07/11/2013 (Brève 294) La Dépêche. Salles-la-Source. Élisabeth Borrel, l’épouse du juge assassiné, demain, à Souyri

Publié le 07/11/2013 à 03:54

Vendredi 8 novembre, à 20 h 30, à la salle des fêtes de Souyri, élisabeth Borrel nous présentera son combat pour que la vérité soit faite sur les circonstances de la mort de son mari à Djibouti en 1995.

Aujourd’hui, le principal témoin de l’affaire, arrêté en août 2013 (les autorités de Djibouti auraient lancé une demande d’arrestation par Interpol) à son arrivée au Yémen où il se rendait en visite à sa famille, est menacé.

Il a été libéré mardi 8 octobre et, deux jours plus tard, il était la cible de coups de feu. Les autorités françaises ont maintenu contre vents et marées la thèse du suicide pendant douze ans avant de reconnaître l’assassinat du juge.

La disparition du dernier témoin direct serait préjudiciable à l’instruction en cours. Mme Borrel a lancé un appel à l’Union européenne pour que Mohamed Salah-Alhoumekani, ancien officier de la garde républicaine de Djibouti, soit rapatrié en Belgique où il est domicilié et dont il a la nationalité.

La présence d’un auditoire nombreux à cette soirée proposée par Ranimons la cascade serait une manière de soutenir Mme Borrel dans son combat pour que cette affaire qui met en cause l’actuel président de Djibouti et les relations entre la France et son ancienne colonie soit élucidée.

09/11/2013 (Brève 296) Salles-la-Source. Élisabeth Borrel « ne désarmera pas »

Publié le 09/11/2013 à 03:52

En lutte depuis près de 20 ans, Élisabeth Borrel constate que la raison d’Etat se joue des différents gouvernements.

À l’initiative de l’association Ranimons la cascade, de Salles-la-Source, Élisabeth Borel est venue donner une conférence, hier soir à Souyri. Élisabeth Borrel est l’épouse du juge Borrel qui avait été retrouvé mort en octobre 1995 en république de Djibouti.

Son corps, en partie carbonisé, gisait en contrebas d’un ravin, à 80 km de Djibouti, la capitale de la république. Dans un premier temps, les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié la thèse du suicide.

Puis, dans le volet français, à la faveur d’un changement de juge d’instruction, la thèse d’un assassinat se précise s’appuyant sur des expertises de médico-légales et sur des témoins. De l’autre côté, les enquêteurs djiboutiens concluent au suicide.

Depuis les premiers jours de cette tragédie, Élisabeth Borrel, elle-même magistrate, se bat pour faire éclater une vérité qui a bien du mal à sortir.

Il est vrai qu’elle suspecte l’actuel président de la république de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, d’être impliqué dans la mort de son mari. Le président d’un pays à la situation très stratégique entre la Mer Rouge et le Golfe Persique et où la France est très bien implantée militairement.

De plus, l’instruction en cours dispose d’un témoin, Mohamed Saleh Alhoumekani, ancien officier dans la garde républicaine de Djibouti, qui met en cause le président et son entourage.

Arrêté au Yemen en août dernier, il a été remis en liberté au mois d’octobre et fait aujourd’hui l’objet d’une passe d’armes entre le Yemen, dont il est ressortissant et Djibouti qui veut le voir extrader. Deux jours après sa libération, il a essuyé des coups de feu sans être blessé.

«Il a fallu huit ans pour démontrer que c’était un assassinat», explique Élisabeth Borrel qui craint aujourd’hui pour la sécurité de ce témoin et constate : «La France n’a jamais levé le petit doigt pour m’aider». Elle soulève tout un tas de manquements et d’incohérences dans les diverses procédures engagées depuis cette époque et souligne le peu d’empressement des autorités françaises à faire la lumière sur ce dossier.

«Pourquoi les autorités françaises et djiboutiennes veulent que mon mari se soit suicidé, qu’est ce que cela veut dire s’ils n’ont aucun intérêt ?» La veuve du juge à bien sa petite idée et plus que jamais elle est décidée à aller jusqu’au bout : «Je ne désarmerai pas», prévient-elle.

22/03/11 (B596) La dépêche (Toulouse) Une manifestation pour soutenir les peuples arabes solidarité

À l’appel du Collectif 31 de soutien aux peuples du Maghreb et du Moyen-Orient, une centaine de personnes a manifesté samedi après-midi à Toulouse. Le but du collectif est d’affirmer sa solidarité avec les soulèvements populaires au Maroc, en Algérie, en Libye, en Jordanie, en Syrie, en Irak, en Iran, au Yémen, au Bahreïn et à Djibouti.

Plusieurs organisations de gauche étaient présentes, notamment le NPA, La Riposte (PCF) et le collectif Coup pour Coup 31.

Des associations comme Survie, spécialisée sur le problème de la « Françafrique » et du « néocolonialisme » participaient également. « Je suis ici pour soutenir les peuples en lutte contre les dictateurs », explique Geneviève, membre de l’association.

À noter aussi la présence de quelques manifestants libyens, dont Abdelhakin en stage de formation à l’hôpital de Rangueil. « Ce qui se passe en Libye est un vrai massacre et j’espère que ça va bouger rapidement au niveau international.

Je reste très optimiste, je crois très fort en la victoire du peuple libyen. Ici, on reçoit beaucoup de soutien de la communauté arabe et d’organisations comme le parti communiste », a-t-il déclaré. Si les slogans et les pancartes parlent majoritairement de la Libye, on n’oublie pas le reste des peuples en lutte.

« On entend peu parler de ce qui se passe au Maroc à cause de la rétention d’informations du gouvernement », explique Gisèle, membre de Survie. « Mais nous sommes en contact avec des militants sur place et ça bouge ».

D’ailleurs, une manifestation de soutien au peuple marocain devait avoir lieu hier après-midi, place Arnaud Bernard.

06/09/08 (B464) Somalie. Eyl, le port sauvage où les pirates font la loi

_ A relire l’article précurseur et humouristique de l’ARDHD sur le sujet (Lien)

__________________________ La Dépêche (Toulouse)

Le navire des deux Français pris en otage fait route vers ce village de pêcheurs.

C’est un voilier de ce type qui a été intercepté au large de la Somalie.On pourrait l’appeler le Port de l’Angoisse. Mais il n’y a pas de port. Juste une bande de sable, de la caillasse, des scorpions, quelques baraquements désolés et des pirates.

Eyl, c’est l’Île de la Tortue du XXIe siècle. Un sanctuaire où les écumeurs de la Mer Rouge et de l’Océan Indien viennent entreposer leur butin et faire leur business. C’est vers cette enclave hors du temps et hors des lois que cheminent deux Français, capturés avec leur bateau au large du Yémen. (voir ci-dessous).

Ce petit village de pêcheurs est perdu le long de la côte somalienne, juste sous la Corne de l’Afrique, à 800 kilomètres au nord de Mogadiscio, la capitale. Là, il n’y a rien. Pas de routes, pas d’aéroport, et surtout pas de police, et pas d’armée. Là, ce sont les chefs de guerre locaux qui sont les patrons. Ils jurent leurs grands dieux qu’ils sont opposés à la piraterie. Mais assurent aussi vite qu’ils ne peuvent rien y faire…

Hier, le commissaire du district d’Eyl déclarait : « Nous ne pouvons que prier pour que les pirates relâchent les otages. Nous ne pouvons pas les aider. Nous ne pouvons rien faire et le gouvernement de Puntland (la province somalienne) non plus. Le voilier français arrivera peut-être aujourd’hui pour rejoindre les autres bateaux malchanceux… »

Malchance… Voilà qui en dit long sur l’ambiance qui règne dans ce pays chaotique. Car il y a effectivement sept autres navires au mouillage à Eyl ! Ils sont là depuis des semaines, voire des mois.

Pendant les affaires, la prise d’otage continue. On palabre, on transige, on tergiverse, on négocie. On joue au poker menteur comme dans toute bonne histoire de pirates.

Pendant ce temps, les otages patientent par 40° à l’ombre sur cette plage désolée, qui ne ferait envie à personne. Des prisonniers plus ou moins bien traités par ces ravisseurs qui sont devenus de vrais pros. Car ce sont au bout du compte des millions de dollars qui passent dans les poches des flibustiers d’Eyl.

La plupart du temps, les armateurs, les assureurs, les familles ou les États payent.

Selon le bureau maritime international, au moins 24 attaques ont été perpétrées au large de ces côtes depuis le début de l’année 2008. Ce qu’il y a de sûr, c’est que ce n’est pas le tourisme sous les tropiques qui fait vivre Eyl. Du moins pas le tourisme volontaire.

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Le Quai d’Orsay mobilisé

« Nous sommes mobilisés sur cet événement, nous indiquait hier soir un porte-parole du Quai d’Orsay. Dès que la sécurité de nos ressortissants à l’étranger est en danger, cela devient pour nous une priorité absolue. »

Paris suit donc avec attention les péripéties en mer de ces deux Français qui ont été capturés par des pirates mardi. Apparemment, le bateau est en train de cheminer vers le village d’Eyl, sur les côtes somaliennes.

« Nous sommes en train de solliciter tous nos réseaux diplomatiques et notre ambassade au Kenya », poursuit le Quai d’Orsay.

Car la Somalie est en guerre depuis des années, et il n’y a pas d’ambassade de France à Mogadiscio. Tout passe donc par le Kenya, et beaucoup d’informations transitent par Mombasa, deuxième ville et principal port du Kenya, situé en fait au sud de la Somalie et de sa capitale. C’est par le bureau kenyan du programme d’assistance aux marins basé à Mombasa que l’on a appris jeudi qu’une demande de rançon de plus d’un million de dollars avait été réclamée pour libérer le yacht.

Jeudi, le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, porte-parole de l’état-major des armées, a averti depuis Paris que les moyens militaires français présents dans la région étaient « prêts à remplir les missions qui leur seront confiées ». Les militaires sont stationnés tant à Djibouti où la France dispose d’une importante base militaire, que dans le golfe d’Aden.

Le capitaine Prazuck a cependant souligné que « l’on n’est pas du tout actuellement dans la configuration » de l’intervention menée en avril pour Le Ponant. « Il s’agit d’un tout petit voilier » précise le Quai d’Orsay. Mais dire le contraire, ce serait aussi avertir des forbans qui, contrairement à Jack Sparrow, disposent de radios, de radars et d’internet.

D. D.