25/05/11 (B605) Radio-Trottoir. Selon un article publié par LePost.fr et que de nombreux lecteurs nous ont signalé, le régime djiboutien serait accusé de trafic de canabis par des autorités américaines. N’ayant pas encore de confirmation par d’autre média, nous signalons cet article au seul titre de l’information, recommandant la plus extrême prudence à nos lecteurs. En effet, il s’agit d’accusations très graves. 26/05/11 modification : l’article a été retiré, semble-t-il sur LePost.fr..

Le président djiboutien Ismael Omar accusé de trafic de drogue.
(Le Post.fr 25/05/2011)

02/02/11 (B589) L’astuce du jour / Le guide du tricard, pour dictateur en exil ou 5 règles pour devenir ou pour rester dictateur en poste ! (extrait de LePost.fr)

Lien avec le site (article original)

Voilà une question que bon nombre de chefs d’Etat aux quatre coins du monde se posent actuellement.

Comment faire taire une révolution populaire ?

Voici par exemple, une liste exhaustive des « meilleures » solutions trouvées par les chefs d’état dictatoriaux au travers du globe pour y arriver.

Règle n°1 : Censurer la presse Locale et Internationale

Censurer la presse est un moyen sûr et efficace d’atténuer tout mouvement révolutionnaire. Un moyen permettant de ne pas laisser se propager des mouvements de grognes susceptibles au travers de la presse de gonfler et prendre une ampleur trop importante.

Le meilleur moyen par ailleurs restant de nationaliser bon nombre de médias importants tout en faisant « couler » les plus petits avec l’aide notamment de sabotages, d’intimidations en tous genres, ou encore d’attentats envers les locaux de récalcitrants, voire en piratant les médias concernés.

Dans toute guerre populaire, la gangrène redoutée par les chefs d’état est la presse. Et d’autant plus la presse internationale, qui relayant d’une façon ou d’une autre les informations sur les évènements d’un pays, crée une mauvaise image dudit pays et par la même occasion du gouvernement en place, avec en tout premier lieu, une (très?) mauvaise image du leader politique national.

En Irak, Corée du Nord, Egypte, etc.. cette méthode porte ses fruits et écarte à coup sûr du lieu des manifestations les journalistes imprudents qui voient là le risque de se retrouver arrêtés pour des contrôles de visas et gentiment emmenés dans des postes de polices ou de contrôles loin des mouvements. Une méthode qui a fait ses preuves, certaines nations n’hésitant pas par ailleurs, à directement condamner les journalistes puis à les exécuter pour « troubles à l’ordre public », ou encore « espionnage ». Les spécialistes du genre étant notamment la Corée du Nord et l’Iran.

Des préceptes mis en place notamment par feu le « Président » Ben Ali, ou encore le Général Kadhafi, voire même les présidents Bouteflika et Moubarak.

Des valeurs sûres donc, qui n’ont pas hésité à mettre cette règle n°1 en application, mais attention il arrive parfois que certains médias changent de camp en cours de route, et là tout devient plus compliqué pour les gouvernements.

Règle n°2 : Couper les communications cellulaires
Contrôler les communications cellulaires, une idée intéressante, permettant de ne pas voir les informations aller trop vite d’une région à l’autre ou encore d’un pays à l’autre. Une méthode permettant de désunifier les mouvements qui peuvent poindre à divers endroits d’une même citée, tout en déséquilibrant la corrélation populaire liée à l’accession aux communications cellulaires.

Une méthode mise notamment en place par le Président Moubarak en Egypte sur les lieux des manifestations, permettant ainsi de mieux refouler par exemple les médias occidentaux qui étaient dans l’impossibilité de transmettre les « directs » à leur employeurs et à leur spectateurs.

Règle n°3 : Imposer un couvre-feu
Quel meilleur moyen pour avoir un semblant de calme que d’imposer aux rues de se vider sous peine de représailles ? Aucun. La meilleure façon pour cela est de décréter un couvre-feu.

En effet, grâce à cette mise en application du couvre-feu, toutes les personnes présentent dans la rue passé l’horaire de mise en application sont déclarées hors la loi. Dans ce cadre, il est donc « légal » d’arrêter ces personnes ou encore de les détruire, ces dernières ayant volontairement outrepassé les directives nationales en bravant l’autorité judiciaire.

Une méthode souvent utilisée, mais qui présente beaucoup de limites, car si beaucoup se mettent d’accord au sein de la population pour braver la loi, alors il devient plus que difficile pour le gouvernement de faire taire les opposants. Cela ferait bien trop de monde à arrêter ou tuer sans que cela ne soit repris ensuite par les médias de tous horizons.

Une méthode à utiliser donc avec parcimonie car les limites sont importantes, et vraiment risquées pour les dictateurs.

Règle n°4 : Censurer la Toile et les Réseaux Sociaux
Internet est devenu un formidable outil de cohésion pour les peuples opprimés. Un outil permettant de se réunir, de discuter, de s’organiser, de se mobiliser, et de débattre sur les évènements de tel ou tel pays.

Un moyen aussi de s’informer sur ce qu’il se passe au sein d’une nation sans que les médias tributaires des règles n°2 et n° 3 n’en soient informés. La toile, ou la vie en 2D, est devenue plus qu’une arme de destruction massive de dictats à travers le monde, et beaucoup commencent vraiment à la craindre, celle-ci ne pouvant réellement être contrôlée en toute discrétion par personne.

Une méthode qui a notamment porté ses fruits en Libye, où le général Kadhafi est passé maître dans l’application de cette règle. Un poison pour les chefs d’états dictateurs qui est plus dangereux encore pour eux qu’une arme atomique.

Twitter, Facebook, etc… des noms qui font trembler les pires gouvernements du monde. Des noms encore inconnus il y a quelques années qui aujourd’hui ont réussi grâce à des jeunesses fougueuses à renverser les dictatures les plus installées.

Ben Ali par exemple, le président dictateur tunisien avait sous-estimé cette force de frappe populaire, et a fini par s’enfuir de Tunisie face à la pression populaire.

En Egypte, le président Moubarak n’a pas fait la même erreur et a censuré directement, dès les prémices des mouvements populaires, ces moyens d’expression pour ne pas avoir lui aussi à migrer en direction de l’Arabie Saoudite. Les réseaux sociaux sont une réalité fictive ayant découlé sur une vérité réelle, une vie en 2D qui a fait des ravages en 3D.

Règle n°5 : Ne pas perdre la puissance militaire
La puissance militaire. Cette force de frappe armée et surentraînée, capable à elle seule de remporter tous les combats. Une force essentielle à la pérennité d’un gouvernement et à la protection de ses acquis.

Une force permettant à elle seule de ne pas craindre les révoltes populaires et de gérer sans difficultés aucune toutes les situations de crise à l’intérieur d’une nation.

Perdre le soutien et l’appui de cette force est automatiquement signe de défaite pour un dictateur, comme le Président Ben Ali a pu le prouver en Tunisie.

Or s’attacher et fidéliser les services d’une armée sous l’égide de son gouvernement permet de garantir la quiétude du chef en place. En Corée du Nord, Egypte, Algérie, Libye, etc, l’armée agit pour le compte du gouvernement en place et cela sans vergogne ce qui permet aux leaders de tout bords de ne pas craindre réellement de renversement politique. Pour faire une bonne dictature, bien solide, l’essentiel est donc d’avoir une armée puissante.

_______________

Vous l’aurez compris, pour être un bon dictateur et annihiler toute menace populaire, l’essentiel est de « Censurer la Presse Locale et Internationale », « Couper les Communications Cellulaires », « Imposer un Couvre Feu », « Censurer la toile et les Réseaux Sociaux », et « Avoir la confiance de l’armée ».

Grâce à ces 5 règles plus que simples, il est impossible de gagner une guerre civile, d’autant plus si toutes les règles sont appliquées en même temps, et que vous êtes à la tête d’un état réputé pour sa qualité d’exportation, le mieux étant d’être une nation productrice de pétrole, et/ou encore de représenter un vrai intérêt diplomatique pour les autres nations du globe. Être dictateur ne s’improvise pas, et pour faire un bon dictateur il y a certaines règles qu’il faut absolument connaître sans quoi votre pouvoir n’en sera que plus éphémère.

Voici donc la liste des 5 règles appliquées en Tunisie (en son temps), Algérie, Libye, Mauritanie, Egypte, Cisjordanie, Corée du Nord, Iran, etc…et qui ont fait la force des dirigeants politiques en place.

Des règles qui, appliquées à la lettre, seront gages de succès pour nos dictateurs en devenir.

Comme quoi, la dictature tient vraiment à peu de choses.

30/09/08 (B467-B) Le Post avec Corriere della Sera (It) / Conversation téléphonique avec les pirates du cargo Faina …

Une connexion téléphonique satellitaire a été établie avec un pirate à bord du cargo Faina. Cette personne s’exprime dans un anglais approximatif (il se dit lui-même être un «broken English) mais compréhensible. Il se présente comme « l’officier somalien qui a la responsabilité du navire ».

Il accepte de bon gré de répondre à une série de questions.

« Que pensez-vous faire de votre butin ?

— Nous sommes en train de traiter avec l’armateur. En échange du navire, de son contenu et de l’équipage nous voulons 20 millions de dollars et rien d’autre. Nous avons promis de ne rien décharger. Tout le matériel restera à bord »

– Tous ces armements, font tellement envie à tant de gens: les insurgés antigouvernementaux, aux érythréens…

— Nous avons aussi assuré que même pas un simple projectile ne finisse entre les mains de ceux qui combattent le Gouvernement de transition de la Somalie. Seul l’argent nous intéresse.

– Même pas à l’Érythrée, qui comme l’a dit vôtre porte-parole, vous a offert 35 millions de dollars?

— Non, même pas à l’Érythrée. »

La conversation vient d’être interrompue momentanément car près du cargo Faina un hélicoptère est en train de passer, et le bruit et les interférences nous empêchent de parler. Ensuite la conversation reprend normalement.

– Comment sont vos rapports avec les Américains ?

— Près de vous, il y a encore le croiseur Howard. Un de leur hélicoptère vient de passer. Nous n’avons aucun problème. Nous leur avons parlé et ils savent que nous attendons l’argent ; ensuite ils pourront prendre possession de tout ce qu’ils veulent. Pour le moment nous avons des rapports de bon voisinage ».

– Et s’ils devaient tenter un assaut (un blitz) pour prendre possession du navire ?

— Nous combattrons jusqu’à la mort et nous coulerons le Faina ».

– Dans l’après-midi un officier de haut rang américain a soutenu que ces armes étaient destinées au gouvernement du Soudan.

Vous, vous avez contrôlé les documents ?

— Bien sûr. La destination était Mombasa. Rien à voir avec le Soudan. Tout au plus pouvaient-elles être destinées au sud du Soudan, mais certainement pas au gouvernement de Khartoum. Mais, j’ai lu cela sur Internet. Nous ne savons rien sur la destination finale du chargement ».

Le pirate nous a promis de nous tenir informés de tout ce qui pourrait arriver.

— «Le monde doit savoir que nous ne sommes pas des bandits mais des soldats qui défendent leur propre cause ».

15/09/08 (B465) Le Post / Comment assurer la sécurité des bateaux au large de la Somalie?

Après l’attaque de 2 thoniers par des pirates, ce week-end, une réunion interministérielle est organisée.

Michel Barnier, ministre de l’agriculture et de la pêche, a demandé à François Fillon d’organiser d’urgence une réunion interministérielle pour réfléchir sur la mise en oeuvre possible de mesures pour prévenir les prises d’otage de bateaux au large de la Somalie.

Après l’histoire du Ponant, ce voilier français pris en otage par des pirates en avril, ce week-end, ce sont 2 thoniers, l’un français, l’autre espagnol, qui ont été pris pour cibles. « Ils nous ont tiré dessus au lance-roquettes », a expliqué sur Europe 1 le patron du bateau de pêche français.

Des situations « qui se multiplient de manière sérieuse et grave » selon Michel Barnier, interrogé sur France Info, qui souhaite « tirer des leçons » de cette mésaventure.

Il souhaite mettre en place un système de prévention et de sécurisation des bateaux dans cette zone, avec les ministres de la défense et des affaires étrangères.

Mais ce n’est pas tout. Le ministre de la pêche veut organiser une réunion au niveau européen pour que les pays de l’Union coordonne leurs actions envers la Somalie et les pays de la zone, afin de lutter efficacement contre ces pirates. « Nous avions au départ affaire à des pêcheurs qui souffraient de la faim. Maintenant, ces pirates ont des camps d’entraînement et du matériel perfectionné », affirme sur France Info Christian Ménard, député UMP et rapporteur d’une mission sur la piraterie internationale.

Enfin, une réunion de concertation doit être menée avec les armateurs de ces bateaux pour étudier, par exemple, la « mise en commun des efforts de pêche ». En clair, le ministre de la pêche demande aux marins de se regrouper pour travailler, afin d’éviter de se retrouver isolés au large de la Somalie.

01/03/08 (B437) Le Post : le départ des forces françaises à Djibouti est déjà programmé (Article conseillé ***)

http://www.lepost.fr/article/2008/03/01/1107175_le-depart-des-forces-francaises-
a-djibouti-est-deja-programme.html

Par Philippe Gras , le 01/03/2008 (5 )

L’élaboration du Livre blanc n’a pas empêché les pouvoirs publics d’engager fermement la politique de Défense vers des voies nouvelles hors de tout débat, quand bien même elles s’inscrivent dans la continuité des options prônées par Jacques Chirac au cours de ses deux mandats présidentiels. Avant même sa publication prévue après les élections municipales, les noms des unités à supprimer circule au sein des états-majors.

C’est pourquoi l’annonce faite au moment du déplacement dans les Émirats arabesunis de son successeur, Nicolas Sarkozy, de créer une base militaire sur le territoire d’Abu-Dhabi, le 15 janvier dernier, a provoqué la surprise et fait naître une interrogation majeure : la France a-t-elle décidé de résilier à Djibouti son bail pour s’installer de l’autre côté de la péninsule arabique ?

La réponse est oui.

La présence française dans la Corne de l’Afrique est très ancienne puisqu’elle remonte au traité de paix et d’amitié de 1862, signé entre la France et trois sultans afars de la région d’Obock. Elle est très familière à nos concitoyens qui sont encore nombreux à croire que Djibouti fait partie intégrante de laRépublique française alors que la République de Djibouti est indépendante et souveraine depuis le 27 juin 1977 (Rapport parlementaire d’information du 21 septembre 2000).

Elle constitue encore un des principaux points de la présence militaire française à l’étranger, car fortes de 2.700 hommes, les FFDj (Forces françaises de Djibouti)sont la troisième implantation militaire dans le monde et la première en Afrique. Les deux chefs de l’État djiboutien, Hassan Gouled Aptidon de l’indépendance à 1999, et Ismaïl Omar Guelleh ensuite, sont issus du 5ème Régiment Interarmes d’Outre-Mer, l’épine dorsale du dispositif militaire français sur zone, où ils ont fait leurs armes pendant l’époque coloniale.

Remise en question du dispositif militaire français en Afrique :

Le député Boucheron (PS) a défini l’intérêt de Djibouti dans ces termes : Djibouti procure tout d’abord des facilités d’accès à l’Afrique orientale, zone dans laquelle la France, à la suite de l’échec de Fachoda en 1898, n’a jamais été en position de force, même si elle y a exercé parfois une influence importante (Madagascar).

À cet égard, la base de Djibouti est le complément idéal des implantations en Afrique de l’Ouest ou en Afrique centrale (Tchad) mais aussi de la Réunion. Djibouti est aussi idéalement placé pour veiller à la sécurité du trafic en mer Rouge, puisqu’en face du détroit de Bab el Mandeb, qui, à 1.930 kilomètres de Suez, est la porte d’accès au golfe d’Aden et à l’Océan Indien (Rapport parlementaire d’information du 21 septembre 2000).

Bien que la clef de la mer Rouge ait beaucoup perdu de son intérêt avec le développement des supertankers et l’effondrement du bloc soviétique, leport autonome international de Djibouti (PAID) a toujours constitué un objet deconvoitise de la part de ses voisins.

La plupart des investissements y est fait à l’heure actuelle par l’Émirat de Dubaï.

Un an plus tard, presque jour pour jour, l’attentat contre les tours jumelles de New-York a rebattu les cartes des priorités stratégiques. L’attention s’est portée sur l’Afghanistan où les talibans représentent un abcès de fixation et, en offrant un abri aux chefs d’Al Qaïda, une menace pour le monde occidental. La présence française est toujours d’actualité dans l’Océan Indien, mais ses intérêts se déplacent vers l’est, d’où les avions embarqués peuvent effectuer plus facilement des rotations pour leurs missions de reconnaissance et de bombardement. En Afghanistan opèrent actuellement 1.500 soldats français.

L’intérêt d’une base militaire dans cette zone est grand, et l’initiative de l’émirat d’Abu-Dhabi d’offrir un relais à la France a été saluée comme un événement, et même une rupture avec l’héritage de notre histoire coloniale, selon l’amiral Guillaud, chef d’état-major du président de la République.

Mais la France, engagée depuis 10 ans dans une politique de restriction budgétaire en ce qui concerne les armées, n’a pas les moyens de multiplier ses implantations militaires. Personne, au demeurant, n’aenvie d’envisager un retrait de troupes d’où que ce soit, comme en témoigne l’échange houleux qui s’est produit le 30 janvier dernier à l’Assembléenationale à la séance de questions au gouvernement :

M. Bernard Cazeneuve (PS) :
Ma question s’adresse à M. le Premier ministre. Lors de l’intronisation de la commission du livre blanc de la défense, le Président dela République a soutenu d’une part que les politiques d’aménagement du territoire et de défense étaient indépendantes, d’autre part que le Parlementdevait être davantage associé à la seconde, traditionnellement réservée auPrésident de la République.

Sur le premier point, faut-il comprendre que notre politique de défense s’apparente désormais à une véritable politique de déménagement et de désertification du territoire ?

(Applaudissements sur lesbancs du groupe SRC ; exclamations sur les bancs du groupe UMP) On est tenté de le croire, tant s’allonge la liste des casernes et des bases aériennes menacées de suppression, avec les emplois — plusieurs milliers — qui leur sont attachés !

Quelles seront de ce point de vue les conséquences de la revuegénérale des politiques publiques ?

Le Gouvernement consultera-t-il la représentation nationale ou décidera-t-il unilatéralement de la désertificationde nos territoires, comme lors de la réforme de la carte judiciaire ?(Exclamations sur les bancs du groupe UMP […]

M. Roger Karoutchi, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement : M. le ministre de la défense me prie d’excuser son absence (Exclamations sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR)…

M. Arnaud Montebourg :
Il n’y a plus ni Premier ministre, ni ministre de la défense !

M. le Président :
Écoutez M. le ministre.

M. Roger Karoutchi, secrétaire d’État :
Il est retenu à l’étranger pour y conclure des accords militaires, conformément à sa mission ! (« Ce n’est pas sérieux ! » surles bancs du groupe SRC).

Monsieur Cazeneuve, vous avez fait allusion à la création de la base d’Abu-Dhabi (« Non ! » et vives protestations sur lesbancs du groupe SRC), dont je rappelle qu’elle répondait au souhait des Émiratsarabes unis (Vives protestations sur les bancs du groupe SRC ;exclamations sur les bancs du groupe UMP).

M. le Président :
Je vous en prie !

M. Roger Karoutchi, secrétaire d’État :
Quant au livre blanc de la défense, votre question est tout à fait prématurée (Rires sur les bancs du groupe SRC) puisque — vous l’avez dit vous-même — ses conclusions ne seront pas connues avant le mois de mars !

M. Maxime Gremetz :
Ce sera un livre noir !

Tout le monde a compris que les décisions concernant les réductions d’effectif ne seront connues qu’après la publication du Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale, quand bien même elles seraient déjà programmées. Abu-Dhabi, où sera créée une école du désert, ne saurait faire doublon avec Djibouti, où elle se trouve actuellement.

Selon des sources concordantes, une partie du personnel qui sera affecté à cette nouvelle base, opérationnelle en 2009, viendra de Djibouti. Les décisions ultimes seront prises après que les négociations qui se déroulent actuellement avec les autorités d’Abu-Dhabi sur la définition du déploiement français seront closes.

Mais pour quelles raisons Djibouti ferait forcément les frais de l’installation de soldats français à 1.800 Km de là ?

Bien que mal entretenue, cette armée d’Afrique coûte encore trop cher :

L’actualité récente a montré que cette région du monde est toujours la proie d’une instabilité chronique.

Le général Bentegeat s’écrie devant la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du 11 octobre 2006 que la Somalie est un pays perdu, livré aux seigneurs de laguerre et aux pirates. Ce pays ne fait pas l’objet d’une action concertée de la communauté internationale.

La France pour sa part veille en premier lieu, depuis Djibouti, à ce que les problèmes de la Somalie ne s’étendent pas au reste de la région. Quelques semaines plus tard, l’armée éthiopienne favorisait l’éviction du régime des tribunaux islamiques, sans pour autant parvenir à rétablir l’ordre.

Son voisin kenyan, qui abritait alors le gouvernement légal somalien, traverse désormais une crise politique grave, à la suite des dernières élections nationales.

L’imminence du déploiement des forces de l’Eufor au Darfour a provoqué une intervention armée destinée à renverser le régime en place au Tchad, tandis quel’afflux de réfugiés est considéré par la République centrafricaine comme unfacteur de troubles préoccupant. Enfin, l’Érythrée a tourné le dos à l’Éthiopie à cause du règlement du différent frontalier dans la bande de Badmé, la privant d’un accès historique à la mer. C’est pourquoi les marchandises à destinationet en provenance d’Addis-Abeba transitent par le port de Djibouti.

Le rôle de la France est toujours très important dans la région, mais elle est en train de déléguer le plus possible ses missions demaintien de la paix à d’autres instances.

Il est à noter que la plupart des personnes auditées par la commission du Livre blanc ont appelé les 27 États composant l’Union européenne à mettre leurs forces en commun dans l’espoir de peser sur le commandement de l’OTAN et prendre en charge eux-mêmes la défense du continent.

Plusieurs initiatives en coopération existent déjà, elles œuvrent de façon discrète dès lors qu’elles ne sont pas sous le feu des projecteurs, telle l’Eufor au Darfour. Ainsi le général Thorette a-t-il décrit un programmevieux de 10 ans lors de son audition le 12 octobre 2005 devant la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale :

La réorganisation du dispositif militaire français en Afrique est de la compétence des autorités politiques et du chef d’état-majordes armées.

La presse a diffusé des informations qui ne correspondent pasentièrement à la réalité. Il existe actuellement un projet, défini dans le cadre de l’Union africaine, visant à donner aux différentes organisations politiques régionales de ce continent les moyens de régler les crises dans leurs zones d’influence respectives.

Chaque zone géographique disposera d’une brigade adossée au dispositif ReCAMP (Renforcement des capacités africaines demaintien de la paix).

Par cohérence géographique, le chef d’état-major des armées a proposé que les capacités françaises, elles-mêmes associées à ReCAMP, soient principalement réorganisées autour de Dakar, Libreville, et Djibouti.

Les expériences les plus récentes, et notamment l’opération en République de Côte d’Ivoire, ont montré que les armées africaines possédaient un réel savoir-faire au niveau des unités ou des états-majors déployés sur le théâtre. En revanche, les structures de niveau stratégique sont soit inexistantes soit insuffisamment développées, selon les sous-régions.

Les niveaux de direction politique, de direction stratégique et de commandement stratégique, essentiels pour garantir l’atteinte de l’objectif politique, constituent donc la priorité du concept ReCAMP, au détriment des niveaux tactiques qui doivent être pris en compte par les coopérations bilatérales. Le concept ReCAMP est ouvert à l’ensemble de l’Afrique sub-saharienne et s’inscrit résolument dans une dimension multilatérale.

Une coordination étroite avec les Nations unies et l’Union européenne (1er comme 2ème pilier) est indispensable pour assurer l’efficacité de ces actions, en particulier dans le domaine de la formation. En cas de crise, il est en outre nécessaire de garantir la coordination entre les niveaux international, national, régional et sous-régional. La troisième priorité pour les prochaines années est donc l’internationalisation du concept ReCAMP.

Dans le cadre de l’initiative ReCAMP et en accord avec les pays hôtes, la France aconstitué 3 dépôts implantés dans les emprises françaises, localisés à Dakar, Libreville et Djibouti suivant des modalités définies dans des accords bilatéraux. Chaque dépôt est dimensionné pour stocker l’équipement d’une forcea fricaine de 3 unités d’infanterie, 1 escadron blindé, et 1 unité de commandementet logistique.

Les FFDj assurent une mission extérieure d’intervention limitée pouvant s’appliquer, sur ordre de l’état-major, aux pays limitrophes et comprenant le stockage et le maintien en condition des matériels destinés à équiper un bataillon ReCAMP.

Des manœuvres de grande ampleur se déroulent tous les deux ans dans ce cadre, afin de permettre à l’Union africaine d’arriver à une autonomie totale en 2010. Mais des campagnes de formation ponctuelles sont également organisées au gré des opportunités.

Ainsi s’est déroulée, du 3 au 30septembre 2007, l’exercice d’instruction d’un bataillon de l’armée ougandaise appelé à se déployer en Somalie dans le cadre de la mission des Nations unies dans ce pays. La formation au maintien de la paix a été effectuée par des éléments de la 13ème demi-brigade de la Légion étrangère, qui fait partie du dispositif militaire français à Djibouti.

La mise à contribution de l’armée française dans ce vaste programme de maintien de la paix en Afrique n’est cependant pas isolée.

Les États-Unis sont également très actifs dans la région et mènent leurs propres opérations en parallèle : ils ont prêté une assistance non négligeable lors de l’incursion des forces armées éthiopiennes en Somalie en décembre 2006, et mettent d’importants moyens de renseignement en œuvre afin decontrer les offensives terroristes.

Ils sont d’ailleurs présents sur le territoire djiboutien depuis la fin de l’année 2002, et ils ont remplacé la Légion étrangère au camp Lemonier.

Les 1.800 soldats américains font-ils concurrence aux nôtres ?

Tous les parlementaires français qui se sontpenchés sur la question, soit à l’occasion de rapports, soit lors de visites effectuées dans la région, l’écrivent.

Dès à présent, n’est-elle pas de nature à favoriser certaines surenchères ?

Les conditions de renégociation du montant des droits de stationnement des FFDj en 2003 éclairent d’un jour très actuel cette question, si l’on considère qu’elle a abouti à une majoration sensible du prix du bail consenti à la France, soit 30 millions d’euros par an.

À plus long terme, l’installation de la base américaine n’est-elle pas l’amorce d’une redistribution des influences dans une zone où — hors Djibouti — la présence française est déjà faible ?
(Compte-rendu du déplacement effectué par une délégation du groupe interparlementaire du 22 au 30 mai 2004, conduite par le sénateur Duvernois)

Il faut dire également que la présence militaire française est victime du temps.

Le député Boucheron a relevé la vétusté, la dispersion et la cherté des implantations militaires à Djibouti.

L’inadaptation des infrastructures est longtemps combattue sans donner lieu à une remise encause de leur opportunité, tandis que les effectifs déclinent au fur et àmesure, surtout dans l’armée de Terre. Il ne reste qu’un peu plus de la moitié des hommes en armes depuis 1976…

L’élu notait en 2000, que du fait du régime particulier des rémunérations perçues par les militaires français à l’extérieur du territoire national, Djibouti représentait la destination la plus coûteuse pourle budget de la Défense, après le Tchad, loin devant les territoires d’outre-mer et légèrement devant les autres implantations des forces prépositionnées en Afrique.

À titre d’exemple, la proportion des effectifs permanents par rapport aux personnels tournants sera inversée sur la base d’Abu-Dhabi, ce qui aura pour avantage de réduire l’impact des soldes sur lebudget de façon non négligeable, autant que de compter sur plus d’hommes rompus aux campagnes.

D’autres sources d’économie restent encore à trouver dans la logistique inhérente à l’entretien de forces armées en territoire étranger. À Djibouti, l’économie locale est très restreinte et ne permet pas un approvisionnement diversifié.

S’agissant de la voie maritime, il n’existe plus de ligne spécifique à Djibouti, qui est desservi par la ligne de la Réunion, c’est pourquoi la plupart des transports empruntent la voie aérienne. Enfin, le coût et la fréquence des approvisionnements impliquent un taux d’indisponibilité de 30% à 50% des matériels, voire plus encore s’agissant des moyens les moins nombreux.

Il y a par exemple 10 Mirage 2000 officiellement affectés à la baseaérienne 188, mais il n’en resterait plus que 3 en service.

Djibouti fait grief à la France d’une attitude méprisante :


L’affaire Borrel a cristallisé les griefs de la République de Djibouti envers la France.

Le chef de l’État djiboutien Ismaïl Omar Guelleh les a récemment détaillés à l’hebdomadaire Jeune Afrique, et s’il a forcément fustigé l’attitude de son homologue de l’époque Jacques Chirac dans le règlement de ce dossier, il s’est indigné du peu d’intérêt dont les Français faisaient montre au sujet du développement de son petit pays :

Pourquoi les investisseurs français sont-ils si rares à Djibouti ?

Posez-leur la question.

Hormis Total et une ou deux sociétés, il n’y a personne. Résultat, la France perd peu à peu ses positions économiques, culturelles et linguistiques à Djibouti. Et pourtant, je suis francophile depuis toujours, par tradition.

Mon père a été, en 1927, le premier instituteur francophone du territoire ! C’est la France qui n’est pas à la hauteur. Quand j’ai lancé le projet du nouveau port pétrolier de Doraleh, c’est à Paris que je me suis tout d’abord adressé, dès 1999.

En guise de réponse, on m’a proposé de bricoler les infrastructures obsolètes de celui de Djibouti. Enréalité, on m’a ri au nez. C’est alors que Dubaï est entré en scène… Il fautêtre clair : si les Français pensent ne plus avoir besoin de Djibouti,l’inverse est aussi vrai.

J’imagine que, lors de votre visite en France en décembre dernier, vous avez évoqué ce désintérêt.

Bien sûr. On m’a poliment entendu. Mais de toutes les personnalités que j’ai rencontrées, une seule m’a réellement écouté. C’est le président de la Bred, Stève Gentili. Après le désengagement de la BNP, c’est lui qui a décidé de reprendre la Banque pour le commerce et l’industrie de Djibouti. Un monsieur remarquable.


Il n’est pas anodin de consulter le portrait que fait la diplomatie française de l’économie djiboutienne :

Le pays a connu un regain de croissance économique en 2006 à 4.5%, confirmé en 2007 (plus de 5%). Ce bon résultat s’explique par la forte progression de ses échanges commerciaux avec la Chine ainsi que par d’importants investissements directs à l’étranger en provenance des pays arabes (Dubaï, Arabie Saoudite, Koweït à terme).

Djibouti reste très dépendante de l’aide extérieure, notamment française (premier bailleur de fonds bilatéral, ceà quoi s’ajoutent les dépenses liées à la présence de notre base militaire de 2800 hommes).

Djibouti, en partenariat avec l’émirat de Dubaï, développe un important projet de port en eaux profondes à Doraleh, dans le golfe de Tadjoura, qui comprend un terminal pétrolier (opérationnel depuis début 2006),un terminal à conteneurs (opérationnel en 2008) et une zone franche. Le port de Dubaï, qui finance ce projet, en a la concession.

Avec 23.200 Km2, le territoire de Djibouti a pour seul atout géographique sa façade maritime, située aux abords stratégiques du détroit de Bab el-Mandeb, et d’une stabilité relative qu’il faut bien mettre au crédit de la présence française.

C’est pourquoi les activités tertiaires représentent 83% du PIB, que son port et la ligne de chemin de fer qui le relie à la capitale éthiopienne ont favorisées.

Sa vocation commerciale a permis l’éclosion d’activités bancaires, d’assurances et de transit, mais l’économie djiboutienne est très largement assistée.

La part de l’administration représente un tiers de la formation de la richesse nationale et Djibouti demeure un pays en voie de développement.

L’armée française, et les 4500 personnes qu’elle a entraînées dans son sillage, sont relativement bien intégrées, mais la présence française, en butte à de nombreuses convoitises, est constamment battue en brèche depuis l’arrivée au pouvoir d’Ismaïl Omar Guelleh.

Les capitaux émiratis sont très appréciés, ouvrant la voie à des projets mirifiques, tels que la construction d’un pont de 28 Km au-dessus du détroit. La République de Djibouti forme ainsi l’espoir de mettre son atout de carrefour de civilisation au service du reste de l’Afrique.

Ces projets d’avenir ne souffrent pas la comparaisonavec les apports de la colonisation française, au titre desquels le sénateur Duvernois déplorait en 2004 le dépérissement progressif du chemin de fer djibouto-éthiopien, que la France avait contribué à construire au début du XXème siècle et qui se trouve aujourd’hui dans une situation technique et financière compromise, tandis que sa compagnie gestionnaire, en état de quasi-faillite, est redevable d’une dette très élevée envers une entreprise française, la société CIM Logérail.

Ainsi, l’installation de l’armée américaine au camp Lemonier en 2002 s’est-elle traduite par l’expression d’une mise en concurrence exacerbée dont la France a rapidement eu à pâtir.

L’année suivante a étér enégocié le bail des FFDj à l’initiative du Président Guelleh, aboutissant le 3 août 2003 à la signature d’une convention définissant l’attribution d’une enveloppe globale de 30 millions d’euros pour le stationnement des forces françaises sur le territoire djiboutien.

La France alors s’aligne sur les Américains, qui versent 30 millions de dollars au titre de leur contingent, un peu moins important. Les accords de cette convention, devant prendre effet au 1er janvier de l’année suivante et conclue pour une durée de 9 ans, s’achèveront àla fin de l’année 2012.

Enfin, si les autorités de Djibouti affichent leur attachement à l’espace francophone, elles observent que trop d’institutions multilatérales de la Francophonie sont peu lisibles et technocratiques.

Par ailleurs, les députés de Djibouti ne participent plus aux travaux de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

En France, on n’est pas près de soutenir un régime apparaissant comme autocratique à maints égards.

Les dernières élections qui se sont déroulées le 8 février ayant été boycottées par l’opposition, l’UMP (sic) d’Ismaïl Omar Guelleh peut régner sans partage.

Enfin et malgré ses déclarations, on reprocheassez souvent au chef de l’État de décider de concert avec sa garde rapprochée sans favoriser l’émergence d’une élite locale.

Tout concourt en définitive à la fin programmée de la présence française à Djibouti.

Alors que l’armée américaine est désormais prête à prendre le relais de l’armée française en ce qui concerne le contrôle dudétroit de Bab el-Mandeb, la France est en train de faire évoluer sa doctrine et conclut un accord avec Abu-Dhabi, qui lui offre un nouveau point d’appui dans l’Océan Indien dès 2009.

Sa présence en Afrique est pérennisée par le contingent de l’Eufor, qui interdit tout échange intempestif avec l’Afrique orientale, et par l’efficience acquise par les unités qui ont été instruites dans le cadre du programme ReCAMP, lequel doit s’achever l’année suivante.

Le programme des prochaines suppressions d’unité sera connu après la publication du Livre blanc, dont l’intérêt principal est de les justifier dans le cadre d’une stratégie militaire modernisée, mais d’ici la fin du mandat présidentiel en 2012, il ne restera plus un soldat français à Djibouti, certainement plus un Français du tout.

C’est effectivement une rupture.