09/10/08 (B468-B) News Press / Somalie : Une milice menace CARE, mettant ainsi en péril l’aide destinée à 1 million de personnes

La menace publique par le porte-parole d’une milice locale, diffusée par les médias le jeudi 2 octobre, vise les opérations humanitaires d’une des plus grandes agences humanitaires agissant actuellement en Somalie.

« Ces menaces à la sécurité sont prises très au sérieux, » a affirmé David Gilmour, directeur de CARE Somalie. « La sécurité de notre équipe est d’une importance capitale pour nos opérations. Ce genre de menaces publiques ciblées nous obligent à choisir entre la sécurité de nos collègues sur le terrain, et nos engagements envers plusieurs centaines de milliers de Somalis qui ont désespérément besoin d’aide ».

La situation en Somalie est extrêmement tendue, et fait chaque semaine des dizaines de victimes civiles. En outre, des kidnappings et des meurtres de travailleurs humanitaires se produisent régulièrement. Depuis le début de l’année 2008, au moins 24 travailleurs humanitaires ont perdu la vie, tandis que 10 sont toujours tenus en otage, dont deux font partie des équipes de CARE.

Les Nations Unies estiment que 3,2 millions de personnes, soit 40 % de la population totale de Somalie, ont besoin d’une aide humanitaire de toute urgence. Cela est dû à de multiples facteurs, dont un conflit qui perdure, la hausse des prix alimentaires et du carburant, ainsi qu’une hyperinflation.

CARE, présent en Somalie depuis 1981, apporte actuellement une aide d’urgence à près d’un million de personnes (distribution de nourriture, d’eau et programmes d’assainissement).

08/09/08 (B464) News Press – Info ONU / Le chef Le chef de l’ONU en Somalie appelle à agir contre la piraterie.

Le représentant spécial de l’ONU en Somalie, Ahmedou Ould-Abdallah, s’est dit vendredi extrêmement inquiet de l’augmentation des actes de piraterie contre des navires, à la fois dans les eaux somaliennes et dans les eaux internationales près de la Somalie, et a appelé la communauté internationale à agir contre ce « fléau ».

« Ces actes de piraterie sont de plus en plus une menace pour la navigation internationale et le commerce dans un environnement déjà fragile. Les millions de dollars de rançon payés aux pirates et à leurs associés à terre et à l’étranger sont devenus un commerce de plusieurs millions de dollars qui menace la stabilité du Puntland et de la Somalie dans son ensemble », a déclaré M. Ould-Abdallah dans un communiqué.

Actuellement, on compte dix navires aux mains de pirates. Selon les autorités locales somaliennes, le commerce vers les ports, notamment dans le nord du pays, est sérieusement affecté.

« Je suis très heureux que le Conseil de sécurité ait adopté la résolution 1816 sur la piraterie en juin de cette année et que la communauté internationale ait montré sa détermination à arrêter ces criminels. Toutefois, ces criminels défient cette résolution du Conseil de sécurité et le temps est venu d’une action commune pour que cette résolution entre en vigueur », a déclaré le représentant spécial de l’ONU.

« Nous devons agir rapidement avant que le niveau d’activité criminelle n’augmente et n’affecte les ports dans les pays voisins. Nous devons travailler ensemble pour mettre fin à ce terrible fléau », a-t-il ajouté.

20/05/08 (B448) News Press avec Amnesty / Somalie : les groupes armés doivent cesser de menacer et attaquer les employés des organisations humanitaires

Amnesty International a condamné les menaces qu’a proférées Muqtar Robow Abu Mansur, dirigeant et porte-parole d’Al Shabab, contre les employés des organisations humanitaires en Somalie.

Al Shabab est un groupe armé lié, à un moment, à l’Union des Tribunaux islamiques et désormais en conflit avec le gouvernement fédéral de transition de la Somalie et avec les forces militaires éthiopiennes qui le soutiennent.

Selon la presse somalienne, Muqtar Robow aurait déclaré le 8 mai qu’Al Shabab allait « tuer les Américains se trouvant en Somalie, y compris les journalistes et employés d’organisations humanitaires ».

La veille de la diffusion de cette menace, un chauffeur employé par le Programme alimentaire mondial (PAM) avait été tué par les membres d’une milice après avoir été arrêté à un barrage routier à 30 kilomètres au nord de Galkayo, dans la région de Mudug. C’est le deuxième chauffeur recruté par le PAM tué cette année en Somalie par une milice lors d’une attaque. Aucune milice n’est considérée comme rattachée à Al Shabab.

L’Unité d’analyse de la sécurité alimentaire (FSAU) de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a émis récemment une mise en garde concernant la détérioration de la situation humanitaire en Somalie. Sécheresse et flambée des prix alimentaires combinées à une insécurité et un conflit armé persistants ont pour effet que 2,6 millions de Somaliens dépendent désormais de l’aide humanitaire.

Rien ne saurait justifier d’attaquer un employé d’une d’organisation humanitaire au cours d’un conflit, quelle que soit la nationalité de cette personne. Amnesty International appelle tous les groupes armés à mettre fin aux attaques contre les civils, y compris les employés d’organisations humanitaires, et à s’engager à faire en sorte que leur statut de non-combattants neutres soit respecté.

En dissuadant les organisations humanitaires de se rendre sur place à l’heure actuelle, les groupes armés pourraient contribuer au risque d’une famine de grande ampleur en Somalie. Si les menaces et les attaques se poursuivent, la situation risque de devenir catastrophique.

Ces menaces et attaques des groupes armés font suite à un raid aérien des États-Unis sur Dusamareb, le 1er mai 2008, qui aurait tué au moins 11 personnes, parmi lesquelles un dirigeant d’Al Shabab, Aden Hashi Ayro.

17/10/07 (B417) NEWS PRESS : Grâce à l’UNHCR, les femmes font entendre leur voix en Somalie (Info lectrice)

Une dizaine d’étudiantes, portant des voiles aux couleurs vives, écoutent attentivement leur professeur dans une salle de classe aux murs blancs où sont inscrits des slogans comme : « Apprendre aujourd’hui pour enseigner demain » ou « la guerre est le pire des maux. »

Ces femmes, qui sont venues dans cette ville depuis tout le Puntland, une région située au nord de la Somalie, prennent part à cette formation de trois mois visant à leur donner les compétences nécessaires pour gérer efficacement une organisation non gouvernementale (ONG). La formation a aussi un autre objectif.

« Cet atelier de formation donne plus d’autonomie aux femmes pour qu’elles aient davantage d’emprise sur leur propre vie et sur la société », a expliqué Asha, une participante au cours âgée de 45 ans, qui dirige une petite ONG se consacrant au rétablissement de la paix. « Les hommes ont toujours eu le pouvoir avec, pour seul résultat aujourd’hui, un pays dévasté par le conflit et la pauvreté.

Les femmes gèreraient bien mieux que les hommes car notre société est basée sur la famille, un domaine dans lequel les femmes ont une plus grande expérience », a-t-elle ajouté avec l’approbation de ses camarades de classe.

La formation est organisée par le Centre éducatif pour la paix et le développement de Galkayo avec le soutien de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Elle vise, plus particulièrement, à enseigner aux femmes comment définir le mandat d’une ONG, demander des fonds et prendre des responsabilités.

Les participantes suivent les cours avec enthousiasme. La plupart d’entre elles travaillent déjà au profit de leur communauté dans des ONG. Elles veulent clairement faire changer les choses et améliorer la vie des femmes dans cette région, l’une des plus pauvres et des plus instables au monde.

« Ecoutez-les, ces femmes sont la vraie voix de la Somalie ; elles connaissent parfaitement les besoins de leurs communautés et elles souhaitent vraiment s’engager en faveur du changement », a dit avec fierté Hawa Aden, directrice du centre de formation.

Alors qu’elle visitait la classe avec son invitée de l’UNHCR, les élèves répétaient, chacune à leur tour, la leçon du jour – un exercice ayant pour but de développer leur aptitude à s’exprimer en public. Cela les aidera dans certains domaines dans lesquels interviennent les ONG, notamment le rétablissement de la paix, les droits des femmes, les mutilations génitales féminines et l’éducation des jeunes filles. Hawa Aden a expliqué à la classe comment elle avait aidé au rapprochement de deux sous-clans rivaux lors de discussions pour la paix.

« Les femmes sont le fondement de la Somalie ; ce sont elles qui font que le bâtiment tient debout, mais elles ont besoin d’apprendre à diriger. Ce que nous apprenons aujourd’hui va bénéficier aux femmes somaliennes et à leur pays demain », a indiqué Ayan, 19 ans, qui a récemment achevé le lycée et a rejoint une ONG pour les femmes. Elle travaille maintenant en tant que conseillère pour les femmes victimes d’abus sexuels.

« Dans mon pays, des femmes subissent des violences chaque jour », a-t-elle dit, en citant la fréquence des viols et des mutilations génitales féminines. « Qui mieux que les femmes peuvent aider à faire cesser ces violences, une fois reçue la formation adéquate ? »

Farhia, 36 ans, dirige une petite ONG pour les enfants des rues. Pour elle, rien n’est plus important que l’autonomie des femmes, dans un pays ravagé par le conflit où les femmes élèvent les enfants et subviennent souvent seules aux besoins de leur famille.

« J’ai pu survivre seulement parce que j’avais des compétences professionnelles en tant qu’enseignante », a dit cette mère de neuf enfants, dont son mari a divorcé. « Maintenant j’envoie mes sept filles à l’école car je veux qu’elles aient une vie plus facile », a-t-elle ajouté.

Hawa Aden, dont l’ONG a reçu un prix et gère aussi une école primaire et secondaire pour les filles à Galkayo, a rappelé que lorsqu’elle était jeune, les jeunes filles somaliennes étaient encouragées à étudier. « Mais après des années et des années de guerre, tout ce que l’on demande [maintenant] à une jeune fille, c’est pourquoi elle n’est pas encore mariée », a-t-elle dit.

« Les mères pensent que leurs filles auront une vie meilleure si elles trouvent rapidement un mari », a expliqué Hawa Aden, ajoutant qu’en réalité les unions étaient souvent suivies de divorce. « Si la jeune fille n’a pas acquis suffisamment de compétences pour avoir un emploi décent, elle ne pourra pas nourrir ses propres enfants et elle finira par vivre dans un bidonville sordide en dehors de la ville », a-t-elle ajouté.

Le Centre éducatif pour la paix et le développement de Galkayo tente de maintenir les jeunes filles à l’école, en réservant la moitié de leur temps pour les études et l’autre moitié pour le travail. L’ONG les sensibilise aussi à divers problèmes comme la violence contre les femmes et les enfants, le VIH/SIDA, le rétablissement de la paix et les mutilations génitales féminines. « A chaque fois qu’une petite fille meurt dans notre ville à cause de cette pratique néfaste, nous en parlons à nos élèves », a dit Hawa Aden, ajoutant que la plupart des filles fréquentant ses écoles avaient, elles aussi, subi des mutilations génitales.

Rassemblées plus tard pour le déjeuner, les élèves de l’atelier discutent gaiement entre elles. « Lorsque je vois cette nourriture appétissante sur la table, je ne suis pas satisfaite car je sais que beaucoup de gens dans mon pays meurent de faim », a dit l’une des élèves, avant d’ajouter : « Quand je pense à toutes les compétences que j’ai acquises le mois dernier, je me sens un peu soulagée car je pense que je pourrais maintenant aider à trouver une solution. »

Galkayo, l’une des plus grandes villes du Puntland, accueille environ 50 000 déplacés internes

10/10/07 (B416) NEWS PRESS : Conflit dans la région de Sool en Somalie : déclaration de la Présidence au nom de l’UE

L’Union européenne (UE) est préoccupée par l’évolution de la situation en matière de sécurité dans la région de Sool, dans le nord de la Somalie, en particulier dans la capitale régionale, Las Anod, et autour de cette ville.

L’UE engage instamment toutes les parties concernées à faire preuve de la plus grande retenue et à s’abstenir de tous nouveaux affrontements afin d’éviter que la situation ne s’aggrave encore et ne dégénère en un conflit plus vaste.

L’UE soutient tous les efforts déployés pour régler le litige actuel par des moyens pacifiques et elle invite toutes les parties concernées à décréter une cessation immédiate et inconditionnelle des hostilités et à exercer une influence sur les groupes locaux pour qu’ils s’abstiennent totalement de toute poursuite des combats, et qu’ils fassent ainsi une place au dialogue et à la réconciliation.

L’UE estime que l’affrontement militaire ne servira pas les intérêts des communautés locales, mais qu’il menacera au contraire la stabilité de la région dans son ensemble. L’UE continuera de prêter attention à l’évolution de la situation.

La Turquie, la Croatie* et l’ancienne République yougoslave de Macédoine*, pays candidats, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la Serbie, pays du processus de stabilisation et d’association et candidats potentiels, l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l’AELE membres de l’Espace économique européen, ainsi que l’Ukraine, la République de Moldavie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie se rallient à la présente déclaration.

23/09/07 (B414) NEWS PRESS : Somalie : le CICR vivement préoccupé par l’attaque menée contre le Croissant-Rouge

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est vivement préoccupé par l’attaque menée contre une camionnette du Croissant-Rouge de Somalie.

Le véhicule, qui arborait clairement l’emblème du croissant rouge, a été détourné à Mogadishu par trois hommes armés. Le chauffeur a été grièvement blessé.

« Cet incident illustre les problèmes auxquels nous sommes confrontés en fournissant une aide humanitaire dans un contexte aussi difficile », a déclaré Pascal Hundt, chef de la délégation du CICR pour la Somalie.

Une fois de plus, le CICR demande instamment à toutes les parties concernées de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les travailleurs humanitaires, le personnel médical, les hôpitaux et les dispensaires.

Le CICR continue de travailler en étroite collaboration avec le Croissant-Rouge de Somalie et reste un fournisseur clé de l’aide d’urgence aux victimes du conflit armé et des catastrophes naturelles en Somalie, où il mène ses activités sans discontinuer depuis 1977.

29/07/07 (B406) NEWS PRESS Somalie: La situation s’aggrave à Afgooye suite à l’arrivée de nouvelles familles déplacées de Mogadiscio.

Des milliers de familles continuent à fuir Mogadiscio où la violence et les bombardements menacent la sécurité de la population civile. Médecins Sans Frontières évalue à 4900 le nombre de familles arrivées dans la zone d’Afgooye au cours des trois dernières semaines.

La crise qui frappe Mogadiscio depuis quatre mois, provoquée par une éruption de violence majeure, a entraîné le déplacement de 400 000 personnes (398 000 selon l’ONU). La plupart n’ont toujours pas pu retourner chez elles et restent grandement dépendantes de l’aide fournie par les quelques organisations présentes sur place. La grande majorité des familles déplacées ont trouvé refuge à Afgooye et Hawa Abdi, deux localités situées à 30 km à l’ouest de la capitale somalienne.

Elles survivent dans des conditions très précaires, sous les arbres ou dans des bâtiments laissés à l’abandon. Des groupements de soutien locaux font de leur mieux pour assister ces personnes déplacées et leur fournir un abri. Médecins Sans Frontières a mis sur pied une aide médicale et de secours d’urgence pour répondre aux besoins de ces populations.

« Il n’y a aucune distribution régulière de nourriture dans cette zone et très peu d’organisations d’aide sont présentes pour assister les familles déplacées », explique Feisal Abdulkadir, responsable des activités de MSF à Afgooye. « Leur vulnérabilité est d’autant accrue que les prix des denrées de base sur le marché sont élevés et qu’ils n’ont aucune source de revenus régulière. »

En juin 2007, MSF a effectué une enquête rapide sur l’état de santé des populations déplacées. Sur un total de 393 familles interrogées, l’état de malnutrition de 641 enfants a été évalué grâce à un bracelet MUAC (mesure du périmètre brachial des enfants). Les résultats préliminaires indiquent un taux de malnutrition globale de 21,5% et 3% de malnutrition aiguë sévère. D’après la classification OMS (Organisation Mondiale de la Santé), cette situation peut être qualifiée d’urgence nutritionnelle.

Selon le Dr Monica Rull, qui a mené l’enquête MSF, 6% des familles interrogées ont déclaré ne pas avoir pu se nourrir la veille. « Plus de 60% des familles n’ont aucune source de revenus et 93% d’entre elles ont épuisé ou épuiseront bientôt leurs réserves de nourriture », explique-t-elle.

Au cours des deux derniers mois, les médias internationaux n’ont qu’à de très rares occasions rapporté les événements qui se déroulent dans la capitale somalienne et ses environs, où des dizaines de milliers de personnes attendent désespérément une aide de la communauté internationale.

Médecins Sans frontières appelle à une mobilisation immédiate des acteurs de l’aide internationale pour répondre à la détérioration rapide de la situation en Somalie et prévenir ainsi un désastre humanitaire majeur.

Depuis avril 2007, MSF fournit des soins de santé primaire à une population vulnérable d’environ 12 000 familles déplacées sur Afgooye et soutient le service d’hospitalisation de l’hôpital de la ville. MSF aide également les personnes déplacées sur Hawa Abdi par des donations de médicaments aux structures de santé locales et par la mise en place d’un centre de traitement du choléra (CTC), l’approvisionnement en eau et la distribution de biens de première nécessité aux nouveaux arrivants. MSF travaille en Somalie depuis 1991.