28/10/2018 (Brève 1219) La France refuse un visa à un Défenseur reconnu internationalement des D.H.

03/12/05 (B327) Communiqué conjoint de la FIDH et de la LDDH pour dénoncer les massacres commis à Djibouti et pour demander au Régime de Guelleh, l’arrêt immédiat des violences contre les Populations.

FIDH LDDH

Communiqué Djibouti

Les forces de sécurité ouvrent à nouveau le feu sur la foule :

5 morts, 8 blessés graves et 5 disparus

Paris, 2 décembre 2005

La FIDH et la Ligue djiboutienne des droits de l’Homme (LDDH), son
organisation membre à Djibouti, condamnent fermement la répression meurtrière du 30 novembre
2005 menée par les forces de l’ordre djiboutienne à l’encontre des résidents du quartier d’Arhiba à
Djibouti-ville qui a entraîné la mort de 5 personnes (dont une femme et un enfant de 11 ans), 8
blessés graves et 5 disparus.

Le 30 novembre 2005 vers 8h30 du matin, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les habitants
du quartier d’Arhiba dans la capitale djiboutienne qui tentaient de s’opposer à la destruction de
leurs habitations par les pouvoirs publics. Ces derniers mènent en effet depuis le 23 novembre
2005 une campagne d’expulsion forcée sans relogement des résidents et la destruction par le feu
des habitats insalubres du quartier d’Arhiba, historiquement peuplé par les dockers du port de
Djibouti et leurs familles.

Ces opérations sont, selon certaines sources, supervisées par le Service
de la documentation et de la sécurité (SDS).
Ce nouvel acte de répression brutal à l’encontre de la population djiboutienne intervient un mois à
peine après la mort d’un jeune homme de 18 ans, abattu les forces de l’ordre pour réprimer une
manifestation populaire et pacifique contre l’augmentation des prix le 23 octobre 2005. (*)

La FIDH et la LDDH rappellent que ces actes constituent des violations flagrantes de plusieurs
instruments internationaux des droits de l’Homme ratifiés par Djibouti, notamment la Charte
africaine des droits de l’Homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et
politiques qui garantissent le droit à la vie et le Pacte international sur les droits économiques
sociaux et culturels qui prohibe les expulsions forcées (Article 11).

La FIDH et la LDDH sont gravement préoccupées par la situation des droits de l’Homme à Djibouti
et rappellent en outre que ces violations s’inscrivent dans un contexte plus général de violations
manifestes des droits fondamentaux, où travailleurs et syndicalistes sont licenciés abusivement,
arrêtés et détenus arbitrairement pour l’exercice de leurs droits économiques et sociaux.(**)

La FIDH et la LDDH demandent aux autorités djiboutiennes :

  • le respect en toute circonstance du droit à la vie garanti par le Pacte international relatif aux
    droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples ;
  • l’arrêt de la campagne de destruction des habitations sans relogement et le respect du
    Pacte international sur les droits économiques sociaux et culturels qui prohibe les
    expulsions forcées;
  • d’assurer qu’une information judiciaire soit ouverte aux fins de poursuivre et de juger le ou
    les auteurs et responsables de ces assassinats;
  • le respect des droits syndicaux garantis par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et la Convention n°98 de l’Organisation Internationale du
    Travail, et de mettre un terme à toute forme de harcèlement et de représaille à l’encontre
    des dirigeants syndicaux et syndicalistes, afin qu’ils puissent mener leur activité de défense
    des droits de l’Homme sans entrave;
    plus généralement, de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs
    des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre
    1998.

(*)
Voir communiqué de la FIDH du 26/10/2005 : « la FIDH et la LDDH condamnent le meurtre d’un jeune homme de 18 ans par la police », http://www.fidh.org/article.php3?id_article=2791

(**) 2 Pour rappel : du 14 au 17 septembre 2005, les travailleurs du port de Djibouti avaient observé une grève générale à l’appel des syndicats djiboutiens qui protestaient contre les mauvaises conditions de travail et des licenciements abusifs. Le 24 septembre 2005, 11 syndicalistes s’étaient vus notifier leur licenciement par la direction du port, pour « obstacle à la liberté de travail », en référence à la grève générale du 14 septembre.

En réaction à ces licenciements considérés comme abusifs, les travailleurs du port avaient lancé un nouvel appel à la grève le 24 septembre à 22h00.

Deux heures plus tard, 110 grévistes et syndicalistes se trouvant dans le port de Djibouti avaient été arrêtés par les FNP et emmenés au centre de l’école de police de Nagad.

Le 25 septembre 2005, d’autres grévistes et syndicalistes avaient été arrêtés par les FNP au port de Djibouti ou à leur domicile.

Au total, près de 170 personnes ont été détenues au centre de Nagad et dans les locaux de la police criminelle. Cf. les appels urgent de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme -programme conjoint de la FIDH et de l’OMCT du 26/09/05 et 06/10/05. http://www.fidh.org/rubrique.php3 ?id_rubrique=63

30/10/05 (B322) LDDH / FIDH : L’antiterrorisme à l’épreuve des droits de l’Homme : les clés de la compatibilité.


Le Président


DIFFUSION D’INFORMATION
DU 28 OCTOBRE 2005

DU COMMUNIQUE DE LA FIDH
Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme

 » L’antiterrorisme à l’épreuve des droits de l’Homme : les clés
de la compatibilité « 


Publication d’un rapport d’analyse, disponible :
http://www.fidh.org/IMG/pdf/onu429f.pdf

Paris, 24 octobre 2005 –

A l’occasion de l’audition du Président du Comité contre le terrorisme (CCT) devant l’Assemblée générale des Nations unies, la FIDH publie un rapport d’analyse intitulé
«L’antiterrorisme à l’épreuve des droits de l’Homme : les clefs de l’incompatibilité».
Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 sur le territoire américain ont marqué un tournant décisif dans l’histoire du terrorisme et des mesures et pratiques antiterroristes.

La communauté internationale, à travers le Conseil de sécurité des Nations unies, a réagi à ces attaques en adoptant la Résolution 1373 (en 2001), créant le CCT. Celle-ci a également imposé des obligations aux Etats membres dans le but d’améliorer leur capacité à combattre sur le plan national le terrorisme sous toutes ses formes. A la suite de l’adoption de cette résolution, d’une manière incomparable à ce qui avait été fait antérieurement, les Etats ont introduit des mesures spécifiques antiterroristes dans leur législation interne.

Ces nouvelles législations témoignent clairement d’une tendance croissante des Etats à sacrifier les droits humains et civils les plus fondamentaux au nom de la lutte contre le terrorisme, et parfois même au nom de la « guerre globale contre la terreur », sans vraiment penser aux conséquences juridiques qu’implique l’utilisation de ce terme.

Même si les défenseurs des droits de l’Homme sont parmi les premiers à condamner les attaques terroristes, ils sont convaincus que les solutions les plus efficaces pour lutter contre phénomène résident dans le respect de l’Etat de droit et des traités internationaux en matière de droits de l’Homme – lesquels prévoient, dans des conditions strictes, des possibilités de dérogations et de limitations aux droits qu’ils énoncent; ces dérogations et limitations visent précisément à répondre à ces situations d’urgence. Ceci a déjà été plusieurs fois rappelé par le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, ainsi que par le Comité des droits de l’Homme des Nations unies, par d’autres organes conventionnels, par les procédures spéciales de la Commission des droits de l’Homme et les organes régionaux de protection des droits de l’Homme.

Le contenu du présent rapport s’appuie notamment sur des documents publiés par ces divers organes au cours des dernières années.

L’objectif du présent rapport est double. D’une part, il vise à dénoncer les violations du droit international des droits de l’Homme par les mesures antiterroristes, précisant quelles obligations sont directement bafouées par ces dernières. Les transgressions les plus graves comprennent les détentions arbitraires, la torture, les violations du droit à la vie, du droit à un procès équitable, impartial et indépendant, les violations du droit à la liberté d’expression, à une vie privée et du droit de propriété, ou le refoulement des demandeurs d’asile et l’expulsion des immigrés suspectés de prendre part à des activités terroristes vers des pays où ils sont susceptibles de subir la torture ou des traitements cruels, inhumains et dégradants.

19/08/05 (B312) LDDH / FIDH : Informations sur le procès des disparus du Beach de Brazzaville (Congo)


Le
Président

DIFFUSION D’INFORMATION

DU 19 AOÛT 2005

SUR LE PROCES
DES « DISPARUS DU BEACH » DE BRAZZAVILLE

Suivi par la réaction sur
Radio France Internationale (RFI)
de Patrick Baudouin Président d’honneur de la FIDH

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) exprime son soutien moral à toutes les familles des victimes, disparus du Beach (à Brazzaville – Congo)

La LDDH s’associe à la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH), et ensemble : « dénoncent le verdict de la Cour criminelle de Brazzaville qui acquitte purement et simplement les quinze accusés. L’arrêt de la Cour, qui reconnaît que la vérité sur les circonstances de la disparition de ces personnes n’a pas pu être établie, conclut un simulacre de procès et signe la violation flagrante du droit fondamental des victimes à un recours effectif devant une juridiction indépendante et impartiale ».

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Observatoire congolais

des Droits de l’Homme

Procès des « disparus du Beach » de Brazzaville :
des crimes sans auteurs !

Paris – Brazzaville, le 18 août 2005 – Malgré plus de trois semaines de procès à Brazzaville, précédées d’une instruction bâclée, la lumière n’a pas été faite sur la disparition en 1999 au port fluvial du Beach de plus de 350 réfugiés congolais. La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) dénoncent le verdict de la Cour criminelle de Brazzaville qui acquitte purement et simplement les quinze accusés. L’arrêt de la Cour, qui reconnaît que la vérité sur les circonstances de la disparition de ces personnes n’a pas pu être établie, conclut un simulacre de procès et signe la violation flagrante du droit fondamental des victimes à un recours effectif devant une juridiction indépendante et impartiale.

 La Cour criminelle de Brazzaville a décidé, par son verdict du mercredi 17 août, d’acquitter les quinze accusés dans l’affaire des disparus du Beach, tout en reconnaissant la disparition de plus de 85 personnes lors des événements de 1999. Alors qu’il s’agissait de juger des responsabilités pénales individuelles, non seulement la justice congolaise n’a pas pu ni voulu s’acquitter de son obligation; mais cela ne l’a pas empêché de statuer sur la responsabilité civile de l’Etat, en reconnaissant celui-ci responsable de ces disparitions, le condamnant à payer 10 millions de francs CFA (15 000 euros) à chaque famille de victimes.

Cette décision confirme l’analyse de la FIDH et de l’OCDH sur l’instruction et le déroulement de ce procès en trompe l’oeil dont l’issue ne constitue certes pas une surprise, puisque ce simulacre de justice n’avait pas pour objet de condamner les responsables mais au contraire de tenter de les disculper en acquittant ceux d’entre eux qui étaient poursuivis.  

– Le dossier d’instruction était vide.
La chambre d’accusation relevait elle-même que « l ‘information ouverte depuis 2000 n’a pas permis au juge d’instruction de relever des éléments probants sur l’effectivité des faits reprochés aux inculpés  ».

En effet, les commissions rogatoires n’ont pas été exécutées, le juge n’a pu se rendre au Beach pour reconstituer les faits et les principaux documents ne figuraient pas dans le dossier.  

– Le procès n’a pu permettre l’établissement de la vérité dans des conditions impartiales.
La FIDH et l’OCDH ont pu constater durant le procès un évident déséquilibre entre les droits des accusés et ceux des parties civiles.

En effet, la FIDH et l’OCDH dénoncent le fait que durant les premiers jours du procès les familles n’aient pas pu avoir accès à la salle d’audience, dans laquelle des hommes en civil armés se trouvaient debout derrière les magistrats. Difficile dans ces conditions d’imaginer que «  de ce procès [jaillira] toute la lumière, toute la vérité, toute la justice  », comme l’a déclaré le Président de la République congolaise Denis Sassou Nguesso lors de son message à la Nation du 8 août 2005.

En outre, seuls deux jours ont été consacrés à l’audition des parties civiles, souvent interrompues par le Président de la cour, ce qui a rendu impossible le témoignage des 75 parties civiles citées. Seules 13 familles de victimes ont pu témoigner à la barre, et ce dans un climat délétère et d’intimidation. Chaque prise de parole des familles ou de leurs avocats était ponctuée de cris venant du « fan club » des accusés, à tel point qu’il a fallut que le Président intervienne pour que cette hostilité cesse.

Les accusés, quant à eux, comparaissaient libres malgré la gravité des faits reprochés et l’ordonnance de prise de corps rendue pas la chambre d’accusation; ils ont été entendus avec patience et pour certains à plusieurs reprises. Les avocats de la défense ont, en outre, pu plaider pendant quatre journées – ce dont on ne peut que se féliciter, ce procès s’étant au moins caractérisé par un respect scrupuleux des droits de la défense. A cet égard, s’agissant d’un procès présenté par ses organisateurs comme celui d’une « justice africaine » par opposition à la justice française dite « néo-coloniale », on ne manquera pas de relever que la défense a été coordonnée avec talent par des avocats français recrutés par les autorités publiques congolaises elles-mêmes.

– La FIDH et l’OCDH rappellent que cette affaire est pendante devant d’autres juridictions et soulignent qu’elles continueront à se battre aux côtés des victimes pour que justice se fasse.
La FIDH et l’OCDH soulignent, en effet, que l’affaire est pendante devant la juridiction française. Elles rappellent que lorsque les conditions d’un procès juste et indépendant sont réunies, l’organisation d’un procès dans le pays où les crimes ont été commis doit être privilégiée et soutenue. C’est l’absence des droits fondamentaux des victimes à un recours effectif devant une juridiction indépendante et impartiale qui a conduit des rescapés congolais à saisir la juridiction française en décembre 2001, après avoir pendant plusieurs années essuyé un refus de poursuite de la part des autorités congolaises.

La procédure française, entamée en avril 2004, n’est pas terminée, comme ont pu le dire à tort certains avocats de la défense à Brazzaville. En effet, un arrêt de la Cour de cassation revenant sur la décision de la Cour d’appel de Paris d’annuler l’ensemble de la procédure française concernant « l’affaire des disparus du Beach » est attendu dans les mois prochains.

En outre, le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires (GTDFI), organe des Nations unies, par une lettre du 26 juillet 2005 informait la FIDH de la transmission au gouvernement du Congo de 80 cas de disparitions, dont 49 étaient cités comme parties civiles dans la décision du 11 juillet 2005 de la chambre d’accusation renvoyant les 15 accusés devant la Cour criminelle de Brazzaville. Les Nations unies demandent ainsi aux autorités congolaises que «  des enquêtes appropriées soient menées pour élucider le sort et l’endroit des 80 personnes portées disparues  ».

L’instruction et le déroulé du procès n’ont fait que confirmer les craintes exprimées par la FIDH et l’OCDH: le sort des victimes n’aura pas été élucidé; les responsabilités n’auront pas été établies; les victimes restent bafouées dans leurs droits à la vérité et la justice, mais on attend manifestement d’elles qu’elles en prennent leur partie moyennant rétribution.

 La FIDH et l’OCDH expriment leur disponibilité à accompagner les rescapés du massacre et les familles des victimes qui entendront récuser ce chantage de la honte et qui continueront à revendiquer vérité et justice : les autorités congolaises se trompent en imaginant que le pseudo procès de Brazzaville mettra un point final à l’affaire des « disparus du Beach ».

Contacts presse :
FIDH :
Daniel Bekoutou : +33-1 43 55 25 18 / 14 12

Pour plus d’information sur l’affaire des « Disparus du Beach » voir :

– Rapport de la FIDH : « Procès des disparus du Beach de Brazzaville – Mission d’observation judiciaire 17 juillet – 17 août 2005 » (à paraître)

Rapport de la FIDH : « Développements et enjeux des procédures en cours en France, en République du Congo et devant la Cour internationale de Justice Décembre 2001 – Juillet 2004 » http://www.fidh.org/IMG/pdf/Affbeach400.pdf

– Communiqué du 27/07/2005 « Procès des disparus du Beach: la FIDH et l’OCDH dénoncent un climat d’intimidations » http://www.fidh.org/article.php3?id_article=2570

Communiqué du 23/11/2004 « Affaire des disparus du Beach: La justice française instrumentalisée, les victimes insultées ! » http://www.fidh.org/article.php3?id_article=2056

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Réaction sur Radio France Internationale (RFI)
de Patrick Baudouin Président d’honneur de la FIDH

 

Congo Brazzaville

«Disparus du Beach» : personne n’est coupable

Le verdict de la Cour criminelle de Brazzaville, statuant sur l’affaire des «disparus du beach» est tombé le 17 août en fin d’après-midi. Les quinze accusés ont tous été acquittés, mais la Justice condamne l’Etat congolais à verser des indemnités aux ayant-droits des victimes.

Le procureur Robert Armand Bemba, qui avait requis des peines de prison, allant de cinq à dix ans de travaux forcés contre certains hauts cadres de l’armée et de la police congolaises, présumés impliqués dans la disparition de quatre-vingt-six congolais (plus de 300 selon certaines organisations de défense des doits de l’Homme) s’est dit satisfait de l’acquittement général prononcé par la Cour criminelle de Brazzaville. Pour lui « c’est une décision d’apaisement ». La réaction de ce magistrat résume bien le contexte singulier de ce procès dans lequel on s’est arrangé pour ne fâcher personne, surtout pas les dignitaires, quitte à mécontenter quelques citoyens.  

La curiosité de ce verdict réside également dans la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat congolais, condamné à verser 10 millions de francs CFA (15 000 euros) aux proches des 86 disparus, sans que ne puissent être établies les circonstances de leur disparition. Condamner l’Etat, c’est-à-dire personne, est la pirouette trouvée par les magistrats pour reconnaître des responsabilités mais sans compromettre les barons du pouvoir. « C’est une machination. C’est dommage. Nous sommes déçus », a déclaré à l’AFP Vincent Niamenkessi, le vice-président du Comité des familles de réfugiés disparus en 1999 au port fluvial de Brazzaville. 

«Simulacre de justice »

Ce procès n’a établi aucun fait au grand désespoir des familles qui ne savent toujours pas ce qui s’est réellement passé au «Beach», pour enfin faire le deuil de leurs parents. Les familles ont décidé de se pourvoir devant la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays. « Tout ce qui vient de se passer a été décidé en dehors de l’enceinte du tribunal, bien avant, par les plus hautes autorités (…). Il est assez rare de voir les bourreaux se condamner eux-mêmes », a déclaré l’avocat Patrick Baudouin, président d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).

Par ailleurs l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) et la FIDH ont dénoncé un « simulacre de justice » et espèrent aussi qu’une procédure sera ouverte à Paris en 2006. Me Baudouin a  également fait remarquer que le groupe de travail des Nations unies sur les disparitions demande « des explications » à l’Etat congolais sur le sort des « personnes présumées disparues » au «Beach» de Brazzaville. Selon Me Baudouin l’affaire est loin d’être terminée.  

 

Didier Samson

Article publié le 18/08/2005

Dernière mise à jour le 18/08/2005 à 19:04 (heure de Paris)

10/06/05 (B301) Situation très inquiétante en Ethiopie. Information LDDH et communiqué FIDH.

La situation en Ethiopie est très alarmante, il semblerait ques des avions
et des hélicoptères pourraient s’être réfugiés sur l’aéroport de Djibouti.


Dés que nous aurons des vérifications ou des confirmations officielles, nous ne manquerons pas de les publier.

_______________________________________ LDDH


Le Président
DIFFUSION D’INFORMATION
DU 10 JUIN 2005
SUR « L’ETAT DE SIEGE », LES EXECUTIONS SOMMAIRES
LES DISPARITIONS ET SEQUESTRATIONS
DECRETES PAR LE GOUVENEMENT EN ETHIOPIE.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est très, très préoccupée de la situation dramatique qui sévit depuis la manifestation des étudiants, sévèrement et massivement réprimée, à partir du 6 juin 2005,sous les ordres du régime en place ;

Elle se joint à la FIDH et son organisation affiliée, Ethiopian Human Rights Council (EHRCO), qui « déplorent la répression brutale des manifestations par les forces de l’ordre et condamnent fermement l’exécution sommaire d’au moins 22 personnes hier à Addis Abeba » ;

Elle dénonce vivement l’état de siège abusif et disproportionné, avec des tanks, des véhicules blindés et autres véhicules lourdement armés et avions de combats menaçants la capitale (certains avions auraient fui vers Djibouti : à confirmer);

Elle reste très inquiète sur les risques d’amplification des représailles sans nom et les afflux des populations de réfugiés vers les pays limitrophes ;

Elle lance un Appel pressant au HCR, au CICR, à l’Union Africaine et aux Nations Unies d’assumer au moins leur responsabilité d’Alerte en envoyant des observateurs et en dénonçant, le plus rapidement possible toutes les violations qui risques de dégénérer en des exordes de réfugiés sans précédents.

Elle témoigne sa solidarité la plus totale avec le peuple frère d’Ethiopie, son soutien par adhésion à la souffrance de la population d’Addis Abeba ;

M. NOEL ABDI Jean-Paul
Chargé de la Corne d’Afrique auprès
Du Bureau de l’UIDH

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Communiqué de la FIDH
et de l’EHRCO. (Ethiopian
Humain Rights Concil)

Communiqué

Ethiopie : “Etat de siège” à Addis Abeba

La FIDH et EHRCO exigent que les auteurs d’exécutions sommaires
soient poursuivis et jugés

Paris, Addis Abeba, le 09 juin 2005 – La FIDH et son organisation affiliée, Ethiopian Human Rights Council (EHRCO), déplorent la répression brutale des manisfestations par les forces de l’ordre et condamnent fermement l’exécution sommaire d’au moins 22 personnes hier à Addis Abeba.

Depuis le début de la semaine, de nombreux étudiants et sympatisants de partis politiques d’opposition contestent dans la rue les résultats provisoires des élections législatives du 15 mai dernier qui donnent la victoire au pouvoir en place. Ils dénoncent les malversations et fraudes massives qui auraient entâché l’ensemble du processus électoral. Ces protestations se font en dépit de l’interdiction de toute manifestation proclamée par le Premier ministre sortant, Meles Zenawi, au lendemain du scrutin, et ce pour une durée d’un mois.

Le lundi 06 juin 2005, une manifestation d’étudiants a été sévèrement réprimée par les forces de l’ordre faisant un mort et des dizaines de blessés. Hier, alors que les autorités éthiopiennes autorisaient publiquement la police à prendre les « mesures appropriées contre ceux qui ont l’intention d’attenter à la paix », les forces de l’ordre ont tiré dans la foule dans plusieurs quartiers de la capitale dans le but d’éparpiller les manifestants. D’après les informations reçues, le bilan serait d’au moins 22 morts et une centaine de blessé.

La FIDH et EHRCO condamnent la violation par les autorités éthiopiennes de l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civis et politiques et de l’article 4 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatifs au droit à la vie, et considèrent que certains éléments des forces de l’ordre se sont rendues coupables d’exécutions sommaires au sens des dispositions internationales de protection des droits de l’Homme.

Aujourd’hui, la capitale éthiopienne vit de fait un “état de siège” où tanks, véhicules blindés et autres voitures remplis de militaires lourdement armés circulent sur les axes principaux de la ville pour dissuader la population de manifester. Pour protester contre cette situation, les chauffeurs de taxi et de bus, et de très nombreux salariés du public et du privé se sont mis en grève.

La FIDH et EHRCO insistent également sur le fait que les graves violences de ces derniers jours se sont accompagnées d’importantes violations par les autorités nationales des libertés fondamentales, en contradiction flagrante des engagements internationaux de protection des droits de l’Homme souscrits par l’Ethiopie.
Ainsi, le 2 juin, les rédacteurs en chefs de quatre journaux privés ont été convoqués par la police. Ils ont témoigné depuis des graves menaces et intimidations qu’ils ont subi à cette occasion pour avoir couvert les événements dans leur quotidien de manière objective.

Le 7 juin, les licences de 5 reporters indépendants, notamment de Voice of America et de Deutsche Welle ont été retirées. Le même jour, un des principaux leaders de l’opposition, Hailu Shawel, président de la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD), a été assigné à résidence. Les défenseurs des droits de l’Homme semblent également particulièrement visés par le pouvoir. Hier, un des membres d’EHRCO, Chernet Taddesse, a été arrêté par la police à son domicile pendant la nuit.

Son lieu de détention n’est toujours pas connu ce jour. Le même soir, le domicile de Yared Hailemariam, autre membre d’EHRCO, a été fouillé en son absence par la police.

Aussi, la FIDH et EHRCO demandent aux autorités éthiopiennes :

1. de garantir la protection physique et psychologique de la population, conformément aux dispositions internationales de protection des droits de l’Homme auxquelles elles sont liées

2. à cet, égard, de communiquer immédiatement le lieu de détention et le sort reservé à M. Chernet Taddesse, membre d’EHRCO

3. de mettre en place une commission d’enquête indépendante chargée de faire la lumière sur les violences policières contre les manifestants et d’établir les responsabilités

4. de permettre la poursuite et le jugement des auteurs des exécutions sommaires et autres violations graves des droits de l’Homme dans le respect des dispositions internationales relatives au droit à un procès équitable

5. de respecter strictement les instruments internationaux de protection des droits de l’Homme auxquelles elles sont liées, notamment de garantir les libertés d’opinion, d’expression et de manifestation;

6. de respecter les principes inscrits dans la Déclaration des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l’Homme

15/02/05 (B285) Communiqué de la LDDH pour soutenir le Peuple togolais et les communiqués de la DIDH et de la Ligue togolaise pour les Droits de l’Homme.


Noel Abdi Jean-Paul
Président de la LDDH
DIFFUSION D’INFORMATION
DU 15 FEVRIER 2005
DU COMMUNIQUE DE LA LTDH ET DE LA FIDH
SUR LES REPRESSIONS ARBITRAIRES
SUITE AU COUP D’ETAT FAMILIAL AU TOGO

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains
s’élève contre les répressions
arbitraires, à l’encontre des populations civiles du Togo qui ont manifesté
courageusement contre le Coup d’Etat familial au Togo du 5 février
2005.
Elle se joint à la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme et à
la FIDH, et condamne avec vigueur la répression par les forces de sécurité
de la manifestation du 12 février 2005 ainsi que les représailles
contre les témoins des évènements.

M.
NOEL ABDI Jean-Paul

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FIDH / LTDH : Répression
arbitraire des manifestations du 12 février :
Les témoins pris pour cibles

Paris, Lomé, le
14 février 2005 – la FIDH et son affiliée la Ligue togolaise
des droits de l’Homme (LTDH) condamnent avec vigueur la répression
par les forces de sécurité de la manifestation du 12 février
2005 ainsi que les représailles contre les témoins des évènements.

Depuis le coup d’Etat
ayant porté au pouvoir Faure Eyadéma, le fils du défunt
Président, les autorités tentent d’étouffer toute opposition.

Le pouvoir cherche tout
d’abord à bâillonner les médias indépendants :
coupures régulières de l’antenne de RFI et fermeture de quatre
radios privées après réquisition des matériels
d’émission. Vendredi 11 février, après de violents heurts
contre la population qui tentait de s’opposer à la fermeture de radio
nostalgie, deux manifestants, M. Akpossogna et M. Sevi ont été
enlevés par les forces de sécurité. Il est apparu que
le premier est détenu à la gendarmerie nationale. Nos organisations
sont sans nouvelle de M. Sevi.

Le samedi 12 février,
malgré l’interdiction du pouvoir de toute manifestation pendant les
deux mois du deuil national , 3000 personnes ont répondu à l’appel
lancé par six partis d’opposition et le Collectif des Organisations
de la Société Civile et Syndicales du Togo pour manifester pour
le retour à la légalité constitutionnelle. Dans le quartier
de Bé, les forces de sécurité ont chargé les manifestants
désarmés, au moyen de gaz lacrymogènes et coups de matraques.
Des témoins ont pu entendre des tirs à balles réelles.
Plusieurs manifestants ont été emmenés au siège
du RPT (parti au pouvoir) où ils ont été battus par des
militaires et gendarmes avant d’être relâchés.

Le bilan provisoire s’élève
à 5 morts et une vingtaine de blessés parmi les manifestants.

Depuis, les témoins
de cette répression sont la cible de miliciens qui tiennent quartier
général au siège du RPT.

M. Nomenyo Sena, secrétaire
général de l’organisation nationale pour l’unité totale
de l’Afrique (ONUTA) et membre du Collectif des Organisations de la Société
Civile et Syndicales du Togo, a disparu ce matin dans le quartier de Bé.
Alors qu’il filmait des étudiants demandant à la population
de respecter l’opération " ville morte " menée par
l’opposition politique, des témoins l’ont vu se faire enlever par des
personnes, non identifiées, conduisant un véhicule 4×4 noir.

Un peu plus tard dans
la journée, c’est au tour du Président de l’ONUTA, M. Kambiagou
Bansiti, d’être arrêté par les gendarmes, accusé
d’être à l’origine des troubles dans le quartier de Bé.

Ce même lundi, toujours
dans le quartier de Bé, un militaire a menacé d’arrêter
Adoté Akwei, président de la LTDH, parce qu’il fait de "
faux rapports pour ses patrons en France " sur la situation des droits
de l’Homme au Togo. M. Akwei tentait alors de dissuader les forces de l’ordre
" d’arroser " les étudiants.

Ce matin encore, Ernest
Assigbe, Quiyeni-Tina Kumana, Dodji Agbegna et Serge Kponfou ont été
arrêtés par les miliciens et détenus au siège du
RPT. M. Serge Kponfou relâché quelques heures après fait
état de mauvais traitements subis par les détenus. Ils ont été
arrêtés pour être questionnés sur leur ami en fuite,
Yves Yeme-Kponfou, accusé de détenir des images numériques
des allers et venus des miliciens au siège du RPT.

La FIDH et la LTDH expriment
leur préoccupation pour l’intégrité des personnes actuellement
détenues par les services de l’Etat comme par les miliciens du RPT.

Elles s’inquiètent
du climat délétère et arbitraire qui se développe,
laissant craindre le pire pour les populations civiles au Togo.

Elles rappellent que les
autorités togolaises autoproclamées assument la responsabilité
première des atteintes à l’intégrité physique
des civils.

La FIDH et la LTDH réitèrent
leur appel à la mobilisation des instances intergouvernementales concernées
y compris par l’instauration de sanctions visant exclusivement les auteurs
du coup d’Etat du 5 février.