11/11/08 (B473) IRIN (ONU) Regain de violences à Hargeisa après les attentats suicides. SOMALIA: Hostility rises in Hargeisa after suicide bombings (En Anglais – Info lecteur)

Somalis displaced to the self-styled independent republic of Somaliland from other parts of the Horn of Africa country have faced increasing hostility after three suicide bombing incidents in late October.

Reports of criminal incidents targeting non-Somaliland Somalis in Hargeisa, Somaliland’s capital, have prompted Interior Minister Abdillahi Ismail Irro to call for restraint.

« I am calling on Somaliland citizens not to harm or take aggressive actions against the refugees from Somalia [by] linking them to the criminals, because these people were not part of the attacks; on the contrary, only a small number of people were involved in the crimes which we are now investigating. I urge you to report any suspects to the nearest police station instead of taking the law into your own hands, » Irro said.

Somaliland considers Somalis displaced from outside Somaliland as refugees and only recognises those displaced within Somaliland as internally displaced.

Several people from southern Somalia in Hargeisa said they were now living in fear while others had been thrown out of their residences since the bombings, which targeted the presidential palace, a UN compound and the Ethiopian embassy.

The bombers have been linked to the Al-Shabab militia group based in Mogadishu.

Mohamed Abdirahman 19, who has been in Hargeisa for about a month, said: « The people of Hargeisa welcomed me when I first came to Somaliland after leaving Mogadishu; everybody was so nice to me and used to give me meals but this changed within 24 hours of the bombings.

« I was quickly thrown out by my hosts. Whenever I walk along the street, I try not to talk to anyone because I fear that if I am identified as a Somali citizen, I will face difficulties because the suspects were believed to have come from Mogadishu, » Abdirahman told IRIN.

However, Abdirahman was taken in by another family on 3 November.

« I am now living with another family neighbouring my former hosts; I hope the situation will improve soon, » he said.

Fadumo Hassan, another Somali resident, was robbed by people who posed as policemen investigating the bombings.

She said: « A day after the bombings, four men came to my home in Kodbur district here in Hargeisa; they claimed they were police officers and wanted to inspect my house in relation to the attacks; I allowed them into the house where they conducted a search. After they left, it was established that they were thieves and had stolen money and jewellery from me. I don’t know how I will recover my property. »

Meanwhile, Somaliland police have arrested freelance journalist Hadis Mohamed Hadis, another Somali citizen, who has been in Somaliland for the past six years.

The police declined to give a reason for his arrest.

16/09/08 (B465) IRIN / (ONU) / DJIBOUTI: Besoin urgent d’assistance pour plus de la moitié de la population

Plus de la moitié de la population de Djibouti se trouve en situation d’insécurité alimentaire et a besoin d’une aide d’urgence, en raison de la sécheresse et des prix élevés des denrées alimentaires, selon un service d’information et d’alerte précoce.

Au moins 340 000 personnes, sur les 632 000 que compte le pays, sont en danger, a dit le Famine early warning systems network (FEWS Net), financé par l’agence américaine pour le développement international (USAID), dans un rapport publié le 12 septembre.

Djibouti, un Etat semi-désertique régulièrement confronté à des sécheresses et qui importe l’ensemble de ses denrées alimentaires de base, est classé par les Nations Unies parmi les pays les moins développés, mais aussi parmi les pays à revenu faible en situation de déficit alimentaire.

Quatre années consécutives de faibles pluies ont rendu les populations urbaines et rurales encore plus dépendantes des importations de vivres –conséquence d’une production pastorale et agro-pastorale peu importante-, à un moment où les prix des produits sur le marché international augmentaient de manière continue.

« Les conditions [de sécheresse] ont entraîné une hausse des taux de malnutrition infantile sévère depuis février cette année ; des taux de mortalité du bétail de 50 à 70 pour cent à l’échelle nationale ; une disponibilité et un accès à l’alimentation limités, et des migrations massives des foyers vers des zones urbaines [Djibouti ville, Sankal, Assamo et Beyadde] », selon FEWS Net.

Les personnes les plus vulnérables et les plus touchées par l’insécurité alimentaire se trouvent dans le nord-ouest et le sud-est du pays, où les ménages dépendent largement du bétail comme source d’alimentation et de revenus, d’après l’agence.

« Les prix élevés du carburant, la forte inflation, la baisse des [revenus], le conflit frontalier avec l’Erythrée et un manque de ressources suffisantes du gouvernement et des bailleurs de fonds pour venir en aide aux populations affectées » a encore aggravé davantage l’insécurité alimentaire existante.

Toutes les zones du pays sont confrontées à des pénuries d’eau extrêmes, a également dit l’agence.

Pour répondre à la crise, le Programme alimentaire mondial distribue des rations alimentaires à 55 000 personnes dans les régions pastorales rurales, tandis que l’USAID, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le gouvernement ont réactivé au début de l’année des centres de nutrition pour 25 000 enfants, selon FEWS Net.

Pour répondre aux besoins et éviter la détérioration des conditions de sécurité alimentaire, plusieurs interventions urgentes sont nécessaires d’ici la fin de l’année 2009, a estimé l’agence.

Elle a recommandé l’extension des distributions alimentaires à 155 000 personnes dans le besoin en milieu rural ; des programmes de reconstitution des stocks et des biens ; la réhabilitation et la construction de systèmes de captage d’eau dans les zones de pâturage ; le développement de sources d’énergie alternatives pour faciliter le pompage de l’eau ; et, dans les zones urbaines, un programme de bons alimentaires ou ‘d’argent contre travail’, ainsi qu’une intensification de l’approvisionnement en eau par des camions citernes.

Des ressources devraient aussi être mobilisées pour augmenter le nombre de centres de nutrition dans l’ensemble du pays, a dit FEWS Net, ajoutant que le gouvernement devait améliorer la transparence, la mobilisation et la coordination de la réponse pour s’assurer que cette dernière soit rapide et consistante.

04/08/08 (B459) IRIN (ONU) ERYTHRÉE-ETHIOPIE: Le dialogue, un besoin urgent après le départ de la MINUEE.

Il est peu probable que la tension monte entre l’Ethiopie et l’Erythrée immédiatement après le départ des Casques bleus des Nations Unies, mais un mécanisme devrait être rapidement mis en place pour engager des pourparlers entre les deux pays voisins, selon un analyste.

Le Conseil de sécurité a mis un terme, le 31 juillet, à la Mission des Nations Unies en Ethiopie et en Erythrée (MINUEE).

« Cette décision est essentiellement une officialisation de la réalité, car la MINUEE n’est pas vraiment présente sur le terrain », a expliqué à IRIN Fouad Hikmat, directeur du service Corne de l’Afrique à l’International Crisis Group (ICG).

L’Ethiopie et l’Erythrée ont toutes deux déclaré qu’une reprise du conflit était peu probable, mais d’autres analystes craignent qu’un accident déclencheur ou que des échauffourées ne mettent le feu aux poudres, provoquant une explosion en l’absence d’un intermédiaire.

« Aucun des deux pays ne veut partir en guerre, mais la situation est très sensible et les soldats sont proches les uns des autres », a ajouté M. Hikmat. « Il faut espérer que les deux pays essaieront désormais d’engager des pourparlers ».

La MINUEE a commencé à retirer ses équipements et autres ressources, notamment 320 membres de son personnel militaire, stationnés en Ethiopie.

« La mission a été déployée à la demande des deux pays, pour maintenir la paix après deux ans de guerre, qui avaient fait au moins 70 000 morts, au sein des populations éthiopienne et érythréenne », a expliqué Azouz Ennifar, chef par intérim de la MINUEE.

« C’était une mission délicate, dans des zones géographiques difficiles, mais les hommes et les femmes qui l’ont menée […] ne se sont pas dérobés ».

Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, a regretté cette décision, expliquant que les deux parties avaient rejeté la possibilité du maintien d’une présence sur le terrain, suggérée à la demande du Conseil.

« [Le Secrétaire général] a émis l’espoir que les parties seraient capables de mettre fin à l’impasse actuelle et de créer les conditions nécessaires à la normalisation de leurs relations, facteur clé de la stabilité et de la paix dans la région », a-t-il déclaré.

M. Hikmat a appelé à la nomination d’un envoyé international pour ouvrir les voies de la communication entre les deux camps.

« A l’heure actuelle, il n’existe aucun mécanisme de communication clair entre les deux parties », a-t-il expliqué à IRIN, le 1er août. « Un envoyé spécial pourrait donner un nouvel élan au processus de communication ».

En réponse à la décision du Conseil, l’Ethiopie a déclaré que le dialogue était le meilleur moyen de sortir de l’impasse, tout en ajoutant que l’Erythrée avait fait obstacle à la MINUEE et conservé une attitude « provocatrice ».

« L’Ethiopie est fermement convaincue que le conflit entre elle-même et l’Erythrée devrait être résolu par des moyens pacifiques », selon un communiqué du ministère de l’Information.

L’Erythrée a pour sa part estimé que la fin du mandat de la MINUEE s’était « fait attendre ». « En réalité, la présence de la MINUEE était symbolique. Ce n’était pas une force de maintien de la paix : elle n’a pas de pouvoir de dissuasion, donc elle ne peut pas avoir d’impact », a déclaré Yemane Gebremeskel, porte-parole, à la BBC.

« D’un point de vue juridique, l’occupation de l’Erythrée par l’Ethiopie est indéfendable : elle ne peut pas être acceptée par la communauté internationale. Je pense que nous nous intéressons avant tout à l’aspect juridique et aux dimensions diplomatiques de la question », a-t-il ajouté.

Tensions à la frontière

Entre 1998 et 2000, les deux pays se sont livré une guerre sanglante le long de leurs 1 000 kilomètres de frontière. En 2000, conformément aux accords de paix d’Alger, une commission indépendante a été formée pour désamorcer les tensions en délimitant la frontière entre les deux pays.

La commission a rendu un arrêt en 2002, plaçant Badme, la ville frontalière symbolique à l’origine du conflit, sur le territoire érythréen. Sur le terrain, toutefois, la délimitation physique des frontières définies par la commission n’a jamais eu lieu.

Face à des tensions croissantes, une force onusienne de 4 200 hommes a été déployée pour surveiller la cessation des hostilités et aider à assurer le respect des engagements de sécurité pris par les deux parties.

Mais les relations entre l’Erythrée et la MINUEE se sont dégradées, entraînant l’arrêt des opérations militaires. Les vols des hélicoptères de la MINUEE ont été interrompus, ainsi que l’approvisionnement de la force en carburant.

Sans un approvisionnement suffisant en carburant, la force onusienne s’est trouvée dans l’incapacité d’assurer le transport de son personnel, de produire de l’électricité et de réfrigérer ses réserves médicales et alimentaires.

Risques de guerre

En juin, l’ICG a averti que cette impasse frontalière risquait fort de provoquer une nouvelle guerre, et qu’elle constituait une source d’instabilité grave pour la Corne de l’Afrique, et en particulier pour la Somalie.

Cette impasse « sert d’excuse aux deux régimes pour renforcer leurs puissances nationales aux dépens de la démocratie et de la croissance économique ; un compromis diplomatique a donc moins d’attrait pour [les deux gouvernements] », a averti l’organisme dans un rapport intitulé Beyond the Fragile Peace between Ethiopia and Eritrea: Averting New War [Au-delà de la paix fragile entre l’Ethiopie et l’Erythrée : éviter une nouvelle guerre].

« Chaque pays soutient les rebelles hostiles au régime de l’autre, et chacun est convaincu que la chute du régime de l’autre est imminente et qu’elle représente l’unique solution véritable à cette querelle frontalière ».

L’ICG a appelé à une délimitation virtuelle de la frontière, à la transformation de la MINUEE en un mécanisme de déclenchement plus mobile, aux réactions plus rapides, et à la nomination, par les Nations Unies, d’un négociateur spécial pour diriger un forum de dialogue alternatif.

« La priorité immédiate est de persuader l’Ethiopie de retirer ses troupes de l’ensemble du territoire attribué à l’Erythrée par la [commission frontalière] et l’Erythrée de retirer son armée de la ZST [Zone de sécurité temporaire] », a averti l’ICG.

28/06/08 (B454) IRIN (Bureau pour la coordination des affaires humanitaires / ONU) DJIBOUTI: « Près de la moitié de la population confrontée à des pénuries alimentaires ».

________________________________ Note de l’ARDHD
Qui est le vrai responsable ?

Même si les conditions climatiques ne facilitent certainement pas la situation, Djibouti aurait pu passer au travers de cette crise, à condition … que l’argent qui est versé à flot continu par les organisations internationales et les pays donateurs n’ait pas été détourné en quasi totalité par Guelleh et sa bande.

Il y aurait eu de quoi construire des puits et des systèmes locaux d’irrigation. Il y aurait eu de quoi se procurer de la nourriture sur le marché.

Mais voilà, Guelleh a pris tout l’argent et le peuple va subir des pénuries alimentaires. Rien de grave pour Bobard 1er, car la communauté internationale paiera une deuxième fois en fournissant des aides alimentaires .. dont il essaiera de détourner le maximum à son profit et on recommencera : c’est le cycle infernal !

En aucun cas, il ne mettra la main à la poche, sauf peut-être pour faire donner un carton d’eau .. et il expliquera que c’est la faute de l’Erythrée…

________________________________________________
IRIN

Une bonne partie de la population de Djibouti pourrait se trouver confrontée à des pénuries alimentaires provoquées par la sécheresse, la hausse des prix conjuguée à la diminution des envois de fonds, et la décimation du bétail, a averti un service d’alerte précoce.

Quelque 284 000 personnes (soit environ 45 pour cent des 632 000 habitants que compte le pays) sont exposées à ce risque, selon les estimations du Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS Net), un organe financé par l’Agence américaine d’aide au développement international.

Sur ce nombre, environ 130 000 personnes, dont 50 000 à Djibouti, la capitale, ont besoin de recevoir une aide alimentaire d’urgence, et 25 000 enfants de moins de cinq ans ont besoin de compléments nutritionnels ou d’une thérapie nutritionnelle.

« Des déficits alimentaires considérables existent dans toutes les régions pastorales, en raison de précipitations inférieures à la moyenne, enregistrées pendant trois saisons des pluies consécutives, des prix extrêmement élevés des aliments de base, de la diminution des envois de fonds, et du taux de mortalité élevé du bétail (40-50 pour cent) », selon le Réseau. « La situation est critique, et les indicateurs d’une famine à venir ont été observés ».

L’alerte a été lancée lorsque le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies, qui fournit une aide alimentaire à des milliers de Djiboutiens, a averti que sa chaîne d’aide alimentaire présenterait des ruptures entre mai et octobre. Des rations complètes ne sont en effet distribuées que dans le nord-ouest du pays, où se situent les régions les plus vulnérables, et où les populations souffrent le plus de l’insécurité alimentaire, a déclaré l’agence, 1er juin.

FEWS Net a également prévenu que le conflit frontalier récent entre l’Erythrée et Djibouti risquait d’aggraver la situation alimentaire pour les familles des régions rurales et les ménages urbains pauvres.

« Un millier de personnes ont été déplacées dans la zone de conflit et aux environs, et pas moins de 22 000 personnes pourraient être déplacées, si les violences s’intensifiaient », avait déclaré le Réseau dans une alerte.

Les tensions entre les deux voisins ont surgi lorsque des soldats érythréens ont attaqué les territoires nord de Doumeira et Ras Doumeira, au début du mois de juin. Plusieurs victimes ont été déplorées avant un retour au calme, le 12 juin.

« La situation est restée calme, mais les deux pays envoient actuellement des troupes supplémentaires dans la zone, faisant ainsi planer la menace d’une reprise des violences », a averti le Réseau. « Ce conflit frontalier pourrait avoir des répercussions importantes en matière de sécurité alimentaire, à la fois pour Djibouti et pour l’ensemble de l’Afrique de l’Est ».

Toujours selon le Réseau, les communautés d’éleveurs de Djibouti, qui dépendent des marchés érythréens pour s’approvisionner en vivres, sont déjà pénalisés et se réfugieraient à Khorangar, à Obock City, ou migreraient vers le centre du pays.

Pays semi-désertique fréquemment confronté à la sécheresse, et qui importe l’intégralité de ses aliments de base, Djibouti est classé par les Nations Unies à la fois parmi les pays les moins développés, à faible revenu et à déficit vivrier.

20/03/08 (B439) IRIN (ONU) / L’AFRICOM, une force à vocation militaire, mais pas humanitaire (Info lectrice)

WASHINGTON, 18 mars 2008 (IRIN) – Lors d’un important compte-rendu devant le
Congrès, le 13 mars, le général William « Kip » Ward, commandant en chef de
l’AFRICOM, le commandement régional américain pour l’Afrique, a, au cours
d’une séance de remarques préliminaires de quatre minutes trente, consacré
quinze secondes aux missions humanitaires éventuelles que l’AFRICOM pourrait
être amenée à remplir.

Plutôt axées sur l’entraînement militaire, le renforcement de la sécurité et
la lutte contre le terrorisme, ses remarques contrastaient nettement avec
l’annonce, faite il y a un an par les autorités américaines, et selon
laquelle l’AFRICOM concentrerait ses opérations sur l’aide humanitaire. Des
informations qui avaient suscité des réactions de la part de bon nombre
d’organisations humanitaires, inquiètes à l’idée que l’implication de
l’armée américaine dans le domaine de l’action humanitaire puisse porter
atteinte à leur neutralité.

« Nos forces soutiennent également les opérations humanitaires. Les
programmes de l’armée américaine viennent en appui de l’action de l’Agence
américaine pour le développement international [USAID] », a déclaré le
général Ward devant la Commission des forces armées de la Chambre des
représentants américains. Les forces armées américaines ont également mené
des opérations de déminage et encouragé la mise en ouvre de programmes de
sensibilisation au VIH/SIDA au sein de certaines armées africaines, a-t-il
ajouté.

Malgré le changement d’objectif, bon nombre d’ONG restent plutôt sceptiques
quant à la dimension humanitaire que pourrait avoir la mission de l’AFRICOM.

Linda Poteat, directrice des programmes de gestion des catastrophes au sein
d’InterAction, un consortium d’organisations à but non-lucratif, basé aux
Etats-Unis, a indiqué qu’elle attendait encore de savoir quel était le
mandat exact de l’AFRICOM, soulignant que l’énoncé des objectifs de la force
américaine n’avait toujours pas été communiqué.

Quant à Jim Bishop, président du service des politiques et pratiques
humanitaires à InterAction, il a eu de longs entretiens avec les autorités
américaines sur le mandat de l’AFRICOM. Le mois dernier, il a affirmé que le
commandement de l’AFRICOM maintenait qu’il allait s’engager dans des
opérations qui relevaient plus des compétences des agences civiles du
gouvernement américain et des ONG.

« L’image que doit présenter l’Amérique à ceux qui ont besoin de
développement économique et d’une aide humanitaire devrait être celle d’un
travailleur humanitaire coiffé d’une casquette de baseball, plutôt que celle
d’un soldat ou d’un marine portant un casque », a expliqué M. Bishop à IRIN,
après un débat officiel sur la militarisation de l’aide devant la Commission
des Relations extérieures du Sénat, en février.

Changement de priorité

Selon J. Stephen Morrison, directeur du programme Afrique au Centre des études stratégiques et internationales (CSIS) et co-auteur du récent rapport
du CSIS sur l’AFRICOM, il y a un changement de priorité.

« Ils n’ont pas abandonné l’idée selon laquelle l’armée américaine a
sûrement des capacités opérationnelles spécifiques qui peuvent être
exploitées dans les domaines de la santé publique et des secours
d’urgence ».

« Ce qu’ils suggèrent est [.] qu’ils ne veulent en aucune façon être perçus
comme une force cherchant à se substituer aux organisations civiles ou à
usurper le rôle de ces dernières dans les opérations humanitaires ou de
développement. Ils veulent recentrer une bonne partie de leurs ressources
sur le type de partenariats sécuritaires bilatéraux qu’ils maîtrisent mieux
et qui correspond à leur principale vocation », a-t-il ajouté.

Depuis que l’AFRICOM a été lancé et qu’on en a fait un commandement
militaire américain spécifique à un continent autrefois partagé entre le
commandement de l’Europe, le commandement central et le commandement du
Pacifique, l’accent mis sur sa vocation humanitaire et développementale a
suscité bien des inquiétudes. Le nouveau commandement militaire compte plus
de diplomates et d’experts humanitaires que les autres Etats-majors de
l’armée américaine.

Le mois dernier, Mme l’ambassadeur Mary Yates, adjointe au commandant des
opérations civiles et militaires de l’AFRICOM, a expliqué à IRIN que dans
les Etats-majors, la nouvelle structure était plus préoccupée par la
planification des opérations et de la logistique.

« Nous sommes en train de changer notre organisation parce que nous pensons
que grâce à cette nouvelle structure, nous serons plus opérationnels sur le
continent », a-t-elle affirmé, ajoutant que certaines incompréhensions
avaient pu se développer lors des premières étapes de la planification.

« Nous allons certainement avoir un rôle de soutien aux programmes
humanitaires et d’aide au développement déjà [en cours] d’exécution sur le
continent », a-t-elle indiqué, tout en soulignant que la plupart des
programmes de développement étaient menés par l’USAID et les organisations
non-gouvernementales (ONG) partenaires. « Nous continuerons simplement à
apporter notre soutien aux actions qu’ils mènent déjà sur le terrain »,
a-t-elle ajouté.

Comme exemple de scénario d’intervention humanitaire, Mme Yates a cité le
cas de catastrophes naturelles où des experts civils des Etats-majors
peuvent planifier plus efficacement les interventions et la logistique.
L’armée américaine peut se prévaloir d’une longue expérience en matière
d’aide humanitaire dans ce type de situations, comme cela a été démontré
lors du tsunami de 2004, qui a ravagé certains pays de l’Océan indien.

Une aide aux ONG

Comme autre exemple d’interventions, Mme Yates a cité l’opération médicale
humanitaire menée à bord d’un bâtiment de la marine américaine et qui a
permis de soigner quelque 2 000 personnes par jour au Ghana. De tels
programmes, espère-t-elle, pourraient être multipliés en dépêchant auprès de
l’AFRICOM le personnel du département des services sociaux et de santé ou
des Centres de contrôle et de prévention des maladies.

Le général Ward a fait référence à ce projet au cours de son audition devant
la Commission, soulignant que l’ONG Project Hope « participait [déjà] à
l’opération humanitaire lorsque nous sommes intervenus et aidait le pays
d’accueil en couvrant ses besoins médicaux », qualifiant ce système de «
mélange des puissances douces avec ce que nous faisons, nous ».

Pour Project Hope, l’aide de l’armée américaine est perçue comme une
occasion à saisir. Pour d’autres ONG en revanche, ce « mélange des
puissances douces [et dures] » est précisément un sujet de préoccupation car
localement les populations peuvent confondre les rôles de l’armée et des
humanitaires.

Selon M. Bishop d’InterAction, l’AFRICOM ne doit s’engager dans des actions
humanitaires que « s’il est le prestataire de dernier recours, mais doit
éviter toute implication dans les opérations d’aide au développement. Nous
pensons que son rôle de soutien se justifie en matière d’aide humanitaire,
mais pas dans le domaine de l’aide au développement. Ce n’est pas de son
ressort, il n’a aucun avantage concurrentiel et a très peu d’expérience dans
ce domaine », a-t-il souligné.

A la suite des déclarations du général Ward, M. Morrison du CSIS a affirmé
qu’en cas de catastrophe naturelle, le commandement pourrait être en mesure
d’offrir des services exclusifs.

« Dans le cas d’une situation urgente et grave, nécessitant une intervention
rapide dans un contexte instable, l’armée à des capacités opérationnelles
spécifiques. Les ONG le reconnaissent et peuvent bénéficier de cette
rapidité d’action et de la couverture sécuritaire que ce type d’opérations
suppose », a-t-il fait remarquer.

« Je pense que ce que les ONG ne veulent pas, c’est voir l’armée jouer les
premiers rôles dans des situations plus stables, où les organisations
civiles devraient plutôt apparaître en première ligne [.] Je pense que cela
amène à s’interroger sur les conditions générales dans lesquelles l’armée
interviendra et sur le type de partenariats qu’il faut établir avec elle »,
a-t-il indiqué.

01/02/08 (B432) IRIN (ONU) SOMALIE: Fermeture de l’hôpital de Kismayo après le meurtre de trois humanitaires

Il est difficile d’obtenir les soins de santé les plus basiques

NAIROBI, 31 janvier 2008 (IRIN) – Les services du seul hôpital de la ville côtière somalienne de Kismayo, à 500 kilomètres au sud de Mogadiscio, la capitale, ont cessé de fonctionner le 29 janvier, au lendemain de la mort de quatre personnes – dont deux travailleurs humanitaires étrangers – tuées par l’explosion d’une bombe, selon des sources locales.

Médecins sans frontières-Hollande avait repris la gestion de l’hôpital en septembre 2007, après qu’il eut été abandonné par MSF-Belgique en 2001, en raison des problèmes d’insécurité.

Des milliers de manifestants sont également descendus dans les rues de Kismayo pour protester contre le meurtre de deux agents de MSF-Hollande, de leur chauffeur et d’un journaliste local.

Ces manifestations ont été organisées par des associations de la société civile et l’administration locale, selon Hawo Ugas Farah, responsable d’une association de femmes et coorganisatrice des manifestations.

« Nous manifestons pour exprimer notre colère et notre consternation devant le meurtre de personnes venues nous aider », s’est exclamée Mme Farah.

Ces manifestations ont aussi pour but de montrer aux familles et amis des victimes que la « population de Kismayo compatit à leur douleur », a-t-elle précisé.

Selon des témoins oculaires, les quatre personnes mortes le 28 janvier ont été tuées par « l’explosion d’une bombe ».

« Elles venaient juste de quitter l’hôpital et se rendaient à leur résidence toute proche, lorsque la bombe a explosé », a expliqué un journaliste local, qui a requis l’anonymat.

À l’hôpital, les patients traînaient dans les salles espérant trouver du personnel pour se faire soigner, mais « il n’y avait aucune aide », a affirmé le journaliste.

Dans un communiqué publié le 29 janvier, MSF précise que les trois collaborateurs tués dans l’explosion sont le docteur Victor Okumu, un chirurgien kenyan de 51 ans, Damien Lehalle, un logisticien français de 27 ans, et Mohammed Bidhaan, un chauffeur somalien. Selon certaines sources locales, le journaliste tué dans l’explosion se nommait Hassankaafi Hared Ahmed. Cet attentat aurait également fait quatre blessés, tous de nationalité somalienne.

« MSF confirme avec grande tristesse qu’hier matin trois de ses collaborateurs ont été tués dans la ville somalienne de Kismayo, non loin de l’hôpital où ils travaillaient », pouvait-on lire dans le communiqué de MSF.

Tout le reste du personnel de l’organisation humanitaire a été évacué de Kismayo, la troisième plus grande ville du pays.

« Cet [attentat] visait la population de Kismayo », a affirmé Mohammed Nour Hassan, adjoint au gouverneur de Kismayo. « Ceux qui ont commis cet acte cruel ne visaient pas seulement les travailleurs humanitaires, mais aussi la population de la ville ».

Selon lui, la police explore en ce moment certaines pistes pour arrêter les auteurs de l’attentat. « Nous ne cesserons pas tant que nous ne les aurons pas appréhendés ; pas plus qu’ils n’en ont pour nous, nous n’aurons aucune compassion pour eux », s’est-il exclamé.

À en croire M. Nour Hassan, avant cet attentat, il régnait dans la ville un calme relatif. « Les auteurs de cet attentat sont des ennemis du peuple », a-t-il ajouté.

Les autorités de la ville ont décrété trois jours de deuil.

Pour Mme Farah, la communauté internationale doit comprendre que la population de Kismayo est « totalement opposée à ceux qui ont commis cet acte ».

« Quelque chose de terrible et de tragique s’est produit hier à Kismayo, mais la situation serait encore plus tragique si la communauté internationale devait nous sanctionner [les Somaliens] pour des actes commis par des criminels », a-t-elle souligné, appelant la communauté internationale à ne pas « abandonner la population de Kismayo ».

14/11/07 (B421) IRIN SOMALIE: La communauté internationale appelée à l’aide pour mettre fin aux atrocités

NAIROBI, 13 novembre 2007 (IRIN) – Plusieurs responsables de la société civile et sages de différents clans locaux ont lancé un appel à la communauté internationale afin qu’elle intervienne pour mettre fin au carnage à Mogadiscio, la capitale somalienne, alors que des combats acharnés se poursuivent, que les hôpitaux sont débordés et que les rues sont jonchées de cadavres.

Ces affrontements opposent les forces gouvernementales, soutenues par l’armée éthiopienne, aux insurgés de l’Union des tribunaux islamiques – une milice chassée de la capitale – et aux miliciens des clans alliés.

« Nous demandons à la communauté internationale et aux Nations Unies en particulier, d’intervenir urgemment pour mettre fin aux atrocités perpétrées à Mogadiscio, avant qu’il ne soit trop tard », a dit à IRIN Mohamed Hassan Haad, le responsable du conseil des sages des Hawiye [le clan majoritaire], le 12 novembre.

« Si rien n’est fait maintenant, cela voudra dire que la communauté internationale a décidé de laisser les massacres se poursuivre à Mogadiscio jusqu’à l’élimination de tous les habitants de la capitale », a-t-il poursuivi.

Selon une source de la société civile, qui a aussi requis l’anonymat, la situation dans la capitale a dégénéré. « La communauté internationale ne fait qu’observer. Je ne sais pas ce qu’elle attend pour agir ».

D’après certains témoignages recueillis par IRIN dans la capitale, depuis le 8 novembre, date à laquelle on a noté une intensification des combats, les hôpitaux sont débordés et ne peuvent plus faire face à l’afflux des patients.

« Certains médecins font des gardes de plus de 24 heures », a fait remarquer un agent médical d’un des hôpitaux de la ville. « Je ne sais pas combien de temps ils pourront tenir comme cela ».

Tous les lits des hôpitaux sont occupés et les blessés sont généralement des civils – des femmes et des enfants, pour la plupart – souffrant de blessures causées par des éclats d’obus de mortier, d’artillerie et de roquettes Katyusha, a précisé l’agent médical. « Mais étonnamment, il y a très peu de blessés par balles », a-t-il ajouté.

Selon une autre source médicale, « depuis le 8 novembre, les combats ont fait plus de 200 morts et 500 à 700 blessés dans la ville ».

« Beaucoup d’autres blessés sont restés dans leur quartier et se font soigner par des parents ou des amis », a précisé cette source, car en raison de l’insécurité qui prévaut dans les rues, bon nombre de ces blessés n’ont pu se rendre dans les hôpitaux.

Quant à M. Haad, il s’est dit très préoccupé par les morts de civils innocents.

«Avec leurs artilleries et leurs chars, elles [les forces alliées éthiopiennes et somaliennes] tirent dans toutes les directions », a déploré M. Haad.

Pour Madobe Nuunow Mohamed, le ministre de l’Information du gouvernement de transition, le cycle de violence auquel on assiste actuellement est imputable aux insurgés qui opèrent et se cachent dans les zones où vivent les populations civiles.

« Ces personnes attaquent nos positions à partir de quartiers populaires et parfois les tirs de représailles de nos forces font des victimes non intentionnelles », a-t-il dit.

Le gouvernement déplore les victimes civiles, a-t-il fait savoir, « mais les responsables de cette situation sont ceux qui combattent le gouvernement ».

Pour sa part, Human Rights Watch (HRW) accuse les deux protagonistes d’avoir violé les conventions de guerre en tuant et en blessant des civils à Mogadiscio.

« Toutes les parties au conflit doivent veiller à ne pas prendre pour cible les populations civiles et à leur assurer un accès libre aux soins médicaux ou à tout autre assistance », a déclaré Peter Takirambudde, directeur de la division Afrique à HRW, dans un communiqué publié le 9 novembre.

« La communauté internationale doit condamner ces attaques et poursuivre les combattants pour violations répétées du droit humanitaire, et notamment pour les mutilations de combattants capturés et les exécutions de prisonniers », a poursuivi M. Takirambudde.

La recrudescence de la violence en ville a contraint de nombreux habitants de la capitale à fuir leur domicile, mais beaucoup d’autres se retrouvent coincés dans certains quartiers de la capitale.

« Des milliers d’habitants ont déjà fui la ville, et plusieurs milliers d’autres en font de même actuellement », a affirmé Asha Sha’ur Ugas, membre d’un groupe de la société civile de Mogadiscio, le 12 novembre.

Selon un journaliste local, qui a requis l’anonymat, de nombreuses autres personnes se retrouvent piégées chez elles.

« Les gens sont inquiets et ont peur, et beaucoup d’entre eux ne peuvent quitter la ville car la plupart des routes ont été fermées par les forces de l’armée éthiopienne et du gouvernement somalien ».

Dans certains quartiers de la ville, a-t-il précisé, « personne ne circule dans les rues ; et actuellement, ce qu’on voit constamment dans de nombreuses rues de la ville, ce sont les nombreux cadavres qui jonchent le sol ».

Les quartiers particulièrement touchés par la récente flambée de violence sont Huriwa, Suuqa Hoolaha, Hamar Jadid, Gubta et Dayniile.

03/11/07 (B420) (IRIN) – YÉMEN: Des migrants africains tentent leur chance en Arabie saoudite (Info lectrice)

ZamZam Ibrahim Hassan, une réfugiée somalienne de 26 ans, a été expulsée vers la Somalie il y a 16 mois par les autorités saoudiennes, alors qu’elle tentait de rentrer en Arabie Saoudite par le Yémen. Il y a neuf mois, elle est de nouveau retournée au Yémen par bateau, depuis la Somalie.

« J’ai travaillé en tant que femme de ménage dans une maison de la province d’Al-Baidha [au sud-ouest du Yémen] pendant trois mois et j’ai pu économiser 30 000 riyals [150 dollars]. J’ai entendu des amis dire qu’ils étaient sur le point de partir pour l’Arabie Saoudite. J’ai décidé de les suivre et j’ai donné toutes mes économies aux passeurs qui étaient tous Yéménites. Lorsque nous avons atteint la frontière et que la nuit est tombée, ils nous ont laissé », a-t-elle raconté.

Il y avait deux autres Somaliens avec elle, a-t-elle poursuivi. « Nous avons décidé de continuer notre voyage [vers l’Arabie Saoudite] bien que nous ne connaissions absolument pas la région ; nous nous sommes perdus et nous avons marché pendant 25 jours. Nous avons fait de mauvaises rencontres sur notre route, des gens qui ont voulu me violer, mais nous avons réussi à leur échapper ».

« Nous avons prié jour et nuit, et finalement nous sommes tombés sur les policiers saoudiens. Ils nous ont emmené dans un grand centre de détention qui se trouvait dans une autre ville. Nous sommes restés là durant trois mois, jusqu’à ce que nous soyons 160 Africains dans ce centre. Et là, les autorités saoudiennes nous ont expulsés vers la Somalie », a-t-elle ajouté.

ZamZam Hassan dit avoir rencontré de grosses difficultés lorsqu’elle cherchait à partir travailler en Arabie saoudite
Selon les leaders somaliens au Yémen, de nombreux africains émigrent vers ce pays pétrolier riche qu’est l’Arabie Saoudite afin de trouver une meilleure qualité de vie. Mais la plupart des femmes africaines ne trouvent que des emplois illégaux en tant que femmes de ménage dans les demeures saoudiennes.

Mohammed Deriah, un représentant des réfugiés somaliens à Al-Basateen, une banlieue pauvre de la ville portuaire méridionale d’Aden, a affirmé à IRIN que chaque jour, près de 40 réfugiés Somaliens entraient clandestinement en Arabie Saoudite depuis Aden.

« La plupart de ces gens en sont à leur première tentative. Ils ont reçu de l’argent de leur famille [installée] dans d’autres pays, ils viennent de Somalie avec un peu d’argent et décident de poursuivre leur route jusqu’en Arabie Saoudite », a-t-il dit, tout en ajoutant que le voyage pour l’Arabie Saoudite revenait entre 1 000 et 1 500 riyals [270 et 401 dollars].

Sadat Mohammed, chargé des affaires humanitaires au sein de la communauté somalienne de Sanaa, la capitale du Yémen, estime qu’entre 5 000 et 6 000 Somaliens (enfants inclus) ont essayé de pénétrer depuis septembre en Arabie Saoudite via le Yémen.

Selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), durant l’année 2007, plus de 20 000 migrants africains ont traversé le golfe d’Aden en bateau.

Un voyage périlleux

Il existe trois points de passage principaux qui permettent aux clandestins africains de rentrer en Arabie Saoudite : Sanaa, Aden et Al-Hosoun, dans la province orientale de Mared.

La ville frontière de Haradh, dans la province du Hajjah, est le principal point de passage par lequel les passeurs atteignent les villes saoudiennes. Les autres prennent la route de Haradh.

Selon M. Mohammed, les passeurs se jouent la plupart du temps des personnes qui veulent passer la frontière. « Ils leur demandent de payer pour des frais de voyage à l’avance pour ensuite les abandonner dans la province au sud-ouest de Al-Hudeida », a-t-il dit.

Ridwan Hersi, conseiller culturel de l’ambassade de Somalie à Sanaa, a déclaré à IRIN : « Nous gardons contact avec la communauté somalienne ici au Yémen, et nous les avertissons le plus largement possible des dangers de ces voyages clandestins. Nous avons aussi contacté la section somalienne de la BBC afin d’informer les gens sur ce phénomène ».

Pourtant, les autorités yéménites n’arrêtent que très peu de passeurs ou de migrants africains à Haradh. Ali Tamalah, qui dirige la sécurité de Hajjah, a déclaré qu’ils arrêtaient deux ou trois clandestins par mois.

« Si nous les arrêtons [les clandestins], nous les envoyons devant les services de l’immigration à Sanaa. Si nous arrêtons des passeurs, nous les déférons devant un tribunal », a-t-il déclaré.