25/11/2015 (Brève 524) UDDESC / Plainte contre le gouvernement djiboutien pour violation caractérisée de l’article 4 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

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UDDESC Union Djiboutienne pour les Droits Economiques,
Sociaux et Culturels, Civils et Politiques
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Réf. : 09/PL/AN2015
Djibouti : Légitimation du  coup d’état institutionnel de Guelleh de Djibouti à la 24ème séance du Conseil des Ministres de mardi 24 novembre 2015

A Djibouti, le président Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, songe à se représenter en 2016 même si la Constitution le lui interdit. Cela ne saurait être un obstacle insurmontable pour cet homme qui avait déjà fait modifier la Constitution en avril 2010 pour pouvoir postuler à un troisième mandat l’année suivante. Il avait promis à l’époque qu’il quitterait le pouvoir en 2016, mais semble être en train de retourner sa veste pour y rester.

Après 17 années au pouvoir et devant à un soulèvement populaire de plus en plus progressive, Ismail Omar Guelleh ne se pose plus de question sur l’opportunité ou non de briguer un quatrième mandat, alors que la contestation de son régime est grandissante au sein d’une population qui compte jusqu’à 65 % de personnes en situation de pauvreté et 57 % en situation d’extrême pauvreté. Le pays se classe 147e sur 169 en termes de développement humain, la pauvreté y est endémique et la richesse est distribuée à la tête du client ou simplement à ceux qui suivent âme et corps le régime de Guelleh !

Une dérive autoritaire pourrait déstabiliser profondément Djibouti, ce qui aurait des conséquences néfastes pour ses habitants mais également pour les intérêts de l’internationale dans région à haut risque.

Mais Guelleh ne manque pas de faire usage de tous les moyens possibles afin de tenter à étouffer la grogne du peuple djiboutien.

Ainsi, le gouvernement djiboutien a approuvé mardi 24 novembre 2015 en conseil des ministres un projet de décret portant sur la mise en place des mesures exceptionnelles de sécurité.

Selon un communiqué publié à l’issue de ce conseil, cette décision vise à assurer la protection des biens et des personnes dans une situation de risques terroristes pesant sur l’ensemble de la communauté internationale.

Ces mesures exceptionnelles de sécurité seront applicables sur l’ensemble du territoire de Djibouti y compris dans les eaux territoriales et l’espace aérien, et ce durant 2 mois, note par ailleurs le document.

A cet effet, toutes les forces de défense et de sécurité seront mobilisées pour la surveillance maritime, terrestre et aérienne.

« Primature : Projet N° 5 Projet de Décret portant mise en place des mesures exceptionnelles de sécurité, Extrait.

Le projet de Décret a pour objet la mise en place des mesures exceptionnelles de sécurité, afin d’assurer la protection des biens et des personnes, dans une situation exceptionnelle de risques terroristes pesant sur l’ensemble de la communauté internationale.
Ces mesures exceptionnelles de sécurité sont applicables sur l’ensemble du territoire de la République de Djibouti y compris dans les eaux territoriales et l’espace aérien, et ce durant 2 mois.
A cet effet, toutes les forces de défense et de sécurité sont mobilisées pour la surveillance maritime, terrestre et aérienne (pièce 01 – https://youtu.be/5KCMvblj0Ps ). »

Vu que les pays le plus impliqué dans la situation somalienne et le plus menacé dans la région, l’Ethiopie et le Kenya, n’ont mis en application l’état d’urgence, il n’y a aucune raison de l’appliquer à Djibouti malgré la présence de bases militaires occidentales.  Al-shabab étant la menace directe invoquée par le gouvernement djiboutien, il est totalement inconcevable que ce groupuscule, au vu de la position géographique de Djibouti et de la zone d’influence d’AL-shabab, s’hasarde à faire 2.000 km pour mener des actions terroristes à Djibouti alors que des grandes villes éthiopiennes et kenyanes sont situées à une centaine de kilomètres de leurs positions.

Cet inquiétude travestie ne découle pas d’une menace terroriste mais plutôt du dernier meeting d’information de l’USN du 20 novembre 2015 qui a pu mobiliser une marée humaine et le risque pour le régime de voir le meeting prévu pour le 20 décembre 2015 se transformer en une révolte populaire prônant une alternance tant espérée et souhaitée (pièce 02 – https://drive.google.com/file/d/0B1rBTIRTfjacR2ZGbGNxR2dfNGM/
view?usp=sharing
).

On pouvait aussi entendre ces derniers jours dans les villes du pays des rumeurs annonçant une possible révolte spontanée comparable à celle qui a chassé du pouvoir Blaise Compaoré en Burkina-Faso.

Des mesures exceptionnelles de sécurité.
La France qui a connu, en 2015, à deux reprises, des attentats terroristes spectaculaires, n’a jamais interdit les grands rassemblements, spécialement lorsqu’ils se tiennent pas dans un lieu confiné. Quant aux manifestations publiques, ils ne sont pas annulées mais les organisateurs sont appelés à prendre leurs responsabilités en matière de sécurité. D’ailleurs Bernard Cazeneuve a affirmé le samedi 10 janvier 2015 que des « mesures exceptionnelles » de sécurité seront prises pour encadrer la manifestation parisienne en soutien au journal Charlie Hebdo : plus de 5 500 policiers et militaires seront mobilisés dimanche à Paris et son agglomération.

D’autre part dans les observations du Comité des droits de l’Homme et particulièrement l’observation générale No 29, observation Générale Sur l’Article 4 (adoptée le 24 juillet 2001 à sa 1950e session du conseil des droits de l’homme de l’ONU) il est bien établie que « toute dérogation aux obligations qui incombent à l’État partie en vertu du Pacte n’est permise que «dans la stricte mesure où la situation l’exige». Cette condition fait obligation aux États parties de justifier précisément non seulement leur décision de proclamer un état d’exception, mais aussi toute mesure concrète découlant de cette proclamation.

L’État partie qui entend invoquer le droit de déroger au Pacte, lors, par exemple, d’une catastrophe naturelle, d’une manifestation massive comportant des actes de violence ou d’un accident industriel majeur, doit pouvoir justifier que cette situation représente une menace pour l’existence de la nation mais aussi que toutes les mesures qu’il a prises et qui dérogent au Pacte sont strictement exigées par la situation. De l’avis du Comité, la possibilité de limiter l’exercice de certains droits garantis dans le Pacte, par exemple la liberté de mouvement (art. 12) ou la liberté de réunion (art. 21) suffit généralement dans ce genre de situation et une dérogation aux dispositions en question ne serait pas justifiée par ce qu’exige la situation. »

Dans l’état actuel à Djibouti, le Projet de Décret portant mise en place des mesures exceptionnelles de sécurité n’a nullement exposé  ou justifié une situation grave mettant en danger l’existence de la nation. L’unique but motivant ce projet du gouvernement djiboutien est le souhait de bafouer, sous couverture de la loi affublée, les droits fondamentaux du peuple et particulièrement la liberté de mouvement (art.12 et la liberté de réunion (art.21) ainsi que les articles 11, 12 et 13 de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Quel que soit l’expression utilisée et l’objectif visé par le gouvernement djiboutien, il est indiscutable que ce Projet de Décret portant mise en place des mesures exceptionnelles de sécurité  n’est autre qu’un état d’urgence camouflant un coup d’Etat institutionnel.

Nous sommes en face d’une violation caractérisée de l’article 4 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Cependant, nous nous permettons par la présente de porter plainte contre le gouvernement djiboutien pour violation caractérisée de l’article 4 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Dans l’attente d’une suite favorable à notre plainte, nous vous prions d’agréer nos salutations distinguées.

Fait en Suisse, le 25/11/2015

Hassan Cher Hared
Secrétaire général de l’UDDESC.

09/10/08 (B468-B) Ouest France / Pirates Somalie : des sociétés nautiques demandent protection contre les pirates.

Une entreprise du Crouesty (Morbihan) convoie régulièrement des catamarans vers les Seychelles. Deux voiliers sont partis, ce matin, sans l’assurance d’être protégés par la Marine française.

« Pendant cinq jours et cinq nuits, nous allons avoir la peur au ventre en passant au large des côtes de la Somalie. Même si nous allons prendre tous les moyens pour ne pas nous faire remarquer par les pirates. » Skippers seychellois, Dean Mellon et Elvis Arissol ont quitté, ce jeudi matin, les quais du Crouesty (Morbihan) pour rejoindre leurs îles de l’océan Indien.

Deux mois de navigation à bord de deux catamarans de luxe qu’ils convoient pour la société Marine Cat Sey, dirigée depuis le port morbihannais par les frères François et Philippe Berteloot.

Ce sera le quatrième convoyage dans ces eaux pour cette entreprise qui organise des séjours aux Seychelles. Mais le premier depuis les récents actes de piraterie sur le yacht français le Ponant ou encore sur Fania, ce cargo ukrainien transportant des chars russes.

« Nous avons demandé la protection de la Marine française pour traverser le dangereux golfe d’Aden quand nous avons appris que le Ponant devait l’obtenir pour recommencer prochainement ses croisières dans l’océan Indien. On nous a répondu que c’était impossible, qu’il valait mieux ne pas croiser dans ce secteur, s’insurge Philippe Berteloot. Mais nous allons renouveler notre demande. C’est vital pour notre société. Il est aussi important pour l’industrie nautique française que cette route de navigation reste ouverte. »

Car si les bateaux sont couverts, aucune compagnie d’assurance ne veut prendre en charge les équipages. « Notre seul espoir est que se mette en place, d’ici un mois et notre arrivée à Aden (Yemen), une opération de sécurité militaire internationale de manière à passer en convoi. » Sinon les trois catamarans morbihannais (en fait un troisième a déjà appareillé du Crouesty depuis une semaine) devront naviguer comme des bateaux fantômes.

Déjà abordé par les pirates

« Il nous faudra passer entre les gouttes, en remontant le plus près possible des côtes du Yemen, en éteignant notre radio, sans aucun feu la nuit, pas même une cigarette allumée », précise Philippe Berteloot qui participe au convoyage avec six autres navigateurs. « Voici quatre ans, les pirates attaquaient à 40 milles des côtes. Désormais ils opèrent jusqu’à 400 milles, avec de vedettes rapides débarquées d’un gros navire. »

Il a connu un abordage par des pirates, voici deux ans, lors d’un précédent convoyage. « Nous avons réussi à les faire fuir car nous étions quatre bateaux et en leur donnant de l’alcool, du tabac et de la nourriture. Mais aujourd’hui, la piraterie a pris une autre dimension. C’est devenu une mafia. Même si nous serons obligés de donner notre position plusieurs fois par jour à Djibouti et si nous serons suivis par GPS, nous sommes particulièrement inquiets au moment de partir. »

Ouest-France,
Patrick CERTAIN

16/09/08 (B465) XINHUA / Somalie : les ravisseurs remettent en liberté deux employés humanitaires du PAM (Info déjà publiée en Anglais)

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a confirmé lundi que ses deux employés enlevés dimanche en Somalie avaient été remis en liberté.

Le porte-parole de l’agence onusienne à Nairobi, Peter Smerdon, contacté par téléphone par l’agence Xinhua, a précisé que les deux employés, de nationalité somalienne, avaient été relâchés dimanche vers minuit par leurs ravisseurs, qui les ont remis au bureau du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) à Jowhar.

Des hommes armés non identifiés ont enlevé dimanche ces deux employés du PAM en Somalie, portant ainsi le nombre des humanitaires enlevés cette année à 20.

19/03/07 (B387-A) Deux héros, militaires de la Garde présidentielle, sont élevés au rang d’Hommes de la Semaine pour leur courage et leur vaillance exceptionnels : ils ont violé une jeune fille sourde et muette le 25 février. Un troisième complice est toujours recherché.

Le sergent
de la Garde Présidentielle Abdillahi Darig et le militaire Liban Ahmed
sont nommés Hommes de la Semaine. Selon le COMITE DES FEMMES DJIBOUTIENNES
CONTRE LES VIOLS ET L’IMPUNITE, ils ont violé le 25 février
une jeune fille sourde-muette, dans le « Ranch de Guelleh » où
ils l’auraient amené sous la contrainte…

Leurs
noms seront ajoutés, en attendant de connaître celui de leur
troisième complice, à la liste des personnnages de la semaine, qui
devront rendre des comptes devant la Justice, le jour venu. Ils vont acquérir rapidement une notoriété internationale et l’impunité
n’aura qu’une durée limitée.

04/11/05 (B323) De la Légion d’Honneur pour certains officiers qui ont exercé des commandements dans les Forces armées à cette époque à la Légion d’Horreur pour les victimes civiles des militaires et pour leurs familles.

Nous avons reçu deux listes des victimes civiles recensées entre 1990 et 1999, qui nous ont été remises par des responsables de l’opposition djiboutienne. Il s’agit des victimes civiles, tombées sous les balles des Forces armées djiboutiennes, torturées par des militaires ou violées par des militaires et des officiers.

La liste N°1 concerne le Nord, elle est disponible en téléchargement (PDF) : (330 Ko)

Au total :

– 239 civils ont été tués par les forces militaires,
– 16 femmes violées par les militaires, (Par respect pour elles et pour leurs familles, les noms ont été occultés)
– 13 civils torturés par les militaires
– 6 civils présentant un handicap physique lourd, suite à la torture,
– 29 civils blessés par les militaires,

La liste N°2 concerne les massacres du 20 février à la frontière Somalilando-djiboutienne où 60 vieillards et blessés ont été abattus à bout portant et de sang froid, sur ordre de l’Escale et des officiers supérieurs, (Source Abdallah Deberkalleh) elle est aussi disponible en téléchargement (PDF) : (151 Ko)

La liste N°1 est limitée aux noms de ceux qui souffrent de lourds handicaps irréversibles, du fait de leur blessure ou des séquelles des tortures.

Elle ne liste pas les handicaps psychologiques qui sont légions .. d’horreur.

Les membres de l’Association ont reçu souvent la visite de ces anciens torturés qui présentent des marques et des séquelles psychologiques qui ne disparaîtront jamais. En dépit des soins attentifs des services sociaux locaux, les consultations de psychiatres et de psychologues bénévols, entièrement dévoués, ne suffit pas toujours à éradiquer les effets de la cruauté de certains officiers djiboutiens.

Ils sont marqués à vie par les horreurs qu’ils ont subies.

Combien de ces femmes et de ces hommes n’arrivent toujours pas à se regarder dans un miroir, après ce qu’ils ont subis ?

QUI COMMANDAIT CES OFFICIERS, CES SOLDATS DE LA MORT, DE LA HONTE ET DU DESHONNEUR ?

QUI DONNAIT LES ORDRES ?

Extrait de la biographie d’un militaire, publié par La Nation :

« A partir de 1989, avec le grade de lieutenant – colonel, il a continué de démontrer sa maîtrise du commandement militaire en cumulant les responsabilités de chef du groupement centre, (…) des postes de Damerjog et de Loyada, (…) »

Toute ressemblance avec une personne existante serait vouée à l’échec. Mais avons nous quand même trouvé un début de piste ?

Les questions sont posées et nous attendons que des plaintes soient déposées, pour que la recherche des responsables et des coupables commencent véritablement. Cela ne devrait plus tarder ….

Victimes, parents des victimes, il est temps de demander réparation et de faire citer vos bourreaux devant les justices européennes, nord américaines et internationales. C’est à ce prix que nous mettrons un terme aux violations des Droits de l’Homme, aux exécutions sommaires, aux viols et à la torture à Djibouti.

Il n’y a plus à avoir peur de l’ogre. Il arrive au bout du rouleau.

Le procès du 18 octobre a eu l’avantage d’exposer pour la première fois, devant un tribunal français, la torture, les viols, les massacres et la corruption à Djibouti. Ce n’est qu’un début et il faut profiter de cet élan, pour aller plus loin et pour obtenir que les responsables soient jugés pour leurs crimes. Certains viennent déjà de le faire et on en entendra parler dans les semaines qui viennent.

25/10/05 (B321-A) Confirmation : Appliquant des ordres qui ne peuvent venir que de l’Etat-Major, certains éléments des Forces Armées Djiboutiennes ont tiré à balles réelles sur des manifestants et des jeunes. Un mort recensé maintenant.


Le Président

COMMUNIQUE DE PRESSE
DU 25 OCTOBRE 2005
SUR LES TIRS A BALLES REELLES
A QUELQUES KILOMETRES DE LA CAPITALE


En plein mois béni du Ramadan les Forces armées Djiboutiennes n’ont pas hésité à faire feu et à tirer par balles réelles sur des manifestants sans des armes à feu.

L’ensemble des Forces Armées Djiboutiennes ne peuvent être que sidérées par l’ensemble de ces bavures aux aspects criminelles, et que probablement des Responsables Politiques assumeront leurs entières et pleines responsabilités

Le 24 octobre 2005 à 15h un ordre à haut niveau aurait, certainement, été donné aux Officiers subalternes des Forces Armées de la République de Djibouti de maîtriser par la force (tirs compris) un certain débordement populaire au niveau du Quatrième Arrondissement (Bal Bala) de la Région dépendante, (conformément au récent Statut Régional de la Capitale) de Djibouti-ville.

Le 24 octobre 2005 un Officier subalterne des Forces Armées a mortellement tiré dans le dos d’un jeune djiboutien nommé Abdallah Mohamed Mahmoud

Que Dieu Tout Puissant garde son âme en Paix.

Il est du devoir des Défenseurs Droits de l’Homme de déplorer ces tirs à balles réelles contre des civils qui ne peuvent et ont le droit d’exprimer leurs colères par des manifestations d’affrontements, de frondes (envers une autorité) courageuses à mains nues sans armes classiques encore moins sans armes à destructions massives.

Il est difficile de comprendre ces tirs franchement isolés pour ne pas dire ciblés contre un jeune de 18 ans probablement fuyant les sommations par balles réelles.

Tirs à balles réelles afin de stopper des manifestations aux apparences musclées compte tenu de la durée exceptionnelle en République de Djibouti d’une grève décrétée par le syndicat des Bus et des Taxis.

Il est du devoir des différents Etats-majors des Forces Armées de réviser rapidement ces techniques intolérables des répressions par des balles réelles.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) ne peut que fortement déplorer ces répressions sauvages à l’encontre des mouvements syndicaux, à l’encontre des grèves, prévus par la Constitution, à l’encontre des manifestations pacifiques souvent écrasées par des tirs à balles réelles.

M.NOEL ABDI Jean-Paul

13/12/02 (B176) Le 18 décembre, M A N I F E S T E Z en hommage à toutes les victimes du régime dictatorial, sans aucune considération ethnique !!

Deux manifestations sont déjà confirmées :

à Paris le 18 décembre à 17 h 30,
Rue EMILE MENIER – Paris 16

à Bruxelles le 18 décembre à 14 h 00
Rue FRANKLIN ROOSEVELT 204 – Bruxelles

Comme nous le disons depuis longtemps, il serait important que ces deux manifestations
dépassent le cadre d’un hommage limité aux victimes d’Arriba.
Il serait souhaitable que tous les Djiboutiens, sincèrement opposés
à la dictature et à l’asservissement du Peuple, quelles que
soient leurs origines ou leur appartenance, participent dans l’unité
à ce rassemblement en hommage à toutes les victimes sans aucune
exception du régime.

L’avenir de Djibouti et l’ouverture à une véritable démocratie
passent par une unité des Djiboutiens, sans considération d’appartenances
familiales ou tribales.

En écrivant cela, nous n’avons absolument pas l’intention de conseiller
à chacun de renier ses origines. Elles sont un fait établi.
La structure de la société djiboutienne autour de groupements
familiaux, au sens large, constitue une force familiale et sociale indiscutable
pour chaque individu.

Mais les structures tribales ne doivent pas interférer dans la gestion
de la chose publique, qui devrait être organisée en s’affranchissant
de toutes considérations de cet ordre.

Djibouti appartient clairement à tous ses habitants et non à
une fraction qui veut dominer toutes les autres, comme c’est le cas actuellement,
en s’appuyant sur la division et en attisant les haines. On mesure tous les
excés et tous les dégâts causés par un tel système.

Les manifestations du 18 décembre 2002 devraient être placées
sous le signe de l’unité du Peuple opprimé et d’un hommage à
toutes les victimes de la répression, sans considérations ethniques.

C’est le voeu que nous formulons en espérant que les Issas, les Fourlaba,
les Issacs, les Mamassan, les Gadabourcis, les Yéménites, etc..,
se joignent aux Afar pour dépasser le cadre d’une manifestation strictement
Afar, comme certains proches de Guelleh se complaisent encore à le
laisser entendre.

Il faut montrer à Guelleh que le Peuple djiboutien uni se dresse devant
lui et qu’il a l’intention de lui signifier son licenciement pour fautes graves,
pour harcèlement moral, pour privation de liberté, pour mauvais
traitements etc ….

C’est dans cet esprit que chacun devrait participer à ces rassemblements.

Le 18 décembre deviendra alors le symbole, la date anniversaire :
celle de l’hommage à toutes les victimes, du refus de l’oubli et de
la résistance à la dictature.

04/03/99 Une victime de la torture et l’ARDHD dépose, à Paris, une plainte pour crimes contre l’humanité, à l’encontre de Gouled et de Guelleh

Texte
intégral de la plainte déposée
par notre Association (ARDHD)
et par un plaignant djiboutien
(dont nous ne communiquons par l’identité
pour GARANTIR SA SECURITE)


auprès
du procureur de la République
Tribunal de Grande Instance de Paris

Plainte
préparée par
Maître R-V Calatayud

________________________

à
Monsieur le Procureur de la République
Tribunal de Grande Instance
Palais de Justice
Boulevard du Palais
75003 PARIS

 

Aff.:
PLAINTE ASSOCIATION POUR LE RESPECT DES DROITS DE L’HOMME
A DJIBOUTI & M. XXXXXXXXX /
HASSAN GOULED APTIDON & ISMAEL OMAR GUELLEH

Paris,
le 4 mars 1999

Monsieur
le Procureur,

L’Association
pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti ( A.R.D.H.D.) dont le siège
est à 75004 Paris, 84 rue Saint-Louis en l’Ile, représentée par son président,

ET Monsieur
XXXXXXXXXXX, de nationalité djiboutienne, entendent porter plainte pour actes
de torture et crimes contre l’humanité à l’encontre de Monsieur Hassan GOULED
APTIDON, actuellement Président de la République de Djibouti, et Monsieur
Ismaël OMAR GUELLEH, Directeur de Cabinet, demeurant tous deux, Palais Présidentiel,
DJIBOUTI, République de Djibouti
.

Depuis de
nombreuses années, le système politique mis en place à Djibouti par MM. Hassan
GOULED APTIDON et Ismaël OMAR GUELLEH fait régner la terreur dans tout le
pays par des moyens criminels, niant les droits fondamentaux de l’homme tels
qu’édictés par l’ensemble des instruments internationaux.

Des actes
de torture, des disparitions, des exécutions sommaires, des procès judiciaires
dénués de fondement et violant les règles de procédure ont été encore récemment
dénoncés par de nombreux rapports d’organisations de défense de droits de
l’homme. Les citoyens djiboutiens sont privées des libertés constitutionnelles
d’aller de venir, d’expression, ou d’association.
Les partis politiques sont strictement contrôlés ou interdits et les chefs
de l’opposition sont réduits au silence à l’approche de l’élection présidentielle
du 9 avril 1999.
La corruption a été étendue à tous les secteurs de l’administration et à tous
les niveaux de la hiérarchie, jusqu’au sommet de l’Etat.

Monsieur
XXXXXXXX, plaignant, tient à porter à votre connaissance les faits suivants:

Le XXXXXXX, il a été arrêté par deux gendarmes qui ont également opéré une
perquisition à son domicile sans autorisation judiciaire.
Placé en détention arbitraire à la brigade Nord, il était interrogé sévèrement
sur des événements auxquels il était étranger.
Transféré à la Villa Saint Christophe, il a été sauvagement torturé et il
en garde des séquelles physiques et psychologiques pour la vie.

Lors de manifestations
sur la voie publique, le 18 décembre 1995, les
forces de l’ordre ont usé des armes à feu sur les élèves, blessant un élève
de 5ème au collège de Boulaos et tuant un autre élève du collège d’Ali Sabieh
le mardi 9 janvier 1996.

Le 14
janvier 1996,
treize dirigeants syndicaux du Syndicat des Enseignants
du Primaire et du Syndicat des Enseignants du Second Degré, ont été arrêtés
et incarcérés dans le « centre de détention » de Nagad. Ils furent jugés le
16 janvier 1996 pour « troubles à l’ordre public ».

Le 7 août
1996
, cinq opposants, dont trois parlementaires, ont été condamnés à l’inéligibilité
et à la prison pour simple offense au Président de la République, au mépris
des règles de levée de leur immunité parlementaire. Amnesty International,
l’Union Interparlementaire et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme
ont dénoncé et condamné cette atteinte aux droits de l’homme et à la Constitution
djiboutienne.

Le 2 février
1997,
les forces de l’ordre ont chargé à coups de matraques et de bombes
lacrymogènes les retraités qui réclamaient pacifiquement le paiement de leur
pension accusant six mois de retard.

Le 5 février
1997,
Me Aref Mohamed Aref, Doyen des avocats et militant des droits de
l’homme, a été interdit d’exercer sa profession sans avoir été jugé.

Le 26
septembre 1997,
plusieurs opposants politiques appartenant au Front pour
la Restauration de l’Unité de la Démocratie (FRUD) furent arrêtés en Ethiopie
et extradés vers Djibouti pour y être emprisonnés. Parmi eux, Madame Aïcha
Dabale, épouse de l’un des opposants politiques, militante des droits de l’homme,
sans activité politique, enceinte de trois mois.

Le 17
février 1998,
le Président du Front Uni de l’Opposition Djiboutienne et
le Directeur du journal AL WAHADA ont été arrêtés et transférés à la prison
de Gabode.

Le 23
mars 1998,
une centaine d’employés du ministère de la santé ont été arrêtés
et transférés dans le « centre de détention » de Nagad à la suite d’une grève.
Six d’entre eux, parmi lesquels une femme, ont été incarcérés à la prison
civile de Gabode, le 25 mars 1998. Un employé de l’hôpital, passé à tabac
par les forces de l’ordre, est tombé dans le coma suite à ses blessures.

Le 3 mai
1998,
le Directeur de l’hebdomadaire LE POPULAIRE et son adjoint ont été
arrêtés et transférés à la prison civile de Gabode. L’abomination des actes
de torture commis dans les salles de l’horreur de la Villa Saint-Christophe
est connue de tous. Toutes les subventions françaises, européennes et internationales
sont détournées par le clan du président de la République.

Plus récemment
encore, le 15 février 1999, un avocat djiboutien, Me AREF MOHAMED AREF,
militant des droits de l’homme a été illégalement condamné à une peine de
2 ans de prison dont 6 mois ferme. Les avocats français qui avaient été choisis
ont été interdits de visa et se sont vu refuser le droit de plaider pour lui.

Le dossier ne comportait aucune accusation sérieuse, aucune investigation
n’avait été diligentée et la Cour Suprême de Djibouti est toujours saisie
de plusieurs recours formés par Me AREF, ce qui aurait dû interdire au tribunal
de première instance de statuer en cet état.
Le seul observateur d’Avocats sans Frontières présent sur les lieux n’a pas
été autorisé à plaider, et ce en violation de la convention franco-djiboutienne
de coopération judiciaire.

C’est
pourtant sur les bases de cette convention qu’un magistrat français a été
envoyé auprès du ministère de la justice de Djibouti lequel était présent
dans la salle d’audience lors des débats.

Me AREF, arrêté sur l’audience, est actuellement détenu à la prison de Gabode
dans des conditions inhumaines. Enfermé dans le quartier réservé aux déments
et aux personnes dangereuses, il a été placé dans des toilettes turques (cellule
n°12) exiguës en guise de salle de détention, sans autorisation de sortie
dans la cour.

A la suite
des protestations venant de toutes les instances internationales, le gouvernement
de Djibouti l’a changé de cellule (cellule n°10) et lui a accordé une heure
de promenade tous les 2 jours.

Il lui a
été interdit de se rendre au greffe de la prison pour relever appel de cette
décision inique. Il lui est impossible de se mouvoir, de se coucher ou de
se protéger de la chaleur.
Aucune
visite n’est autorisée et il a été mis au secret absolu dans le quartier de
haute sécurité.

Ces
conditions de détention constituent des traitements dégradants, inhumains
et des actes de torture au regard de toutes les conventions internationales.
Dès lors, ses jours sont en danger et la volonté du pouvoir d’attenter à sa
vie est démontrée par de tels agissements qui doivent être poursuivis et condamnés.

Le comité
des droits de l’homme du Haut Commissariat des Nations Unis de Genève, l’Union
Interafricaine des droits de l’ homme, la Commission Internationale des Juristes,
le Centre pour l’indépendance des avocats et des magistrats, Amnesty International,
Avocats sans frontières et la quasi totalité des grandes organisations de
défense des droits de l’homme se sont mobilisés pour dénoncer cette situation
qui sévit à Djibouti.

De nombreux
autres cas de détentions illégales et de crimes contre l’humanité ont été
constatés qui violent tous les conventions internationales:
De
nombreux autres cas de détentions illégales et de crimes contre l’humanité
ont été constatés qui violent tous les conventions internationales :

Arrêtés
illégalement en Ethiopie puis extradés aussitôt à Djibouti
pour être accusés
d’assassinat, de tentative d’assassinat et de vol en bande armée :

Extradés
le 27 septembre 1997

Ali Mohame
Makki, né en 1958
Mohamed Kadamy Youssouf
né le 12/05/1950
Mohamed Daoud Chehem Extradés le 4 octobre 1997
Kamil Mohamed Ahmde dit Kabir, né en 1960
Mohamed Boula’ Hassan, né en 1961 à Gannari

Extradés
:

Aden Moussa Yakissa (arrêté à Sakhisso) né en 1970 à Hanlé
Amine Haggar Barho (arrêté à Aissata) né en 1977 à Mahia
Bourhan Mohamed Cheikh (arrêté à Manda) né en 1966 à Tadjoura
Houssein Ali Mohamed (arrêté à Sakhisso) né en 1969 à Hanlé
Osman Dardar Mohamed (arrêté à Aissayta) né en 1962 à Obock
Radoul Yayo Saïd (arrêté à Aïssayta) né en 1967 à Bouya

2 – Arrêtés
dans les districts du Nord de Djibouti:

Aboubaker Mohamed Ayoub, blessé, né en 1975 à Obock
Aden Hassan Houmed dit Eder, blessé et sans soins, né en 1974 à Djibouti
Ali Ahaw Houmed, blessé, né en 1980 à Djibouti
Ali Mohamed Ali, né en 1974 à Mabla
Daoud Ali Ahmed, blessé, né en 1967 à Djibouti
Haïssama Idriss Hami, blessé, né en 1970 à Alaïli-Dadda
Houmed Moussa Houmed, né en 1969 à Mabla
Houssein Ali Houmed, né en 1976 à Garassou

3 – Arrêtés
près d’Arta:

Abdi Houfaneh Liban, né en 1964, marié, père de 2 enfants,
Abdi Moumin Djama, né en 1980, célibataire,
Abdilahi Moussa Bouhoul, né en 1969, marié, père de 6 enfants,
Arab Ibrahim Amin, né en 1969, marié, père de 2 enfants,
Farah Ali Rirach, né en 1963, célibataire,
Houssein Hagi Awaleh, né en 1969, marié, père de 4 enfants,
Ibrahim Mahamoud Abdi, né en 1977, célibataire,
Moussa Omar Waïs, né en 1972, célibataire,
Omar Aden Abdi, né en 1962, marié, père de 2 enfants,
Osman Youssouf Houfaneh, né en 1967, marié,
Robleh Farah Arreh, né en 1974, célibataire,
Waberi Hersi Bahdon, né en 1966, célibataire,

4 – La
famille et les relations d’Ismaël Guedi,
ancien proche de la Présidence,
qui a démissionné pour ne plus cautionner les exactions commises par le Gouvernement
:
Abdourahman
Hassan Aïnan, marié, père de 6 enfants,
Ahmed Hoche Hared, marié, père de 9 enfants,
Ali Robleh Darar, marié, père de 12 enfants,
Andilahi Robleh Darar, marié, père de 2 enfants
Daher Guedi Hared, célibataire, Eleyeh Aman, marié, père de 2 enfants,
Ibrahim Samireh Darar, célibataire,
Mahamoud Miguil Obsieh, marié, père de 11 enfants,
Omar Guedi Hared,
70 ans, père de 22 enfants,
Saïd Mahamoud, marié, père de 5 enfants,
Waïs Guelleh Bahdon, marié, père de 12 enfants,

La population
est affamée; la mort court les rues du pays.

Le
Président Hassan GOULED APTIDON et son neveu et Directeur de Cabinet, Ismaël
OMAR GUELLEH, vivent sur la population, la pillent et la martyrisent. Il sont
responsables d’actes de torture et de crimes contre l’humanité.


C’est
pourquoi, l’Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti ( A.R.D.H.D.) et M. XXXXXX vous dénoncent ces faits pour que vous leur réserviez
les suites pénales qui s’imposent.

Je vous prie
d’agréer, Monsieur le Procureur, l’expression de ma parfaite considération.

 

Roger-Vincent
Calatayud

Avocat
Ancien Bâtonnier