29/12/2018 (Brève 1251) Communiqué du FRUD pour demander l’arrêt des combats fratricides dans la région Afar de l’Ethiopie.

15/09/2017 (Brève 1067) Un grand homme nous a quittés. Hommage à Ahmed Youssouf Houmed, Président de l’ARD et de l’USN par Mohamed Kadamy (Président du FRUD)

Hommage à Ahmed Youssouf Houmed,
Président de l’ARD et de l’USN
Un grand homme nous a quittés

Au nom de tous les membres du FRUD (militants, cadres, combattants et dirigeants) et  à mon nom personnel, je présente  mes sincères condoléances  à la famille d’Ahmed Youssouf, à son épouse Monique, à ses enfants, à sa sœur Fatouma, à ses neveux et nièces, à ses amis, aux membres de l’ARD, à l’opposition dans son ensemble et au peuple de Djibouti.

Sa famille a perdu un être cher, un pilier, une colonne vertébrale. Le pays a perdu une personnalité d’une très grande valeur morale, un repère. L’opposition a perdu un rassembleur, un combattant sincère pour les libertés, la démocratie, la justice et  pour l’égalité des citoyens.

++   Dans un monde  de  démesure, il était la mesure.
Face à un pouvoir gangréné  par le tribalisme, dans un contexte de clanisme exacerbé, Ahmed Youssouf a démontré que l’ethnisme, le  tribalisme, le clanisme, le sous clanisme n’étaient pas une fatalité, ce fléau n’était pas inscrit dans l’ADN  du peuple djiboutien. Il s’agit d’une construction  humaine qui peut être déconstruite par les actions des hommes et des femmes. A 2 reprises, Ahmed Youssouf a fait la démonstration qu’il était au dessus des contingences   ethniques et tribales, en apportant son soutien total à Moussa Ahmed Idriss en 1999 et à Omar Elmy Khaireh en 2017 à l’occasion des élections présidentielles

La modestie, l’humilité d’Ahmed Youssouf, son honnêteté  nous permettaient  de croire en l’Homme, et qu’ici bas, tout  n’est pas pourri, tout n’est pas   de l’esbroufe.

Le parcours exemplaire d’Ahmed Youssouf, est  à lui  seul  une leçon de vie et  nous donne à voir l’immense gâchis qu’a généré ce pouvoir durant ces 40 dernières années par une exclusion ininterrompue de toutes les compétences, de toutes les personnes susceptibles, d’agir pour le bien de la population, pour l’amélioration des conditions  économiques et sociales du peuple.

Le meilleur hommage que nous pouvons rendre à Ahmed Youssouf, c’est de continuer la lutte pour le changement à Djibouti, pour la démocratie, l’égalité, le progrès social et pour mettre fin à l’injustice et à la prédation.

15/09/2017 (Brève 1068) Fête de l’Humanité à La Courneuve (Paris). A 18:30 aujourd’hui, interventions sur la situation des prisonniers politiques dans différents pays dont Djibouti.

Ci-joint la photo de l’affiche de présentation des interventions programmées à 18:30 **, annonçant celle de Me Berenger Tourne, à propos du cas de Mohamed Ahmed Jabha, mort en prison, victime de tortures et de refus de soin. Nous publierons les comptes-rendus que nous recevrons.

**(D’autres interventions dans la soirée concernant en particulier la situation des DH à Djibouti ..)

Les autres photos concernent le stand consacré à Djibouti sous l’égide du FRUD et animé par Mohamed Kadamy, son Président

Sur la photo de groupe vous pourrez reconnaître au centre Me Berenger Tourné, avocat de Mohamed Jabbha, et à côté Gaël de Santis, journaliste à l’Humanité. A gauche Mohamed Kadamy.

Sur la photo, la personne qui montre la photo de Mohamed Jabbha est Hassan Amine défenseur des droits humains et homme politique, ancien prisonnier politique qui fut en prison avec Mohamed Ahmed dit Jabha durant une année . Il a été emprisonné parce qu’il avait rendu visite à Jabha. C’est lui qui lui avait rapporté des médicaments Actuellement il est exilé en Belgique.

Interventions sur les prisonniers politiques en particulier à Djibouti - Fête de l'humanité - La courneuve - Sept 2017

15/06/2016 (Brève 804) LETTRE DES RELATIONS INTERNATIONALES – juin 2016 / Où va Djibouti (article sous la signature de Mohamed Kadamy)

AFRIQUE
OÙ VA DJIBOUTI ?

Va-t-on vers un scénario similaire à celui de la Somalie, du Burundi ou du Sud Soudan ? Sur ce petit territoire, trois acteurs se font face : les bases militaires étrangères, le régime et la population djiboutienne. Qu’en est-il de l’opposition ?

Géopolitique de Djibouti

Malgré les fragilités de l’entité djiboutienne  qui se rapproche de plus en plus des « Etats effondrés»,les acteurs internationaux s’adaptent face à ces facteurs d’instabilités.Djibouti est considérée comme une plaque tournante logistique pour les puissances navales et militaires du monde et la passerelle commerciale de l’Ethiopie. Les militaires étrangers à Djibouti sont censés jouer un rôle central dans les efforts internationaux pour luttercontre le piratage, protéger la navigation et lutter contre la violence islamiste dans la région.

L’Europe, comme la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, le Japon ou la Russie ont envoyé des navires dans la zone pour protéger leurs navires marchands. Tout cela dépasse bien sûr la lutte contre les pirateries et participe aussi à une lutte stratégique entre différentes puissances pour le contrôle des voies maritimes, notamment celles qui vont du détroit de Bab el Mandeb à celui de Malacca. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’installation d’une base militaire chinoise à Djibouti, qui répond à un double impératif de sécurisation des voies maritimes d’approvisionnement, et de rapprochement de zones productrices en hydrocarbures. D’ores et déjà on observe du mécontentement de la part des pays occidentaux et l’inquiétude de l’Inde.

Le conflit au Yémen et l’islamisme conquérant et vivace en Somalie, donnent encore un peu plus d’importance à la place de Djibouti, qui condense toutes les tensions et toutes les dynamiques à l’œuvre sur l’ensemble de la Corne d’Afrique.

Un contexte social, économique et politique mouvementé

Les retombées des bases militaires française, américaine, japonaise et chinoise n’engraissent que le dictateur Ismaïl Omar Guelleh, sa famille et quelques rares fidèles, alors que 85 % de la population connaissent une extrême pauvreté. La situation sociale est explosive. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les gens ne mangent pas à leur faim et les habitants des zones rurales sont durement affectés par la sécheresse et par es restrictions alimentaires imposées par le pouvoir. Il s’agit de les punir de leur proximité avec le Front pour la restauration de l’unité et la démocratie (FRUD).

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) s’est même vu interdire la distribution de vivres à certains endroits : là où manifestants et résistants se recrutent principalement dans les quartiers pauvres (Balbala, Arhiba) et dans les régions victimes de la violence d’Etat.Les habitants de la région littorale de l’Obock sont en colère contre le pillage des poissons par les bateaux chinois et les gros commerçants somaliens sponsorisés par le président djiboutien. Ils dénoncent également le refus de construction des dispensaires à Lahassa (financement japonais) et à Waddi (financé par les américains). C’est ce genre de situation qui a conduit à l’émergence des pirates  sur les côtes somaliennes.

L’élection du 8 avril 2016 :une tartufferie

Le jeu était truqué d’avance, le score consigné et le nom du vainqueur connu trois mois avant le scrutin ! Tout a été programmé dès janvier 2016. Des hauts fonctionnaires, sous la direction du chef de la sécurité, ont appliqué les décisions prises en août à Addis Abeba lors de la réunion de cadres issus du clan Mamasans sous le patronage du chef de l’Etat. L’élection qui s’est déroulé le 8 avril s’apparente à une mascarade. Un score de 87 % pour le dictateur Guelleh et le reste a été partagé par cinq autres candidats.

Rien n’a été laissé au hasard, les militaires ont bourré les urnes, aidés par des milliers de réfugiés, les forces de l’ordre ont écarté des bureaux de vote les délégués de l’opposition. Une fois de plus, les observateurs de l’Union africaine (UA) et de la ligue arabe ont validé les résultats.

Les civils pris pour cibles

Le régime en butte aux activités du FRUD et à l’hostilité de l’Union pour le salut national (USN), coalition de l’opposition, décide de punir les populations civiles qu’il soupçonne de sympathiser avec l’opposition : arrestations des familles de membres du FRUD (une soixantaine au dernier trimestre 2015), massacre le 21 décembre dans le quartier de Buldhuqo (27 personnes tuées et 150 blessés selon la FIDH).

Ce même jour, la direction de l’USN a été attaquée par des policiers, plusieurs dirigeants ont été blessés dont le président, et son secrétaire général Abdourahman Mohamed Guelleh emprisonné. Mohamed Ahmed dit Jabha, quant àlui reste arbitrairement détenu depuis six ans après avoir été férocement torturé.Femmes solidaires et le Comité des femmes djiboutiennes ont lancé un appel pour la protection des femmes de l’ethnie Afar, victimes de viols principalement par les forces armées. Il faut saluer à cet égard les dix femmes djiboutiennes courageuses qui ont fait une grève de la faim en France du 25 mars au 12 avril pour dénoncer ces viols et l’impunité des violeurs.

L’incroyable désinvolture avec laquelle le chef de l’Etat aborde les crises que traverse son pays et le mépris qu’il affiche avec un score grotesque de 87 % donne une responsabilité particulière à l’opposition. Elle doit faire preuve de davantage de responsabilité et prendre toute sa place pour le destin du pays. L’USN a su se rassembler pour les élections législatives en 2013, suscitant un espoir. Elle s’est mal-
heureusement divisée à l’occasion de l’élection présidentielle. Les clivages portent plutôt sur le choc des ambitions personnelles que sur le programme.

Toute la question est de savoir si l’opposition sera capable d’un sursaut et d’exorciser les démons de la division. Le FRUD a lancé un appel à un large rassemblement des forces démocratiques pour des états généraux de l’opposition, appel relayé par d’éminentes personnalités.« Le succès n’est pas définitif, l’échec n’est pas fatal… C’est le courage de continuer qui compte » disait Churchill.

Mohamed Khadamy
Président du FRUD – Front
pour la restauration
de l’unité et la démocratie

05/12/2013 (Brève 321) – Dictateur cherche public désespérément (Lecteur)

 Le dictateur Guelleh ne semble toujours pas remis des cinglants camouflets essuyés successivement à Londres et à Bruxelles. En témoigne le tohu-bohu et le volume de l’enveloppe budgétaire débloqué pour les préparatifs de son accueil à Paris.
 
Tout est fait pour rassembler le maximum de figurants-flagorneurs pour la photo d’accueil à substituer à celles des manifestations traumatisantes dans la mémoire centrale de ce pauvre dictateur.

A cette fin, les ambassades de Djibouti en Europe ont été transformées en ANPE, avec des guichets « embauche-accueil président». La mission proposée pour le jour j consiste à brandir le portrait du dictateur piteux en scandant « bien venue IOG », jusqu’à extinction de voix pendant des heures à raison de 50 euros de l’heure.

Sur le terrain l’agence intérimaire ambulant importée spécialement de Djibouti et dirigée par le très collabo secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, Badoul Hassan Badoul qui sillonne toute l’Europe en quête des têtes pour la photo d’accueil.

On l’a signalé d’abord à Nantes puis à Bruxelles en tournée dans les bars pour rameuter les « commandos du comptoir ». Néanmoins, l’agression à domicile de notre ami Houssein Ibrahim Houmed pendant le séjour à Nantes de ladite agence laisse penser que la mission de celle-ci ne se limiterait pas à la réalisation de la fameuse photo d’accueil.

Pour le reste, la pêche paraît bien dérisoire aussi bien pour la bande à Badoul que pour les ambassadeurs en comparaison des frais des restaurants, hôtels, voyages et bottes de kath. Le panier accueil ne comprendrait que quelques réfugiés somaliens et des étudiants menacés de suppression de bourse si bien qu’un renfort serait sollicité de Djibouti. La décrépitude d’une dictature c’est aussi cela.

28/11/2013 (Brève 304) La tribune / Djibouti : écouter le peuple pour sortir de l’impasse (Par Mohmaed Kadamy, dirigeant du FRUD publié dans international PCF)

Contribution de Mohamed Kadamy dirigeant du FRUD

La situation politique à Djibouti est dans une im- passe, le pays est en crise et en conflit larvé dans le nord et le sud-ouest. La région s’en trouve menacée.

Élection après élection, le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh a mesuré son isolement et l’hostilité populaire à son endroit. Par deux fois, il a survécu grâce aux fraudes massives, ce qui avait eu comme conséquence le boycott des élections par l’opposi- tion durant 10 ans.

Mais les temps changent. Une coalition électorale nommée l’Union pour le salut national (USN) s’est for- mée à la veille des élections législatives de février 2013, sous la pression populaire, mais aussi par la volonté de ses composantes. Le Front pour la restau- ration de l’unité et la démocratie (FRUD) a contribué aussi à cette unité.

Cette opposition a été elle-même surprise par l’ampleur du mécontentement.

Ce fut une « Bérézina » pour les partisans de Guelleh, à tel point que le pouvoir s’est refusé à publier les résul- tats généraux par bureau de vote comme le deman- dent officiellement l’Union européenne, la France et les États-Unis. Le truquage a été réalisé au vu et au su de tout le monde, il faut être des observateurs de la Ligue arabe et de l’Union africaine, pour ne pas avoir vu ces fraudes.

Union pour le salut national a établi son propre par- lement, dénommé Assemblée nationale légitime (ANL), estimant qu’elle a gagné 53 sièges sur 65 députés, ce qui est une décision somme toute symbolique. Suite aux recommandations de l’Union européenne et aux pressions discrètes des États- Unis et de la France, un dialogue s’est amorcé entre le pouvoir et la coalition USN, en août 2013.

La défiance est quasi générale sur le territoire à l’égard du pouvoir, y compris parmi ses soutiens traditionnels et des manifestations pacifiques se pour- suivent. L’USN tient bon, même si la seule et unique réponse est une répression ininterrompue et féroce (éxecutions extrajudiciaires, arrestations et tortures, emprisonnements des dirigeants et simples militants politiques, pressions sur les enfants des militants).

L’accord préliminaire entre les deux parties a été interrompu le 21 septembre, le président de la République refusant de libérer les prisonniers poli- tiques comme il s’y était engagé.

Du point du vue du FRUD, même si les élections législatives ont mis à nu le roitelet, la preuve est faite qu’il est irréaliste de vouloir déloger le dictateur de Djibouti uniquement par les voies des urnes. S’entêter dans cette voie, comme semblent s’y atteler quel- ques dirigeants au demeurant minoritaires au sein de l’USN, c’est se condamner à l’impuissance et favori- ser le chaos ambiant.

C’est pourquoi nous participons à notre manière à la mobilisation des campagnes contre le régime de Djibouti. Nous avons mené des actions militaires exerçant une pression sur le pouvoir de Guelleh, ce qui a obtenu le soutien de la majorité des dirigeants et des militants de l’USN, empêchés de manifester pacifiquement. Ces actions n’ont pas manqué d’inquiéter l’Ethiopie qui a mis à l’ordre du jour de la commission mixte de défense éthio-djiboutienne, du 23 au 26 septembre, la question de la sécurité à Djibouti et en particulier à la frontière éthiopienne.

Mais surtout nous sommes conscients qu’il est urgent de favoriser une convergence entre l’USN, le FRUD et les différents secteurs de la diaspora pour sortir de l’impasse. Nous y travaillons.

Jusqu’à présent, les bases étrangères n’ont favorisé que l’autoritarisme du régime de Djibouti. Ceux qui ont la mémoire longue se rappellent de l’interposi- tion de l’armée française en février 1992 qui a sauvé de la déroute militaire le régime de Djibouti face au FRUD.

Les retombées financières des bases militaires française, américaine et niponne ne profitent qu’au cer- cle très proche du président. Alors que la situation des populations rurales reste dramatique: elles vivent une quasi-famine. Les régions d’Obock et de Yoboki sont les plus touchées.

La coopération entre la France et Djibouti n’a pas empêché les incursions des militaires éthiopiens sur le territoire de Djibouti, qui ont procédé à l’arresta- tion des citoyens djiboutiens, soupçonnés de soute- nir le FRUD.

La France doit sortir de sa tolérance traditionnelle, pour ne pas dire de sa complicité déconcertante, vis- à-vis des régimes africains dictatoriaux porteurs de gros risques. C’est le cas pour Djibouti, y compris pour l’ensemble de la région.

Il faudra bien un jour respecter la volonté des peuples !