08/01/2012 (B638) L’armée en position délicate. (Par Jean-Loup Schaal) Extrait de l’édition papier de Billets d’Afrique et d’ailleurs, N° 209 de janvier 2012, publié avec l’aimable autorisation de l’Association SURVIE

C’est le 21 décembre, le jour
même de la signature de
l’accord de défense entre
la France et Djibouti, qu’un
nouveau témoin affirmait que
l’armée française savait qu’il
s’agissait d’un assassinat
dès les premières heures de
la mort du juge Borrel
le 18 octobre 1995.

Selon le témoignage de cet appelé,
employé à l’époque comme chauffeur
dans une unité chargée des écoutes au
sein de l’armée française à Djibouti, celle-ci
a été informée de l’assassinat du juge Borrel,
via des écoutes de la police djiboutienne, peu
après son décès.

Ce qui est fort vraisemblable
tant l’armée française est chez elle à Djibouti.

Ce témoignage fait au juge Clément, en charge
de l’enquête française, et révélé la veille par
France Culture, n’apporte néanmoins aucun
élément concernant les meurtriers présumés
ou leurs commanditaires. Il laisse surtout
supposer une complicité franco-djiboutienne
dès le jour de l’assassinat (confirmée par la
suite par les notes récupérées à l’Elysée) et
soulève un point fondamental: pour quelles
raisons, les autorités françaises ont-elles
maintenu contre vents et marées la thèse du
suicide pendant douze ans ?

Car il a fallu attendre 2007 et le communiqué
du procureur Jean-Claude Marin
reconnaissant l’évidence. Ce communiqué,
qui précisait que l’instruction privilégiait
la thèse de l’assassinat, avait été rendu
public, immédiatement après la réception
à l’Élysée, de Mme Borrel par Nicolas
Sarkozy. Celui-ci lui avait alors assuré
à Elisabeth Borrel que le secret-défense
serait levé.

Visiblement la parole était de
bois.

Devant cette nouvelle révélation, le
ministre de la Défense, Gérard Longuet,
est monté en première ligne précisant
que son ministère fournirait toutes les
pièces demandées par la commission
sur la déclassification du secret défense.
Enfin devrait-on dire! Car pour l’ancien
appelé, «il y a forcément une trace» de
l’écoute de la police djiboutienne.

«Sauf
si elle a été délibérément supprimée», di-til,
précisant que les informations du jour
étaient transmises par télex au ministère
de la Défense. «J’attends que M. Longuet
Djibouti – Affaire borrel
L’armée en position délicate
fournisse les documents qui font état de
l’assassinat de mon mari.

Ces documents
existent.

Il lui suffit de lever le secret
défense pour que ces documents puissent
servir, enfin, à la manifestation de la vérité
judiciaire», a confirmé Elisabeth Borrel.
Dans ces conditions, la ligne de défense
serinée sur les médias par Gérard Longuet
était aussi grossière que les innombrables
mensonges de l’Etat dans cette affaire:
«l’armée ne savait pas». A vrai dire, le
ministère est dans une position délicate
car ce témoignage pourrait mener l’armée
française devant les tribunaux.

«Je veux
dire aujourd’hui à M. Longuet que le
fait de tromper la justice pendant seize
ans constitue une infraction pénale»,
a d’ailleurs souligné Elisabeth Borrel,
elle-même magistrate. Longuet le sait
bien puisqu’il déclarait dans son démenti
à France 2: «Si l’armée savait, elle a
l’obligation, c’est dans le code pénal,
article 40, de transmettre au magistrat
toute information sur une affaire
juridique».

Une bouffée d’oxygène
pour Guelleh

Comme un symbole, cette information
capitale a été révélée alors que Nicolas
Sarkozy et Ismaël Omar Guelleh
paraphaient le nouvel accord de Défense
entre la France et Djibouti après de
longues négociations sur le loyer de
la base française. Car c’est bien pour
préserver à tout prix le vieil ami Guelleh,
hôte de la plus importante base française
à l’étranger et régent sans scrupules de
ce petit pays stratégique à l’entrée de la
mer Rouge et face au golfe d’Aden, que
l’Etat français ment éhontément depuis
1995.

Des témoignages, dont celui d’un
ex-membre de la garde présidentielle
Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent
en effet directement en cause le président
Guelleh et son entourage dans l’assassinat
du juge Borrel.
Quoi qu’il en soit, la signature de ce
nouvel accord de coopération militaire
en remplacement de celui conclu en
1977 tombe bien pour le président
djiboutien alors que les finances du pays
sont à sec.

Une bouffée d’oxygène pour
ce régime dictatorial alors qu’il peine à
payer les arriérés de salaire de la fonction
publique, ce qui risquait de provoquer des
manifestations populaires dangereuses
pour la survie de son régime.

Le communiqué de l’Élysée ne révèle rien
sur le contenu précis de ce nouvel accord.
C’est Ismaël Omar Guelleh qui en a
dévoilé quelques lignes dans un entretien
à France 24. Il a confirmé que la France,
en dépit de la diminution significative de
ses forces armées positionnées à Djibouti,
continuerait à verser un loyer mensuel
de 2,5 millions d’euros, garanti sur dix
ans (soit 300 millions au total).

On sait
seulement que le texte paraphé précise
«les facilités opérationnelles accordées»
à l’armée française et qu’à l’instar des
cinq autres accords de défense, renégociés
par la France avec ses anciennes colonies,
il exclut notamment toute intervention
automatique de Paris pour défendre
des gouvernements menacés (Reuters,
21 décembre).

Ce qui ne veut pas dire
qu’elle ne fera plus comme le confirme
le communiqué de l’Elysée qui souligne
toutefois que «la France est fermement
attachée à l’indépendance et à l’intégrité
territoriale de la République de Djibouti,
stratégiquement située au coeur d’une
zone fragile».
En tout état de cause, comme souvent
en Françafrique, les deux parties se
tiennent et sont liées par des secrets
inavouables qu’elles ont tout intérêt
à taire.

Ce qui explique, au-delà de la
position géostratégique de Djibouti, le
soutien aveugle à Guelleh malgré une
récente élection présidentielle truquée et
le maintien du niveau actuel du loyer de
la base militaire française.

En quelque
sorte le prix de son silence.

Les relations
avec Guelleh se poursuivent donc, même
au prix de l’assassinat du juge Borrel
et de l’asservissement des populations
djiboutiennes par un régime ne vivant que
de la corruption, des détournements de
toutes sortes et du clientélisme.

Jean-Loup Schaal

23/12/2011 (B635) 300 millions d’Euro ! Le Prix du silence ? (Jean-Loup Schaal / ARDHD)

Selon ses propres déclarations devant la caméra de France 24, Guelleh vient de renégocier à l’Elysée pour 300 millions d’Euro au total, le renouvellement garanti sur dix ans, de sa rente annuelle de 30 millions (2,5 millions chaque mois !!!).

C’est beaucoup, surtout qu’à cela il faudra certainement ajouter les frais de formation des militaires et officiers djiboutiens et d’autres avantages qui n’ont pas été rendus publics pour le moment. Le seront-ils véritablement lors de la ratification au parlement français …?

2,5 millions d’Euro de salaire par mois ! C’est beaucoup pour le dirigeant d’un aussi petit pays : par la surface et par le nombre d’habitants … Guelleh est certainement le dirigeant le mieux rémunéré de la planète et par un pays étranger !

2,5 millions d’Euro par mois ! C’est beaucoup pour une famille qui possède déjà, dit-on, la cinquième fortune d’Afrique …

2,5 millions d’Euro par mois ! C’est beaucoup pour un régime qui dilapide l’argent public en achetant par exemple des avions de 180 places ou en faisant construire des Palais (Daÿ, Ali Sabieh, Haramous, Arabie saoudite, émirats, appartement de luxe à Paris, etc..)

2,5 millions d’Euro par mois ! C’est beaucoup pour un dirigeant, mauvais gestionnaire, qui asservit sa population, qui a détruit l’économie (publique et privée) et les services publics, en particulier de la santé, de l’éducation, de la justice et de la distribution d’eau et d’électricité,

2,5 millions d’Euro par mois ! C’est beaucoup pour un dirigeant anti-démocratique qui élimine toute forme d’opposition, qui torture les opposants et qui élimine les plus sérieux candidats à sa son remplacement. Guelleh a dit que la justice djiboutienne n’avait jamais fait exécuter personne : c’est vrai ! Mais combien de victimes extra-judiciaires (y compris et entre autres, un magistrat français et un fonctionnaire américain ..)

On sait que le nombre des militaires français a considérablement diminué dans les dernières années, en particulier avec le départ de la 13ème DBLE. On s’attendait à ce que le loyer soit revu à la baisse, puisque le nombre de clients à héberger est en forte diminution. Mais non ! Si l’on croit les déclarations de Guelleh, pas de diminution : la France s’engage à le rémunérer sur la même base pendant 10 ans et à assurer en plus sa sécurité (personnelle ?).

Alors il faut chercher ailleurs les raison de cette générosité outrancière de la France, dans un contexte où elle aurait plutôt besoin de faire des économies que de s’engager à verser 300 millions à un dictateur corrompu, sans aucune obligation ni retombées en faveur de la population.

Acheter le silence ?


Tiens justement ! On reparle au même moment de l’affaire Borrel avec de nouvelles révélations qui mettent en cause l’Armée française (même si le ministre Longuet dont le nez s’allonge un peu plus tous les jours, certifie que l’Armée ne savait pas) … Faut-il que M Longuet soit bien assuré que tous les documents relatifs à cette affaire ont été détruits dans les états-majors français à Djibouti, en France, au Ministère de l’intérieur et à la DGSE ? Qu’il n’en reste pas un original ou même une copie ?

Sinon il risque l’accusation de mensonge public ! …. Côté djiboutien : pas de risque de fuite dans cette affaire ! Avec trois cent millions d’Euro, payables en dix tranches, Guelleh est bien tenu et il ne parlera pas, c’est certain… En cas de besoin, il a de quoi acheter le silence de ses (complices ?) et proches responsables, qui sont aussi au courant des détails de l’exécution du Juge Borrel (voir le SDS ou la Gendarmerie, par exemple).

De là à imaginer que Sarkozy, dans le prolongement de J Chirac, a acheté le silence de Guelleh sur l’affaire Borrel et sur les affaires louches que ce juge intègre aurait pu avoir identifiées … avant de signer son arrêt de mort… le pas pourrait être vite franchi par des témoins envahis par les remords (seize ans plus tard) et par des observateurs indignés, à l’image de ce militaire qui est venu témoigner chez la Juge Clément.

Curieusement, Longuet n’a pas annoncé de poursuites à l’encontre du militaire …

A ce propos, notons que si M. Longuet a déclaré qu’il ne comprenait pas le témoignage de cet ancien chauffeur militaire, il s’est bien gardé de déclarer que l’Armée allait le poursuivre avec toutes les rigueurs de la Loi… ce qu’il aurait du faire automatiquement. si les déclarations du militaire étaient mensongères. Or s’il ne l’a pas fait … ce n’est certainement pas par bonté d’âme !

01/04/08 (B441) SURVIE / Billet d’Afrique N° 168 d’Avril 2008 – Djibouti – Affaire Borrel : une première et une avancée considérable (Sous la plume de Jean-Loup Schaal)

Deux hauts
responsables
djiboutiens, Djama
Souleiman Ali et Hassan
Saïd ont été condamnés le
27 mars à Versailles à des
peines de prison ferme pour
avoir fait pression sur deux
témoins dans l’enquête sur
l’assassinat du juge Borrel.

Le premier, Djama Souleiman Ali est
condamné à dix-huit mois. Actuel
procureur général de la république
de Djibouti, il a, selon le jugement, tenté
de suborner à plusieurs reprises, Mohamed
Saleh Alhoumekani, ancien officier de la
gendarmerie et responsable de la sécurité
du palais présidentiel devenu depuis citoyen
belge. Son objectif était d’obtenir d’Alhoumekani
qu’il se rétracte, car ce témoin est
celui qui a fait basculer le dossier judiciaire
en janvier 2000, en mettant en cause le président
djiboutien, un homme d’affaires corse et
deux autres personnages condamnés à l’époque
pour des actes de terrorisme, Awalleh
Guelleh et Adouani (censés être en prison ce
jour-là) dans la commandite de l’assassinat
du juge Borrel.

Le second, Hassan Saïd est condamné à
douze mois. Patron du SDS (Service de documentation
et de sécurité), il avait obtenu
d’Ali Iftin, officier de gendarmerie et supérieur
de Mohamed Alhoumekani, par la
menace, une lettre destinée à décrédibiliser
son subordonné en le décrivant comme un
personnage instable et présentant des troubles
de comportement. On peut d’ailleurs
s’étonner que Djibouti ait confié la responsabilité
de la sécurité du palais présidentiel
à un être aussi fragile sur le plan psychologique
mais le régime de Guelleh s’auto-affranchit
de ce type de contradiction ….

Peine perdue, Ali Iftin fuit son pays en 2002,
se réfugie en Belgique, en devient citoyen et
déclare qu’il a été contraint de rédiger cette
lettre contre son ancien subordonné sous la
menace de représailles visant sa famille.

Dans cette fameuse lettre, apparaît l’avocat
et député socialiste Arnaud Montebourg,
accusé d’être derrière le «complot»
qui déstabilise Djibouti. À l’époque, il présidait
le groupe d’amitié franco-djiboutien
où il ne cessait de dénoncer les violations
des droits de l’homme de l’ancienne colonie.
Partie civile, Arnaud Montebourg était
présent tout au long du procès de Versailles.

Les deux condamnés, qui boycottent la justice
française depuis la plainte d’Élisabeth
Borrel en 2002, refusant de se rendre aux
convocations et sous le coup d’un mandat
d’arrêt international délivré par la justice
française, étaient défendus par Francis Szpiner.
L’ex-avocat de Jacques Chirac était
accompagné des chefs de la sécurité des
ambassades de Djibouti à Paris et à Bruxelles.

Le président djiboutien Omar Guelleh
n’a donc rien perdu des échanges de la salle
d’audience.

Cette condamnation et la reconnaissance par
le tribunal de la subornation sont des points
très importants dans l’instruction principale,
celle de l’assassinat du juge Borrel, car on
ne suborne pas des témoins s’il n’y a pas un
secret à cacher.

Des attendus très clair

Les attendus du jugement sont clairs :
«Les faits de subornation commis par Hassan
Saïd et ceux commis par Djama Souleiman
s’inscrivent dans un projet concerté
d’entrave à la justice française dans le dossier
d’information ouvert contre X du chef
d’assassinat du juge Borrel.

«Djama Souleiman et Hassa Saïd ont, de façon
constante, refusé de fournir la moindre
explication sur les faits de la prévention, se
soustrayant systématiquement aux convocations
des magistrats instructeurs, ne déférant
pas en personne pour l’audience et cherchant
à transformer la présente procédure en procès
des témoins qui, pour leur part, affirment
avoir agi en leur âme et conscience par obligation
morale à l’égard de la famille Borrel
parce que la thèse du suicide était retenue.
«La qualité de magistrat de Djama Souleiman,
formé sur les bancs de l’université de
Toulouse… exige qu’il soit fait une application
plus sévère de la loi que pour Hassan
Saïd, chef des services secrets de Djibouti…

«En effet Djama Souleiman a commis des
actes déloyaux et indignes au regard de sa
qualité de magistrat… Il a pris le parti de
provoquer l’échec d’une information judiciaire
du chef d’assassinat en faisant usage
des pouvoirs liés à ses fonctions de procureur
de la République pour exercer une pression
sur le témoin Alhoumekani en le menaçant de
représailles sur sa famille et en lui proposant
de l’argent et un poste diplomatique. Les attendus
du jugement reconnaissent également
le préjudice causé à toute les parties civiles
et en premier lieu à Élisabeth Borrel et à ses
enfants.

«Elisabeth Borrel et ses enfants sont des victimes
directs des faits de subornation qui ont
eu pour effet d’entraver le cours de la procédure
quant à l’assassinat de leur époux et père.

«Mohamed Saleh Alhoumekani et Ali Abdillahi
Iftin ont été les premières victimes.

Le premier justifie d’un préjudice moral
lié aux menaces, pressions constantes et
au bannissement d’une partie de sa famille,
ceci suite aux mandats d’arrêt émis.
«Me Arnaud Montebourg justifie d’un préjudice
personnel et direct pour avoir été mis
en cause délibérément par des accusations
mensongères de nature à porter atteinte à
son honorabilité et à son crédit moral.»
C’est une avancée considérable dans l’instruction
de l’assassinat du juge Borrel.

C’est, en effet, la première fois qu’un tribunal
français examinait en audience publique,
l’un des volets de l’affaire. Le jugement
reprend avec une grande précision
toutes les étapes de l’enquête. Il s’agit, sans
nul doute, d’une répétition du procès pour
assassinat qui devra juger les meurtriers du
juge et leurs commanditaires.

D’ailleurs l’avocat de la défense, Maître Szpiner,
semble avoir évolué, puisqu’il a plaidé
en reconnaissant que la «thèse de l’assassinat
s’est imposée» tout en rajoutant qu’il
«n’avait jamais cru à l’implication de la République
de Djibouti.»

Me Szpiner, qui a annoncé qu’il ferait appel, a
eu une drôle de formule : « C’est un jugement
marqué du sceau du corporatisme» précisant
que «jamais ses clients ne se présenteront devant
le tribunal». Une habitude en somme…
La réaction de la présidence djiboutienne ne
s’est pas attendre : elle a publié un communiqué,
accusant la justice française de racisme et
les fonctionnaires français de pédophilie.

Se dirige-t-on maintenant vers la rupture
des relations diplomatiques franco djiboutiennes,
annoncée par le président djiboutien
?

Ce ne sera pas une première pour
l’ambassadeur de France, Dominique Decherf,
qui avait déjà fermé celle au Rwanda.
Au minimum, un rappel des ambassadeurs
respectifs pour consultation n’est pas à exclure.

Jean-Loup Schaal

22/04/06 (B347-A) Le grand silence ! Que se passe-t-il ? Rien ??? Et si l’opposition nous préparait une grande surprise ? (Jean-Loup Schaal)

Après la récente période durant laquelle l’actualité était fort abondante, cette semaine a marqué un contraste : le silence sur tous les domaines. Il suffit de comparer le nombre d’articles dans nos denières éditions hebdomadaires avec celui du dernier numéro envoyé aux abonnés (B 346) pour mesurer la différence.

Certes il y a les vacances en Europe, mais cela n’explique pas le calme actuel. Nous sommes toujours fidèles au poste, mais nous ne recevons pratiquement aucune information depuis plusieurs jours, alors que nous étions habitués à un ryhtme soutenu, qui nous permettait de construire un véritable journal d’information. Est-ce le calme qui précède la tempête ?

Pourtant les sujets ne manquent pas (liste non exhaustive) :

1°) la menace de reconduite à la frontière de la famille d’Abdoulkader Guidar,
qui semble s’éloigner grâce à la grande mobilisation, en particulier des Brestois et qui devrait aboutir à l’annulation de l’arrêt de reconduite …

2°) l’affaire des quatre syndicalistes,
placés en liberté surveillée.
Puis l’expulsion des diplomates du BIT
et des représentants d’organisation internationale : FIDH, CISL, qui semble avoir été une nouvelle erreur grave commise par le régime de Guelleh,

3°) la dégradation des relations et de la confiance entre les Américains et Guelleh,
qui semble avoir été évoqué lors de la dernière conférence bi-partite de l’USAID à Djibouti,

4°) les suites du naufrage du boutre
à quelques encablures du port, qui a fait plus d’une centaine de victimes et de disparus, endeuillant de nombreuses familles djiboutiennes,

5°) la dégradation des relations de confiance entre Dubaï et Guelleh qui semblent avoir commencée.
Certains n’hésitent plus à dire que Dubaï pourrait renoncer à la construction et à l’exploitation du Port Conteneur …..

6°) la tension croissante entre Guelleh et l’Ethiopie.
Guelleh aiderait-il l’Erythrée en faisant transiter des Oromos par Djibouti, pour qu’ils suivent un entraînement en Erythrée ??

7°) l’affaire Borrel
qui devrait connaître des rebondissements dans les prochaines semaines, avec de nouveaux témoignages accablants pour Guelleh,

8°) le naufrage de la situation en Somalie
qui signe l’échec de Guelleh et de sa conférence d’Arta.

9°) la fraude électorale et la non-application des accords de mai 2001.

10°) l’opposition djiboutienne,
si l’on croit les rumeurs qui nous parviennent de différentes sources, qui aurait (enfin !) décidé de se réunir dans son intégralité pour évoquer la situation et étudier les moyens de mettre un terme à la dictature. Il semble que des conversations soient menées depuis plusieurs semaines pour parvenir à l’organisation d’une grande réunion à laquelle participeraient toutes les composantes de l’opposition djiboutienne.

Nous ne pourrions que soutenir une initiative de cette envergure. Il est grand temps que les opposants djiboutiens mettent en « stand by » leurs propres ambitions et qu’ils discutent, comme nous le demandons depuis plusieurs années, des objectifs prioritaires :

1 – Les conditions et les moyens pour licencier Guelleh et sa bande.

2 – définir un programme pour une période de transition :

  • remettre en marche l’économie djiboutienne et la justice,
  • recenser la population et les personnes qui remplissent les conditions pour être électeurs,
  • préparer des élections libres en réunissant toutes les conditions pour un débat public et libre, afin de permettre à chaque formation d’exposer sa vision et son programme et de donner aux électeurs un véritable choix conforme à leurs aspirations,

Sur la base d’un tel programme crédible et réaliste, il ne fait aucun doute que la communauté internationale pourrait étudier l’opportunité d’apporter son aide et son soutien. Actuellement, en particulier les Américains et les Français (dans une moindre mesure) ne sont plus des supporters convaincus de Guelleh. Que recherchent-ils au fond ?

Mais ils privilégient, avant tout, la stabilité institutionnelle à Djibouti !

L’opposition souvent muette et parfois même immobile, avec ses dissenssions, ses objectifs parfois contradictoires, ses luttes pour la prédominance et son manque de réactivité n’avait aucune chance de parvenir à convaincre la communauté internationale de sa capacité à assumer la conduite du changement et le redressement du pays. Donc elle n’a reçu aucun soutien ni aucune aide …

Une alliance et un projet acceptés de tous les opposants, pour la conduite d’une période de transition , constitueraient certainement des arguments crédibles pour convaincre les deux nations implantées militairement à Djibouti et plus généralement l’ensemble de la Communauté internationale.

Il ne faut pas être pessimiste : lorsque l’opposition se réveillera, Guelleh aura des soucis à se faire. Et les jours de son régime seront comptés.

Ne pas perdre le cap !

Les hommes politiques ne devraient jamais oublier les objectifs prioritaires de leur mission et de leur raison d’être. Avant de penser à gagner le pouvoir pour bénéficier de tous les plaisirs et tous les avantages de la fonction, leur raison d’être est d’assurer la vie collective et le bien-être de la Population ….

Aujourd’hui les Djiboutiens ont besoin de retrouver des conditions pour vivre dans la liberté et dans la paix et pour assurer les besoins matériels de leurs familles. Les hommes politiques ne devraient jamais oublier leur mission fondamentale.

Jean-Loup Schaal

17/10/05 (B320) En quoi l’absence de DAF à la barre des témoins au procès du 18 octobre est-elle regrettable et porteuse de soupçons ? (Jean-Loup Schaal)

Rien ne permet d’affirmer avant le début de l’audience, que DAF sera absent de la Salle d’audience. On ne peut pas faire de procès d’intention.

En revanche, on peut déjà affirmer qu’il ne témoignera pas. La liste des témoins doit être signifiée environ 45 jour avant l’audience s’ils résident en France et 75 jours environ s’ils résident à l’étranger. En dépit de mes appels téléphoniques personnels et des appels sur le site, il n’a pas manifesté son désir de témoigner.

Pour qu’il puisse témoigner à l’audience, il faudrait un accord de toutes les parties : partie civile de Zakaria, Juges et Procureur de la République. Cela m’étonnerait que nous l’obtenions, encore faudrait-il même que DAF le sollicite. Ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.

Personnellement et sans n’en tirer aucune conclusion hâtive ou anticipée, je ne comprends pas son attitude pour de nombreuses raisons, que je citerai par ordre croissant d’importance :

  • La première est la gratitude et la responsabilité. Un samedi d’avril 2003, dès que je fus alerté par ses plus proches collaborateurs, de son emprisonnement, nous avons aussitôt déclenché l’alerte rouge de l’ARDHD, ce qui signifie la mise en place d’un système d’information spécifique et renforcé. En dehors des informations publiées sur le site, nous informons la presse et les organisations concernées, en l’occurrence, surtout RSF et Survie.
    • Ensuite notre association a relayé tous les messages (y compris ceux du MRD de Belgique), de soutien et d’appel à manifester en France, en Belgique. Comme elle l’avait annoncé plusieurs jours à l’avance, elle a lancé une pétition internationale, qui a recueilli plusieurs centaines de signatures.
    • Rappelons que notre association s’est fixée pour mission de permettre à tous les opposants, sans distinction (hormis l’appartenance ou non à l’opposition) de s’exprimer librement. A ce titre, elle a publié tous les communiqués, messages et compte-rendu de manifestation du MRD, comme ceux d’ailleurs de tous les autres partis, syndicats et associations. N’ayant aucune ambition politique à Djibouti, je me suis toujours refusé à pratiquer la censure que je dénonçe par ailleurs et j’assume mes choix, dans le seul intérêt du Peuple djiboutien. 
  • La deuxième est l’importance de ce procès « exceptionnel »: il va se dérouler avec en fond l’affaire Borrel : en particulier les récents refus de Djama Souleiman, d’Hassan Saïd et de Guelleh de se rendre aux convocations de la justice française. Il va permettre d’exposer devant une Cour française impartial et devant des journalistes français et étrangers, toutes les violations des Droits de l’Homme commises à Djibouti : tortures, viols, emprisonnements arbitraires, exécutions extrajudiciaires, destructions de villages, d’écoles et de centres de soin, génocides, utilisation d’armes chimiques contre les civils, …. La présence de DAF aurait été utile, car il dispose certainement d’informations que nous n’avons pas et son témoignage aurait été d’un grand intérêt et d’une grande utilité, pour dénoncer les pratiques condamnables du régime de Guelleh, ce qui devrait être l’objectif de tout opposant convaincu.
    • N’oublions pas que parmi les textes qui nous seraient reprochés, nombreux seraient signés par le MRD de Belgique, qui a renoncé formellement, à l’époque, à bénéficier de l’anonymat que nous garantissons à tous nos lecteurs pour assurer la sécurité des familles. C’est la raison pour laquelle je réponds personnellement au Tribunal, ayant refusé de divulguer nos sources.
    • La partie civile pourrait être tenté d’utiliser l’absence de DAF pour tenter de nous déstabiliser.
  • La troisième et la plus importante est le fait que DAF avait l’occasion unique de montrer qu’il était totalement engagé dans l’opposition et que les procès à Djibouti, étaient montés de toutes pièces par une Justice aux ordres de la dictature et qu’il était innocent et condamné pour d’autres raisons …
    • Une condamnation de l’ARDHD entrainerait automatiquement la reconnaissance du bien-fondé de la condamnation de DAF par le Tribunal de Djibouti et donc la matérialité des faits qui lui étaient reprochés. Ne pas venir le 18 octobre, c’est prendre ce risque …

Quoi qu’il en soit et au-delà, non pas de cette trahison, mais de ce lâchage surprenant, je suis confiant dans notre défense. Avec la présence à mes côtés du bâtonnier Roger-Vincent Calatayud, militant des Droits de l’homme et membre de plusieurs instances nationales, nous serons présents le 18 octobre et nous présenterons un dossier complet, lourd et documenté … qui sera confirmé par les témoins qui ont accepté de se présenter à la barre et parmi eux Roger Picon, Ali Iftin, Mohamed Alhoumekani, Abdallah Deberkalleh, Abdourahman Yassin, Ali Coubba, …. Nous aurons aussi une pensée émue et particulière pour François-Xavier Verschave qui aurait du être présent lui aussi, si la maladie ne l’avait pas emporté fin juin.

Alors l’absence de DAF : une faute politique majeure ?

Nous ne pouvons le dire. Son absence laissera quand même supposer à de nombreux observateurs (dont certains s’expriment sur le site) qu’il pourrait ne pas être un opposant aussi engagé que certains le pensent et que l’existence d’accords privilégiés avec le régime en serait la raison essentielle. Nous nous refusons toujours à envisager un double jeu possible, bien que depuis le revirement de Me Aref, qui défendra le Général Zakaria contre nous, nous soyons contraints à plus de vigilance.

En application du principe de précaution, compte-tenu du doute sérieux et tant qu’il ne sera pas publiquement levé, nous ne publierons plus aucune information en provenance du MRD sur le site de l’ARDHD.

Jean-Loup Schaal
Président de l’ARDHD

12/09/04 (B263) Ahmed Dini n’est plus. Paix à son âme.

C’est avec la plus grande tristesse, que nous venons d’être
informés du décès d’Ahmed Dini qui serait survenu ce
dimanche matin, à son domicile à Djibouti. Conformément
à la tradition il aurait été enterré dans la journée.

Toute l’équipe
de l’ARDHD tient à présenter ses plus sincères condoléances
à sa famille, à ses proches et à ses amis et aux membres
de l’ARD et de l’opposition.

Ahmed Dini a participé
à la décolonisation de Djibouti. Dès l’indépendance,
il fut appelé par Gouled, pour occuper les fonctions de Premier Ministre.
En désaccord avec la politique et ne voulant pas cautionner des décisions
qu’il contestait, il eût la force et l’honnêteté de démissionner.

Membre du FRUD Armée,
il avait accepté d’en devenir le Président après l’interposition
française et l’accord de cessez-le-feu qui avait suivi, fonction qu’il
a conservé jusqu’à ce jour, ensuite au sein de l’ARD. Il fut le signataire des accords
de Paris, qui ont mis fin à la résistance armée et il
a développé toute son énergie pour les faire appliquer.
C’est lui qui a transformé le FRUD-Armée en un parti politique : l’ARD.

Durant les dernières
élections, il s’était présenté résolument
aux côtés de l’opposition à l’UMP, parti de Guelleh, que
d’autres opposants, contrairement à lui, avaient rejoint par convenance
personnelle.

Ce texte a été
préparé très rapidement par l’équipe de l’ARDHD et nous
espérons qu’il est conforme à l’histoire. Dès que possible,
nous publierons un rappel de la vie d’Ahmed Dini, l’un des grands hommes politiques de Djibouti, et de son engagement sans faille pour
la liberté et le respect des droits de l’homme. c’était aussi un homme croyant et fondamentalement attaché à la religion mulsumane.

Personnellement, en ma
qualité de Président de l’ARDHD, j’avais eu l’occasion de le
rencontrer à maintes reprises et il m’avait toujours accueilli avec son sens de l’amitié et son optimisme sans égal. A chaque fois, j’avais été
impressionné par la qualité de sa vision politique et par sa capacité exceptionnelle
à faire abstraction du quotidien pour dresser un tableau complet de
la situation et de son évolution.

Il ne fait nul doute que sa disparition va laisser un grand vide dans la vie politique à Djibouti. Ses avis étaient sollicités en raison de sa sagesse et de son sens du dialogue.

Que Dieu l’accueille en
son paradis éternel, Amin

Jean-Loup
Schaal

19/11/03 (B221) MM. Alhoumekani et Iftin vont-ils s’exprimer cette semaine, devant les caméras de TF1 ?

Des indiscréditions
nous ont informé que MM. Alhoumekani et Iftin pourraient avoir décidé
de s’exprimer cette semaine au micro de journalistes de TF1. Cette information
est d’autant plus intéressante que les deux intéressés
avaient fait part, il y a une dizaine de jours, de leur intention de ne plus
s’exprimer ni devant les media français ni devant la justice.

Nous igonorons, à
cette heure, les raisons qui auraient pu motiver cette nouvelle décision,
encore faudra-t-il qu’elle soit confirmée officiellement.

20/10/03 (B217) Affaire Borrel : deux conférences de presse annoncées pour le mardi 21 octobre à Paris et à Bruxelles. Suicide ou assasinat d’Etat ?

Nous sommes informés
du fait que deux conférences de presse, devraient être organisées
à Paris, puis à Bruxelles ce mardi 21 octobre, dans le cadre
de l’affaire Borrel.

Ce deux conférences
sont annoncées :

1 – à l’initiative
des avocats de Mme Borrel à Paris. Nous nous attendons à des
révélations importantes sur la mort du Juge Borrel à
Djibouti. Suicide ou meurtre d’Etat. On peut imaginer que la réponse
officielle (celle de la Justice française) puisse être donnée
par les avocats de Mme Borrel et il y a tout lieu de penser que la thèse
du suicide, si chère à IOG, sera définitivement écartée.
Si c’était le cas, y aura-t-il, des informations sur les responsables
(coupables) présumés ?

2 – plus tard à
Bruxelles à l’initiative de l’un des témoins réfugiés
en Belgique, Mohamed Alhoumekani et de l’ex-Commandant de la Garde présidentielle,
Ali Abdillahi Iftin.

Ces conférences
de presse devraient engendrer une information sur les télévisions
et en particulier sur Soir 3. IOG fera-t-il couper la retransmission comme
il a l’habitude de le faire ? Les paris sont ouverts et les Djiboutiens constateront
si leur Président, comme il le fait depuis toujours, essaie de leur
masquer la vérité en interrompant la diffusion de nouvelles
de l’étranger.

Qu’importe, nous savons
qu’il suffit de quelques jours pour que des cassettes circulent sous le manteau
et que chacun puisse voir et entrendre l’émission.

25/08/03 (B209) Bravo aux athlétes ethiopiens !

En conquérant les
trois premières places dans le 10.000 M du mondial qui se déroule
à Paris en ce moment, les athlètes éthiopiens ont dominé
la course sans partage.

Nous leur adressons toutes nos félicitations.