14/11/2018 (Brève 1228) ISMAÏL OMAR GUELLEH « MALGRÉ LES CHANGEMENTS DANS LA RÉGION, RIEN NE BOUGE À DJIBOUTI» (L’Humanité)

01/01/2016 (Brève 597) L’Humanité (avec AFP) : Djibouti : la dictature de Guelleh réprime et massacre (Par Rosa Moussaoui)

Lien avec l’article : http://www.humanite.fr/djibouti-la-dictature-de-guelleh-reprime-et-massacre-594147

Au pouvoir depuis 1999, candidat à un quatrième mandat en 2016, l’affairiste Ismaïl Omar Guelleh est prêt à tout pour garder un pouvoir contesté. Le 21 décembre, le régime tuait 28 civils à Balbala.

Morts : 28. Blessés : 52. Disparus : 34. Prisonniers : 13. La liste nominative établie par la Ligue djiboutienne des droits de l’homme (LDDH) fait froid dans le dos.

Toujours provisoire, elle jette une lumière crue sur l’effroyable massacre perpétré le 21 décembre dernier par le régime djiboutien. Ce jour-là, la police, puis la garde présidentielle et l’armée tiraient à balles réelles sur la foule rassemblée pour une cérémonie traditionnelle à Bouldhouqo, dans le faubourg de Balbala.

Pour tenter de justifier ce carnage, le ministre des Affaires étrangères, Mahamoud Ali Youssouf, évoque la présence de personnes « armées de couteaux, de machettes » et même de « kalachnikovs ».

Mensonges, rétorque l’Union pour le salut national (USN), une coalition de sept partis d’opposition, qui décrit une attaque arbitraire et délibérée contre des civils. Quelques heures après la tuerie, alors que l’USN tenait une réunion de crise, les barbouzes du régime conduisaient « un véritable raid » contre les opposants, cibles, à leur tour, de tirs à balles réelles.

L’assaut a causé de graves blessures au président de l’USN, Ahmed Youssouf Houmed, victime de fractures du col du fémur, à l’ancien ministre de la Justice Hamoud Abdi Souldan, roué de coups, et au député Saïd Houssein Robleh, atteint par deux balles dans le cou. Tous ont été transportés à l’hôpital militaire français Bouffard, dont les policiers, munis d’un mandat d’amener, font, depuis, le siège.

Des populations civiles sont régulièrement prises pour cibles
Ce déchaînement de violences s’inscrit dans une logique répressive qui connaît depuis un an un dangereux crescendo. Des populations civiles sont régulièrement prises pour cibles, privées d’accès aux points d’eau pour complicité présumée avec le Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (Frud), un mouvement politico-militaire prônant « l’État de droit, la démocratie et la justice sociale ».

En octobre, 53 personnes étaient arrêtées et torturées à cause de leurs liens de parenté avec des membres du Frud, 25 d’entre elles sont toujours incarcérées à la prison de Gabode et privées des soins qu’exige leur état de santé. Et depuis l’instauration de l’état d’urgence, le 25 novembre, plus d’une centaine de militants ou sympathisants de l’USN ont été arrêtés.

Autant de symptômes de la fébrilité du dictateur Ismaïl Omar Guelleh, candidat à un quatrième mandat en avril 2016, après la révision constitutionnelle contestée de 2010. Sur ce confetti d’empire entre mer Rouge et golfe d’Aden, Guelleh fait régner la terreur depuis 1999. Longtemps, ce satrape a bénéficié de la complice passivité de la France et des États-Unis, qui disposent à Djibouti de bases militaires stratégiques.

Mais ses fidèles alliés semblent prêts à le lâcher.

Après ce sanglant épisode répressif, le pire depuis le massacre d’Arhiba qui avait fait 59 morts et 88 blessés dans les rangs de l’opposition le 18 décembre 1991, Washington condamne « les violences » du 21 décembre et appelle à « la libération immédiate des dirigeants de l’opposition détenus ». Si docile depuis son accession au pouvoir, Guelleh voit désormais « la main de l’étranger » dans les demandes démocratiques de l’opposition.

Prêt à tout pour garder le pouvoir, il recherche des appuis du côté de Pékin, qui devrait disposer d’une base navale sur les rives du détroit de Bab al-Mandab « d’ici fin 2017 ». « Guelleh sait que le peuple ne prête plus attention à ses promesses et ses mensonges, résume l’écrivain Abdourahman Waberi. Il a recours à son arme secrète : la stratégie du chaos. »

29/08/2013 (Brève 182) ALERTE ROUGE : Revue de presse / Affaire Borrel : un témoin clé arrêté (L’Humanité)

Affaire Borrel : un témoin clé arrêté

Un ancien officier djiboutien avait témoigné devant la justice française, en 1999, et consolidé la thèse de l’assassinat du juge. Il a été interpellé au Yémen.

Dix-huit ans après l’assassinat du juge Bernard Borrel, la recherche de la vérité est toujours un chemin bordé d’épines. Dernier rebondissement en date : un témoin clé dans l’affaire Borrel a été interpellé samedi dernier au Yémen. Mohamed Saleh Alhoumekani, un Belgo-Yéménite venu rendre visite à sa famille, a été arrêté dans un hôtel de Sanaa à la demande des autorités djiboutiennes. Ses déclarations devant la justice française, en 1999, avaient consolidé la thèse de l’assassinat – et non plus celle du suicide défendue par la France – du juge Borrel. Le magistrat français avait été retrouvé mort en 1995, son corps en partie calciné, dans un ravin de Djibouti.

dossier compromettant

Lieutenant de la garde présidentielle djiboutienne au moment des faits, Mohamed Saleh Alhoumekani avait en novembre 1999 fui son pays pour Bruxelles, d’où il avait accusé nommément l’actuel président djiboutien Ismaël Omar Guelleh (alors pas encore chef de l’État mais chef de cabinet de son prédécesseur, Gouled Aptidon) d’être le commanditaire du crime. Bernard Borrel aurait été trop « fouineur » pour l’actuel président, il aurait recueilli des informations compromettantes sur l’attentat commis en septembre 1990 au Café de Paris, lieu de rendez-vous de la diaspora française ; un trafic d’uranium a été même évoqué, impliquant des lobbies africains et des sociétés européennes.

L’arrestation d’Alhoumekani et sa possible extradition vers Djibouti font craindre désormais que ce dossier ne soit « étouffé », s’est inquiétée lundi l’association de défense des droits de l’homme Survie. Alhoumekani avait obtenu l’asile en Belgique et la nationalité belge après avoir quitté Djibouti. Il possède également la nationalité yéménite.

Hier, le ministère belge des Affaires étrangères a dit avoir eu des garanties de Sanaa sur l’impossibilité d’une extradition en vertu de la Constitution yéménite.

Or Djibouti est toujours sous la botte du dictateur Guelleh, et les arrestations arbitraires, les tortures et disparitions sont monnaie courante, comme le dénoncent régulièrement les associations de défense des droits humains.

La menace d’une extradition n’a pas disparu pour Survie : « L’instruction étant toujours en cours en France, le gouvernement français doit intervenir auprès des autorités yéménites pour empêcher de voir ainsi disparaître un témoin essentiel… À moins qu’il ne cherche à étouffer l’affaire comme les gouvernements précédents ? »

Bernard Duraud

03/11/07 (B420) L’HUMANITE /Mogadiscio s’enfonce dans le chaos. (Info lectrice)

Somalie . Les combats atteignent un niveau de violence sans précédent.

On pensait qu’elle avait touché le fond, mais la Somalie s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’horreur. Depuis ce week-end, les affrontements dans la capitale Mogadiscio entre le gouvernement fédéral de transition, appuyé par l’armée éthiopienne, et les opposants en armes, ont atteint un niveau sans précédent depuis des mois.

Dimanche le maire de la ville, Mohamed Omar Habeb, a lui-même invité les habitants des quartiers du sud de la ville à quitter leurs domiciles, en préparation d’une offensive sur cette zone tenue par les insurgés. « Des quartiers entiers ont été quasi vidés de leurs habitants », a indiqué mercredi le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

L’Organisation précise qu’entre le 27 et le 29 octobre seulement, 88 000 habitants de la capitale ont fui hors de la ville ou dans un autre quartier, s’ajoutant aux 400 000 civils déplacés depuis le début de l’année.

Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Somalie, Ahmédou Ould Abdallah, s’était pourtant réjoui mardi du règlement de la crise politique interne après la démission lundi du premier ministre, Mohamed Gedi.

Ce départ est censé mettre fin à la paralysie née de plusieurs mois de conflit entre le président, Ahmed Yussuf, et son premier ministre. Mais il renforce le sentiment d’un gouvernement qui se renferme sur sa base communautaire, Gedi étant un des rares représentants du pouvoir à être membre du clan Hawiye, par ailleurs majoritaire à Mogadiscio.

Cheik Sharif Cheikh Amedh, dirigeant de l’Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS), qui, depuis une réunion en Érythrée le 6 septembre, tente de regrouper l’ensemble des opposants, à la présence éthiopienne en Somalie, a estimé mardi que ce départ ne changeait pas le contexte politique et promis de continuer la lutte.

Camille Bauer

05/10/07 (B415) L’HUMANITE : L’OPA africaine du gouvernement Bush (Info lectrice)

Afrique . Washington met en place un centre de commandement militaire sur un continent où ses prises d’intérêt vont s’élargissant.

En ce début octobre, se déroule dans la plus grande discrétion un événement révélateur de la volonté hégémonique du gouvernement Bush sur l’ensemble de la planète, le coup d’envoi à Stuttgart d’Africom (United States Africa Command), initiative annoncée par le boutefeu de la Maison-Blanche en février dernier. Clé de voûte opérationnelle, un certain général William Ward, qui devra, début 2008, abandonner son quartier général, d’où il gère aujourd’hui depuis l’Europe les forces US d’ores et déjà présentes en Afrique, pour se trouver un point de chute dans l’un des pays concernés.

Premier sujet d’étonnement pour Washington, à une exception près (le Liberia) les capitales africaines ne se bousculent pas au portillon pour accueillir le futur centre de commandement militaire américain sur le continent. Le 16 août passé, les quatorze pays du SADC (Communauté pour le développement de l’Afrique australe), auxquels s’était jointe la Zambie, se sont même payé le luxe d’un refus d’abriter une telle installation, adjurant les autres nations africaines de suivre leur exemple. Du Zimbabwéen Robert Mugabe à l’Angolais José Eduardo dos Santos, en passant par le Sud-Africain Thabo Mbeki.

À l’autre bout du continent, les gouvernements algérien et marocain, dont une rumeur assurait qu’ils avaient été pressentis, faisaient savoir qu’ils ne sauraient donner leur accord pour ce qui concerne leur propre territoire. Restent des gouvernements nrien à refuser aux desiderata de l’Oncle Sam, l’Éthiopie ou le Kenya entre autres exemples possibles.

Cette initiative doit être resituée dans le contexte d’un continent livré à une paupérisation absolue, orchestrée par les institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale) pour le seul profit des pays du « Nord », et aux conflits qui lui sont liés. L’ONU consacre désormais l’essentiel de son budget militaire et de ses casques bleus à des opérations en Afrique.

Sur le plan international, on assiste à une certaine redistribution des cartes. Empêtré dans sa gestion catastrophique de la crise ivoirienne, Paris s’efforce de ne plus apparaître comme « gendarme de l’Afrique » par vocation, mettant en place l’opération « Recamp » (équiper et former, à partir de ses bases prépositionnées, dans chacune des grandes régions, Ouest, Centre, Est, un bataillon africain auquel il sera possible de passer le relais pour telle ou telle opération d’interposition). Surtout, les cinq dernières années ont vu le Pentagone multiplier les accords avec les pays formant un arc stratégique allant de la Mauritanie à l’extrémité de la Corne de l’Afrique.

Au nom de la « lutte contre le terrorisme », Washington mettait en place, à partir de 2003, le programme TSCI (Trans-Sahara Counterterrorism) et instaurait, à l’est, la TF-150, force navale internationale s’arrogeant un droit de contrôle sur le trafic maritime de la mer Rouge au Golfe. Djibouti est passé du statut de « porte-avions français » à celui de « porte-avions multinational » sous commandement américain et lieutenance française.

Sur le plan économique, ce contexte est celui tissé par le nouvel intérêt porté par le monde des affaires américain aux matières premières africaines, et d’abord au pétrole du golfe de Guinée (Angola, Nigeria, Congo, Guinée-Équatoriale). Les échanges États-Unis-Afrique sont passés d’une trentaine de milliards de dollars en 2003 à une centaine en 2006. À la jonction de ces deux mouvements, l’installation de stations radars de portée continentale dans l’archipel de Sao Tomé, une micro-nation d’importance stratégique de par son emplacement géographique, et qui, autre avantage évident, vient d’entrer dans le cercle fermé des pays producteurs de pétrole.

Jean Chatain

27/09/07 (B414) L’HUMANITE : Somalie – Trois soldats tués (Info lectrice)

La Somalie ne parvient pas à sortir de la violence et de l’instabilité.

Le quartier nord de Mogadiscio, bastion des insurgés islamistes, a été le théâtre d’une nouvelle fusillade dimanche soir.

Trois soldats ont été tués et trois autres ont été blessés. Suite aux affrontements, un important dispositif de sécurité a été mis en place hier en vue de sécuriser le secteur.