05/09/05 (B314) Les interviews (presque) imaginaires de l’ARDHD : cette semaine notre équipe a rencontré Guelleh, après la publication du classement des Régimes par le magazine GEO.

L’ARDHD : « Monsieur Guelleh, merci d’avoir accepté de nous recevoir aussi rapidement .. »

Ismaël Omar Guelleh : « Inutile de perdre du temps avec les salades habituelles et la fausse courtoisie des journalistes …. je m’en moque totalement »

ARDHD : « Comme vous voudrez. Commençons tout de suite. Le magazine GEO, d’après un de nos lecteurs, vient de classer votre régime en dernière position, la 148ème, ex aequo avec la Somalie et surtout la Corée du célèbre

Kim Jong-il. Ne pensez-vous pas qu’il serait temps d’ouvrir votre régime à des pratiques qui soient plus en adéquation avec un minimum de respect des Droits de l’Homme ? »

IOG : « Messieurs, je vous arrête tout de suite … »

ARDHD : « Déjà ? mais on a encore rien dit … »

IOG : « Ce n’est pas ce que je veux dire, mais il faut avoir le courage de regarder les faits sous l’angle concret de leur véritable signification (?). Il suffit simplement de retourner les critères et vous verrez que mon régime, si populaire (*) est classé premier ex aequo !!!

J’en suis fier !

J’ai amené ce petit pays, l’un parmi les moins peuplés du monde à la première place aux côtés d’un autre dictateur aussi remarquable que moi, le célèbre Coréen, qui fait trembler le Monde, son peuple et même les Américains … et qui dispose peut-être déjà de la bombe atomique ! »

ARDHD : « Certes Monsieur Guelleh, mais nous ne voyons pas quelle gloire vous pourriez tirer du fait que votre régime soit contesté à tous les niveaux : Sécurité, Respect des Droits de l’Homme, etc.. »

IOG : « Chaque pays choisit librement et démocratiquement les dirigeants dont il a besoin. Les Djiboutiens aiment l’autorité naturelle que je représente, c’est pourquoi ils me soutiennent dans le durcissement du régime que je poursuis chaque jour. »

ARDHD : « Mais l’opposition gagne chaque jour du terrain et conteste vos méthodes dictatoriales et sanguinaires … »

IOG : « Alors là, vous vous trompez carrément ! L’opposition n’existe pas. C’est vous, les Européens qui avaient imaginé ce mythe … ! Depuis mon élection, qui m’a vraiment contesté publiquement et sérieusement en dehors des petites critiques habituelles ?

L’Opposition Unie à Djibouti ? Non !

Le MRD de DAF ? Non ?

Le Frud en Europe ? Non, silence radio de tous les côtés !!

Alors, je vous en prie, cessez de soutenir des oppositions fantômes qui n’existent que dans la tête des ex-colonialistes revanchards, que vous représentez …  »

ARDHD : « Pourtant, ils manifestent de temps à autre dans les rues, contre votre régime.

Sur un plan différent, prenons le site du GED, par exemple, lui, il publie des informations crédibles et documentées sur vos pratiques : torture, corruption, emprisonnements arbitraires, trafics d’enfants, spoliation des personnes privées, trafics d’armes, autrefois, de matières nucléaires et nous en passons … »

IOG : « Laissez-moi rigoler … Ce sont des organisations qui n’ont aucun membre en dehors de quelques copains recrutés par amitié. »

ARDHD : « Si cela peut vous rassurer … Mais nous n’avons pas parlé de la Somalie qui est classée comme Djibouti … »

IOG : « Ça vous étonne ! Le régime somalien, c’est mon bébé à moi, quoi que l’on puisse dire. C’est moi qui l’ait mis au monde à Arta, lors de cette conférence qui s’est achevée sur l’un des plus grands succès diplomatique internationaux : le mien ! Il est normal qu’il soit premier ex aequo avec mon régime, dont il est en quelque sorte, le fils spirituel … Et moi, je n’ai pas réclamé le Prix Nobel de la Paix !

ARDHD : « Mais ce classement va avoir une incidence fâcheuse sur vos efforts pour développer le tourisme à Djibouti … »

IOG : « C’est probable, encore que des nostalgiques de la dernière guerre, du stalinisme, du fascisme entre autres, que sais-je encore, puissent y puiser l’envie de nous visiter, mais qu’importe au fond !

Au contraire, on en profitera pour demander le double de la perte sous forme de nouvelles compensations financières aux Nations riches. Comme d’habitude et le tout sera joué.

Yacin Elmi Bouh a fait des miracles et il a bien formé son sucesseur. Ce dernier promet de faire encore mieux et je place de gros espoirs sur ces capacités à orienter les flux financiers vers ma bourse. « 

ARDHD : « Attention toutes ces compensations financières ne sont pas toujours des dons, mais souvent des emprunts. Le pays va à la catastrophe financière et risque la faillite. »

IOG : « Aucune importance, avec ma femme et mes proches, on a pris tout ce dont nous avions besoin pour vivre décemment notre retraite… Après moi le déluge.

Et pour le reste, en prévision de la faillite inéluctable, je vide le pays de ses dernières richesses : aéroport, port, douanes, etc… Les créanciers lorsqu’ils se présenteront n’auront plus rien de tangible à se mettre sous la dent. L’Etat djiboutien sera complètement vidé de sa substance, totalement désolvabilisé … et nous en sommes très proches !

Ce sont les Djiboutiens qui seront responsables ensuite de mes dettes que j’ai contractées en leur nom. Ils rembourseront pendant des générations, mes excés, le luxe dont raffole ma tendre épouse et sa cour plus la construction / rénovation de nos résidences somptueuses dans le monde entier (Djibouti, Paris, Koweit, Ethiopie, Abu Dabi, etc…).

ARDHD : « En résumé, pas de changements à prévoir …? »

IOG : « Mais bien sur que si, au contraire. Des tonnes d’amélioration dans le cadre d’un vaste programme de rénovation et de durcissement du régime.

On ne change pas une méthode gagnante, on l’améliore sans cesse.

Multiplication des arrestations, réouverture de la Villa Christophe, après remise en état des équipements, ouvertures de nouvelles prisons, augmentation des impôts pour les personnes non affiliées et non cotisantes au RPP, destructions des populations et des villages rebelles.

Recentrage sur la vraie nationalité djiboutienne qui a ses origines ancestrales dans la Région de Dire-Dawa : tous les autres sont des faux Djiboutiens. Je veux conserver notre première place au classement internationale des dictatures.

Paiement obligatoire des soins médicaux à leur vértibable coût.

Incarcération des syndicalistes, en particulier à la Poste : on leur a déjà coupé les vivres.

Mais j’en ai déjà trop dit, foutez-moi le camp au plus vite, je vous ai assez vu pour aujourd’hui. Laissez-moi travailler à la construction d’une Nation unie et solidaire et productive de revenus pour MOI et mes proches. »

ARDHD : « Merci quand même … »

NB : après avoir refermé la porte du bureau, nous avons entendu un énorme hurlement qui ressemblait au cri d’un fauve en cage.

En chemin nous avons croisé un psychiatre suivi de deux brancardiers. Venaient-ils pour lui ? Pour lui passer la camisole de force afin de le calmer et tenter de la ramener à la raison ? Nous n’avons pas la réponse, mais l’affaire est à suivre.

(*) A ce moment précis, IOG nous a remis un certificat, émanant du Ministère de l’Intérieur, sur lequel on pouvait lire que 99,87654217654399803 % des Djiboutiens inscrits (et non pas des suffrages exprimés) avaient voté pour Guelleh lors des dernières présidentielles. Qui étaient les 0,1234578234500197 % qui lui avaient fait un tel affront ? Divisés par ~ 200.000 électeurs, cela représenterait environ 246 personnes … Moins que la population actuelle de Gabode !

28/11/03 (B222) Le vendredi 21 nov 2003, M.ALI ABDILLAHI IFTIN ex-Commandant de la Garde républicaine et ex-Patron de la Sécurité du Président Gouled et M.MOHAMED SALEH ALHOUMEKANI ex-Commandant Adjoint de la Garde Républicaine et Chef de la Sécurité Adjoint de Gouled, ont été invités par une équipe de journalistes travaillant pour l’émission « SeptAhuit » de TF1, pour répondre à une interview dans le cadre de l’affaire Borrel. Ça se gâterait pour IOG et pour ses complices !

Le journaliste, M.Laurent
DELHOMME, vient de rentrer de Djibouti, où il est resté une
semaine pendant laquelle, il a eu l’occasion de rencontrer certaines personnes
qui ont accepté de donner leur version et d’apporter leur témoignage
public.

Extraits de l’interview (A l’heure actuelle, nous ne disposons pas d’une
transcription précise des termes de l’interview, mais nous avons reçu
des indications suffisantes pour publier cette information – L’ordre des questions
n’est pas obligatoirement respecté) :


Le journaliste informe les deux anciens militaires, qu’au cours de
leur déplacement à Djibouti, il a réalisé des
interviews qui ont été enregistrées et qu’il aimerait
avoir leur réponse sur des déclarations / accusations qui ont
été portées à leur encontre.

Question
A :
Djama,
le Procureur, a dénigré vos capacités personnelles

Caricature du Procureur
Djama Souleiman, réalisée à l’époque, à
partir d’une photo extraite d’une interview télévisée.
Le
journaliste :

« Le Procureur de la République de Djibouti, M.DJAMA SOULEIMAN
OMAR, aurait affirmé qu’Alhoumekani était un élément
dangereux pour la Sociétédjiboutienne, qu’il avait un passé
médiocre, et qu’il trouvait très curieux, le fait que des
« terroristes » comme Awaleh Guelleh et Adawani puissent s’être
rendus au Palais présidentiel pour y rencontrer des personnes dignes
et propres comme Hassan Saïd ou le Colonel Mahdi. Il a trouvé
aussi qu’il était grotesque de prétendre qu’Alain ROMANI
était présent lui aussi, car en réalité, il
étaità l’île de la Réunion à ce moment-là. »

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Réponse
d’Alhoumekani :
Il ne
faut pas avoir peur d’affirmer que ce procureur est un homme malhonnête.

Prenons point par
point.

1 – D’abord, il se cache
sous une fausse identité. Son vrai nom lui a été donné
par sa famille d’accueil à Djibouti, dont le chef est Djamma Hersi
Ahmed. Cette famille l’a adopté, à son arrivée de l’Ougaden
en Éthiopie (où il est né) et l’a élevé.

Les circonstances et les
liens familiaux / tribaux ont permis sa naturalisation à l’époque.
Ensuite, c’est Hassan Saïd qui lui met le pied à l’étrier
au sein de la Justice djiboutienne. Leurs deux mères sont de la même
tribu : DARODE.

2 – Souvenez-vous, car
cela a été dénoncé à l’époque, que
l’épouse de Djama Souleiman, avait été arrêtée
et placée en détention par les autorités australiennes
alors qu’elle demandait à bénéficier du statut de réfugiée
politique à Sydney. Elle a été accusée et reconnue
coupable de détention de faux documents d’identité. C’est elle-même
qui me l’a confié un jour où elle avait forcé sur l’alcool,
alors que son mari était en déplacement.

 


En janvier 2002, le Procureur Djama, qui a fait spécialement
le voyage, rencontre Alhoumekani dans un grand Hôtel de Bruxelles
et il tente d’acheter son silence dans le cadre de l’affaire Borrel. Alhoumekani
a fait prendre ces photos et il affirme qu’il détient aussi un
enregistrement sur cassette de la conversation.

3 – (Alhoumekani
poursuit) En janvier 2002, pour acheter mon silence, le Procureur a
demandé à me rencontrer à Bruxelles où il
m’a offert des millions.

 

NDLR : Si les
faits sont confirmés, il s’agit de l’une des plus graves affaires
de subornation de témoin. Ce n’est pas la partie adverse qui
la conduit, mais … le Procureur en charge du dossier. Est-ce un cas
unique dans les annales judiciaires ?

4 – en conclusion. Si
les affirmations du Procureur étaient exactes, je m’interroge sur les
raisons qui l’ont conduit à Bruxelles pour tenter d’acheter mon silence
et de renier mon témoignage devant la Justice française …
? Outre le rendez-vous que nous avons eu dans un grand hôtel de Bruxelles,
il a aussi rencontré mon avocat dans son bureau et il m’a remis une
proposition et des documents écrits que je détiens.

Ces documents contiennent
les termes du marché qu’il me proposait et de la déclaration
que je devais faire en échange pour revenir en quelque sorte sur mon
témoignage, afin de dédouaner IOG … Je devais en effet préciser
que je m’étais trompé et qu’il ne s’agissait que d’une simple
réunion de Sécurité au Palais présidentiel et
que j’avais du faire erreur en croyant reconnaître Alain Romani.

Je détiens aussi
des enregistrements audiovisuels sur la réponse d’IOG ..

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IFTIN prend la
parole :

Il précise que c’est IOG, en personne, qui lui avait demandé
d’affecter TROIS pistolets automatiques à Alain ROMANI.

Il ajoute que Me
Alain Martinet est un homme malhonnête et incompétent, car
c’est lui qui a participé volontairement et volontairement à
la pression qui l’avait contrainte à signer la fausse déclaration
à Djibouti, afin de protéger sa famille, qui était
menacée.

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Question
B
:
Que pensez-vous de votre procès qui s’est tenu à Djibouti ?

Le journaliste : « que pouvez-vous nous dire sur votre procès
qui s’est tenu à Djibouti. Même si, à mon avis, je le
trouve ridicule puisque vous-même, le principal intéressé,
vous avez pas été convoqué … »

Alhoumekani : « notre justice est corrompue et pourrie ! Les magistrats
ne sont pas indépendants. Ils reçoivent directement leurs ordres
du Palais présidentiel. Prenez par exemple, le procès du Général
Yassin Yabeh, qui avait accusé IOG d’avoir commis le premier Coup d’État
en organisant une fraude électorale massive lors des élections
présidentielles de 1999. Il est mort en prison, parce qu’IOG a refusé
qu’on lui donne les soins médicaux nécessités par son
état de santé. Non assistance à personne en danger. »

« En ce qui concerne mon procès, je confirme qu’il n’a aucune valeur
ni aucun sens, puisque je n’ai même pas été convoqué,
alors que Djama le Procureur connaissait bien mon adresse, puisqu’il avait
su me contacter pour me rencontrer à Bruxelles. »

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Question
C
Pour quelles raisons, le Procureur a-t-il affirmé que
vous étiez sous la protection du Général Fathi .

Le journaliste : « Djama, le Procureur, affirme aussi que vous
étiez intouchable à l’époque, car vous étiez,
en quelque sorte, sous la protection du Général Fathi ».


Alhoumekani : c’est absolument faux. Il suffit de lire l’ordre de mutation
qui m’a conduit au Palais présidentiel : c’est le Général
Zaccaria qui l’a signé ! »

NDLR : on peut s’étonner
de cette affirmation de Djama. Ne lui aurait-elle pas soufflée par
Guelleh, dans les faits ?

Est-ce une confirmation des rumeurs qui feraient état de tensions graves
et persistantes entre Guelleh et le Général Fathi (soutenu par
Zaccaria) ?

On peut se demander quelle est la nature du malaise que l’on constate entre
Guelleh et son armée ? Le fait que ce soit le Premier Ministre Dileita
qui ait été délégué à la fête
de l’AND en juin 2003 et non le Président, comme le voulait la tradition,
est-il un signe ?
en conclusion : Peut-on dire que Guelleh se méfie probablement des
militaires et qu’il en aurait même peur ?

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Caricature d’Hassan
Saïd, le puissant Chef de la SDS, réalisée à
l’époque, à partir d’une photo extraite d’un reportage
de Canal +.
Le journaliste
poursuit en nous indiquant qu’Hassan Saïd a refusé de répondre
à ses questions. On peut imaginer, qu’Hassan Saïd, qui avait
été filmé par Canal +, au moment où il confirmait
que la réunion décrite par Alhoumekani avait bien eu lieu
et qu’il précisait la position de chacun des personnages.

Question
D :
avez-vous des informations sur les relations, à l’époque,
entre Moumin Bahdon, le Ministre de la Justice et le Juge Bernard Borrel ?

Le
journaliste poursuit en reprenant les affirmations du Procureur Djama
:
« Saviez-vous que Bernard Borrel, avait énormément
de problèmes avec son Ministre de tutelle ? « 

Alhoumekani :
« Vous savez, je dépendais du Ministre de la Défense nationale
et hiérarchiquement, du Chef de la Sûretéde l’État
de l’époque : IOG. Vous devriez poser la question au Ministre de la
Justice de l’époque qui était Moumin Bahdon et qui me semble
bien placé pour répondre à cette question. »

Le journaliste :
« Effectivement, nous avons demandé à le rencontrer,
mais il a refusé »

Le journaliste à
Iftin
: « vous avez déclaré publiquement que vous
aviez surpris une conversation entre IOG et Hassan Saïd, dans le bureau
du premier étage et qui aurait porté sur un européen
qui dérangeait beaucoup la République. Pouvez-vous préciser
a date exacte ? »

Iftin : « C’était
au mois de septembre 1995, quelques jours avant la disparition du Juge Borrel.

Le journaliste : « Mais
que se sont dit exactement les deux hommes ? »

Iftin : « Ils
disaient que ce ‘blanc’ se mêlait d’affaires qui ne le regardaient pas
et que, dans son propre intérêt, il devrait sen écarter.
IOG n’a pas prononcé le nom de cette personne, mais il était
clair, qu’il parlait d’un français.

Oh, ce n’est pas une nouveauté
… IOG a toujours fait disparaître tous ceux qui le dérangeaient.
Combien d’accidents de circulation, de malaises inexpliqués, d’empoisonnement,
jalonnent la carrière de cet homme ?

Prenez mon cas. Sous la
menace du chantage d’Hassan Saïd et pour éviter, selon ses propos,
que ma femme et mes enfants ne payent pas de leur vie, j’ai été
contraint d’accepter les termes de la fausse déposition qui a été
rédigée par Me Martinet et de me rendre chez Me Koran pour la
signer officiellement. Lorsque je suis arrivé à l’étude
: tout était prêt : il ne manquait que ma signature ….

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Question
D :
L’affaire
Borrel. Quel est votre sentiment ?

Le journaliste
: « que
pensez-vous de l’affaire Borrel ? »

Alhoumekani :
« Seule la Justice peut répondre. Ce qui est sur aujourd’hui, c’est
que je n’ai pas menti ! Les différents experts ont confirmé
qu’il s’agissait bien d’un assassinat et non d’un suicide.

Je tiens à
rappeler, que je n’ai jamais accusé les personnes que j’ai désignées
parce qu’elles participaient à la réunion au Palais :
IOG, Hassan Saïd, Mahdi, Romani et les deux terroristes, d’être
les assassins du Juge Borrel.

J’ai juste déclaré
que je les avais entendus parler de la mort « d’un juge fouineur »,
et du fait qu’il n’y avait plus de traces et donc plus d’inquiétudesà
avoir, comme l’a dit Mahdi, en réponse à la demande de
Romani. C’est le Colonel Madhi qui a ajouté que le registre qu’on
appele main-courante dans la Gendarmerie était entre ses mains. »

Le journaliste :
« Votre famille a-t-elle été menacée,
depuis votre témoignage ? Nous avons constaté, lors de nos déplacements
dans Djibouti, que nous étions suivis en permanence. »

Iftin et Alhoumekani
:
« Jusqu’à présent et fort heureusement, nos familles
n’ont jamais été menacées sérieusement. Cela ne
concerne que les petites tracasseries habituelles, que l’on inflige aux familles
des opposants, dans un pays qui est dirigé par un dictateur et une
équipe mafieuse. Pour nous, c’est devenu malheureusement une routine,
une habitude. De toutes les manières, le peuple djiboutien, sans aucune
exception, souffre actuellement et nous espérons un changement dans
l’avenir.

Djibouti est un état
policier.

IOG applique la formule
policière pour tenir le peuple. D’une main de fer, il gouverne ce pays
et il applique les méthodes qui ont toujours été les
siennes. Rappelons qu’avant d’être Président, il était
un policier. Sa méthode est constante : il fait peur, il incarcère,
il détruit, il élimine, il fraude, il falsifie etc…; et les
droits de l’Homme sont bafoués tous les jours, dans notre pays, comme
vous l’avez constaté. »

Le journaliste :
« comment expliquez-vous que des terroristes incarcérés
à l’époque aient pu entrer au palais pour participer librement
à une réunion ? »


Alhoumekain et Iftin :
« ce sont des choses courantes à Djibouti.
En 1988, M.SOUGAL (Président de la Sogik, Syndicat du Khat) a été
assassiné en pleine rue par une personne qui aurait du se trouver à
l’intérieur de la prison de Gabode. Il paraîtrait qu’Hassan Saïd,
alors Directeur Adjoint de la SDS de l’époque, étaità
ses côtés. C’est donc monnaie courante.

Quand à Me MARTINET,
un jour, il faudra bien qu’il explique, devant la Justice française
sa tentative de subornation de témoins. Nous avons, en effet, déposéune
plainte devant la Justice française, à son encontre et à
l’encontre de ceux qui sont coupables à nos yeux des mêmes faits.. »

Le journaliste :
« Pourquoi et qui aurai voulu, d’après vous, la mort du juge Borrel
? »

Alhoumekani et Iftin :
« IOG a toujours été anti-français.

Depuis qu’il a reçu
un colis piégé »bombe »qui lui a été envoyé
depuis le Sud de la France, le 30 décembre 1994, il est persuadé
que les Services secrets français veulent sa peau … « DGSE /
DST ».

De plus d’après
les enquêteurs de la Gendarmerie djiboutienne conduits par l’ancien
Lieutenant Zaccaria, devenu Lieutenant-Colonel depuis, le juge borrel
faisait des investigations sur l’attentat du Café de Paris et
sur d’autres pistes mafieuses.

Comment expliquer
l’ascension fulgurante ce cet officier qui a gagné autant de
gallons en six ans, si ce n’est en remerciement des services rendus
au régime ? « 

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Question
F :
la situation économique à Djibouti est catastrophique

Le journaliste : « Comment
voyez l’avenir de Djibouti ? »


iftin et Alhoumekani
: « très incertain. Il faudrait que la
France prenne très rapidement des décisions, car cela risque
de devenir très dangereux, tant que ce dictateur et cette équipe
mafieuse seront au pouvoir. Vous avez constaté vous-même la pauvreté
dans la ville et dans les quartiers »

Le journaliste :
« oui, j’ai vu cela et j’ai pris des images sur la façon dont
vivent les gens, sur leur pauvreté. La situation économique
à Djibouti est catastrophique »

Alhoumekani : « le GED dénonce tous les jours, ce régime
mafieux, qui détourne des millions au détriment de la population
et qui le fait avec la couverture des puissances présentes sur place »


Le journaliste : « Messieurs, je tiens à vous remercier
de m’avoir accordé cet entretien. »

07/06/03 (B201) Dans la série « Nos interviews (presque) imaginaires », nous avons rencontré le Procureur abusif et impitoyable, Djama Souleiman, le « Fouquier-Tinville » de la terreur djiboutienne.

 

Un
justicier ‘corrompu’ dans une ville aux mains de la dictature ?

« Grande oreilles »
ou « Le Procureur abusif » est l’homme
qui a fait remettre DAF à Gabode
après 48 heures à peine, de liberté.

Aujourd’hui,
nous avons rendez-vous avec le PA. Prononcer ‘Procureur abusif ».

Il nous a proposé
de le recontrer dans son bureau au Palais de Justice.

Au mur des reproductions
de portraits français datant de la fin du XVIIIème siècle.

Des personnages
austères au visage toujours très dur, dont celui de Fouquier-Tinville (1745-1796),
ce tristement célèbre procureur, qui a fait condamner
à mort des milliers de personnes durant la Révolution
française, dont le Roi et sa famille.

Nous :
Monsieur le Procureur, nous vous remercions de nous avoir accordé cet
entretien, mais nous ne voudrions pas abuser de votre temps si précieux.

Le P.A. :
Comme c’est curieux ! Vous venez d’employer le verbe ‘abuser’. Tiens donc, je commence
à comprendre… Il faut que j’ouvre une instruction pour diffamation
(sans même nous regarder, il part dans un long monologue sur la possibilité
d’incarcérer l’inventeur de la nouvelle appellation ‘Procureur abusif ».
Il est comme absent, plongé dans des réflexions personnelles,
mais on sent la haine dans ses yeux).

Nous :
Hum, Hum ….. Excusez-nous, préféreriez-vous que nous revenions
à un autre moment, si vous êtes occupé ?

Le P.A.
(revenant sur terre) :

Mais non pas du tout, je vous écoute. En fait je réfléchissais
à la possibilité de vous inculper tous les deux pour diffamation
à mon endroit, car vous avez bien utilisé le mot ‘abuser’. N’est-ce
pas ? Vous pourriez donc être les auteurs ou les complices des auteurs
de ce sobriquet qui me colle à la peau depuis plusieurs jours et que
les gens répètent dans mon dos …. en ricanant bêtement.

Nous :
Attendez, nous n’avons pas utilisé de sobriquet à votre encontre.
Nous avons simplement dit que nous ne voudrions pas abuser de votre temps
précieux. Rien de plus !

Le P.A. :
C’est exact, mais il n’y a jamais de fumée sans feu ! Rien n’est anodin.
Autrefois, vous auriez utilisé un autre mot : ne pas me déranger,
par exemple. Donc je tiens un élément de preuve suffisant pour
vous faire inculper et transférer à Gabode. Rassurez-vous, vous
n’êtes pas les seuls dans ce cas.

En dehors des proches
de Guelleh, dont je me flatte de faire partie, je ne vois pas un seul Djiboutien
qui pourrait échapper à une inculpation suivie d’une mesure immédiate
de détention proviso-définitive. Chaque djiboutien est un délinquant
potentiel en liberté provisoire.
C’est ma devise.

Nous :
N’avez-vous pas, au fond de vous-même, le sentiment que vous allez un
peu trop loin.

Le P.A. :
Oui et non. Comprenez-moi ! Il faut d’abord que vous sachiez que j’ai eu une
enfance difficile. Que j’ai souvent été battu de façon
injuste, avec un père terrible et une mère trop faible pour
lui résister. En plus mes soeurs m’ont couvé, trop couvé (…)

Nous : (à voix basse)
Docteur Freud, à l’aide !

Le P.A. : (poursuivant son discours)
Il a fallu que je me forge
un caractère de fer pour résister et pour devenir ce que je
suis : un homme dur, lucide et sans aucun état d’âme. C’est ce qui explique ma réussite actuelle à l’un des plus hauts postes de la Justice. J’aime
l’histoire et je relis la biographie de ces grands hommes français : Robespierre,
Saint-Just, Fouquier-Tinville.

Pour quelles raisons,
ces hommes sont-ils devenus célèbres ? Parce qu’ils n’avaient
aucun d’état d’âme, aucune compassion et qu’ils appliquaient
durement mais sereinement la Loi et qu’ils prononcaient les sentences maximum.
Ce sont des hommes qui n’ont jamais reculé pour demander la mort dans
un réquisitoire. Combien de têtes ont-ils obtenu au cours de
leur carrière ?

Nous :
Attendez, les temps ont changé. La révolution française
est terminée depuis longtemps ….

Le P.A. :
Certainement, mais à Djibouti nous avons deux siècles de retard
et cela ne fait que commencer. Nous sommes à l’an zéro de la
terreur. Chaque Djiboutien doit le comprendre et le savoir. Zéro impunité, 100 % de la peine applicable pour chaque Djiboutien ! Sauf pour les dirigeants actuels et leurs équipes tant qu’ils bénéficieront de l’immunité traditionnelle !

Tout homme commet un jour
ou l’autre, ce que Guelleh considère comme un délit, même
mineur, et il doit payer son geste à la société. Et c’est
à moi qu’il revient de faire appliquer la Loi et d’exiger que le Tribunal,
avec lequel j’entretiens généralement les meilleures relations,
prononce des jugements conformes à mes réquisitoires. C’est
comme cela que l’on créé des réflexes d’obéissance
et de civisme au sein d’une population livrée à elle-même depuis des années.

Nous :
C’est inquiétant ! Mais en fait ce n’était pas la raison
principale de notre interview …

Le P.A. :
Ah bon ? Et quel était le sujet ?

Nous :
La nouvelle incarcération de DAF, après sa mise en liberté
provisoire deux jours avant …

Le P.A. :
Eh bien, parlons-en. Qu’est ce qu’une liberté provisoire ? Il faut
savoir et c’est important que c’est une mise en liberté d’un détenu
pendant un temps donné, dont la durée n’est pas précisée
au départ. Cela peut varier entre une minute et plusieurs années. Et l’expérience montre que plus c’est court, moins on est embêté par les multi-rédicivistes, comme DAF.

Dans l’affaire DAF, un
juge totalement irresponsable(*) avait signé sans réflechir une ordonnance
de mise en liberté provisoire.

C’était son droit
le plus strict et je respecte scrupuleusement l’indépendance de tous
les magistrats, mais il(elle) devra me rendre des comptes précis et surtout
être capable de justifier sa décision, sinon, je le(la) ferai inculper
.. lui(elle) aussi pour non assistance à criminel en liberté !

Ce juge n’a pas réfléchi
aux conséquences de son acte … Donner au monde entier l’impression
que Guelleh pouvait reculer face à la pression internationale ! En
passant je dois dire que cette pression est relativement forte et que je la
dénonce, car ce n’est qu’une grande manipulation organisée par
les ennemis du régime pour fragiliser Guelleh, notre leader incontesté,
notre maître à penser, notre guide !

Je reviens à l’affaire
DAF. Je m’appuie sur les deux autres procès en appel qui sont à
venir. Je vous rappelle que DAF a été condamné, en première instance, à
trois reprises par des juges dont je garantis
personnellement l’indépendance absolue. Les sanctions prises à son encontre sont donc incontestables.

Donc m’appuyant sur le
fait que les appels ne sont pas encore passés en jugement, j’ai simplement
demandé la remise en prison de DAF, ce qui n’est que l’application des décisions de la justice de notre pays, qui est, je le rappelle pour me faire bien entendre, indépendante et souveraine.

Mon rôle est de
protéger la société civile contre tous les criminels
en liberté, même provisoire et DAF est autrement plus dangereux
avec sa plume qu’un forcené armé.

C’est un terroriste intellectuel
et il pourrait causer beaucoup de dommage à la bonne réputation
de l’équipe de Guelleh. C’est l’application du simple principe de précaution car il représente un danger réel pour le moral de nos militaires et pour la tranquilité de Guelleh. Ce sont les seules
raisons pour lesquelles, j’ai demandé à nos vaillants policiers de le reconduire ‘sans aucune brutalité’, notez-le bien, à
Gabode. Les généraux Zakaria et Fathi m’ont d’ailleurs téléphoné personnellement
pour me féliciter et pour me remercier. Je suis assuré d’avoir le soutien total de notre glorieuse Armée.

Nous :
C’est clair, limpide même. Nous vous remercions de vos explications

Le P.A. :
En partant, passez donc par le Greffe …. On va vous signifier votre inculpation
pour complicité de diffamation, pour diffusion de fausses nouvelles,
pour injures au Chef de l’Etat et pour rebellion à l’encontre d’un
haut Magistrat. Rien qu’avec ce que vous avez dit lors de cet entretien (et
que j’ai enregistré soigneusement), j’ai de quoi vous envoyer à
Gabode pour cinq années.

Et ne comptez pas trop sur
votre avocat que je choisirai personnellement. Depuis le ralliement de Me Aref, nous maitrisons parfaitement
l’ensemble du barreau, qui suit tous mes avis et toutes mes recommandations.
Bien sur, les avocats continuent à faire quelques effets de manche devant la Cour, pour donner le
change, mais c’est pure comédie en accord avec moi, comme vous le constaterez durant l’instruction
de votre procés.

A bientôt, Messieurs,
on se retrouvera au Tribunal pour votre jugement où je vous promet de requérir le maximum de la peine à votre encontre … Vous m’en remercierez plus tard, car cela vous aura évité d’écrire n’importe quoi dans votre feuille de choux, qui est lu par les ânes sans cervelle.

Nous :
Méfiez-vous, car vos modèles : Robespierre, Saint-Just, Fouquier-Tinville
ont terminé leur carrière sur l’échafaud. Craignez que
cela ne vous arrive un jour !

Le P.A. :
Ne vous inquiétez pas pour moi. Je sais où me cacher. Les coups
de pied au derrière, j’en ai tellement pris de tous les côtés que j’ai l’habitude maintenant ! Et puis n’oubliez pas que Fouquier-Tinville
a requis la peine de mort contre la famille régnante. Pour moi, ce
serait ma plus belle plaidoirie, mon bâton de maréchal : imaginez Guelleh
et sa famille inculpés devant mon Tribunal pour crimes contre l’humanité, pour corruption, pour racket ou … je me pourlèche les babines, pour meurtre !

Et en plus cela me donnera du crédit auprès des nouveaux dirigeants, qui seront contraints de me faire confiance. Je les servirai ensuite avec autant de zèle que je sers Guelleh aujourd’hui … au moins jusqu’à leur chute.

(*) Aurait-il
voulu parler de la juge Mme Habicha Hachem ? Nous ne le savons pas à l’heure actuelle.

13/12/02 (B176) Nos interviews (presque) imaginaires. Dès l’annonce sur l’ADI de la création de l’UMP, nous avons demandé une interview à Monsieur Alain Juppé pour recueillir son sentiment, en tant que Président du nouveau parti français du même nom.

Nous :
Bonjour, monsieur le Premier Ministre. Nous tenons d’abord à vous remercier
de nous recevoir dans votre Mairie de Bordeaux.

Alain Juppé
:
mais c’est tout à fait normal. Vous savez l’attention que
je porte à la situation des Droits de l’Homme dans le Monde et particulièrement
en Afrique ….

Nous : la
nouvelle est tombée hier …. L’UMP fraîchement créée
en France et que vous présidez a déjà fait des émules
en Afrique …. A Djibouti, on apprend que vous avez ouvert une annexe.

A.J. : je
vous corrige. On ne peut pas parler d’annexe. L’UMP de Djibouti n’est pas
une émanation de l’UMP que je préside. C’est une entité
libre et indépendante qui est manipulée par notre grand Ami,
le Président Ismaël Omar Guelleh. Un homme de devoir qui a donné
sa vie pour l’asservissement du Peuple djiboutien et pour la réussite
économique de ses affaires personnelles.

Un bel exemple sur lequel
nous devons tous méditer, au sein de l’UMP historique, que je préside.
Je suis fier de constater que des dirigeants africains ont choisi librement
de donner le nom de notre parti français à des rassemblements
plus ou moins homogènes de partis politiques divers, mais n’ayant qu’une
seule obligation : soutenir les candidats du Président en exercice et assurer leur succès électoral par tous les moyens.

Nous : Le
Président Guelleh n’est pas un exemple de démocratie …

A.J. : c’est
tout à fait vrai et pourtant c’est faux. Vous connaissez le dicton
 » on ne prête qu’aux riches .. « . Eh bien, il est dans cette
situation. Richissime au-delà de toute imagination, il fait obligatoirement
des envieux. Les délateurs s’attaquent à lui en permanence.

Nous : c’est
bien beau, mais lorsqu’il est entré dans les coulisses du pouvoir,
on ne peut pas dire qu’il était riche. Donc il a acquis sa fortune
sur le dos des Djiboutiens …

A.J. : vous
avez peut-être raison. Encore qu’il faille vérifier ce point
de façon approfondie pour acquèrir de telles certitudes. Mais l’homme représente une réussite
incontestable. Il réussit tout et c’est déjà largement
suffisant.

Je vais vous donner trois
exemples :

  • l’immobilier
    à Djibouti est en plein développement
    : deux Palais
    présidentiels, un futur ranch présidentiel dans le Day, une
    belle villa pour le premier Ministre, de nouveaux bâtiments pour l’Armée
    américaine. Bref ça bouge sur le front de la construction
    et ce sont les meilleurs architectes qui interviennent. On parlera dans
    l’avenir du style guelléen, comme on a parlé du style stalinien
    ou d’autres …
  • le calme et la
    sécurité dans la rue.
    Plus aucune manifestation de
    l’opposition depuis des années. Les seules manifestations populaires
    n’ont qu’un but : lui montrer l’attachement et l’admiration de la population
    en particulier lorsqu’il a des difficultés d’ordre judiciaire.
    Chirac aimerait bien que l’on en fasse autant pour lui. Tous les enfants
    sans domicile fixe ont trouvé un refuge dans les commissariats ou
    à Gabode. Bref Guelleh et son adjoint le Maire de Djibouti ont réussi
    à nettoyer la ville en quelques mois.
  • les privatisations
    à un rythme soutenu.
    Vous savez comme il est compliqué
    de privatiser des services publics en France. Regardez le mal que nous avons
    pour privatiser EDF, France Télécom, en raison de la réticence
    des fonctionnaires français. Eh bien lui, Guelleh, sur simple décision,
    il lance un vaste programme de privatisation qui trouve preneur immédiatement (pour le tout)
    et il encaisse le produit de la vente, évitant ainsi à cet
    argent de s’éparpiller au sein d’une population non avertie qui en
    ferait un mauvais usage.

Nous : c’est
intéressant, mais vous ne pensez pas Monsieur le Premier Ministre,
que vous poussez le bouchon un peu loin ?

A.J. : Il
faut savoir reconnaître les mérites individuels. Aux grands maux,
les grands effets.

Même si, au fond
de moi-même, je désapprouve totalement et inconditionnellement
les manières de Guelleh, son autoritarisme et surtout les violations des Droits humains
, l’homme de logique administrative (ancien de l’ENA) que
je suis, se doit de reconnaître que ça marche à la baguette
à Djibouti et que Guelleh a réussi à faire taire les
constestateurs de sa politique économique et sociale et les opposants,
qui se rallient à son mouvement par cars entiers.

C’est un objectif que je me suis fixé en France au nom de l’UMP, mais je n’y arriverai probablement pas, car nous ne savons pas faire taire les opposants en France. En tout cas l’UMP s’enorgueillit d’avoir suscité des vocations en Afrique et même si nous les désapprouvons totalement, nous les soutiendrons contre vents et marées, à l’image de ce qu’ont fait les Gouvernements français depuis des années à Djibouti.

L’UMP c’est désormais la marque des gagnants. Guelleh l’a compris et je suis sur que les candidats de l’UMP remporteront haut la main les élections du 10 janvier sous l’oeil bienveillant et partial des observateurs de la CENI

Nous : Merci
Monsieur le Premier Ministre. C’est assez consternant car rien n’a changé. Il n’y a donc rien à ajouter.

07/04/02 Les interviews (presque) imaginaires : cette semaine Roger Picon a rencontré le Grand Brähman, qui passe pour être l’augure préféré d’IOG.

Mettant
à profit le passage à Paris du grand Brähman,
qui est, comme chacun le sait, le devin d’Ismaël
Omar, nous avons obtenu le privilège d’un
interview exclusif de « Sa Sérénité
» moyennant, par évidence, une aide compensatoire
pour le temps qu’il nous a consacré.

L’Observatoire
:

Votre sérénité, nous vous remercions
de nous avoir accordé cet entretien. Est-il exact
que vous ayez un rôle prépondérant
dans les décisions que prend Ismaël Omar à
Djibouti ?

Brähman
:
Oui, je peux même vous dire en parfaite
confidence, qu’il ne fait rien sans mon avis. Dès
le matin à son réveil, je dois être
à ses cotés et dans un demi-sommeil, il
me pose toujours la même question avant de se réveiller
vraiment …

L’O
:
Laquelle ?

B
:
Où suis-je ? Brahman, tu me promets que
je ne suis pas à Gabode …? Mais si tu me mens,
je suis déjà à Gabode ? Dis-moi que
je ne suis pas à Gabode !!!!!!!!!!

De
temps à autre, je ne peux pas résister au
plaisir de lui faire une farce. Alors, je lui dis que
nous sommes incarcérés à Gabode et
que la Démocratie s’est installée à
Djibouti.

L’O
:
.
Et qu’elle est sa réaction ?

B
:
Il se précipite sous son lit en tremblant
et il appelle Paulette à son secours….

L’O
:
Chacun se pose la question de savoir pourquoi
Ismaël Omar maintient un régime sanguinaire
et de terreur dans le pays ? N’avez-vous jamais essayé
de l’influencer vers des orientations plus vertueuses
?

B
:
J’ai procédé à une étude
complète de son cas, selon la méthode Védique,
dite des Brahâmana et des Äranyaka. Elle explique
tout. C’est un homme qui vit une véritable opposition
interne entre les différentes parties de son corps.
Les bras et les jambes s’opposent en permanence à
la tête et au tronc. Le tronc s’oppose à
la tête. Les jambes s’opposent aux bras. Il vit
un véritable calvaire. L’opposition c’est son problème
à lui. Si vous avez bien saisi cela , vous comprendrez
pourquoi il est allergique à toute forme d’opposition
extérieure à sa personne, puisqu’il mobilise
toutes ses forces pour maîtriser son opposition
interne.

L’O
:
Expliquez-nous, c’est tout même assez
difficile à comprendre cela pour les profanes que
nous sommes.

B
:

Je vais tenter de simplifier. Dans la tête …
chez lui c’est le vide. Au niveau du tronc, on y
trouve une force brute et virile pratiquement incontrôlable.
Observez-le bien lorsqu’il danse, c’est le tronc qui dirige
l’ensemble.

L’O
:
Cela nous l’avions remarqué, mais
pour les autres parties du corps.

B
:
Ismaël Omar est un gaucher à l’origine.
Donc tout ce qu’il va faire et signer de la main
droite sera en totale opposition avec son Moi le plus
profond.

Par
exemple : s’il vous serre la main c’est qu’il
sait déjà au même moment qu’il fera
l’inverse, c’est à dire qu’il sera tenté
de vous prendre à la gorge..

S’il
signe un virement à votre ordre sur le Trésor,
il sait déjà qu’il modifiera le destinataire
et qu’il recevra personnellement les fonds.

L’O
:
Doit-on en déduire que tous les accords
qu’il a signé et que toutes les promesses
qu’il fait ne l’impliqueraient pas, car l’autre moitié
de son corps les aurait refusés ?.

B
:
C’est exactement cela, mais il faut beaucoup
de temps pour que ses interlocuteurs comprennent ce mécanisme
complexe et rarissime, qui n’a jamais été
observé en dehors de quelques rares spécimen
de dictateurs. Et bien souvent, il est trop tard, les
interlocuteurs sont déjà les victimes de
leur crédulité …

C’est
un cas pathologique intéressant… De nombreux
médecins se pencheront sur son corps, le jour de
son décès, pour essayer de faire progresser
la science et à ce moment-là, IOG aura enfin
rendu un service à l’humanité toute entière
… Le seul ?

Quand
aux jambes, il y a en plus un problème de coordination…et
de positionnement d’une jambe par rapport à
l’autre.

Tout
ceci s’explique aisément dans la définition
du Bhoktr.

L’O
:
Et qu’explique cette définition ?.

B
:
Une prédisposition à avancer l’une
des jambes vers l’avant et simultanément l’autre
vers l’arrière, ce qui a comme résultat
qu’il risque en permanence de faire le grand écart
… ou du sur place voire parfois une marche arrière.
Il y a beaucoup d’exemples :


  • son attitude après les accords avec Dini,

  • son
    attitude en faveur du peuple palestinien et le fait
    qu’il ait accordé simultanément une station
    d’écoute à Djibouti aux militaires israéliens,

  • son
    engagement à démobiliser les mercenaires
    et le recrutement en parallèle de nouveaux guerriers,

  • son
    engagement à réaliser des élections
    libres et transparentes et tous les obstacles qu’il
    place pour éviter qu’il n’y ait aucun candidat
    de l’opposition,

  • …..
L’O
:
A l’image de l’ensemble de sa gestion du pays
et des conséquences pour le peuple. Mais il ne tombe
jamais ?


B :
C’est vrai qu’il se prend de plus en plus souvent
les pieds dans le tapis, mais jusqu’à présent,
il a toujours réussi à se maintenir debout,
grâce à la brutalité féroce
du tronc. Un coup de rein au bon moment et jusqu’à
ce jour, il a évité la chute, mais il prélève
trop d’énergie à chaque fois et il ne pourra
pas la renouveler ad vitam. En réalité,
il s’épuise progressivement.

L’O
:

Voulez-vous dire que vous entrevoyez une chute brutale
à court / moyen terme ?
Vous interroge-t-il sur ses préoccupations politiques
actuelles et les éventuels soutiens dont il disposerait
encore ?

B
:
Je l’assiste chaque jour pour qu’il interroge
lui-même les « augures ». Il se met
face au nord du pays avec … une matraque à
la main…

L’O
:
Attendez, je ne comprends pas. Les anciens romains
étaient formels. Ils expliquaient qu’il fallait
se placer face au sud avec un bâton sans nœud
et recourbé, une sorte de canne à la main
pour interroger les augures. Cicéron, à
l’époque romaine, l’explique avec précision.

B
:
Soyons cohérents : ou bien vous me parlez
de Guelleh, ou vous me parlez de culture. Ce sont deux
choses antinomiques et incompatibles. Le premier n’a pas
de culture. La culture n’a pas de Guelleh.

Guelleh
se moque bien de la culture. Il se moque autant des enseignements
des anciens que de l’avenir (je reprendrai cette expression
de Louis XVI « Après moi, le déluge
! »
), il est persuadé qu’il est né
une matraque dans la main … il ajoute que, sans elle,
il a l’impression d’être déshabillé…c’est
l’instrument de son autorité… Il faut dire que
cela remonte à son enfance. Petit, déjà,
lorsqu’il conduisait des troupeaux de dromadaires en Éthiopie
(avant d’être importé à Djibouti),
il les dirigeait avec sa matraque ..

L’O
:
Nous supposons que vous lisez aussi les présages
dans les boyaux de poulets ?

B
:

Pas du tout, parce que ce n’est pas fiable … je préfère
lire l’avenir sur les billets de 100 dollars US …
Faut vivre avec son temps ! Son Excellence est très
généreuse dans ce domaine, dès lors
que je le rassure et que je lui donne des bonnes nouvelles
….De plus comme ce n’est pas son propre argent ..
je ne vois pas pourquoi il me priverait ?

L’O
:
C’est une question de méthode et de support
… effectivement. Est-il serein actuellement ?

B
:
Pas du tout, il est irascible. Il veut emprisonner
tout le monde à Gabode…au point qu’il s’attaque
mêmes aux « chiens errants » … qui
gravitent autour du palais et qui n’osent même
plus aboyer à son passage. Pire encore, il s’en
prend aux écoliers et aux étudiants qu’il
fait bastonner et incarcérer. Par un sursaut d’humanité,
il les fait emprisonner avec leurs familles pour qu’ils
ne sentent pas trop seuls et qu’on ne puisse pas lui reprocher
d’embastiller des mineurs.

Il
dort très mal ….au sujet d’un certain
dossier qu’il a récupéré et
qu’il protège ; il est déposé en
Suisse ….Les menaces qui pèsent sur la société
artificielle de négoce en tous genres …..de recyclage
d’argent avec laquelle il est associée à
Djibouti…. …La jeunesse qui gronde … L’opposition
en exil …..L’affaire du Juge Borrel … Il
a beaucoup trop de soucis actuellement…

Son
déséquilibre, que nous avons évoqué
tout à l’heure s’accentue : il risque désormais
la chute à chaque instant. Je suis vraiment inquiet,
mais comme il me paye bien et sans retard …

L’O
:

Mais au fond, dispose-t-il encore de soutien autour de
lui ?

B
:

J’avoue m’être posé la question encore récemment.
J’ai tenté une expérience pour savoir où
il en était. J’ai pris dans les mains une grosse
liasse de billets de 100 dollars et j’ai fait le tour
du palais de l’Escale en criant « Petit .. Petit … ».
je peux vous assurer qu’ils ont tous couru vers moi :
ministres, proches, opposants de façade.

Tant
qu’il aura de l’argent, il aura des soutiens. Mais il
ne faut pas qu’il en manque, ne serait-ce qu’un seul jour.
Et je crains même qu’il soit condamné à
en donner de plus en plus pour conserver son autorité
apparente.

L’O
:
On comprend mieux pourquoi il est si magnanime
avec certains … notamment dans l’affaire du
Boeing … C’est le jeu du « je te tiens..
tu me tiens par la barbichette » … De plus
cela s’agite dans l’armée, dans les administrations
et au niveau de l’Éducation nationale ….

B
:

Dans la réalité, il est complètement
acculé … le dos au mur. Je lui ai conseillé
de négocier son départ dans les meilleurs
délais … et de partir avec l’oseille.
Sinon, il risque de ne jamais profiter de ce trésor
invraisemblable qu’il a accumulé …. et
de finir, comme il le craint, au fond de lui-même,
à Gabode. Mais je n’insiste pas trop, car ce jour-là,
je perdrai aussi ma seule source de revenus …

L’O
:
Vous êtes en transit à Paris avant
de reprendre un vol pour Bâle …Peut-on en connaître
les raisons ?.

B
:
IOG m’a confié une mission. Il
m’a demandé de déposer dans une Banque suisse,
le contenu de ce gros sac que j’ai avec moi.

L’O
:

Mais c’est illégal ! Ne craignez-vous pas d’être
arrêté à la frontière ?

B
:

Pour le commun des mortels, c’est illégal ! Mais
IOG m’a fait remettre un passeport diplomatique, alors
je passe les frontières sans encombre. Si vous
saviez combien de passeports diplomatiques sont remis
par Djibouti à titre de remerciement, de faveur.

C’est
bien simple, selon mes estimations Djibouti a délivré
plus de passeports diplomatiques que ne l’ont fait l’ensemble
des États du Golfe. Je peux me tromper, mais cela
vous montre l’importance du trafic et la volonté
de se moquer des autres pays, qui ne peuvent pas effectuer
de contrôle … sérieux.

L’O
:

Merci beaucoup pour ces informations intéressantes.
Combien vous doit-on ? Chèques ou espèces
?

B
:

Voyons, cela fait 20 minutes. Je vous consens le tarif
privilégié des amis (Pour Guelleh, c’est
plus cher). Allons, 5.000 USD et nous sommes quittes.
Je vais vous surprendre, mais je préfère
un chèque. Il faudra bien que je puisse justifier
l’origine de ma fortune le jour où IOG se cassera
la figure…

09/03/02 Les interviews (presque) imaginaires. Cette semaine, un ancien diplomate ou le paradoxe poussé jusqu’à l’absurdité.

Pour perpétuer
les grandes traditions du site, cette semaine l’équipe
de l’Observatoire a réalisé une nouvelle interview
(presque) imaginaire. Elle a choisi, au hasard, un personnage
qui aurait pu avoir été diplomate à l’Ambassade
de Djibouti aux USA et qui aurait pu, comme tant d’autres, avoir
déserté son poste pour passer à l’ouest,
c’est à dire au Canada.

Pour les
besoins de la circonstance, nous l’appellerons Monsieur Ali.
Tous ceux qui croiraient avoir trouvé une ressemblance
avec tel ou tel personnage en exil au Canada se tromperaient
certainement : la ressemblance ne pourrait être que fortuite
et nous dégageons toute notre responsabilité.

Donc M.
Ali pourrait être un homme bien connu pour ses prises
de position tranchées et pour ses longs communiqués
très détaillés et pas toujours extrêmement
clairs, de l’avis de certaines mauvaises langues.

L’Observatoire
:
M. Ali. Nous tenons à vous remercier de nous
avoir accordé cet entretien dans le contexte qui prévaut
actuellement en particulier dans la lutte que vous avez engagée
récemment contre l’ARDHD à grands renforts de
mémorandums et de démonstrations complexes.

M.
Ali
: Je vous remercie de m’écouter : les gens
ne savent plus écouter aujourd’hui. Permettez-moi d’abord
de vous dire que je m’exprimerai au nom de tous les partisans
sans aucune exception du PPPPPPPPPPD, le Parti des Purs
Partisans Pour la Paix, Pour la Patrie et Pour la Prospérité
du Peuple Djiboutien ou si vous préférez le 10PD
et qu’ils sont nombreux. Mais je ne parlerai que d’une seule
voix car à Moi tout seul, je les représente tous,
qu’ils sont complètement d’accord avec moi et qu’ils
me sont totalement fidèles.

L’O
: C’est bien et nous le notons. Combien sont-il ?

M.
ALI
: Vous ne m’avez pas écouté ni compris.
Ils sont très nombreux. Je ne vous donnerai pas de chiffre
précis car ces données sont absolument confidentielles.

L’O
: Nous avons été informés du fait que vous
lanciez une grande campagne de mise en garde contre l’ARDHD
en ce moment. Pour quelles raisons ?

M.
ALI
: L’ARDHD, c’est un repaire de colonialistes, d’agents
doubles, de barbouzes et de flibustiers. C’est le refuge de
tous les frustrés. C’est un repaire de brigands et de
repris de justice. En plus, je prétends officiellement,
sans y croire vraiment (mais gardez ce point pour vous), qu’ils
ont été chassés de Djibouti par Guelleh.

C’est cela
qui pourrait expliquer leur démarche et faire comprendre
qu’ils n’ont qu’un objectif : celui de porter préjudice
à IOG. C’est absolument inacceptable et intolérable.
Savez-vous aussi, qu’en parallèle, ils continuent à
servir IOG : ils font tous partie du groupe des agents spéciaux
d’information de Guelleh pour l’Europe et pour le Canada. Et
en plus ils travaillent aussi pour les services français
du renseignement.

En tant
que patriote, j’ai le devoir de mettre en garde la Communauté
des vrais réfugiés contre leurs agissements sournois.
C’est moi qui suis le premier à avoir démasqué
leur double jeu. Je suis le premier et le seul à avoir
compris tout cela et j’estime que cela me donne une légitimité
authentique pour les accuser des pires bassesses et même
(ça ne me coûte rien) d’en ajouter en les calomniant
sur un fond de pourritures. Je n’ai aucune information à
ce sujet, mais il faut sans cesse calomnier car il en restera
toujours quelque chose. C’est ma règle de vie et elle
m’a toujours rapporté gros.

L’O
: Excusez-moi, mais je ne comprends pas bien. Vous leur reprochez
d’un côté d’attaquer M. Guelleh et en même
temps, vous les accusez d’espionnage au profit d’IOG et de la
France. Pouvez-vous nous expliquer ces contradictions ?

M.
ALI :
Il n’y a aucune contradiction. Si vous êtes
incapables de comprendre cela, il ne fallait pas me demander
cette interview. Si vous voyez une contradiction dans mes propos,
c’est la preuve incontestable que vous aussi, vous travaillez
pour Guelleh et pour le SDECE. Vous êtes leurs complices.

L’O
:
Le SDECE n’existe plus, c’est la DGSE maintenant,
mais vous avez le droit de penser ce que vous voulez …
Ici, nous sommes dans un pays de liberté ! Passons. Dans
un long réquisitoire publié en 2000 sur le site
de l’ARDHD et que peu de personnes avaient eu le temps de lire
jusqu’à son terme avant de s’endormir, vous vous êtes
auto-décrit en victime du régime. Vous avez dit
notamment que vous aviez été contraint de fuir
Djibouti lors de votre dernier voyage parce que vous vous sentiez
menacé physiquement.

Vous aviez
d’ailleurs demandé une assistance y compris financière
à l’ARDHD lors de votre escale à Paris entre Djibouti
et le Canada. Donc vous aussi, vous avez été contraint
de quitter Djibouti. Où serait la différence avec
le cas des animateurs de l’ARDHD, tel que vous le décriviez,
il y a quelques instants ?

M.
ALI :
Moi je représente les patriotes. Eux non
! En plus sur le plan financier, ils n’ont pas été
généreux. Pensez donc, l’ARDHD a refusé
de me payer un billet d’avion en business entre la France et
le Canada.

Ils m’ont
fait cela à Moi, le seul opposant qui leur faisait l’honneur
de leur transmettre mes papiers à publier ! Ces ingrats,
je ne suis pas près de les oublier et rien que pour cela,
je conduirai la guerre totale contre eux. Ils ont été
tellement mesquins que je ne leur rendrai jamais les quelques
malheureuses centaines de FF, qu’ils m’avaient prêtées
uniquement dans l’espoir de m’humilier. Qu’ils ne comptent pas
dessus ? Jamais, jamais, ils ne les reverront.

L’O
:
Expliquez-moi. Que leur reprochez-vous au juste ?
D’être des agents de Guelleh ou des victimes, voire des
opposants.

M.
ALI :
Mais c’est simple. Comment faut-il vous l’expliquer
? Je ne vais pas me répéter vingt fois. Je leur
reproche d’être les deux à la fois. Des opposants
farouches de Guelleh et des agents secrets de Guelleh.

L’O
:
C’est un peu complexe en effet et pas très
clair. En consultant le site de l’ARDHD, j’ai constaté
que cette organisation avait, en effet, publié régulièrement
de nombreux textes signés par vous. Vous ne pouvez quand
même pas dire le contraire, ni surtout vous en plaindre
!

M.
ALI :
Si justement, je me plains !

L’O
: Mais pour quelles raisons ?

M.
ALI :
Parce que mes textes étaient confus et
totalement incompréhensibles pour les lecteurs. Si l’ARDHD
les a publiés, c’était uniquement pour me porter
préjudice et aujourd’hui, je lui demande réparation,
car les lecteurs ne m’ont pas compris.

L’ARDHD
est donc responsable (et je le prouve maintenant devant le monde
entier) de cette situation qui a profité pleinement à
Guelleh. Vous voyez bien que je détiens la preuve irréfutable
de leur duplicité et que j’en fais la démonstration.
Nul doute que ce sont des agents de Guelleh.

D’ailleurs
je n’ai pas grand chose d’autre à faire en ce moment
qu’à me concentrer sur leur cas. Je travaille beaucoup
pour écrire des mémorandum, des notes d’information
qui inonderont demain le monde entier. Et je suis écouté,
croyez-moi, par des gens importants, que vous ne connaissez
même pas …

L’O
:
Vous maniez le paradoxe avec brio et je suis plein
d’admiration.

M.
ALI :
Vous moquez-vous de moi ? C’est bien la preuve
que vous êtes missionné par Guelleh. Je suis le
seul vrai patriote. Tous ceux qui pensent le contraire sont
des traîtres, des impies, des voleurs et des suppôts
de Guelleh. En plus, vous, vous êtes français et
vous voulez détruire le Gouvernement djiboutien. Si quelqu’un
doit déstabiliser Guelleh, c’est Moi et ce n’est pas
vous.

Comprenez
bien, il ne peut pas y avoir plusieurs opposants en même
temps. Je suis le seul opposant légitime, l’unique, celui
de la première heure ! Tous les autres sont des affabulateurs,
des clowns, des manipulateurs dangereux ou des opposants de
la dernière minute. Regardez par exemple, ces gens du
GED, ils sont sortis de nulle part …. ou plutôt si,
ils sortent du giron de Guelleh. Ce sont ses créatures,
son produit. Contrairement à eux, Moi, j’ai été
le premier opposant de la première heure, avant tous
les autres et je n’ai jamais goûté à la
soupe du dictateur …

L’O
:
Mais vous avez travaillé pour IOG à
l’Ambassade de Djibouti aux USA, après avoir exercé
des fonctions au Ministère des Affaires étrangères.


M. ALI :
Oui mais Moi, c’est différent, le jour
où j’ai commencé ma carrière, j’étais
déjà un vrai opposant ! Ensuite, si j’ai travaillé
à l’Ambassade, ce n’était pas pour bénéficier
des largesses bourgeoises du système mais pour bien comprendre
le système et pour mieux le déstabiliser à
partir de l’intérieur.

L’O
:
Avez-vous été chassé de l’Ambassade
?

M.
ALI :
C’est honteux de venir chez moi pour m’insulter.
J’appelle immédiatement mes avocats et je porte plainte
ce soir contre vous pour diffamation en entretien privé
et sans témoin. Il y a des lois vous savez, au Canada
et elles vous sont applicables. C’est Moi, qui vais vous chasser
de chez moi.

L’O
:
Pourtant certains disent que vous auriez été
obligé de quitter précipitamment l’Ambassade aux
USA parce que l’on aurait pu vous reprocher certains faits condamnables
?

M.
Ali :
Je vais rétablir la Vérité
et je vous en ferai la démonstration. Considérez
qu’à ce moment, où je vous parle, c’est comme
si j’étais sous serment ! Le dernier jour, je suis sorti
de l’Ambassade par la grande porte, un soir et de mon plein
gré.

Par bonheur,
c’était juste la veille du jour qui avait été
fixé pour mon arrestation. J’avais été
effectivement prévenu par un cousin.

Si j’ai
emporté quelques souvenirs sonnants et trébuchants,
c’est uniquement pour poursuivre la lutte contre Guelleh, mais
cette fois de l’extérieur. Il fallait que j’ai absolument
les moyens d’assurer mon existence durant toutes ces années
d’exil. Alors en partant j’ai emporté suffisamment d’argent
pour m’engager (à vie) dans une vie d’opposant aisé
et autonome sans perdre de temps dans un travail rémunérateur
mais éloigné de mes objectifs.

Je suis
un patriote, parce que je n’ai pas pris un centime de plus que
ce qui m’était strictement nécessaire et pourtant
au poste que j’occupais alors, j’avais la possibilité
de prendre beaucoup plus ! Ca, c’est le vrai patriotisme, le
désintéressement total, celui qui est poussé
à l’extrême et je viens de vous en faire la démonstration.

Imaginons,
une seule seconde, que je n’ai pas emporté de quoi vivre
décemment au Canada pendant toutes ces années
! Comment aurais-je pu défendre les intérêts
des Djiboutiens ? Le patriotisme, c’est aussi de priver l’adversaire
de ses moyens, y compris financiers, pour les retourner contre
lui.

L’O
:
Toujours le paradoxe. Vous avez l’art de retourner
les situations à votre avantage, mais pourtant, ces faits
qui pourraient vous être reprochés, seraient incontestables…
Certains disent qu’il aurait manqué de l’argent dans
la caisse de l’Ambassade après votre départ …bien
sur, cela ne vous accuse pas formellement .. D’autres auraient
pu se servir le même jour.

M.
Ali :
Qui vous envoie ? Votre maître IOG ? Vous
allez lui lécher les bottes ce soir ? Il vous a donné
ses ordres ce matin ? Des gens comme vous, on les envoie à
Gabode sans jugement …

L’O
:
La question n’est pas là …

Miaulement
…. Entre un chat

L’O
:
Vous avez un bel aquarium et en plus vous aimez les
chats…. ?

M.
ALI :
Oui, j’ai trois poissons rouges et un chat. Ce
sont les seules créatures qui ne m’ont jamais déçu
et qui m’écoutent toujours.

L’O
:
Revenons à vos partisans. Pourrais-je en rencontrer
quelques-uns ?

M.
ALI :
Décidément, vous êtes vraiment
idiot, je viens de vous les présenter tous les quatre
à l’instant !

Le
téléphone sonne..

Allô
! Ah ! C’est toi… Quel temps fait-il à Djibouti…
? Tu n’as pas encore libéré les prisonniers …?
Attends encore, ne te presse pas, tu le feras lorsqu’ils seront
bien affaiblis et qu’ils ne pourront plus se relever. Une chance
qu’ils aient entammé cette grève de la faim. A
ta place, j’aurais fait comme toi. Bon je te rappelle tout à
l’heure, parce que je reçois des journalistes à
présent. Pour l’ARDHD, compte sur moi, je vais les détruire,
les ratatiner, les écraser jusqu’à ce qu’ils nous
demandent pardon à genoux … Ce que tu n’as pas réussi
en trois ans, je le ferai en un mois.

M.
Ali :
Excusez-moi, j’avais en ligne mon double ou presque.
Je veux dire le deuxième et unique opposant de Guelleh.

L’O
:
Mais qui est-ce ? Vous n’allez quand même pas
me dire, que c’était I ….

M.
Ali :
Si, au contraire, je vous le dis. Le seul opposant
de Guelleh à part moi, c’est Guelleh lui-même.
Il ne cesse jamais de travailler contre son intérêt.
Par exemple, il s’entête, par orgueil, à maintenir
en prison ces 12 hommes qui sont innocents. Avec toute la perversité
qui m’anime, je lui conseille de les garder en prison, comme
cela il détruit son image. Il n’a toujours pas compris
mon double jeu ! Ah Ah Ah …

N’est-ce
pas la preuve irréfutable que Guelleh est (en dehors
de moi, bien sur) le deuxième opposant sincère
et véritable au régime de Guelleh ? Dans ce rôle
d’opposant, il est parfaitement légitime, alors qu’en
tant que Président, c’est un usurpateur et un fraudeur.

Je lutterai
contre lui jusqu’à mon dernier souffle. Pour y parvenir,
je dois lui apporter un soutien journalier sans faille. Comme
cela, il s’auto-affaiblit de jour en jour sans même s’en
rendre compte …!

Et je lui
prendrai alors le pouvoir.

L’O
:
Comment cela ‘lui prendre le pouvoir » ?

M.
Ali :
Vous êtes complétement bouché
ou quoi ? Pour quelles raisons, croyez-vous que je me donne
tant de mal, si ce n’était pas pour devenir le prochain
Président de Djibouti, poste qui me revient de droit,
compte-tenu de l’ancienneté de mon combat et des risques
que j’ai pris en acceptant des fonctions de première
importance au sein de l’Administration de ces deux tricheurs
: Gouled puis Guelleh ?

L’O
:
Pourquoi pas, cela n’est pas criticable d’avoir l’ambition
de devenir le Président de Djibouti dans le cadre d’une
élection démocratique. Quel est votre programme
?

M.
Ali :
C’est extrêmement simple. Il faut faire
exactement l’inverse de ce que Guelleh a fait jusqu’à
présent, puisqu’il a échoué ! Et il n’y
a pas besoin d’élections démocratiques qui font
perdre du temps à tout le monde. Ce n’est pas compliqué,
vous pouvez comprendre cela oui ou non ?

L’O:
Mais encore, pouvez-vous nous donner un exemple, avant de conclure
?

M.
Ali :
Prenons par exemple le domaine de la justice :
je ferai libérer tous ceux qu’IOG a fait incarcérer
et je ferai emprisonner tous ceux qu’il a épargnés
!

L’O
:
Toujours la contradiction. Nous vous remercions pour
cet entretien. Il ne nous semble pas utile d’ajouter quoi que
ce soit.

M.
ALI :
Si je découvre que mon interview est publiée
dans les bulletins de l’ARDHD, je détiendrai alors la
preuve incontestable (qui me manque toujours) que l’ARDHD est
un agent de Guelleh, puisqu’elle s’attaque à Moi, le
seul partisan ayant la légitimité originelle et
exclusive pour défendre les Djiboutiens et pour les guider
dans l’avenir. Tous les autres, s’ils ne se rangent pas derrière
le PPPPPPPPPPD, ne sont que des illusionnistes illuminés
et anti-démocratiques.
________________________________
Nous avons pris congé de cet ancien diplomate. Nous
avions eu quand même l’impression de tourner en rond pendant
l’entretien ! Ou bien nous étions devenus totalement
idiots ou bien il y avait un manque de cohérence quelque
part. Nous laisserons aux lecteurs le soin relever les contradictions
qu’ils pourraient trouver..

De notre
côté nous ne pouvions pas nous empêcher de
nous poser des questions sur l’efficacité réelle
de ses engagements en faveur de l’opposition : nous avait-il
joué une grande comédie ? Se trompait-il de cible
? L’avenir seul le dira..

Cet exemple
pris au hasard montre à quel point le cercle très
isolé constitué par certains anciens diplomates
djiboutiens est peuplé de gens particuliers, mais que
l’argent n’y fait pas défaut … Pratiquaient-il aussi
en plus, un double jeu en faveur de Guelleh (?) La question
peut être posée.

17/03/2000 – Les interviews (presque) imaginaires de LA LIBERTE: cette semaine Fares le Djiboutien.

Après la campagne de nouvelles diffusées sous le pseudonyme de Fares Le Djiboutien, tous les jours sur Internet, nous avons décidé d’interviewer l’auteur. Après quelques recherches nous avons identifié Ibrahim Ali Abdallah et nous avons fermé les yeux.

Dans notre rêve, nous le contactions, à Djibouti, à son bureau dans la nouvelle agence djiboutienne de communication créée récemment par Ismaël Omar Guelleh, pour prendre le contre-pied des informations diffusées par les médias français et européens dans l’affaire Borrel.

LL : M Ibrahim Ali

IAA : Oui, c’est moi

LL : Monsieur le Directeur, nous vous remercions de nous avoir accordé cet entretien que nous publierons dans notre journal LA LIBERTÉ.

IAA : Ne dites pas que je suis directeur. Je ne suis encore que sous-directeur, mais je travaille dur pour prendre la place du directeur et alors vous verrez tout ce dont je suis capable. Vous n’avez encore rien vu. Je ferais mieux que Goebbels pour la communication de notre vénéré Président.

LL : Nous en sommes convaincus. Pouvez-vous nous expliquer la raison pour laquelle vous tenez tant à vous faire passer pour un intellectuel vivant à l’étranger.

IAA : Faire croire que l’on vit à l’étranger ça augmente la crédibilité et j’applique le dicton : « Nul n’est prophète en son pays ». Mais c’est vrai, je vais souvent à Dire Dawa en Éthiopie, la région d’où est originaire mon bienfaiteur M. Guelleh. Je suis un vrai intellectuel, j’ai fait des études au Lycée et j’ai redoublé plusieurs classes, ce qui me permet d’en savoir plus que mes compatriotes qui ont filé tout droit vers le Bac en survolant les classes. J’ai pris mon temps pour bien assimiler. C’est un avantage, une force, non ?

LL : Vous avez rappelé récemment que vous aviez combattu pour la Démocratie et pour la Liberté et que vous êtes en contact avec de vraies associations de Défense des Droits de l’Homme. Pouvez-vous nous en parler ?

IAA : J’ai d’abord travaillé, mais ne le répétez pas, pour les services du renseignement et je prenais des risques pour leur fournir … (silence). Non je ne vous dirais rien là-dessus. En revanche, c’est vrai qu’avec Internet j’ai eu la possibilité de prendre contact avec des Associations pour la Défense du Nationalisme : des vraies associations qui privilégient la cohésion nationale et les citoyens, des Associations qui luttent contre l’influence des étrangers sur leur sol. J’ai beaucoup appris avec elles sur les méthodes et sur la communication. De temps en temps, je leur demande de corriger mes textes.

LL : Cela ne nous intéresse pas beaucoup ! Pour quelles raisons avez-vous concentré vos attaques sur les trois français que vous qualifiez de mercenaires ?

IAA : D’abord, on n’avait pas grand chose à dire pour défendre le grand chef. Il fallait donc détourner l’attention sur d’autres personnes (ça c’est une recette que j’ai appris dans les livres) et j’ai eu l’idée géniale de concentrer toute la communication sur eux.

En martelant sans arrêt le même message, on finit toujours par faire entrer le doute dans la tête des gens. Comme cela, ils oublient les condamnations arbitraires, le musellement de la presse d’opposition, les prisonniers de Gabode, l’affaire Borrel et l’impasse actuelle de la conférence pour la Paix en Somalie. Une preuve : eh bien l’Ambassadeur de France a repris mes thèses et il a attribué, en privé, la relance de l’affaire Borrel à Me Montebourg. Ca c’est un super coup dont je suis fier !

LL : Évidemment c’est une méthode. Mais n’a-t-elle pas une limite ?

IAA : Peut-être bien, mais je vous le rappelle, je n’ai pas d’autres arguments pour défendre le chef et je tiens à ma place. M. Guelleh est content et il me félicite souvent. J’espère qu’il va me donner bientôt la place de directeur et alors il verra jusqu’où peut aller ma fidélité.

LL : vous nous l’avez déjà dit. Pouvez-vous nous expliquer les raisons pour lesquelles vous avez comparé votre patron à Poutine luttant contre les populations civiles en Tchéchénie ?

IAA : Ca, il semble que c’était une connerie ! Je la regrette. Mais ce sont les Associations dont je vous parlais qui m’avaient conseillé de le faire… Je ferai plus attention à l’avenir.

LL : nous vous remercions d’avoir répondu à nos questions. Qu’allez-vous faire maintenant ? Quels sont projets ?

IAA : Multiplier les efforts. Mettre quatre messages – au lieu de deux – tous les jours sur Internet. Écrire aussi des messages pour mes trois copains, afin de multiplier l’information. Il faut émettre des messages, toujours plus. Et puis je dois obtenir que le directeur me donne la clef du bureau, afin que je puisse aussi envoyer des messages le jeudi après-midi et le vendredi pendant le week end. Vous comprenez, quand je n’ai pas accès à l’ordinateur du bureau, je ne peux pas servir notre maître.

LL : Bien sur. Que lisez-vous en ce moment ?

IAA : j’ai retrouvé mon Lagarde et Michard de 4ème et je le relis. Il y a tellement de choses à apprendre dans ce livre, qu’il est nécessaire de le lire plusieurs fois pour bien assimiler. J’y trouve sans cesse de nouvelles citations qui me servent pour compléter mes messages.

LL : Monsieur le futur directeur, nous vous remercions.

(Nous rappelons que cette interview est purement imaginaire et que toute ressemblance avec un personnage existant est fortuite)

———————————

Fares le djiboutien est-il vraiment le personnage qu’il présente sur Internet ?

D’après nos sources, le fonctionnaire qui se fait appeler « FARES le Djiboutien » se nomme Ibrahim Ali Abdallah. Il ferait partie des proches de M. Ismaël Omar GUELLEH. Ce dernier lui aurait confié un poste de sous-direction dans la nouvelle agence djiboutienne de communication qui a été créée il y a quelques mois.

il ne serait plus étudiant et il ne vivrait pas à l’étranger contrairement à l’image « embellie » qu’il aimerait donner de sa personne. (On peut d’ailleurs se poser la question de savoir si le fait de vivre à l’étranger pour un djiboutien est porteur d’image et de crédit ? nous avons simplement constaté qu’il tenait beaucoup à le faire croire !)

Ni la qualité de ses messages, ni sa prose ne laisseraient supposer un seul instant qu’il puisse être un intellectuel. Mais il se plaît à le répéter si souvent et de notre côté, nous n’avons trouvé aucune raison valable pour lui faire de la peine en le contredisant !

Il exécute, même si c’est parfois avec une certaine maladresse, le travail pour lequel il serait rémunéré. Cela mériterait-il une critique ?

Son avenir semble désormais étroitement lié à celui de M. Guelleh. Il serait donc normal qu’il essaye par tous les moyens de replâtrer l’image tellement malmenée de son patron. La tâche serait rude pour lui et les risques à terme ne sont pas négligeables.

Il ne manque pour cela ni de courage, ni d’humour. En particulier, il ne craint pas d’affronter ses propres contradictions : rappelons qu’il compare M Guelleh à Poutine luttant contre les populations tchétchènes et qu’il parle en même d’action pour la Démocratie et pour les Droits de l’Homme. S’est-il rendu compte

A ceux qui s’étonnent de son silence, parfois. Il suffit de savoir que les bureaux sont fermés à Djibouti pendant le week end, du jeudi midi au samedi matin. Son niveau dans la hiérarchie ne l’autoriserait probablement pas encore à disposer des clefs du local. Il serait alors contraint d’attendre l’ouverture des bureaux pour accéder à l’ordinateur qui seraitt mis à sa disposition par l’administration djiboutienne. Ce pourrait être le cas pendant la fête du mouton.

Il a eu le mérite d’avoir contribué à développer la diffusion de notre site auprès d’un grand nombre de nouveaux lecteurs et nous lui en sommes reconnaissants. Enfin ses messages, avec leur construction simpliste et directe, nous font toujours sourire, ce qui n’est pas fréquent avec l’actualité djiboutienne.