26/08/08 (B462) Le Soleil (SN) avec AFP / SOMALIE : Une motion de censure déposée contre le Premier ministre

Mogadiscio – Des parlementaires somaliens ont soumis hier à leurs collègues le texte d’une motion de censure contre le Premier ministre Nur Hassan Hussein et son gouvernement, accusés de mauvaise gestion, a-t-on appris auprès de la vice-présidence de l’Assemblée et des députés.

Le vice-président du Parlement, Mohamed Omar Dalha, a précisé que les députés avaient 48 heures pour examiner le texte avant que l’Assemblée n’engage des débats et passe au vote, vraisemblablement d’ici la fin de la semaine.

La motion doit recueillir 139 voix sur 275 pour être adoptée. Lundi, plusieurs députés favorables au Premier ministre, interrogés par l’Afp, se sont dits assurés de pouvoir contrer cette motion de censure.

13/12/07 (B425) Le Soleil (Sénégal) Le débarquement américain aura-t-il lieu ?

La destination-Afrique n’a jamais été autant courue par des officiels militaires et civils américains que depuis l’annonce, le 6 février dernier, par le président Georges Bush, de la création d’un Commandement unifié des forces armées des États-unis pour l’Afrique. Depuis avril, ils sont nombreux à sillonner le continent pour faire valoir ce programme dont la finalité serait « la promotion de la paix, de la sécurité et du développement ». Mais le projet inquiète et peine à obtenir l’agrément des Etats africains. Le Commandement unifié des forces armées des États-unis pour l’Afrique « renforcera notre coopération avec l’Afrique en matière de sécurité et nous offrira de nouveaux moyens d’accroître les capacités de nos partenaires en Afrique. Il nous permettra d’intensifier nos efforts en vue d’apporter la paix et la sécurité aux peuples d’Afrique et de promouvoir nos objectifs communs en matière de développement, de santé, d’éducation, de démocratie et de croissance économique en Afrique ».

Cette profession de foi du président Bush, à l’attention du peuple américain, résume le message répété par ses émissaires en Afrique pour que l’Africom, selon son appellation consacrée, soit favorablement accueilli. Le vice-amiral Robert T. Moeller, Marie Carlin Yate, respectivement commandant adjoint des opérations militaires et commandant adjoint chargé des activités civilo-militaires de l’Africom étaient, fin novembre, à Ouagadougou dans ce dessein. Auparavant, le sous-secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la Politique, Ryan Henry, avait effectué deux longues tournées qui l’ont amené, tour à tour, en Afrique du Sud, en Éthiopie, au Ghana, au Kenya, au Nigeria et au Sénégal, ainsi qu’au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, en avril, puis au Maroc, en Algérie, en Libye, en Egypte, à Djibouti et au Kenya notamment, en juin.

A ce jour, excepté Djibouti, qui abrite déjà une base et le Liberia dont nul n’ignore la sensibilité américaine, aucun autre pays consulté n’est ni convaincu de l’opportunité de l’Africom, ni prêt à s’engager à héberger ce centre de commandement américain qui devrait être opérationnel en septembre 2008, avec 1 ?000 hommes, militaires et civils confondus. Même la nomination par le président Bush du général africain-américain, William Ward, n’a pas altéré la réticence de ses « frères » africains.

Circonspection et méfiance

Cette fin de non-recevoir, en des accents très diplomatiques par endroits, même si elle peut ne pas être définitive, fleure bon la circonspection et la méfiance des Africains devant la hâte de l’Administration Bush à densifier sa présence militaire sur le continent.

Depuis le désastre de l’opération « Restore Hope », quelque 2.000 GI’s sont positionnés à Djibouti, au camp Lemonnier, donnant le change aux Français. Pourquoi Washington veut-elle aussi soudainement passer à la vitesse supérieure, renforcer ses forces en Afrique, mettre tout le continent – exceptée l’Egypte – et les îles des océans Pacifique et Indien, sous la férule unique de l’Africom ?

Pour nombre d’autorités africaines rétives à l’installation d’une force américaine en Afrique, les réponses à cette interrogation coulent de source. La première serait un prétexte : la lutte contre le terrorisme. Les Américains voudraient faire croire qu’il faut de toute urgence inclure l’Afrique dans le théâtre d’opérations de leur guerre planétaire contre al-Qaïda et ses affidés, sans quoi les foyers virulents de la Corne de l’Afrique et du Maghreb embraseront tout un continent qui, laissé à lui-même, à ses faibles moyens, serait coupable du règne de l’ordre terroriste sur le monde. Le mobile apparent serait donc d’aider l’Afrique à se protéger militairement du terrorisme pour en faire un bouclier protecteur de plus pour le monde entier.

Mais ce deal mis en perspective semble d’autant moins acceptable, du côté de la plupart des capitales africaines, que la crainte est plutôt d’être embarquées dans une « guerre contre le terrorisme » dont elles n’auraient pas le contrôle.

Une forte présence militaire américaine sur le sol africain focaliserait à coup sûr l’attention des terroristes sur ce continent vulnérable et y dupliquerait à plus large échelle les bourbiers afghan et irakien. L’on en a d’ailleurs un avant-goût amer avec le chaos qui prévaut en Somalie.

Militarisation à des fins économiques

Sous un autre angle critique, l’on accuse le gouvernement américain d’exagérer le risque terroriste en Afrique pour y légitimer une présence militaire qui lui permettrait d’atteindre son véritable objectif : amoindrir sa dépendance envers le Moyen-Orient, en s’assurant un approvisionnement sécurisé et durable en pétrole à partir du continent qui lui fournit déjà 15% de ses besoins en hydrocarbures. Un seuil qui pourrait, dans ces conditions, être très rapidement franchi, pour atteindre 25% en 2015, selon les experts en la matière. La mainmise américaine porterait également sur les autres ressources dont regorge le continent.

La militarisation américaine de l’Afrique à des fins économiques, dans le sens « colonialiste » du terme serait également un moyen d’endiguer « le péril jaune », de freiner la montée en puissance de la Chine sur le continent noir. En quête insatiable de pétrole et d’autres produits de base, l’Empire du milieu est en train d’y étendre son influence, par le biais d’accords de financement et de coopération pour le développement nettement plus favorable aux pays africains qu’ils engagent que ceux qui les lient à leurs partenaires du Nord. Chose que les Américains et les autres Occidentaux perçoivent d’un très mauvais œil.

Dans certaines formations politiques africaines opposées aux pouvoirs en place, l’on voit en l’Africom une cinquième colonne fortement armée qui autoriserait les Etats-unis à s’ingérer dans la vie des nations, pour leur imposer les régimes et dirigeants qui leur sont favorables.

Comme ils l’ont déjà fait à Djibouti où leur activisme militaire a permis le maintien et le renforcement du régime dictatorial d’Omar Guelleh.

Les autorités américaines s’en défendent, bien entendu. « La lutte contre le terrorisme n’est pas le principal objectif de l’Africom et les États-unis n’ont nullement l’intention de créer des bases dans ce continent ou d’y faire la guerre ». « La mission de l’Africom sera d’aider les pays africains à être plus indépendants en termes de sécurité, à défendre leurs intérêts économiques, à se doter des capacités nécessaires pour assurer la sécurité des installations pétrolières et du transport des hydrocarbures ».

« Africom jouera un rôle diplomatique ». « Il répondra aux besoins humanitaires des pays africains en termes de logistique ». « Notre aide n’est pas conditionnée ». « Nous sommes disposés à œuvrer de concert avec la Chine n’importe où dans le monde. Si la Chine réussit, le reste du monde réussira ». C’est ce qu’on lit ou entend dire…

Partenariat et non-ingérence

A dire vrai, si les missions primordiales d’Africom sont d’aider les Africains à assurer leur sécurité et à se développer, de faire de la diplomatie et de l’humanitaire, le renforcement de l’existant conviendrait bien mieux que l’envoi de troupes armées, même mélangées à des civils. A quoi bon un doublon militaire avec les ambassades, l’Agence des Etats-unis pour le développement international (Usaid) et le Corps américain de la paix dont les volontaires ont depuis fort longtemps conquis le cœur de nombreux Africains, jusque dans les villages les plus reculés ?

En matière de sécurité, n’est-il pas plus indiqué de continuer à entretenir la coopération déjà engagée avec les armées africaines en termes de formation et de renforcement des capacités, mais également de partenariat à l’image des équipes des Forces spéciales américaines qui opèrent dans le cadre de l’Initiative contre-terroriste transsaharienne (Tscti) ?

La paix et la sécurité restent assurément un enjeu majeur en Afrique, au regard des nombreux conflits qui hypothèquent son développement et l’avenir de ses peuples. Toujours est-il que l’Africom aura très peu de chances d’être accepté, s’il ne se limite pas à former des soldats de maintien de la paix ou à porter une assistance en cas de désastre, tout en évitant soigneusement de s’ingérer dans la politique intérieur des pays africains.

L’on s’accorde avec le président Thabo Mbeki pour souligner que ! « lorsque l’Afrique fait montre de sa capacité à résoudre elle-même ses problèmes, les pays développés devraient l’y encourager, plutôt que de dresser des obstacles devant elle ». Et avec Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine, qui a récemment soutenu que : « l’aide au développement devrait cesser de servir de prétexte aux puissances occidentales, pour s’ingérer dans les affaires intérieures des pays africaines ».

La préférence de presque tous les chefs d’Etat africains est pour un partenariat avec les Etats-unis, ou toute autre puissance, dans le sens du renforcement des mécanismes de sécurité de l’Union africaine (UA), dans une optique de prévention et de résolution des conflits et pour la stabilité du continent. Et c’est la voie de la raison…

Par Amadou FALL

13/12/07 (B425) Le Soleil de Dakar / Pour en savoir plus : FORCES ARMEES DES ETATS-UNIS POUR L’AFRIQUE (Info lectrice)

Depuis cinq ans, les Etats-unis sont en train de mettre en place un dispositif militaire en Afrique. Après leur base navale et aérienne de Diégo Garcia dans l’Océan indien, ils ont loué à la France le Camp Lemonnier à Djibouti d’où ont décollé, en janvier dernier, leurs C-130 pour bombarder des populations civiles somaliennes, au nom de la « lutte contre le terrorisme ». L’intervention des soldats éthiopiens en Somalie a été coordonnée, encadrée, préparée et soutenue en matière de logistique et de renseignements par l’armée américaine, installée à Djibouti et à Dire Dawa, en Éthiopie.

En Afrique de l’Ouest, les Américains avancent à grands pas dans l’établissement de têtes de pont militaires, terrestres, aériennes et navales, ici aussi sous le couvert de « lutte contre le terrorisme ». En février 2007, la Maison-Blanche a annoncé la création du commandement unifié des forces armées américaines pour l’Afrique (Africom). Son patron est désigné. Il s’agit du général William Ward, un Africain-Américain. Pour le moment basée à Stuttgart, auprès du Commandement pour l’Europe ou Useucom (United states european command), cette nouvelle Autorité militaire américaine en Afrique devrait acquérir son autonomie, après l’obtention d’un « siège » sur notre continent.

Plusieurs pays ont fait plus ou moins officiellement acte de candidature : Liberia, Kenya et Sao Tome. Il faudra les départager. Mais, dans le même temps, beaucoup d’autres nations africaines et non des moindres, ont exprimé de vives réserves : l’ensemble des Etats du Maghreb, l’Afrique du Sud et la Libye. Ces pays redoutent d’être embarqués dans une « guerre contre le terrorisme » dont ils n’auraient pas le contrôle et considèrent qu’outre leur chasse à al-Qaïda, les Américains cherchent surtout à protéger leur pétrole du Golfe de Guinée. Aussi, évoquent-ils le contrôle militaire des Etats-unis sur les richesses de l’Afrique.

En d’autres termes, cette pénétration militaire américaine en Afrique, qui nous est présentée comme une protection « humanitaire » dans la guerre mondiale livrée contre le « terrorisme », est en vérité une volonté de faire main basse sur le pétrole africain principalement et d’en contrôler ses réseaux de transports mondiaux. Et les chiffres nous révèlent que les Etats-unis importent aujourd’hui, plus de pétrole en provenance du continent africain que de l’Arabie saoudite. C’est sûr que ces niveaux d’importation augmenteront encore, au regard des importantes réserves pétrolières de l’Afrique.

Quelques mois se sont écoulés depuis que l’annonce de la création d’Africom a été faite. Et de hauts fonctionnaires des Etats-unis ont déjà parcouru le continent africain pour vendre Africom et tester les réactions officielles et publiques. Les premières réponses ont été, sans surprise, négatives et méfiantes en raison de l’histoire de l’interventionnisme militaire américain dans le monde, y compris en Afrique, laquelle, en outre, a connu l’amère expérience du colonialisme. Le département de Défense (Dod) – ou Pentagone – précise qu’une des premières missions d’Africom sera de professionnaliser les militaires de nos pays pour assurer la stabilité, la sécurité et la mise en place de gouvernements responsables dans certains Etats et régions d’Afrique.

La stabilité, cela signifie rétablir et maintenir l’ordre et pour ce qui est de la responsabilité, c’est protéger les intérêts des Etats-unis. Rien que pour cette année, on avait avancé que 1.400 officiers africains finiraient leurs programmes de formation et d’entraînement militaire internationaux dans les écoles militaires des Etats-unis.

L’amère potion médicinale sera ingurgitée sans trop de douleur si on combine ces missions de militarisation assumées par Africom avec un volet civil, lui aussi, en expansion et qui devra mettre en avant des concepts tels que « la promotion de la démocratie », « la capacité de construire », « la souveraineté » et « l’autonomie africaine ».

Nous espérons qu’une plus grande attention à la présence chaque jour plus intense des Etats-unis en Afrique et une meilleure connaissance du contexte de cette situation peuvent, au moins, être utiles pour le présent et pourront, demain, aider à atténuer quelques-uns des effets néfastes que l’on sait inévitables. Pour le moment, le grand public africain ne connaît pas grand chose d’Africom et ne dispose que de quelques informations distillées sur ce Commandement par la propagande officielle.

Nous voulons que l’on élargisse la discussion publique sur cette question, ce qui serait un premier pas en direction de réponses significatives. Africains et concernés au premier chef par ce dossier, nous voulons en savoir plus sur Africom.

Controverse

Le commandement d’Africom -une unité conçue pour diriger toutes les opérations militaires américaines en Afrique – a été officiellement mis en place. Même si, pour l’heure, la structure reste basée en Allemagne, l’idée de l’implantation d’une force américaine de cette ampleur sur le sol africain a suscité des réactions hostiles dans plusieurs pays du continent.

Des informations-clé sur le mode de fonctionnement de cette structure restent floues. Par exemple, le lieu où sera installé le siège d’Africom sur le continent africain n’a pas encore été choisi. Et le fait que tant de zones d’ombre subsistent autour du projet américain alimente de nombreuses spéculations, voire une certaine méfiance quant à sa raison d’être.

De son côté, l’administration Bush insiste sur le bien-fondé de l’initiative. Selon les Américains, Africom contribuera non seulement à renforcer la sécurité en Afrique, mais aussi à promouvoir le développement, la santé, la démocratie, l’éducation et la croissance économique du continent. Mais tout le monde ne partage pas cette opinion.

Des pays auraient refusé de répondre favorablement à la demande américaine de baser le centre de commandement sur leur sol et s’emploieraient activement à décourager leurs voisins directs de soutenir l’idée.

D’autres pays africains ne sont pas opposés à l’initiative Africom. Certains attendent d’avoir plus d’informations sur le projet avant de s’exprimer sur sa viabilité. Pour sa part, le Liberia s’est déjà porté volontaire pour abriter le siège d’Africom qualifié, ici, de « modèle pour l’avenir ». Donc, il y a controverse autour de ce centre militaire américain pour l’Afrique.

Tout comme il y a controverse autour de la visite du guide libyen en France. Mouammar El Kadhafi -boycotté par des ministres et des députés de l’Hexagone- et son hôte, le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy se sont vivement opposés sur le sujet ultra-sensible des droits de l’Homme.

Le « messager du désert » a eu fière allure dans la Cité des lumières, c’est-à-dire Paris où il a été le porte-voix des émigrés, ces hommes et femmes souvent maltraités par la police.

Par Cheikh Aliou AMATH

10/03/07 (B386-A) Le Soleil (Liban) avec AFP : SOMALIE : Les troupes éthiopiennes se retirent de Kismayo.

Les
troupes éthiopiennes se sont retirées de Kismayo, la principale
ville du sud de la Somalie, qui fut le dernier bastion des tribunaux islamiques
somaliens défaits le 1er janvier, a-t-on appris, hier.

Mogadiscio
– « Les troupes éthiopiennes ont remis la responsabilité
de Kismayo aux Somaliens. Les autorités locales vont gérer efficacement
la ville située à environ 500 km au sud de Mogadiscio »,
a déclaré à l’Afp le vice-ministre somalien de
la Défense, Salad Ali Jelle. « Cela montre que les troupes éthiopiennes
sont ici en Somalie pour aider, mais pas pour rester. Toute région
qui est calme sera gérée » par les Somaliens, a-t-il ajouté.

Selon des habitants,
le bataillon éthiopien composé de 500 à 800 soldats a
quitté le port de Kismayo dans la nuit de jeudi à vendredi.
L’armée éthiopienne qui soutient le gouvernement somalien
a défait, fin décembre-début janvier, les tribunaux islamiques
qui contrôlaient la quasi-totalité du centre et du sud de la
Somalie.

Le Premier ministre
éthiopien Meles Zenawi avait justifié l’intervention de
son armée par les menaces que faisaient peser, selon lui, les tribunaux
islamiques sur l’Ethiopie voisine.

L’armée
éthiopienne doit se retirer progressivement de la Somalie et être
remplacée par la force africaine de paix (Amisom), qui a commencé
à se déployer cette semaine à Mogadiscio. Depuis la chute
des tribunaux islamiques, qui ont perdu le contrôle de Mogadiscio, les
violences sont quasi quotidiennes dans la capitale, où les soldats
éthiopiens sont régulièrement visés.

Un leader islamiste
somalien, Aden Hashi Ayro, a appelé mercredi « à combattre
l’occupation (de la Somalie) par l’Ethiopie et les autres »,
en référence à l’Amisom.

AFP