16/07/09 (B507) Nouvelles de Somalie (1 article)

____________________________ 1 – Le Matin (Ch) avec AFP

L’Ouganda veut que la force de paix africaine à Mogadiscio combatte les insurgés islamistes

L’Ouganda, dont les troupes font partie de la force de paix de l’Union Africaine en Somalie (Amisom), a appelé mardi à un changement de mandat de cette force pour lui permettre de combattre les insurgés islamistes dans ce pays ravagé par la guerre.

"Actuellement nous sommes engagés dans une opération de maintien de la paix là où il n’y a pas de paix", a déclaré le porte-parole de l’armée ougandaise, le commandant Félix Kulaiyigye.

"L’Amisom doit changer son mandat et passer du Chapitre 6 au Chapitre 7" de la Charte des Nations Unies, a-t-il affirmé en référence aux règles d’engagement de cette force. Selon le chapitre 6 de la charte des Nations Unies, l’Amisom peut uniquement se défendre en cas d’attaque, alors que le chapitre 7 l’autoriserait à s’engager dans des combats.

Le porte-parole de l’armée ougandaise a ajouté qu’un changement de mandat pourrait faciliter le renforcement de l’Amisom et soutenir le moral de la force africaine face à la violence en Somalie.

Depuis qu’elle a été déployée en Somalie début 2007, la force de paix africaine a subi des attaques incessantes des milices extrémistes islamistes qui ont lancé il y a deux mois une attaque sans précédent contre le gouvernement de transition somalien.

Le mandat de l’Amisom, tel qu’il est défini par le Conseil de Sécurité de l’ONU, stipule que les pays voisins de la Somalie ne peuvent contribuer à des troupes affectées à la force de paix africaine en Somalie.

L’Ouganda est, avec le Burundi, le pays qui contribue le plus à l’Amisom, forte de 4.300 hommes sur 8.000 initialement prévus. Depuis le départ des troupes éthiopiennes en début d’année, l’Amisom est la seule force étrangère déployée en Somalie, en guerre civile depuis 1991.

Les insurgés islamistes ont juré de combattre jusqu’au départ de l’Amisom qu’ils considèrent comme une "force d’occupation".

22/06/08 (B453) Le Matin (Maroc) Les réfugiés de l’Ogaden jurent de ne jamais rentrer chez eux

Entre 650.000 et un million de civils se sont déplacés

Halimu, Ethiopienne de 20 ans, a fui en janvier les violences dans sa région de l’Ogaden après que sa famille eut soudainement disparu.

Réfugiée dans le camp de Dadaab (nord du Kenya), elle pense qu’elle ne « rentrera jamais chez elle » pour ne pas revivre cette épreuve. « Les soldats (éthiopiens) ont attaqué un jour notre village de Garbo, en nous accusant tous de soutenir les rebelles (du Front national de libération de l’Ogaden, ONLF). Je me suis réveillée ce matin là et toute ma famille avait disparu », raconte à l’AFP Halimu, cachant sous une tunique l’un de ses pieds atteint d’une malformation.

Malgré son handicap, elle a fui Garbo en janvier, à pied et en véhicules, avec trois amis: « nous avions vu et entendu ce que les gens subissaient, et nous avions peur de tout le monde, c’est pourquoi nous nous cachions pendant la journée et marchions la nuit ». Son odyssée a duré trois mois avant qu’elle n’atteigne Dadaab. Garbo, à environ 600 km de Dadaab, a été attaqué en janvier 2007 par l’ONLF et a été au centre de violences après le lancement en avril/mai d’une vaste offensive de l’armée éthiopienne contre la rébellion.

L’ONLF, créé en 1984 et qui réclame l’autonomie de l’Ogaden, région du sud-est de l’Ethiopie, frontalière de la Somalie et riche en ressources naturelles, a revendiqué plusieurs attaques en 2007 contre l’armée et contre une installation pétrolière chinoise. Les opérations militaires dans l’Ogaden ont provoqué les déplacements d’entre 650.000 et un million de civils.

Le 12 juin, Human Rights Watch (HRW) a accusé l’armée d’Addis Abeba d’avoir eu massivement recours aux « exécutions, au viol et à la torture contre les civils » dans sa lutte contre l’ONLF. Addis Abeba a rejeté ces accusations.

« Je ne sais toujours pas où est ma famille. Je suis à Dadaab pour être en sécurité, mais je ne pense pas que je rentrerai un jour chez moi, je ne peux pas supporter l’idée de subir la même épreuve une deuxième fois », dit Halimu. Dadaab, planté dans un environnement semi-aride du nord-est du Kenya, accueille environ 200.000 réfugiés, en majorité originaires de Somalie voisine et ayant fui la guerre civile ravageant leur pays depuis 1991.

Le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, a visité Dadaab cette semaine à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés vendredi. Depuis début 2008, 40.000 personnes, essentiellement des Somaliens, se sont réfugiées à Dadaab. La plupart des Somaliens espèrent rentrer chez eux bientôt, contrairement à la majorité des réfugiés de l’Ogaden.

Abdidahir Osman, 42 ans, habitant de l’Ogaden, se considère presque chanceux d’avoir atteint Dadaab vivant, après sa fuite en février, accompagné de sa femme et de ses huit enfants. « Nous sommes des pasteurs. L’armée a commencé à limiter l’accès à l’eau pour notre bétail, qui est mort peu à peu.

Ensuite, plusieurs personnes ont été arrêtées et notre terre a été saisie », témoigne-t-il. « J’avais une boutique dans la localité de Laasoole. Environ 400 familles y vivaient. Les soldats nous ont forcés à regarder la ville entièrement brûler », dénonce-t-il. »Je ne pense pas que je rentrerai un jour dans mon pays.

Et même si j’avais la volonté, j’ai tout perdu là-bas », déplore-t-il.

Nasra Ali Adan et ses six enfants avaient fui l’Ogaden fin 2007 pour rejoindre sa soeur à Mogadiscio, mais ont été à nouveau jetés sur les routes par les combats dans la capitale somalienne. « Je me considère toujours éthiopienne, mais je ne rêve jamais pas à mon retour en Ogaden (…). Mon mari a été tué devant moi par des soldats. Maintenant que je suis au Kenya, je peux vivre sans la peur au ventre de voir mes enfants tués », lâche-t-elle.

05/12/07 (B424) Le MATIN (Maroc) avec AFP / La Somalie lève le gel de l’aide humanitaire dans le Sud-est. (Info lectrice)

Les opérations d’aide humanitaire dans le sud-est de la Somalie ont repris après que le gouvernement a levé sa mesure de gel de l’aide prise la veille pour une raison indéterminée, a-t-on appris auprès du Programme alimentaire de l’Onu (PAM).

Le porte parole du PAM Peter Smerdon a déclaré que les agences de l’Onu et des ONG ont été authorisées à reprendre leurs activités dans la région du Lower Shabelle, l’une des plus affectées par la crise humanitaire.

« Nous avons reçu une lettre du gouvernement de la région du Lower Shabelle disant qu »en dépit de tout ce qui s’est passé, ceci est pur certifier que toutes les opérations humanitaires dans la région du Lower Shabelle peuvent reprendre le 5 décembre' », a dit Smerdon aux journalistes.

Le gèle de l’aide humanitaire était intervenue le lendemain de la visite en Somalie du coordonnateur des secours d’urgence de l’Onu, John Holmes, qui avait estimé lundi que la Somalie, ravagée par les violences depuis 16 ans, avait besoin d’une aide accrue de la part de la communauté internationale.

Le gel annoncé jeudi avait menacé de saboter une opération d’acheminement d’environ 4.000 tonnes de d’aide alimentaire à la Somalie par le PAM, sous escorte de la marine française.

09/09/07 (B412) Le Matin (Maroc) avec AFP : La tragédie des émigrants de Somalie vers le Yémen (Info lectrice)

A
bout de force, des dizaines de migrants embarquent sur une plage de Somalie
pour le « tahrib », traversée illégale et tragique du
golfe d’Aden pour le Yémen à la recherche d’une vie meilleure,
le spectre de la mort planant sur leur voyage.

L’embarquement à
bord des bateaux a commencé vendredi en fin d’après-midi, début
de l’odyssée effroyable de 200 migrants illégaux somaliens et
éthiopiens, selon des journalistes de l’AFP.

Au crépuscule,
cinq bateaux ont emporté ces émigrants pour le « tahrib »
(fuite, traversée en somalien).

Tension et agitation
sont omniprésentes sur la plage de Shinbivale entourée de montagnes
et située à 17 km de Bosasso, capitale économique du
Puntland, région semi-autonome de Somalie devenue une plaque tournante
du trafic d’êtres humains.

L’accès à
la plage est dangereux et pratiquement impossible pour des étrangers
au trafic.

La vision est terrifiante:
à perte de vue, des silhouettes de zombies trébuchent d’épuisement
en descendant de leurs caches, des grottes creusées dans la montagne.

Un enfant d’à
peine trois ans, pieds nus et le corps ruisselant de sueur, est traîné
par sa mère portant un bébé. Ayant fui les combats à
Mogadiscio, ils vont tenter la traversée.

Sous un soleil brûlant
et par 45°C, des groupes d’Ethiopiens n’en peuvent plus d’attendre la
distribution des 3 litres d’eau du voyage.

Regards perdus,
yeux exorbités, corps affaiblis par la faim et la soif, ces migrants
sont confinés sur la plage depuis des jours.

« Je n’ai aucune
idée de ce qui va arriver pendant le voyage (…), j’attends juste
d’améliorer un petit peu ma vie », lâche à l’AFP Farah
Hussein, 31 ans, originaire de Mogadiscio, en s’approchant des bateaux.

« J’ai entendu
dire que le voyage était dangereux mais je ne suis pas sûre »,
murmure Mouna Yusuf, 15 ans et venue de la région de Mogadiscio. « J’ai
laissé ma vie à Bosasso, il faut bien mourir un jour ».

Beaucoup d’émigrants
ne réalisent pas l’enfer de ces 2 à 3 jours de traversée,
entassés les uns sur les autres sans pouvoir bouger.

Rapidement à
court d’eau et de nourriture, baignant dans le vomi et les excréments,
battus, parfois jusqu’à la mort par des passeurs dans le but de les
terroriser, ou encore victimes des requins après avoir été
jetés par-dessus bord.

Au total, 385 migrants
sont morts et 118 ont disparu depuis janvier en tentant de rejoindre la côte
yéménite, selon le Haut commissariat des Nations unies pour
les réfugiés (HCR).

Le propriétaire
des bateaux longs d’environ 8 mètres affirme à l’AFP qu’il a
récemment amélioré la sécurité en ne plaçant
que 40 clandestins dans chaque bateau de pêche, au lieu de 90. Le prix
de la traversée est passé de 20 à 70 dollars, selon lui.

Mais selon l’ONG
Somali Tribal Rights Watch, il embarque en réalité environ 80
passagers -en soute et sur le pont- pour un tarif de 100 dollars, n’hésitant
à en jeter à la mer (en priorité des Ethiopiens) quand
la météo devient mauvaise.

Et pourtant, certains
migrants partis vendredi n’ont pas hésité à risquer deux
fois leur vie.

Abdi Aden Garar,
30 ans, repart après avoir travaillé dans une ferme en Arabie
Saoudite de 2004 à 2007 jusqu’à son expulsion.

« Je m’attends
à tout: ou je vis ou je meurs », lance de son côté
Ahmed Said Hassan, Ethiopien de 25 ans, tellement assoiffé qu’il ne
peut plus déglutir.

« L’Arabie est
le seul endroit que je connais où on peut gagner son argent en travaillant »,
lance ce jeune homme. Il tente pour la deuxième fois la traversée
et, comme ses compagnons, il a pris la mer pour tenter d’avoir une vie plus
digne.