04/12/08 (B476-B) Médecin Sans Frontière (MSF) Yémen: nouvelle arrivée de migrants, 26 corps rejetés sur la plage.

Les équipes de MSF ont soigné 164 réfugiés arrivés le 1er décembre sur une plage du Yémen. Ils avaient embarqué deux jours plus tôt à bord d’un bateau de passeurs, au nord de la Somalie. Au moins 24 personnes sont décédées au cours du trajet. Leurs corps ont été ramassés sur la plage entre le 1er, et le 3 décembre.

F., 24 ans, soignée par MSF à son arrivée sur une plage du Yémen. Après que les passeurs l’ont forcée à sauter du bateau loin de la côte, elle a passé plusieurs heures dans l’eau.

Un total de 195 migrants avaient pris place à Bossasso – dans la région du Puntland au nord de la Somalie – à bord de deux bateaux surchargés.

Les passeurs les ont obligés à se jeter à l’eau à 400 mètres des côtes yéménites. Quelques-uns des survivants soignés par MSF souffraient de blessures par coups de couteau.

Les passeurs les avaient poignardés parce qu’ils refusaient de sauter du bateau si loin de la côte, là où ils n’avaient pas pied.

164 passagers de ces deux embarcations sont arrivés en vie, tandis que 24 corps ont déjà été ramassés sur la plage.

Parmi les survivants de ce groupe, 60% sont originaires d’Ethiopie, les autres de Somalie.

Le bateau débordait de monde. Nous n’avions ni eau, ni nourriture. Si on bougeait, ils nous battaient. J’ai vu quelqu’un être jeté à la mer.
F, 24 ans, rescapée

Des arrivées par bateaux entiers, déjà 350 morts en 2008.

De façon régulière, les migrants arrivent par bateaux entiers sur les plages du sud du Yémen.

Les passagers sont en majorité des Somaliens qui fuient la guerre et les persécutions. Certains, des réfugiés éthiopiens, déclarent aussi être partis pour échapper aux persécutions et à la violence dans certaines régions de leur pays.

Depuis le début de l’année, au moins 350 personnes sont décédées en tentant la traversée. Ce décompte sous-estime probablement la réalité, car certains corps sont perdus en mer et d’autres, ramenés sur les plages du Yémen par le courant, sont enterrés à la hâte par les villageois locaux qui ne les déclarent pas.

« Je ne sais pas où je suis, mais je voudrais aller au Yémen »

R., un garçon d’un an et demi, vient de la région Oromo, en Ethiopie.

Sa mère et sa tante, âgées de 24 ans et 20 ans respectivement, ont décidé de partir en quête d’une vie meilleure au Yémen.

A l’arrivée, R. atteint la plage dans les bras de sa tante.

Sa mère, portée disparue, est d’abord présumée décédée. Mais sept heures plus tard un pêcheur yéménite la trouve, encore dans l’eau, miraculeusement en vie.

Elle raconte : « Le bateau débordait de monde. Nous n’avions ni eau, ni nourriture. Seuls les passeurs avaient de quoi boire et manger.

Si on bougeait, ils nous battaient. Quand quelqu’un mourrait à bord, ils le balançaient par dessus bord. J’ai vu quelqu’un être jeté à la mer. »

Vingt-quatre heures après l’épreuve de la traversée, cette femme est épuisée, confuse, et peut à peine marcher. «Hier, j’étais en pleine mer, murmure-t-elle. Je ne sais pas comment j’ai été sauvée. Je n’arrive à reparler que depuis aujourd’hui. Je ne sais pas où je suis, mais je voudrais aller au Yémen. »

12/09/08 (B464-B) MSF / Yemen – Golfe d’Aden : la tragédie continue

Les 29 corps retrouvés sur une plage au Yémen sont les dernières victimes de la dangereuse traversée du Golfe d’Aden. Depuis 2007, MSF assure les premiers secours sur les plages où débarquent ces réfugiés, en provenance de Somalie ou d’Ethiopie, et a pris en charge le centre de santé du Centre d’accueil d’Ahwar.

Une équipe MSF a découvert huit corps, le 9 septembre dernier, sur la plage de Wadi Al-Barakin, à 30 kilomètres d’Ahwar, au Yémen.

Ces personnes, réfugiés et migrants fuyant la guerre ou l’extrême pauvreté dans la corne de l’Afrique, ont tenté de traverser le Golfe d’Aden. Le même jour, 21 autres corps se sont échoués sur la côte, ramenant le nombre total de morts à 29. Selon les témoignages de survivants, 10 autres personnes auraient trouvé la mort au cours de la traversée.

A 4h30 du matin, l’équipe MSF a été prévenue d’une nouvelle arrivée sur la côte, la septième en neuf jours. En arrivant sur la plage, celle-ci y a trouvé un groupe de survivants ainsi que huit corps sans vie.

Les survivants ont dit aux membres de l’équipe MSF que leur bateau, arrivé au milieu de la nuit, s’était immobilisé trop loin des côtes, en eaux profondes. Les passagers ont alors été violemment poussés à sauter de l’embarcation. La plupart des personnes décédées ne savaient pas nager.

Les survivants ont décrit l’extrême brutalité des passeurs, tout au long de la traversée. Selon leurs témoignages, pas moins de 10 personnes ont trouvé la mort au cours de cette traversée. Plusieurs sont morts d’asphyxie et trois autres, dont deux enfants, avaient été jetés à l’eau par les passeurs. Au début de la traversée, les passagers étaient au nombre de 120.

Ils nous ont menacés avec leurs armes et nous ont forcé à monter à bord. Nous étions 120, entassés, et le voyage a duré deux jours.

Un réfugié somalien

Selon un réfugié somalien âgé de 23 ans et originaire de Mogadiscio :
« A Bossasso (Somalie), les passeurs nous avaient promis de nous conduire au Yémen par petits groupes dans des bateaux récents et rapides, avec, à leur bord, de la nourriture et de l’eau. Mais le bateau s’est avéré être ancien. Ils nous ont menacés de leurs armes et nous ont forcés à monter à bord. Nous étions 120, entassés. Et le voyage a duré deux jours. Nous n’avons reçu ni eau ni nourriture. Certains d’entre nous avaient été placés dans la cale et plusieurs sont morts d’asphyxie, d’autres ont été jetés par-dessus bord. Deux enfants étaient parmi eux. Pour nous intimider, ils nous ont frappé à coup de ceinture. L’un d’eux nous a même arrosés d’essence avant de nous menacer avec son briquet. »

Après avoir reçu les premiers secours sur la plage, les réfugiés se sont rendus au Centre d’accueil de Ahwar où les équipes de MSF ont pu leur donner une assistance médicale et un soutien psychologique.

« Les passagers des six derniers bateaux avaient été traités de façon humaine par les passeurs. Nous avons cru que la tendance avait changé, jusqu’à aujourd’hui, explique Alfonso Verdu, chef de mission pour MSF – Espagne, au Yémen.

Les situations cauchemardesques de 2007 se répètent encore. Ces gens ont enduré des choses terribles. Une femme a perdu ses trois jeunes enfants. Une jeune Ethiopienne a vu son père âgé de 70 ans se faire jeter à l’eau en pleine nuit, et n’a pu retrouver son corps que le lendemain matin.

La majorité d’entre eux nous disent n’avoir pas d’autre choix que de fuir les violences perpétrées contre eux en Somalie et en Ethiopie, et ce, même s’ils ont conscience des dangers de la traversée.

Nous nous attendons à une arrivée massive de réfugiés et de migrants, ajoute Alfonso Verdu, le chiffres de 2008 étant le double de ceux de 2007. Mais ce ne sont pas seulement les chiffres qui augmentent : la violence a triplé depuis début septembre. »

21/03/08 (B439) MSF Somalie – Une partie du personnel expatrié de MSF de retour dans certains sites

Le personnel expatrié de Médecins Sans Frontières (MSF) a repris ses activités dans différents sites en Somalie.

Suite à l’assassinat de trois membres de MSF, le 28 janvier dernier dans la ville de Kismayo dans le sud du pays, MSF a suspendu la présence de son personnel expatrié en Somalie. Les programmes ont continué de fonctionner grâce à l’engagement du personnel somalien de MSF.

Alors que MSF continue d’examiner les circonstances dans lesquelles ces assassinats ont été perpétrés à Kismayo, des évaluations ont été menées récemment dans certains des 14 sites où MSF gère des projets pour déterminer les conditions de sécurité prévalant localement. Face aux besoins humanitaires aigus, MSF a décidé qu’une partie du personnel expatrié retournerait dans certains sites où les conditions de sécurité ont été jugées acceptables. Des évaluations sont en cours dans d’autres sites.

Alors que la violence n’a nullement diminué et entraîne davantage de mouvements massifs de populations, l’aide humanitaire reste insuffisante en Somalie, en proie à l’une des crises humanitaires les plus graves aujourd’hui dans le monde. MSF déplore de ne pouvoir accéder à un plus grand nombre de patients, pour des raisons de sécurité. MSF redit son indignation face à l’attaque perpétrée à Kismayo, qui était, semble-t-il, ciblée contre des travailleurs humanitaires.

MSF travaille sans interruption en Somalie depuis plus de 16 ans et fournit actuellement des soins médicaux dans onze régions du pays.

En 2007, MSF a ouvert plusieurs projets pour répondre aux énormes besoins médicaux et humanitaires, liés au conflit.

Les équipes médicales ont effectué plus de 2 500 opérations chirurgicales, donné plus de 520.000 consultations et hospitalisé quelque 23 000 patients.

05/10/07 (B415) MSF : Somalie – Chirurgie à Mogadiscio. (Info lectrice)

Alors que les combats continuent à Mogadishio, les premiers patients ont été admis lundi 24 septembre à l’hôpital de Dayniile, situé à 9 kilomètres au nord de la capitale somalienne.

Dix patients ont été pris en charge dont cinq (parmi lesquels trois blessés par balle) ont subi une intervention chirurgicale.

Après des semaines de réhabilitation et de négociations menées par MSF avec la direction de l’hôpital, la structure de 35 lits est aujourd’hui équipée d’une salle d’opération, d’une salle d’urgence, d’une unité de soins intensifs, d’une salle de réveil et de deux services.

Cinq expatriés (un responsable de terrain, un administrateur-logisticien, un chirurgien et une infirmière de bloc) travailleront avec du personnel somalien recruté sur place.

11/04/2000 – MSF modère les alertes catastrophiques sur la famine en Ethiopie : l’analyse réalisée par l’organisation et ses programmes d’action.

11 avril 2000 – Urgence Ethiopie – MSF, présent en Ethiopie depuis 1985, renforce ses équipes à Gode, dans la région de Ogaden
Extrait du site MSF : : http://www.paris.msf.org

Une équipe de Médecins Sans Frontières s’est rendue en début de semaine dans la région de Gode, au sud-est du pays, pour poursuivre la mise en place de programmes nutritionnels et faire face à la grave pénurie alimentaire qui affecte cette zone. Deux autres volontaires vont renforcer cette équipe dès mercredi.

Il est certain que l’Ethiopie affronte aujourd’hui une pénurie alimentaire très sévère. C’est un scénario auquel ce pays est confronté tous les ans à ce moment de l’année et qui affecte généralement deux à quatre millions de personnes. Les mois de mars et d’avril sont en effet une période critique, entre la fin des réserves de nourriture et le début de la saison des pluies – qui a généralement lieu entre les mois de mai et de septembre – et des nouvelles récoltes.

En février dernier, une équipe MSF a mené une intervention à Gode et identifié deux problèmes : une épidémie de rougeole et d’importants problèmes de malnutrition. Les premiers résultats de cette enquête montraient que 12.8 % des enfants souffraient de malnutrition sévère et 19.4 % de malnutrition globale. L’équipe a tout d’abord mis en place une campagne de vaccination contre la rougeole pour 46 000 enfants de 6 mois à 15 ans. En effet, pour les populations souffrant de malnutrition, la rougeole est généralement une des premières causes de mortalité.

Cette première intervention devait immédiatement être complétée par la mise en route d’un important programme nutritionnel. Mais, le 7 février, notre équipe a été victime d’un très grave incident de sécurité, causant la mort d’une personne et en blessant très grièvement une seconde. Ce programme a donc été interrompu provisoirement, mais les équipes ont poursuivi la campagne de vaccination jusqu’à la fin du mois de mars, pour combattre l’épidémie de rougeole.

Aujourd’hui, nos volontaires sont à nouveau présents dans la région d’Ogaden pour apporter une réponse appropriée au problème de malnutrition, dans une zone soumise à d’importants problèmes de sécurité.

Les autres programmes MSF en Ethiopie

Dans la région de Konso, au sud ouest du pays, MSF a mis en place un programme nutritionnel dans cette région après une évaluation menée en août 1999. 120 000 personnes, sur une population totale estimée à 186 000 ont été affectées par deux années de sécheresse. Une enquête nutritionnelle du mois d’octobre 1999, montrait un taux de malnutrition global de 22.8%. En février 2000, ce taux n’était plus que de 12.8%, mais MSF a décidé de poursuivre son programme jusqu’au début de la saison des pluies, qui débute au mois de mai chaque année. Aujourd’hui, MSF prend en charge 10 000 personnes par semaine (enfants de moins de 5 ans, femmes enceintes et allaitantes) dans ses centres de nutrition. L’équipe a également mis en place un CNT, Centre de Nutrition Thérapeutique dans la ville de Konso et va mener une campagne de vaccination contre la rougeole.

Dans la province du Tigrée, MSF travaille auprès des populations affectées par la guerre.

A Woldya, la capitale du Nord Wollo, MSF mène un programme de formation dans 4 hôpitaux. L’équipe prend en charge la formation des chirurgiens et des infirmières, la fourniture de matériel chirurgical ainsi que la rénovation des salles d’opérations.

En pays Afar, une autre équipe MSF mène un programme chirurgical.