19/10/1999 – Le FMI accorde un prêt de 26,5 millions de dollars à Djibouti. DJIBOUTI.

Le Fonds Monétaire international (FMI) a débloqué un prêt de 26,5 millions de dollars sur trois ans à Djibouti sous forme de Facilités d’ajustement structurel renforcées (FASR) pour l’aider à « poursuivre le programme de réformes économiques » engagé depuis 1996, a annoncé mardi le FMI à Djibouti dans un communiqué.

Les administrateurs du FMI ont reconnu lundi que les critères de performance de l’économie djiboutienne entre 1996 et 1998 mettaient en évidence des « résultats positifs » en matière de réduction de la masse salariale et de « maîtrise de l’inflation », par exemple, qui est passée de 4,5% en 1996 à 2% pour l’année 1998. Selon le FMI, Djibouti a même renoué avec la croissance économique avec un taux estimé à 1% pour l’année 1998.

(Source AFP du 19/10/1999)

17/10/1999 – Le chef d’état-major des armées françaises se rendra à Djibouti du 17 au 19 octobre.

Le chef d’état-major des armées françaises se rendra à Djibouti du 17 au 19 octobre.

Le général Jean-Pierre Kelche y rencontrera le président Ismaël Omar Guelleh avec lequel il a déjà eu l’occasion de s’entretenir lors du voyage officiel de celui-ci à Paris, il y a plusieurs mois.

Né en 1942 et ancien élève de Saint-Cyr, Jean-Pierre Kelche a servi en Côte d’Ivoire et à Djibouti où il a commandé en 1985, avec le grade de colonel, le 5ème régiment interarmes d’outre-mer (RIAOM).

Après divers postes à l’état-major à Paris, il avait été promu général de division et désigné chef du cabinet militaire de l’ex-premier ministre Alain Juppé, en septembre 1995.

(source LOI)

10/10/1999: La justice britannique a de nouveau infligé un grave revers à Augusto Pinochet.

Feu vert à l’extradition de PINOCHET.
La justice inflige un revers à Pinochet

La justice britannique a de nouveau infligé un grave revers à Augusto Pinochet en autorisant vendredi son extradition vers l’Espagne pour l’ensemble des accusations de tortures lancées par Madrid contre l’ancien dictateur chilien.

La défense a désormais deux options qui légalement ne peuvent être menées de front: soit un appel, soit un recours direct au ministre de l’Intérieur Jack Straw demandant une libération du général, âgé de 83 ans, pour des raisons médicales.

« Nous allons faire appel », a immédiatement annoncé l’un des proches conseillers de Pinochet, Fernando Barros. Les avocats de Pinochet comme ceux du gouvernement chilien se refusaient à confirmer que tel était en effet la stratégie retenue.

A Santiago, un responsable de la droite d’opposition, Alberto Cardemil, a pour sa part assuré qu' »en ce moment même à Londres, à l’ambassade, on est en train de préparer une lettre du gouvernement chilien » à M. Straw.

Pinochet, excusé de l’audience pour raisons de santé, a immédiatement réagi au verdict en qualifiant de « politiquement motivée » la demande de la justice espagnole, qui veut le juger pour 34 cas de torture et conspiration commis pendant les derniers mois de sa dictature (1973-90).

Le juge Ronald Bartle a pour sa part souligné le caractère essentiellement technique de son jugement au tribunal londonien de Bow street: « Je dis fermement que cette procédure n’est pas destinée à décider de la culpabilité ou de l’innocence du général Pinochet ». Il a fait remarquer qu’il se prononçait uniquement sur le point de savoir si les crimes imputés à Pinochet étaient extradables.

« Aucune preuve n’a à être produite, le gouvernement de Madrid n’a pas l’obligation de démontrer le bien-fondé des accusations », a-t-il dit. Ce qui n’a pas empêché Pinochet de protester que « l’Espagne n’a pas produit un seul début de preuve montrant qu’il était coupable ».

Le juge Bartle a également rappelé que la convention internationale contre la torture, adoptée par la Grande-Bretagne en 1988 était « universelle », quoique Pinochet assure que l’Espagne n’a « pas de juridiction » sur le Chili.

Le sénateur à vie « ne bénéficie d’aucune immunité » pour les tortures qui lui sont reprochées, a encore estimé le juge.

« C’est un jugement qui va à l’encontre de l’impunité des dictateurs du monde entier », s’est réjoui Vincente Allegria, de l’organisation nationale des exilés chiliens à Londres. L’universalité du cas Pinochet est l’un des chevaux de bataille des organisations de défense des droits de l’homme telle Amnesty international, partie civile au côté de l’Espagne dans cette affaire.

Le jugement de vendredi « est professionnellement impeccable. Il est si solide qu’il sera très difficile pour un appel de réussir devant la Haute Cour », a estimé un avocat représentant Amnesty, Jeffrey Bindman.

Les partisans de Pinochet reconnaissaient eux aussi la portée du jugement, en affirmant qu’il « créait un précédent funeste dans les relations entre les nations ». « Un Etat est en train de tenter de juger l’histoire d’un autre pays », a encore accusé dans un communiqué un groupe de sénateurs de centre-droit chiliens venus à Londres soutenir la cause de l’ancien dictateur.

Le juge Bartle a conclu en déférant « le cas du sénateur Pinochet au ministre de l’Intérieur » Jack Straw, auquel revient la décision finale. Le verdict, survenant après un an d’imbroglio politico-judiciaire, a été salué par quelque 200 manifestants anti-Pinochet massés devant le tribunal, qui ont mêlé dans une clameur vengeresse l' »Assassin » et son indéfectible alliée « Lady Thatcher ».

(Source AFP du 8/10/1999)

10/10/1999: Le cas Pinochet : un pas de plus vers la fin de l’impunité des dictateurs.

Le feu vert britannique à l’extradition de l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, quatre mois après l’inculpation du président yougoslave Slobodan Milosevic pour crimes contre l’humanité, apporte de l’eau au moulin des partisans de la fin de « l’impunité des puissants ».

A contrario, l’affaire Pinochet, et le poids acquis par les tribunaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie (TPI) ou le Rwanda (TPR), pourraient aussi « effrayer » les Etats réticents à ratifier les statuts de la future Cour pénale internationale (CPI) de l’ONU, selon certains experts.

L’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International a salué vendredi dans l’autorisation d’extrader vers l’Espagne Augusto Pinochet l’entrée des « droits de l’homme dans une nouvelle ère ».

Le haut-commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Mme Mary Robinson, s’est réjouie d’un « message clair »: « ceux qui commettent, ordonnent ou tolèrent la torture ne peuvent plus être sûrs de jouir d’une retraite tranquille ».

Elle a affirmé sa conviction que le cas Pinochet « renforce la nécessité que les Etats ratifient le statut de la Cour pénale internationale », appelée à juger crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocides.

Un an après son adoption en 1998 à Rome, le traité instituant la CPI n’a été ratifié que par une poignée d’Etats. Au moins 60 ratifications sont requises pour que cette cour, dont le siège sera à La Haye, puisse voir le jour.

Au même titre que l’inculpation de Slobodan Milosevic devant le TPI — la première d’un chef d’Etat en exercice devant une cour internationale –, les poursuites pour tortures engagées en Espagne contre Augusto Pinochet constituent un précédent.

Cette fois, c’est la juridiction d’un pays qui, pour des crimes contre ses ressortissants, s’en prend à l’ex-dictateur d’un autre Etat souverain.

Justice nationale pour Pinochet, internationale pour Milosevic: à première vue opposées, les deux affaires témoignent pourtant du risque encouru aujourd’hui par les dictateurs d’avoir à répondre un jour de leurs actes.

« Le droit international a indéniablement avancé avec le TPI. Il y a dix ans, l’affaire Pinochet était tout simplement inimaginable », confiait cette semaine à l’AFP le juge français Claude Jorda, président de la 1ère chambre du tribunal de La Haye.

Sur la même longueur d’ondes, Louise Arbour, ex-procureur du TPI et du TPR, à l’origine de l’inculpation fin mai du président Milosevic, estime que la justice internationale a fait « plus de progrès au cours des cinq dernières années que dans les 50 précédentes ».

Pour la magistrate canadienne, « l’impunité des puissants ne fait plus partie du paysage pour le prochain millénaire ». Signe d’une sensibilisation internationale accrue à la question, les appels se multiplient aussi pour demander le jugement des responsables d’exactions au Timor Oriental, ex-colonie portugaise annexée illégalement par l’Indonésie en 1976.

Reste à déterminer cependant la portée réelle d’une « chasse » tous azimuts aux dictateurs et criminels de guerre. « Si le TPI avait été un fiasco complet, on ne parlerait même pas de CPI. Inversement, le fait qu’on a montré que c’était faisable, peut faire peur à certains Etats, d’où la réduction des pouvoirs de la future cour », relève M. Jorda, notant en outre l' »échec complet » du TPI à « prévenir la récidive ».

« C’est une de nos brûlures », souligne-t-il en évoquant la réédition au Kosovo, des atrocités de la guerre en Bosnie.

(A.F.P. du 8/10/1999)

09/10/1999 – fermeture des bars à Djibouti, qui étaient fréquentés en grande majorité par les étrangers et les soldats français.

Les autorités djiboutiennes ont fermé « définitivement » les bars et boîtes de nuits pour combattre la prostitution et préserver l’Islam.

Le ministre de l’Intérieur Abdallah Abdillahi Miguil a donné cet ordre samedi soir en expliquant qu’il entendait ainsi aider à combattre la « prostitution et préserver les bonnes moeurs de ce pays musulman ».

Cette mesure, « définitive », selon lui, permettra dans le même temps de combattre l’usage de la drogue qui a atteint « des proportions alarmantes », a-t-il ajouté.

Ces établissements situés dans la capitale de cette ancienne colonie française sont essentiellement fréquentés par des étrangers, dont les militaires de France qui maintient à Djibouti sa base militaire la plus importante du continent.

Le ministre a également annoncé que la consommation d’alcool ne sera désormais autorisée que dans des hôtels de plus de dix chambres.

Des mesures semblables avaient été annoncées dans le passé mais jamais appliquées en raison des pressions exercées par les milieux tirant bénéfice du sexe et de l’alcool. Ainsi, des bars s’étaient transformés en restaurants pour pouvoir continuer à servir de l’alcool.

(Dépêche A.F.P. du 4/10)

07/10/1999 – CONDAMNATION le 6/10 de M. MOUSSA IDRISS avec 14 sympathisants.

L’opposant moussa Ahmed Idriss condamné à 4 mois de prison.

moussa Ahmed Idriss, seul candidat de l’opposition djiboutienne à l’élection présidentielle d’avril 99 à Djibouti, et 19 de ses sympathisants ont été condamnés mercredi à 4 mois de prison ferme pour « violence et entrave à l’autorité de l’Etat », a annoncé radio Djibouti.

Tous les inculpés qui ont également été condamnés chacun à 500.000 Francs Djiboutiens d’amende, s’étaient opposés le 23 septembre dernier à l’interpellation de moussa Ahmed Idriss qui devait répondre d’une inculpation pour délit de presse.

Une personne était morte et des dizaines de personnes, dont six policiers, avaient été blessées lors de cette arrestation mouvementée, selon un bilan de la police.

Moussa Ahmed Idriss et deux autres prévenus doivent toujours être jugés pour la publication d’informations « portant atteinte au moral des forces armées », selon le procureur général de la République.

A cette fin, l’Assemblée nationale avait levé l’immunité parlementaire de moussa Ahmed Idriss le 16 septembre. L’ancien chef d’état-major de l’armée, Ali Meidal Wais, et le rédacteur en chef du journal Le Renouveau, Daher Ahmed Farah, tous deux responsables de l’opposition, ont été condamnés début septembre à 8 et 12 mois de prison ferme pour violation de la loi sur la presse et atteinte au moral de l’armée.

Ils avaient co-signé un article dans le mensuel le Temps, dont M. Idriss est directeur de Publication, reproduisant des propos de membres de l’aile radicale de la rébellion du Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD) qui disaient avoir abattu un hélicoptère de l’armée au début du mois d’août.

Selon le ministère de la Défense, il s’agissait d’un accident qui a fait huit morts.

Source A.F.P.

03/10/1999: L’initiative djiboutienne examinée par le Comité permanent sur la Somalie.

2 oct (SOURCE AFP) – Le Comité permanent sur la Somalie, réuni jeudi à Addis Abeba, a examiné la proposition djiboutienne dans le cadre de l’Autorité intergouvernementale de développement (IGAD, regroupant six pays d’Afrique de l’est), visant à impliquer la société civile somalienne dans le processus de réconciliation nationale du pays, a-t-on appris samedi matin de sources concordantes.

Au cours de la septième réunion du comité depuis octobre 1998, les représentants ont débattu de la proposition djiboutienne consistant à impliquer les anciens des clans, les autorités religieuses, le monde des affaires, les ONG, les groupes de femmes et de jeunes dans la réconciliation des Somaliens et la reconstitution de leur pays sans gouvernement central depuis 1991, a indiqué vendredi soir le ministère éthiopien des Affaires étrangères.

Les participants au Comité, qui ont « exprimé à la fois des espoirs et des frustrations » concernant l’état de la situation en Somalie, ont souligné « l’urgence de progrès tangibles. L’absence de progrès pourrait créer une désillusion chez ceux qui soutiennent financièrement le processus de paix et de réhabilitation de la Somalie », a souligné le ministère éthiopien.

Le Comité permanent, organe consultatif, présidé par l’Ethiopie, et comprenant 17 pays membres et organisations internationales, doit notamment se retrouver le 8 décembre à Nairobi après la réunion mi-novembre des pays membres de l’IGAD (Djibouti, Ethiopie, Erythrée, Ouganda, Kenya, Soudan, la Somalie n’ayant plus de siège permanant depuis 1991) afin « d’évaluer la meilleure façon d’assister le processus de paix mené par l’IGAD ».

La Somalie est déchirée par une guerre civile entre différents chefs de guerre depuis le renversement de Mohamed Siad Barre, en 1991.

02/10/1999: RSF s’inquiéte de la disparition d’Amir ADAWE et de sa probable incarcération en Ethiopie dans des conditions éprouvantes et dégradantes.

L’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) a appelé vendredi l’Ethiopie et Djibouti à donner des informations sur le sort d’un journaliste d’opposition djiboutien, qui serait détenu depuis plus de trois mois en Ethiopie.

RSF « s’est inquiété de la disparition d’Amir Adaweh, rédacteur en chef du journal La République, l’organe du Parti national démocratique (PND, opposition) », indique RSF dans un communiqué reçu par l’AFP à Nairobi.

L’organisation de défense de la liberté la presse a adressé deux lettres distinctes à Ali Abdi Farah, ministre djiboutien des Affaires étrangères, et à Wolde Woredwolde, ministre éthiopien de la Justice.

« Si celui-ci (le journaliste) est emprisonné en raison de ses activités de journaliste, nous vous demandons alors d’user de votre influence pour obtenir sa libération », a déclaré le président de RSF, Robert Ménard, cité par le communiqué. RSF croit savoir qu’Amir Adaweh est emprisonné depuis plus de trois mois à Harer, dans l’est de l’Ethiopie, « dans des conditions particulièrement éprouvantes ».

« Partis en vacances dans cette région, le journaliste et plusieurs autres personnes auraient été appréhendés par la police éthiopienne à la demande des autorités de Djibouti », poursuit le communiqué.

Une trentaine de membres du PND, dont Amir Adaweh, accusés d’avoir organisé une manifestation interdite, doivent être jugés en appel à partir du 13 octobre,
conclut-il.

(Sources AFP)