03/01/2013 (Brève 083) Communiqué conjoint de la FIDH et de la LDDH, pour dénoncer la mort d’un jeune lycéen à Obock, tombé sous les balles réelles tirées par les forces de l’ordre.

Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)
Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)

Communiqué de presse conjoint

Djibouti : les forces de l’ordre tuent un jeune manifestant de 14 ans

Djibouti, Paris, Nairobi, le 3 janvier 2013 – Les forces de l’ordre djiboutiennes ont tiré à balles réelles sur des jeunes manifestants pacifiques, le 30 décembre 2012 dans la ville d’Obock. Le bilan est d’un mort, un adolescent de 14 ans, et de nombreux blessés graves. Nos organisations appellent la communauté internationale à condamner ce nouvel acte de violence commis par des agents de l’État contre la population civile.

Le 30 décembre 2012, des jeunes, essentiellement des écoliers et des lycéens, de la ville d’Obock ont pacifiquement manifesté à l’occasion d’une journée omnisports organisée par le Secrétaire d’Etat aux sports pour dénoncer le manque d’infrastructures sportives dans la région. En réaction, les forces de l’ordre ont ouvert le feu, tuant Hafez Mohamed Hassan, un collégien de 14 ans et blessant, plus ou moins grièvement, d’autres manifestants, notamment : Ahmed Mohamed Ali, Ali Kanano Barqo, Ali Omar, Fatouma Ibrahim Moussa, Hachim Hassan Mohamed, Hasna Mohamed Ali, Omar Mohamed Ali, Ali Mohmed Ali.  Mme Aicha Dini, une personnes âgée d’au moins 70 ans a, elle aussi, été grièvement blessée et serait actuellement dans un état très critique.

« Ce nouvel usage disproportionné de la force par des agents de l’État est odieux et impardonnable. Quand un pouvoir s’en prend à des enfants, cela démontre à quel point il méprise les droits humains » a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

La FIDH et la LDDH condamnent cette répression aveugle à l’encontre de jeunes manifestants pacifiques et demandent qu’une enquête indépendante soit menée pour que toute la lumière soit faite sur les graves violations des droits de l’Homme et que leurs auteurs soient traduits en justice et dûment sanctionnés.

Nos organisations appellent la communauté internationale et en premier lieu les organes de l’Union africaine et des Nations unies à se saisir des violations récurrentes des droits de l’Homme à Djibouti et d’exiger expressément du pouvoir en place de respecter les droits de l’Homme conformément à ses engagements internationaux.

Contact presse:
Audrey Couprie (Français, anglais, espagnol) – Tel: +33 6 48 05 91 57 (à Paris) – Email : presse@fidh.org

02/01/2013 (Brève 077) Lettre de condoléances à un proche de la victime d’Obock, assassiné de sang-froid par des forces de l’ordre sous les ordres du sous-ministre Djama Elmi Obsieh (Mouvement de soutien aux victimes civiles d’Obock)

Ma chère cousine Kadiga Hassan Haroun,

C’est en ces circonstances dramatiques vécues par notre famille, avec la mort du jeune Hafez, que je m’adresse à toi.

A titre personnel, je te présente toutes mes condoléances les plus attristées face à ce décès qui vient de nous toucher au plus profond et t’assure de tout mon soutien dans cette difficile épreuve. Qu’Allah l’accueille dans son paradis amin , Inna Lillaahi waa inna ileyhi raajiiqun
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Lorsqu’une famille est durement frappée par la mort d’un enfant, ce sont toutes les populations Afars qui sont en deuil.

Confronté à l’évènement dramatique qui s’est déroulé dimanche 30 décembre 2012 à Obock et qui vient une fois encore de frapper indirectement toutes les populations Afars et tout particulièrement la grande famille de l’enfant décédé, des autres enfants et de la femme âgée plus ou moins grièvement blessés, nous nous associons aux parents concernés et à leur famille dans la douleur et le grand chagrin qui les plonge dans le désarroi et souhaitons aux blessés un prompt et complet rétablissement.

Nous témoignons de toute notre grande affliction aux parents et aux familles des victimes dont les noms nous ont été communiqués ainsi qu’à ceux et celles qui sont encore sans nouvelle de l’un de leur enfant.

A notre connaissance, le jeune homme de 14 ans qui a été tué est
– Hafez Mohamed Hassan, de la famille Hassan Haroun.
les victimes blessées plus ou moins gravement sont les suivantes :
– Ahmed Mohamed Ali
– Ali Kanano Barqo
– Ali Omar
– Fatouma Ibrahim Moussa
– Hachim Hassan Mohamed
– Hasna Mohamed Ali
– Omar Mohamed Ali
– Ali Mohmed Ali
Collégiens et collégiennes dont la moyenne d’âge est inférieure à 15 ans

Une personne âgée de plus de 70 ans, Aicha Dini grièvement blessée et serait dans un état très critique.

A ceci viennent s’ajouter de nombreux blessés et « disparus » dont nous attendons des nouvelles.

Il n’y a pas de possibilité de répression de l’espoir et de la vérité dont les jeunes sont porteurs ; à moins de les étouffer soi-même dans le sang.

C’est ce que vient de tenter le sinistre Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, Djama Elmi Okieh, devenu « ordonnateur de crimes » commis à l’encontre de la jeunesse d’Obock, dimanche 30 décembre 2012.

L’homme, formé en des temps pas si lointains à « l’Ecole stalinienne » et qui a l’aplomb de se recommander, à grand renfort de publicité, comme étant est l’un des membres fondateurs du Collectif des jeunes contre la violence juvénile… serait bien inspiré de revisiter sa copie en remplaçant le terme de « fondateur » par l’expression « violent exterminateur des jeunes » qui s’opposent à son dictat.

En effet, plus haut responsable présent sur les lieux de la manifestation qui était incontestablement à vocation pacifique, il n’a pas hésité à laisser tirer les « Forces spéciales » à balles réelles sur la jeunesse Afar qui manifestait, à l’origine sereinement, pour le respect de ses Droits ; décimant ainsi et sans état d’âme d’aucune sorte les rangs des jeunes manifestants et faisant des dizaines de victimes, dont des enfants âgés pour certains d’à peine une douzaine d’années.

Selon nos informations, certaines familles n’auraient toujours pas encore « récupéré » le corps de leur enfant.

Corps non pas évacuées dans l’urgence par lesdites « forces spéciales » pour tenter de faire soigner les blessés et sauver ceux qui pouvaient encore l’être mais plus vraisemblablement agissant sur ordre pour tenter de limiter artificiellement et officiellement le nombre de victimes de cette ignominie.

Rappelons que lors de précédentes manifestations,  nombreuses sont les familles qui recherchent encore de nos jours un père, une mère un enfant ; considérés depuis et officiellement comme des « disparus » et réduisant, ainsi et d’autant, le nombre des morts.

Quels crimes avaient bien pu commettre ces jeunes et cette vieille femme de 70 ans pour mériter de subir de tels actes que l’on se doit de qualifier de barbares ?

Cette jeunesse oubliée, comme l’est l’immense majorité des populations Afars depuis bien longtemps par un pouvoir central qui les exclut de plus en plus et d’année en année, a refusé de servir de faire-valoir politique dans une opération, une fois encore falsificatrice des vérités, devant les caméras des médias locaux.

Le but de cette opération médiatique était non point d’intérêt sportif comme on voudrait nous le laisser croire mais de réaliser un reportage de propagande – photographique et télévisuel – pour tenter de redorer le blason largement terni des occupants du Palais d’Haramous et de leurs complices dans la perspective des hypothétiques élections législatives de février.

Dans un pays où les caisses de l’Etat sont vides, où les interdits s’expriment en dehors des Droits et des lois, dans un pays où la Torture est banalisée dans ses prisons et ses commissariats, l’odieuse Tyrannie imposée par Haramous ne sait plus à quelle répression se vouer pour tenter d’imposer des images fallacieuses masquant toutes les vérités et se maintenir ainsi au pouvoir alors que « tout fout le camp » dans ce royaume devenu celui de toutes les mystifications.

Les rares chaouchs, avant dernier bastion de l’appareil répressif Guelleh-Haïd, ont toujours eu le sens de l’ordre pour leurs profits personnels avant celui de la légalité républicaine, le sens de l’état….de leurs finances avant le souci du citoyen et de son progrès économique, social et politique ; et point du tout le sens de l’honneur et de la dignité humaine.

Hormis les dernières ressources financières consacrées aux « Forces spéciales », qui protègent le Palais présidentiel d’Haramous et réalisent des opérations « coup de poing » telle que celle d’Obock, le versement des soldes aux chaouchs et autres avantages est remis en cause depuis des mois et largement hypothéquée car Haramous ne peut plus payer !!!!!!!

Se sachant au bord du gouffre social, économique et politique, totalement dépassé par les évènements dans un régime totalitaire où il a instauré inconsciemment la chienlit et celui de toutes les mascarades dont il n’est plus le maître exclusif, Ismaïl Omar Guelleh tente un dernier coup de poker en se risquant, une nouvelle fois, dans une opération de désinformation auprès des pays occidentaux présents, directement ou indirectement, à Djibouti pour artificiellement sauver la face et les contraindre à sauver son trône vermoulu par toutes les corruptions et les crimes cautionnés depuis bien trop longtemps.

Si les pays occidentaux n’y prennent pas garde et entrent une nouvelle fois dans son jeu, le Tyran djiboutien n’hésitera pas à impliquer officiellement l’Erythrée pour la désigner, témoignages falsifiés à la clé et dont il s’est fait une spécialité, comme étant le fomentateur privilégié de troubles et de supposées tentatives de déstabilisation du Nord du pays ; donc susceptibles de « porter atteinte » à l’intégrité du territoire national !!!!

A cela s’ajoute pour lui un mélange de besoin de violence primitive pour atteindre son but par tous les moyens en utilisant la « bêtise sectaire » de son entourage immédiat telle une forme de bras séculier de toutes ses actions nauséabondes, l’emploi de moyens et de technologies modernes, y compris aériens, pour anéantir l’ennemi Afar.

Pour créer l’unité des Issas, Ismaïl Omar Guelleh pense avoir le besoin d’un déchaînement commun contre les populations du Nord et de l’Ouest jetées ensuite dans l’exode ou l’exil avec la démesure émotionnelle d’un conflit entre ethnies au sein d’une société djiboutienne artificiellement déchirée par la seule volonté d’Haramous et de leurs complices.

A ceci s’ajoute l’indispensable irruption de la peur voire même de l’effroi de la mort dans l’esprit des hommes et des femmes Afars se remémorant les massacres d’Arriba, les bombardements au napalm de Yoboki et de tant d’autres villages du nord du pays ; populations sacrifiées ouvertement sur l’autel des intérêts occidentaux de l’époque concernée, soudainement aveugles, sourds et muets.

Il y a des ordres assimilables à de la barbarie et qui cachent les pires désordres d’un régime politique. Dans ce qu’elle a de plus abject, l’histoire va-t-elle se répéter alors que nul ne serait en droit d’affirmer ensuite : « Mais …Nous n’étions pas informés ! » ?

La passion de créer un autre Djibouti existe pourtant dans ce petit pays que l’on dit être du « bout du monde » et fonde le projet de réalisation de la grande majorité des populations de Djibouti, sans distinction d’appartenance ethnique ou tribale. La passion d’aimer fonde quant à elle le projet de communication entre les êtres alors que la passion de construire et de jouer fonde le projet de participation, ensemble sous un même drapeau.

Dissociés par IOG et ses complices, transformés artificiellement à leurs profits, ces trois projets renforcent l’unité répressive et sanguinaire du pouvoir qui risquerait d’aller chercher auprès de l’Occident des soutiens pour continuer son génocide anti Afars et contre les tribus minoritaires à Djibouti.

Sous Ismaïl Omar Guelleh et Kadra Mahamoud Haïd, Djibouti est devenu un chaos. Son désordre a jusqu’à présent toujours excédé et annihilé tout ce qu’on voudrait apporter de remède. Les pays occidentaux se doivent donc d’arrêter le mal avant qu’il n’explose et calmer le désordre avant qu’il n’embrase le pays en jetant dans les rues une population prise en otage et asservie depuis bien trop longtemps.

L’apprentissage de la démocratie est la meilleure revanche que puisse prendre la Liberté confrontée à la Tyrannie de l’abject et à l’obscurantisme sectaire.  

Mouvement de soutien aux victimes civiles d’Obock .
Omar Gabasse

02/01/2013 (Brève 078) Communiqué du Groupe du Canada, pour dénoncer la mort d’un jeune lycéen à Obock, sous les balles du régime.

Communiqué de presse.

Ottawa,  2013-01-02

Suite à la mort du jeune collégien d’Obock en décembre, tué à balles réelles par les soldats du régime, nous condamnons fermement cet acte injustifié d’un régime qui tue ses propres citoyens.

Nous invitons les membres de la diaspora de démontrer leurs indignations, leur soutien moral et matériel  à cette famille endeuillée.

Nous  encourageons la jeunesse Djiboutienne à montrer son mécontentement lors de manifestations et de  marches pacifiques. 

Houssein A.D. Andoleh.
Mandataire de LDDH au Canada.
Membre de la Diaspora Djiboutienne au Canada.
Porte parole de la Coalition pour le changement et le développement.


01/01/2013 (Brève 076) Voici la liste des victimes de la répression policière, organisée à Obock pour la venue du sous-ministre chargé de la jeunesse et des sports.(ARDHD)

Comme nous l’avions signalé dès hier, à notre connaissance, aucun communiqué officiel n’a été diffusé par une autorité djiboutienne (Gouvernement, Police, Gendarmerie, préfecture, ..) pour regretter la tuerie d’Obock …

Les hordes armées à la solde du régime ont tiré sur des jeunes lycéens qui manifestaient pacifiquement. Probablement lourdement armés avec des cartables, des stylos-feutres et des règles en plastique, ils ont fait trembler les autorités locales et le sous-ministre dont le courage n’est pas la qualité première semble-t-il ? Et d’ailleurs quelles sont ses qualités ? Personne n’a pu répondre à cette question pour le moment …

Donc le sous-ministre aurait pris peur devant ces jeunes et il aurait donné l’ordre d’envoyer d’abord des grenades lacrymogènes, puis très rapidement d’ouvrir le feu à balles réelles.

Un jeune de 15 ans n’a pas survécu à ses blessures : Hafez Mohamed Hassan.

Un lecteur nous a adressé la liste des blessés qui ont été admis à l’hôpital dans un état grave et comme l’on sait que la santé est en péril à Djibouti, par manque de moyens, de médicaments et d’instruments, on peut craindre qu’ils ne puissent pas être soignés dans les meilleures conditions …

Ahmed Mohamed Ali
Ali Kanano Barqo
Ali Omar
Fatouma Ibrahim Moussa
Hasna Mohamed Ali
Omar Mohamed Ali
Ali Mohamed Ali,
tous lycéens.

Plus une personne
âgée de plus de 70 ans : Aicha Dini.

L’équipe de l’ARDHD adresse ses plus sincères condoléances à la famille du jeune martyr d’Obock et envoie tous ses voeux de bon rétablissement aux blessés.

Avec ses moyens limités, car n’étant pas sur place, l’ARDHD prépare un dossier, puisqu’aucune instruction judiciaire ne semble avoir été ouverte par le procureur chef.

Elle a besoin de recueillir des informations, des témoignages et les noms des auteurs de cette tuerie. Elle accueillera ces informations dans la plus grande confidentialité, ayant le souci permanent de protéger ses sources et les familles.

A l’avance, merci à celles et à ceux qui nous adresseront des informations vérifiées et utilisables pour traduire les coupables devant une cour pénale et pour freiner les ardeurs disproportionnées des forces de gendarmerie et de police. Ecrire à equipe@ardhd.org

31/12/2012 (Bréve 074) Aucune réaction, aucune excuse, aucun repenti de la part du secrétaire d’Etat aux Sports Djama Okieh, responsable directement ou indirectement de l’assassinat d’un jeune d’Obock par les forces armées qui l’accompagnaient. (ARDHD)

Un jeune lycéen de 15 ans a perdu la vie à Obock sous les balles d’un détachement de la gendarmerie (on cite le GIGN qui assurait la sécurité de ce sous-ministre).

Secrétaire d'Etat  djiboutien Djama Obsieh indirectement responsable de la mort d'un jeune lycéen de 15 ansFace à ce drame inexcusable, le sous-ministre aurait pu avoir des paroles publiques de compassion envers la famille et les proches de la victime, sans oublier les malheureux blessés qui ont été transportés à l’hôpital dans un état grave.

A l’heure actuelle et à notre connaissance, RIEN. Le sous-ministre, comme le Gouvernement et les Etats-major de la Police et/ou de la Gendarmerie ne réagissent pas. Ils opposent tout leur dédain aux populations civiles et en particulier à celles du Nord,

Dans un pays démocratique et civilisé, le procureur aurait déjà ouvert une enquête judiciaire. RIEN.

Et Guelleh voudrait faire croire à la communauté internationale qu’il a fait de grandes avancées dans les domaines de la justice, de la démocratie et du respect des Droits humains.

Espérons que les forces étrangères militaires et diplomatiques présentes à Djibouti (en particulier, France, USA, Japon, Union européenne) sont au courant et vont demander des comptes au régime et imposer la poursuite pénale des coupables. Mais il ne faut pas rêver !

31/12/2012 (Bréve 074) AVIS DE RECHERCHE (ARDHD)

Pour compléter les dossiers qu’elles constituent à l’encontre des criminels, l’équipe de l’ARDHD aurait besoin de connaître les noms des officiers qui commandaient hier dimanche 30 décembre 2012, les détachements qui ont tiré à balles réelles sur des jeunes manifestants.

L’un d’entre eux, âgé de 15 ans n’a pas survécu à ses blessures, tandis que l’on a relevé 8 blessés dont 5 dans un état très grave.

L’impunité des Policiers et Gendarmes, pour les actes criminels qu’ils commettent, doit cesser. Il est nécessaire d’identifier avec certitude les noms des officiers qui ont ordonné le feu.

Merci à toutes celles et à tous ceux qui pourraient nous fournir l’identité de ces officiers (et encore mieux des photos) de nous les adresser directement à equipe@ardhd.org pour garantir la confidentialité et la protection des sources.

Ce sera un geste citoyen

30/12/2012 (Bréve 072) Flash Info : Meurtre à Obock d’un jeune lycéen de 15 ans. Violences policières et répresssion à balles réelles à Obock : un mort et au moins 8 blessés dont 5 dans un état grave. (Un correspondant et Cassim Ahmed Dini)

___________Un correspondant nous a adressé le message suivant :

Il y a eu une manifestation à Obock ville. La police et la gendarmerie ont tiré sur les manifestants à balles réelles. Il y a eu un mort : Hachim Hassan Mohamed, un jeune de 15 ans

Plusieurs blessés ont été admis à l’hôpital dont certains dans un état critique.

L’origine de la manifestation met en casue le secrétaire d’état aux sports Djama Okieh qui a décidé d’organiser une journée omnisport inter district à Obock. Les jeunes de la ville lui ont fait savoir, qu’ils n’avaient pas les moyens financiers pour accueillir tout le monde…

Ils ont manifesté pacifiquement hier pour lui dire non Le secrétaire d’état n’a rien voulu savoir et il est venu aujourd’hui pour accompagner les jeunes de Dikhil, de Ttadjourah et d’Arta afin d’organiser les compétitions inter district.

Aussitôt, il y a eu des accrochages entre la population d’Obock et les forces de Police et de Gendarmerie qui ont d’abord utilisé les grenades lacrymogènes, puis qui ont rapidement tiré avec des balles réelles.

Le jeune Hachim a succombé à ses blessures : il était âgé de 15 ans ….

Que Dieu accueille cet innocent dans son paradis éternel.

____________ Message de Cassim Ahmed Dini

MEURTRE A OBOCK

Une importante manifestation s’est déroulée cet après-midi dimanche 30 décembre 2012 à Obock.

Elle était organisée par des collégiens qui n’avaient qu’une seule revendication : que les pouvoirs publics dotent leur région d’infrastructures socio-éducatives dignes de ce nom et que ses écoliers et collégiens ne soient plus les parents pauvres des politiques sportives.

Le régime a demandé à ses troupes de charger ces manifestants pacifiques qui avaient le soutien des Indignés de Tadjourah. Bilan : le collégien Hafez Mohamed Hassan a été tué par balles et sa dépouille n’a toujours pas été restituée aux siens.

Plusieurs blessés par balles sont également à déplorer.

A l’heure où l’on ose parler de participation électorale, donc de compétition pacifique, ce meurtre gratuit devrait inciter certains à ne pas se voiler la face et à combattre ce régime criminel avec les armes appropriées.

Je présente mes condoléances à la famille du martyr, souhaite prompt rétablissement aux collégiens blessée et invite tous mes concitoyens à continuer leur légitime résistance contre cette injustice.

30/12/2012 (Bréve 073) Flash Info. Encore une vie gâchée : celle d’un jeune homme qui avait tout l’avenir devant lui et celle de sa famille qui ne pourra jamais comprendre les raisons pour lesquelles il a été tué cyniquement par les hordes armées au service de Guelleh. (ARDHD)

Tuer de sang-froid un jeune lycéen désarmé qui manifestait pacifiquement. Est-ce la seule chose que savent faire les Policiers et les Gendarmes de Djibouti ?

Ne pensent-ils pas au prix de la vie des enfants du pays ? Pourtant, la majorité d’entre eux sont aussi des pères de famille. Ne se sont-ils jamais posé cette question : si un policier ou un gendarme avait tué mon fils de sang-froid en ayant recours à des moyens de répression totalement disproportionnés, quels auraient été mes sentiments, quelle aurait été ma douleur ?

A Djibouti, quand on est Policier ou Gendarme, c’est facile de tuer et en terre Afar, c’est même recommandé. Les armes et les munitions sont à votre disposition, l’impunité est garantie. Mais la conscience personnelle des auteurs de ces meurtres, comment va-t-elle réagir ?

Messieurs les Gendarmes, Messieurs les Policiers. Cessez de participer à ces meurtres « en réunion ». Dites non à la violence. Le droit de manifester pacifiquement est un droit reconnu dans la constitution. Votre devoir est de maintenir l’ordre, certes, mais d’utiliser des moyens proportionnés et seulement en cas de débordement avéré.

Ce n’était pas le cas hier à Obock et pourtant vous avez tué un jeune et vous en avez blessé au moins huit autres. Dieu sait quelles séquelles ils en conserveront, d’autant plus que les hôpitaux ne disposent plus des ressources suffisantes pour être en mesure de soigner les blessures graves.

Dites non à la violence. Refusez les ordres qui mettent votre responsabilité pénale en jeu. Sinon, vous pourrez être poursuivi pour ces actes… même s’i vous les avez commis sur la base d’ordres émanant de votre hiérarchie.

Ni la loi nationale, ni la Loi internationale ne vous protégeront pas, puisque vous aviez le devoir de refuser d’effectuer des ordres qui sont transmis en violation du droit national et international.

Tuer de sang-froid un jeune désarmé de 15 ans constitue un crime qui est passible de la cour pénale.