souvent des emprunts. Le pays va à la catastrophe financière et risque la faillite. »

IOG : « Aucune importance, avec ma femme et mes proches, on a pris tout ce dont nous avions besoin pour vivre décemment notre retraite… Après moi le déluge.

Et pour le reste, en prévision de la faillite inéluctable, je vide le pays de ses dernières richesses : aéroport, port, douanes, etc… Les créanciers lorsqu’ils se présenteront n’auront plus rien de tangible à se mettre sous la dent. L’Etat djiboutien sera complètement vidé de sa substance, totalement désolvabilisé … et nous en sommes très proches !

Ce sont les Djiboutiens qui seront responsables ensuite de mes dettes que j’ai contractées en leur nom. Ils rembourseront pendant des générations, mes excés, le luxe dont raffole ma tendre épouse et sa cour plus la construction / rénovation de nos résidences somptueuses dans le monde entier (Djibouti, Paris, Koweit, Ethiopie, Abu Dabi, etc…).

ARDHD : « En résumé, pas de changements à prévoir …? »

IOG : « Mais bien sur que si, au contraire. Des tonnes d’amélioration dans le cadre d’un vaste programme de rénovation et de durcissement du régime.

On ne change pas une méthode gagnante, on l’améliore sans cesse.

Multiplication des arrestations, réouverture de la Villa Christophe, après remise en état des équipements, ouvertures de nouvelles prisons, augmentation des impôts pour les personnes non affiliées et non cotisantes au RPP, destructions des populations et des villages rebelles.

Recentrage sur la vraie nationalité djiboutienne qui a ses origines ancestrales dans la Région de Dire-Dawa : tous les autres sont des faux Djiboutiens. Je veux conserver notre première place au classement internationale des dictatures.

Paiement obligatoire des soins médicaux à leur vértibable coût.

Incarcération des syndicalistes, en particulier à la Poste : on leur a déjà coupé les vivres.

Mais j’en ai déjà trop dit, foutez-moi le camp au plus vite, je vous ai assez vu pour aujourd’hui. Laissez-moi travailler à la construction d’une Nation unie et solidaire et productive de revenus pour MOI et mes proches. »

ARDHD : « Merci quand même … »

NB : après avoir refermé la porte du bureau, nous avons entendu un énorme hurlement qui ressemblait au cri d’un fauve en cage.

En chemin nous avons croisé un psychiatre suivi de deux brancardiers. Venaient-ils pour lui ? Pour lui passer la camisole de force afin de le calmer et tenter de la ramener à la raison ? Nous n’avons pas la réponse, mais l’affaire est à suivre.

(*) A ce moment précis, IOG nous a remis un certificat, émanant du Ministère de l’Intérieur, sur lequel on pouvait lire que 99,87654217654399803 % des Djiboutiens inscrits (et non pas des suffrages exprimés) avaient voté pour Guelleh lors des dernières présidentielles. Qui étaient les 0,1234578234500197 % qui lui avaient fait un tel affront ? Divisés par ~ 200.000 électeurs, cela représenterait environ 246 personnes … Moins que la population actuelle de Gabode !

14/06/05 (B302) Les infos « presque » imaginaires. Dernière minute : naissance de l’association des Présidents en immunité précaire. (ARDHD – Humour)

Nous venons d’être informés de la constitution de l’Association des Présidents en Immunité Précaire (APIP).

Les statuts ont été déposés à La Havane (Cuba). Selon des indiscrétions à vérifier, le Premier Président élu par l’A.G. pourrait être Jacques Chirac, Président par ailleurs de la République française (sa candidature n’est pas confirmée officiellement). Le Secrétaire général a été désigné (il est statutaire) : il s’agirait d’Ismaël Omar Guelleh, « usurpateur » de la Présidence de la République de Djibouti, élu à l’abstention.

Parmi les membres, on noterait plusieurs Chefs d’Etat d’Afrique, d’extrême-Orient, d’Amérique du Sud et bien sur des Caraïbes.

Les premiers versements de cotisation effectués par chaque membre, exclusivement prélevés sur des fonds publics, à l’exception de tout financement personnel (art 16, alinéa 2, des statuts), se monteraient déjà à plusieurs dizaines de millions de dollars, permettant ainsi à l’Association d’engager sans plus attendre, des actions « lourdes » : judiciaire, communication avec les média, subornation de témoins, choix des Juges et des Procureurs, étouffement de scandales ; bref tout un arsenal impressionnant …

Les objectifs de l’Association seraient d’assurer la défense des Présidents en exercice, dès lors qu’ils sont recherchés par des justices pénales nationales et ou internationales et quels que soient les faits qui motivent des instructions : corruption, détournements de fonds publics, génocide, torture, …

Les membres se garantissent une assistance mutuelle pour se protéger de toutes actions judiciaires et pour prolonger leurs mandats (porteur d’immunité), y compris en ayant recours à la fraude électorale, lorsque cela est nécessaire.

Sinon, les membres essaieront de proposer des « portes de sortie » adaptées à chaque situation : sénateur à vie, asile dans un pays sur et tranquille, etc…

La finalité pour les membres, étant d’éviter la prison … à tout prix.

11/05/05 (B297) IOG aurait fait (« officiellement ») de la lutte contre la pauvreté, une priorité numéro UN. Si c’était vrai et sincère, nous n’aurions rien à redire … Mais ce n’est certainement pas la vérité et notre humouriste a choisi un dialogue (presque) imaginaire que l’on aurait pu entendre au Palais de l’Escale … (Humour)

21/11/04 (B273) Dans la série de nos enquêtes : cette semaine, l’interview (presque) imaginaire du Porte-Parole de l’Etat-Major de l’AND. (Humour) (*)

L’Observatoire :

Colonel, nous vous remercions d’avoir accepté de nous recevoir, ici,
dans votre bureau en votre qualité de Porte-Parole de l’Etat-Major
des Armées. Nous vous remercions aussi d’avoir facilité la délivrance
de nos visas.

Le Porte-Parole de
l’Etat-Major :

Mais c’est tout naturel. Notre bien-aimé, S.E. Le Président
Guelleh (qu’Allah lui accorde longue vie) a personnellement beaucoup insisté
pour que nous soyons absolument transparents dans toutes nos communications.
Il tient à ce que toutes les Djiboutiennes et tous les Djiboutiens
soient informés avec exactitude. Qu’ils sachent comment leur argent
est utilisé, au centime près. Il a même ajouté
qu’en cas d’erreur de notre part ou de découverte de pratiques inappropriées,
nous ne devrions rien cacher au Peuple.

L’Ob. :
Voilà des décisions que nous saluons. Elles vont faciliter notre
interview. Mais ne s’agit-il pas d’une rupture totale avec les pratiques précédentes
?

Le P.P. :
Pas du tout. La politique, de notre Guide incontesté S.E. le Président
Omar Guelleh, est cohérente, linéaire et invariable. Il a défini
une ligne droite qui montre le chemin et il la suit, sans aucune variation, ni grand écart. C’est
ce qui fait sa force. Cela nous facilite le travail, car nous connaissons ses priorités essentielles et ses deux centres d’intérêt. Prenons deux exemples qui illustrent bien la tenacité sans faille de notre Prince :

1°) Il a décidé d’être réélu. Eh bien,
quoiqu’il arrive, quelles que puissent être les difficultés, il saura franchir les épines de l’adversité. Ce nouveau mandat sera pour lui, l’occasion de préparer son troisième … et ainsi de suite …

2°) Il avait assuré qu’il deviendrait l’homme le plus riche de
Djibouti. Il l’est et de façon incontestable, puisque l’on estime que
sa fortune est deux fois supérieure à celle de son plus proche
rival : le très estimé et regretté, l’ex-général
Yacin Yabeh, décédé à la suite d’une longue maladie,
en dépit des soins attentifs qui lui ont été prodigués
par nos meilleurs infirmiers-mâtons dans le centre spécialisé de Gabode.

L’Ob. :
Nous reviendrons sur ce point si nous avons un peu de temps à la fin de l’interview. Mais si vous le permettez, j’aimerais que nous
puissions évoquer l’actualité. Deux de vos Généraux
sont assez malmenés par les média …

Le P.P. :
Excusez-moi de vous interrompre. Je puis certifier, les yeux dans les yeux,
qu’ils ne sont pas responsables de ce dont la rumeur les accuse. Affaire Borrel
: oseriez-vous imaginer qu’un Général, membre de l’Etat-Major,
ait pu être (même) informé d’une tentative d’assassinat
d’un fonctionnaire français en exercice ? Nous sommes des militaires
et si nous devons combattre, c’est debout, face à un ennemi, armé.

Jamais nous n’avons touché un seul cheveu d’un homme désarmé.
Pendant que vous y êtes, vous allez imaginer des militaires tirant dans le dos, la nuit, sur un individu désarmé. Impossible,
je vous le dis. Absolument contraire à l’honneur des Armées djiboutiennes.

L’Ob. :
Probablement vous avez raison sur ce point, mais en ce qui concerne certains massacres. La rumeur parle
:
– De 250 Issas exécutés et enterrés rapidement, lors
de l’affaire du « quartier de la poudrière », avant l’indépendance,
– De 70 victimes dont 60 tués de sang froid, tous de nationalité
Ethiopienne et originaires de la région Afar de l’Ethiopie,
– d’exactions avérées contre les civils à Bankoualé
et ses environs,
– de quarante morts à Arhiba,
– etc…

Le P.P. :
On ne gère pas un pays en se fondant sur des rumeurs. Il n’y a aucune
preuve et de toutes les façons, nos hommes auraient su les faire disparaître
…

L’Ob :
Vous voulez dire que les militaires ont fait disparaître des preuves
?

Le P.P. :
Pas du tout, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. C’est une simple
hypothèse d’école. Dans l’éventualité d’un évènement
semblable, les militaires n’auraient jamais laissé de trace. C’est
le b.a. ba du métier ! Mais il n’y a jamais eu de massacres sauvges, puisqu’il n’y a
pas de preuves. Si on vous montre des photos, sachez bien que ce sont des montages grossiers, qui étendent le voile du déshonneur sur leurs auteurs.

L’Ob :
Sur un autre domaine, on prétend qu’il se passe des choses curieuses
dans certaines unités de l’Armée.

Le P.P. :
Que voulez-vous dire ? Des actes de harcèlement, par exemple. Prenez
le problème dans le bon sens. Imaginez que nos Officiers soient sélectionnés
aussi pour leur prestance, pour leur bel allure et pour leur charme. Comment
ne pas en déduire que des femmes puissent nourrir une certaine admiration
à leur endroit, non seulement pour leur physique avantageux, mais aussi
pour leur réussite exemplaire et leurs promotions si rapides ?

C’est dans la nature de la femme et l’on ne peut pas empêcher
une femme, même militaire, de rêver au Prince charmant au cours de ses soirées. Vous dites en France  » le
prestige de l’uniforme  » ! C’est aussi simple que cela. C’est vrai que
nos Officiers sont parfois un peu .. comment dire  » assaillis  »
?  » submergés « , « encerclés’ ? … par des personnels féminins, agissant en groupe et en concertation (ça ne fait aucun doute),
mais cela n’a jamais été plus loin que de petites taquineries sans conséquence. On ne peut pas
parler véritablement du harcèlement systématique de nos officiers supérieurs.

Nos deux chefs ont du charme, de l’intelligence et de la prestance : ils plaisent aux femmes : voilà tout ! Ce sont des hommes mariés trés attachés à leur devoir de fidélité conjuguale et nul n’a jamais rapporté le moindre écart dans ce domaine.

L’Ob. :
C’est en effet, une autre vision, une manière intéressante de
renverser le problème. Parlons maintenant de vos relations avec les
militaires Français, si vous le voulez bien.

Le P.P. :
Rien n’a changé. Les Militaires français nous apportent toute
l’assistance possible : formation, subvention, carburant, matériel
et surtout des informations qui furent déterminantes lors des opérations
de nettoyage contre les insoumis du FRUD. Mais cela ne suffit pas à
nos yeux.

Ils devraient aussi faire taire les critiques qui sont courantes
dans la Presse française. On a l’impression, vu d’ici, qu’ils mettent
de la mauvaise volonté et qu’ils n’agissent pas efficacement contre ce fléau, qui est la cause d’une détérioration progressive, mais profonde
de nos relations bi-nationales. Un officier supérieur djiboutien a les moyens de
clore le bec de la Presse locale, lorsque son honneur et sa dignité
de soldat sont en jeu. Alors nous nous retournons progressivement vers les
Américains, je dois l’avouer.

L’Ob. :
Comment cela ?

Le P.P. :
L’Américain est moins agréable sur le plan relationnel. Mais
il est lucide, logique et efficace. Il ne s’embarrasse pas de formules dilatoires
ni de compromis. Il est présent sur notre sol uniquement parce qu’il
y a son intérêt national. Quand on a compris cela, il suffit
d’harmoniser nos attentes avec les leurs et cela fonctionne très bien : ils ont des moyens, de l’argent et ils savent payer quand il le faut.

Mais il ne faut pas se leurrer : au fond ce ne sont pas des négociateurs faciles et ils se soutiennent tous, entre eux. Prenez l’exemple de Mobil
qui ne veut pas céder au dictat qui lui enjoint de déplacer
ses installations presque centenaires vers Doraleh. Eh bien toute l’Armée
américaine, comme un seul homme, est derrière Mobil et exige
une indemnisation. On finira par la leur donner … mais en contre partie,
on augmentera le loyer annuel de leur base du même montant. C’est un
contrat gagnant-gagnant avec les américains, une véritable relation
de partenariat…

… Alors qu’avec les Français, c’est trop facile …
il suffit de leur dire qu’on va leur supprimer leurs bases, pour qu’ils rappliquent
avec des tonnes de cadeaux. Et ça marche à chaque fois ! En plus, ils se tirent souvent dans les pattes, ce qui nous simplifie encore le travail. Et comme notre génial Maître est un spécialiste de la division pour assurer son potentat incontesté, les Français n’ont aucune chance contre lui : ils cèdent ou ils décampent.

L’Ob. :
Puisque l’on parle d’argent, la rumeur, toujours elle, prétend qu’il
y aurait des fuites dans les flux de trésorerie au niveau du budget
national …

Le P.P. :
Comment voulez-vous que de l’argent soit détourné. C’est absolument
impossible. Nous avons un budget qui est voté de façon contradictoire
par l’Assemblée des représentants du peuple, élus de
façon démocratique.

Tout engagement de dépense, fait
l’objet d’un bon de commande manuel signé en double exemplaire : un pour le fournisseur et le double pour la corbeille (à papier ?). Si le montant est important,
nous pouvons décider de lancer un appel d’offre. Nous réunissons
alors nos fournisseurs attitrés et nous sélectionnons l’un d’entre
eux. On pratique la  » tournante « . Chacun son tour. C’est comme
cela que l’on a de bons fournisseurs, qui ne manquent jamais une occasion
de vous témoigner de la reconnaissance.

L’Ob. :
Qu’entendez-vous par reconnaissance ?

Le P.P. :
Peu de chose dans les faits, car le montant de la reconnaissance a beaucoup diminué avec la crise.

Par principe absolu et incontournable, tous nos Officiers refusent systématiquement tout cadeau personnel.

Cependant, il est d’usage au sein de notre Armée que les cadeaux puissent être acceptés, uniquement pour le compte d’un tiers. Dans ce cas, les cadeaux doivent être systématiquement distribués
parmi la population : les femmes, les enfants et les alliés de nos Officiers
sont le plus souvent choisis en raison de leurs inestimables mérites.

Ce sont
eux qui reçoivent le plus gros montant, lors de la distribution des témoignages
de reconnaissance offerts par nos fournisseurs nationaux et internationaux. Les cousins et les alliés ne viennent qu’en seconde position lors du partage.

Je tiens
à préciser que le montant de la reconnaissance est plafonné à 75 %
du montant des marchés et que par tradition nous versons toujours un
tiers (25 %) à l’inestimable et sublime épouse de notre bien-aimé
Guide. Tout dépassement de ce plafond serait intégralement reversé à notre sublime présidente, sans aucun bénéfice pour le négociateur.

Imaginez, toujours simple hypothèse de travail, qu’ils mettent en vente les excédents de carburant militaire dans des stations civiles (j’ai bien dit uniquement les excédents, car ils ne priveraient jamais nos soldats de leurs moyens d’intervention) : en aucun cas, ils ne conserveraient l’intégralité de la recette pour eux seuls.

Les Officiers supérieurs de l’AND ne sont pas de vulgaires commerçants. Dans l’avenir, s’ils étaient acculés à l’obligation de pratiquer ainsi, pour écouler des réserves inutilisées et que nous n’ayons pas les capacités de stockage – cela n’est jamais arrivé encore – ils distribueraient tous les profits autour d’eux : en privilégiant leurs femmes et leurs enfants.

Qoi de plus naturel ? Ce point est un choix de société que j’approuve complètement, pour l’avoir moi-même pratiqué, hier encore : quel homme, digne de ce nom, n’avantagerait pas ses plus proches parents et alliés ? Cela fait partie de notre culture et de nos traditions millénaires.

L’Ob. :
Je vous remercie de votre franchise et de ces précisions qui devraient
faire taire les rumeurs.


(*) Toute ressemblance avec une situation réelle ne serait que le
fait d’un concours de circonstance, indépendant de notre volonté.

10/11/04 (B271) Les petites souris ont parfois un magnétophone et de bonnes antennes : elles nous font parvenir la transcription d’une discussion (totalement imaginées) entre deux généraux hauts placés d’un pays imaginaire. (Lecteur)

le 1er Général
:
Salut, mon vieux, merci d’avoir répondu à ma convocation aussi
vite. J’avais besoin de mettre les choses au point avec toi. Mais je te rappelle
que je suis ton supérieur, même si nous sommes complices dans
bien des domaines, tu pourrais me saluer mieux que cela.

le 2ème Général
:
Excuse-moi, tu as certainement raison, mais je n’ai jamais été
habitué à te saluer lorsque nous étions dans un cadre
privé, comme ton bureau. A l’extérieur, cela était différent
et tu le sais bien.

1er :
Assied-toi. C’est sérieux.

Je t’ai convoqué,
car je voudrais faire le point sur des affaires graves qui me dérangent
beaucoup et j’ai des doutes sur ta fidélité et sur ton engagement
à mon égard. Je suis ton supérieur dans la hiérarchie
et ayant été ami avec toi, je sais que je peux te parler franchement.
Répond-moi clairement et sans te tortiller comme tu le fais en ce moment.
As-tu déclenché la guerre contre moi ? C’est simple. Je ne veux
qu’un mot OUI ou NON.

2ème :
Mais tu es fou. Mon vieux. Pour quelles raisons est-ce que j’aurais lancé
la bataille contre toi ? On se connait depuis des années, on travaille
(hum, enfin le peu qu’on peut accomplir dans une semaine normale, qui n’est
pas bien harassant) ensemble depuis longtemps. On se connait. On a des intérêts
financiers communs. Pourquoi est ce que j’aurai déclenché des
hostilités contre toi ?

1er :
Cesse ton baratin de camelot. Tu répond par OUI ou par NON à
ma question. Sinon je te fais mettre aux arrêts et je te prive à
vie de tes petits plaisirs personnels.

2ème :
Je ne vois vraiment pas où tu veux en venir ? Tu veux la guerre, alors
tu l’auras !

1er :
C’est bien, j’en étais sur, tu reconnais. Je comprend maintenant ce
qui se passe depuis plusieurs semaines. Toutes ces informations qui sont publiées
sur Internet contre moi : l’état de ma fortune, mon patrimoine immobilier,
mes voitures, ma mosquée et curieusement jamais rien sur toi. C’est
vrai que financièrement tu pèses un peu moins lourd que moi,
mais à peine : il y a suffisament pour dire des choses sur ta fortune,
pas très clairement acquise. C’était donc toi, la taupe qui
me dénonce en essayant de provoquer ma chute ?

2ème :
Mais non, pas du tout. Je n’ai rien fait contre toi ….

1er :
C’est peut-être vrai, mais au minimum tu as laissé faire. Car
j’ai trouvé la preuve que ces indiscrétions et ces photos qui
me dénoncent comme un corrompu, viennent de ton service. On a tous
les codes et les dates d’envoi. Et c’est un subordonné proche de toi,
très proche même.

2ème :
De qui parles-tu ?

1er :
A toi de l’identifier. J’y suis bien arrivé … Maintenant je te signale
que puisque tu as ouvert les hostilités entre nous, car tu ne pouvais
pas l’ignorer, tu vas recevoir la monnaie de ta pièce au centuple.
Ne t’étonne pas si des informations paraissent sur toi dans les prochains
jours, ca va te faire très mal …

2ème :
Mais il n’y a rien à dire sur moi. Tu perds ton temps sur ce domaine.

1er :
C’est bien ce que tu crois. Souviens-toi, ces gens assassinés et le
charnier dans lequel tu les fais enterrer rapidement : combien ? 200 ? 300
? Eh bien, on a localisé le terrain et on va le faire fouiller. Ca
t’en bouche un coin ? Non ? Tes petites soirées entre amies, eh bien
on a quelques vidéos qui vont te rappeler des bons souvenirs, mais
ça pourrait mettre ton épouse mal à l’aise, alors par
respect pour elle, on va attendre quelques jours .. En revanche, tu as dirigé
des actions meurtrières là-haut sur la partie boisée
de notre pays : il y a des témoins. On va les aider à porter
plainte contre toi. Et puis pour le reste, ce sera des surprises, une chaque
semaine, pour que tu aies le temps de bien assimiler ce qui t’arrive. Dans deux mois, t’es à genou, je te le certifie et tu demanderas pardon.

2ème :
C’est complètement fou ! Je ne comprend toujours pas ce qui te prend. Tu sembles fatigué.

1er :
Pas du tout. Fou de rage contre toi, serait un terme plus adapté.

2ème :
Alors arrête tes idées calomnieuses à mon endroit et frappe-moi.
Un bon coup, si cela peut te faire du bien. Vise plutôt le derrière,
car je suis plus habitué à recevoir des coups de ce côté-là et je me suis endurci.
N’hésite pas, soulage-toi un bon coup.

________________________________________________
La bande d’enregistrement était malheureusement terminée et
nous n’avons pas la suite de cette conversation imaginaire, mais la petite
souris était toujours là et elle nous a raconté que les
deux généraux s’étaient étripés comme de vrais
soldats savent le faire avec la cruauté et la vulgarité en usage
dans les Etats-majors des pays imaginaires.

Ils se seraient quittés absolument fâchés et déterminés
à se nuire jusqu’à leur dernier soupir. A compter de ce jour funeste pour eux, mais heureux pour
eux, tous les militaires qui étaient placés sous leurs ordres
et qui ne les respectaient plus depuis des années, purent travailler
de nouveau, sans obstacle et en utilisant à bon escient les budgets
militaires qui n’étaient plus détournés..

23/10/04 (B269) Radio-Trottoir : la politique internationale de Guelleh. Un bilan très positif : la majorité des Etats voisins ou alliés sont d’accord ? Mais sur quoi ? Un entretien quasi imaginaire entre Guelleh et Hassan Saïd. (Ardhd)

L’un de nos correspondants
a surpris une conversation privée (quasi imaginaire, il faut le préciser) entre Guelleh
et Hassan Saïd.

Guelleh : Salut
Hassan, comment vas-tu ?

Hassan : Ca pourrait
aller mieux, mes agents secrets se font jeter sans ménagement,
les uns après les autres, de tous les pays voisins,

IOG : C’est pas
grave, tu n’as qu’à leur rendre la monnaie de leur pièce et
tu expulses les leurs.

HS : Le problème
c’est qu’on arrive plus à les identifier avec précision.

IOG : Tu vieillis
Hassan. Mais parlons de nos relations internationales. Je t’ai convoqué
secrètement pour faire le bilan de nos positions et de nos amitiés.

HS : Ca va être
vite fait ! Pratiquement, ils sont tous d’accord.

IOG : Pourquoi
dis-tu cela ? J’ai noué de solides amitiés à Cuba …

HS : Bien sur,
tu leur apportes un marché … tout cuit, prêt à l’emploi.

IOG : Si tu veux,
mais regardons autour de nous …

HS : Ce n’est pas
brillant. Le Yémen a accueilli les représentants du GED comme
des chefs d’Etat et moi je me suis fait éconduire par un sous-fifre
sans pouvoir. Le Kenya, ils ne veulent plus te voir chez eux. Ils seraient
capable de te refouler.

IOG : Il ne faut pas oublier que je suis le grand artisan du processus de normalisation en Somalie, grâce à
la conférence d’ARTA. Indirectement c’est à moi qu’il doit son poste.

HS : Taratata,
il peut pas t’encaisser l’Youssouf. Je parie qu’il te fera un croche-pieds
ou une entourloupe à la première occasion. L’Erythrée,
c’est pas terrible non plus. Ne parlons pas bien sur des choses qui fâchent
… L’Ethiopie par exemple. Le patron, il a vraiment une dent contre toi et
sévère ! Les tarifs du port et le chantage sur le train, il aime pas vraiment !

IOG : OK, OK, tu
as raison, mais il reste les occidentaux.

HS : Tu sais bien
que les Américains sont ingérables à notre niveau. Ils
ne font que ce qu’ils veulent : leur intérêt avant tout. Le reste,
ils s’en contrefichent et tu es la dernière roue de leur carrosse …

IOG : Peut-être,
mais les Français tout de même, ils me respectent.

HS :
tu as raison, c’est peut-être le seul point fort de ta politique. Ils
sont capables de dire Amen à tes moindres caprices et de s’écraser
devant tes colères. Tu as encore des alliances solides en France,
mais pour combien de temps ? L’affaire Borrel nous pend au nez … avec ses
conséquences.

IOG : Là,
je t’arrête ! Parle pour toi. Moi je ne risque rien dans l’affaire Borrel.
Pas de preuves contre moi et de toutes les façons, je suis immunisé avec
mon statut. C’est vrai que Souleiman et toi, vous n’êtes pas clair sur
ce coup et qu’il y a des risques. Il faut dire que vous n’êtes pas malins : il fallait pas qu’on puisse retrouver le corps et l’affaire était dans le sac. Sachez quand même que l’Avocat appointé du Gouvernement est derrière
vous et il vous protègera toujours. Je l’avais incarcéré
il y a quelques années et maintenant, il est devenu notre meilleur
soutien. Va comprendre les hommes !

HS : La nature
humaine est complexe. Je ne la comprendrai jamais. Mais c’est vrai qu’il suffit
de les battre pour qu’ils deviennent des moutons dociles. C’est comme cela
que j’ai dominé mes concurrents.

IOG : A qui le
dis-tu ! Ca a toujours été ma règle de vie et d’encadrement.

HS : On ne parle
pas du Somaliland, bien sur, avec l’interdiction d’exporter du bétail via notre territoire.

IOG : Non surtout
pas ce soir. Ca me rend de mauvaise humeur. Et Paulette, c’est pire ! Ca dérange son nouveau projet. Surtout si je parvenais à faire lever l’embargo international sur la viande bovine, uniquement pour Djibouti. Tu vois d’ici le trafic possible ? Ca c’est du gros, gros business ! Plus gros que l’ivoire ou les déchets nucléaires ! T’inquiète pas, Hassan, t’auras toujours ta part du gâteau.

HS : Merci à l’avance. Juste pour
conclure. On a pratiquement réussi à faire l’unanimité
contre nous, dans la région.

IOG : C’est la
situation que je préfère. Ca me stimule. A moi, maintenant de trouver le moyen
de les diviser pour reprendre le leaderchip dans la région. Ca marche
à merveille à l’intérieur de nos frontières. Je
ne vois pas pourquoi cela serait différent en dehors. Susciter la zizanie
est l’une de mes plus grandes qualités. Je me mets au travail. Mais
je te le dis en confidence. « J’ai toujours un plan pour mettre
le feu à la région ». Après, ils viendront tous me lécher
les pieds.

HS : Comme disait la mère
de Napoléon : « Pourvu que ça dure ! ». Bonne nuit et
surtout ne fais pas de cauchemars.

IOG : Aucun risque cette nuit ! Grâce à toi, encore
une fois, parce que tu m’as remonté le moral. Fais de beaux rêves aussi.

01/01/04 (B227) Dans la série : les interviews presque imaginaires. Bouh Warsama nous propose une interview de Kadra, conduite façon La Nation. Le résultat réjouira certainement tous les lecteurs de l’Observatoire, car la ressemblance est saisissante !!!

 

L’année
de tous les dangers –
Interview surréaliste, méthode La Nation, avec Mme Kadra
Odette Mahamoud Haïd, alias Paulette.

par Bouh Warsama.

Rédacteur
en chef de la Nation
– Madame votre Excellentissime Altesse, le Journal
la nation et vos carpettes déférentes vous présentent
leurs respects et leurs vœux très respectueux pour l’année
2004.

Kadra Odette Mahamoud
Haïd
– Merci carpette de première classe, appelez-moi
très simplement Votre Altesse sérénissime, cela fait
plus sympa. Pas de chichis entre nous.

REC –
Votre Altesse sérénissime, ma première question est la
suivante. A l’instar des populations de notre pays particulièrement
les femmes ont une très grande admiration pour la première grande
Dame du pays que celle là que vous êtes et malgré que
vous ne fissiez quasiment rien pour elles. Comment expliquez vous cela ?.

KOMH –
Oui vous avez raison, à l’instar de ce que je ne pusse rien fisser
pour elles mais que je pense même qu’elles m’adorent et que
c’est une forme de reconnaissance logique par référence
à toutes mes qualités humaines hors du commun. Il faut qu’elles
m’adorent encore plus, j’ai besoin de cela pour mener à leur
terme tous mes projets à venir.

Plus vous en faites pour
améliorer leurs conditions d’existences et plus elles deviendront
demandeuses…. c’est pour cela que je ne fisse rien et que notre propagande
se charge du reste …

Observez qu’à
l’instar de ce que je fais couramment lorsque je les ai roulées
dans la farine à Obock, un discours avec des mots que je ne pense pas
mais qui les touchent : beaucoup de théâtre et ma cour m’embrasse
les pieds..

Vous savez combien je
puis être débordée par toutes mes activités.

REC –
Oui effectivement votre Altesse sérénissime avec tous vos déplacements,
à Paris notamment, cela vous fait beaucoup de travail…

KOHM –
Oui j’ai aménagé le petit appartement que nous avons acquis
avec Ismaël Omar. Une bagatelle, une petite folie d’empereuse en
plein centre de Paris.

REC –
D’empereuse ?.

KOHM –
Oui la femme de l’empereur ?.

REC –
Ah oui, j’avais pas compris, à l’instar de mes collègues
je n’ai pas votre culture. Votre Altesse sérénissime, on
dit que vous avez beaucoup de goût et des dons naturels pour la décoration
d’intérieur.

KOHM –
Oui c’est un don surnaturel chez moi, je me suis d’ailleurs rendu récemment
dans une université américaine pour m’y inscrire et faire des
études dans ce domaine mais ils m’ont demandé sur quelle
branche ?

Je leur ai répondu
pas sur un arbre mais sur un tabouret comme tout le monde.

J’ignorais qu’aux
USA ils étudiaient dans les arbres… j’en suis repartie car
j’ai eu peur qu’ils m’obligent à suivre les cours jûchée
sur un arbre.

Sur le plan de l’art,
j’ai de grandes compétences dans le rococo façon Louis XVI du
12ème siècle… avec une pointe de bousbir et beaucoup de
dorures en plaqué or.

REC –
Votre Altesse sérénissime, on dit que vous êtes aussi
attirée par le clinquant comme par les colliers de diamant.

KOHM –
Je pense qu’une femme de haute naissance comme moi doit tenir son rang.
Qu’est ce que quelques colliers de diamants à 100 millions de
FD comparativement aux milliards qui arrivent dans les caisses des finances
publiques et qui en repartent aussi vite ?.

Ce que je prélève
n’est que peu de choses et de toutes les façons c’est ma
part.

REC –
Oui mais vous êtes bien aidés par votre ami M…… qui se charge
des transferts vers La Réunion, l’Italie et la Suisse.

KOHM –
Oui, il représente nos amis avec qui nous partageons.

REC – Vous
partagez ?.

KOHM – Oui
des intérêts communs. Quant à l’argent j’ai un don, il
circule bien et de plus j’ai toute une famille à entretenir.

REC –
Oui effectivement vos enfants.

KOHM –
Non mes enfants sont placés, ils ont tous une bonne situation ce sont
de mes deux frères Djama et Elmis dont je parle.

Djama fait de bonnes affaires
comme gouverneur de la Banque centrale et Elmis a réussi à faire
la semaine dernière son premier avion en papier qu’il fait voler
dans son bureau de directeur de l’aviation civile.

REC –
Votre Altesse sérénissime doit être contente ?.

KOHM –
Oui je suis très contente de leurs progrès, le premier sait
bien tripatouiller les comptes de l’Etat et le FMI n’y voit rien
car ce n’est pas son rôle de contrôler l’incontrôlable ;
de plus on a une dette publique importante à entretenir.

Le second Elmis a un grand
avenir devant lui comme Ingénieur aéronautique. Il est passé
du stade de la cocote en papier à l’avion, c’est bien !.
Il a fait d’énormes progrès.

Nous sommes associés
tous les trois dans la grande compagnie mondialement connue DAALLO.

REC –
Vous voulez dire dans la Sarl DAALLO ?.

KOHM –
Compagnie mondiale ou Sarl, qu’elle est la différence ? Aucune
car c’est moi que je décide et nos amis ferment les yeux.

C’est pratique pour faire
du recyclage d’argent.

Remarquez que le jour
où il y aura un problème grave, nous ne saurions être
responsables.

Il y a des gens qui sont
payés pour cela, c’est leur rôle et pas le nôtre.

REC – Effectivement
Votre Altesse sérénissime, vous avez raison. Nous avons nos
propres lois. J’ai une autre question qui pourrait peut-être vous
déranger mais je la pose.

On dit que beaucoup d’enfants
provenant de Somalie et d’Ethiopie quittent Djibouti et n’y reviennent
jamais.

KOHM –
Oui je sais à quoi vous faites allusion et je suis heureuse que vous
posez cette question. Comme vous savez je suis la présidente du centre
de la « Mère et de l’enfant » dont j’ai fait
transformer des bâtiments pour installer ma boulangerie industrielle
qui fonctionne grâce à la générosité des
donateurs étrangers en farines.

Là sont regroupés
des enfants en bas âge qui fuient la Somalie en prenant librement l’avion
de DAALLO pour se réfugier dans notre pays d’accueil à
l’instar d’autres enfants qui sont perdus dans les rues de notre
capitale et que le Commandant Orbisso nous ramène.

REC –
Oui, il fait de la sociabilisation !.

KOHM –
Non il ne fait pas de la politique socialiste, il appartient au RPP.

REC –
Je veux dire qu’il applique une forme de collectivisation en prenant
les enfants en charge pour que vous leur appreniez à vivre ensemble.

KOHM –
Oui ! il les collecte dans les rues mais on ne leur apprend rien.

Notre responsabilité
est ensuite de demander des aides internationales auprès des organismes
comme l’UNICEF, la protection de l’enfance mais très vite
ces enfants demandent à partir en Europe et au Canada en colonies de
vacances…

REC –
En colonies de vacances !.

KOHM –
Oui, ils aiment voyager et on leur fournit une identité djiboutienne
comme s’ils étaient nés dans la capitale afin de faciliter
les démarches administratives internationales et celles du consulat
de France puis on les envoie par paquets de 20 ou de 30 vers l’Europe.

C’est une affaire qui
fonctionne bien depuis les années 90 entre la Somalie et Djibouti puis
vers Londres via Cherja dans les Emirats Arabes Unis et vers Abu-dhabi.
Afin que les enfants puissent voir du pays nous avons d’autres options Somalie
– Londres via Djibouti- Madrid.. ou via Djibouti-Rome.. ou via Djibouti-Dubai-Frankfort
ou via Djibouti-Paris-Amsterdam
Nous avons longtemps été aidés par mon cousin M. Hussein
Ismail Kareyeh de la PAF, qui est aussi le cousin d’Hassan Said, chef du SDS.

REC – Toute
votre famille contribue au bien être de ces enfants ?.

KOHM – Oui,
c’est une « affaire de famille » qui aide les enfants à passer
de longues vacances à l’étranger. Ils choisissent librement
et souvent de prolonger ces vacances voire de se fixer dans ces pays.

REC –
Vous savez dans quels camps de vacances ils vont ? et à quels endroits
précis ?.

KOHM –
Non ! chacun à son travail et le Colonel Abdillahi Abdi s’occupe
de cet aspect. D’ailleurs c’est lui aussi qui envoie les jeunes
filles en stage de formation dans des établissements en Europe et au
Canada.

REC –
Il y a donc tout à fois un côté vacances et formation
éducative pour les jeunes filles si j’ai bien compris ?

KOHM –
Oui j’y tiens beaucoup, nos actions ont cette double vocation.

REC –
Je pense que Votre Altesse sérénissime devrait postuler pour
un prix, tel que le Nobel ?.

KOHM –
Oui j’y pense mais chaque chose en son temps. Ces enfants doivent être
très heureux comme ceux qui les accueillent car on nous envoie beaucoup
d’argent pour qu’ils aillent passer des vacances ou en stage de formation
dans ces pays.

REC –
Oui effectivement mais comment cela se fait-il qu’ils ne reviennent jamais
dans leur pays d’origine ?.

KOHM –
Ils se plaisent où ils sont et cela leur fait de très longues
vacances dans des pays au climat plus favorable. Quant à la formation
des jeunes filles elle est très longue et nécessite donc un
long apprentissage. La formation est celle d’hôtesse.

REC –
Hôtesse de l’air ?.

KOHM –
On m’a dit hôtesse tout simplement.

REC –
Vraisemblablement une formation complète.

KOHM –
Oui, je sais que le Colonel Abdillahi Abdi suit de très près
cette formation. Il effectue de fréquents voyages au Canada à
l’instar de mes dames de compagnie qui encadrent les enfants lors de
leurs voyages vers les vacances. Il les aide de ses conseils éclairés.

REC –
Comme Mme Zaïra Aïdid ?.

KOHM –
Oui elle fait partie de ces dames de compagnie qui consacrent toute leur énergie
au profit de l’enfance. Elles me sont dévouées et c’est
pour cela que je les emmène souvent à Paris dans les grands
Palaces.

REC –
Oui, vous multipliez vos voyages ces derniers mois mais dans quel but ?.

KOHM –
Je fais de la formation sur place pour leur apprendre la différence
entre lavabo et cuvette de WC. Comment se tenir en société et
éviter de crâcher sur le sol. De même le soir nous faisons
du public relation.

REC –
Du public relation ?.

KOHM –
Oui c’est très important, nous faisons le tour des établissements
d’initiation qui sont ouverts la nuit pour mieux faire connaître Djibouti
et ses femmes aux autochtones parisiens. De plus il y a des spectacles et
des activités qui leur permettent d’élargir un peu plus
leur culture.

REC – Votre
Altesse sérénissime, merci pour toutes ces précisions
qui vont fortement vivement intéresser tous nos lecteurs. Je vais prendre
la liberté de poser à Votre Altesse sérénissime
une dernière question.

Comment voyez-vous l’avenir
de Djibouti.

KHOM –
Je suis très heureuse que vous me posiez cette question car, comme
vous le savez, sans moi Djibouti ne serait pas là où il en est
aujourd’hui.

Ma première considération
d’empereuse est que si on se tourne vers le passé on ne peut pas
voir l’avenir si on a pas des yeux derrière la tête.

Moi je vois tout, je sais
tout et je suis d’une aide précieuse pour Ismaël Omar qui
ne peut rien faire sans qu’il ne m’ait consulté.

Lorsqu’il voyage
à l’étranger et que je reste à Djibouti, je l’aide
et j’utilise son bureau.

C’est moi qui donne
des ordres au secrétaire général comme à Dileita
Mohamed Dileita et aux ministres.

Je suis consciente que
je suis indispensable à la vie du pays qui me doit tout.

Certains me reprochent
à tort d’avoir placé tous les membres de ma famille à
des postes clés. Si j’ai agi ainsi c’est que les membres
de ma famille ont toutes les qualités pour tenir ces postes et de toutes
les façons ils supervisent le travail et savent faire travailler les
autres ce qui est la première qualité de leurs compétences.

Secondement, le pays ne
peut pas se passer d’une empereuse telle que moi et c’est pour cela
que j’ai préparée la succession d’Ismaël Omar
qui est très fatigué et souhaiterait quitter le pouvoir.

REC – Votre
Altesse sérénissime veut dire qu’elle pourrait gouverner
demain le pays ?.

KOHM –
Pourquoi pas, je le gouverne déjà depuis plus d’un an et
personne ne voit la différence ?. Gouverner est un grand mot, il y
a des gens qui le font à notre place de l’étranger et qui nous
conseillent dans notre propagande.

Il nous reste plus qu’à
prononcer des discours qu’ils nous préparent, à nous faire
applaudir par nos serviteurs et le tour est joué.

Une visite de temps à
autre à l’étranger où on va chercher de l’argent
et au cours desquelles vous encensez les chefs d’Etats dans votre journal
….

REC – Votre
Altesse sérénissime risque d’avoir une forte opposition,
officiellement une femme empereuse de Djibouti et qui gouvernerait l’Etat
ce serait une première.

KHOM –
Ne vous en préoccupez pas, je trouverai bien un autre kabri pour mettre
à la place d’Ismaël Omar et continuer à gouverner.

Il y en a tellement ici
que je n’aurai que l’embarras du choix.

REC – Votre
Altesse sérénissime, je vous remercie d’avoir bien voulu
dans votre grande bonté nous accorder cet entretien qui laisse présager
de bons augures pour notre pays à l’instar de ce qui s’y
est toujours fait depuis que l’autre Altesse sérénissime
a été élu démocratiquement et par lui-même
aux plus hautes instances.