20/09/08 (B466) Portail des sous-marins / La Somalie accuse les puissances occidentales de ne pas faire grand chose pour combattre la piraterie.

La région semi-autonome du Puntland a accusé la communauté internationale de ne pas vouloir combattre les activités des pirates dans les eaux somaliennes.

Abdul Kadeer Yusuf Muse, le vice-ministre du Puntland pour les ports maritimes a déclaré vendredi que les puissances occidentales dont les bâtiments sont dans les eaux somaliennes ne sont pas décidées à supprimer la piraterie de la région.

“L’attaque récente menée par la marine nationale montre que les pirates ne sont pas puissants et peuvent être facilement écrasés, mais nous pouvons dire que les puissances occidentales font autre chose en Somalie,” a déclaré vendredi Abdul Kadeer Yusuf Muse à des journalistes à Bosaso.

“Les puissances occidentales volent notre poisson dans les eaux somaliennes, mais ne vont pas nous aider à lutter contre les pirates. Nous avons compris ça après avoir réuni plus d’informations,” a ajouté le vice-ministre.

Le vice-ministre a expliqué que les pirates somaliens étaient très faibles et qu’ils ne pourront se défendre si une véritable guerre est lancée contre eux.

“Nous demandons à la communauté internationale de nous aider à éradiquer la piraterie en Somalie,” a-t-il indiqué.

Dans le même temps, le représentant des Nations Unies pour la Somalie Ahmedou Ould Abdallah a déclaré vendredi que la piraterie dans les eaux somaliennes était un risque mondial et nécessitait une action internationale pour être détruite.

Le diplomate a expliqué que la communauté internationale avait un devoir envers la piraterie somalienne et que c’était de la détruire.

“Je vais rédiger un document spécial à propos des pirates en Somalie et je vais le présenter au Conseil de Sécurité de façon à ce qu’une action immédiate puisse être entreprise,” a-t-il déclaré, ajoutant qu’il croyait que la communauté internationale était à la veille d’éradiquer la piraterie somalienne.

Ould Abdallah a précisé qu’il organiserait une réunion spéciale avec des responsables du gouvernement somalien et de l’Alliance for the Re-Liberation of Somalia pour discuter comment une action commune pourrait être menée.

En juin dernier, le Conseil de Sécurité avait approuvé une résolution pour que les grandes puissances puissent envoyer leurs navires dans les eaux somaliennes pour combattre la piraterie, mais aucune mesure réelle n’a été prise pour l’instant pour la faire appliquer.

12/09/08 (B464-B) Portail des sous-marins / Somalie : les otages français seraient en bonne santé.

Bien qu’aucun contact direct n’ait pu être établi avec eux, Andrew Mwangura, du East African Seafarers’ Assistance Programme basé au Kenya, pense qu’ils sont en bonne santé.

Mercredi, Andrew Mwangura avait indiqué que les pirates exigeaient une rançon 1,4 million $ (1 million €).

Ils veulent aussi obtenir la libération de 6 de leurs collègues arrêtés par la marine nationale en avril dernier pendant l’opération des commandos sur le Ponant.

09/09/08 (B464-B) Portail des sous-marins / Des pirates capturés en Somalie : l’US Navy dément

Un porte-parole de l’US Navy a démenti les informations publiées dans la presse selon lesquelles des bâtiments de la coalition CTF-150 avaient capturé 14 pirates somalien dans le golfe d’Aden et détruit leur embarcation.

Aucun bâtiment de l’US Navy n’a été implique dans un incident de ce type, et la porte-parole a ajouté qu’elle n’était pas informée qu’aucun autre bâtiment de la coalition CTF-150 ait été impliqué dans cette capture.

09/09/08 (B464-B) Portail des sous-marins / Le Yacht français aux mains des pirates somaliens pourrait être utilisé comme leurre (Info déjà publiée en Anglais)

Un avertissement a été envoyé par Andrew Mwangura du Seafarers Assistance Programme (SAP) au Kenya à tous les navires naviguant dans la région de la Corne de l’Afrique. Le voilier français Carré D’as IV, capturé il y a une semaine par des pirates somaliens, pourrait être utilisé comme leurre lors de l’attaque d’autres navires. Le SAP averti que le voilier est probablement ou sera utilisé pour envoyer des messages de détresse à d’autres navires, pendant que des embarcations rapides se cacheront derrière lui à la vue de tout navire venant à son secours.

Mwangura explique qu’une petite embarcation pouvant se cacher derrière le Carré D’as IV « transporte généralement de 5 à 7 pirates lourdement armés (bazookas, fusils d’assaut AK47, G3, FAL, M16, des lance-roquettes, ainsi que des grenades à main et/ou des mines). De telles embarcations peuvent mener un assaut rapide et puissant. »

Le responsable du SAP indique aussi que les otages n’ont, en réalité, pas été emmenés à Eyl, comme cela a été signalé. « Des informations en provenance directe de la Somalie indiquent que les otages (le couple Jean-Yves et son épouse Bernardette Delanne) ont été débarqués sur la côte somalienne près de Alula (écrit Caluula, ancien nom : Bendar Beyla) à la pointe de la Corne de l’Afrique, d’où une partie du groupe de pirates les a emmenés dans une cache éloignée dans les monts Xaabo (prononcé Hawo). »

Andrew Mwangura a indiqué que les pirates avaient fait des demandes inhabituelles pour la libération de ces derniers otages : « Les pirates somaliens qui détiennent le couple de français exigent pour leur libération une somme de plus d’1,4 millions $ (981.000 €) et la libération des 6 prisonniers somaliens que la marine nationale avait arrêté après la libération des otages du Ponant. »

Ces 6 pirates sont, depuis leur arrestation, en attente de jugement à Paris.

Tous les navires ont reçu le conseil de rester très au large de la côte somalienne, de naviguer en convois et de garder un œil particulier sur le Carre D’as IV. Tout navire voyant ce voilier doit se préparer à une attaque et informer immédiatement les autorités.

08/09/08 (B464) Portail sous-marins / Trois bâtiments militaires malaisiens arrivent au large de la Somalie.

L’espoir a réapparu au sein des familles des 63 otages malaisiens retenus en Somalie au moment où 3 bâtiments de la Marine Royale Malaisienne sont arrivés dans la région.

Les bâtiments, ayant des commandos Paskal (Paskuna Khas Laut) à bord, seraient arrivés samedi dans le golfe d’Aden.

Il s’agit du patrouilleur de haute-mer KD Pahang, de la frégate KD Lekiu et du navire de ravitaillement KD Sri Inderapura.

Les otages malaisiens sont retenus dans le village d’Eyl dans le nord-est de la Somalie.

Les malaisiens forment une partie des 191 otages pris par les pirates somaliens depuis le 20 juillet dernier. Les pirates ont attaqué au moins 9 navires au cours des dernières semaines.

Le chef de la marine malaisienne, l’amiral Datuk Abdul Aziz Jaafar, a indiqué que les bâtiments étaient bien équipés avec de l’armement et du personnel pour accueillir les otages lorsqu’ils seront libérés.

« Nous leur apporterons les premiers secours, de l’eau et de la nourriture. Notre mission est d’escorter les navires de commerce vers la Malaisie une fois que cet épisode sera terminé, » a-t-il expliqué, ajoutant qu’ils étaient prêts à toute éventualité.

« Les pirates ont dit à l’armateur qu’ils ne voulaient pas d’intervention gouvernementale. Donc, nous devons prendre en considération la sécurité des équipages.

« Nous espérons que l’affaire sera réglée dès que possible, sans effusion de sang. »

Il a indiqué que, bien que la mission ne prévoyait pas d’attaquer les pirates, le déploiement testerait les capacités de la Marine Royale.

Il a précisé que les 3 bâtiments resteraient « hors de vue » des navires retenus pour ne pas mettre en danger les négociations menées par l’armateur.

A la suite des attaques, le bureau du premier ministre avait demandé à la Marine Royale d’escorter les navires malaisiens dans le golfe d’Aden.

« Nous ne pouvons le faire qu’à court-terme à cause de nos ressources limitées. Nous avons besoin de navires de nouvelle génération multi-missions, pouvant atteindre des vitesses de 22 nœuds et ayant d’autres capacités.

« La Marine Royale va escorter les navires malaisiens pendant la journée et placer des militaires sur le pont. Dans le même temps, l’armateur devra améliorer la sécurité de ses navires. »

Le Bureau Maritime International a identifié 4 principaux groupes de pirates opérant dans le golfe d’Aden, sur la route du canal de Suez.

Les groupes, armés de lance-roquettes et d’embarcations rapides, appartiennent aux Somali Marines, le National Volunteer Coast Guard, le Marka Group et le Puntland Group.

Dirigé par le chef de guerre Abdi Mohamed Afweyne, les Somali Marines sont les plus puissants dans la région.

L’amiral a expliqué que les lois internationales interdisaient aux navires de commerce d’être armés ou d’avoir des gardes armés à bord.

« De la même manière, les Etats-Unis et d’autres pays avaient demandé que leurs navires de commerce puissent être armés dans le détroit de Malacca mais cela a été refusé par les pays riverains (Malaisie, Indonésie et Singapour).

03/09/08 (B463) Portail des Sous-Marins / Piraterie en Somalie : pourquoi les solutions ne peuvent être trouvées en mer (Article recommandé)

_________________________________ Note de l’ARDHD

Cet article, publié par le Portail des sous-marins, confirme les thèses que nous avançons depuis de nombreux mois, à savoir que la piraterie est sous le contrôle d’organisations puissantes, capables de mettre en oeuvre des moyens logistiques importants et de disposer des soutiens bancaires nécessaires et fiables pour encaisser les rançons, sans risquer le gel de leus avoirs …

Ce ne peut pas être l’oeuvre de pirates pauvres, poussés par la faim ! Certes, il y a des pirates issus du Puntland ou de Somalie qui effectuent le travail, mais pas directement pour leur compte. Ils sont les employés spécialisés d’organisations basées dans des pays voisins (y compirs les Emirats) et qui ont la capacité d’affrêter des « bateaux-mères » avec leurs zodiac ultra-rapîdes et de fournir tout un arsenal : électronique (GPS, radars) et militaire (lance roquettes, etc…)

_______________________________ Portail des sous-marins

L’année 2008 est une bonne année pour les pirates somaliens

Par Rédacteur en chef

A la fin mai, il y avait déjà eu plus d’une douzaine d’actes de piraterie dans les eaux situées au large de la Somalie, et les attaques continuaient à un rythme régulier et effrayant.

Table des matières

  1. Un Etat oublié par le monde entier
  2. Leader mondial
  3. Prévention ou assistance aux groupes de pirates?
  4. Aller de l’avant

Pendant plus de 2 ans, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) avait demandé au Conseil de Sécurité des Nations Unies de prendre des mesures pour combattre la piraterie en Somalie, un phénomène qui a augmenté régulièrement, au point de devenir la plus importante industrie de ce pays dévasté.

Dans une décision sans précédent, le 2 juin, le Conseil a adopté la résolution 1816, qui autorise les bâtiments militaires étrangers à entrer dans les eaux territoriales somaliennes pour une période initiale de 6 mois (et qui sera probablement prolongée) pour utiliser “tous les moyens nécessaires” pour réprimer les actes de piraterie et les vols à main armée en mer, dans le respect des mesures existantes des lois internationales.

Bien que la résolution soit bien accueillie par les compagnies maritimes, les assureurs, les vacanciers et les autres qui se retrouvent au large de la Corne de l’Afrique, elle fait peu de choses pour s’attaquer aux racines de la piraterie en Somalie, et par conséquent, se réussira probablement pas à stopper les actes de piraterie au large de ce pays en déshérence.

1 – Un Etat oublié par le monde entier

Bien qu’il y ait de nombreuses raisons pour la montée des attaques de pirates au large de la Somalie au cours des dernières années, l’indifférence occidentale envers ce pays doit être placée en tête de la liste.

Cela fait maintenant plus de 17 ans depuis la chute du régime de Siad Barre, le dernier semblant de véritable gouvernement national que la Somalie ait connu. Depuis, plusieurs autres crises internationales, depuis les Balkans, à l’Inde / Pakistan, l’Afghanistan et l’Irak, ont concentré l’attention du monde et relégué les conflits et les disputes régionales de “moindre importance” en dernière page des journaux.

Cela vient, bien sûr, s’ajouter à l’indifférence apparente du monde envers les questions africaines en général, à l’exception de cas sortant de l’ordinaire comme le génocide au Rwanda en 1994 et les guerres civils d’Afrique de l’Ouest alimentées par l’argent du diamant.

Même la guerre civile du Congo, entre 1998 et 2003, qui a impliqué au moins 8 pays et provoqué plus de 5 millions de morts — le plus grand nombre de morts depuis la 2nde Guerre Mondiale — , est resté largement ignoré de l’Occident.

Depuis 1991, la Somalie a glissé le long d’une pente brutale jonchée de clans guerriers, de mouvements séparatistes et d’interventions occidentales ratées qui ont, tout cela ensemble, attribué à ce pays l’honneur douteux de pouvoir être véritablement qualifié d’“Etat défaillant”.

Aujourd’hui, cette absence d’autorité centrale et d’intervention occidentale efficace a conduit l’anarchie somalienne à dépasser son rivage pour infecter ses eaux territoriales qui s’étendent le long d’un des carrefours maritime les plus importants, les approches de la mer Rouge.

Bien que la récente résolution du Conseil de Sécurité dirigée contre la piraterie somalienne soit un premier pas positif, l’étendue et la sophistication de la piraterie en 2008 signifie que la communauté internationale devrait agir à la fois sur terre et sur mer ; il reste à voir si la volonté existera d’agir sur terre.

2 – Leader mondial

Loin d’être un groupe de mécréants réunis par le hasard, drogués avec du khat et cherchant de l’argent facile, les pirates somaliens font partie d’organisations criminelles bien financées et organisées basées en Somalie, dans les régions semi-autonomes du Puntland et du Somaliland, ainsi que dans des états comme le Kenya, la Tanzanie, et les Emirats-Arabes-Unis.

Certains ont même suggéré que le Canada, qui accueille la plus importante communauté somalienne en dehors d’Afrique, pourrait aussi être le siège de cellules logistiques et d’organisation des pirates somaliens.

Les experts de la question disent qu’il y a 5 groupes principaux de pirates qui opèrent le long des 3.025 kilomètres de côte de la Somalie (les plus longues d’Afrique), chacun lié à un puissant chef de guerre qui, à son tour, a des liens avec le Gouvernement Fédéral Provisoire du président Abdullahi Yusuf, largement inefficace.

Bien qu’issue de l’opportunité de ne pas avoir d’autorité centrale pour l’empêcher, certains ont prétendu que la piraterie somalienne est en fait considérée par beaucoup dans le pays comme fournissant un service essentiel en régulant les eaux territoriales du pays et en empêchant la pêche illégale et le rejet de déchets toxiques.

Bien que cette évaluation auto-justificatrice puisse être rejetée par les compagnies maritimes occidentales dont les navires sont la cible des attaques, la pêche illégale dans les eaux somaliennes rapporte en réalité beaucoup d’argent. Les Nations Unies estiment que le pays perd chaque année près de 100 millions de $ à cause de la pêche illégale par des pays aussi divers que l’Espagne, la Corée du Sud et l’Egypte.

L’exercice du sens de devoir national des pirates, qui pourrait avoir commencé comme un exercice de protection maritime, est désormais devenu la plus importante industrie de Somalie.

Dans un pays où le revenu annuel moyen est au mieux de 600 $, un pirate gagne de 10.000 à 30.000 $ par an, un montant inaccessible pour la plupart des somaliens. Cette année seulement, les rançons payées ont atteint 800.000 $ pour un cargo allemand ; 700.000 $ pour un cargo hollandais ; 1,6 million $ pour un brise-glaces danois ; et les propriétaires du désormais célèbre yacht de luxe Le Ponant auraient payé 2 millions $ pour le faire libérer.

Pendant que les pirates somaliens retiennent généralement les navires battant pavillon occidental pour des rançons, les navires dont les propriétaires sont moins riches, sont utilisés comme base (“vaisseaux-mère”), permettant aux pirates d’attaquer des navires naviguant beaucoup plus loin en mer.

Dans le cas de l’attaque du Ponant, il a été attaqué à plus de 160 nautiques au large des côtes somaliennes par un gros chalutier battant pavillon du Yémen qui a lancé 2 embarcations rapides plus petites, chacun avec 6 pirates armés de AK-47 et de RPG (lance-roquettes).

L’utilisation de ces “vaisseaux-mère” signifie que la zone de danger pour les navires naviguant près de la Somalie s’est étendue très loin au large.

Il y a 5 ans, on conseillait aux capitaines de rester à au moins 50 nautiques au large de la Somalie.

Cependant, aujourd’hui, à cause de l’augmentation des attaques de pirates et de leurs capacités accrues, comme le GPS et les téléphones satellite, ce conseil a été étendu à 200 nautiques, et devra probablement encore être étendu après que le chalutier espagnol “Playa de Bakio” ait été attaqué à la fin juin par des pirates somaliens à 247 nautiques des côtes somaliennes.

3 – Prévention ou assistance aux groupes de pirates ?

Donc, quel effet aura la résolution de l’ONU sur la piraterie somalien ?

A court terme, il est probable que cette résolution réussira à réduire les attaques de pirates.

Les zones entourant directement les eaux territoriales somaliennes sont patrouillées par la CTF-150, une flotille de navires militaires actuellement commandée par un commodore canadien.

Les forces navales de la coalition ont connu des succès contre les pirates somaliens, comme l’opération de la marine nationale pour bloquer et arrêter les responsables de l’attaque du Ponant, et le succès de l’US Navy à obtenir la libération du pétrolier japonais Golden Nori.

Cependant, malgré ces succès, la CTF 150 et d’autres marines alliées ne peuvent espérer patrouiller et surveiller la totalité des eaux territoriales qui ont la taille de la partie terrestre de la Somalie, particulièrement parce que la zone de responsabilité de la CTF-150 s’étend depuis le nord de la mer d’Arabie jusqu’en mer Rouge et dans le golfe d’Oman.

En raison d’autres événements survenant dans la région, comme la contre-bande entre la côte de Makran au Pakistan et la péninsule d’Arabie, le trafic d’êtres humains, la recherche des armes de destruction massive, et la récente tension entre les Etats-Unis et l’Iran, les nations occidentales sont probablement incapables de consacrer suffisamment de forces navales aux eaux somaliennes pour traiter adéquatement la piraterie.

En fait, l’Histoire montre qu’une approche “off shore” au mieux marginalisera les pirates somaliens pendant l’application de la résolution de l’ONU, et ne réussira pas à régler le problème-clé de l’absence de tout gouvernement central.

La piraterie en Somalie a commencé à la suite de la chute du gouvernement Barre en 1991.

Il y a peu d’indications suggérant qu’elle ait commencé avant ça. Pendant le règne du l’Union des Tribunaux Islamiques, un regroupement de clans musulmans sunnites qui a contrôlé le sud de la Somalie en 2006 pendant 6 mois, les attaques de pirates avaient pratiquement disparu dans la vaste zone qu’ils dirigeaient puisqu’ils avaient rétabli un ordre qui n’avait pas été connu depuis près d’une génération.

Bien que considéré comme un gouvernement inacceptable par les puissances occidentales à cause des liens supposés des Tribunaux Islamiques et de l’accueil de militants d’al-Qaeda, ils ont cependant réussi à ramener la stabilité dans le sud de la Somalie pendant le court moment qu’ils ont passé au pouvoir.

Au cours des derniers mois, les Etats-Unis ont lancé des missiles de croisière Tomahawk depuis des sous-marins et des avions AC-130 ont effectué des passages en tirant sur tout ce qui bouge.

Ces tactiques ont rarement atteint leur objectif déclaré, et ont tué de nombreux civils, provoquant la colère des habitants et les poussant dans les bras de groupes comme les Tribunaux Islamiques. Lorsque des troupes étrangères ont débarqué en Somalie, le résultat a, trop souvent, été désastreux, à la fois pour les forces étrangères et les somaliens.

Le Canada et les Etats-Unis ont envoyé des troupes dans le pays au début des années 90. Le Canada a dû retirer ses forces à la suite du “Scandale Somalien”, et les Etats-Unis ont perdu 19 Marines en 1993 lors des événements qui ont été dépeints dans le film “La Chute du faucon noir”.

Le Pakistan, un autre membre de la CTF-150, a perdu la même année 24 soldats dans des combats contre une milice somalienne. Les troupes éthiopiennes, le plus important contingent d’un pays de l’Union Africaine, qui ont renversé les Tribunaux Islamiques et restent dans le pays pour assurer la sécurité, sont régulièrement la cibles d’insurgés somaliens, avec des dizaines de morts depuis 2006.

4 – Aller de l’avant

Compte-tenu des priorités et des engagements actuels, ainsi que des crises persistantes au Darfour et au Zimbabwe, il est très improbable que les nations occidentales vont engager un effort et des ressources importantes dans la résolution de la crise politique somalienne.

Tout aussi improbable, malgré ses meilleurs efforts, que l’Union Africaine, grâce à ses forces de maintien de la paix et ses négociateurs, soit capable de ramener la paix et la stabilité dans un pays qui a été ravagé par le chaos pendant tant d’années.

Une nouvelle approche est clairement nécessaire à la fois pour aider ce pays et en finir avec la piraterie au large de ses côtes.

Peut-être, cette approche reconnaîtra-t-elle finalement l’indépendance des régions du Puntland et du Somaliland, qui ont agi sans aucun contrôle de Mogadiscio depuis près de 20 ans et qui sont sur la ligne de front de la lutte contre la piraterie.

Bien que reconnaître de nouvelles entités politiques puisse être un jeu dangereux, l’alternative reste la famine persistante, la piraterie accrue, l’utilisation du pays comme refuge par les terroristes, et le risque que les disputes internes de la Somalie ne finissent par dépasser les frontières et contaminer les pays voisins plus qu’ils ne le sont déjà.

Reconnaître ainsi ces 2 quasi-états devrait leur permettre de renforcer leurs institutions, poussant les pirates vers le sud, vers des régions où manque la loi et l’ordre et, ainsi, facilitant leur contrôle par les forces de la coalition.

Bien que la récente résolution de l’ONU puisse réduire fortement à court-terme la piraterie dans les eaux somaliennes, cette action sera incomplète sans une stratégie complète visant à réduire les divisions politiques et restaurer une autorité centrale véritable en Somalie, des conditions qui permettent le maintien de la piraterie.
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Christian Bedford
est un chercheur de la marine canadienne
(conseiller politique pour la région Asie-Pacifique
au Quartier Général du Pacifique).

31/08/08 (B463) Portail des Sous-Marins / Des bâtiments de la CTF-150 vont patrouiller dans le golfe d’Aden pour lutter contre la piraterie

Les Etats-Unis et les forces navales alliées ont décidé de mener des patrouilles dans les eaux troublées du golfe d’Aden pour lutter contre la piraterie.

L’état-major de la 5è Flotte américaine à Bahrein a annoncé la mise en place d’une zone de sécurité maritime dans les eaux séparant les côtes de Somalie et du Yemen ; cette zone sera patrouillée par les forces navales alliées de la Combined Task Force 150 (CTF-150).

Dans ce point de passage naturel du trafic commercial, des pirates attaquent les navires de commerce dans cette région. Depuis l’institution de la CTF-150 à la suite des attaques du 11 septembre 2001 et le lancement de l’opération Enduring Freedom, les navires de la coalition ont régulièrement dû faire face aux pirates, la plupart opérant depuis la Somalie.

Le Cmdr. Jane Campbell, chargé des relations publiques de la 5è Flotte, a expliqué que la zone de patrouille pouvait être grossièrement décrite comme un rectangle au-dessu du golfe d’Aden, avec une présence navale alliée permanente. “Leur nombre variera, mais nous aurons toujours des bâtiments sur place,” a-t-elle précisé. “Ce n’est pas une solution à long terme ; c’est une opération à court terme, ponctuelle.”

Aux côtés des patrouilles des bâtiments de surface, des avions basés à terre, des hélicoptères embarqués et des drones aériens garderont aussi un oeil sur le golfe d’Aden.

La CTF 150 comporte des forces navales de France, Allemagne, Pakistan, Etats-Unis, Pays-Bas, Royaume-Uni et d’autres nations alliées. La task force est chargée d’assurer la sécurité maritime depuis la mer Rouge le long des côtes Est de l’Afrique et dans la mer d’Arabie vers le Pakistan et l’Inde, jusqu’à la zone de responsabilité des forces de la Flotte du Pacifique.

Les opérations se concentrent sur la lutte contre la piraterie, le trafic d’armes, d’êtres humains et de drogue.

La nouvelle campagne donnera un “regard concentré” sur qui va et vient dans la région, a précisé Campbell, avec des forces constamment à l’affût des pirates.

En juin 2007, le Carter Hall avait poursuivi le cargo danois Danica White, après qu’il ait été attaqué, détruisant les embarcations à la remorque des pirates. Mais l’équipage du bâtiment américain n’avait pu stopper le cargo avant son entrée dans les eaux somaliennes, un pays qui ne possède pas de gouvernement national. C’est ce type de complication que les nouvelles patrouilles doivent dépasser, a expliqué Campbell.

Elles vont aussi s’intéresser à ce qui se passe à terre dans ces situations, a-t-elle indiqué, comme ce que devient l’argent des rançons.

Le Bureau Maritime International, qui suit la piraterie maritime dans le monde, a publié le 26 aout un avis aux navigateurs dans le golfe d’Aden à la suite de l’attaque de 4 navires en moins de 2 jours. Il y a eu 176 attaques de pirates en 2008 dans le monde entier, selon les chiffres du Bureau ; 19 se sont déroulées dans le golfe d’Aden.

30/08/08 (B463) Portail des Sous-Marins / La marine indienne propose des patrouilles le long des côtes somaliennes.

A la suite des récentes attaques de navires au large de la Somalie et des menaces sur le commerce maritime, la marine indienne a proposé à son gouvernement d’effectuer des patrouilles régulières dans les eaux somaliennes, aux côtés des navires américains et de l’OTAN.

La proposition a été effectuée après que les pirates aient attaqué le Iran Deynat en Somalie le 21 aout dernier. Il y avait au total 24 membres d’équipage dont 3 Indiens. Le Iran Deynat naviguait de Pologne en Somalie.

La proposition d’effectuer des patrouilles régulières dans la région pourrait permettre une réponse plus rapide en cas d’attaques similaires à l’avenir. Elle pourrait conduire à des actions unilatérales ou même communes contre les pirates.

Le gouvernement provisoire somalien a autorisé le Conseil de Sécurité de l’ONU à autoriser d’autres pays à entrer dans les eaux somaliennes pour combattre les pirates. Les eaux somaliennes sont parmi les plus dangereuses au monde, malgré la présence de navires américains et de l’OTAN.

Des navires américains et de l’OTAN patrouillent depuis des années au large de la Corne de l’Afrique pour lutter contre la piraterie au large de la Somalie, où un gouvernement provisoire soutenu par l’ONU lutte pour restaurer l’ordre après 15 ans d’anarchie.