16/12/2011 (B634) Point de vue : DJIBOUTI EST-IL UN PAYS OU UNE BASE MILITAIRE DE TOUTES SORTES OU UN PRE-CARRE DES MERCENAIRES ? (Envoi d’un lecteur)

Savez-vous combien de bases militaires existent à Djibouti ?

Et bien, c’est étonnant de voir un pays peuplé par un nombre si important des bases militaires tant par leur nombre que par leur rayonnement au niveau international et régional.

Et pour cause, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) vient de d’adopter dans une récente résolution à Djibouti l’ouverture d’un centre régional de formation maritime de lutte contre la piraterie suite au protocole d’entente signé par le gouvernement djiboutien représenté par Mr. Mohamed Moussa Ibrahim Balala, ministre de l’Equipement et du Transport et M. Koji Sekimizu, Directeur Maritime Division de la sécurité de l’OMI(voire pièce jointe).

Et pourtant Mr GUELLEH se précipite en faisant croire aux Djiboutiens d’ouvrir un centre de formation des gardes-de-cotes nationaux et de la marine nationale situé à Doraleh prés du port de Doraleh .

Quelle mensonge ? Quelle trahison ?

Pire encore des sociétés de sécurité privée reconverti en sociétés de sécurité maritime (Triskel, G4S, Blackwater…) fleurissent et battent même leur pavillons dans les eaux territoriales de Djibouti et au large des cotes de la Somalie pour soi-disant protéger les navires et les marchandises maritimes alors que le golfe d’Aden et l’Océan indien est largement occupé par des forces navales étrangères équipées des navires de guerre sophistiquées à commencer par la 5eme flotte americaine,la marine chinoise, l’Eunavfor Atalante, la marine japonaise et beaucoup d’autres forces navales indiennes, sud-coréennes…..

Alors comment expliquer cette folie de lutte anti-piraterie ?

Pourquoi tout cet arsenal de guerre et des conventions maritimes ?Comment expliquer le caractère pérenne de cette mission de lutte anti-piraterie qui n’a pas de fin et de finalité précise ? Ou bien ces forces navales ont-elles d’autres visées géostratégiques ?

La vérité est au delà d’une simple lutte anti-piraterie instrumentalisant des pauvres somaliens privés d’un Etat de droit et de leur pêche par des chalutiers étrangers pourtant protégés.

Enfin, la solution ne vient pas de la mer mais elle vient de la terre par la construction d’un Etat de droit et de justice car on répond pas la violence par la violence.

_________________ PIECES JOINTES :

(Version anglaise)
Regional training centre in
Djibouti – MOU signed

A Memorandum of Understanding (MOU) to
allow IMO to fund the building of a regional
training centre in Djibouti, to promote the
implementation of the Code of Conduct
concerning the Repression of Piracy and
Armed Robbery against Ships in the Western
Indian Ocean and the Gulf of Aden (Djibouti
Code of Conduct), was signed on 30 May
2011, in Djibouti.

The MOU was signed by His Excellency Mr
Mohamed Moussa Ibrahim Balala, Minister of
Equipment and Transport, Republic of Djibouti,
and Mr Koji Sekimizu, Director, Maritime
Safety Division, IMO, at the opening ceremony
of a high-level meeting, held to formulate a
coordination process for maritime security
training in the region and to endorse the
regional training centre.

After the signing ceremony, the meeting
went on to adopt a resolution to establish the
mission and objectives of the regional training
centre in Djibouti; the coordination process for
regional maritime training; and the process for
the programming of regional training.

Trust fund
The training centre will be built using funds
donated by Japan to the IMO Trust Fund
for the implementation of the Djibouti Code
of Conduct, which has been signed by 18
countries in the region.
The signing marks the end of a lengthy
planning process and building work is
expected to commence, on land donated
by the Republic of Djibouti, by the end of
June 2011.

(Version française)
Centre régional de formation
Djibouti – Protocole d’entente signé

Un protocole d’entente (PE) pour
permettre à l’OMI de financer la construction d’une organisation régionale
centre de formation à Djibouti, pour promouvoir la
mise en œuvre du Code de conduite
concernant la répression de la piraterie et la
Vol à main armée contre des navires dans l’ouest
de l’océan Indien et le golfe d’Aden (
Code de conduite de Djibouti), a été signé le 30 mai
2011, à Djibouti.

Le PE a été signé par Son Excellence Monsieur
Mohamed Moussa Ibrahim Balala, ministre de l’
Equipement et du Transport, de la République de Djibouti,
et M. Koji Sekimizu, Directeur Maritime
Division de la sécurité, l’OMI, à la cérémonie d’ouverture
d’une réunion de haut niveau, tenue de formuler un
processus de coordination pour la sécurité maritime
formation dans la région et à approuver les
centre de formation régional.

Après la cérémonie de signature, la réunion
ensuite adopter une résolution pour établir le
mission et les objectifs de la formation régionale
centre de Djibouti, le processus de coordination pour
formation maritime régionale, et le processus de
la programmation de la formation régionale.

Fonds d’affectation spéciale
Le centre de formation sera construit en utilisant les fonds
donnés par le Japon au Fonds fiduciaire de l’OMI
pour la mise en œuvre du Code de Djibouti
de conduite, qui a été signé par 18
pays de la région.

La signature marque la fin d’une longue
planification du travail et des processus de construction est
devrait commencer, sur un terrain donné
par la République de Djibouti, à la fin de
Juin 2011.

Source :
WW.IMO.ORG
INTELLIGENCE 9

_______________________________________

Législations maritimes
Renforcer l’arsenal juridique

Un atelier de formation sur les conventions et protocoles internationaux relatifs au droit maritime s’est ouvert hier dans la salle de conférence de la chambre de commerce de Djibouti. La tenue de cette session de dix jours reflète la volonté des pays signataires du Code de Conduite de Djibouti adopté en 2009 de parfaire et renforcer leur arsenal juridique dans l’optique de leurs actions communes en mer.

La Chambre de Commerce de Djibouti abrite depuis hier un atelier de formation sur la transposition en droit interne des Conventions et Protocoles internationaux relatifs à l’action de l’Etat en mer.

Ce séminaire de dix jours a été organisé par le Centre Régional de Documentation, de Formation et d’Entraînement Maritimes de Djibouti sous l’égide du Ministère de l’Equipement et des Transports(MET) notamment avec l’appui de l’OMI et de l’Union Européenne.

Le lancement de cet atelier a rassemblé d’un côté les responsables du MET en charge de la question des transports maritimes dont le Secrétaire General du ministère de l’Equipement et des Transports, M. Adow Ali, la Conseillère juridique à la Présidence, Mme Souad Houssein Fouad et de l’autre les partenaires du gouvernement djiboutien dont le Représentant de l’Organisation Maritime Internationale, le Coordinateur de l’Union Européenne du Projet “MARSIC”, M. Hubert Gaullier.

Troisième du genre, l’atelier est organisé par le dit centre depuis sa création officielle dans le courant de cette année. Parmi les vingt et un pays signataires du Code de Conduite de Djibouti adopté en 2009, quinze pays ont dépêché des stagiaires qui suivent actuellement les modules de cette formation.

Citons notamment les Comores, Djibouti, l’Egypte, l’Ethiopie, le Kenya, la Jordanie, les Maldives, la République Mauricienne, le Madagascar, le Mozambique, le Sultanat d’Oman, les Seychelles, la Tanzanie, le Yémen et enfin de l’Afrique du Sud.

Ainsi, les bénéficiaires de cette formation proviennent des institutions juridiques, de l’administration des affaires maritimes et des organismes chargés des opérations de police en mer (Gardes-côtes, Marines, Police et…).

L’objectif de celle-ci comme le fait entendre son intitulé est de transposer le droit maritime international et les conventions au droit national en matière des affaires maritimes.

Ce qui implique automatiquement et touche à la responsabilité des Etats signataires du Code de Conduite de Djibouti dans leur espace maritime, la sécurité des transports maritimes en mer et dans les Ports de Djibouti.

…Un renforcement de capacités des acteurs institutionnels.

La pluralité des Conventions et des Lois internationales régissant le droit maritime rend complexe et parfois embrouille l’action des Etats en mer, restreignant ainsi l’efficacité des stratégies de coordination des actions des Etats coalisés au sein des instances régionales ou internationales comme dans le cas de la lutte contre la piraterie.

C’est dire la pertinence de la tenue de cet atelier de formation qui reflète la volonté des pays membres de l’instance régionale maritime de parfaire son arsenal juridique dans le cadre de leur action commune en mer.

Cette formation devra à terme répondre aux besoins de parfaire les connaissances en matière de droit maritime international et national des intervenants chargés des affaires maritimes des quinze pays membres de la coalition regroupée au sein du Code de Conduite de Djibouti.

Autre info de taille : à cette complexité des lois internationales maritimes s’ajoute celle de la pluralité des secteurs des activités maritimes.

L’administration des affaires maritimes, le secteur des transports maritimes, la pêche, la protection des ressources vivantes en haute mer, la sécurité maritime, la lutte contre la piraterie en sont des exemples sectoriels parmi tant d’autres.

Hier donc, pour une première phase de mise en bain ont été revues l’ensemble de la réglementation internationale régissant le droit maritime dont la Loi de La Haye de 1930, la Convention de Harvard sur la piraterie de 1932 et la Convention des Nations Unies sur la Loi de la mer, en anglais « UNCLOS » connu encore sous l’appellation de la Convention de Montégo Bay.

Cette formation est dispensée par un expert international en matière de droit maritime international, le Professeur Damir ZEC issu des rangs de l’Université de Rijeka en Croatie.

Parallèlement aura lieu lundi 12 décembre prochain la première réunion de coordination avec les autres instituts maritimes régionaux des sept pays membres de la coalition dont Djibouti, l’Egypte, le Kenya, la Tanzanie, l’Afrique du Sud, les Seychelles et le Yémen.

Au cours de cette importante réunion entre les sept pays membres du Code de Conduite de Djibouti seront coordonnés les programmes de formations maritimes régionales pour l’année 2012.

A titre de rappel, le Centre Régional de Documentation, de Formation et d’Entraînement Maritimes de Djibouti aura pour quartier général le futur centre actuellement en construction à Doraléh qui abritera d’ailleurs la nouvelle unité des Gardes côtes.

Le projet pédagogique du centre est soutenu par le projet « MARSIC » de l’Union Européenne.

AF

_________________ 1er Quotidien Djiboutien

Numero 239 du Lundi
05 Decembre 2011

07/07/11 (B611) Le journal de la Flibuste. Un tanker en feu dans le Golfe d’Aden, après avoir essuyé des tirs de roquette de pirates

_______________________ 1 – Mer et Marine

En feu, le Brillante Virtuoso, un pétrolier de 144.000 tonnes de port en lourd, a été abandonné par son équipage hier, dans le golfe d’Aden.

Au petit matin, les marins de ce navire immatriculé au Libéria avaient envoyé un appel de détresse, expliquant qu’ils pensaient faire l’objet d’une tentative d’abordage de pirates. Venant de Suez, le Brillante Virtuoso naviguait alors vers l’Est et se trouvait à une vingtaine de milles au Sud-Ouest du port yéménite d’Aden. Peu après l’attaque présumée, le pétrolier reportait un feu sur l’arrière et, l’incendie étant selon les marins hors de contrôle, la décision a été prise d’abandonner le navire.

Répondant à l’appel de détresse, le croiseur américain USS Philippine Sea a rejoint la zone. N’observant pas de pirates dans les environs, le bâtiment a concentré son action sur le sauvetage de l’équipage, qui a pris place dans un radeau de survie. Au moins un des marins a été récupéré à l’eau par un semi-rigide du croiseur américain.

L’embarcation de survie a ensuite été éloignée du tanker pour se mettre à distance de sécurité et rejoindre l’USS Philippine Sea, resté à l’écart. Un comptage réalisé en lien avec l’exploitant du navire, la compagnie grecque Central Mare, a permis de s’assurer que les 26 marins philippins présents sur le Brillante Virtuoso étaient bien là, sains et saufs.

D’après l’armateur, l’incendie a été déclenché par un tir de roquette (arme fréquemment utilisée par les pirates) ayant touché les locaux vie du navire.

Long de 294 mètres, le Brilliante Virtuoso, construit en 1992, acheminait vers la Chine une cargaison de pétrole chargée en Ukraine. En plus des moyens américains, deux remorqueurs, vraisemblablement partis d’Aden, ont été dépêchés sur zone pour combattre le sinistre et sauver le tanker.

28/05/11 (B606) Le journal de la Flibuste (Deux articles à lire/relire parus respectivement sur CyberPress en Janvier 2009 (Canada) et sur le site Bruxelles 2 en décembre 2010)

_______________________________ 1 – CyberPress

http://www.cyberpresse.ca/international/afrique/200901/27/01-821230-juger-les-pirates-un-casse-tete-legal-pour-ceux-qui-les-capturent.php

Juger les pirates, un casse-tête légal pour ceux qui les capturent

Traduire en justice les pirates qui s’attaquent aux navires au large de la Somalie se révèle être un casse-tête légal pour les Etats qui les capturent, nuisant jusque présent à l’efficacité des opérations internationales contre les bandits des mers.

Pour juger les pirates, «la solution expéditive d’antan du « pendu haut et court », ou du passage à « la planche » vers l’eau profonde et les requins n’est plus applicable», ironise Bruno Pardigon, directeur général des Services de sécurité maritime de Djibouti, en marge d’une conférence de l’Organisation maritime internationale (OMI) qui réunit cette semaine à Djibouti 22 pays riverains de l’océan Indien, du golfe d’Aden et de la mer Rouge pour renforcer l’arsenal judiciaire contre les pirates.

Selon un document djiboutien présenté à la conférence «en 2008 près de 150 personnes ont été arrêtées par les navires de guerre croisant dans le golfe d’Aden» dans le cadre de la lutte anti-piraterie.

«Sur ce nombre, une centaine ont été remises aux autorités étatiques: 19 ont été rapatriées en Europe, 85 transférées aux autorités judiciaires des pays riverains», à savoir la région somalienne autoproclamée autonome du Puntland et le Yémen, indique ce document.

Les Britanniques qui disposent d’un accord particulier avec le Kenya ont remis huit pirates à cet Etat, faute de pouvoir les livrer à la Somalie, pays livré au chaos depuis bientôt 20 ans.

La France a elle envoyé à deux reprises ses forces spéciales arrêté des pirates somaliens et a décidé d’en juger certains sur son sol.

Mais ce cas est rarissime. Onze autres présumés pirates ont été relâchés rapidement, précise le rapport djiboutien.

Le texte ajoute qu’«une quarantaine de pirates présumés ont par ailleurs été relâchés par les navires de guerre qui les avaient interpellés» et qui ne savaient qu’en faire, ignorant quel est leur statut juridique lorsqu’ils sont détenus à bord, quel tribunal, ou quel pays devait les juger.

En effet, «la question de la loi pénale applicable aux pirates, de leur possible procès et des procédures à appliquer» ne sont pas définies précisément jusque présent, explique M. Pardigon. Et les pirates bénéficient de ce vide juridique.

Certes explique un diplomate européen participant aux travaux, «le corpus juridique concernant la piraterie est assez bien fourni (…) pour tout ce qui touche aux attaques en haute mer. Le problème c’est la mise en oeuvre de ce texte dans les législations nationales».

Jusque présent, les Etats sont réticents à adopter certaines dispositions. Ainsi le Yémen, concerné au premier chef par le fléau de la piraterie, est opposé au droit de poursuite par des navires de guerre étrangers des pirates dans ses eaux territoriales.

Pour éviter que les pirates ne soient immédiatement relâchés après leur arrestation et ne recommencent à sévir au large de la Somalie, l’OMI tente de convaincre les 22 Etats réunis à Djibouti de signer un accord d’harmonisation législative permettant de «faciliter l’arrestation et les poursuites judiciaires contre les suspects de piraterie».

Sur le dossier de «la piraterie, les problèmes légaux rejoignent la diplomatie», estime Chantal Poiret, ambassadeur française chargée de la coordination de la lutte internationale contre la piraterie: «les pays riverains voient leur intérêt dans une coopération entre eux et avec les pays dont les marines viennent lutter contre ce fléau», estime-t-elle.

——————————————————– 2 – Bruxelles 2

Quand le McArthur de Blackwater s’introduisait dans la lutte anti-piraterie

http://www.bruxelles2.eu/piraterie-golfe-daden-ocean-indien/quand-le-mcarthur-de-blackwater-sintroduit-dans-la-lutte-anti-piraterie.html

Publié le 2 décembre 2010 par Nicolas Gros-Verheyde

Blackwater avait prévu de se reposer pour le soutien médical sur l’hôpital Bouffard des FFDJ (crédit : 13dble)

Cela fait partie du lot de révélations amenée par Wikileaks et analysée par le New York Times. Le gouvernement djiboutien a autorisé en 2009 la société privée américaine Blackwater Worldwide (BW), a reçu l’autorisation d’opérer à partir du port de Djibouti, un navire armé contre les pirates, pour protéger les navires commerciaux.

Ce n’est un secret pour personne que la lutte anti-piraterie est un vaste marché pour les sociétés militaires privées, en voie de reconversion après l’ère plutôt fastueuse de l’Irak. Et que Blackwater l’investit espérant un débouché. Un investissement qui n’a pas eu le résultat espéré. En revanche, ce qui me semble intéressant ce sont les détails donnés par le télégramme, le soutien américain à cette initiative qui reste très prudent (nous attendons des instructions du Département d’Etat est-il mentionné à la fin du télégramme), et surtout la motivation qui repose sur une approche assez pragmatique (il y a un marché, les sociétés américaines se doivent d’être présents, faut-il les soutenir) ainsi que le partage d’informations (Blackwater communiquera son SOP – procédure opérationnelle – aux ambassades de Nairobi et Djibouti), partage qui n’est pas illogique (et se pratique couramment).

Une équipe robuste d’US boys, l’hôpital militaire français en assistance et un intermédiaire franco-djiboutien

Blackwater a ainsi obtenu l’autorisation pour le « McArthur, » un ancien navire de 183 pieds de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) battant pavillon américain, servi par un équipage de 33 hommes (tous citoyens américains) 15 marins et 3 équipes de 6 gardes, armés. Blackwater n’a pas l’intention de procéder à l’arrestation des pirates mais usera de la force lethale contre les pirates. Le navire est ainsi équipé de «mitrailleuses de calibre 50 ». Il a une plateforme pour hélicoptères mais n’en sera pas doté ; en revanche, un UAV sera à bord. Un « système vidéo permettra d’enregistrer l’activité des pirates ».

Précision intéressante : la société a négocié via un intermédiaire Inchcape, un accès pour ses hommes à l’hôpital militaire français Bouffard. Et son agent local sur place sera un franco-djiboutien, « favorablement connu de l’ambassade » est-il précisé, Bruno Pardigon, qui possède plusieurs sociétés, dont une nouvelle consacrée à la sécurité maritime « Djibouti Maritime Security Services » (DMSS).

Quelques interrogations : que faire des pirates surtout s’ils sont blessés ?

Si les privés américains ne veulent pas procéder à des gardes-vues de pirates, il est difficile de ne pas se poser la question de l’arrestation de suspects. « Même si les Français ont remis des suspects au Puntland, Downey (le directeur du développement pour l’Afrique, un ancien officier des forces spéciales) n’a pas l’intention de le faire, ni avec la Somalie ni avec le Kenya ». Le diplomate – dont on sent qu’il est très prudent sur cet engagement – précise que Blackwater ne peut bénéficier de l’accord signé avec le Kenya, qui est un accord de gouvernement à gouvernement ».

Cette implication reste pleine d’inconnue. « Il n’y a pas de précédent d’une opération paramilitaire d’un environnement purement commerciale ». Et de nombreuses questions se posent. Si le droit international maritime permet l’usage de la force contre les pirates (2), Downey « reconnait également la nécessité de respecter le droit international humanitaire ». Mais dans la pratique : que faire des pirates blessés ? « sans nuire à la capacité de protection du client », on voit bien comment la problématique est posée, et où se situent la balance des priorités …

« BW has no intention of taking any pirates into custody. While the French have previously put pirates ashore in Puntland, Downey said BW had no plans to do so, either in Somalia or Kenya (noting that Kenya’s bilateral PUC agreements with the USG and HMG were government-to-government). (…) While asserting that international maritime law allows the use of lethal force against pirates, BW also recognizes the need to respect international humanitarian obligations. Of concern, for example, is whether BW would be responsible for assisting injured pirates, if doing so endangered BW’s ability to protect its client(s). »

Dilemne : soutenir une entreprise US or not

Au moment de l’écriture du télégramme : « Blackwater n’a pas de client aujourd’hui (février 2009) mais elle compte développer un marché avec le lancement en mars (2009) avec la présence d’officiels. Coût de l’escorte : moins de 200.000 $.» Le diplomateexplique son dilemme. Il demande donc des « lignes directrices » sur « l’engagement approprié avec Blackwater », en respectant également le « rôle du gouvernement de défense commerciale et de soutien aux entreprises américaines ».

« Post would appreciate Department’s guidance on the appropriate level of engagement with Blackwater, while also fulfilling the USG’s commercial advocacy responsibilities to support U.S. firms. »
Epilogue : peut-on préciser qu’après un démarrage en fanfare, XE (le nouveau nom de Blackwater) a décidé de vendre son navire phare, le McArthur, comme nous l’apprend un journal américain (1).

(1) Le Virginian Pilot parle d’un prix réduit de 3,7 millions $

(2) Selon moi, l’exclusivité de l’usage de la force en haute mer est cependant réservé à la force publique ou habilitée (sauf cas de légitime défense). Et la société « Blackwater » ne peut se réintroduire dans aucune des deux, sauf à réintroduire les « lettres de marques » qui habilitaient de joyeux drilles à aller courser (piller et couler au besoin) des navires « ennemis »

06/05/11 (B602) Le journal de la Flibuste – libération des marins d’un cargo indonésien détourné – Singapour s’implique en Afghanistan et dans le golfe d’Aden

___________________________ 2 – Romandie News (Ch) avec AFP

Piraterie/Somalie : libération des marins d’un cargo indonésien détourné

Les marins indonésiens d’un cargo retenus en otages par des pirates au large de la Somalie ont été libérés et sont sains et saufs, a annoncé dimanche le propriétaire du bateau.

Au cours d’une conférence de presse retransmise à la télévision publique, le vice-président indonésien David Batubara a annoncé que les pirates avaient libéré le cargo Sinar Kudus et ses 20 membres d’équipage après le paiement d’une rançon.

Les vingt marins du Sinar Kudus ont tous été relâchés par les pirates somaliens, 46 jours après avoir été pris en otages au large de la Somalie, a-t-il ajouté.

Le navire est en train de quitter les eaux somaliennes et tous les pirates ont quitté le navire, a-t-il précisé.

M. Batubara a indiqué à l’AFP qu’il n’était pas en mesure de révéler le montant de la rançon car cette information pourrait nuire à la sécurité d’autres équipages retenus en otages sur d’autres bateaux.

Je peux seulement dire que le montant de 4,5 millions de dollars avancé par les médias est absolument inexact.

Trente à cinquante pirates somaliens avaient abordé en mars le cargo indonésien à 320 milles au nord-est de l’île yéménite de Socotra, dans le Golfe d’Aden, et l’avait utilisé pour détourner en vain un autre navire.

Parti d’Indonésie, le Sinar Kudus avait été pris d’assaut par les pirates alors qu’il faisait route vers les Pays-Bas.

En dépit d’une présence militaire internationale accrue au large des côtes de la Somalie, les pirates ont continué à détourner des bateaux et à réclamer des rançons contre la libération de leurs équipages.

___________________________ 1 – Ouest-France

Singapour s’implique en Afghanistan et dans le golfe d’Aden

Le ministère de la Défense de Singapour a annoncé au cours des derniers jours plusieurs initiatives qui témoignent de son implication dans des opérations internationales.

Les SAF (Singapore Armed Forces) ont déployé un Fokker de patrouille maritime à Djibouti, pour renforcer la CTF 151 dans ses opérations de lutte contre la piraterie. Un détachement de 38 hommes a aussi été déployé. Depuis 2009, les SAF sont partie prenante de la lutte anti-piraterie, avec un navire équipé de deux hélicoptères en opérations dans le golfe d’Aden.

Ce dimanche 1er mai, le ministère de la Défense a annoncé l’envoi, en Afghanistan, d’une équipe médicale. Ses 13 membres vont rejoindre la base de Tarin Kowt dans la province d’Oruzgan. Une première équipe y sera basée jusqu’en juillet et une seconde jusqu’en octobre. Singapour maintient déjà deux équipes au sein de l’ISAF: l’une spécialisée dans l’imagerie aérienne, l’autre dans la formation des artilleurs à Kaboul, au profit de l’ANA.

22/04/11 (B600) Le journal de la Flibuste – Recrudescence de la piraterie maritime en 2011 – un cargo italien capturé en mer d’Arabie – L’OMI déplore l’utilisation des marins comme bouclier humain – l’ONU juge nécessaire une réponse globale à la piraterie – le monde est en train de perdre la bataille de la piraterie – deux Russes parmi les marins relâchés en Somalie – le Conseil de sécurité de l’ONU envisage de créer des tribunaux somaliens – Des armateurs français s’arment contre la piraterie (8 articles)

______________________ 8 – Le Moci

22/04 Recrudescence de la piraterie maritime en 2011

Sophie Creusillet

La piraterie maritime a atteint un niveau record. Le Bureau international maritime (BIM) a recensé 142 actes de piraterie au cours des trois premiers mois de cette année, contre 67 durant le premier trimestre 2010. Une forte hausse, principalement due à l’hyperactivité des pirates opérant aux larges des côtes somaliennes, où 97 attaques ont été enregistrées, contre 35 l’an passé.

« La piraterie est l’une des conséquences de 20 ans de crise politique en Somalie », a déclaré le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Somalie Augustine Mahiga, au cours de la conférence internationale sur la lutte contre la piraterie qui s’est déroulée le 19 avril à Dubaï. Pour M. Mahiga, la lutte contre ce phénomène qui coûte chaque année entre 3,5 et 8 milliards de dollars aux armateurs du monde entier passe « avant tout par une approche politique », et non par une solution militaire.

Depuis la chute du gouvernement de Siad Barre en 1991 la Somalie est en proie à un profond chaos. L’anarchie des seigneurs de la guerre a nécessité l’intervention des Nations unies de 1992 à 1995. Au cours de ces vingt dernières années les attaques de navires se sont multipliées au large des côtes de la Somalie et du Yémen. Pour y remédier, l’Onu a créé une force militaire, la Combine Task Force 151, chargée de lutter contre la piraterie. La Force maritime européenne Atalante, dont la France a pris le commandement pendant quatre mois d’août à novembre 2010 (voir photo), a été également crée à l’automne 2008. En vain.

______________________ 7 – Ria Novosti (Russie)

21/04 un cargo italien capturé en mer d’Arabie

Un cargo italien avec 22 membres d’équipage à son bord a été intercepté par des pirates en mer d’Arabie, au large d’Oman, a rapporté jeudi l’agence de presse Ansa.

Selon l’agence, le navire Rosalia d’Amato se rendant du Brésil en Iran, a été attaqué par les pirates à 400 milles au sud d’Oman. L’attaque n’a pas fait de victimes au sein de l’équipage qui compte six Italiens et seize Philippins.

Le 11 avril, le Conseil de Sécurité de l’Onu a approuvé à l’unanimité la résolution 1976 prévoyant un ensemble de mesures visant à stabiliser la situation politique et économique en Somalie. La résolution appelle notamment à étudier d’urgence la possibilité de créer des tribunaux spéciaux somaliens pour juger les personnes soupçonnées de piraterie au large des côtes du pays et en haute mer, y compris une cour somalienne extraterritoriale spécialisée.

La Somalie, partagée entre différentes factions hostiles depuis la chute du dictateur Mohamed Siad Barre en 1991, n’arrive pas à réprimer elle-même la piraterie au large de ses côtes. Reconnue par la communauté internationale comme l’unique organe de pouvoir légal, le Gouvernement fédéral de transition (GFT) ne contrôle qu’une partie de Mogadiscio, le reste du pays étant administré par des entités autonomes refusant de se soumettre aux autorités centrales.

______________________ 6 – Afrique en Ligne avec Pana

20/04 L’OMI déplore l’utilisation des marins comme bouclier humain

L’Organisation maritime internationale (OMI) a condamné mardi l’utilisation des marins comme bouclier humain après la poursuite de la détention par les pirates somaliens de sept membres d’équipage d’un navire récemment libéré suite au paiement présumé d’une rançon. L’OMI a indiqué dans un communiqué que ‘six officiers et un membre d’équipage du navire M/V Asphalt Venture sont détenus dans un endroit inconnu après que le navire et le reste des membres de l’équipage ont été libérés par les pirates somaliens jeudi dernier, près de sept mois après le détournement du navire.’

‘L’utilisation des marins comme bouclier humain dans des actes de piraterie – l’un des crimes les plus odieux contre l’humanité en mer – est totalement inacceptable”, a souligné le communiqué.

Le communiqué de l’agence survient dans un contexte où la communauté internationale est de plus en plus préoccupée par le problème de la piraterie, notamment au large des côtes somaliennes.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a indiqué mardi que la Trust Fund mise en place pour soutenir les initiatives des Etats qui luttent contre la piraterie au large des côtes somaliennes nécessitait plus de ressources pour mener à bien son mandat.

Le fonds a approuvé 12 projets d’une valeur de 4,3 millions de dollars américains depuis sa création au mois de janvier de l’année dernière, y compris un projet médiatique pour propager des messages contre la piraterie dans la région et d’autres initiatives pour renforcer l’application de la loi et la justice pénale en Somalie, au Kenya et aux Seychelles.

Dans un message lancé en son nom par la Conseillère juridique des Nations unies, Patricia O’Brien, lors d’une cérémonie de soutien à la Trust Fund à Dubai, Ban Ki-moon a indiqué que ce fonds offrait l’opportunité de traduire en actes concrets les préoccupations régionales et globales.

______________________ 5 – Radio Chine avec XINHUA

19/04 l’ONU juge nécessaire une réponse globale à la piraterie

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé lundi à une réponse globale à la piraterie au large des côtes de la Somalie, affirmant que la menace était une conséquence de l’insécurité généralisée, de l’absence d’un gouvernement national stable et du sous-développement dans ce pays de la Corne de l’Afrique.

« La piraterie n’est pas une maladie d’origine hydrique. C’est un symptôme de la situation sur le terrain, dont la situation politique et sécuritaire en Somalie », a déclaré Ban Ki-moon dans un message à une conférence sur la piraterie à Dubaï, dont le thème est « Menace mondiale, réponses régionales : forger une vision commune face à la piraterie maritime ».

« Notre réponse doit être globale et complète, englobant une action simultanée sur trois fronts : la dissuasion, la sécurité et la primauté du droit, et le développement. Nous devons travailler avec les autorités de la Somalie, et nous devons intégrer nos efforts de lutte contre la piraterie dans une solution globale pour la Somalie », a ajouté le secrétaire général dans ce message, qui a été lu en son nom par la secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires juridiques, Patricia O’Brien.

Selon Ban Ki-moon, les travaux du Groupe international de contact sur la piraterie au large de la côte de la Somalie sont essentiels pour faciliter les discussions et la coordination entre les États, les organisations, le Gouvernement fédéral de transition somalien, les administrations régionales du pays et diverses marines nationales qui mènent des opérations militaires.

Le Groupe de contact a été établi en 2009, en vertu d’une résolution du Conseil de sécurité, pour faciliter les discussions et la coordination des actions entre les États et les organisations régionales pour réprimer la piraterie.

Ban Ki-moon a rappelé que son ancien conseiller spécial sur les problèmes juridiques liés à la piraterie au large de la Somalie, Jack Lang, avait expliqué comment la Somalie et la communauté internationale pouvaient légalement intensifier les efforts de lutte contre le piraterie. Une des mesures préconisées par M. Lang est la consolidation de l’aide internationale pour augmenter la capacité carcérale.

« Certaines de ses recommandations sont déjà mises en uvre, mais à une échelle modeste, avec l’aide de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) », a souligné le secrétaire général.

Il a également rappelé aux participants de la conférence de Dubaï que le Conseil de sécurité avait décidé la semaine dernière d’examiner d’urgence la création de tribunaux spécialisés en Somalie pour juger les pirates présumés à la fois en Somalie et dans la région, une des recommandations de M. Lang.

_______________________ 4 – CyberPress (Canada) avec AFP

18/04 le monde est en train de perdre la bataille de la piraterie

Le monde est en train de perdre la bataille contre les pirates, a prévenu lundi le ministre des Affaires étrangères du gouvernement somalien de transition au premier jour d’une conférence à Dubaï, soulignant que la piraterie ne peut être éradiquée que sur terre.

«La course entre les pirates et le monde est en passe d’être gagnée par les pirates», a déclaré Mohammed Abdulahi Omar Asharq devant la conférence sur la lutte contre la piraterie.

«Il est clair que la piraterie ne peut être éradiquée que sur terre, où elle croît et persiste», a dit le responsable somalien.

Même constat chez le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Abdallah ben Zayed al-Nahyane: «toute action sur le terrain ne peut être efficace sans que de réels changements aient lieu sur le plan de la sécurité et la stabilité sur le terrain en Somalie».

Pour régler le problème des pirates basés en Somalie, il faut que ce pays puisse vivre dans la paix et la prospérité, estime aussi le directeur de l’entreprise émiratie DP World, troisième opérateur portuaire mondial, Sultan Ahmed ben Sulayem, co-parrain de la conférence avec le ministère émirati des Affaires étrangères.

«On se concentre actuellement sur des solutions à court-terme, des solutions en mer à la menace des pirates», souligne-t-il. Mais «il est de plus en plus clair que la communauté des nations doit penser à long-terme, et sur terre».

«Car une économie stable et prospère est la solution efficace au problème de la piraterie, qui est le résultat de l’absence d’opportunités pour gagner de l’argent honnêtement, de structure, de sécurité et d’espoir d’un futur stable», a ajouté le directeur de DP World.

Au premier trimestre 2011, un nombre record d’actes de piraterie ont été répertoriés, avec 142 attaques menées essentiellement dans l’océan Indien par des pirates somaliens fortement armés, selon des chiffres fournis mi-avril par le Bureau Maritime International (BMI).

Sur les 142 attaques enregistrées au premier trimestre 2011, 97 ont été attribuées aux pirates somaliens, contre 35 pour la même période de 2010. Les forces navales internationales mènent des efforts conjoints contre les pirates somaliens.

_______________________ 3 – Ria Novosti (Russie)

13/04 deux Russes parmi les marins relâchés en Somalie

Deux Russes se trouvent à bord du navire allemand MV Beluga Nomination relâché mercredi par les pirates somaliens, ont rapporté mercredi les médias allemands se référant à la compagnie maritime Beluga Shipping GmbH, basée à Brême (nord de l’Allemagne).

Selon l’antenne balte de l’Union professionnelle des marins russes (RPSM), il s’agit d’habitants de Saint-Pétersbourg et de Kaliningrad.

Le cargo Beluga Nomination battant pavillon d’Antigua-et-Barbuda a été capturé fin janvier par des pirates somaliens en mer d’Oman, à 100 km au large des Seychelles. Son équipage comptait 12 personnes – des citoyens d’Ukraine, de Russie, de Pologne et des Philippines.

Trois marins sont morts au cours d’une tentative de libération du cargo. Deux autres hommes ont réussi à s’échapper. Ils ont été récupérés par un navire de guerre danois, l’Esbern Snare, qui participe à l’opération anti-piraterie de l’OTAN Ocean Shield.

_______________________ 2 – Radio Chine avec XINHUA

12/04 le Conseil de sécurité de l’ONU envisage de créer des tribunaux somaliens

Dans une résolution adoptée vendredi, le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé d’étudier la possibilité de créer des tribunaux spéciaux somaliens afin de juger les personnes accusées de piraterie au large de la Somalie.

Le Conseil souhaite « étudier d’urgence la possibilité de créer des tribunaux spéciaux somaliens pour juger les personnes soupçonnées de piraterie, aussi bien en Somalie que dans la région, y compris une cour spécialisée somalienne extraterritoriale, comme il ressort des recommandations contenues dans le rapport du conseiller spécial du secrétaire général pour les questions juridiques liées à la piraterie au large des côtes somaliennes ».

Le Conseil de sécurité prie le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, de lui présenter, dans un délai de deux mois, un rapport sur les modalités de ces mécanismes de poursuite et d’assistance apportés par la communauté internationale.

Dans un rapport, le conseiller du secrétaire général de l’ONU pour les questions juridiques liées à la piraterie au large des côtes somaliennes, Jack Lang, proposait notamment la création de deux « juridictions spécialisées », l’une au Puntland, l’autre au Somaliland, ainsi que la construction à court terme d’une prison dans chacune de ces deux régions, et d’autre part la mise en place pendant une période de transition « d’une juridiction extraterritoriale », qui pourrait être basée à Arusha, en République-Unie de Tanzanie, où siège déjà le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Jack Lang évalue à environ 25 millions de dollars le prix de ces initiatives. Un coût qu’il a qualifié de « relativement modeste par rapport au coût total de la piraterie estimé à 7 milliards de dollars ». Soulignant l’importance « essentielle » du soutien international pour la formation des juges, procureurs, avocats et gardes pénitentiaires somaliens, le conseiller souligne que « l’ONU, mais aussi l’Union africaine, l’Union européenne et d’autres organisations devraient y contribuer ».

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité « souligne qu’il faut enquêter sur ceux qui financent, planifient et organisent les attaques perpétrées par des pirates au large des côtes somaliennes ou en tirent illicitement profit et engager des poursuites à leur encontre, sachant que les individus et entités qui incitent à commettre des actes de piraterie ou les facilitent à dessein s’en rendent eux-mêmes coupables au regard du droit international ».

Les membres du Conseil exhortent « tous les États, y compris les États de la région, à ériger la piraterie en infraction pénale dans leur droit interne, en soulignant qu’il importe d’ériger en infraction pénale l’incitation à commettre des actes de piraterie, la facilitation de ces infractions, l’entente en vue de les perpétrer et les tentatives dans ce sens ».

Pour le Conseil de sécurité, « l’instabilité que connaît la Somalie est une des causes profondes du problème de la piraterie et des vols à main armée au large des côtes somaliennes et contribue à ce problème, et souligne qu’il faut que la communauté internationale mène une action sur tous les fronts pour s’attaquer à la piraterie et à ses causes profondes ».

Enfin, les membres du Conseil demandent aux États, à l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), au Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie et aux organisations régionales d’aider le gouvernement fédéral de transition et les autorités régionales en Somalie « à créer un système de gouvernance et à instaurer l’état de droit et des contrôles de police dans les secteurs infestés par la criminalité où sont menées des activités terrestres liées à la piraterie ».

_____________________________ 1 – Les Echos

5/04 Des armateurs français s’arment contre la piraterie

Casques et gilets pare-balles pour les navigants en passerelle, hommes armés employés par des entreprises privés: certains armateurs ont pris des mesures choc face aux attaques dont sont victimes les navires de commerce.

Des hommes armés, employés par des entreprises privées, à bord de navires de commerce d’armateurs français – mais ne battant pas pavillon français -, c’est désormais une réalité. «Nous avons mis des équipes armées sur quelques lignes», a témoigné, ce mardi, le général Pierre de Saqui de Sannes, conseiller institutionnel France, Afrique et Moyen-Orient chez CMA-CGM, lors d’une conférence de presse à l’issue de l’assemblée générale d’Armateurs de France.

«Nos bateaux ont essuyé depuis le début de cette année onze attaques, qui ont toutes échoué, mais nous sommes aujourd’hui obligés d’équiper nos navigants en passerelle de casque et gilet pare-balles et de tirer des fils barbelés autour des ponts», a-t-il poursuivi, pointant du doigt les lignes particulièrement exposées au large de l’Afrique orientale sur l’océan Indien.

«Sensibiliser les Etats»

«Le problème de la piraterie est en train de bouleverser le commerce mondial dans cette zone», a alerté Christian Garin, président de la fédération patronale, qui demande au président de la République, Nicolas Sarkozy, de profiter d’être à la tête du G20 «pour sensibiliser les Etats à la sécurité du commerce mondial.

A cette insécurité, mettant en danger l’intégrité des équipages, s’ajoutent, en ce début 2011 pour les armateurs français, les incertitudes sur la reprise mondiale et la volatilité des taux de fret, du fait de la surcapacité de la flotte.

Ainsi, dans le transport de produits secs en vrac (charbon, fer, céréales…), le seuil des 5.000 dollars par jour était enfoncé fin février-début mars, à un niveau de taux de fret où les coûts opérationnels ne sont même pas couverts. Tout comme celui dans le transport de pétrole brut descendu sous les 10.000 dollars par jour fin janvier. Jouant aux montagnes russes, ils sont toutefois fortement remontés depuis.

«Des inconnues nombreuses»

Quant au transport de conteneurs, «2011 devrait être moins florissante» que 2010, estime Armateurs de France. Dans ce secteur, Drewry, l’analyste indépendant britannique, calcule cependant que les opérateurs devraient dégager des bénéfices cumulés de l’ordre de 8 milliards de dollars, certes inférieurs à ceux de l’an dernier, mais loin des pertes estimées à 20 milliards en 2009, au plus fort de la crise.

«La volatilité semble plus que jamais, de mise et les inconnues demeurent nombreuses», a souligné Armateurs de France, à commencer par l’évolution du prix des carburants.

30/03/11 (B597) Le journal de la Flibuste – Un pétrolier koweïtien capturé dans le golfe d’Aden – Les navires de la Flotte du Nord de Russie prendront le relai de la lutte anti-piraterie – l’arrivée du navire Hannibal II à Djibouti (3 articles)

____________________ 3 – Radio Chine avec XINHUA

Un pétrolier koweïtien capturé dans le golfe d’Aden

Le MV ZIRKU, un pétrolier koweitien transportant du brut, a été capturé à environ 250 miles nautiques au sud-est de Salalah dans la partie orientale du golfe d’Aden à environ 09H00 heure locale lundi, a confirmé la force de l’Union européenne contre la piraterie (Atalane).

Le navire koweïtien battant pavillon émirati était en route vers Singapour en provenance de Bashayer (Soudan) lorsqu’il a été attaqué, a déclaré l’Atalane.

Le MV Zirku a un équipage de 29 membres (1 Croate, 1 Irakien, 1 Philippin, 1 Indien, 3 Jordaniens, 3 Eqyptians, 2 Ukrainiens et 17 Pakistanais), a confirmé la même source. Toutefois, il n’y a pas plus d’informations sur l’équipage à l’heure actuelle.

Les missions principales de l’Atalane sont d’escorter les navires marchands transportant de l’aide humanitaire du Programme alimentaire mondial (PAM) et les navires de la mission de l »Union africaine en Somalie. Elle protège également les navires vulnérables dans le golfe d’Aden et l’océan Indien et surveille les activités de pêche au large des côtes de la Somalie.

____________________ 2 – La Voix de la Russie

Les navires de la Flotte du Nord de Russie prendront le relai de la lutte anti-piraterie

Les navires de la Flotte du Nord de Russie prendront le relai de la lutte anti-piraterie, a annoncé aux journalistes le commandant par intérim de la Flotte Andreï Volojski.

« La flotte du Nord et d’autres flottes de Russie ont pour mission d’escorter des navires russes et étrangers dans les zones à risques de l’Océan Indien », a dit l’amiral. Il a rappelé que l’année dernière cette mission était accomplie avec succès par les navires anti-sous-marins « Amiral Levtchenko » et « Amiral Tchabanenko ».

__________________________ 1 – Investir

23/03 Tunisie : l’arrivée du navire Hannibal II à Djibouti

La compagnie aérienne Tunisair a envoyé un avion vers Djibouti pour rapatrier l’équipage du navire «Hannibal II», arrivé lundi 21 mars2011 au port de ce pays.

Au ministère du Transport et de l’Equipement on déclare que l’avion transporte, à son bord, une équipe médicale militaire et des représentants de la société propriétaire d’Hannibal II, à leur tête M. Férid Abbès.

Le navire «Hannibal II» compte 32 membres d’équipage, dont 22 Tunisiens libérés après le paiement de la rançon exigée par les pirates somaliens.

L’amiral Chédli Chérif avait mené les négociations avec les pirates en coordination avec l’état major des armées françaises.

26/02/11 (B593) Le journal de la Flibuste (Extraits depuis une semaine) – 49 migrants se noient dans le Golfe d’Aden – Deux navires iraniens ont franchi le canal de Suez – Des pirates somaliens ont capturé des Américains (3 articles)

_____________________ 3 – Afrik

Somalie : 49 migrants se noient dans le Golfe d’Aden

Quarante-neuf migrants somaliens qui tentaient de rejoindre le Yemen ont péri mardi dans le naufrage de leur embarcation, dans le golfe d’Aden, a annoncé ce jeudi le ministère yéménite de l’Intérieur, rapporte RFI. C’est l’un des rescapés qui a alerté les autorités après qu’il eut réussi à gagner la côte à la nage.

_______________________ 2 – Radio Chine

Deux navires iraniens ont franchi le canal de Suez

Deux navires militaires iraniens ont franchi dimanche 20 février le canal de Suez pour parvenir en Méditerranée, selon la télévision nationale iranienne. C’est le premier passage des navires de guerre iraniens à travers le canal depuis la révolution islamique en 1979.

Les deux navires, la frégate Alvand et le ravitailleur Kharq, devraient se rendre en Syrie.

Le canal de Suez, qui relie la mer Rouge à la mer Méditerranée, permet aux navires d’éviter une longue navigation autour de l’Afrique. L’Iran souhaite envoyer ces deux navires pour un entraînement en Syrie. L’objectif de cet entraînement est la lutte contre la piraterie en Somalie.

_______________________ 1 – Metro (Canada) avec AP

19/02 Des pirates somaliens ont capturé des Américains

Un couple d’Américains parcourant le monde depuis quelques années sur un yacht rempli de bibles a été capturé par des pirates somaliens, tandis que Washington a indiqué, samedi, évaluer les différentes options.

Les pirates ont affirmé qu’ils toucheraient les côtes de la Somalie, dimanche, ce qui réduit de façon draconienne les chances d’une opération de sauvetage rapide. Un couple de Britanniques, naviguant à bord de leur voilier, ont été capturés par des pirates et maintenus en otages pendant plus d’un an.

Les pirates somaliens ont attaqué le yacht Quest, vendredi. Deux jours plus tôt, l’un des leurs avait été condamné par une cour new-yorkaise à purger 33 ans de prison, pour avoir pris d’assaut le Maersk Alabama en 2009. L’histoire s’était conclue sur une spectaculaire opération de sauvetage, alors que les tireurs d’élite de la Marine américaine avaient tué deux pirates qui détenaient le capitaine du navire, Richard Phillips.

Jean et Scott Adam, un couple de la Californie, parcouraient les mers à bord de leur yacht depuis 2004, selon un site Web rédigé par les Adam. Deux autres Américains se seraient aussi trouvés sur l’embarcation au moment de l’assaut.

Selon le directeur du service de renseignements Dryad Maritime, Graeme Gibbon-Brooks, les probabilités que les Américains soient blessés sont faibles, puisque leurs assaillants ne pourraient plus réclamer de rançon s’ils l’étaient.

L’armée américaine a spécifié qu’elle surveillait la situation.

Matt Goshko, un porte-parole de l’ambassade américaine au Kenya, qui supervise la Somalie, a ajouté que des rapports faisaient état de quatre ressortissants américains à bord du Quest. Toutes les agences américaines concernées suivent le déroulement de ces événements de près, a ajouté M. Goshko.

Les pirates somaliens ont sans cesse augmenté le nombre d’attaques au large de la côte est de l’Afrique et ce, malgré l’importante flottille internationale de navires de guerre assurant la protection des cargos empruntant les voies maritimes risquées de la région. Des rançons de plusieurs millions de dollars ont été versées et les sommes exigées ont considérablement augmenté

16/02/11 (B591) Le journal de la Flibuste – l’OMI demande le respect des consignes de lutte contre la piraterie

_______________ 1 – Quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

Somalie: l’OMI demande le respect des consignes de lutte contre la piraterie

L’échec de la pleine mise enoeuvre des directives de l’Organisation maritime mondiale (OMI), notamment les pratiques élaborées par l’industrie maritime, risque de se traduire par une augmentation significative des actes de piraterie », a mis en garde lundi l’OMI dans un message adressé aux États membres.

Au 14 février, 685 marins de toutes nationalités et 30 navires étaient retenus en otage au large des côtes somaliennes, reflétant une dégradation progressive de la situation et les limites de l’efficacité du déploiement de forces navales internationales dans le Golfe d’Aden et dans l’Océan indien. Plus inquiétant selon l’OMI, « les récentes attaques contre des bateaux naviguant à de grandes distances des côtes somaliennes, dans des zones jusqu’à présent considérées comme relativement sûres ».

Pour lutter contre ce fléau, l’agence onusienne a lancé après le 3 février un plan d’action anti-piraterie qui vise six objectifs principaux pour 2011: augmenter la pression au niveau politique pour obtenir la libération de tous les otages, améliorer les directives de l’OMI pour promouvoir le respect des meilleures pratiques et des mesures préventives recommandées, promouvoir des niveaux plus élevés de coordination avec des forces navales étrangères, promouvoir les procédures de coopération entre les États, les organisations régionales et l’industrie du commerce maritime, aider les États à renforcer les capacité d’action, pour dissuader, interdire et traduire en justice les auteurs d’actes de piraterie, offrir des soins et une prise en charge psychologique aux victimes et à leurs familles.

Dans une circulaire adressée lundi à tous ses membres, l’OMI prévient « que les forces navales opérant au large des côtes de la Somalie signalent qu’une proportion beaucoup trop élevé de navires transitant dans le Golfe d’Aden et l’Océan Indien ne sont pas enregistrés auprès du Centre de sécurité maritime de la Corne de l’Afrique, n’utilisent pas le système facultatif de comptes rendus du Centre d’opération du commerce maritimes du Royaume Uni de Dubaï (UKMTO), ne montrent pas de mesures de dissuasion visibles et ne tiennent pas compte du système d’alerte mis en place ».

Elle demande donc à « toutes les administrations concernées, en particulier, les organismes représentants l’industrie maritime – associations des gens de mer, armateurs et entreprises- à prendre des mesures pour veiller à ce que les capitaines des navires reçoivent des informations à jour et que toutes les mesures préventives recommandées, notamment celle d’évitement et de défense, sont pleinement et efficacement appliquées ».

« Malheureusement, il existe des preuves troublantes montrant que, dans de trop nombreux cas, ces conseils ne sont pas transmis aux compagnies maritimes ou à leurs navires, ou bien ne sont pas mis en oeuvre », précise la circulaire de l’OMI, qui encourage également « les gouvernements des pays membres à déployer davantage d’efforts pour fournir une surveillance navale et aérienne supplémentaire, et toutes les autres ressources nécessaires, par tous les moyens possibles ».

L’OMI poursuit en appelant « les administrations à fournir des informations aux forces de sécurité opérant dans le Golfe d’Aden et l’Océan Indien ». Elle rappelle à cet effet la mise en place d’un Centre de distribution de l’information (CDI) destiné aux forces de sécurité opérant au large, « afin qu’elles disposent d’une image plus précise des itinéraires des navires marchands croisant dans la zone, puissent fournir davantage d’avertissements sur l’activité des pirates en temps opportun et facilitent les interventions contre la piraterie en déployant de manière plus efficace des ressources navales et militaires disponibles ».