06/05/09 (B497) Nouvel Obs : Enquête sur les biens de 3 chefs d’Etat africains

La justice française va se pencher sur les biens acquis en France par Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et Théodore Obiang (Guinée-Equatoriale).

La justice française va enquêter sur les biens acquis en France par trois chefs d’Etat africains. Un juge d’instruction a en effet décidé d’instruire la plainte déposée notamment pour "blanchiment" par une association, Transparence internationale France, a-t-on appris mardi 5 mai de source judiciaire.

"C’est une décision sans précédent. C’est la première fois qu’une enquête est possible s’agissant de chefs d’Etat en exercice", s’est félicité Me William Bourdon, l’avocat de Transparence internationale France.

L’avocat se dit confiant, en dépit d’un probable appel du parquet. "Le droit est l’allié des plaignants depuis le début de cette affaire. Cet appel sera perçu comme une tentative politique d’asphyxie d’une enquête qui honore la France et rehausse son image auprès de l’Afrique."

Le 20 avril, le parquet de Paris s’était opposé à l’ouverture d’une information judiciaire sur les biens en France des présidents Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et Théodore Obiang (Guinée-Equatoriale). La juge d’instruction Françoise Desset a passé outre les réquisitions du parquet.

Plainte contre X

En décembre, l’association Transparence International France et un ressortissant gabonais, Grégory Ngbwa Mintsa, ont déposé une plainte contre X pour "recel de détournement de fonds publics", "blanchiment", "abus de biens sociaux" et "abus de confiance".

La juge d’instruction a estimé que l’association avait un intérêt à agir en France, mais pas le ressortissant gabonais. Le parquet avait considéré au contraire que les deux plaignants n’avaient aucune qualité à agir en France et ne pouvaient se prévaloir d’aucun préjudice.

Transparence International France "ne saurait (…) être directement et spécialement touchée par les faits, eux-mêmes peu circonscrits, qu’elle dénonce, en l’espèce les détournements de fonds publics de trois Etats africains", avait estimé le parquet dans ses réquisitions. Le parquet a cinq jours pour faire appel de cette décision qui devrait mettre à mal les relations diplomatiques entre ces trois Etats africains et la France.

Voitures de luxe et biens immobiliers

Transparence International France et une autre association avaient déjà déposé deux plaintes simples, classées sans suite, au terme d’une enquête préliminaire qui avait donné un reflet à peu près exact du patrimoine détenus en France par ces présidents africains ou leurs proches.

De nombreux biens immobiliers sont ainsi détenus par ces chefs d’Etat ou par leurs familles, notamment dans les quartiers chics parisiens. L’enquête a également identifié leurs comptes bancaires, ou ceux de proches, ainsi que les nombreuses voitures de luxe -Aston Martin, Bugatti ou Mercedes- achetées parfois en espèces ou, comme pour l’une des filles du président Bongo, par chèque d’un avocat français et de la Paierie du Gabon en France.

Selon Me Bourdon, ces détournements sont à l’origine de l’appauvrissement de millions d’Africains. "Il est heureux qu’une enquête permette l’identification de ceux qui sont responsables de cet appauvrissement."

04/04/09 (B493) Nouvelles de Somalie / Nouvel Obs avec AP : Somalie: les organisations humanitaires appelées à se déclarer auprès des autorités.

Les organisations d’aide humanitaire souhaitant travailler en Somalie devront se faire connaître auprès du gouvernement, sous peine de devoir quitter le pays, a déclaré un porte-parole des autorités.

Abdulkadir Walayo, porte-parole du Premier ministre, a précisé que le gouvernement protégerait les groupes qui se déclareraient auprès de ses services, et ne serait pas responsable de la sécurité des organisations qui ne se plieraient pas à cette mesure.

Il n’a pas donné de détails sur ce que cette déclaration entraînerait ni expliqué comment les forces de sécurité assureraient la protection des organisations humanitaires.

Le gouvernement somalien contrôle très peu de secteurs dans les régions dangereuses en dehors de Mogadiscio où nombre d’organisations humanitaires travaillent.

19/03/09 (B490-B) Conférence de presse d’Elisabeth Borrel. Toute la presse en parle et reprend les nouvelles informations. (2 articles en Français)

__________________________________ Note de l’ARDHD


Lors de sa conférence de presse, Elisabeth Borrel a dévoilé des éléments de preuve qui permettent de conclure à une certaine implication personnelle de Jacques Chirac et de son entourage (y compris sa fille Claude) dans le dossier.

D’autres points ont
été abordés :
– comme
la violation possible du secret de l’instruction par le Procureur de la République de l’époque, qui aurait pu transmettre des informations confidentielles à l’Elysée,


Chris Lafaille dans un face à face avec Bernard Nicolas, essayant de défendre avec maladresse, les arguments de son livre en faveur de la thèse du suicide. Finalement, c’est le Procureur de la République qui lui assénera le coup de grâce en déclarant officiellement qu’il ne s’agit pas d’un suicide.

Rappelons que l’Ordre prestigieux des Brosses à Reluire avait coopté Chris Lafaille pour le remercier de son travail de protection de la dictature djiboutienne.

– L’écriture du livre de C. Lafaille qui ne serait dans les faits qu’un travail « commandité », au moins très facilité par les plus hauts responsables de l’Etat français.

L’intéressé sachant, d’aprés les informations que nous lisons, qu’il s’agissait seulement d’allumer un contre-feu (de paille ?) qui aurait une durée de vie très courte … On comprend mieux la tête de faux-témoin que faisait C. Lafaille face à Bernard Nicolas, durant un face à face télévisé sur France 24 …

– l’implication qui serait beaucoup plus significative dans le dossier de :
.
Me Martinet
dans la participation à la subornation de témoin (Ali Iftin),
. M. Roussel, ancien Ambassadeur de France à Djibouti,
. Général Bentegeat, Chef d’Etat-major à l’Elysée, sous Chirac,
. Laurent Le Mesle, ancien conseiller juridique de Chirac, promu sous sa Présidence, en qualité de Procureur général de Paris (!!!)

sans oublier les deux délinquants en fuite : Hassan Saïd et Djama Souleiman (« Grandes oreilles »), qui auront de plus en plus de mal à faire croire qu’ils sont innocents devant la Cour pénale de Versailles où ils seront jugés en appel, la semaine prochaine.

Ces éléments nouveaux et incontestables auront ils pour conséquence d’alourdir les peines de prison ferme, auxquelles ils ont déjà été condamnés ?


Humour par Roger Picon

Le Parquet pourrait aussi décidé d’ajourner le procès, afin de réouvrir l’enquête à la demande d’Elisabeth Borrel et sur la base de ces éléments nouveaux, afin d’auditionner Me Martinet, Patrick Roussel et les autres personnes impliquées dans les notes confidentielles saisies à l’Elysée …

________________________________ 2 – Nouvel Obs (avec AP)

La veuve Borrel dénonce les interventions de l’Elysée sous Chirac dans l’enquête sur la mort de son mari

La veuve de Bernard Borrel, ce magistrat français assassiné en 1995 à Djibouti, a annoncé mercredi avoir écrit au procureur de la République de Versailles pour lui demander la réouverture du dossier ayant conduit à la condamnation de deux officiels djiboutiens pour « subornation de témoin ». Elisabeth Borrel invoque des éléments nouveaux saisis dans le cadre d’une procédure différente instruite à Paris pour « pressions sur la justice ».

Lors d’une conférence de presse au cabinet de son avocat, Mme Borrel a dénoncé les « manipulations » exercées par l’Elysée, du temps de Jacques Chirac, dans le dossier Borrel. « Nous avons maintenant les preuves écrites sur le fait que l’Elysée de l’époque était systématiquement avisée de ce qui se passait dans le dossier criminel de mon mari mais également des interventions directes de l’Elysée dans ce dossier », a-t-elle dit.

Cette demande de réouverture se fonde sur des documents saisis par -ou remis aux- juges d’instruction Fabienne Pous et Michèle Ganascia notamment aux ministères de la Justice et des Affaires étrangères, ou remis par la présidence de la République française. Les deux magistrates parisiennes enquêtent sur d’éventuelles pressions sur la justice à la suite d’une plainte de Mme Borrel.

« Il apparaît que ces actes d’instruction ont été extrêmement fructueux, montrant combien l’Etat français, à son plus haut niveau, a tout tenté sous la présidence de M. Jacques Chirac pour étouffer la recherche de la vérité dans les différentes plaintes que j’avais déposées », écrit-elle dans la lettre adressée lundi au procureur de Versailles, Michel Desplan.

Le corps de Bernard Borrel, en partie carbonisé, a été retrouvé le 19 octobre 1995 au pied d’une falaise au lieu-dit Le Goubet, à 80km de Djibouti. Dans un premier temps, la thèse du suicide par immolation avait été retenue, une hypothèse supplantée par celle d’un acte criminel à la suite d’expertises indépendantes qui pointent des causes extérieures. Un ancien lieutenant de la garde présidentielle djiboutienne a mis en cause le chef de l’Etat, Ismaël Omar Guelleh.

A la suite d’une autre plainte déposée par Mme Borrel, le procureur général de Djibouti, Djama Souleiman Ali, et le chef des services secrets, Hassan Saïd Khaireh, ont été respectivement condamnés en mars 2008 à 18 et 12 mois de prison pour subornation de témoin. Mme Borrel souhaite que ce dossier soit rouvert en raison des documents trouvés par les juges Pous et Ganascia.

Ces documents dont elle fait état dans son courrier sont un télégramme diplomatique du 23 janvier 2000 émanant de l’ambassadeur de France à Djibouti, Patrick Roussel, et une note du 25 janvier 2000 du chef d’état-major du président de la République, le général Henri Bentegeat. Ils évoquent le rôle auprès du chef de l’Etat djiboutien d’un avocat français établi à Djibouti, Me Alain Martinet.

Initialement mis en cause dans la procédure pour « subornation de témoin » il a bénéficié d’un non-lieu. Mme Borrel et ses avocats considèrent que Me Martinet a agit à la demande du président Guelleh, pour faire pression sur les témoins le mettant en cause dans l’assassinat de Bernard Borrel. Ils souhaitent donc l’audition de MM. Martinet, Bentegeat et Roussel sur ces nouveaux éléments.

« Si le parquet de Versailles n’ordonne pas une réouverture du dossier après avoir pris connaissance des documents, cela ne pourrait être que l’expression d’un souci de protection explicite des plus hautes autorités djiboutiennes »,
a considéré Me Olivier Morice, l’un des avocats de Mme Borrel. Le procès en appel des deux dignitaires djiboutiens s’ouvre la semaine prochaine.

Dans les documents en la possession des juges d’instruction parisiens, figurent de nombreuses notes émanant des conseillers justice de M. Chirac dont l’un, Laurent Le Mesle, est aujourd’hui procureur général de Paris. Ces différentes notes montrent, selon Mme Borrel, « la preuve de la volonté de dédouaner des personnes mises en cause dans l’assassinat de (son) mari ».

________________________________ 1 – METRO (France)

La veuve Borrel accuse l’Elysée

Elisabeth Borrel dénonce les "pressions" de l’équipe Chirac et demande la réouverture du dossier sur l’assassinat de son mari à Djibouti

"L’Etat français, à son plus haut niveau, a tout tenté sous la présidence de M. Jacques Chirac pour étouffer la recherche de la vérité dans les différentes plaintes que j’avais déposées"
– Elisabeth Borrel dans un courrier adressé lundi au procureur de Versailles, Michel Desplan –

L’équipe de Jacques Chirac a-t-elle aidé les autorités de Djibouti à étouffer l’enquête sur le meurtre de Bernard Borrel, ce magistrat assassiné en 1995 ? C’est en tout cas la conviction d’Elisabeth Borrel qui a annoncé mercredi avoir relancé des poursuites pour "subornation de témoins".

"Des preuves écrites"

"Nous avons maintenant les preuves écrites sur le fait que l’Elysée de l’époque était systématiquement avisée de ce qui se passait dans le dossier criminel de mon mari mais également des interventions directes de l’Elysée dans ce dossier", a déclaré la veuve lors d’une conférence de presse mercredi.

"C’est vrai que mes propos sont durs, a-t-elle ajouté. Je vise l’Elysée de l’époque, M. Chirac et toutes les personnes qui ont travaillé avec lui pour faire obstruction au dossier", a dit Elisabeth Borrel.

Deux nouveaux documents

A l’origine de cette nouvelle fronde, deux documents datés 2000 remis en août dernier à la justice : un télégramme diplomatique rédigé par l’ambassadeur de France à Djibouti et une note du chef d’Etat-major particulier de Jacques Chirac.

Ces notes prouvent selon Elisabeth Borrel que la cellule "Afrique" de l’Elysée à collaborer avec Djibouti dans le but de discréditer un témoin-clé. Selon le témoignage de Mohammed Alhoumekani, ancien militaire djiboutien, le meurtre de Bernard Borrel aurait été commandité par l’actuel président du pays, Ismaël Omar Guelleh. C’est la thèse défendue par la veuve du magistrat.

Une piste criminelle tardive

Le corps de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller technique auprès du ministère djiboutien de la Justice, avait été retrouvé en partie carbonisé le 19 octobre 1995 au pied d’une falaise au lieu-dit Le Goubet, à 80km de Djibouti. La justice avait d’abord conclu à un suicide par immolation avant que des expertises extérieures indépendantes ne mettent à jour la piste criminelle.

Une première plainte d’Elisabeth Borrel avait abouti à la condamnation en mars 2008 du procureur général de Djibouti, Djama Souleiman Ali, et du chef des services secrets, Hassan Saïd Khaireh, respectivement à 18 et à 12 mois de prison pour subornation de témoin. C’est ce dossier que la veuve souhaite réouvrir en raison des nouveaux documents obtenus par les juges Pous et Ganascia.

24/01/09 (B483) Nouvel Obs avec A P / Quatorze morts dans un attentat à la voiture piégée à Mogadiscio, selon le maire.

Quatorze personnes ont été tuées et 14 autres blessées samedi dans un attentat-suicide à la voiture piégée commis près d’une base des soldats de l’Union africaine à Mogadiscio, selon le maire de la capitale somalienne.

L’attentat a été perpétré quelques jours avant un déploiement de militaires de l’Ouganda et du Burundi prévu dans le cadre du renforcement du contingent actuel de maintien de la paix de l’UA.

La majeure partie du sud et du centre de la Somalie est contrôlée par l’insurrection islamiste radicale. Les forces gouvernementales et les militaires chargés d’assurer le maintien de la paix sont régulièrement la cible d’attaques dans la capitale.

Le maire de Mogadiscio Mohamed Osman Ali a déclaré qu’on ignorait qui était derrière l’attentat de samedi. D’après lui, toutes les personnes décédées étaient des civils, à l’exception d’un policier. L’explosion a également fait 14 blessés, a-t-il dit.

Ali Muse, qui travaille pour le service des ambulances de Mogadiscio, a expliqué que des échanges de tirs avaient suivi l’attentat, faisant un mort et 18 blessés.

Un porte-parole de l’Union africaine Bahoku Barigye a souligné qu’aucun soldat de l’UA n’avait été blessé dans l’attaque. En août dernier, un attentat à la voiture piégée avait visé une caserne abritant des soldats burundais.

28/12/08 (B480) Nouvel Obs avec AP : Le président somalien va démissionner lundi, selon l’un de ses proches.

Le président somalien Abdullahi Yusuf va démissionner lundi, pour tenter de mettre fin aux luttes internes au gouvernement avant le retrait des troupes éthiopiennes du pays, ravagé par la guerre, a annoncé l’un de ses proches, Abdirashid Sed.

Le président s’exprimera dans le cadre d’une session extraordinaire du Parlement, selon la même source. "Il a décidé de démissionner parce qu’il ne veut pas être vu comme un obstacle à la paix en Somalie", a déclaré Abdirashid Sed à l’Associated Press. "Il veut donner une chance à la jeune génération".

L’ancien chef de guerre âgé de 74 ans est sous pression depuis le blocage par le Parlement cette semaine de sa tentative de limogeage du Premier ministre réformateur Nur Hassan Hussein.

Samedi, des affrontements entre milices islamistes rivales ont fait au moins dix morts samedi à Guriel, ville du centre de la Somalie.

La poursuite des violences met en évidence l’incapacité du gouvernement de transition au pouvoir depuis deux ans et miné par les disputes intestines, à ramener la sécurité dans le pays ou à lutter contre les milices islamistes, alors que les troupes éthiopiennes sont sur le point de mettre fin à deux ans de présence en Somalie.

Le gouvernement ne contrôle plus que quelques quartiers à Mogadiscio, la capitale, et un siège parlementaire à Baidoa. La Somalie est dépourvue de gouvernement central depuis le renversement du dictateur Mohamed Siad Barré par des seigneurs de guerre locaux en 1991. La moitié environ des sept millions d’habitants dépendent de l’aide alimentaire.

18/11/08 (B474) Nouvel Obs / Somalie : le tanker piraté ancré au port d’Harardere.

Le Sirius Star, un superpétrolier saoudien capturé pendant le week-end, est ancré dans l’un des ports utilisés par les pirates somaliens pour garder les bateaux qu’ils ont capturés en attendant de recevoir les rançons qu’ils réclament.

Le Sirius Star, qui transporte un chargement de pétrole d’une valeur de 100 millions de dollars, a été repéré au large d’Eyl, un village côtier du Puntland (Reuters)

Le superpétrolier saoudien capturé pendant le week-end par des pirates somaliens est ancré au large du port somalien d’Harardere, au nord de Mogadiscio, a déclaré, mardi 18 novembre, un haut-responsable de la région du Puntland (nord de la Somalie).

« Nous avons reçu des informations et nous savons maintenant que le bateau est ancré près d’Harardere », à 300 km au nord de Mogadiscio, a indiqué Bile Mohamoud Qabowsade, conseiller du président de la région autoproclamée autonome du Puntland.

« Ces gens (les pirates) sont de la région de Mogadiscio. Ils sont sortis en mer il y a dix jours avec trois vedettes rapides. C’est un groupe bien équipé et très organisé », a-t-il ajouté.

Harardere, repère des pirates

Harardere est l’un des ports utilisés par les pirates somaliens pour garder les bateaux qu’ils ont capturés en attendant de recevoir les rançons qu’ils réclament pour relâcher navires et équipages.

Long de 330 mètres et chargé de deux millions de baril de brut, soit l’équivalent de 300.000 tonnes de pétrole, le Sirius Star, propriété de la compagnie saoudienne Aramco, a été arraisonné par des pirates en plein océan Indien, à plus de 450 milles nautiques au sud-est de la ville de Mombasa au Kenya.

Depuis le début de l’année, les pirates somaliens ont attaqué 90 navires dans le golfe d’Aden et l’océan Indien, selon le Bureau maritime international (BMI).

Sur ces 90 navires, 38 ont été capturés par les pirates, qui détiennent toujours actuellement 16 navires et leurs équipages, soit plus de 250 marins, selon la même source.

L’Otan veut jouer un rôle

L’Otan, qui déploie jusqu’à la mi-décembre une flottille au large de la Somalie pour contrecarrer les activités des pirates, réfléchit au rôle qu’elle pourrait jouer à plus long terme dans la région, a annoncé mardi son porte-parole.

« L’Otan va rediscuter de l’éventualité de jouer un rôle à plus long terme » dans la région, a déclaré James Appathurai à la presse, rappelant que la mission des quatre navires italien, grec, britannique et turc qui participent à l’opération anti-piraterie lancée fin octobre par l’alliance militaire occidentale « doit se terminer à la mi-décembre ».

Le porte-parole a évoqué la possibilité pour l’Otan par exemple de « fournir un soutien complémentaire à l’opération de l’Union européenne », Eunavfor Atalanta, qui est « plus grande et mieux adaptée à cette mission » de lutte contre la piraterie.

L’UE envoie sept navires de guerre

L’UE a entériné le 10 novembre l’envoi en décembre au large de la Somalie d’une flottille d’au moins sept navires de guerre appuyée par des avions de reconnaissance maritime.

Les attaques de pirates au large de la Somalie ont atteint un niveau record depuis le début de l’année: 92 bateaux étrangers ont été attaqués par des pirates somaliens dans l’océan Indien et le golfe d’Aden cette année, selon le Bureau maritime international, dont le siège est à Kuala Lumpur, en Malaisie.

Soulignant que l’Otan ne pouvait se désintéresser de la piraterie, James Appathurai a lui-même estimé à 100 millions de dollars au total les rançons versées jusqu’ici par des firmes privées aux pirates qui avaient saisi leurs navires.

Deux des bateaux de guerre de l’Otan patrouillent dans le golfe d’Aden et au large de la Somalie pour dissuader les pirates, et deux autres ont pour mission d’escorter les navires du Programme alimentaire mondial (PAM) dont les cargaisons sont destinées aux quelque deux millions de Somaliens menacés de famine.

21/10/08 (B470-B) Le Nouvel Obs avec AP / L’équipage du cargo ukrainien détenu par des pirates somaliens est en bonne santé, selon la Navy.

Les pirates qui détiennent un cargo ukrainien chargé d’armement au large de la Somalie depuis trois semaines ont permis lundi aux 20 membres de l’équipage d’apparaître sur le pont du bateau, près d’un navire de patrouille américain, pour montrer que les otages sont en bonne santé, a annoncé lundi un porte-parole de l’U.S. Navy, Nathan Christensen.

Chargé de chars russes et d’armes lourdes, ce cargo arraisonné le 25 septembre est un des 29 navires piratés cette année au large des côtes africaines.

Les marins de la Navy ont pu voir dimanche les 20 membres de l’équipage -17 Ukrainiens, deux Russes et un Letton- alors qu’ils étaient alignés sur le pont du cargo. « Ils avaient l’air en bonne santé, ils avaient l’air d’aller bien », a déclaré Nathan Christensen. Une photographie prise par un Américain montre les hommes sur le pont, le long de la balustrade, alors que les pirates, armés de ce qui semble être des grenades et des fusils, les regardent, quelques pas en arrière.

Les pirates, qui avaient initialement réclamé une rançon de 20 millions de dollars, demandent désormais 8 millions de dollars. La semaine dernière, ils ont annoncé qu’ils allaient faire sauter le navire s’ils ne recevaient pas la rançon, avant de retirer leur menace. Ils ont également affirmé négocier pour permettre la libération de l’équipage.

20/10/08 (B470) Nouvel Obs : Les armes piratées pour le Sud-Soudan.

L’affaire du cargo «Faina» le montre : les séparatistes du Sud-Soudan se préparent à une reprise de la guerre avec le gouvernement de Khartoum. Ainsi, le chargement d’armes – dont 33 chars d’assaut T-72 – du «Faina», un cargo ukrainien capturé fin septembre par des pirates somaliens, est bien destiné au Sud-Soudan et non au Kenya comme l’affirment Nairobi et Kiev, selon un haut responsable à l’Elysée.

C’est ce qu’avait indiqué un porte-parole des pirates, qui exigent une «amende» de 20 millions de dollars pour libérer le bateau ancré au large du port somalien d’Hobyo sous la surveillance de navires de guerre américains, russes et européens.

La BBC, elle, fait état d’un document troublant : un extrait du manifeste de cargaison du navire. Le ministère kenyan de la Défense y est désigné comme le «consignataire» de la cargaison. Mais les références de contrats incluent les initiales GOSS : l’acronyme de «Government of South Sudan», le gouvernement de la région semi-autonome du sud du Soudan.

Le Sud-Soudan en serait à sa troisième commande de tanks et en aurait acquis déjà près d’une centaine. Comme Washington, les autorités françaises sont convaincues que les armes étaient destinées aux rebelles du Sud-Soudan, qui ont signé en 2005 un accord de paix avec Khartoum après plus de vingt-cinq ans de guerre.

Mais à l’approche de la présidentielle de 2009 et du référendum d’autodétermination de 2011, où l’indépendance a de fortes chances de l’emporter, le conflit entre le Nord (musulman) et le Sud (chrétien) pourrait se rallumer alors qu’à l’Ouest le Darfour est en proie à une guerre qui menace de s’étendre.

Jean-Baptiste Naudet
Le Nouvel Observateur