09/03/02 Les interviews (presque) imaginaires. Cette semaine, un ancien diplomate ou le paradoxe poussé jusqu’à l’absurdité.

Pour perpétuer
les grandes traditions du site, cette semaine l’équipe
de l’Observatoire a réalisé une nouvelle interview
(presque) imaginaire. Elle a choisi, au hasard, un personnage
qui aurait pu avoir été diplomate à l’Ambassade
de Djibouti aux USA et qui aurait pu, comme tant d’autres, avoir
déserté son poste pour passer à l’ouest,
c’est à dire au Canada.

Pour les
besoins de la circonstance, nous l’appellerons Monsieur Ali.
Tous ceux qui croiraient avoir trouvé une ressemblance
avec tel ou tel personnage en exil au Canada se tromperaient
certainement : la ressemblance ne pourrait être que fortuite
et nous dégageons toute notre responsabilité.

Donc M.
Ali pourrait être un homme bien connu pour ses prises
de position tranchées et pour ses longs communiqués
très détaillés et pas toujours extrêmement
clairs, de l’avis de certaines mauvaises langues.

L’Observatoire
:
M. Ali. Nous tenons à vous remercier de nous
avoir accordé cet entretien dans le contexte qui prévaut
actuellement en particulier dans la lutte que vous avez engagée
récemment contre l’ARDHD à grands renforts de
mémorandums et de démonstrations complexes.

M.
Ali
: Je vous remercie de m’écouter : les gens
ne savent plus écouter aujourd’hui. Permettez-moi d’abord
de vous dire que je m’exprimerai au nom de tous les partisans
sans aucune exception du PPPPPPPPPPD, le Parti des Purs
Partisans Pour la Paix, Pour la Patrie et Pour la Prospérité
du Peuple Djiboutien ou si vous préférez le 10PD
et qu’ils sont nombreux. Mais je ne parlerai que d’une seule
voix car à Moi tout seul, je les représente tous,
qu’ils sont complètement d’accord avec moi et qu’ils
me sont totalement fidèles.

L’O
: C’est bien et nous le notons. Combien sont-il ?

M.
ALI
: Vous ne m’avez pas écouté ni compris.
Ils sont très nombreux. Je ne vous donnerai pas de chiffre
précis car ces données sont absolument confidentielles.

L’O
: Nous avons été informés du fait que vous
lanciez une grande campagne de mise en garde contre l’ARDHD
en ce moment. Pour quelles raisons ?

M.
ALI
: L’ARDHD, c’est un repaire de colonialistes, d’agents
doubles, de barbouzes et de flibustiers. C’est le refuge de
tous les frustrés. C’est un repaire de brigands et de
repris de justice. En plus, je prétends officiellement,
sans y croire vraiment (mais gardez ce point pour vous), qu’ils
ont été chassés de Djibouti par Guelleh.

C’est cela
qui pourrait expliquer leur démarche et faire comprendre
qu’ils n’ont qu’un objectif : celui de porter préjudice
à IOG. C’est absolument inacceptable et intolérable.
Savez-vous aussi, qu’en parallèle, ils continuent à
servir IOG : ils font tous partie du groupe des agents spéciaux
d’information de Guelleh pour l’Europe et pour le Canada. Et
en plus ils travaillent aussi pour les services français
du renseignement.

En tant
que patriote, j’ai le devoir de mettre en garde la Communauté
des vrais réfugiés contre leurs agissements sournois.
C’est moi qui suis le premier à avoir démasqué
leur double jeu. Je suis le premier et le seul à avoir
compris tout cela et j’estime que cela me donne une légitimité
authentique pour les accuser des pires bassesses et même
(ça ne me coûte rien) d’en ajouter en les calomniant
sur un fond de pourritures. Je n’ai aucune information à
ce sujet, mais il faut sans cesse calomnier car il en restera
toujours quelque chose. C’est ma règle de vie et elle
m’a toujours rapporté gros.

L’O
: Excusez-moi, mais je ne comprends pas bien. Vous leur reprochez
d’un côté d’attaquer M. Guelleh et en même
temps, vous les accusez d’espionnage au profit d’IOG et de la
France. Pouvez-vous nous expliquer ces contradictions ?

M.
ALI :
Il n’y a aucune contradiction. Si vous êtes
incapables de comprendre cela, il ne fallait pas me demander
cette interview. Si vous voyez une contradiction dans mes propos,
c’est la preuve incontestable que vous aussi, vous travaillez
pour Guelleh et pour le SDECE. Vous êtes leurs complices.

L’O
:
Le SDECE n’existe plus, c’est la DGSE maintenant,
mais vous avez le droit de penser ce que vous voulez …
Ici, nous sommes dans un pays de liberté ! Passons. Dans
un long réquisitoire publié en 2000 sur le site
de l’ARDHD et que peu de personnes avaient eu le temps de lire
jusqu’à son terme avant de s’endormir, vous vous êtes
auto-décrit en victime du régime. Vous avez dit
notamment que vous aviez été contraint de fuir
Djibouti lors de votre dernier voyage parce que vous vous sentiez
menacé physiquement.

Vous aviez
d’ailleurs demandé une assistance y compris financière
à l’ARDHD lors de votre escale à Paris entre Djibouti
et le Canada. Donc vous aussi, vous avez été contraint
de quitter Djibouti. Où serait la différence avec
le cas des animateurs de l’ARDHD, tel que vous le décriviez,
il y a quelques instants ?

M.
ALI :
Moi je représente les patriotes. Eux non
! En plus sur le plan financier, ils n’ont pas été
généreux. Pensez donc, l’ARDHD a refusé
de me payer un billet d’avion en business entre la France et
le Canada.

Ils m’ont
fait cela à Moi, le seul opposant qui leur faisait l’honneur
de leur transmettre mes papiers à publier ! Ces ingrats,
je ne suis pas près de les oublier et rien que pour cela,
je conduirai la guerre totale contre eux. Ils ont été
tellement mesquins que je ne leur rendrai jamais les quelques
malheureuses centaines de FF, qu’ils m’avaient prêtées
uniquement dans l’espoir de m’humilier. Qu’ils ne comptent pas
dessus ? Jamais, jamais, ils ne les reverront.

L’O
:
Expliquez-moi. Que leur reprochez-vous au juste ?
D’être des agents de Guelleh ou des victimes, voire des
opposants.

M.
ALI :
Mais c’est simple. Comment faut-il vous l’expliquer
? Je ne vais pas me répéter vingt fois. Je leur
reproche d’être les deux à la fois. Des opposants
farouches de Guelleh et des agents secrets de Guelleh.

L’O
:
C’est un peu complexe en effet et pas très
clair. En consultant le site de l’ARDHD, j’ai constaté
que cette organisation avait, en effet, publié régulièrement
de nombreux textes signés par vous. Vous ne pouvez quand
même pas dire le contraire, ni surtout vous en plaindre
!

M.
ALI :
Si justement, je me plains !

L’O
: Mais pour quelles raisons ?

M.
ALI :
Parce que mes textes étaient confus et
totalement incompréhensibles pour les lecteurs. Si l’ARDHD
les a publiés, c’était uniquement pour me porter
préjudice et aujourd’hui, je lui demande réparation,
car les lecteurs ne m’ont pas compris.

L’ARDHD
est donc responsable (et je le prouve maintenant devant le monde
entier) de cette situation qui a profité pleinement à
Guelleh. Vous voyez bien que je détiens la preuve irréfutable
de leur duplicité et que j’en fais la démonstration.
Nul doute que ce sont des agents de Guelleh.

D’ailleurs
je n’ai pas grand chose d’autre à faire en ce moment
qu’à me concentrer sur leur cas. Je travaille beaucoup
pour écrire des mémorandum, des notes d’information
qui inonderont demain le monde entier. Et je suis écouté,
croyez-moi, par des gens importants, que vous ne connaissez
même pas …

L’O
:
Vous maniez le paradoxe avec brio et je suis plein
d’admiration.

M.
ALI :
Vous moquez-vous de moi ? C’est bien la preuve
que vous êtes missionné par Guelleh. Je suis le
seul vrai patriote. Tous ceux qui pensent le contraire sont
des traîtres, des impies, des voleurs et des suppôts
de Guelleh. En plus, vous, vous êtes français et
vous voulez détruire le Gouvernement djiboutien. Si quelqu’un
doit déstabiliser Guelleh, c’est Moi et ce n’est pas
vous.

Comprenez
bien, il ne peut pas y avoir plusieurs opposants en même
temps. Je suis le seul opposant légitime, l’unique, celui
de la première heure ! Tous les autres sont des affabulateurs,
des clowns, des manipulateurs dangereux ou des opposants de
la dernière minute. Regardez par exemple, ces gens du
GED, ils sont sortis de nulle part …. ou plutôt si,
ils sortent du giron de Guelleh. Ce sont ses créatures,
son produit. Contrairement à eux, Moi, j’ai été
le premier opposant de la première heure, avant tous
les autres et je n’ai jamais goûté à la
soupe du dictateur …

L’O
:
Mais vous avez travaillé pour IOG à
l’Ambassade de Djibouti aux USA, après avoir exercé
des fonctions au Ministère des Affaires étrangères.


M. ALI :
Oui mais Moi, c’est différent, le jour
où j’ai commencé ma carrière, j’étais
déjà un vrai opposant ! Ensuite, si j’ai travaillé
à l’Ambassade, ce n’était pas pour bénéficier
des largesses bourgeoises du système mais pour bien comprendre
le système et pour mieux le déstabiliser à
partir de l’intérieur.

L’O
:
Avez-vous été chassé de l’Ambassade
?

M.
ALI :
C’est honteux de venir chez moi pour m’insulter.
J’appelle immédiatement mes avocats et je porte plainte
ce soir contre vous pour diffamation en entretien privé
et sans témoin. Il y a des lois vous savez, au Canada
et elles vous sont applicables. C’est Moi, qui vais vous chasser
de chez moi.

L’O
:
Pourtant certains disent que vous auriez été
obligé de quitter précipitamment l’Ambassade aux
USA parce que l’on aurait pu vous reprocher certains faits condamnables
?

M.
Ali :
Je vais rétablir la Vérité
et je vous en ferai la démonstration. Considérez
qu’à ce moment, où je vous parle, c’est comme
si j’étais sous serment ! Le dernier jour, je suis sorti
de l’Ambassade par la grande porte, un soir et de mon plein
gré.

Par bonheur,
c’était juste la veille du jour qui avait été
fixé pour mon arrestation. J’avais été
effectivement prévenu par un cousin.

Si j’ai
emporté quelques souvenirs sonnants et trébuchants,
c’est uniquement pour poursuivre la lutte contre Guelleh, mais
cette fois de l’extérieur. Il fallait que j’ai absolument
les moyens d’assurer mon existence durant toutes ces années
d’exil. Alors en partant j’ai emporté suffisamment d’argent
pour m’engager (à vie) dans une vie d’opposant aisé
et autonome sans perdre de temps dans un travail rémunérateur
mais éloigné de mes objectifs.

Je suis
un patriote, parce que je n’ai pas pris un centime de plus que
ce qui m’était strictement nécessaire et pourtant
au poste que j’occupais alors, j’avais la possibilité
de prendre beaucoup plus ! Ca, c’est le vrai patriotisme, le
désintéressement total, celui qui est poussé
à l’extrême et je viens de vous en faire la démonstration.

Imaginons,
une seule seconde, que je n’ai pas emporté de quoi vivre
décemment au Canada pendant toutes ces années
! Comment aurais-je pu défendre les intérêts
des Djiboutiens ? Le patriotisme, c’est aussi de priver l’adversaire
de ses moyens, y compris financiers, pour les retourner contre
lui.

L’O
:
Toujours le paradoxe. Vous avez l’art de retourner
les situations à votre avantage, mais pourtant, ces faits
qui pourraient vous être reprochés, seraient incontestables…
Certains disent qu’il aurait manqué de l’argent dans
la caisse de l’Ambassade après votre départ …bien
sur, cela ne vous accuse pas formellement .. D’autres auraient
pu se servir le même jour.

M.
Ali :
Qui vous envoie ? Votre maître IOG ? Vous
allez lui lécher les bottes ce soir ? Il vous a donné
ses ordres ce matin ? Des gens comme vous, on les envoie à
Gabode sans jugement …

L’O
:
La question n’est pas là …

Miaulement
…. Entre un chat

L’O
:
Vous avez un bel aquarium et en plus vous aimez les
chats…. ?

M.
ALI :
Oui, j’ai trois poissons rouges et un chat. Ce
sont les seules créatures qui ne m’ont jamais déçu
et qui m’écoutent toujours.

L’O
:
Revenons à vos partisans. Pourrais-je en rencontrer
quelques-uns ?

M.
ALI :
Décidément, vous êtes vraiment
idiot, je viens de vous les présenter tous les quatre
à l’instant !

Le
téléphone sonne..

Allô
! Ah ! C’est toi… Quel temps fait-il à Djibouti…
? Tu n’as pas encore libéré les prisonniers …?
Attends encore, ne te presse pas, tu le feras lorsqu’ils seront
bien affaiblis et qu’ils ne pourront plus se relever. Une chance
qu’ils aient entammé cette grève de la faim. A
ta place, j’aurais fait comme toi. Bon je te rappelle tout à
l’heure, parce que je reçois des journalistes à
présent. Pour l’ARDHD, compte sur moi, je vais les détruire,
les ratatiner, les écraser jusqu’à ce qu’ils nous
demandent pardon à genoux … Ce que tu n’as pas réussi
en trois ans, je le ferai en un mois.

M.
Ali :
Excusez-moi, j’avais en ligne mon double ou presque.
Je veux dire le deuxième et unique opposant de Guelleh.

L’O
:
Mais qui est-ce ? Vous n’allez quand même pas
me dire, que c’était I ….

M.
Ali :
Si, au contraire, je vous le dis. Le seul opposant
de Guelleh à part moi, c’est Guelleh lui-même.
Il ne cesse jamais de travailler contre son intérêt.
Par exemple, il s’entête, par orgueil, à maintenir
en prison ces 12 hommes qui sont innocents. Avec toute la perversité
qui m’anime, je lui conseille de les garder en prison, comme
cela il détruit son image. Il n’a toujours pas compris
mon double jeu ! Ah Ah Ah …

N’est-ce
pas la preuve irréfutable que Guelleh est (en dehors
de moi, bien sur) le deuxième opposant sincère
et véritable au régime de Guelleh ? Dans ce rôle
d’opposant, il est parfaitement légitime, alors qu’en
tant que Président, c’est un usurpateur et un fraudeur.

Je lutterai
contre lui jusqu’à mon dernier souffle. Pour y parvenir,
je dois lui apporter un soutien journalier sans faille. Comme
cela, il s’auto-affaiblit de jour en jour sans même s’en
rendre compte …!

Et je lui
prendrai alors le pouvoir.

L’O
:
Comment cela ‘lui prendre le pouvoir » ?

M.
Ali :
Vous êtes complétement bouché
ou quoi ? Pour quelles raisons, croyez-vous que je me donne
tant de mal, si ce n’était pas pour devenir le prochain
Président de Djibouti, poste qui me revient de droit,
compte-tenu de l’ancienneté de mon combat et des risques
que j’ai pris en acceptant des fonctions de première
importance au sein de l’Administration de ces deux tricheurs
: Gouled puis Guelleh ?

L’O
:
Pourquoi pas, cela n’est pas criticable d’avoir l’ambition
de devenir le Président de Djibouti dans le cadre d’une
élection démocratique. Quel est votre programme
?

M.
Ali :
C’est extrêmement simple. Il faut faire
exactement l’inverse de ce que Guelleh a fait jusqu’à
présent, puisqu’il a échoué ! Et il n’y
a pas besoin d’élections démocratiques qui font
perdre du temps à tout le monde. Ce n’est pas compliqué,
vous pouvez comprendre cela oui ou non ?

L’O:
Mais encore, pouvez-vous nous donner un exemple, avant de conclure
?

M.
Ali :
Prenons par exemple le domaine de la justice :
je ferai libérer tous ceux qu’IOG a fait incarcérer
et je ferai emprisonner tous ceux qu’il a épargnés
!

L’O
:
Toujours la contradiction. Nous vous remercions pour
cet entretien. Il ne nous semble pas utile d’ajouter quoi que
ce soit.

M.
ALI :
Si je découvre que mon interview est publiée
dans les bulletins de l’ARDHD, je détiendrai alors la
preuve incontestable (qui me manque toujours) que l’ARDHD est
un agent de Guelleh, puisqu’elle s’attaque à Moi, le
seul partisan ayant la légitimité originelle et
exclusive pour défendre les Djiboutiens et pour les guider
dans l’avenir. Tous les autres, s’ils ne se rangent pas derrière
le PPPPPPPPPPD, ne sont que des illusionnistes illuminés
et anti-démocratiques.
________________________________
Nous avons pris congé de cet ancien diplomate. Nous
avions eu quand même l’impression de tourner en rond pendant
l’entretien ! Ou bien nous étions devenus totalement
idiots ou bien il y avait un manque de cohérence quelque
part. Nous laisserons aux lecteurs le soin relever les contradictions
qu’ils pourraient trouver..

De notre
côté nous ne pouvions pas nous empêcher de
nous poser des questions sur l’efficacité réelle
de ses engagements en faveur de l’opposition : nous avait-il
joué une grande comédie ? Se trompait-il de cible
? L’avenir seul le dira..

Cet exemple
pris au hasard montre à quel point le cercle très
isolé constitué par certains anciens diplomates
djiboutiens est peuplé de gens particuliers, mais que
l’argent n’y fait pas défaut … Pratiquaient-il aussi
en plus, un double jeu en faveur de Guelleh (?) La question
peut être posée.

21/02/02 M Aloumekani, l’un des plus importants témoins dans l’affaire Borrel, est intervenu de matin sur RTL en Belgique.

Y-a-t-il
eu tentative d’utilisation abusive de ses déclarations
?

Monsieur
Aloumekani a été interviewé par RTL le
21 février 2002, à la suite de ce qui pourrait
avoir été une indiscrétion (concertée
ou non par la Justice française) de policiers français.

La
police française aurait fait état d’une partie
des déclarations de M. Aloumekani dans le cadre de la
commission rogatoire du 8 février. Monsieur Aloumekani
que nous avons joint au téléphone confirme qu’il
a bien dit en fin d’interrogatoire, qu’il n’accusait pas formellement
le Président Guelleh ni les hommes présents, pour
la bonne raison qu’il ne disposait pas d’éléments
suffisants pour porter une telle accusation.

En
s’en tenant à cette seule partie de ses déclarations,
ceux qui ont choisi d’ébruiter partiellement un rapport
d’audition (pourtant protégé, en principe, par
le secret de l’instruction) auraient-ils voulu faire croire
à un retournement de situation ?

Sont-il missionnés par la France pour étouffer
l’affaire et pour blanchir IOG, comme nous le pensons depuis
longtemps ? Incapables de répondre à cette question,
nous la laissons ouverte.

Mais
ce qui est important et ce que M. Aloumekani a confirmé
publiquement dans l’interview ce matin, c’est qu’il a bien été
le témoin d’une conversation au Palais Présidentiel
(entre plusieurs hommes qu’il a parfaitement identifiés),
dans laquelle il a bien été question de l’élimination
du juge Borrel (le petit juge fouineur) et du registre de passage

Il
ne revient pas sur sa déclaration initiale. Bien au contraire,
il la confirme. Simplement avec un sens des responsabilités
que nous saluons, il s’estime incapable d’accuser formellement
Guelleh et ses sbires dans ce qui pourrait être l’assassinat
Dun juge français. Après tout, il est témoin
Dun événement qu’il a rapporté aux juges
français. C’est aux juges français qu’il appartient
de prononcer ou non des accusations, pas à un témoin.

Cela
dit, la façon dont la justice française semble
prendre les choses : l’extrême habileté pour sélectionner
des petites phrases en dehors de leur contexte et pour les rendre
publiques (de façon indirecte) pourraient nous laisser
penser que l’indépendance des magistrats est assumée
de façon particulière. Mais il est vrai que nous
sommes des gens mal intentionnés qui racontons n’importe
quoi ….

Le
mécanisme d’étouffement français est-il
toujours en action ? (Cf
notre information du 5 mai 2000)

La
France chercherait-elle, comme nous le laissons entendre depuis
plusieurs semaines; à protéger Guelleh, pour qu’il
maintienne son régime dictatorial et criminel ?

NB
: Monsieur Aloumekani a souhaité que cette précision
soit publiée sur notre site, afin que sa déclaration
ne soit pas exploitée sous un aspect tronqué et
trompeur qui aurait pour résultat de faire croire à
l’inverse de ce qu’il a dit ….

17/03/2000 – Les interviews (presque) imaginaires de LA LIBERTE: cette semaine Fares le Djiboutien.

Après la campagne de nouvelles diffusées sous le pseudonyme de Fares Le Djiboutien, tous les jours sur Internet, nous avons décidé d’interviewer l’auteur. Après quelques recherches nous avons identifié Ibrahim Ali Abdallah et nous avons fermé les yeux.

Dans notre rêve, nous le contactions, à Djibouti, à son bureau dans la nouvelle agence djiboutienne de communication créée récemment par Ismaël Omar Guelleh, pour prendre le contre-pied des informations diffusées par les médias français et européens dans l’affaire Borrel.

LL : M Ibrahim Ali

IAA : Oui, c’est moi

LL : Monsieur le Directeur, nous vous remercions de nous avoir accordé cet entretien que nous publierons dans notre journal LA LIBERTÉ.

IAA : Ne dites pas que je suis directeur. Je ne suis encore que sous-directeur, mais je travaille dur pour prendre la place du directeur et alors vous verrez tout ce dont je suis capable. Vous n’avez encore rien vu. Je ferais mieux que Goebbels pour la communication de notre vénéré Président.

LL : Nous en sommes convaincus. Pouvez-vous nous expliquer la raison pour laquelle vous tenez tant à vous faire passer pour un intellectuel vivant à l’étranger.

IAA : Faire croire que l’on vit à l’étranger ça augmente la crédibilité et j’applique le dicton : « Nul n’est prophète en son pays ». Mais c’est vrai, je vais souvent à Dire Dawa en Éthiopie, la région d’où est originaire mon bienfaiteur M. Guelleh. Je suis un vrai intellectuel, j’ai fait des études au Lycée et j’ai redoublé plusieurs classes, ce qui me permet d’en savoir plus que mes compatriotes qui ont filé tout droit vers le Bac en survolant les classes. J’ai pris mon temps pour bien assimiler. C’est un avantage, une force, non ?

LL : Vous avez rappelé récemment que vous aviez combattu pour la Démocratie et pour la Liberté et que vous êtes en contact avec de vraies associations de Défense des Droits de l’Homme. Pouvez-vous nous en parler ?

IAA : J’ai d’abord travaillé, mais ne le répétez pas, pour les services du renseignement et je prenais des risques pour leur fournir … (silence). Non je ne vous dirais rien là-dessus. En revanche, c’est vrai qu’avec Internet j’ai eu la possibilité de prendre contact avec des Associations pour la Défense du Nationalisme : des vraies associations qui privilégient la cohésion nationale et les citoyens, des Associations qui luttent contre l’influence des étrangers sur leur sol. J’ai beaucoup appris avec elles sur les méthodes et sur la communication. De temps en temps, je leur demande de corriger mes textes.

LL : Cela ne nous intéresse pas beaucoup ! Pour quelles raisons avez-vous concentré vos attaques sur les trois français que vous qualifiez de mercenaires ?

IAA : D’abord, on n’avait pas grand chose à dire pour défendre le grand chef. Il fallait donc détourner l’attention sur d’autres personnes (ça c’est une recette que j’ai appris dans les livres) et j’ai eu l’idée géniale de concentrer toute la communication sur eux.

En martelant sans arrêt le même message, on finit toujours par faire entrer le doute dans la tête des gens. Comme cela, ils oublient les condamnations arbitraires, le musellement de la presse d’opposition, les prisonniers de Gabode, l’affaire Borrel et l’impasse actuelle de la conférence pour la Paix en Somalie. Une preuve : eh bien l’Ambassadeur de France a repris mes thèses et il a attribué, en privé, la relance de l’affaire Borrel à Me Montebourg. Ca c’est un super coup dont je suis fier !

LL : Évidemment c’est une méthode. Mais n’a-t-elle pas une limite ?

IAA : Peut-être bien, mais je vous le rappelle, je n’ai pas d’autres arguments pour défendre le chef et je tiens à ma place. M. Guelleh est content et il me félicite souvent. J’espère qu’il va me donner bientôt la place de directeur et alors il verra jusqu’où peut aller ma fidélité.

LL : vous nous l’avez déjà dit. Pouvez-vous nous expliquer les raisons pour lesquelles vous avez comparé votre patron à Poutine luttant contre les populations civiles en Tchéchénie ?

IAA : Ca, il semble que c’était une connerie ! Je la regrette. Mais ce sont les Associations dont je vous parlais qui m’avaient conseillé de le faire… Je ferai plus attention à l’avenir.

LL : nous vous remercions d’avoir répondu à nos questions. Qu’allez-vous faire maintenant ? Quels sont projets ?

IAA : Multiplier les efforts. Mettre quatre messages – au lieu de deux – tous les jours sur Internet. Écrire aussi des messages pour mes trois copains, afin de multiplier l’information. Il faut émettre des messages, toujours plus. Et puis je dois obtenir que le directeur me donne la clef du bureau, afin que je puisse aussi envoyer des messages le jeudi après-midi et le vendredi pendant le week end. Vous comprenez, quand je n’ai pas accès à l’ordinateur du bureau, je ne peux pas servir notre maître.

LL : Bien sur. Que lisez-vous en ce moment ?

IAA : j’ai retrouvé mon Lagarde et Michard de 4ème et je le relis. Il y a tellement de choses à apprendre dans ce livre, qu’il est nécessaire de le lire plusieurs fois pour bien assimiler. J’y trouve sans cesse de nouvelles citations qui me servent pour compléter mes messages.

LL : Monsieur le futur directeur, nous vous remercions.

(Nous rappelons que cette interview est purement imaginaire et que toute ressemblance avec un personnage existant est fortuite)

———————————

Fares le djiboutien est-il vraiment le personnage qu’il présente sur Internet ?

D’après nos sources, le fonctionnaire qui se fait appeler « FARES le Djiboutien » se nomme Ibrahim Ali Abdallah. Il ferait partie des proches de M. Ismaël Omar GUELLEH. Ce dernier lui aurait confié un poste de sous-direction dans la nouvelle agence djiboutienne de communication qui a été créée il y a quelques mois.

il ne serait plus étudiant et il ne vivrait pas à l’étranger contrairement à l’image « embellie » qu’il aimerait donner de sa personne. (On peut d’ailleurs se poser la question de savoir si le fait de vivre à l’étranger pour un djiboutien est porteur d’image et de crédit ? nous avons simplement constaté qu’il tenait beaucoup à le faire croire !)

Ni la qualité de ses messages, ni sa prose ne laisseraient supposer un seul instant qu’il puisse être un intellectuel. Mais il se plaît à le répéter si souvent et de notre côté, nous n’avons trouvé aucune raison valable pour lui faire de la peine en le contredisant !

Il exécute, même si c’est parfois avec une certaine maladresse, le travail pour lequel il serait rémunéré. Cela mériterait-il une critique ?

Son avenir semble désormais étroitement lié à celui de M. Guelleh. Il serait donc normal qu’il essaye par tous les moyens de replâtrer l’image tellement malmenée de son patron. La tâche serait rude pour lui et les risques à terme ne sont pas négligeables.

Il ne manque pour cela ni de courage, ni d’humour. En particulier, il ne craint pas d’affronter ses propres contradictions : rappelons qu’il compare M Guelleh à Poutine luttant contre les populations tchétchènes et qu’il parle en même d’action pour la Démocratie et pour les Droits de l’Homme. S’est-il rendu compte

A ceux qui s’étonnent de son silence, parfois. Il suffit de savoir que les bureaux sont fermés à Djibouti pendant le week end, du jeudi midi au samedi matin. Son niveau dans la hiérarchie ne l’autoriserait probablement pas encore à disposer des clefs du local. Il serait alors contraint d’attendre l’ouverture des bureaux pour accéder à l’ordinateur qui seraitt mis à sa disposition par l’administration djiboutienne. Ce pourrait être le cas pendant la fête du mouton.

Il a eu le mérite d’avoir contribué à développer la diffusion de notre site auprès d’un grand nombre de nouveaux lecteurs et nous lui en sommes reconnaissants. Enfin ses messages, avec leur construction simpliste et directe, nous font toujours sourire, ce qui n’est pas fréquent avec l’actualité djiboutienne.