11/11/10 (B577) La politique française consisterait-elle à tenir le pot de chambre aux Tyrans en supportant leurs excès, frasques et inconduites tant qu’ils se maintiennent au pouvoir, pour mieux leur verser le contenu sur la tête le moment venu. (Par Justicia)

La Chambre criminelle, présidée par Bertrand Louvel, vient de créer un cas de jurisprudence d’une grande portée pour l’émergence de la vérité en jugeant recevable la plainte de Transparency International, une Organisation Non Gouvernementale (ONG) spécialisée dans la lutte contre la corruption, dans l’affaire dite des « biens mal acquis ».

Cette affaire, aux multiples rebondissements, a débuté en mars 2007.

En voici les principales dates et phases.

Le 27 mars 2007.
Trois associations françaises (ONG) déposent conjointement une plainte contre X mettant indirectement en accusation trois Chefs d’Etats africains disposant de somptueux patrimoines en France financés par de l’argent public détourné.

Cette affaire dérangeant au plus haut point l’Elysée car susceptible d’impliquer beaucoup de « beau monde », en Afrique comme en France, l’Etat français met tout en œuvre pour faire « classer l’affaire sans suite ».

Cette pratique consistant à faire opposer aux plaignants une « fin de non recevoir » est identique à celle que l’on a tenté d’imposer dans l’affaire de l’assassinat du Juge Bernard Borrel ; le « juge fouineur », homme de courage « effacé » à Djibouti en octobre 1995.

Le 2 décembre 2008.
Deux ONG relancent l’affaire à partir d’un solide dossier et déposent une nouvelle plainte contre X et visant à nouveau les mêmes Chefs d’Etats africains. Ces deux plaintes furent déposées par Transparency International et un ressortissant gabonais en exil qui tout en se portant partie civile mettront en cause le président gabonais d’alors, Omar Bongo (décédé en juin 2009), le Congolais Denis Sassou N’guesso et l’Equato-guinéen Theodoro Obiang N’guema.

Le 5 mai 2009.
La doyenne des juges du pôle financier de Paris juge recevable les plaintes avec constitution de partie civile et donne ainsi suite à l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Aussitôt, le parquet de Paris fait appel de cette décision.

Le 29 octobre 2009.
La Cour d’Appel de Paris désavoue la doyenne des juges et refuse ainsi l’ouverture d’une enquête judiciaire sur ce que l’on appelle dès lors comme étant « l’affaire des biens mal acquis ».

Le 16 novembre 2009.
L’association MLA (Le Moment de se Lever pour l’Afrique), qui a son siège social à Paris, dépose à son tour une plainte auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris contre quatre Chefs d’Etats africains.

Outre les trois Chefs d’Etats cités, elle assigne le président sénégalais Abdoulaye Wade. En décembre de la même année, ce dernier demande aux maires des communes françaises concernées de « faire vendre » rapidement toute propriété immobilière censée… lui appartenir.

Le 2 novembre 2010.
Une nouvelle association regroupant des Camerounais exilés en France dépose plainte contre le président camerounais Paul Biya sous le motif de » recel et détournement de fonds publics ». Le parquet classe rapidement cette affaire sans suite alors qu’il en avait déjà fait de même, en février 2010, pour une plainte déposée par une autre association, le Conseil des Camerounais de la Diaspora.

Le 9 novembre 2010.
La Chambre criminelle, présidée par Bertrand Louvel, a jugé recevable la plainte de Transparency International, une Organisation Non Gouvernementale (ONG) spécialisée dans la lutte contre la corruption, dans l’affaire dite des « biens mal acquis ».

Constat est fait que depuis des mois, voire des années, le parquet met un frein à l’action de la justice mais la décision de la Chambre criminelle vient de lui opposer un camouflet en acceptant qu’un juge d’instruction soit saisi dans les jours qui viennent.

Il lui appartiendra de déterminer, en son âme et conscience, dans quelles conditions le patrimoine visé a été acquis et s’il y a eu, ou pas, détournement d’argent public.

Des rapports de la Police française qui parlent d’eux-mêmes !

Selon les premiers résultats des enquêtes effectuées, l’un des fils du président l’Equato-guinéen Theodoro Obiang N’guema disposerait, à titre personnel, d’un parc automobile….bien plus que conséquent.

En effet, il aurait acquis – suivant un financement pour le moins atypique – plus de 15 véhicules de luxe pour une somme dépassant les 5,7 millions d’euros (Ferrari, Aston Martin, Mercedes..).

Les chèques de ces achats étaient au nom de sociétés ou de tiers dont l’identité n’a pas été révélée…pour l’instant.

Mais les investigations ne s’arrêtent pas là.

Entre autres révélations, certaines étant encore protégés par les secrets de l’instruction, l’OCRGDF (Office Central pour la Répression de la Grande Délinquance Financière) a également mis à jour un « patrimoine immobilier presque …pharaonique » localisé dans des quartiers huppés et à forte valeur marchande.

Chaque Chef d’Etat africain mis en cause a choisi son quartier…

De ce que l’on en sait, le VIIème et le VIIIéme arrondissement de Paris pour Omar Bongo et son épouse, le XVIème arrondissement et Neuilly sur Seine, dans les Hauts de Seine, pour un de leurs proches…..

Le Vésinet (Yvelines) pour le .. frère de Denis Sassou N’guesso et pour d’autres les hauts de Nice et Aix en Provence…etc…etc

La superficie de ces « résidences » est le plus souvent bien supérieure à 250 mètres carrés alors que le patrimoine immobilier connu…des trois premiers Chefs d’Etats mis en cause dépasserait largement les…200 millions d’euros.

L’enquête de l’OCRGDF a également permis de constater l’acquisition en juin 2007 d’un hôtel particulier situé dans le VIIème arrondissement de Paris pour une somme dépassant les 19 millions d’euros par une société civile immobilière (SCI), la SCI de la Baume.

Le porteur de parts majoritaire ne serait autre qu’Edith Sassou N’guesso, fille du président congolais Denis Sassou N’guesso et …épouse du défunt président du Gabon, Omar Bongo.

Les enquêteurs ont, d’autre part, fait l’inventaire partiel des comptes et des livrets bancaires détenus en France par les Chefs d’Etats et leurs proches.

L’un des fils d’un Chef d’Etat africain visé par les plaintes disposerait à lui seul de huit comptes ou livrets dans une banque niçoise.

Les investigations apporteraient-elles des résultats dans d’autres affaires ?

Une femme, proche d’un autre Chef d’Etat d’une ancienne possession française et non cité dans cette affaire, disposerait quant à elle de huit (ou 12 ?) comptes dans quatre banques parisiennes…

Le montant des sommes déposées sur ces comptes bancaires « spéciaux » n’a pas été révélé officiellement alors qu’une « fuite d’informations » aurait indiqué qu’il se chiffrerait en centaines de millions d’euros…

Comme le stipule la loi française, si les Chefs d’Etats en exercice bénéficient, par principe, d’immunité présidentielle (disons plutôt d’impunité) contre d’éventuelles poursuites judiciaires, les membres de leur famille ne pourraient jouir d’une telle immunité que « s’ils accompagnent le Chef de l’Etat lors d’une visite officielle en France »….

A bon entendeur, Salut !

_____________ Un « tsunami judiciaire » qui se préparerait à Paris ?

La décision de la Cour de Cassation de juger recevable la plainte de Transparency International dans l’affaire dite des « biens mal acquis » a provoqué quasi immédiatement un véritable vent de panique ; une forme « d’ouragan » parmi les avocats des Chefs d’Etats concernés et chez…bien d’autres qui se pensaient être à l’abri du « Tsunami judiciaire » qui se prépare à Paris à leur encontre.

La politique française ne consisterait-elle pas à tenir le pot de chambre aux Tyrans et supporter leurs excès tant qu’ils se maintiennent au pouvoir, pour mieux leur verser le contenu ensuite sur la tête et le moment venu.

Cette décision, qui fait jurisprudence, va indubitablement entrainer une multitude de dépôts de plainte, avec constitution de partie civile alors que le parquet de Paris avait considéré, jusqu’à présent, que des associations ne pouvaient pas à l’origine de poursuites judiciaires car « n’ayant pas d’intérêt à agir »……et n’ayant pas subi de préjudices directs de délits éventuels.

L’Association française de lutte Contre la Corruption (ANTICOR), dont le président d’honneur n’est autre que le Juge Halphen, a décidé de sauter dans la brèche ouverte et de déposer diverses plaintes surmontant ainsi l’inertie du parquet dans certaines affaires politico-mafieuses…et financières.

La décision de la Cour de Cassation à Paris est une fenêtre ouverte et inespérée pour les partis politiques d’opposition à Djibouti avec la création d’associations anticorruption ayant leur siège à Paris !

Agir ainsi, ce serait « AGIR en conformité avec l’évolution du droit positif ».

Ne vous demandez pas ce que la Justice française peut faire pour vous, posez-vous la question de savoir de quel courage vous disposez pour sortir votre pays de la tyrannie et du faillite économique, sociale et politique.

02/05/07 (B393) Le refus de la Gendarmerie d’assister les Juges dans leurs perquisitions au MAE et à la Justice est un fait exceptionnel, parce qu’il est contraire aux Lois et aux Décrets qui organisent et réglementent la Gendarmerie. La situation est ANORMALE … (Par Justicia)

Qu’on
l’admette ou pas, la France est un État de droit et sa démocratie
bien qu’imparfaite (comment pourrait-il en être autrement ?) est
fondée sur un socle principal qui est la Déclaration universelle
des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 qui contient quelques principes
fondateurs dont son Article 16 qui précise que : « Toute société
dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la
séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de
Constitution ».

En
refusant à la mi-avril de perquisitionner au Quai d’Orsay et à
la Chancellerie dans le cadre de l’enquête sur d’éventuelles
pressions exercées sur la justice dans l’affaire de l’assassinat du
Juge Bernard Borrel, en octobre 1995 à Djibouti, et sous le motif que
la France est en période d’élections présidentielles,
les autorités de la gendarmerie française qui se sont affranchies
des ordres reçus par la Justice ont créé, de ce fait,
un précédent inacceptable et porté gravement atteinte
aux obligations qui leur sont faites.

De surcroît, le lieutenant-colonel Jean-Philippe Guérin, commandant
de la section de recherches (SR) de Paris, expliquant aux juges d’instruction
que ses services ne perquisitionneront pas ces ministères « compte
tenu du contexte politique actuel de période électorale »
n’avait pas, à notre sens, l’autorité nécessaire
pour prendre une telle décision de « refus d’exécution
» qui est de la seule compétence d’un tribunal.

Pour s’en
convaincre, il convient de se référer :

Au Décret
Organique du 20 mai 1903, portant règlement sur l’organisation
et le service de la gendarmerie et au Décret portant règlement
sur l’organisation et le service de la gendarmerie, version consolidée
au 15 décembre 2004 ; édités par Légifrance.

Ils imposent des
devoirs et des obligations aux fonctionnaires de la Gendarmerie nationale.

Les principaux articles
à connaître sont :
(
……)

Art. 71 –
La main forte est
accordée toutes les fois qu’elle est requise par ceux à
qui la loi donne le droit de requérir.

Art 76.
Lorsque la gendarmerie est légalement requise pour assister l’autorité
civile dans l’exécution d’un acte ou d’une mesure quelconque, elle
ne doit pas être employée hors de la présence de cette
autorité et elle ne doit l’être que pour assurer l’effet de la
réquisition et faire cesser, au besoin, les obstacles et empêchements.

(……)

Art.110 –
La police judiciaire
a pour but de rechercher les infractions à la loi pénale, c’est
à dire, toutes les infractions prévues et punies par le Code
Pénal et les autres textes répressifs…..

(……)

Art. 128 –
Les militaires de
la Gendarmerie constatent les crimes, délits et contraventions prévus
et punis par le Code Pénal et les autres textes répressifs.

Ils procèdent à des
enquêtes préliminaires, seuls ou conjointement avec les officiers
de police judiciaire, à l’effet de recueillir les déclarations
de toutes personnes qui sont en état de leur fournir des indices, preuves
et renseignements de nature à amener la découverte des auteurs
de ces infractions.

(……)

Art. 292 –
Les militaires de
la gendarmerie dressent des procès-verbaux de toutes opérations
qu’ils effectuent, notamment sur réquisition ou sur demande de
concours.

Art. 293 –
Elle dresse également
procès-verbal des crimes, délits et contraventions de toute
nature qu’elle découvre, des crimes et délits qui lui
sont dénoncés, de tous les évènements importants
dont elle a été le témoin….

La rédaction des procès-verbaux
doit être claire, précise, et offrir un exposé des faits
dégagé de tout événement ou de toute interprétation
étrangère à leur but, qui est d’éclairer
la justice sans chercher à l’influencer.

(……)

Art. 302 –
Une des principales
obligations de la gendarmerie étant de veiller à la sûreté
individuelle, elle doit assistance à toute personne qui réclame
son secours dans un moment de danger.

Tout militaire du
corps de la gendarmerie qui ne satisfait pas à cette obligation, lorsqu’il
en a la possibilité, se constitue en état de prévarication*
dans l’exercice de ses fonctions.

(*) Prévarication-[Larousse]:
manque aux devoirs de sa charge par mauvaise foi ou par intérêt)

_________________________________________________

Ne pas se déplacer
pour assister qu’elle est requise par ceux à qui la loi donne
le droit de requérir est donc à considérer comme ANORMAL
– art. 71.

Ne
pas dresser de procès-verbal pour des infractions constatées
est donc à considérer comme ANORMAL – art. 293

26/10/06 (B366) Dans l’affaire de l’assassinat du Juge Bernard Borrel, le 19 octobre 1995 à Djibouti, l’État actuel a sa «raison» que la morale publique et la Justice française ignorent. (Justicia.)

La raison
d’État est une raison mystérieuse, inventée sous Richelieu,
par et pour la politique aux fins d’autoriser et de légaliser ce qui
se fait sans raison ni justification. Au fil des siècles, cette "Raison
d’État" s’est toujours octroyée de beaux privilèges,
sans réserve d’aucune sorte. De par la force de son pouvoir et de son
seul jugement, ce qui lui paraît utile lui devient forcément
permis, et tout ce qui est nécessaire est honnête, en fait de
politique.

Inavouables
et illégaux en démocratie bien des actes et des cautions apportées
à Ismaïl Omar Guelleh ont ainsi pu se produire dans cette indigne
affaire d’assassinat de la Justice française, grâce à
l’alibi par trop facile du «Secret Défense», du «Secret
d’État» et des hypothétiques "intérêts
des deux États concernés".

Dans une
telle situation, comment peut-on expliquer qu’un pays comme la France, patrie
des Droits de l’Homme, ose tergiverser voire bafouer impunément les
décisions judiciaires dans l’affaire de l’assassinat de
sa propre Justice, et sur ordre des plus hautes instances de l’État
?

Un
peu d’histoire aide à mieux comprendre mais ne saurait tout justifier.

C’est
aux XVIe et XVIIe siècles que l’État «moderne» s’affirme
par une concentration des pouvoirs et la mise en place d’un «appareil»
lisible. Des penseurs tels que Jean Bodin, Machiavel, Richelieu ou Bossuet
défendaient alors l’absolue nécessité d’un État
fort ; celle d’un État capable de résister au cycle infernal
de la décadence qui fut fatale et entraîna la chute de l’Empire
romain, quelques treize siècles plus tôt.

Pour Machiavel,
la seule finalité de l’État est donc de durer envers et contre
tout et dans ce but, «tous les moyens sont bons pour y parvenir ».

Au siècle
suivant, Richelieu va élaborer le fondement de la «raison d’État»,
qui place la survie, la bonne pérennité et les intérêts
de l’État lui-même au-delà de la morale publique.

«Incarné»
par le roi («l’État, c’est Moi»), l’État sera ainsi
doté d’une «raison» permettant de justifier des actes illégaux
couverts par l’alibi du « Secret d’État ».

Les décisions
se prennent dans l’intimité du Cabinet («le secret du Roi»).
Le pouvoir dit se vouloir toujours plus « parfait », et surtout
d’être en mesure d’exercer le contrôle du pays et de ses habitants
le plus absolu.

La
France, un cas d’école

Si la
prise de la prison de la Bastille (où la royauté tenait ses
ennemis «au secret») est le symbole de la Révolution française
et de l’émergence de la liberté, elle ne marquera pas
l’avènement de la transparence entre le citoyen et l’administration
qui va suivre.

L’État
républicain conservera le goût du secret qui se développera
encore sous Bonaparte qui avait compris que «Le Prince» ne saurait
gouverner qu’à l’abri du secret. Le Ministre Fouché inventera,
quant à lui et afin de « mieux servir » l’Empire,
la police moderne avec ses fiches et ses espions.

La défaite
de 1870/1871, la France la doit à une guerre totalement improvisée
contre le Reich, faute de renseignements ; ce qui amena la chute de l’empire
et la proclamation de la république. Suite à la débâcle,
le «2e Bureau militaire» sera créé et chargé
de l’information au sein de l’état-major, puis ce sera la naissance
d’un service de contre-espionnage.

Dans les
années qui vont suivre, on verra apparaître la première
« bavure d’État » officielle avec l’affaire Dreyfus, éclaboussant
l’«opinion publique» et impliquant des militaires de haut rang
agissant « sur ordres ».

L’alibi
du «Secret Défense»

Guerre
après guerre, en France comme ailleurs, les États ont diversifié
et gonflé leurs secrets, qui se sont étendus bientôt à
l’industrie, à l’économie et à la science. Lorsqu’un
individu partage ses secrets avec un autre, on parle de relation intime, de
confiance.

La France
de Vichy partagera majeure partie de ses secrets avec l’Allemagne nazie (exception
faite de l’endroit où fut entreposé l’uranium de Pierre et Marie
Curie…) et c’est là que les termes de «collaboration»
et « d’asservissement politique »prendront alors tout leur
sens.

Dès
1958, le général Charles de Gaulle saura tirer les conséquences
de cette vigoureuse fraternité de cinq ans. Se défiant de l’allié
américain, il développera dans la plus grande discrétion
la dissuasion nucléaire française, imposera une politique d’indépendance
vis-à-vis de celle des USA et de ses visées et fit du secret
un instrument politique majeur.

Un
mal nécessaire?

Le problème
du secret d’État pose celui du fonctionnement même des institutions
démocratiques et de la transparence. Il existe une contradiction apparente
entre les idéaux démocratiques d’une part inscrits dans la Constitution
et la nécessité pour l’État de mener à bien sa
politique, d’autre part. Il convient d’observer que dans les domaines de la
Défense ou des Affaires étrangères, la réussite
d’une négociation dépend parfois du secret.

Si toutes
les vérités ne seraient donc pas bonnes à dire, le citoyen
serait-il incapable de comprendre certaines choses? On note du moins que ce
que l’on tente d’imposer comme étant le secret d’État
est de moins en moins bien accepté dans des sociétés
dites modernes qui aspirent à toujours plus de transparence ; a fortiori
depuis la fin de la Guerre froide.

Plus
de transparence?

C’est
ainsi que de puissants mouvements associatifs se sont créés
et revendiquent aujourd’hui un droit. Le droit d’être informés,
celui de savoir dans les domaines aussi divers que le nucléaire, le
génie génétique, la pollution, la provenance des produits
de consommation et leur fabrication, les comptes de l’État, la santé
des dirigeants. Mais aussi sur les « suicides » inexpliqués
de hauts fonctionnaires, de ministre, voire de premier ministre, comme sur
les assassinats ou encore sur les «affaires» judiciaires impliquant
des « politiques » ou des élus de la nation.

Les investigations
des médias sur les uns, les unes et les autres, dont les excès
sont jugés dangereux voire criminels par les journalistes d’information
et « indépendants », sont autant « d’affaires
» qui défraient la chronique. D’autres s’agrippent carrément
à la barre du supposé « réalisme » par trop
facile selon lequel, «La sagesse populaire (…) n’ignore pas que les
valeurs sont contradictoires entre elles; que le respect scrupuleux des règles
imposées au simple citoyen ne s’accorde pas toujours avec le service
de l’intérêt général… » et qu’il
convient donc d’accepter cet état de fait et de détourner
la tête, pour ne pas voir…certaines vérités.

Extrême
complexité des relations entre Justice et politique

Par ailleurs,
si l’on n’était pas convaincu de l’extrême
complexité des relations qui existent entre Justice et politique, l’exemple
du déroulement pour le moins scabreux des suites de l’affaire
de l’assassinat du Juge Bernard Borrel suffirait à lever les
derniers doutes que nous puissions avoir dans ce domaine.

Nous observons
une étrange coexistence d’une politique qui se dit être
celle de l’accroissement des libertés judiciaires et du «
Respect de la Justice » (donc de son indépendance par rapport
au pouvoir en place) alors que parallèlement cette même politique
tente, bien maladroitement, d’exercer un contrôle, de poser d’artificieuses
barrières et d’imposer sa seule volonté ; donc le silence
à cette même Justice.

Ceci revient
à dire que, selon certaines considérations, la Justice républicaine
devrait être pleinement aux ordres du pouvoir en place et ne constituerait
de facto qu’une ressource, un creuset pour le politique ; un nécessaire
« outil » pour construire sa grandeur et dorer à l’or
fin ses ambitions comme à justifier a posteriori tous ses actes, souvent
bien éloignées de la « Raison d’État ». Raison
d’État étant, là encore, un alibi que l’on n’a
de cesse de nous opposer pour tenter de masquer, parfois et de manière
si maladroite, des intérêts d’ordre majoritairement privé.

Pour ce
qui ce qui la concerne, la Banque mondiale considère que l’existence
d’une « bonne Justice » dans un pays constitue un critère
déterminant le niveau démocratique du pays concerné.
Un État qui se veut démocratique et moderne est constitutionnel,
en ce sens que son fonctionnement est soumis à des règles explicites
; à une Constitution nationale et à des lois. Dans une telle
logique, les gouvernants ne devraient donc n’être que les «commis
du peuple» de qui ils ont reçu, directement ou indirectement,
pouvoir d’agir en son nom. Tel qu’il se proclame, l’État, dans
la mesure où il a été façonné par la tradition
contractualisée, devrait donc être soumis entièrement
au contrôle des citoyens ou de leurs représentations.

En fait,
cet État a un pouvoir de dernière instance, qu’on appelle communément
« la souveraineté » et qui s’exerce sur tous les citoyens
; y compris sur la Justice, a fortiori si elle ne veut pas être soumise
et aveugle.

Tout ceci
signifie que dans certains domaines, en cas d’urgence et de situation que
le pouvoir politique jugera comme étant d’exception, comme c’est
le cas dans l’affaire Borrel, aucune autorité ne peut être
opposée à la sienne et qu’ainsi l’État n’a de comptes
à rendre à personne, si ce n’est éventuellement à
ses propres instances étatiques de contrôle.

Or les
instances étatiques de contrôle tout comme la Justice française
ont les « mains liées » dès l’instant où
leur est opposé la « Raison d’État » et ses secrets.

Cette
raison d’État est ainsi devenue depuis Richelieu une forme de pouvoir
énorme et incontrôlable des instances gouvernementales.

Comme
le précise le dictionnaire du « petit Larousse », «
la raison d’État est un prétexte allégué pour
justifier une action illégale, une considération de l’intérêt
public justifiant une action injuste ».

Bousculant
les « mauvaises habitudes instaurées », un «appel
pour l’émergence de la vérité sur l’assassinat du Juge
Bernard Borrel» a été signé par plus de 170 personnalités
françaises et étrangères.

Dans cet
« appel pour l’émergence de la vérité »,
les personnalités signataires ont clairement demandé que les
obstacles rencontrés par l’instruction judiciaire en cours soient levés,
notamment en ce qui concerne la remise au juge d’instruction, Madame Sophie
Clément, des documents émanant des services de l’État
français pouvant avoir un lien avec cet assassinat et dont certains
sont toujours classés «Secret Défense».

Dans les
suites de l’affaire de l’assassinat du Juge Bernard Borrel, comme
dans bien d’autres, on peut parler d’une amorce de changement
à l’initiative d’une Justice, sans interférence
politique et consciente de sa charge. En effet, force est de constater que
ce qui relevait d’un traitement confidentiel et particulier de et par
la « sphère politique au pouvoir » (selon la formule consacrée
du « Circulez, y a rien à voir !… ») se déplacerait
de plus en plus fréquemment vers l’arène judiciaire.

Dans cette
affaire, la « petite juge» (qualificatif dont l’a affublé
IOG) est décidemment sans complaisance d’aucune sorte ce qui,
bien évidemment, a le don d’irriter au plus haut point le sacro-saint
pouvoir de l’Élysée préoccupé qu’il est, nous
dit-il, à maintenir les « bonnes relations » avec Ismaïl
Omar Guelleh.

Maintenir
les « bonnes relations » afin de préserver la présence
militaire et civile française à Djibouti ?

Certes
Djibouti a une grande importance géopolitique mais à l’Élysée
serait-on préoccupé, aussi, par la crainte que n’émerge,
à quelques 8 mois des élections présidentielles en France,
un dossier nauséabond car ayant transité en un temps dans les
« caves du Palais de l’Escale ». Dossier vraisemblablement de
première importance et que l’on recherchait désespérément,
y compris au domicile du défunt, dans les heures qui ont suivi la mort
du Juge Bernard Borrel.

Au
fait que pourrait-bien contenir de si important ce dossier au point que l’on
sera allé jusqu’à « suicider », un juge intègre
?

Chut
!!! C’est un « Secret d’État » et n’y revenez pas !!!!

20/08/06 (B363-A) Une mascarade de plus ! Ismaïl Omar Guelleh tente une manœuvre dilatoire en octroyant l’immunité diplomatique aux « témoins assistés » convoqués par la justice française dans l’affaire de l’assassinat du Juge Bernard Borrel et dans celle de tentative de subornation de témoins. (Justicia)


Roger Picon

Dans l’affaire de l’assassinat du Juge Bernard Borrel, la diplomatie française n’a eu de cesse de réfléchir à deux fois avant …de ne rien faire qui abonderait dans le sens de la Justice et de l’émergence de la vérité. Il est vrai que Paris est très perturbé par cette affaire qui n’a que trop duré et qui est loin de prendre le chemin d’une résolution allant dans le sens des « intérêts privés » et inavouables, impliqués dans ce dossier.

Si la diplomatie française et ses représentants à Djibouti ont réagi immédiatement après le décès du magistrat en accréditant la thèse officielle du suicide par immolation, ses silences gênés qui ont succédé depuis – face à une Elisabeth Borrel qui ne ménage pas sa peine – pourraient passer pour la plus claire des explications auprès d’une opinion publique très attentive et qui ne saurait cautionner que l’on puisse laisser assassiner impunément SA justice. Justice que l’on décrie parfois par ce qu’elle est humaine mais auquelle ont tient car elle est l’un des garants des Libertés.

Dans cette affaire, la franchise eut été la meilleure des diplomaties ; elle n’aurait pas fait de tort à l’émergence de la vérité, fut-elle « politiquement » inavouable. Il n’y donc pas de droit du plus sage, du plus honnête mais bien plus assurément hélas un droit des plus forts qui utilisent tous les moyens pour contrecarrer la marche de la justice du pays des Droits de l’Homme.

Nous sommes choqués et scandalisés de constater toutes les entraves et les manœuvres utilisées pour éviter qu’une quelconque poursuite ne soit engagée à l’encontre des responsables de ce crime odieux, des suborneurs de témoins et du « donneur d’ordres ».

Empêtré, acculé, réduit aux dernières extrémités et à faire usage des manœuvres les plus dilatoires pour éviter que la Justice française ne vienne un jour prochain frapper à sa porte, Ismaïl Omar Guelleh a décidé d’octroyer l’immunité diplomatique à TOUS les témoins assistés – mis en cause – et convoqués par la Juge Sophie Clément. Si c’est la force et le droit qui sont censés régler toutes choses en ce monde ; à Djibouti et sous un tel régime politique, c’est la force et le chantage politique imposé par IOG qui règnent et perdurent …en attendant le droit qui se fait désirer depuis si longtemps.

Immunité diplomatique …après coup !

Tout ceci revient à dire que la sacro sainte « immunité diplomatique » est elle aussi bafouée dans ce dossier d’assassinat du magistrat français car ne couvrant, par principe, que les délits commis par un diplomate dans l’exercice de ses fonctions.

Or ni le Colonel Mahdi, ni Hassan Saïd Kaireh – directeur de la Police politique (Services Djiboutiens de Sécurité), ni le Procureur Djama Souleïman Ali n’étaient « diplomates » résidants sur le territoire français – ou accrédités – aux moment des faits qui leurs sont reprochés.

Ils ne bénéficiaient donc pas de telles prérogatives diplomatiques au moment des délits qu’ils sont censés avoir perpétrés et pour lesquels ils refusent obstinément de se présenter comme « témoins assistés » devant la Juge Sophie Clément.

Cette immunité leur a été octroyée – à tort et récemment – par le président djiboutien et leur permettra peut-être d’espérer d’échapper ainsi à toute présentation devant la Justice française. On assiste là à l’un des plus flagrants travestissements diplomatiques qu’il soit.

Notre question est :

« Le service des privilèges diplomatiques du ministère des Affaires étrangères de la république française et tout particulièrement le Ministre vde tutelle, ont-ils accepté que le Colonel Mahdi, Hassan Saïd Kaireh et Djama Souleïman Ali puissent bénéficier de l’octroi des privilèges diplomatiques sur le territoire français et à quel titre ? ».

Si c’était le cas, ceci équivaudrait, pour nous, à une approbation officielle de l’Etat français de ce crime et tendrait à prouver l’impunité dont bénéficient les meurtriers alors que parmi eux, certains ont la double nationalité de Djiboutien et de Français.

28/07/06 (B360) Le pigeon royal et la Justice – Fable des temps modernes ! (Par Justicia)


Roger Picon

Le pigeon royal
et la Justice

 

Justicia

 

 

Maître Djamanus Souleimanem perché sur un arbre du Palais
Serrait fébrilement sous son bras l’argent de son indignité
Se pensant au dessus de toutes lois car supposé Procureur
Jacassant, imbu de sa petite personne, cupide en la demeure

S’en vint à passer Dame Justice étrangère demandant explication
« Pourriez-vous descendre de votre arbre et m’expliquer raison 
Pour lesquelles vous seriez, parait-il, au dessus des lois ? »
Lança t-elle selon l’usage, formes et termes comme il se doit

« Je vous ai convoqué maintes fois à Paris comme témoin assisté
Pour vous entendre dans une affaire, selon la loi en toute légalité
Mais vous avez contrevenu puis dénoncé les accords de Justice
Qui depuis bien des années, en Droit pour nos pays les unissent

« Je suis Djamanus l’intouchable, le magnifique Pigeon du Roi 
Mais si vous voulez monter jusqu’ici, il reste bien là un endroit
D’où l’on domine piétaille, le peuple asservi qui n’a mot à dire
Muet sous peine de jugement immédiat et surtout du bien pire 

D’autres que vous n’ont point hésité, jouissant de mille bienfaits
Dans la douce quiétude du Sheraton et de ses grandes soirées
Instruisant bien plus sur qualité du sable fin aux îles de Musha
Que sur affaire d’un juge français suicidé, sur ordre du pacha

Il serait aisé d’accepter de cette affaire notre version édulcorée
De rendre visite à sa Majesté, en son Palais en être l’invitée
Et recevoir ainsi quelques présents qui entretiennent amitiés
A condition de fermer les yeux et donner foi à notre seule vérité

Ici, lois républicaines ne s’appliquent qu’au peuple des ignorants
Mais point aux hommes de ma stature, en un mot condescendants
Serviables à l’égard de sa Majesté la pensée unique qui récompense
Si généreusement serviteurs et pigeons avec l’argent de la France

Roi, Reine et Cour sont de droit divin, nulle loi ne leur est opposée
Car justice applicable n’a compétence que lorsqu’elle est falsifiée
Aux âmes perverses, expédients n’attendent pas nombre d’années
Il suffit pour ce faire de s’incliner devant lois du royaume bananier

Vol ne saurait exister à haut niveau d’État, simple évaporation
Point d’enquête, de mise en cause devant justice ou de citation
Ceci facilite d’autant notre travail harassant sous un tel soleil
Et permet de brouter tout son saoul quitte à en perdre sommeil

Quant aux aides internationales, elles sont dues de tradition
Aux finances du plaisir royal et au jeu de toutes les déraisons
Que le peuple se meure n’a que peu d’importance et si futile
Pourvu que le Roi construise Palais divin à Dubaï, sur son île

Dame Justice étrangère s’offusqua et répliqua : « Vous affirmez
Être homme de justice mais en bafouez les valeurs, le bien fondé
Prenez garde que la branche qui vous porte ne se brise un jour
Et que vous ne chutiez alors lourdement en prison, sans détour 

La politique de votre Roi des subterfuges ne doit sa longévité
Qu’à des hommes et femmes qui pour argent et piètres lauriers
Sont prêts à se compromettre, à vendre ce qu’il leur reste d’âme
Et comme vous cautionnent trafics d’enfants et celui des armes »

Djamanus l’intouchable, le magnifique Pigeon du Roi fut irrité
Qu’une « autre Justice » puisse oser prendre autant de liberté
Pour contester l’édifice royal que son Maître et grand Souverain
A mis en place avec ses quelques « amis français » et aigrefins

« Qui de vous ‘Dame Justice’ ou de moi est le plus fortuné et malin
Qui peut condamner sans juger, ignorer supplices en étant si serein
Qui peut cautionner aussi meurtre politique de quelques opposants
Faire emprisonner et torturer des Afars, vieillards, femmes et enfants ?

Votre monde n’est pas le notre mais vos dons sont nobles intentions
Pour autant qu’ils emplissent nos comptes en banque sans question
Nul ne saurait contester nos décisions prises en toute souveraineté
Même si elles sont contraires au respect de l’humain et à la vérité

Bien plus paraître qu’être, toujours quémander et user du chantage
Puiser ça et là toutes fausses raisons et prendre peuple en otage
Solliciter tout et de partout en glorifiant nos donateurs sans détour
Exalter nos bailleurs de fonds puis faire brûler leur drapeau un jour

La politique c’est aussi cela « Dame Justice », elle a ses raisons
Sur lesquelles vous n’avez point de prise malgré vos oppositions
De votre métier vous avez sens du Droit, et respect de l’honneur
Alors que décadence et argent détourné font notre seul bonheur

Laissez-nous nos forfaitures, escroqueries, trafics et concussions
Et gardez pour vous Justice, Droit et Respect de vérité l’intention
Notre royaume est corrompu à outrance, certes mais il reverse
Quelques argents à des aigrefins étrangers par chemin de traverse

Notre Roi, dans sa grande bonté, déclare à qui veut bien l’écouter
Qu’à usage politique, accords inavouables il a toujours respecté
Citant tel président considéré de ses amis, en période d’élections,
Recevant, par avocat discret et porteur de valise, juste rétribution

Quant à moi c’est une revanche que je prends sur mes incompétences
Confirmées lors de mon séjour à l’École de la Magistrature en France
Délations et attitudes les plus basses sont les moyens de compenser
Ce dont la nature ne m’a pas doté pour être un homme avec dignité

Aujourd’hui je n’ai que faire de votre Justice, la mienne me va bien
Elle me permet d’un meurtre prémédité en faire suicide, presque rien
Et si je ne suis pas autorisé par le Roi et comme d’autres à témoigner
C’est qu’à Paris l’air y serait très malsain et préjudiciable à la Santé

Que j’ai tenté de suborner témoin ou pas, ceci n’a point importance
Car viendra le jour d’un voyage sous immunité diplomatique en France
Allant, venant à la barbe de votre Justice qui ne sera jamais la mienne
Vous narguant ainsi aussi longtemps que cette envie là me tienne »

Mais à force de s’agiter sur sa branche
Djamanus l’intouchable, magnifique Pigeon du Roi 
chuta et se retrouva seul…..