10/05/2019 (Brève 1389) Vidéo et photos de la soirée de soutien à Mohamed Kadamy, organisée par la Maison Ouverte de Montreuil

22/04/2019 (Brève 1378) Mohamed Kadamy en vidéo : point de sa situation juridique et un projet pour la sécurité des réfugiés politiques

23/02/2019 (Brève 1302) Radio/vidéo – Juan Salazar a interviewé Mohamed Kadamy (FRUD) et Jean-Loup Schaal (ARDHD). Radio Libertaire et Radio fréquence plurielle

18/09/10 (B570) Hommage à Ahmed Dini et Chehem Daoud (J-L Schaal)

A la demande d’Ali Coubba, Président d’Uguta-Tossa, Jean-Loup Schaal avait réservé au site Uguta l’exclusivité (pendant quelques jours) de son message. En effet, Uguta avait pris l’initiative d’éditer un numéro spécial en hommage à Ahmed Dini.

Nous publions aujourd’hui ce message qui est daté du 11 septembre.

_______________________________________

(Paris, 11 septembre 2010)


Nous avons fondé l’ARDHD en 1992. Depuis cette période et jusqu’à son retour à Djibouti, j’ai eu l’occasion de rencontrer Ahmed Dini à plusieurs reprises à son domicile, où il m’a toujours accueilli avec la plus grande amabilité.

Très souvent, ce que j’ai beaucoup apprécié, il prenait le temps nécessaire pour m’expliquer la culture du pays, le combat des Afar pour rétablir la Justice et la Démocratie.

Jamais je n’ai senti ni regrets ni amertume. Il était toujours tourné vers l’avenir. C’était un stratège et un sage.

Il ne prenait pas de décisions précipitées et il analysait avec soin, les risques et les conséquences. C’est lui qui m’avait confié la copie des photos prises après le massacre d’Arrhiba et nous les conservons dans les archives de l’ARDHD.


Au cours d’un dîner qu’il m’avait invité à partager avec Chehem Daoud, nous avions évoqué les moyens d’action, car le FRUD manquait d’armes lourdes à cette époque. Je leur avais suggéré de s’attacher un conseiller en « relations presse », leur affirmant que le FRUD souffrait d’un déficit de communication vis à vis de l’opinion française et internationale et qu’il devait œuvrer aussi pour que les européens comprennent mieux les objectifs du mouvement. Je conserve toujours le regret de n’avoir pas été assez convaincant ce soir là, car je suis certain que cela aurait été bénéfique pour le FRUD.



La dernière fois que j’ai parlé avec Ahmed Dini c’était à la conférence de Paris pour la signature des accords. Cette signature devrait apporter l’espoir, la paix et la réconciliation.

Pour être honnête, les discours et les mots qui ont été échangés par les différents orateurs m’ont semblé « peu convaincants ». Comme il n’appartenait pas à l’ARDHD d’interférer, nous avions décidé de suspendre nos publications. Quelques semaines plus tard, en comprenant que Guelleh ne respecterait jamais les termes des accords, nous avions repris les publications.



Pour l’équipe de l’ARDHD, Ahmed Dini et Chehem Daoud sont sur la plus haute marche, de la pyramide dédiée aux héros et aux grands hommes qui ont marqué et influencé la vie djiboutienne. L’annonce de leurs disparitions à quelques jours d’intervalle a été ressentie par toute l’équipe comme un choc profond et un perte immense pour tous ceux qui combattent la dictature.



L’ARDHD s’associe pleinement à toutes les manifestations pour commémorer leur mémoire.



Paix à leurs âmes.

27/06/10 (B558) Table ronde de l’UAD – Mes impressions « à chaud » par Jean-Loup Schaal.

Invité à présenter l’état de la situation des Droits de l’Homme à Djibouti, au nom de l’ARDHD et en qualité de délégué de la LDDH, j’ai pris quelques notes et je vous livre mes impressions « à chaud ». (Présentation disponible en téléchargement – format PdF)

Nous avons mis à la disposition des internautes la version « audio » et intégrale des débats qui ont été enregistrés (archives audio-visuelles de l’ARDHD). Progressivement nous mettrons en ligne les enregistrements indexés de chacun des intervenants pour faciliter la recherche et l’écoute.

En attenant, voici ce que j’ai retenu « à chaud » :

– tous les intervenants ont insisté sur la dégradation des conditions de vie à Djibouti et la nécessité d’intervenir rapidement pour inverser la situation.

– plus personne n’a espéré que le régime actuel soit capable de modifier quoi que ce soit et chacun pense que seule l’alternance démocratique permettra de sortir de l’impasse et de la faillite dans lesquelles Guelleh et ses « associés » ont conduit le pays.

– les intervenants ont reconnu qu’il y avait des divergences entre les différents dirigeants politiques, mais que ces divergences étaient beaucoup plus liées à des « affaires personnelles » qu’à des incompréhensions sur le but à atteindre : « chasser la dictature et ramener la démocratie ».

– les « affaires personnelles » peuvent se régler avec des compromis. Tous les intervenants se sont accordés pour dire qu’il fallait organiser très rapidement des rencontres entre tous les leaders politiques, sans exclusion aucune, pour construire une plateforme et une charte communes d’action, à respecter scrupuleusement ensuite …

– l’option « lutte armée » n’était absolument pas envisagée pour le moment, car elle ferait courir de trop gros risques aux populations et qu’elle ne pourrait être évoquée, seulement dans l’hypothèse où tous les recours démocratiques auraient été épuisés et qu’il n’y aurait plus d’autre espoir. Dans ce cas, il a été précisé que la lutte armée devrait concerner l’ensemble du pays et ses composantes et pas seulement une région ou une ethnie,

– que l’UAD est une structure active dans le pays et qu’elle mobilise chaque vendredi, des milliers de manifestants qui bravent à Djibouti, la peur des répressions ordonnées par le régime.

– que la confirguration actuelle l’UAD, qui ne regroupe que des partis légalisés, n’est pas adaptée sous cette forme, pour conduire des actions depuis l’étranger. D’abord parce que certaines formations qui sont membres de l’UAD à Djibouti, ne s’associent pas à l’étranger aux actions de l’organisation. Ensuite parce que des formations actives à l’étranger, comme Uguta-Toosa, le Ged et d’autres, ne sont pas membres de l’UAD et ne pourraient pas l’être puisqu’elles ne sont pas légalisées à Djibouti. Des réflexions doivent être conduites pour apporter des réponses, tant à Djibouti, qu’à l’étranger.

– que le tribalisme est une calamité, soutenue par un régime qui divise pour régner et qu’il fallait absolument oublier les appartenances tribales, même si elles sont très présentes, pour construire une nation de citoyens ayant les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes chances,

– enfin plusieurs associations ont pris la parole pour dénoncer les mutilations génitales féminines et la consommation de Khat qui sont des fléaux nationaux.

Pardonnez- moi, si j’ai oublié des sujets d’actualité, mais je suis certains que les différentes composantes qui ont participé à cette table ronde, complèteront rapidement en nous adressant des comptes-rendus plus complets.

07/02/10 (B537) A lire dans Billets d’Afrique et d’ailleurs N° 108, édité par SURVIE. La visite nocturne de Sarkozy à Guelleh (Jean-Loup Schaal)

C’est au retour de son
séjour à La Réunion et
à Mayotte, que Nicolas
Sarkozy a fait une halte
surprise, le 19 janvier,
pour y rencontrer son
homologue djiboutien
Omar Guelleh.

Une
rencontre nocturne où
il a été question de
«l’ensemble des questions
bilatérales ».

Revue des
dossiers qui ont pu être
abordés officiellement ou
secrètement.

  • D’abord, sur le plan intérieur djiboutien,
    la modification constitutionnelle pour un troisième
    mandat.
    Guelleh envisage, en effet, de modifier la
    constitution afin de briguer un troisième
    mandat.
    Deux voies lui sont ouvertes : le
    vote par une Assemblée nationale sur mesure
    et «aux ordres»(1) et la voie référendaire,
    sans suspense aussi, car le pouvoir
    contrôle le dépouillement des scrutins et
    publie les résultats qui lui conviennent.

    Guelleh a-t-il cherché la caution du président
    français avant de lancer son opération
    de viol constitutionnel ?

    C’est une hypothèse
    vraisemblable, «qui est privilégiée
    par plusieurs observateurs.»

  • Ensuite, la renégociation des accords
    de défense
    même s’il est curieux que ce
    dossier ait nécessité un entretien «surprise
    » de trente minutes en pleine nuit.
    C’est, en tous les cas, ce qu’a rapporté la
    presse française.
    Certaines rumeurs, non
    vérifiées pour le moment, affirment que
    la France aurait pour projet de déplacer
    un contingent important de troupes stationnées
    à Djibouti, vers la nouvelle base
    d’Abu Dhabi.
    Ce qui peut inquiéter Guelleh,
    d’abord pour la sécurité de Djibouti,
    mais surtout pour ses revenus. Depuis l’arrivée
    des troupes américaines à Djibouti,
    le loyer payé par les forces françaises a été
    revu à la hausse (30 millions d’euros par
    an), dont une partie alimente certainement
    la cagnotte personnelle de Guelleh.

  • Sur le plan régional, Sarkozy et Guelleh
    ont pu aussi évoquer l’évolution du conflit
    avec l’Erythrée voisine
    .
    Celle-ci avait annexé, 21 avril 2008, une
    portion de quelques kilomètres carrés
    en territoire djiboutien, le rocher de Ras
    Doumeira. Bien que la zone soit très peu
    peuplée, ce rocher représente un enjeu
    stratégique important.
    Situé au Bab-El-
    Mandr, il commande le point où la mer
    Rouge est la plus étroite (environ 20 km).
    C’est un poste idéal d’observation de tous
    les navires qui transitent par le canal de
    Suez. Djibouti et l’Erythrée s’étaient affrontés
    militairement le 11 juin 2008.
    En dépit des communiqués rassurants de
    la présidence djiboutienne, il semble que
    ces combats aient fait de nombreux morts,
    blessés et prisonniers dans les rangs de
    l’Armée nationale djiboutienne. (AND)
    Certaines sources citent plus de 500 morts
    et blessés. Depuis lors, c’est le statu quo
    sur le terrain.
    L’armée française, contrairement à la
    dernière attaque de 1994, n’est pas intervenue
    militairement, se limitant à assurer
    une assistance médicale sur le terrain et
    un poste d’observation occupé par une
    centaine de légionnaires.
    A l’issue de
    l’entretien, Sarkozy a simplement rappelé
    que la France avait voté en faveur d’une
    résolution des Nations unies qui condamne
    l’Erythrée.

  • Par ailleurs, Djibouti peut craindre une
    extension de la menace islamiste venue de
    la Somalie voisine, d’autant plus qu’une
    partie de sa population, lassée de la dégradation
    de ses conditions de vie, pourrait
    être sensible aux appels des intégristes.

  • Les deux chefs d’Etat ont pu également
    évoquer les conséquences de la crise au
    Yémen et de la montée du terrorisme, à
    partir ce pays. Mais on voit mal, comment
    ce problème, quelle que soit sa gravité,
    aurait pu justifier la visite personnelle de
    Nicolas Sarkozy.

Bolloré de retour ?

  • A moins qu’entre les deux chefs d’Etat,
    il ait été question d’un dossier économique
    : la gestion du port de Djibouti.
    Guelleh avait confié, sans appel d’offre,
    sa gestion (mais aussi celle de l’aéroport
    et de la collecte des taxes d’importation)
    à Dubaï Port Authority.
    Depuis qu’il
    a banni son ancien ami et directeur du
    port, l’homme d’affaires Borreh et que
    Dubaï connaît des difficultés financières,
    Guelleh pourrait rechercher un
    nouveau gestionnaire. Bolloré ?

    Une piste d’autant plus plausible que
    le groupe Bolloré, aurait vu son offre
    d’investir 500 millions dans le développement
    du port de Berbera, au Somaliland,
    rejetée, sous la pression de
    l’opposition dénonçant la corruption
    du président Dahir Rayale Kahin.

«Une coopération exemplaire»

Mais quels qu’aient pu être les sujets
abordés durant ces trente minutes
d’entretien, Guelleh utilisera certainement
cette rencontre pour faire savoir
qu’il bénéficie du soutien personnel de
Sarkozy dans son projet de troisième
mandat.

A noter également que le Sénat français
n’est pas en reste pour soutenir le régime
dictatorial djiboutien. Après avoir
organisé un colloque, le 20 octobre
2008, avec la participation de grandes
entreprises pour promouvoir les investissements
français à Djibouti, malgré
les graves atteintes locales aux droits
des travailleurs, c’est Claudine Lepage,
représentant les Français de l’étranger
qui a, à la mi-janvier, rencontré le premier
ministre Dileita pour l’assurer de
l’amitié et de la coopération française
dans le cadre d’une «coopération »
qualifiée «d’exemplaire».

Jean-Loup Schaal

(1) L’Assemblée nationale djiboutienne ne
compte aucun député de l’opposition. De plus
la séparation des pouvoirs exécutifs et législatifs
n’est pas appliquée : plusieurs ministres
dont le Premier ministre sont aussi députés.

18/04/09 (B495) Affaire Borrel : Les preuves s’accumulent ! (Bulletin d’Afrique N° 179 – édité par Survie, article sous la signature de Jean-Loup SCHAAL)

« Il apparaît que (…)
l’État français, à son
plus haut niveau, a
tout tenté sous la présidence
de M. Jacques Chirac pour
étouffer la recherche de la
vérité. »

Le 18 mars dernier, au cours de la
conférence de presse donnée au cabinet
de son conseil, Me Morice, Elisabeth
Borrel, la veuve du juge Bernard Borrel
assassiné en 1995 à Djibouti, demandait la
réouverture d’une enquête pour subornation
de témoin sur la base de deux documents
inédits de la cellule «Afrique» de l’Élysée
saisis par les juges Pous et Ganascia en août
2008.

Il s’agit d’un télégramme diplomatique
confidentiel du 23 janvier 2000 émanant
de l’ambassadeur de France à Djibouti, Patrick
Roussel
, et une note du chef d’État-Major
particulier du président Chirac, le général
Henri Bentegea
t, du 25 janvier 2000.

Ces
deux documents font état de démarches d’un
avocat français, Me Alain Martinet, présenté
comme un proche du président djiboutien
Ismaël Omar Guelleh, visant à discréditer le
principal témoin à charge du dossier.

Rappelons
que parallèlement à l’enquête criminelle
menée par le juge Sophie Clément, deux enquêtes
judiciaires ont été menées en France.


La première, pour «pression sur la justice»,
est toujours en cours à Paris.

La seconde
donc pour «subornation de témoins » (voir
plus bas).

En conséquence, Elisabeth Borrel avait écrit,
le 16 mars, au procureur de Versailles. « Il
apparaît que ces actes d’instruction ont été
extrêmement fructueux, montrant combien
l’État français, à son plus haut niveau, a
tout tenté sous la présidence de M. Jacques
Chirac pour étouffer la recherche de la vérité » écrit-elle. Le parquet de Versailles a
refusé la réouverture de l’instruction (il est
le seul à décider la réouverture ou non d’une
instruction. Cette décision n’est susceptible
d’aucun recours).

Rien d’étonnant car cela
l’aurait conduit à entendre non seulement
l’avocat Me Martinet mais aussi et surtout le
général Henri Bentégeat et l’ancien ambassadeur
de France à Djibouti.
Les notes diplomatiques saisies étayent également
les soupçons de violations du secret
de l’instruction commises par de hauts magistrats du Parquet en liaison avec le
conseiller juridique de l’Élysée.

On pouvait
naturellement craindre que Djibouti ait reçu
toutes ou partie de ces informations …
Cela confirmerait aussi le fait que c’est
bien la présidence de la République française
qui a «suggéré» à son homologue
djiboutienne de saisir la Cour internationale
de Justice de La Haye (CIJ) du «prétendu
» différend qui opposait les deux États.

Un différend imaginaire qui s’appuyait sur
le refus du juge Sophie Clément de transmettre
une copie du dossier d’instruction à
la justice djiboutienne. Car dès lors qu’il est
prouvé que les deux présidences s’étaient
mises d’accord sur la saisine de la CIJ pour
atteindre un objectif commun, celle-ci,
chargée de statuer sur «des litiges entre
États», n’avait donc pas compétence pour
juger «un accord de fait» entre États.

En tout état de cause, cette transmission
aurait privé Madame Borrel et ses enfants
de leur droit à connaître la vérité, la justice
djiboutienne s’empressant de rendre un
«verdict» monté de toutes pièces.

Et selon
le principe selon lequel une affaire judiciaire
ne peut pas être jugée une deuxième
fois, l’instruction de l’affaire en France
aurait été définitivement enterrée et sans
aucune voie de recours.

Contre-feu médiatique

Parmi les pièces présentées, Élisabeth
Borrel a également insisté sur les facilités
offertes par l’Élysée au journaliste Chris
Lafaille pour qu’il puisse rencontrer des
hauts fonctionnaires et des officiers supérieurs
dans le cadre du livre qu’il préparait
sur l’affaire Borrel («L’inavouable vérité
de l’affaire Borrel»).

En fait, un contrefeu
dans lequel Elisabeth Borrel soupçonne Claude Chirac d’avoir jouer un rôle.

Tout cela, a-t-elle conclu, alors que l’Élysée
savait depuis 2002, qu’il s’agissait
d’un assassinat et non d’un meurtre
.
C’est dans ce contexte de nouvelles révélations
que le procès en appel de deux
dignitaires djiboutiens a eu lieu, les 25 et
26 mars, à Versailles.

Cette affaire de subordination
de témoin, en marge de l’instruction
principale s’était conclue par le
renvoi en correctionnelle de deux proches
du président Guelleh. L’actuel procureur
de Djibouti, Djama Souleiman, et le chef
des services secrets djiboutiens, Hassan
Said, absents au procès, ont été condamnés
respectivement, le 27 mars 2008, à
dix-huit mois et douze mois de prison
ferme, reconnus coupables en première
instance d’avoir fait pression sur deux
témoins clefs pour annuler ou discréditer
le témoignage pouvant mettre en cause le
président djiboutien.

Morrachini persiste !


Au cours de l’appel, on a pu noter l’intervention
hallucinante du juge Marie-Paule
Morrachini (qui s’était vue confier l’instruction
de l’affaire Borrel en novembre
1999 après un premier dépaysement, elle
est dessaisie en juin 2000 ) venue soutenir
à la barre qu’elle était toujours convaincue
de la thèse du suicide avec toujours
le même argument : «Quand j’ai découvert
l’endroit où le corps du juge avait
été retrouvé, j’ai compris que ce n’était
pas un lieu pour se faire tuer, mais un
lieu pour se suicider»
.

Son approche
très mystique de l’instruction a suscité
de nombreuses interrogations et les parties
civiles se réservent d’ailleurs le droit
de déposer une plainte pour violation du
secret de l’instruction à son encontre.

La procureure de la République a estimé
que les faits de subornation de témoins
étaient établis et elle a requis des peines
d’un an de prison avec sursis à l’encontre
d’Hassan Saïd et de Djama Souleiman.

C’est un réquisitoire identique à celui qui
avait été prononcé en première instance.

La Cour ne l’avait pas suivie puisqu’elle
avait alourdi les peines requises en les
transformant en prison ferme et en infligeant
au procureur de Djibouti, six mois
supplémentaires, au motif qu’un magistrat
formé dans une école française ne
pouvait pas se permettre de commettre
un délit … et qu’il l’avait fait en toute
connaissance de cause. La Cour avait
confirmé le mandat d’arrêt européen délivré
à leur encontre.

Il faut ajouter la présence, dans la salle
d’audience, du colonel Ladieh, chef du
bureau militaire du président djiboutien,
désigné comme l’un des tortionnaires les
plus féroces, par une de ses victimes, Ali
Coubba, écrivain djiboutien réfugié en
France qui cite son nom à plusieurs reprises.

(«Une nation en Otage», L’Harmattan,
mai 2000)

Le délibéré a été fixé au 28 mai 2009.

Jean-Loup Schaal

06/03/09 (B488) Avis de l’ARDHD à propos du mandat d’arrêt délivré par la CPI contre Omar Hassan El Bachir. (ARDHD / Jean-Loup Schaal)

Le Soudan ne fait pas partie de la zone géographgie dont l’ARDHD s’occupe en priorité. En revanche, nous ne pouvons pas ignorer les suites pénales contre un dictateur en exercice parce qu’il aurait pu avoir commis des crimes « si graves » qu’ils sont du ressort non pas d’une Juridiction nationale, mais d’une Juridiction mondiale.

Le cas de Bechir est exemplaire !

D’autres dictateurs ou criminels agissant « en gouvernements organisés » et jusqu’aujourd’hui en toute impunité, pourraient avoir (enfin !) à répondre de leurs actes.

Guelleh fait-il partie de cette catégorie ?

Probablement, mais à la condition essentielle que des Djiboutiens, victimes ou parents de victimes, se décident à porter leurs plaintes devant la CPI. Tant qu’il n’y aura pas de plaintes, il n’y aura pas d’instruction ni de mises en examen.

Chaque victime djiboutien a sa part de responsabilité dans la mise en cause ou non du régime de Guelleh.

Comme nous l’avons toujours écrit, à l’instar du GED qui a multiplié les appels en ce sens, le massacre d’Arrhiba en 1991 pourrait être l’un des éléments importants dans la constitution d’un dossier pénal visant Guelleh et/ou ses sbires.

D’autant qu’il devrait y avoir encore de nombreuses preuves disponibles.

__________________________
Rappelons que l’ARDHD avait déposé en 1992 en France une plainte contre Gouled et Guelleh pour crimes contre l’humanité, avec un plaignant djiboutien qui avait été torturé.

Dans sa réponse,
le procureur de la République de Paris a simplement estimé que les tribunaux français n’étaient pas compétents à l’époque pour juger un Chef d’Etat en exercice.

Mais il n’a jamais dit qu’il n’y avait pas « matière » à poursuite.
__________________________


Si la CPI, sachant la médiatisation et les critiques qu’elle devrait supporter, a estimé qu’elle devait délivrer un mandat d’arrêt international, contre Bechir, c’est qu’elle détient assez de preuves et malheureusement probablement trop !

Pourquoi se molibiliser contre cette mesure ?

D’abord son application concrète sera extrêment difficile. Imaginons, par exemple, que Bechir se rende dans un pays étranger : quelle police pourra l’arrêter alors qu’il bénéficie par ailleurs, en vertu des règles diplomatiques, d’un statut d’immunité ??? Simplement les pays étrangers, pour éviter un tel dilemme, éviterons certainement de l’inviter à l’avenir, sauf ceux qui ne respectent pas le droit international …

La position de l’UA est incompréhensible et elle va à l’encontre de l’indépendance de la justice.


En découvrant la position de l’UA qui annonce l’envoi d’une délégation aux Nations unies pour demander l’ajournement de la mesure, nous sommes véritablement choqués. Chacun demande des justices indépendantes ! Et voilà qu’une organisation internationale, censée défendre les peuples et être exemplaire sur le plan des bonnes pratiques, prétend faire pression sur la justice.

Même si nous comprenons les risques qui se profilent derrière cette prise de position, la position de l’UA constitue une véritable honte à nos yeux !

C’est vrai que cela va poser de nombreux problèmes politques, diplomatiques, etc.

Mais c’est le rôle et la responsabilité des politiques et des représentants internationaux de les assumer pour sauvegarder à tout prix la Justice. Si nous voulons pérenniser et /ou rétablir l’indépendance de la justice, au contraire, il faut soutenir, contre vents et marées, tous les magistrats honnêtes et indépendants, dans l’exercice difficile de leurs fonctions.

Sinon nous aurons la justice que nous mériterons : celle des dictateurs et de la Loi du plus fort !