20/10/2013 (Brève 289) Lu sur le Blog « Le Mamouth », un article intéressant sur la possible « fonte » des effectifs de l’armée française à Djibouti. Malheureusement l’article n’indique pas, dans cette réduction des effectifs, si la France va continuer à subventionner l’enrichissement personnel de Guelleh et associés à hauteur de 30 millions d’Euro par an …

Lien avec l’article :
Le mamouth

blog du journaliste Jean-Marc Tanguy – 5538 posts depuis avril 2009 – 26,1 millions de pages vues – Serval, Afghanistan, forces spéciales, armée de l’air…

Djibouti va encore fondre

A 3.000 pax en 2010 puis 2.000 actuellement, Djibouti va encore fondre, peut-être bien en dessous des 1.000 militaires, estiment des sources convergentes. Les plus pessimistes des pessimistes évoquant même un format plancher à 700 qui ne remplirait que ce qui est explicitement prévu par les accords de défense : la défense aérienne de Djibouti.

Techniquement, un tel format, avec un escadron de chasse, incluant beaucoup moins d’hélicoptères, et peut-être pas en permanence un avion de transport, reste possible. On l’a compris, c’est comme en métropole sur l’armée de terre que pèserait, dans tous les cas, l’essentiel des efforts. L’exemple du Tchad (ou du Gabon) démontre que l’on peut, avec 1.000 militaires, disposer d’une capacité d’intervention réelle, dans les airs et au sol, qui peut, en quelques heures, être renforcée. La montée en puissance de l’A400M permettra de rendre ce concept plus réel qu’il ne l’est actuellement.

Jusqu’à maintenant, la communication sur les restructurations a soigneusement évité d’évoquer les sites à l’étranger, du fait des implications diplomatiques. Et l’image que va livrer cette nouvelle vague d’économies, sans compter les conséquences directes sur les économies locales.

A Djibouti, on a déjà compris la direction que prend la réflexion de Paris : les aviateurs mutés l’été dernier sont désormais affectés pour trois ans fermes, et non plus deux ans avec possibilité d’une troisième année. Le but étant, déjà, de tailler dans les frais de déménagement. Incidemment, avec moins de militaires à loger, il sera moins nécessaire de loger dans le secteur privé djiboutien, dont les prix sont… soutenus.

Etonnamment, d’autres installations, comme aux EAU, soulèvent moins de questions, malgré un coût relativement bien plus élevé, et des possibilités d’entraînement particulièrement réduites, pour les forces terrestres en tout cas.

31/03/10 (B544) Le Mamouth / Djibouti : l’amitié franco-américaine (suite)

Après avoir lu mon post consacré aux tirs d’artillerie que la 13e DBLE et les US marines vont effectuer ensemble cette semaine, des coloniaux basés à Djibouti se sont à demi étranglés, expliquant qu’eux aussi travaillent avec les Américains. Ainsi, on m’évoque le 300e soldat américain breveté en novembre au CAIDD (centre d’aguerrissement et de survie désertique) armé par le 5e régiment interarmées d’outremer (RIAOM).

Des sauts sont également réalisés "depuis cinq ans" par les paras français depuis les CH-53 de l’USMC.

On me signale aussi des séances de tirs communes avec échanges d’armes (M-16 et Famas) et essai du lance-grenades Mk19. Ceci au terme d’un exercice commun engageant une MEU, les "cynos" de la 1ère Cie du RIAOM et les cavaliers, sur 10RC, du 3e escadron.

J’ajouterai que nos commandos marine, présents sur le théâtre drillent régulièrement avec les CH-53, afin de partager les ressources en matière de lutte contre le terrorisme et contre la piraterie.

28/03/10 (B544) Le Mamouth (Blog) (3 articles)

______________________ 3 – SV internationalisée à Djibouti

La multinationalisation des opérations aériennes depuis la plateforme de Djibouti, qui a fait croître de 30 à 40% les mouvements en quelques mois seulement a amené l’armée de l’air à ouvrir son comité technique de sécurité des vols (CTSV), qui se réunit mensuellement.

A l’origine, le CTSV est déjà par nature éclectique et ouvert à des spécialités non navigantes (mécaniciens, contrôleurs, etc…) afin de favoriser les meilleures pratiques, et, ce qui est le fondement de la SV, à éviter la reproduction des erreurs, en faisant en sorte, par ailleurs, de détecter préventivement la possibilité d’évènements.

A Djibouti, bases interarmées, le CTSV s’est aussi logiquement ouvert aux hélicoptéristes de l’ALAT, et aux patmaristes de l’Aéronavale.
L’arrivée en masse des étrangers se traduit aussi par leur participation au CTSV, qu’il s’agisse évidemment d’Américains, de Japonais, et des participants à Atalante -traditionnellement Espagnols et Allemands, et depuis peu, suédois-.

La mixité du trafic (civil et militaire), la cohabitation de plusieurs accents anglophones, les tournantes, et des procédures nationales très différentes ne simplifiant pas la gestion des vols. Les (rares) oiseaux non plus : un de ces piafs avait créé quelques malheurs au réacteur gauche d’un A310 transportant Hervé Morin, comme ce blog l’avait à l’époque décrit.

______________________ 2 – Deux suédois à Djibouti

Deux hélicoptères Agusta suédois sont arrivés mardi à Djibouti par avion gros porteurs.

Ces deux machines sont logées au BATALAT français, et après remontage des pales, seront d’attaque pour assurer des missions depuis le navire de commandement (suédois)de l’opération Atalante.

Après une période d’acclimatation de 15 jours, le temps de prendre leurs marques, et la température.

______________________ 1 – Djibouti perd sa Dague

Les forces françaises à Djibouti (FFDJ) vont perdre leur seul moyen naval propre cet été, avec le départ de la Dague. Cet engin de débarquement d’infanterie et chars (EDIC) ne sera pas, a priori, remplacé.

La marine compte 200 personnes à Djibouti, réparties entre le commando Arta, l’Atlantique 2 et la base navale, opérant l’EDIC.

Les FFDJ comptent 2.900 militaires au total.

16/11/09 (B525) Le Mamouth : Pourquoi tous votent CED ?

Infos et humeurs sur la Défense, par le journaliste Jean-Marc Tanguy

Non, c’est n’est pas un flash-back de 1954, mais l’inauguration du centre d’entraînement au désert, par Hervé Morin, ce weekend, alors que le ministre devait également inaugurer une usine de pièces EADS, en marge du salon de Dubaï, et faire flotter le drapeau français sur cette grand foire commerciale. Le CED était prévu par les accords franco-émiratis qui ont vu, dans l’ordre, arriver des Mirage 2000-5 de Dijon, et une base navale flambante neuve. La troisième pierre est donc ce centre, pas totalement indispensable si l’on considère seulement qu’un centre déjà très complet existait à Djibouti, avec de très larges capacités d’accueil (et à un coût nettement moindre).

Seulement, comme personne ne s’en cache plus, ce CED sera aussi l’occasion de faire venir sur place la fine fleur de nos… matériels. Le CEMAT a pour sa part annoncé aux sénateurs que le Caesar et le VBCI y seraient envoyés dans quelques semaines. Le 8e RPIMa va aussi y expérimenter le système Félin, pour lequel il est un des trois référents dans l’armée de Terre;

Depuis l’été on sait que des Rafale doivent aussi remplacer, courant 2010, les Mirage 2000-5 : cela permettrait notamment d’accélérer la formation des pilotes des EAU.

Enfin un passage de la dernière de nos frégates Horizon, équipée d’un missile à capacité antibalistique, devrait aussi intervenir.

Le + du Mamouth :
Le CED est aussi désormais une sorte d’Eldorado pour les "punis", comme on les appelle souvent, des camps d’entraînement de l’Est. Pour motiver et susciter les vocations, les affectations en Champagne seront désormais suivies d’une mutation préférentielle. A Canjuers, ou pour les plus méritants, aux EAU.

26/08/09 (B513) Le Journal de la Flibuste (1 article en Français)

_______________________________ 1 – Le Mamouth

L’armée de l’Air va consacrer 25% de sa ressource Awacs -en clair un appareil- à la mission de lutte contre la piraterie Atalante.

par le journaliste Jean-Marc Tanguy

Curieusement, la Grande-Bretagne qui dispose de sept engins n’a pas jugé utile d’investir ce mandat européen, alors qu’elle héberge le QG de la force, à Northwood. L’E-3F est arrivé cet après-midi à Djibouti, avec 18 navigants (sans doute deux équipages de conduite) et 11 mécaniciens, tous en provenance d’Avord (1).

Ils seront officiellement engagés à compter du 27 août (jeudi), signale le site officiel de l’armée de l’Air.

Ce n’est plus un scoop, l’E-3F est un des meilleurs traqueurs de go-fast, en Méditerranée ; il ne devrait donc pas lui être très difficile d’établir des SITAC intéressantes pour Atalante. Outre les modes maritimes de son radar, l’E-3F dispose d’un système ESM, de puissants moyens de communications, qui en font un relais potentiel particulièrement utile. Enfin, l’avion détient des liaisons de données tactiques : les L11 et L22 (navales, mais l’Atlantique cause dessus aussi) et la L16 (air-air). Par ailleurs, les pistes radar peuvent être retransmises en quasi-temps réel vers la métropole, fonction que le CDAOA utilise régulièrement dans le cadre de la PPS.

Tout cela peut sembler riche, mais la lutte contre la piraterie nécessite sans doute aussi des modes d’action renouvelés. On constate par ailleurs, une fois de plus, que c’est la France qui paie le prix, dans une opération de l’UE : une réédition, en quelque sorte, de l’Eufor Tchad.

Outre l’Awacs, la France déploie la frégate La Fayette et l’aviso EV Jacoubet, arrivés en début d’été, ainsi qu’un ATL-2 (Djibouti) et (vraisemblablement), un Falcon 50 M. Ceci, évidemment, sans compter le commando Arta (Djibouti), qui bien que régulièrement sollicité, n’est pas ne capacité dédiée.

(1) rappelons qu’au début de l’été un Awacs de la 36e EDCA était mobilisé pour trouver les débris d’un vol Air France. Ce qu’il fit : jamais, sans doute, les ingénieurs d’Everett, n’auraient imaginé que leur Awacs finiraient par traquer des pirates et des débris.