04/09/07 (B411) Trois affaires ayant quelque chose en commun : Audin, Borrel et Tibhirine (Info lectrice)

Armand Veilleux, 1 septembre 2007, http://www.citeaux.net/wri-av/3affaires.htm

L’affaire Audin

Durant la bataille d’Alger, le 11 juin 1957, un jeune mathématicien, anticolonialiste, du nom de Maurice Audin, qui se trouvait à son domicile avec son épouse et ses trois jeunes enfants, est arrêté par le lieutenant Philippe Erulin des parachutistes du général Massu. Il n’a jamais été revu. Selon l’enquête de l’historien Pierre Vidal-Naquet, il a été torturé à mort par le lieutenant Charbonnier, un paramilitaire au service de Massu.

Tout fut mis en oeuvre par l’armée française pour étouffer cet affaire. Depuis lors, donc depuis cinquante ans, son épouse se bat pour qu’on lui indique au moins où se trouve le corps de son époux. Sa mort ne fut reconnue « administrativement » par la France qu’en 1966. Suite à une plainte de Madame Audin, une enquête est ouverte par la France en 1958, mais se clôt par un non-lieu en 1962. Une nouvelle plainte déposée par cette épouse courageuse reçoit de nouveau un non lieu en 2001.

Personne ne doute que ce jeune intellectuel prometteur ait été assassiné par l’armée française. Une place porte son nom au centre-ville d’Alger et le maire Bertrand Delanoë a inauguré une place à son nom en 2004 en plein coeur du 5ème arrondissement à Paris. Mais il serait politiquement inopportun de reconnaître ce dont personne ne doute aussi bien parmi les historiens que chez politiciens.

Madame Audin a saisi le président Sarkozy de l’affaire. Cela ne semble pas avoir donné de suites.

L’affaire Borrel
Le 19 0ctobre 1995, Bernard Borrel, un magistrat français de 39 ans, détaché à Djibouti, comme conseiller du ministre djiboutien de la Justice, disparaît. On retrouve son corps à demi carbonisé à 80 km de la ville de Djibouti. L’affaire fut vite classée comme suicide par les autorités locales appuyées par Paris. Mais personne n’y crut jamais vraiment. La veuve du jeune magistrat n’a pas cessé depuis lors de se battre pour que la lumière se fasse.

Des impératifs politiques, militaires et économiques sont en jeu. Djibouti est le site de la base militaire française la plus importante en Afrique – une partie de cette base a d’ailleurs été louée aux États-Unis depuis 2001. On apprit rapidement que Bernard Borrel, bien qu’officiellement détaché auprès du gouvernement de Djibouti pour aider à la réforme du code pénal, menait aussi une enquête sur une affaire de drogue et de vente d’armes qui impliquait celui qui allait devenir le président de Djibouti, Ismael Omar Guelleh, ainsi que des citoyens français.

Selon les témoignages recueillis par la juge d’instruction Sophie Clément, l’armée française était au courant de la mort du juge deux heures et demie avant la découverte du corps. Personne n’a jamais cru à la thèse du suicide, mais on n’a jamais voulu révéler toute la vérité, pour ne pas mettre en danger les intérêts stratégiques de la France à Djibouti.

Madame Borrel a saisi le président Sarkozy de l’affaire et celui-ci a manifesté sa volonté que la lumière se fasse sur cette affaire.

L’affaire Tibhirine
Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 sept moines du monastère cistercien de N.D. de l’Atlas, en Algérie étaient enlevés par un groupe d’hommes armés. Ce n’est qu’un mois plus tard qu’un communiqué du GIA, adressé au président de la République Française, revendiquait cet enlèvement et proposait un échange de prisonniers. Quelques semaines plus tard, les négociations s’étant entremêlées, un deuxième communiqué annonçait que les moines avaient été décapités. Encore un peu plus tard, fin mai 1996, au moment où l’Église se préparait à célébrer les funérailles des moines, en même temps que celles du Cardinal Duval, le gouvernement produisait les têtes des sept moines qui auraient été découvertes à l’entrée de Médéa.

Le gouvernement algérien ne fit aucune enquête mais laissa se répandre la « version officielle » selon laquelle les moines auraient été enlevés et assassinés par un groupe du GIA sous la direction de Djamel Zitouni. Le gouvernement français, visiblement embarrassé par cette affaire, mais ne voulant pas compliquer ses relations avec Alger, s’en tint à cette version.

Pour quiconque s’est efforcé d’étudier un peu les événements entourant la mort des moines il devint rapidement évident que la version officielle soulevait plus de questions qu’elle n’apportait de réponse. De nombreux témoignages concordants, dont certains furent donnés au cours de procès liés aux événements de la guerre civile d’Algérie, révélèrent que le GIA était infiltré par la Sécurité Militaire algérienne avec laquelle travaillait Djamel Zitouni. Diverses informations recueillies en Algérie portèrent rapidement à penser que la Sécurité Militaire pouvait bien être impliquée dans cet enlèvement (qui n’aurait sans doute pas dû se terminer tragiquement), et qu’il y avait des chances que les services français en aient été prévenus.

Cinq ans après les événements on apprenait que des agents de la DST ainsi que Jean-Charles Marchiani, préfet du Var et depuis toujours bras droit de Charles Pasqua, avaient entrepris des négociations pour la libération des moines – négociations qui, d’après Marchiani, auraient avorté à cause de la reprise en main de l’affaire par la DGSE sous les ordres du premier ministre Alain Juppé.

Le dépôt d’une plainte contre « X » obligea la justice française à ouvrir une enquête sur cette affaire en 2003 Cette enquête, confiée au juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière ayant des liens étroits avec les services aussi bien algériens que français a évolué jusqu’ici au pas de tortue.

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L’élément commun le plus évident à ces trois « affaires » est que, dans chaque cas, la révélation de toute la vérité ne serait pas opportune, vu les intérêts politiques, stratégiques et économiques en cause.

Une nouvelle donne dans l’Affaire Tibhirine

À l’époque de l’enlèvement des moines de Tibhirine, l’homme tout puissant à la tête de la sécurité militaire algérienne était le colonel Smail Lamari, qui, sous les ordres du général Mohamed Médiène, dit Tewfik, eut la haute main sur tous les services de sécurité algériens dont il assura la coordination durant la décennie noire. Selon l’ex-adjudant chef Abdelkader Tigha, c’est Smail Lamari qui aurait donné l’ordre d’enlever les moines. Si la demande des nombreux organismes de défense des Droits de l’Homme depuis des années de l’ouverture d’une enquête judiciaire internationale sur les crimes contre l’humanité commis en Algérie durant la guerre civile depuis 1992 avait abouti, Smail Lamari aurait probablement été au premier rang sur le banc des accusés.

Il aurait pu connaître le même sort que Slobodan Milosevic. Une mort subite, à l’hôpital militaire de Aïn-Naadja (où les têtes des sept moines furent placées dans sept cercueils de deux mètres de long, en mai 1996) vient de le soustraire à la justice humaine.

Ce décès, s’ajoutant à divers autres événements récents, change considérablement la donne en ce qui concerne l’enquête en cours.

Le Général Philippe Rondot, haut responsable de la DST à l’époque de l’affaire des moines était proche de Smail Lamari, dont il se disait l’ami et envers qui il avait une dette de reconnaissance. Ils ont mené bien des luttes ensemble. Rondot se rendit à Alger tout de suite après l’enlèvement des moines, exprimant la conviction que tout serait réglé en quelques jours. (Il envisageait sans doute une situation identique à celle du faux enlèvement des trois fonctionnaires du consulat français à Alger en octobre 1993). Maintenant qu’il est à la retraite et que Smail est décédé, il se sentira peut-être plus libre pour expliquer la nature des négociations menées par ses services et impliquant Jean-Charles Marchiani. Ce qui d’ailleurs pourrait le distraire heureusement de l’affaire Clearstream.

Marchiani, que ses anciens amis et complices semblent avoir laissé tomber, puisqu’il est maintenant en prison, n’ayant pas comme d’autres l’immunité d’un poste de sénateur, sera peut-être aussi désormais plus disposé à parler. Il s’est déjà à plus d’une reprise étendu sur les négociations qu’il mena pour faire libérer les moines et au cours desquelles il dit avoir obtenu leur libération avant que tout ne soit jeté par terre en raison de l’intervention du Premier ministre Juppé. Un juge d’instruction devrait l’amener à préciser avec qui il a négocié cette libération des moines. Est-ce avec un groupe d’islamistes dans le maquis ? Ce qui serait assez surprenant. Ou bien avec Smail Lamari lui-même? Ce qui est plus probable. Ainsi on saurait mieux qui supervisait l’existence des moines durant leurs deux mois de captivité.

Et puisqu’on parle de juge d’instruction, un autre changement important est intervenu ces derniers temps: l’enquête judiciaire sur l’enlèvement, la séquestration et l’assassinat des moines avait été confiée au juge Jean-Louis Bruguière. Celui-ci, de par sa casquette de juge antiterroriste, se devait de chercher les coupables (tous décédés, comme il convient) parmi les « terroristes » islamistes, sans impliquer ses collègues des services secrets algériens et français avec lesquels il collaborait depuis longtemps à l’arrestation en France d’opposants au régime algérien. Une incursion qui s’est mal terminée dans le monde de la politique, lors des dernières élections législatives en France, l’a amené à prendre une retraite quelque peu anticipée. Un autre juge d’instruction prendra donc la relève de ce dossier sensible.

Une personne que le nouveau juge d’instruction aurait intérêt à entendre serait le président algérien Abdelaziz Bouteflika. Celui-ci, au cours de la campagne électorale de 2004, un peu avant sa réélection, alors qu’il n’était pas encore certain d’être le candidat que les généraux feraient élire, s’entendit poser en France une question concernant la mort des moines de Tibhirine. Sa réponse, toute sibylline, fut que toute vérité n’est pas bonne à dire « au moins pour le moment ». Il se réservait donc la possibilité de révéler plus tard des choses qu’il savait.

Le décès du colonel Smail Lamari sera sans doute l’occasion de nombreux déplacement sur l’échiquier complexe des divers groupes qui se disputent le pouvoir au sein de l’armée algérienne. Le général Mohamed « Tewfik » Médiène et le général Smail Lamari contrôlaient ensemble depuis 1990 toute la structure de répression du DRS (Sécurité militaire). Ce clan qui, derrière la façade des gouvernements élus, contrôlait aussi la politique du pays, a été assez fragilisé ces dernières années. Il le sera encore plus après avoir perdu l’une de ses deux têtes. Peut-être le temps est-il venu pour le président Bouteflika de révéler cette vérité qu’il ne jugeait pas encore « bonne à dire », il y a quelques années.

1 septembre 2007

Armand Veilleux
abbé de Scourmont, Belgique

17/05/07 (B395) Somalie : Recrudescence de la violence (Info lectrice)

par
Didier Samson

La
Force africaine de paix en Somalie (Amisom) est régulièrement
visée par des actes terroristes depuis son installation à Mogadiscio
en mars dernier. Le mercredi 16 mai, quatre de ses soldats ont été
tués et cinq autres blessés, lorsqu’une bombe a explosé
au passage de leur convoi.

«Quatre de nos soldats ont été tués et
cinq blessés par l’explosion qui s’est produite près
de l’hôtel Aruba, alors qu’ils étaient en mission»,
a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’Amisom,
le capitaine Paddy Ankunda.
La charge explosive, probablement de
fabrication artisanale, était enfouie sous terre reliée par
un câble, annoncent les autorités somaliennes.

Actionnée au passage du convoi de l’Amisom, la charge explosive
a tué quatre soldats et blessé cinq autres. Un enfant qui jouait
au football à proximité a aussi été tué.
Pour les autorités somaliennes, cet attentat porte la signature du
réseau terroriste «al-Qaïda» auquel sont «affiliés
des éléments somaliens», souligne Hussein Mohamud Mohamed,
le porte-parole du gouvernement somalien.

Les autorités somaliennes ont présenté leurs condoléances
à l’Amisom et aux soldats ougandais qui composent entièrement
la Force africaine de paix en Somalie (Amisom). De nombreuses arrestations
ont été opérées, mais aucun détail n’a
été fourni concernant le nombre de personnes interpellées,
ni sur leur identité.

Par ailleurs, les actes de violence sont quasi
quotidiens à Mogadiscio et dans certaines villes de province.

Le 15 mai, des hommes en uniforme ont ouvert le feu sur les bureaux de l’Onu,
de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), du Fonds des Nations
unies pour l’enfance (Unicef) à Mogadiscio, blessant trois personnes.

Le même jour, à Berdeera, dans le sud du pays, un homme a lancé
une grenade dans une salle de cinéma, tuant quatre spectateurs et en
blessant seize autres.

Quelques jours plus tôt, à Mogadiscio, quatre personnes ont été
tuées dans leur voiture qui a sauté sur une mine. Durant la
même période, le directeur général de l’Unesco,
Koïchiro Matsuura a eu à déplorer la mort d’un journaliste,
Mohammed Abdllahi Khalif, tué le 5 mai dans l’exercice de son
métier. Par ailleurs, dans la région du Puntand, au nord-est
de la Somalie, un Britannique et un Kényan, travailleurs humanitaires
de l’Ong, Care International, ont été libérés,
le 15 mai, après une semaine de détention.

L’armée éthiopienne invitée à rester

Dans cette recrudescence de violence, les soldats
ougandais ne sont épaulés que par les troupes éthiopiennes
mais qui, elles, n’ont pas reçu de mandat de l’UA.

Les Ougandais de l’Amisom ont repris, comme d’habitude, leurs
patrouilles dans les endroits stratégiques de la capitale somalienne,
avec leur maigre effectif de 1 500 hommes, alors que l’Union africaine
attend, en vain, 6 500 autres soldats des pays africains.

Le président de Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar
Konaré, a profité de ces événements pour lancer
un nouvel appel aux pays africains pour qu’ils fournissent à
l’Amisom des contingents dont elle a besoin pour participer au retour
de paix en Somalie. «Il est certain que s’il n’y a pas de
nouvelles troupes de l’UA aux côtés des Ougandais, on peut
avoir des problèmes. C’est une dimension bien comprise par la
partie éthiopienne que nous devons aider à s’extraire
de cette situation», a déclaré Alpha Oumar Konaré.

En effet, l’armée éthiopienne était intervenue,
en décembre 2006, pour chasser de Mogadiscio les «Tribunaux islamiques»
qui avaient instauré la charia et déclaré la guerre sainte
contre le gouvernement somalien de transition. Mais l’intervention des
troupes éthiopiennes n’a pas reçu une totale approbation
des autres pays de la région.

Certains ont parlé de «forces d’occupation»,
obligeant le gouvernement éthiopien à fixer un calendrier de
repli de ses troupes.

«Les troupes éthiopiennes à Mogadiscio vont se retirer
lorsque la force de paix de l’UA arrivera pour épauler les troupes
ougandaises», a déclaré Meles Zenawi, le Premier ministre
éthiopien. Dès la fin du mois de mars, il avait même annoncé
que son pays avait retiré «les deux-tiers de ses soldats déployés
en Somalie».

Mais il n’y a pas de chiffre précis du nombre de soldats éthiopiens
présents en Somalie.

Toutefois, «ne soyons pas naïfs, ne jouons pas aux apprentis
sorciers. Si l’Ethiopie se retire aujourd’hui de Somalie, c’est
la catastrophe», a prévenu le président de la Commission
de l’Union africaine.

11/04/07 (B390) Génocide au Rwanda. Des manifestations ont été organisées par plusieurs organisations. A voir une vidéo tournée au Louvre (Info lectrice)

Nous conseillons
à nos lecteurs de consulter la vidéo disponible à l’adresse
suivante : l’article n’est plus disponible

04/03/07 (B385-A) A lire sur WIKIPEDIA, quelques bonnes pages sur l’affaire Borrel et certains haut-fonctionnaires français, dont le rôle ou l’influence pourraient être éclaircis dans l’avenir. (Info lectrice)

1) La
fiche Wikipedia sur l’affaire Borrel :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Borrel

2) Les pages liées :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Special:Whatlinkshere/Bernard_Borrel

3) Les informations sur Michel Roussin dont la condamnation vient d’être
confirmée par la Cour d’Appel :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Discuter:Michel_Roussin

23/01/07 (B379) Le khat, ami du pouvoir ou ennemi des opposants ? (Lectrice)

Mastiqué
à longueur d’après-midi par une majorité de Djiboutiens,
le khat est-il devenu l’opium de notre peuple ? Peut-on sérieusement
se plaindre de salaires mal versés, de retraites amputées de
ses jambes, et d’autres joies semblables auxquelles est confrontée
la population djiboutienne, quand on sait que, peu ou prou, le salaire moyen
s’il est versé sera précipité dans le khat ?

Voilà
un gaspillage honteux dans un pays qui ne roule pas sur l’or ! Quel péché
avons-nous commis pour nous plier en masse à cette drogue, douce dit-on,
mais drogue sociale pure et dure, pour dire les mots justes ?

Entre
1981 et 1990, les dépenses consacrées au khat auraient représenté
l’équivalent d’un tiers des importations en alimentation (3 Milliards
contre 10 milliards de francs Djibouti). Autant dire que pour de nombreux
concitoyens, cette plante est quasiment aussi vitale que la nourriture, ce
qui est une constatation affligeante !

Rappelons
par exemple que l’année 1983, à en croire les rares statistiques
officielles, le comble a été atteint : alors que le budget de
l’éducation nationale était de 1,43 milliards de FDJ, les importations
de khat s’élevaient à 3,55 milliards de FDJ. D’où
cette morale de l’histoire : il valait mieux être "brouteur"
que professeur, vendre du rêve plutôt que du savoir!

Les adversaires
du régime se sont peut-être insuffisamment éclaircis sur
les méfaits de cette plante, qui détruit son homme, et qui détruit
sa femme de plus en plus, mais qui démolit aussi leur vie ainsi que
leur pays tout entier par extension.

Cette
situation porte des coups sévères aux motivations des citoyens
désireux de s’engager, assommant lourdement leur volonté
et leur efficacité dans la lutte contre ce système. Le khat
est le symbole par excellence de ce pouvoir, décidé bille en
tête à favoriser sa consommation à des fins manifestes
: engourdir les revendications, sinon les annihiler.

A-t-on
le droit de se coucher sous le poids de ce mal absolu et dire ne rien ressentir
dans sa chair ? De grâce, ouvrez les yeux, Djiboutiens, le khat est
l’ennemi de votre salubrité, le khat est l’ennemi de vos aspirations.
Le faux plaisir qu’il procure ne sera jamais votre compagnon dans la
lutte. En desservant votre pays, il altère un souffle à portée
de votre jeunesse pour un monde que vous pourriez changer.

Mariam

01/11/06 (B367) Condoléances à l’occasion de la disparition brutale du Colonel Hassan Bassoma survenu vendredi dernier, après un accident de voiture à Djibouti. (Info lectrice)

Je voudrais informer
tous les lecteurs du site de l’ARDHD de la disparition brutale du colonel
Hassan Bassoma qui est survenue ce vendredri 27 octobre 2006.

Il a été
littéralement "fauché" par un camion éthiopien.
Le chauffeur "chauffard" aurait pris la fuite, laissant sa victime
sur la route.

Le Colonel
Bassoma était un homme bien connu et respecté à Djibouti.
Historien en plus de ses activités, il était unanimement considéré
comme un homme bon et généreux.

Sa disparition
représente une grosse perte pour notre pays.

Qu’Allah ait son âme.

——————————
Note de l’ARDHD
Nous adressons toutes nos condoléances les plus sincères à
la famille et aux proches du Colonel Hassan Bassoma.

04/06/06 (B353-A) Radio-trottoir : toujours à la recherche de subventions internationales pour financer son propre train de vie et pour acheter autour de lui, consciences et faux-dévouements conjoncturels mais toujours intéressés, Guelleh tente l’impossible, mais il risque de se brûler les doigts et à force d’avoir deux chaises pour s’asseoir, il pourrait tomber entre les deux … (Lectrice)

_____________________________ Note de l’ARDHD

Guelleh, est-il, comme l’écrit cette lectrice privée de RFI, un faux-francophile convaincu mais abandonné ou un faux-arabophile non-convaincu mais incompris ?

Personne n’a la réponse, même plus lui, probablement.

Bref on s’y perd. On sent bien que Guelleh est confronté (de sa faute et de celle de son épouse, la « si-délicate » et « si-charmante Paulette ») à une situation de plus en plus impossible à controller.

Par exemple, cette année, l’anniversaire du 27 juin ne devrait même plus être marqué par une fausse espérance de façade, comme ce fut le cas dans les années précédentes, avec les grands rassemblements de citoyens « contraints » dans le stade Gouled. C’est fini, tout cela !

Le régime est maintenant aux abois, dans une phase critique :

– manque cruel d’argent. Guelleh pourra-t-il continuer à mener grand train de vie dans l’avenir et surtout pourra-t-il continuer à acheter des consciences et des soutiens de façade, s’il n’a plus le secours de l’aide internationale. Il est contraint d’inventer toutes les ruses pour essayer de faire financer son régime en déclin avancé. Tout est bon : mensonge (fausse grippe aviaire, ….), chantage (antenne de RFI), séduction (Pétrodollar, Dubaï, hommes d’affaires somaliens, …)

la pression populaire qui s’accentue avec la montée de la grogne, conséquence inévitable de l’appauvrissement, de la famine. L’électricité, en dépit des annonces fracassantes concernant la restructuration de la centrale de Boulaos et plusieurs financements internationaux, continue à manquer cruellement : les coupures se succèdent et se multiplient,

– l’agitation dans le Nord. Sa dernière action militaire d’éclat a réveillé la résistance et le front dans le nord. C’est probablement ce qu’il était venu y chercher, pour obtenir une aide internationale, pour justifier une augmentation des impôts et pour faire oublier ses erreurs irréparables, tant sur le plan national que local,

Bref, tout va mal pour lui et des menaces lourdes pèsent sur sa tête.

L’affaire Borrel et d’autres affaires pénales. On sait par des indiscrétions que les Juges français suivent l’affaire Borrel avec constance et efficacité et qu’il y a eu des auditions la semaine dernière, de grande importance, dit-on… Des plaintes pénales se préparent contre plusieurs dignitaires du régime, dont l’Ambassadeur de Bruxelles, qui serait immédiatement concerné …

– De vieilles affaires de trafisc prohibés. On parle aussi d’un possible « réveil » des affaires de trafic d’armes vers la Somalie, de trafic et de transformation de drogues au Port, de transfert de matières dangereuses (nucléaires ?) qui auraient transitées via Djibouti.

La situation se tend sur tous les fronts …

Alors que fait Guelleh ? N’importe quoi ! A-t-il perdu les pédales ?

Ce n’est pas impossible.
Tous les observateurs se posent la question, en constatant les derniers développements :


Roger Picon
  • Il arrête des syndicalistes qu’il poursuit abusivement devant une justice à ses ordres.
  • Il expulse des diplomates et des représentants de Grandes organisations mondiales (FIDH, BIT, etc..).
  • Il lance une offensive guerrière contre des populations appauvries et sans défense,
  • Il prend en otage des femmes, des enfants et des vieillards, qu’il incarcère à Nagade ou à Gabode, pour tenter de museler les fronts de la résistance,
  • Il fait arrêter ses propres journalistes, dont une femme. Il prive d’antenne les autres,
  • Il ment sur un faux cas de grippe aviaire et il se fait prendre la main dans le sac ….

Mais attention, il va devenir extrêmement méchant et donc dangereux. Contesté de toutes parts, il est capable de tout et surtout du pire. On pourrait même craindre une sorte de politique de la terre brûlée, qui précéderait sa fuite à l’étranger ….

___________________________________ Radio-Trottoir en direct

Guelleh, le francophone abandonné ?

Après son échec sur le front de la grippe aviaire et ses promesses de financement international, Guelleh s’est tourné vers l’Organisation
Internationale de la Francophonie (OIF), dont il a invité le Secrétaire
Général à Djibouti.

Arrivé sur place vendredi 2 juin 2006 dans la soirée, M. Abdou Diouf ancien
président du Sénégal et actuel patron de l’OIF a été reçu en grande pompe.

Mais au cours d’une réunion de travail tenue samedi matin dans les locaux du Ministère des Affaires étrangères, le régime Djiboutien n’a pas caché sa
déception à l’égard de l’OIF coupable d’avoir oublié le « petit ilôt » francophone de la Corne de l’Afrique.

D’emblée, le ministre des Affaires présidentielles M. Osman Moussa (argentier personnel de Guelleh) s’est plaint presque en larmes de la non-assistance (financière) de l’OIF à la République de Djibouti. « Et ce depuis vingt neuf ans » a-t-il précisé !!!!!

Répondant avec tact et mesure à ces lamentations Djiboutiennes, le Secrétaire Général de l’OIF a tout d’abord rendu hommage à l’action politique de Guelleh : que ce soit dans le cadre de la construction nationale, la bonne gouvernance, ou sur le plan des Droits de l’Homme…

Ainsi, a-t-il opportunément félicité Djibouti pour son élection au Conseil des Drotis de l’Homme de l’ONU.

Rappellant toutefois, que l’OIF dispose de peu de moyens financiers ; cependant, son Organisation serait diposée à financer d’éventuels projets (sérieux) présentés par le gouvernement Djiboutien.

Ce dont le régime de Guelleh est incapable, car à la recherche d’argent frais pour alimenter ses comptes en banque privés.

Ayant plus d’un tour dans son sac, Guelleh s’est permis le même jour de
recevoir un magnat Saoudien de la finance.

Histoire de montrer au peuple Djiboutien qu’il gardait deux fers au feu.

En clair cela signifie que si l’OIF ne paie pas, les frères arabes sont disposés à déverser des pétrodollars chez nous. Au fait, Guelleh est-il francophile ou arabophile ?

Quoi qu’il en soit, il reste un problème de taille : le chamelier d’Haramous est surtout connu dans le monde francophone pour avoir coupé depuis plus de dix-huit mois l’antenne FM de RFI et expulsé les techniciens de la « radio mondiale » autrefois présents à Djibouti.

A présent, il chercherait à monnayer auprès de l’OIF la reprise des programmes FM de RFI contre une confortable enveloppe financière.

L’avenir nous dira si la Teranga (hospitalité au Sénégal) Djiboutienne, sera payante ou non.

Une auditrice de RFI
privée de sa Radio préférée.

07/04/06 (B344-B) Naufrage du boutre. Une mère s’exprime pour dénoncer les responsabilités du régime qui détourne les fonds au détriment de la sécurité du Peuple. Cette catastrophe c’est aussi le naufrage du système dictatorial. (Lectrice)

Tragédie nationale :
Naufrage d’un boutre
A 300 mètres du Port international de Djibouti géré par Dubaï.

La République de Djibouti est endeuillée en ce jeudi, 6 avril 06.

Ce jeudi 6 avril 2006 en fin de journée, un « boutre » (navire traditionnel), avec à son bord plus de 400 personnes, a dramatiquement chaviré à quelques dizaines de mètres du Port.

Ce boutre, conçu pour transporter au maximum 150 personnes, a chaviré subitement.

Ce navire transportant des pèlerins se rendant, pour un rassemblement religieux annuel, a fait naufrage alors qu’il appareillait en direction de la ville de Tadjourah située à 40 km au Nord de la capitale.

Bilan officiel et provisoire : au moins une centaine de morts, autant de blessés et plus de deux cents disparus,

Les premiers secours ont été portés par les Forces Françaises.

Le Chef de l’Etat, premier responsable non seulement de la négligence lors de l’embarcation d’un très grand nombre de passagers, mais aussi de l’inefficacité des secours Djiboutiens, est apparu dans le petit écran sans faire de déclaration, il n’a pas eu la moindre compassion en décrétant un deuil national suite à cette tragédie, pourtant il en décrète souvent lorsqu’il s’agit d’un Chef d’Etat d’un pays amis.

A force de bouffer l’argent du pays les résultats ne peuvent être que catastrophiques.

Au stade actuel, il semblerait que le propriétaire du boutre ait été appréhendé et qu’il soit interrogé par la brigade criminelle.

Les ministres de l’Intérieur et de la Santé se sont exprimés ainsi que le responsable de la force navale.

De l’avis général, les secours ont tardé côté Djibouti, chacun se rejette la responsabilité de la défaillance.

Une chose est sûre : à travers ce naufrage dramatique d’un boutre surchargé, c’est l’Etat Djiboutien irresponsable qui a coulé.

Une citoyenne choquée.