10/01/2016 (Brève 622) Les interviews (presque) imaginaires de l’ARDHD. Cette semaine M Maki Omar Aboulkader, Procureur de la République de Djibouti, a accepté de recevoir les journalistes de l’ARDHD dans son bureau officiel au Palais de Justice

ARDHD : nous vous remercions d’avoir accepté de nous recevoir en urgence.

Maki Omar Aboukalder
: c’est normal. Et dans ma fonction, je me dois d’être neutre et indépendant. Ce n’est pas parce que votre Association lance des attaques contre moi, dans ses différents supports, que je dois m’écarter de ma ligne de conduite : neutralité et indépendance.

Bien entendu ici à Djibouti, j’ai des pouvoirs exceptionnels qui me sont conférés par le Président de la République que je tiens dans ma plus haute estime et je n’ai pas honte de vous le dire, mais je ne lui dois rien en échange. Il le sait et jamais il n’a cherché à forcer la moindre décision de justice. La main sur le cœur, je vous le jure solennellement. Des ministres ont vainement tenté de m’influencer et ils n’ont jamais recommencé.

ARDHD : nous en prenons acte. Mais quand même, dans certains cas, vos positions et les réquisitoires qui ont été prononcés par vous ou par vos substituts ont étonné les juristes. I

MOK : dans toute règle, comme vous le dites, vous les Gaulois (Vous permettez ce sobriquet affectueux ?), il y a toujours une exception. Dans tout le pays, il y a une femme irrésistible. Oh je ne parle pas de charmes physiques, car c’est du passé pour elle, mais je parle d’une véritable force de conviction au service d’une intelligence pure.
C’est Madame Kadra Guelleh, l’épouse du chef de l’Etat. Elle n’a aucun rôle officiel ni titre, mais quand elle vous appelle personnellement au téléphone, il est difficile de lui résister et impossible de lui dire non. Elle sait toujours trouver les bons arguments, les mots justes pour vous faire comprendre que vous jouez votre poste et même votre carrière et au final, chacun d’entre nous s’aperçoit que c’est la plus forte.

ARDHD : curieux dans un état de droit, mais passons ! Dans l’affaire de Monsieur Ewado, nous avons l’impression que vous vous acharnez contre lui, comme s’il était un criminel chevronné, comme s’il avait mis le pays en danger. N’est-ce pas un peu exagéré, lorsque l’on sait que c’est un brave homme, simple et modeste qui ne fait que défendre ses convictions, protéger les victimes et essayer de rehausser l’image du pays en vous encourageant à respecter les droits de chaque citoyen ?

MOK : je le sais bien que c’est un brave homme. Mais ce n’est pas suffisant à mes yeux. Il a « pardonnez-moi l’expression » foutu en l’air ma belle stratégie de communication. Au fond de moi personnellement, je déplore ce massacre honteux, sinistre et inqualifiable, mais en ma qualité de procureur, je l’approuve sans réserve.

ARDHD : effectivement, pas facile de gérer cette contradiction. Comment faites-vous, vous avez une double personnalité. Mr Hyde et Dr Jekill ?

MOK : pas de mauvaise plaisanterie ni d’insulte dans cette enceinte de justice, sinon je vous fais évacuer par mes Gendarmes qui n’attendent qu’un mot de ma part. C’est leur petit plaisir, leur récompense et je regrette de les priver trop souvent d’une bonne interpellation, de la pose de menottes, de quelques coups bien placés pour calmer les ardeurs des innocents que l’on arrête et surtout de la récompense suprême : Le mandat de perquisition. Vous les verriez se mettre au travail et la joie qu’ils ont quand il faut détruire un logement, casser les meubles et les sanitaires, vider les armoires, renverser les bureaux, pour rendre les lieux inhabitables par les familles, les enfants et les vieillards.
Pour en revenir à votre question, rassurez-vous, je gère très bien et comme j’en tire de nombreux avantages personnels, je ne me pose aucune question et j’avance, je pourfends, je condamne, je détruis les hommes et leurs familles et en échange je reçois des marques de considération en provenance directe du Palais, vantant mes mérites et mes succès et des droits de tirage spéciaux sur le Trésor, qui font grossir mon bas de laine.

ARDHD : bon, et maintenant …. (interruption)

Quelqu’un frappe à la porte et entre en trombe. Un employé du substitut manifestement dans l’embarras et en proie à une vive excitation.

L’employé : excusez-moi, Monsieur le Procureur, mais nous venons de recevoir un appel urgent du Cabinet du Président. Il paraît que Son Excellence serait fou furieux contre vous parce qu’avec vos conneries (pardon, mais c’est ce qu’il a dit) vous avez réussi à mobiliser l’opinion internationale qui le désigne maintenant et unanimement comme un dictateur assassin et coupable d’emprisonner ses détracteurs locaux sans jugement. Il exige de vous voir immédiatement …

ARDHD : on comprend bien et on vous laisse, mais ça risque d’être un moment difficile pour vous.

MOK (qui était devenu blanc, et qui reprend un peu de couleur) : oui un mauvais moment, mais ça ne se passera pas comme cela, car j’ai le pouvoir de mettre en examen qui je veux, même le chef de l’Etat et j’ai assez de matière pour cela.
Avant de partir, il convoque son adjoint : « tu me fais libérer Ewado et tous les autres prisonniers politiques sur le champs, tu convoques la chargée de com et tu lui dis de rédiger un communiqué pour dire que nous avons libéré tous les prisonniers politiques et que nous renonçons à toutes les charges contre eux, dans un souci de quiétude et d’apaisement ». Et au plus vite !

ARDHD : alors là, chapeau bas, Monsieur le Procureur. Nous vous soutiendrons si le Président vous envoyait vous reposer à Gabode sans jugement… Au revoir !

30/08/2013 (Brève 190) ALERTE ROUGE : dans la série des interviews (presque) imaginaires, nous relatons un entretien téléphonique que son Excellence Ismaël Omar Guelleh vient de nous accorder.

ARDHD : bonjour votre Excellence, permettez-nous de vous remercier de nous avoir accordé cet entretien téléphonique à la dernière minute.

Ismaël Omar Guelleh : mais c’est tout à fait naturel, bonjour messieurs, en effet le temps presse et les jours de M. Alhoumekani sont comptés désormais.

ARDHD : vous voulez dire qu’il est en danger de mort ?

IOG : non, vous m’avez mal compris, il s’agit seulement de ses derniers jours de liberté. Toutes les investigations qui ont été diligentées sour l’autorité de mon homme de main, je veux dire le Procureur Dajam Souleiman que vous connaisez bien, aboutissent, quelle que soit l’optique retenue, à la piste d’Alhoumekani comme étant l’auteur du crime odieux qui a fait perdre la vie à ce malheureux juge et ensuite le maquillage maladroit en crime.

ARDHD : quoi, vous voulez dire qu’Alhoumekani serait l’auteur du crime ?

IOG : c’est bien ce que je vous dis. J’en veux pour preuve que s’il a pu décrire aussi facilement le parcours du juge et la scène du crime, c’est uniquement parce que c’est lui l’assassin. Et je dois reconnaître que j’aurais du vous écouter quand vous aviez écrit cela sur votre site en 2005, si ma mémoire est bonne. Il a commis le crime effectivement avec la complicité d’Ali Abdillahi Iftin.

ARDHD : voilà un scoop en effet. Cette nouvelle vous dédouane donc complètement d’une possible implication dans la commandite du crime ….

IOG : en effet. Puisque les coupables sont désignés, il ne reste plus qu’à les juger pour que mon honneur soit restauré et que les Français cessent de me resservir leur version montée de toutes pièces par leurs services de renseignement. Maintenant Alhoumekani est déjà au chaud dans la prison centrale de Sanaa. Il ne reste plus à Fathi qu’à aller le cueillir là-bas.

ARDHD : mais il semble qu’il y ait encore des obstacles en particulier la constitution yéménite qui interdit l’extradition d’un citoyen du pays.

IOG : foutaises ! foutaises ! Alhoumekani n’est pas plus yéménite que je suis djiboutien. Contrairement à moi, lui c’est un authentique citoyen djiboutien, né à Djibouti de parents djiboutiens et qui a été intégré dans l’armée nationale. On a envoyé toutes les preuves au Yémen et rien ne devrait plus s’opposer à son extradition en tant que citoyen djiboutien.

ARDHD : effectivement, présenté comme cela, vous avez une chance de réussir l’opération. Mais l’opinion internationale ne risque-t-elle pas de refuser votre présentation des faits ?

IOG : quelle importance ? Ce n’est pas pour si peu qu’ils arrêteront de nous subventionner Paulette, nos enfants et moi ! Alors pourquoi se géner ? Les Français, de manière tout à fait confidentielle, m’ont laissé entendre que cela les arrangerait bien. L’Elysée en a assez de cette histoire vieille de 18 ans qui continue à empoisonner nos relations diplomatiques.

Un bon procès à Djibouti, dans les règles de l’art, une condamnation exemplaire, l’incarcération à vie d’Alhoumekani et le tour sera joué. Vous verrez que l’on cessera de parler de l’affaire Borrel dans quelques mois. Et puis, Alhoumekani est de santé fragile et il n’est pas certain qu’il puisse résister très longtemps … N’anticipons pas

ARDHD : Merci votre excellence pour ces informations que vous avez réservées en première exclusivité à l’ARDHD.

IOG : je déteste votre site, mais je le lis régulièrement, surtout lorsqu’il publie des informations croustillantes et souvent il est utile pour accompagner ma stratégie. Encore une fois, vous êtes tombé dans le panneau en vous portant au secours de la veuve et de l’orphelin. C’est encore raté. Et sachez en plus que l’on ne parle pas, pendant ce temps, de mes déboires en politique intérieure et du dialogue impossible avec une opposition qui n’a aucune stratégie ni aucun chef, digne de ce nom. Bonsoir à vous.

ARDHD : bonsoir Excellence.

14/11/2011 (B630) Dans la série des interviews (presque) imaginaires, notre correspondant a pu rencontrer le Ministre djiboutien de l’intérieur: Hassan Darar Houffaneh. « D’abord démasquer les taupes … »

ARDHD : Monsieur le Ministre, nous tenons d’abord à vous remercier de nous avoir accordé cet entretien.

Hassan Darar Houffaneh : Mais c’est tout à fait normal. A mon niveau, je n’ai aucun à priori contre quiconque, qu’il soit journaliste, opposant, syndicaliste. Chacun est libre de s’exprimer librement et sans retenue à Djibouti, à condition de ne pas toucher aux intérêts nationaux de notre pays souverain, ni à sa famille régnante.

ARDHD : Nous avons souhaité vous rencontrer pour parler de cette rumeur concernant la dissolution possible de la LDDH.

H D H : oui un beau scandale ! Il y a des taupes dans mon ministère, des taupes malfaisantes qui me coupent sauvagement l’herbe sous les pieds, m’empêchant d’accomplir les ordres donnés par notre Chef infaillible.

Pensez donc ! Alors que j’étudiais toutes les possibilités de mettre un terme à cette officine sordide, à ce repaire de brigands frustrés qui avancent masqués derrière la noble bannière des Défenseurs des droits de l’homme, voilà que l’information était déjà publiée par votre site et aussitôt reprise par d’autre.

J’avais choisi le vendredi pour bénéficier de l’effet de surprise. Et pof ! l’information est officialisée avant même que j’ai pris la décision et choisi la meilleure voie pour la mettre en oeuvre.

ARDHD : la meilleure voie ?

HDH : oui, soit une décision de radiation administrative par décret de cette association demain en Conseil des ministres, soit une plainte en justice. Dans ce deuxième cas, c’est un peu plus compliqué, car bien qu’ils soient totalement soumis aux ordres de Sa Majesté, les juges demandent un minimum de preuves. Ca prend du temps pour les fabriquer. Il faut convaincre les faux témoins, trouver des faux tampons, ne pas se tromper dans les dates, … C’est faisable, mais on y perd un temps précieux. Et moi du temps, j’en ai très peu.

Notre maître m’a bien prévenu. Si je n’obtiens pas le résultat qu’il attend avant la fin de la semaine, c’est moi qui saute ! Et on me reprend ma belle voiture neuve de fonction, mon salaire et mes droits de tirage sur les affaires de corruption. Alors vous pouvez mesurer combien je suis motivé pour trouver la solution la plus rapide. Je risque de tout perdre en une seconde …

ARDHD : qu’allez-vous faire ?

HDH : d’abord chercher les taupes. Mon ministère est infiltré par la LDDH, c’est clair. Ils ont des agents secrets partout. Ce n’est plus une association, c’est une hydre qui gangrène notre beau système de gouvernement. Pensez ! Connaître mes décisions avant que je les ai prises ! Du jamais vu. Donc je dois démasquer les taupes en priorité.

ARDHD : et ensuite ?

HDH : ensuite, je leur tranche la gorge ! Non, je plaisantais, j’ai mieux que cela. J’appelle le SRD et ils se chargeront de les faire avouer. Au passage, j’ai noté que le SDS avait eu un moment de faiblesse … ils n’ont pas été capables d’anticiper le fait que mon ministère était infecté par les taupes. D’ailleurs je n’exclue pas le fait qu’elles y aient été placées par mon prédecesseur, ce cher Yacin Elmi, comme des bombes à retardement, uniquement pour me nuire. C’est bien son style.

Madame Kadra Haid m’avait
d’ailleurs bien recommandé de me méfier de lui, le jour où elle m’a donné ma feuille de route pour le mois de novembre. Quelle femme de tête et organisée par dessus le marché ! Ca c’est un homme, pardon, je voulais dire une femme de tête.

ARDHD : en dépit de ce que vous qualifiez de contretemps, comment allez-vous agir maintenant pour atteindre vos objectifs.

HDH : d’abord, je vais faire un communiqué qui sera repris par l’ADI, la RTD et La Nation, dans lequel je dirai, la main sur le coeur comme Obama, mon attachement solennel, convaincu et indéfectible à la cause des droits de l’homme et à ses ardents défenseurs.

J’ajouterai que je sais que rien n’est encore parfait en république de Djibouti, mais que je consacre les 2/3 de mon temps de travail journalier (*), ce qui est considérable aux droits de l’homme et à veiller à ce qu’on les bafoue plus intelligemment que par le passé.

Ensuite je ferai la différence entre d’un côté d’honnêtes défenseurs des Droits de l’Homme, à l’image, par exemple, d’Idriss Ali Arnaoud, le Président de la Chambre ou de Mohamed Aref, l’ancien membre repenti d’Amnesty et de l’autre ce petit groupe d’illuminés malfaisants qui composent la LDDH.

Cela expliquera pourquoi je propose la dissolution immédiate de la LDDH en Conseil des Ministres du mardi.

ARDHD : sur quels motifs ?

HDH : ce n’est pas cela qui manque et comme le disent nos grands amis arabes, « bats la LDDH tous les mardis, si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait ! ». Tous les prétextes seront les bienvenus et j’ajouterai qu’elle a touché à l’intouchable, ce qui mettra un point final et sans appel à mon réquisitoire.

ARDHD : c’est un peu mince en effet ! Mais nous vous remercions de cet entretien fort instructif.

HDH : je suis rassuré que vous partagiez mon opinion. Vous voyez bien, alors que nous sommes en opposition dans la vie, que nous pouvons nous entendre sur les principes fondamentaux des droits de l’homme ….

ARDHD : hum ! Pas si sur !

(*) NDLR : estimation moyenne du temsp de travail effectif : 90 minutes par jour. Les 2/3 cela donne à peu près 60 minutes par jour !

25/10/2011 (B627) Dans la série des interviews (presque) imaginaires, un représentant de l’ARDHD a rencontré Guelleh, à sa demande, dans sa résidence d’Arta. Il lui a fait part de ses états d’âme, en toute transparence … Bof ! au final, rien de changé …

Il y a quelques heures, nous avons été fort surpris de recevoir un appel d’Hassan Saïd qui nous a demandé de nous rendre de toute urgence à la résidence présidentielle d’Arta, car le Président Guelleh souhaitait nous accorder une interview.

Nous avons demandé des garanties avant d’accepter que l’un de nos correspondants sur place se rende à cette convocation officielle. D’abord la garantie qu’il ne serait pas arrêté sur place, puis qu’IOG répondrait en toute transparence à toutes nos questions et enfin que nous serions autorisés à publier l’intégralité de l’entretien.

Hassan Saïd a répondu positivement à toutes nos demandes préablables, ce qu’il a confirmé en envoyant un Fax authentique.(*)

Notre correspondant s’est donc rendu le mardi 24 octobre à Arta où il a été accueilli courtoisement avant d’être introduit dans le salon de réception de la résidence de week end des Princes de Pacotilles.

ARDHD : Monsieur Guelleh, d’abord sachez que nous considérons cette invitation comme un très grand honneur. Il n’est pas fréquent de rencontrer en tête à tête, le grand prince de la Corne de l’Afrique, grand ami des plus puissants …

IOG : épargnez-moi la flagornerie, je vous prie, venons-en aux faits.

Comme le vous le savez, puisque vous l’avez écrit, j’ai décidé de prendre trois jours, non pas de repos, mais de réflexion et d’introspection.

Qui suis-je ? Où vais-je ?

Voilà des questions fondamentales, auxquelles il me faut des réponses rapidement. La mort dans des conditions honteuses, je devrais dire l’exécution sommaire et extrajudiciaire de mon vieux camarade et maître à penser, m’a totalement bouleversé.

Je savais que l’ingratitude de nos peuples était sans limite, mais de là à assassiner un dirigeant en exercice, plein de bon sens et qui justifiait d’une longue expérience … C’est un crime honteux que je condamne sans appel.

ARDHD : certainement, Monsieur le Président. C’est votre point de vue et nous le respectons. Mais au-delà de la tristesse que vous éprouvez, n’y aurait-il pas la peur que semblable tragédie ne vous arrive … ? Nous savons et vous le savez aussi, même si vous faites semblant de l’ignorer, que la population dans sa grande majorité vous rejette, vous et votre épouse, d’abord parce qu’elle a perdu confiance dans les promesses que vous n’avez jamais tenues et aussi parce que les salaires de la fonction publique ne sont plus payés avec régularité, que l’armée est entrée dans une période de contestation et que la police se pose des questions avec la tentative d’assassinat de son patron … Alors, avez-vous peur de la fin de votre régime, oui ou non ?

IOG : un homme qui n’a pas peur est un homme mort !

J’ai toujours eu peur et c’est pourquoi je suis encore en vie. J’ai eu peur de tous mes concitoyens, de mes responsables de la sécurité et de la défense, de mes ministres et aussi de ma femme. Pour conserver mes prérogatives, je n’avais pas le choix. Il fallait absolument qu’ils aient encore plus peur que moi.

Comment leur faire peur ?

Il n’y a pas trente-six moyens. Il faut en tuer quelques uns, provoquer des attentats contre d’autres mais sans les tuer, mettre au placard la troisième catégorie et faire disparaître sans même laisser la moindre trace, la dernière catégorie. A ce petit jeu, je suis le meilleur. La trouille, ils ont tous la trouille : mes ministres, mes directeurs, mes chefs de corps et surtout le peuple. Ils viennent à mes convocations, la peur au ventre.

C’est aussi, quand les leaders de l’opposition, même s’ils habitent à l’étranger, ont peur de parler ou qu’ils n’ont plus rien à dire : là, je prends du plaisir. Une jouissance considérable…

Alors je sais que j’ai gagné et que je suis le plus fort parmi les plus fortiches.

ARDHD : c’est une méthode en effet. Mais elle semble avoir atteint ses limites aujourd’hui. Les étudiants, les chômeurs, les universitaires, les retraités, pour ne citer qu’eux, ont bravé la peur et ils viennent hurler leur colère et leur désespoir sous vos fenêtres.

Votre Colonel Berger de la garde républicaine n’est pas intervenu. Le chef de corps de votre police a été pris de malaise dans sa voiture. C’est vrai qu’ils réchappent respectivement d’une grande peur, puisqu’ils ont failli mourir l’un et l’autre. Alors sur quel registre nouveau, allez-vous jouer ce deuxième acte ?

IOG : pourquoi croyez-vous que j’ai pris trois jours de réflexion à Arta sans la Paulette, comme vous l’appelez ? Entre nous, elle déteste que vous l’appeliez comme cela et vous me faites bien rire. Elle pique des colères à chaque fois qu’elle voit le nom de Paulette …. Je me moque d’elle et cela l’énerve encore plus : ça met de l’ambiance à Haramous où sinon je m’ennuierai à mourir.

Pour revenir à votre question, c’est vrai que je dois trouver de nouveaux axes pour ma politique, car sans cela, il ne me reste plus qu’à démissionner.

Aujourd’hui, je ne suis pas le dos au mur, car j’ai le choix.


Partir la tête haute, en laissant le « bord… » pardon pour ce terme grossier, aux autres et m’installer confortablement dans un pays qui saura reconnaître mes qualités et mon immense fortune (la 5ème d’Afrique, je vous rappelle).
Mais c’est dur pour mon amour propre.

Ou rester et combattre ce peuple d’ingrats jusqu’à la mort glorieuse, comme mon excellent ami, vient de le faire …

J’avoue que je suis partagé et j’aimerais bien avoir votre sentiment. Que feriez-vous à ma place ?

ARDHD : nous ne sommes pas à votre place. Nous n’avons tué personne et nous n’avons pas volé d’argent à qui que ce soit. Pour nous et vous le savez, vous n’êtes qu’un dictateur lamentable, en fin de carrière et l’avenir est sombre si vous persistez à vous maintenir au pouvoir.

Vous devez partir rapidement, car vous n’avez plus beaucoup de temps devant vous. Sinon effectivement, la fin peut-être terrible, quand la foule devient tellement hostile, qu’il n’est plus possible de la contrôler et que les forces de sécurité refusent de tirer sur leurs enfants, leurs épouses et leurs parents.

IOG : vous avez peut-être raison, mais le problème, si je partais, c’est que je devrais emmener la Paulette puis la supporter à longueur de journée dans l’exil. Vous me voyez, remorquant la Paulette accrochée à mes basques du matin jusqu’au soir ?

C’est cela qui m’arrête. Elle est odieuse et méchante et elle est devenue acariâtre avec l’âge… Elle me casse les oreilles avec ses récriminations interrompues. L’argent elle en a ! Le pouvoir, elle me l’a pris ! Qu’est-ce qui lui faut de plus ! Non ce n’est pas possible…

ARDHD : ca dépend de ce que vous préférez. Finir votre vie avec la Paulette ou finir lynché par la population ?

IOG : ce n’est pas un choix cela ! L’un est aussi terrible que l’autre ! Finalement, et c’est uniquement pour éviter d’avoir à supporter la Paulette, je crois que je vais faire le choix de m’accrocher au pouvoir. Tant pis, pour ce que mes ennemis me feront. Mais à tout prendre je préférerais me suicider avant.

ARDHD : attendez, vous avez oublié la troisième voie. Celle qui consisterait à restaurer les libertés, à provoquer des élections libres et démocratiques, à jeter vos hyènes et à les remplacer par des hommes compétents, sans aucune préférence tribale ou autre. Celle de reconstruire le pays avec des hommes intègres et motivés.

Ouvrir le pays au multipartisme, autoriser les media d’opposition, rendre l’argent volé, rendre à la Justice son indépendance, supprimer toute forme de censure, … Il y aurait beaucoup à faire et vous retrouveriez rapidement une nouvelle jeunesse.

Les subventions reviendraient et aussi les investisseurs sérieux. Le chômage diminuerait et la santé et l’éducation se remettraient à fonctionner pour le bien de toutes et de tous. Pourquoi négligez-vous cette voie ? Sans oublier la dissolution immédiate du SDS et de la G.R. ..

IOG : à mon âge, on ne se refait pas. J’ai pris goût à l’asservissement de mes concitoyens, qui se prosternent avec respect, aux cris des suppliciés dans les casernes, aux supplications des familles de victimes auxquelles je réponds avec délectation par le plus grand mépris …

Je ne pourrais pas supporter que l’on puisse me contredire un jour, s’opposer à mes décisions, critiquer mes actes, comme un vulgaire président européen, qui est souvent la victime des flèches lancées par son opposition ….

Non, je ne changerai pas et je resterai à mon poste.

Que ceux qui espéraient mon départ, rentrent chez eux en silence et sans manifester, car la Garde républicaine s’occuperait d’eux avec toute la fermeté requise …

ARDHD : Une dernière question si vous le permettez : pourquoi avoir choisi l’ARDHD pour exprimer vos états d’âme aujourd’hui, alors que l’ARDHD est censuré par vos services dans le pays ? L’ADI ou la RTD auraient diffusé plus largement vos messages, plutôt les états de votre confusion actuelle … !

IOG : La censure de nos jours ne sert plus à grand-chose. Vous le savez. Elle retarde la diffusion des idées et des textes, pendant quelques heures, mais les idées finissent toujours par se propager et par être diffusées à la population.

Si je maintiens la censure, c’est pour que l’on ne me reproche pas un jour d’avoir été libéral.

Je suis un dictateur africain authentique. Je le revendique et je l’assume pleinement.

Après moi, vous constaterez la fracture, le désordre, les rivalités ethniques, civiles et sociales. J’ai bien miné le terrain pour que l’on me regrette. Dans moins d’un an, on commencera à regretter les Ben Ali, les Moubarack et surtout les Kadhafi et on suppliera, ceux qui sont encore en vie, de revenir aux commandes ….

Synthèse : Un peu étonné par les difficultés psychologiques de notre interlocuteur, nous nous demandions, s’il était possible d’affirmer que si Guelleh restait au pouvoir, il fallait en mettre la faute sur les épaules (larges ?) de RPP : la Reine Paulette de Pacotilles ? Probablement !

(*) Qu’est-ce qu’un fax authentique (pour les profanes) ? C’est un fax, une note ou un décret, dont on ne peut plus contester l’existence après coup, contrairement à certaines pratiques habituelles de l’ancien secrétaire de la Présidence ou de l’ancien Ministre de l’intérieur, qui avaient contesté l’existence même de notes dûment signées par eux et portant des numéros d’enregistrement chronologiques.

26/07/2011 (B614) Dans la série des interviews (presque) imaginaires, Monsieur Yacin Elmi Bouh a reçu une équipe de l’ARDHD à laquelle il n’a rien caché.

ARDHD : Monsieur l’Ambassadeur, votre Excellence, merci de nous avoir accordé cet entretien.

Jusqu’au dernier remaniement ministériel, vous étiez Ministre, en charge des finances de la République, puis de l’intérieur et de la décentralisation, poste clef dans la stratégie du Gouvernement, en particulier pour veiller au bon déroulement des scrutins et à la sécurité publique. Vous avez affirmé dans un courrier à l’ARDHD que le ministère de l’intérieur n’avait ni les moyens techniques ni les moyens légaux de pratiquer des écoutes téléphoniques et qu’il n’y en avait pas. Pourtant vos compatriotes pensent le contraire … Comment expliquez-vous ce décalage ?

Yacin Elmi Bouh : ce n’est pas à vous que j’apprendrai que Djibouti est la ville des rumeurs les plus folles. La rumeur nait dans un quartier, puis elle se propage à une vitesse fulgurante, d’abord dans la capitale, puis dans les villes de province. Moi, je suis un serviteur de l’état, intègre et j’ai toujours dit la vérité à mes compatriotes. Croyez-moi, je suis sincère quand je dis qu’il n’y a pas d’écoutes téléphoniques à Djibouti. C ’est la pure vérité.

ARDHD : nous prenons acte de votre déclaration. Mais nous sommes un peu surpris, car à notre connaissance, aucun état ne peut se passer d’écoutes téléphoniques, ne serait-ce que pour contribuer à la sécurité de sa population. Que ce soient les grandes démocraties ou des états dictatoriaux. Djibouti serait-il à part ?

YEB : bien sur. Notre grand homme d’état, je parle d’Ismaël Omar Guelleh a tenu personnellement à ce que la population ne soit jamais écoutée et qu’elle puisse gérer tranquillement ses affaires et s’exprimer librement. Même s’il n’est pas encore « écouté », notre maître incontesté veut donner une leçon de démocratie au monde en montrant que l’on peut gouverner un pays sans écoutes téléphoniques, un pays où tous les citoyens, sans aucune exception, puissent bénéficier de tous leurs droits légitimes garantis par la Constitution et par les traités et chartes internationaux que nous avons signés. Un pays où la volonté populaire exprimée lors des différents scrutins est parfaitement respectée. Croyez-moi, car je vous dis la vérité, rien que la vérité.

ARDHD : mais s’il y avait des écoutes et vous nous assurez qu’il n’y en a pas, en auriez-vous été informé ? Après tout, les écoutes relèvent souvent des services secrets et elles sont donc secrètes …

YEB : Là, je vous arrête. Vous faites fausse route. Bien sur que je n’aurais pas été obligatoirement informé, puisqu’elles auraient été placées sous l’autorité de mon excellent ami Hassan Saïd, dans les bureaux du SDS au plateau du Serpent. Mais puisque je vous dis qu’il n’y en a pas et qu’il faut mettre un terme à ces rumeurs stupides. D’ailleurs je compte sur vous pour cela.

ARDHD : on dit aussi que certains sites Internet seraient censurés à Djibouti. Est-ce vrai ?

YEB : encore une fois, je m’inscris en faux contre ces allégations mensongères et honteuses. Croyez-moi encore une fois, car il n’y a pas de censure d’aucun site internet à Djibouti. Ce n’est pas possible. Mon excellent confrère, enfin ex-confrère, qui est le ministre en charge des télécoms n’a lui aussi, aucun moyen technique ni légal de censurer des sites internet. Chaque djiboutien peut s’informer librement : il a des sites d’information objectifs et totalement indépendants à sa disposition : l’ADI, la RTD, La Nation, qui l’informent heure par heure ..et qui sont accessibles en permanence.

ARDHD : mais les sites de l’opposition ?

YEB : ils sont tous accessibles. Regardez, je vais vous faire la démonstration immédiatement. Prenons le vôtre, je clique www.ardhd.org. Il s’affiche immédiatement. Vous êtes convaincus ?

ARDHD : votre démonstration est convaincante. Pourtant depuis le cyber café où nous avons travaillé en attendant l’heure de notre rendez-vous, notre site n’était pas accessible.

YEB : que voulez-vous que je vous dise de plus ? Une panne de réseau, c’est toujours possible. Nos amis et partenaires chinois travaillent beaucoup pour garantir la fluidité du trafic et pour veiller à la totale liberté de l’Internet. Ils ont une longue expérience dans ce domaine spécifique. Il peut arriver qu’ils soient contraints de suspendre provisoirement l’accès à Internet pour des périodes très courtes, afin d’améliorer la qualité de leurs filtres. Mettons la faute « à pas de chance », comme vous le dites, les Français.

ARDHD : certainement … Alors terminons sur cette note qui a suscité votre agacement. Vous l’aviez bien écrite ou non ?

YEB : je n’ai jamais écrit cette note. Croyez-moi quand je vous le dis. Je n’ai jamais menti au peuple djiboutien qui me fait confiance et je ne lui mentirai jamais. C’est promis !

ARDHD : hum ! Nous on penserait plutôt que quelqu’un a organisé volontairement une fuite. Comme il y a un destinataire : la Présidence et un émetteur, votre secrétariat ou votre ancien secrétariat, la fuite ne peut provenir que de l’un de ces deux points. Pourrait-on imaginer, comme vous le suggérez d’ailleurs que quelqu’un cherche à vous nuire, soit dans votre ancien ministère, soit à la Présidence ?

YEB : puisque je me tue à vous répéter que cette note n’a jamais existé, ne cherchez pas un coupable à mon ancien ministère ni à la Présidence (A voix basse : l’idée n’est pas stupide, il faudra que je fasse mon enquête). Mais c’est vrai qu’il y a la volonté de me nuire et je vous assure que les coupables seront traités comme il se doit. Avec de tels individus, on ne prend pas de gants : on les torture et on les incarcère ensuite. C’est radical et cela fait taire les oppositions.

ARDHD : pure supposition de notre part. Si c’était Guelleh lui-même qui avait organisé la fuite, pour vous donner le courage de rejoindre la représentation diplomatique de Moscou ou d’ailleurs, que feriez-vous ?

YEB (s’enfonçant dans son fauteuil, une larme à l’œil) : non, cela n’est pas possible. Elle ne peut pas m’avoir fait cela, à moi, qui les ai toujours servi loyalement et qui a toujours partagé loyalement toutes les recettes à 50/50. Non je ne pourrais pas le croire. Foutez-moi le camp immédiatement, bande de malfaisants … ! Pour cette fois, je ne vous ferai pas arrêter ..

De qui parlait-il ? Mystère, car c’est ainsi que s’est terminé cet entretien (presque) imaginaire… 

28/04/11 (B601) Radio-Trottoir : dans la série de nos interviews exclusives (et presque imaginaires) nous vous proposons un entretien avec Mohamed Warsama Ragueh

Attention cette interview (presque imaginaire) est une exclusivité qui vous est proposée par Radio-Trottoir

Entretien vec Mohamed Warsama Ragueh.
Propos recueillis par la journaliste RPPiste Xasna Omar Vincent de radio Marmar.

Xasna Omar Vincent : Cher et tendre cousin, je suis heureuse d’apprendre que tu as accepté toutes les
conditions formulées par Kadra, notre dynamique Leila d’Haramous.

Elle t’aurait aidé à remettre ton esprit en place, après cette campagne ou tu n’as forcément brillé. Avant de venir te voir, Kadra m’avait expliqué qu’elle te remettrait les idées en place, car il se dit que tu aurais succombé à l’ivresse populaire comme un certain Hamaretay en 1997 lors des mascarades législatives.

Peux-tu me dire exactement comme elle s’y est prise avec toi ?

Mohamed Warsam Ragueh : En effet et je dois reconnaître que cela m’a permis de percer un mystère. La façon dont elle a réussi à mettre
à sa botte, le vulgaire et stupide Ismaël Omar Guelleh.

C’est une véritable diablesse ! Rien ne l’arrête. Elle a tout chamboulé et comme tu le disais souvent (lorsque nos liens étaient plus étroits à la belle époque et que ton père avait viré vers l’Opposition) tu affirmais, avec force, qu’Ismaël, n’était pas le fils d’Omar Guelleh, mais celui d’un Ethiopien du nom de …, je ne me rappelle plus très bien de son nom (?) et je sais que tu demeures silencieuse sur ce cas.

Cette diablesse, venue d’un autre monde que le nôtre (!) a réussi à semer la zizanie entre mon épouse et moi-même. Uniquement pour m’empêcher de déposer un recours devant le Conseil constitutionnel (dont je connais parfaitement les rouages et pour cause !). Bien évidemment, c’eut été sympbolique, puisque le recours n’aurait pas été instruit ! Il faut reconnaître que le coup d’Etat électoral a été « absorbé » par
l’Opposition qui s’entête gentiment à le dénoncer au lieu d’appeler à une mobilisation immédiate, massive et récurrente..

Cette terrible diablesse n’a cessé de me répéter, que j’avais plus intérêt à me taire et surtout qu’il ne fallait plus que l’on me voit en compagnie du cousin raciste Aden Robleh.

La dangereuse Kadra a ajouté que que son seul objectif était juste de porter secours à
son esclave le faible IOG, qui n’a plus les reins assez solides pour tenir le manche. Elle se sent une part de responsabilité et se dit obligé de soutenir cette loque encore avide du pouvoir, car il
est toujours traumatisé par la Veuve Borrel.

X.O.V. : Mais comment s’y est-elle prise pour t’embobiner aussi facilement, toi qui sais
négocier farouchement quand il s’agit de ton argent, qui semble être ta seule religion et ta seule raison d’être.

Fais-moi une confidence : Combien t’a-t-elle donné en échange ?

M.W.R. : Quand j’étais magistrat, surtout lorsque j’étais Président de la Cour d’Appel et qu’on
m’avait surnommé « le JUGE à 30% », personne n’a jamais pu savoir jamais combien j’avais réellement
encaissé. C’est le secret judiciaire !

Ma candidature a bien dépanné le voleur au pouvoir, qui a été contraint de nous concéder un pourcentage de votes supérieur à 10%.

Sans moi, il n’aurait pas pu obtenir plus de 4% de participants, même avec les renforts de Silanyo, de son épouse et consorts venus d’Hargheisa, de Burao, pour venir à son
secours. Il est détesté par tous les Djiboutiens de souche, d’autant plus, qu’il est vraiment pire que moi. Je ne lui arrive pas à la cheville en matière de
Crimes organisés ou de patron de la mafia régionale affiliée à l’une des branches de la mafia italienne basée à Naples et à Mogadiscio.

En tant qu’ancien Juge j’en ai appris des choses sur les opérations mafieuses. Je sais très bien et de façon très précise, que malgré le renfort que je lui ai apporté en jouant les faire-valoir sur la
scène des élections présidentielles du 8 avril 2011, il n’aurait jamais été élu si les conditions démocratiques avaient été respectées.

Avec le concours de nos Forces
armées, il s’est attribué la victoire. Tu sais très bien, chère petite cousine, que les bureaux de vote ont été totalement boudés par nos compatriotes Djiboutiens…, Toi et moi nous sommes souvent financés par le RPP. Nous savons parfaitement que les Djiboutiennes
et Djiboutiens, ne sont pas tombés dans le piège, surtout l’Opposition que
j’avais essayé d’amadouer en négociant le soutien du traître Aden Robleh. En fait son soutien m’a fait
perdre des centaines de voix, lorsqu’il s’est trahi en dévoilant son tribalisme
primaire.

Devant plusieurs dizaines de jeunes qui étaient venus m’applaudir, le raciste Aden Robleh, pire que Le Pen, a pris la parole en disant : « je participe à la campagne de Mohamed Warsama car il est issu de la tribu la plus
importante en nombre (elle représente près de 46% des Issas). Avec cette force et le renfort de quelques
autres communautés Issa, M.W. RAGUEH sera élu au premier tour. »
(sic)

Dans le cadre de la transparence des dépenses illégales des Fonds publics et des Biens Sociaux, aujourd’hui, mon devoir de candidat dépouillé de sa victoire, m’oblige à rendre public, les sommes importantes qui ont été directement prélevées par le Trésorier Payeur en faveur de mon épouse (10 millions de francs Djibouti), de
mon cousin Aden Robleh (15 millions de francs Djibouti) et de moi-même (27
millions, puis 45 millions de francs Djibouti), qui nous ont été apportées en espéces à nos domiciles.

En échange, nous nous sommes engagés à garder le silence et personnellement j’ai renoncé au dépôt d’un recours devant le
Conseil constitutionnel ce qui aurait pu provoquer l’envoi d’un mémorandum à « l’International du Conseil Constitutionnel » dont je connais un grand nombre de membres, notamment ceux qui représentent la France.

Dois-je te rappeler que le Président de ce Conseil n’est autre qu’un
cousin tribal du fou d’Haramous. Il aurait fait comme moi et surtout comme mon
cousin Omar Chirdon Abbas, car nous sommes tous devenus des spécialistes des trucages
des élections et de leur validation inconditionnelle. Il faut bien le dire
car nous sommes des Eleyeh ( Mamassan-Odahgob) venus de Lughaya de la Somalie et
des portes de l’Ethiopie (Aïcha’a et ses voisinages). Toi, comme moi nous
sommes d’origines Marmar. Mais toi ma chère petite cousine, tu es née à Addis-Abeba tandis que moi, j’ai vu le jour à Djibouti.

Entre nous soit dit, je sais que les Organisations internationales des Défenseurs des Droits de l’Homme auraient exploité à fond mon recours et qu’elles l’auraent utilisé pour déposer des
plaintes.

Human Rights Watch, la FIDH et d’autres avaient condamné, avant même le scrutin les conditions de
ces élections « truquées ». Sans oublier Democracy International dont non
seulement, les responsables américains de cette Fondations Internationale ont été expulsés par la Force, mais l’un de leur travailleur Djiboutien plus
exactement un de mes cousins Eleyeh a été égorgé.

Son père, que j’avais invité
à participer à ma campagne et à dire la vérité sur l’assassinat de son fils a été immédiatement arrêté par la Gendarmerie, torturé pendant 4 jours jusqu’à ce
qu’il signe un papier reconnaissant que son fils n’avait pas été assassiné.

Je me sens épuisé et je te dis sincèrement, chère cousine, un grand merci et aussi un au revoir car je prends des calmants.

X.O.V. : merci pour ta franchise, cher cousin. Ton interview sera intégralement publiée par Radio Marmar et par Radio-Trottoir de l’ARDHD qui est bien écouté et consulté par toute notre communauté.

Tu ne le savais peut-être pas mais j’avais tissé des liens secrets avec eux dès 1996, lorsque j’insultais carrément
l’époux de Kadra qui s’acharne encore à le tenir à bout de bras aujourd’hui

24/12/10 (B584) Les interviews (presque) imaginaires de l’ARDHD. L’animateur de Djibouti 24 reçoit un journaliste de Radio-Trottoir. (Humour – ARDHD)

L’équipe de Radio-Trottoir a sollicité une interview du principal animateur de Djibouti 24, qui a accepté de la recevoir dans un lieu secret, qu’il nous est interdit de dévoiler. Appelons-le M. Mahamed Youssouf, puisque c’est la fausse identité qu’il a utilisée pour enregistrer le nom de domaine. Nous le nommerons l’inconnu durant l’interview

Premier constat : à sa façon de s’exprimer, c’est bien un Djiboutien qui attendait l’équipe au lieu de rendez-vous, mais cagoulé pour ne pas être reconnu.

Radio-Trottoir :
Bonjour Monsieur X et encore un grand merci d’avoir accepté ce rendez-vous pour faire une mise au point sur l’existence et les objectifs de votre nouveau site, car beaucoup d’informations trompeuses et contradictoires circulent actuellement à son sujet. On dit que vous êtes financé par le Service de presse de la Présidence djiboutienne et que vous êtes dirigé par son patron le célèbre Naguib Ali. Est-ce exact ?

L’inconnu : A vrai dire, je suis heureux que l’ARDHD ait accepté de publier mon interview, car le taux de fréquentation de Djibouti 24 a grand besoin d’être « boosté ». Nous sommes largement en dessous des objectifs qui avaient été fixés par nos commanditaires et je risquerai de perdre mon poste, si je ne redresse pas la situation.

Bien que nous respections fidèlement les consignes qui nous ont été données par écrit, nous disposons dans ce cadre très limité, d’une très très grande marge de manoeuvre. L’objectif étant de faire passer les messages qui nous sont transmis par … Vous comprendrez que je ne puisse pas vous en dire plus sur l’identité de nos actionnaires….

Pour tout vous avouer, il n’est pas facile de faire de l’équilibre entre les critiques que nous devons diffuser pour asseoir notre crédibilité et les attaques sournoises que nous devons distiller avec intelligence. Une fois ou deux, mais ne le répétez pas, nous nous sommes pris les pieds dans le tapis en commettant des petites erreurs. Si l’on attaque trop fort, les ministres djiboutiens, on se fait rappeler à l’ordre. Si l’on attaque trop fort l’ARDHD, les lecteurs nous quittent. Alors il faut tout faire dans l’habileté et je m’y emploie chaque jour.

R.T. il semble que, ce que vous qualifiez de petites erreurs, aient permis à une grande majorité de comprendre que votre site n’était pas du tout engagé aux côtés de l’opposition alors que vous vouliez le faire croire.

L’inconnu : mais pas du tout ! Vous n’avez pas compris ! Au contraire c’est l’ARDHD qui agace tous les véritables patriotes djiboutiens engagés pour la reconduction de Guelleh. Associée à la LDDH, elle se permet de rendre publique des informations qui ne devraient pas l’être.

RT : lesquelles ?

Ce n’est pas parce celui, qui est souvent désigné comme l’ennemi public N°1 du peuple mais qui est à la fois l’homme politique que je respecte infiniment, fait emprisonner des gamins à Gabode, qu’il faut hurler tout de suite, en disant (même si c’est vrai) qu’ils sont enfermés avec les adultes et qu’ils sont soumis à la torture. C’est cette exagération et ce luxe de détails qui détournent les vrais patriotes, comme moi et mon Chef, du site de l’ARDHD. Me comprenez-vous ?

R.T. : Hum ! Pas tout à fait ! Mais continuons. Vous avez repris récemment les allégations qui sont diffussées par un certain A.D., Président du 10PD (PPPPPPPPPPD – Parti politique des purs patriotes politiquement présentables et prêts au pire pour y parvenir discrètement) et qui calomnie, sans aucun fondement, certains membres de l’équipe de l’ARDHD. Ne pouviez-vous pas le faire seul ?

L’inconnu : il est vrai que ce Monsieur est un grand artiste. Il sait manier la duplicité à la perfection. C’est un orfèvre du vocabulaire. En une dizaine de pages très denses et parsemées de fautes de français, de contradiction et d’allégations imaginées, il réussit à réconcilier l’inconciliable, c’est à dire à ranger dans le même sac des notions aussi diamètralement opposées que le fait d’agir pour l’opposition en dénonçant Guelleh et son régime et en même temps de déstabiliser l’opposition toute entière sans aucune exception, en la vilipendant.

Lui seul, au sein de notre communauté est capable de faire cela. Il n’a pas son pareil. Certains, comme l’avocat Aref ont bien tenté de l’imiter sur ce terrain, mais jamais ils n’ont réussi à atteindre cette perfection.

Voyez-vous ce Monsieur A.D. est un modèle pour moi, un véritable mentor et je voudrais améliorer ma technique avec ses enseignements.

R.T. Comment vous positionnez-vous votre nouveau site ?

L’inconnu : dans l’opposition, aucun doute là-dessus. Nous nous opposons.

R.T. : OK, vous vous opposez ! mais à quoi ?

L’inconnu : d’abord nous nous opposons aux opposants. C’est un premier point. Nous nous opposons à tous ceux qui s’opposent à Guelleh et à ses ambitions présidentielles légitimes et parallèlement nous nous opposons à ceux qui le critiquent ou qui voudraient son fauteuil. Nous devons atteindre la crédibilité de tous les côtés et nous travaillons avec acharnement.

1°) Pour être crédibles dans les rangs des opposants traditionnels et ringards (partis politiques d’opposition, association comme l’ARDHD ou la LDDH), nous devons attaquer les Ministres et les fonctionnaires djiboutiens, mais de façon limitée et prudente : dénoncer des petits détournements, des petites injustices administratives, mais pas au-delà …

2°) Pour être crédibles du côté des partisans de Guelleh, qui sont de plus en plus nombreux, nous devons attaquer l’ARDHD et tous les partis politiques.

C’est notre ligne de conduite et je n’ai pas l’intention d’y déroger. On tape tous azimuths sur tout le monde et on protège l’essentiel !

R.T. : un proverbe français dit que celui qui tente de s’asseoir sur deux chaises, finit toujours par se retrouver les deux fesses par terre. Ne craignez-vous pas que cela vous arrive ?

L’inconnu : (petit rire) aucun risque
! Avant d’être employé par ce site, j’avais déjà les fesses par terre. Alors je vous rappelerai un autre dicton « On en peut pas tomber plus bas que terre ». Je ne peux que remonter la pente ! (Nouveau rire)

Et j’attend avec la plus grande impatience les élections d’avril pour recevoir ma véritable récompense, qui viendra soit du régime s’il est reconduit ou sinon de l’opposition, si elle réussit à passer. Quel qu’il soit, je pourrai prouver au gagnant que je l’ai servi avec conscience et avec engagement.

Ensuite je ferme le site : un investissement total de six mois et un job assuré à la Présidence, pour les cinq prochaines années, ça c’est de la bonne rentabilité !

RT : pour terminer cet entretien, pouvez-nous confier quelques mots à propos de vos méthodes préférées ?

L’inconnu : Vous me flattez !
Comme je vous l’ai dit, je calque ma conduite sur celle de Monsieur A.D.

1°) D’abord « Calomnier, calomnier, il en restera toutjours quelque chose ». Voilà ma devise que j’ai fait imprimer devant mon bureau.

2°) Ensuite inverser les rôles. Accuser mes adversaires de mes propres turpitudes …

RT : auriez-vous un exemple à nous donner ?

L’inconnu : certainement. Quand je prétend que l’ARDHD est financé par Guelleh, voilà un bon exemple. Qu’est ce que j’ai pu rire quand j’ai fait cette trouvaille ! Plus c’est gros, mieux cela passe auprès de nos concitoyens, qui sont naïfs et ignorants pour la plupart. Ils avalent tout ce qu’on leur dit !! Et je l’utilise au mieux des intérêts de ma commanditaire ..

RT : vous venez de dire « Ma ». Ce serait donc un femme qui serait derrière vous ?

L’inconnu : pensez ce que vous voulez, mais je ne vous ai rien dit. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a une équipe de direction au-dessus de moi et que les orientations de nos articles font l’objet de concertations et de décisions collégiales … avec le concours d’experts en communication et en sécurité publique. Pas besoin de vous faire un dessin ?

R.T. Tout cela n’est pas très clair pour nous, mais comme c’est votre présentation, nous la publierons sans modification. Nos amitiés à Monsieur A.D.

11/07/10 (B560) Dans la série des Interviews (presque) imaginaires, une correspondante nous transmet l’interview du Colonel Zakaria (sortie de son imagination bien entendu). Dit-il la Vérité ?

Interview exclusive et presque (fictive) du Tortionnaire Colonel Zakaria.

Réalisée par Radio-Trottoir, avec la collaboration de Zeinaba, sa cousine « de cuisse », Docteur en Linguistique Afar-Somali et nièce du Colonel Bogoreh.

« Les gars en uniformes et en armes n’ont pas de retenue »
Nouvel adage Afar

Pour plus de commodité nous allons employer les diminutifs suivants : Zei pour
Zeinaba et Zak pour Zakaria.

Zei
Après vingt-cinq années passées hors du pays, cela me fait plaisir de te revoir. Je me prépare de nouveau à partir pour monter un projet d’Unité de recherche en langues Afar et Somali à l’Université d’Amoud, près de Boroma.

Comment vas-tu ? Es-tu satisfait de ta promotion à la tête de la Gendarmerie ? Comme tu le sais Bogoreh était mon oncle et mon père était issu Issa Ourweeney, de la même sous-fraction que mon oncle paternel. C’était un homme que j’admirais beaucoup car il était juste et droit et qu’il savait écouter les autres.

Zak
J’ai bien compris que tu voulais connaître la vérité et savoir si j’avais tué ou non ton Oncle. Tu m’as toujours fatigué avec tes questions.

Déjà à l’école d’Arta, tu n’arrêtais pas de m’interroger et quand j’en avais assez, je te menaçais de te pincer la cuisse … (N’oublie pas que nos deux pères étaient frères de cuisse), alors nous sommes cousins de cuisse, n’est-ce pas ? Mais je t’avertis que si tu continue à me poser des questions, je vais te pincer la cuisse jusqu’au sang !

Comme tu es devenue une grand Dame, Professeur d’Université, je vais répondre à tes questions, à la condition que tu ne me demandes jamais de révéler des noms, car je serais rapidement liquidé pour avoir trop parlé.

Sache que j’ai rencontré l’èpouse du Colonel, qui m’a beaucoup parlé de toi, car tu vas souvent la voir au Canada

Zei
Deux jours avant les festivités de l’Indépendance, j’ai essayé
de te rencontrer, mais en vain. Ton agenda était surchargé. En ce vendredi 9 juillet 2010, juste après le départ de l’allié
d’Israël l’Américano-Palestinien Mahamoud ABASS, je suis heureuse que tu aies pu m’accueillir. Tu as toujours connu mes positions, car
je n’ai jamais eu peur de dire la vérité. On m’a rapporté que tu aimais mon courage en particulier dans les
moments difficiles.

Si mes questions te dérangent, tu n’es pas obligé d’y
répondre.

La première question est : qui a assassiné le Colonel Bogoreh, quels sont les réels mobiles ?

La seconde est : qui est(sont) le ou les commanditaire(s) ?

La troisième est de savoir si on peut se tuer avec un Revolver de gros calibre, « avec 4 balles de l’abdomen au cœur » comme a si bien dit le Député Aden Robleh dès le lendemain sur les ondes de Voice Of America (VOA) en langue Somalie.

La quatrième est de savoir si en tant qu’Adjoint du Chef du Corps de la Gendarmerie nationale et afin d’éviter toutes les spéculations sur son assassinat, spéculations, hélas, en majorité à ton
encontre : pourquoi n’as-tu pas eu le courage d’ordonner un Autopsie du corps de ton Colonel assassiné ?

La cinquième est de me dire pourquoi la famille n’a pas eu le droit de photographier le Corps du cadavre criblé de balles ? Pourquoi a-t-on refusé à ses enfants venus du Canda de prendre des photos en souvenir de leur papa alors que son Corps était entreposé dans la Chambre Froide de l’Hôpital Bouffard ? Avez-vous eu tous peur que ses photos criblées de
balles soient publiées pour alerter le monde entier de vos atrocités? Ou alors
avez-vous eu peur que ces photos servent de pièces à conviction afin d’accélérer
l’ouverture de ou des plainte(s) de la famille au Canada ou ailleurs?

Vous savez très bien, que la Veuve du Juge Borrel assassiné et immolé en 1995 dans notre pays est une Française, mais attention il suffit qu’un membre de la famille directe du Colonel assassiné à Djibouti pour avoir le Droit de déposer des plaintes auprès des Juridictions aux Compétences Universelles avec fortes chances d’aboutir.

J’espère que mes questions sont claires, n’est-ce pas mon cousin de cuisse ?

Tes réponses seront certainement sans ambiguïté car elles te serviront un jour au cas où tu serais attrapé. Je ne manquerais d’être à tes côtés pour te convaincre
et t’amener à témoigner sans détours, sans se cacher sous des consignes du droit
de réserve qui ne sont pas valables devant les Juridictions aux Compétences universelles car ton débile de patron a suffisamment tué et il est temps de
l’envoyer en prison avant qu’il ne soit abattu sans pitié.

Zak
Je vois que tu n’as pas mis des gants pour me poser tes séries de questions.

Même à 90 ans tu ne changeras pas, toujours aussi curieuse. Je vais essayer de te répondre du mieux que je peux. J’avais appris tardivement que Bogoreh était parti le soir avec le Colonel de la Garde Républicaine. J ’avais immédiatement supposé que le Chef de l’Etat l’avait appelé pour le réhabiliter car il l’avait mis
discrètement en disgrâce, juste après son retour de Paris.

Souviens-toi que Guelleh avait été accueilli froidement à l’aéroport par un nombre restreint de gendarmes.

Depuis la bataille de Doumeira qui
n’avait duré que quelques heures mais qui a provoqué de terribles pertes de notre côté, je ne m’occupais olus de lui et ce soir là je ne me suis pas du tout inquiété de son sort.

Vers les trois heures du matin j’ai été réveillé par le téléphone. Je me suis immédiatement
rendu avec mes gardes rapprochés au domicile du Colonel Bogoreh.

J’ai vu sa femme assise par terre complètement atterrée, j’avais voulu la soulever et la ramener dans sa chambre pour qu’elle puisse s’allonger en attendant de préparer ses obsèques.

Mais quel scandale !

Elle m’a traité de tous les noms et ce qui m’a fait le plus de mal, c’est lorsqu’elle m’a dit en criant, en hurlant à maintes reprises comme une folle : « alors tu as eu ce que tu voulais, sort tout de suite de ma maison ».

Ebahi, je suis rentré chez moi pour me désaltérer et calmer mes nerfs. Je te dis franchement que j’ai rapidement pris la décision de me laver les mains de cette sale affaire car elle me dépasse totalement.

D’ailleurs je me demande jusqu’à présent pourquoi après son entrevue très probable avec le Chef IOG, le Colonel Bogoreh a-t-il été aussi lâchement assassiné. En tant que Gendarme j’estime que l’on n’avait pas le droit de le tuer même s’il avait été mis en disgrâce,

Il aurait été plus judicieux de le mettre à la retraite, ce qu’il avait d’ailleurs demandé à deux reprises.

Pour ta première question ma réponse est claire, oui il a été assassiné, mais je n’ai pas osé faire deamnder d’ouvrir une plainte compte-tenu des circonstances de l’assassinat.

Quelles que soient les circonstances de
l’assassinat, j’ai l’ultime et sincère conviction qu’il aurait été malmené auparavant, pour ne pas dire torturé puis canardé froidement avant d’être jeté dans sa cour curieusement déserté par ses gardes du corps depuis la veille.

Quels sont les mobiles ?

Toute l’affaire remonte à la bataille de Doumeira.

Le Colonel Bogoreh ne voulait vraiment pas être complice de la politique de répression à outrance qui s’est abattue ensuite. Pour lui, la Gendarmerie devait conserver sa réputation de Corps républicain, militaro-policier, fort et juste.

Pour lui la seule façon de souder les gendarmes a toujours été de leur dire toujours la vérité et de les tenir informer en permanence.

Tout le monde sait que ce sont les FAR et les Gendarmes qui ont eu à déplolrer le plus de victimes dans leurs rangs (plus d’une cinquantaine rien que pour la Gendarmerie), mais je n’ai pas le droit de te
donner les chiffres exactes ni le nom des gendarmes morts sur le champ de
bataille – c’est un secret d’Etat).

Pour éviter un soulèvement populaire, IOG avait donné l’ordre de ne rien dire aux familles des victimes.
Le Colonel Bogoreh a outrepassé les consignes d’IOG.
Il a ordonné à deux officiers d’aller rendre visite aux épouses qui ont
perdu leur mari afin de les informer tout en leur demandant de garder le
silence absolu.

Il leur a promis de régler personnellement leurs problèmes et il leur a transmis toute sa compassion. La Gendarmerie est le seul Corps des Forces armées Police inclus dont toutes les épouses ont été immédiatement informées de la mort de leur mari à DOUMEIRA le 11 juin 2008.

Aujourd’hui encore, les militaires s’interrogent toujours sur les raisons de cette Guerre. Il y a eu tant de morts dans nos rangs. Pour quel objectif ?

D’autant plus qu’IOG vient maintenant supplier l’Emir du Qatar d’intervenir auprès de
l’Erythrée pour qu’elle vienne à la table des négociations. Il est vrai que les quelques kilomètres carrés de Doumeira n’intéresse plus l’Erythrée car ils ne sont pas stratégiques.

Pour Guelleh, en revanche,
l’important
est que le Président Erythréen relâche la centaine de prisonniers que ses armées ont fait sur le terrain et surtout pour qu’il lui accorde son soutien à l’occasion de sa réelection pour un troisième « mandat à vie », en exigeant que le Sultan de
Raheita fasse campagne pour lui auprès des populations
de son Sultanat et qu’il débourse de quoi alimenter la campagne.

Depuis Doumeira le courant ne passait plus entre IOG et le Colonel Bogoreh.

Pire encore, Bogoreh était partisan de l’ouverture d’un dialogue franc et sincère. A demi-mot, il disait qu’il n’allait pas jouer le même jeu que le Général Zakaria et du Général feu Yassin Yabeh lors des élections mascarades de 1999.

Actuellement la situation politique est délicate, le conflit armé urbain est aux portes de Djibouti, IOG était convaincu que le Colonel Bogoreh risquait d’encourager sinon de fermer les yeux sur la préparation d’un front
armé urbain capable de mettre en échec fin 2010, début 2011 les pseudosélections.

D’autres mobiles peuvent avoir jouer un rôle :


comme celui de charger Bogoreh discrètement de l’élimination physique de Boreh par des membres de sa famille, pour éviter aux mamassans d’avoir à le faire.

– d’autres motivations sont possibles ? mais elles sont moins importantes. Quoiqu’IOG considère souvent, dans la précipitation, des actes insignifiants, comme des crimes de lèse-majesté impardonnables.

Reste à savoir quelles pourraient être ces « indélicatesses » souvent fabriquées par la SDS avec
l’appui du Colonel de la Garde Républicaine.

Quand tu me demandes pourquoi interdire que ses enfants prennent des photos souvenirs de leur père, ce n’est pas moi qui ai donné des ordres dans ce
sens.

Sache que la surveillance du corps a été confiée à un
officier de la gendarmerie membre de la SDS. Ce n ’est un secret pour personne, qu’il y a des intouchables de la Police. Par exemple, l’officier Awaleh de la Police ou le
Conseiller du Ministre de l’Intérieur chargé des Réfugiés, actuellement
nommé à titre confidentiel, préfet de la sécurité Monsieur Hassan Gacanlo ou le
manchot qui tous deux opèrent ensemble en toute Impunité au nord et à l’ouest de la République.

Des intouchables dans la Police, il y a aussi des intouchables dans la Gendarmerie et dans l’Armée Nationale, ils sont tous des
membres du SDS et pour certains d’entre eux depuis plus de trente trois ans. Ils en étaitent déjà membres quand IOG était patron du SDS, poste qu’il conserve malgré son titre de Premier Magistrat.

Quant à moi je travaille toujours avec IOG dans le cadre du SDS, mais j’évite à salir mes mains comme bon nombre des Forces armées.

Je te quitte en catastrophe et te laisse ces articles de RUE 89

J’ai rendez-vous avec la Prévôté française au Camp Lemonnier des Forces américaine pour étudier avec eux la possibilité d’envoyer des hommes de couleurs de l’armée française et de celle des Etats-Unis pour aider les Ougandais et les Burundais incapables de maîtriser des religieux qui n’ont que Dieu pour soutien.

Professeur ZEINABA
native d’Arta

Voici l’article de Rue89 du 7 juillet 2010 qu’il m’a laissé avec le Canard
Enchaîné du 7 juillet 2010. Je pense que l’article du Canard sur « Sarko
ordonne le silence sur l’Afghanistan », l’a probablement secoué et l’a encouragé
à faire quelques petits écarts au principe du droit de réserve.

Mais il doit s’engager sans hésiter à abattre son patron IOG avant d’être définitivement abattu comme BOGOREH et peut-être avant même le Général Zakaria ou de son fidèle Colonel Mohamed Djama.

A débattre
Afghanistan : Morin sanctionne un général pour avoir douté

Par Pierre Haski | Rue89 | 07/07/2010 | 13H39

A l’instar du limogeage de McChrystal par Obama, le général Desportes sera puni pour avoir critiqué la stratégie en Afghanistan.

La sanction n’a évidemment pas la même portée que le limogeage du général Stanley McChrystalpar Barack Obama après son interview à Rolling Stone, elle en est plutôt un effet collatéral. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a annoncé mercredi qu’il allait sanctionner le général Vincent Desportes, directeur du Collège interarmées de défense (CID), pour des propos jugés non-orthodoxes, à propos de la guerre d’Afghanistanoù la France vient de perdre son 45e homme au combat.

Sur RMC, Hervé Morin a été catégorique :
« Il sera sanctionné. Le général Desportes est soumis à une obligation de réserve. Son devoir de réserve lui impose de ne pas manquer de discernement. Il a manqué de discernement. »

Des doutes sur la stratégie en Afghanistan

Quel crime a donc commis le général Desportes, trente-huit ans de service derrière lui et proche d’un départ à la retraite ? (…)