24/04/2012 (B653) RSF / Appel à la libération « immédiate et inconditionnelle » du directeur de Voice of Peace, au Puntland

Reporters sans frontières demande aux autorités de la région semi-autonome du Puntland (Nord-Est) de relâcher sans délai le directeur de la station Voice of Peace, Awke Abdullahi Ali, détenu à Bossasso depuis près de deux mois.

Aucune poursuite judiciaire n’a été lancée contre lui, alors que selon la loi, les détentions supérieures à 48 heures doivent être motivées par l’ouverture d’une instruction.

L’organisation demande également aux autorités du Puntland de cesser de harceler les journalistes. Elle s’inquiète enfin des violations de la liberté de la presse commises dans l’Etat autoproclamé du Somaliland (Nord) ainsi que dans la partie sud du pays, notamment dans la capitale Mogadiscio.

« En l’absence évidente de motivation légale pour son arrestation et sa détention, nous demandons la libération immédiate et inconditionnelle d’Awke Abdullahi Ali. Cette exigence de droit devient aussi humanitaire, car l’état de santé de ce journaliste se détériore de jour en jour. Nous demandons également la réouverture de sa station, » a déclaré Reporters sans frontières.

Awke Abdullahi Ali a été arrêté le 3 mars 2012 tandis que les locaux de la station de radio ont été fermés pour un temps indéterminé, et que les ordinateurs et les mixers ont été confisqués. Ces mesures feraient suite à la diffusion d’une interview du porte-parole de la milice Al-Shabaab, qui combat les forces de sécurité du Puntland dans le quartier de Gal-Gala, une banlieue de Bossasso.

Malgré l’interview du porte-parole du gouvernement pour contrebalancer le point de vue de la milice islamiste, cette émission aurait provoqué la colère des autorités à l’égard du directeur de Voice of Peace.

Ayant publiquement pris la défense de son confrère, le journaliste Abdiweli Hassan Gooni, coordinateur de l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ) au Puntland, a été appréhendé à son domicile de Bossasso, le 13 avril 2012. Interrogé sur ses articles dénonçant la détention injustifiée d’Awke Abdullahi Ali, il a été relâché le 16 avril, après trois jours d’incarcération dans des conditions éprouvantes.

Au Somaliland, détentions arbitraires et exils forcés

Au Somaliland, la situation n’est guère plus enviable pour les journalistes.

Trois d’entre eux ont été arbitrairement détenus au cours du mois dernier. Le 19 avril 2012, Mohamed Shaqale, journaliste pour la chaîne Somalisat TV, a été arrêté par les forces de sécurité à Las Anod, capitale de la région Sool. Activement recherché par l’armée, le reporter vivait en clandestinité depuis un mois.

Son ordinateur, son appareil photo, et ses enregistrements ont été confisqués. Libéré le 22 avril, il a été expulsé de la région par les autorités. Il vit désormais en exil forcé au Puntland.

Le 31 mars 2012, Ahmed Ali Farah, reporter pour la Royal Television et Somali 24, avait été arrêté à Las Anod. Quatre jours plus tard, un confrère freelance, Abdisamad Keyse, a lui aussi été arrêté alors qu’il venait lui rendre visite en prison.

Les deux journalistes ont été relâchés le 19 avril, après deux semaines de détention sans raison ni poursuites pénales. Interdit de séjourner à Las Anod par les autorités du Somaliland, Ahmed Ali Farah a été contraint de s’installer à Taleh (Taleex), une ville distante de 175 km au Nord-Est.

Le harcèlement que subissent actuellement les professionnels de l’information serait dû, selon la presse locale, à leur couverture de la conférence de Khatumo, en décembre 2011, où responsables politiques locaux et chefs traditionnels ont proclamé la création d’un nouvel Etat, le Khatumo, autonome du Somaliland et du Puntland.

Ce nouvel Etat regrouperait les régions de Sool, Sanaag et Cayn. La région Sool, au carrefour du Somaliland et du Puntland, reste revendiquée par ces deux territoires, entraînant un contrôle étroit des autorités du Somaliland sur l’information.

Il semblerait que les autorités du Somaliland tentent d’intimider, harceler et interroger tout journaliste qui était présent à la conférence d’indépendance. Mogadiscio : capitale sanglante Le 25 mars 2012, dix jours avant l’attentat du théâtre national de Mogadiscio ayant fait plusieurs morts ainsi que des victimes sérieuses parmi les journalistes (http://fr.rsf.org/somalie-sept-journalistes-blesses-dans-un-04-04-2012,42254.html), le journaliste Muhaydin Hassan Mohammed a subi une tentative d’assassinat à proximité de son domicile, dans le quartier Wadajir. Il a reçu une balle dans la partie gauche de sa poitrine.

Craignant pour sa sécurité face aux nouvelles menaces qu’il avait reçues depuis lors, ce journaliste du Shabelle Media Network a quitté son pays pour Nairobi, capitale du Kenya voisin.

Dans son bilan annuel 2011, Reporters sans frontières avait classé Mogadiscio parmi les dix lieux les plus dangereux au monde pour les journalistes. Avec 29 journalistes tués depuis 2007, la Somalie reste le pays le plus meurtrier d’Afrique pour les professionnels de l’information.

Il est classé à la 164e position, sur 179 pays, dans le classement mondial 2011-2012 de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières.

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Ambroise PIERRE
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17/01/11 (B587) Puntland / AFP : le Puntland rompt tout lien avec le gouvernement somalien

La région autoproclamée autonome du Puntland, dans le nord-est de la Somalie, a officiellement rompu tout lien dimanche avec le gouvernement de transition somalien, et ce jusqu’à la mise en place d’un « gouvernement fédéral légitime », a-t-on appris de source officielle.

Cette décision a été prise à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire dimanche à Garowe, la « capitale » du Puntland, selon un communiqué du gouvernement du Puntland parvenu à l’AFP à Nairobi.

Le conseil des ministres « proclame que le Puntland ne coopèrera plus avec le TFG (gouvernement de transition somalien) jusqu’à ce qu’un gouvernement fédéral représentatif et légitime soit mis en place avec l’accord des acteurs légitimes en Somalie », annonce le communiqué.

Le conseil « déclare que le TFG ne représente pas le Puntland dans les instances internationales et appelle le bureau politique des Nations unies pour la Somalie à revoir sa position et son soutien au TFG au détriment d’autres parties prenantes somaliennes », poursuit le communiqué.

Les autorités du Puntland, dans ce communiqué particulièrement virulent en forme de réquisitoire, reprochent notamment au gouvernement du président Sharif Cheikh Ahmed son échec à rétablir la sécurité, à instaurer un vrai fédéralisme et l’accusent de chercher à déstabiliser le Puntland et d’autres régions stables de Somalie.

Elles dénoncent ainsi « le manque de participation, de consultation et de représentation du gouvernement du Puntland lors du processus de paix de Djibouti en 2008-2009, qui a conduit la formation de l’actuel TFG ».

Le gouvernement du Puntland déplore également « la marginalisation du Puntland dans les initiatives et financements de la communauté internationale pour la reconstruction » du pays et accuse le TFG d’être « impliqué dans la création de milices armées anti-gouvernementales visant à déstabiliser les régions en paix de la Somalie ».

Contrairement au Somaliland voisin, le Puntland, fondé en 1998 par l’ancien président des institutions de transition Abdullahi Yussuf Ahmed, n’a pas fait sécession mais dispose de ses propres institutions et administration (gouvernement, Parlement) installées à Garowe.

Dans son communiqué, le gouvernement du Puntland propose l’organisation rapide d’une conférence de réconciliation nationale et apporte son « soutien » à la nouvelle politique à deux volets des Etats-Unis en Somalie.

Cette nouvelle approche, exposée fin septembre à New York par le secrétaire d?État adjoint aux affaires africaines Johnnie Carson, vise à contrer l?expansion des insurgés islamistes radicaux shebab, qui se réclament d’Al-Qaïda, tout en soutenant le TFG.

Elle met surtout l’accent sur un rôle accru des régions du Puntland et du Somaliland.

« Nous pensons que ces deux régions de la Somalie ont été des zones relativement stables sur le plan politique et civil et nous pensons qu?elles feront effet de rempart contre l?extrémisme et le radicalisme qui pourraient sortir du Sud » somalien, avait alors déclaré M. Carson.

Les insurgés shebab contrôlent la majeure partie du sud et du centre de la Somalie et ont juré la perte du gouvernement de transition qui ne contrôle que quelques quartiers de la capitale Mogadiscio, où les combats sont quasi-quotidiens. Le TFG ne doit sa survie qu’à la protection des quelque 8.000 de la force de l’Union africaine Amisom.

En comparaison, le Puntland et le Somaliland jouissent d’une relative stabilité.

Le Puntland abrite toutefois la majeure partie des pirates somaliens qui multiplient depuis 2007 les captures de navires contre rançon.

09/11/10 (B577) Puntland – Un journaliste libéré après 86 jours de détention (1 article)

_______________________ 1 – APO avec RSF

Somalie / Un journaliste du Puntland libéré après 86 jours de détention

Reporters sans frontières se réjouit de la libération du journaliste Abdifatah Jama Mire, directeur de la radio Horseed Media FM. Condamné à 6 ans de prison pour avoir diffusé un entretien avec un chef rebelle lié à Al-Qaida, il a été libéré le 8 novembre, après 86 jours de détention. Le journaliste a bénéficié d’une mesure de pardon de la part du président du Puntland, Abdirahman Mohamed Farole.

Reporters sans frontières déplore cependant que les journalistes au Puntland soient confrontés à de telles situations. La détention de Abdifatah Jama Mire et sa condamnation initiale à 6 ans de prison étaient iniques et contraires à la liberté de la presse. L’arrestation du journaliste a servi d’exemple et avait pour but d’amener la profession à s’autocensurer et de faire le jeu du pouvoir. Il est inadmissible que de telles mesures d’intimidation pèsent sur les professionnels de l’information.

16/10/10 (B573) Puntland – les pirates libèrent le ministre qu’ils avaient kidnappé (1 article)

_______________________________ 1 – Afrik.com

Somalie : les pirates libèrent le ministre qu’ils avaient kidnappé

Mohamed Rageh, le ministre des Pêches et des infrastructures maritimes de la région somalienne autoproclamée autonome du Puntland (nord-est), a été libéré aujourd’hui, affirme la BBC.

Sa libération est le fruit de négociations entre les pirates somaliens qui l’avaient enlevé enlevé vendredi et des personnalités locales. Selon les sources officielles, aucune rançon n’a été versée. Mohamed Rageh était détenu dans la ville de Jariban, un bastion pirate du nord est de la Somalie.

13/10/10 (B573) Puntland : un ministre détenu par des pirates (Afrik.com)

Le ministre des Pêches et des infrastructures maritimes de la région somalienne autoproclamée autonome du Puntland (nord-est), Mohamed Rageh, est tenu prisonnier dans la ville de Jariban, un bastion pirate du nord est de la Somalie.

L’attaque qui aurait causé la mort de deux personnes, un pirate et un garde, a eu lieu vendredi, rapporte aujourd’hui la BBC.

L’incident est un coup dur pour l’administration de Puntland, qui a adopté une ligne dure contre la piraterie.

Au cours des cinq dernières années, la région qui s’est déclarée autonome en 1998 a été la plaque tournante des opérations de piraterie en Somalie, en particulier dans le golfe d’Aden.

11/10/10 (B573) Le Puntland à la Pointe Somalie: des pirates enlèvent un ministre du Puntland (AFP)

Des pirates présumés ont enlevé lundi le ministre des Pêches et des infrastructures maritimes de la région somalienne autoproclamée autonome du Puntland (nord-est), Mohamed Rage, a-t-on appris de source sécuritaire et auprès d’un notable du Puntland.

« Nous recevons des informations selon lesquelles les pirates ont réussi à capturer le ministre et plusieurs de ses gardes armés alors qu’il tentait de fuir une intense fusillade », a déclaré à l’AFP un responsable de sécurité installé à Garowe (Puntland), Mohamed Abdirasak.

« Nous ne savons pas où les pirates l’ont emmené mais ils (le ministre et ses gardes) sont entre leurs mains et les forces de sécurité (du Puntland) préparent actuellement une opération de sauvetage », a-t-il ajouté.

Plus tôt lundi, le ministre de l’Intérieur du Puntland Ali Yusuf Ali avait annoncé à la presse que M. Rage était tombé dans une embuscade tendue par des pirates lourdement armés alors qu’il tentait de se rendre dans la localité de Garaad, sur la côte de l’océan Indien.

« Le ministre se rendait là-bas pour rencontrer des notables quand il a été attaqué. Il est sain et sauf, et sur le chemin du retour » vers Garowe, l’une des principales villes du Puntland, avait assuré M. Ali, précisant qu’un des gardes de M. Rage avait été tué et un second blessé dans l’embuscade.

Selon une source sécuritaire et un chef coutumier de la région, le ministre a finalement été enlevé alors qu’il tentait de rejoindre Garowe après la première fusillade.

Abdirahman Muhidin, un notable d’une localité située à proximité des affrontements a ainsi expliqué à l’AFP que des dizaines de pirates armés de lance-roquettes et de fusils d’assaut avaient prêté main forte au groupe qui avait tendu l’embuscade pour finalement neutraliser l’escorte du ministre.

« Ils ont pris le dessus sur ses hommes et ont saisi les véhicules. Selon nos informations, il est désormais leur otage », a déclaré M. Muhidin.

Plusieurs sources officielles du Puntland, interrogées lundi soir par l’AFP, ont refusé de commenter cette information.

01/10/10 (B571) – Les États-Unis raffermiront leurs rapports avec le Puntland et le Somaliland – Somaliland et Puntland prêts à coopérer sur la sécurité (2 articles)

___________________ 2 – OPA (avec US department of state)

Les États-Unis raffermiront leurs rapports avec le Puntland et le Somaliland

Les États-Unis ont l’intention d’engager un rapprochement avec les gouvernements du Puntland et du Somaliland dans le cadre de leur politique à deux volets consistant à contrer l’expansion de l’extrémisme terroriste tout en appuyant le gouvernement fédéral de transition en Somalie, a déclaré le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, M. Johnnie Carson.

Lors d’une conférence de presse spéciale tenue le 24 septembre à New York, M. Carson a souligné que les États-Unis appuyaient le processus de paix de Djibouti, le gouvernement fédéral de transition (GFT) et le gouvernement du président somalien, Cheikh Chérif Cheikh Ahmed.

M. Carson a dit aux journalistes que le premier volet de la politique américaine visait à aider le GFT à devenir plus efficace et participatif et à le doter des capacités nécessaires pour fournir des services de base à la population. Par ailleurs, les États-Unis continueront à ouvrer en vue de renforcer la mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM de son sigle anglais). Et l’engagement avec le Puntland et le Somaliland, a ajouté M. Carson, entre dans le cadre de ce second volet.

« Nous espérons être en mesure d’envoyer davantage de diplomates et de travailleurs humanitaires américains, de manière ad hoc, pour des consultations avec les responsables gouvernementaux sur les moyens de les aider à accroître la possibilité de fournir des services à la population et sur des projets éventuels d’aide au développement sur lesquels nous pourrions collaborer », a dit M. Carson. « Nous pensons que ces deux régions de la Somalie ont été des zones relativement stables sur le plan politique et civil et nous pensons qu’elles feront effet de rempart contre l’extrémisme et le radicalisme qui pourraient sortir du Sud. »

Les États-Unis, dans le cadre du second volet de leur politique, tendront la main à divers groupes des régions centrales et méridionales de la Somalie, aux gouvernements locaux et aux clans et sous-clans qui s’opposent aux shebabs, les extrémistes radicaux qui sévissent dans le sud du pays. Il s’agira de groupes qui ne sont pas officiellement ou directement alliés au GFT, a ajouté M. Carson.

« Nous chercherons les possibilités de travailler avec ces groupes et de déterminer qui ils sont, et essayerons de trouver les moyens d’appuyer leurs initiatives et activités de développement », a indiqué M. Carson.

Il a cependant souligné que les États-Unis se conformeraient à la position de l’Union africaine en ne reconnaissant qu’un État somalien unique.

Il a ajouté qu’en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, une conférence importante s’était tenue sur la Somalie sous les auspices du secrétaire général, M. Ban Ki-moon ; y avaient participé cinq chefs d’État africains et plusieurs ministres des affaires étrangères d’Afrique et d’Europe.

Le secrétaire d’État adjoint, M. James Steinberg, y a représenté les États-Unis et a énoncé la politique à deux volets, a déclaré M. Carson. Les problèmes en Somalie, dit-il, sont considérés comme un problème national pour le peuple somalien, un problème régional pour l’Afrique et un problème mondial.

« C’est un problème qui a métastasé au cours des deux dernières décennies, conduisant à une situation où nous avons maintenant des actes de piraterie internationale, des combattants étrangers arrivant en Somalie et certains groupes sur le terrain qui appuient les éléments résiduels de la cellule d’Al-Qaïda en Afrique de l’Est », a dit M. Carson.

La situation en Somalie constitue un problème régional en raison du grand nombre de réfugiés qui la fuient vers les pays voisins, notamment le Kenya, l’Éthiopie, l’Érythrée, le Yémen et Djibouti. Outre le flot important de réfugiés, il y a aussi le problème des quantités d’armes illicites qui sont acheminées en Somalie et du commerce illégal qui s’y produit, a-t-il ajouté.

« La Somalie est un État en effondrement avec un gouvernement faible, incapable d’imposer le pouvoir ou la stabilité et de fournir les services nécessaires à son peuple », a indiqué le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines.

Il a dit que par renforcement des rapports il entendait des rencontres périodiques avec les responsables des gouvernements du Puntland et du Somaliland pour discuter d’une vaste gamme de dossiers relatifs au développement, dont la santé, l’éducation, l’agriculture et les projets hydriques.

Le but est d’accroître leur capacité de gouverner et de fournir les services publics vitaux à la population, a souligné M. Carson, ajoutant que toutes les activités en Somalie seraient dirigées de Nairobi (Kenya).

Le processus de paix de Djibouti est une initiative africaine qui bénéficie de l’appui de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD de son sigle anglais), avait expliqué M. Carson lors d’une conférence de presse tenue en mars dernier sur ce processus. Ce dernier a aussi le soutien de l’Union africaine et de plusieurs États clés de la région tandis que les Nations unies, l’Union européenne, la Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique s’étaient déclarées en sa faveur, a déclaré M. Carson. Le processus de paix de Djibouti reconnaît l’importance de tenter d’avoir un gouvernement somalien fédérateur qui tienne compte de l’histoire, de la culture et des relations entre clans et sous-clans.

__________________________ 1 – IRIN (Nations unies)

Somaliland et Puntland prêts à coopérer sur la sécurité

Le Somaliland et le Puntland, deux territoires du nord de la Somalie autrefois en guerre, ont convenu, dans le cadre d’un accord de principe sans précédent, de collaborer pour faire face à des menaces de sécurité communes.

Les soldats des deux entités se sont affrontés dans le passé pour le contrôle des régions frontalières. Il existe également un désaccord sur la question de la souveraineté : le Somaliland a unilatéralement proclamé son indépendance en 1991, et le Puntland, tout en s’octroyant un certain degré d’autonomie, reconnaît Mogadiscio à la fois comme sa propre capitale et comme celle du Somaliland.

« On ne choisit pas ses voisins, qu’il s’agisse d’une région ou d’un Etat ; c’est pourquoi nous allons désormais coopérer avec l’Etat somalien du Puntland sur les questions de sécurité de la région [de la Corne de l’Afrique] », a dit Mohamed Abdi Gabose, ministre de l’Intérieur du Somaliland, le 26 septembre à Hargeisa, capitale du Somaliland.

« Bien entendu, cela ne signifie pas que nous nous unissions au Puntland, ni aux autres zones de conflit. Nous aborderons plus tard les problèmes [de sécurité] », a-t-il ajouté.

« Nous [le Somaliland] souhaitons dorénavant collaborer sur les questions de sécurité car il semble que certains groupes hostiles à la paix aient l’intention de menacer notre paix », a-t-il dit.

Ce rapprochement fait suite à une reprise des affrontements en juillet, à Galgala, une région située du côté Puntland de la frontière, entre les forces de sécurité du Puntland et les soldats fidèles à Sheikh Mohamed Said Atom, chef rebelle accusé d’entretenir des liens avec Al-Shabab, principal groupe islamiste opposé au Gouvernement fédéral de transition (GFT) somalien. M. Atom et Al-Shabab ont tous deux nié l’existence de tels liens.

« Bien sûr, le gouvernement [du Somaliland] est préoccupé par la guerre à Galgala car, que ces groupes gagnent ou perdent, ce ne sera pas bon pour le Somaliland : s’ils l’emportent, ils chercheront peut-être à étendre leur présence plus loin, au Somaliland », a prévenu M. Gabose.

En attendant, Hargeisa est confrontée à un autre problème de sécurité : un groupe armé qui prétend combattre pour libérer les régions frontalières de Sool, Sanag et Cayn (et qui porte leur nom) au Somaliland. Ce groupe, qui juge illégitimes le gouvernement et la souveraineté du Somaliland, dit avoir formé son propre gouvernement.

Un engagement plus ferme

« Nous nous réjouissons de l’ouverture du nouveau gouvernement du Somaliland et de son intention de résoudre les problèmes dans la paix et par le biais de négociations », a dit Abdihakim Ahmed Guled, ministre de l’Information du Puntland, au sujet des déclarations de M. Gabose.

Photo: Wikimedia Commons
Le Puntland et le Somaliland ont convenu de collaborer pour faire face à des menaces de sécurité communes « De notre côté, nous sommes heureux d’apprendre que le gouvernement du Somaliland est prêt à collaborer avec nous sur les questions de sécurité car à l’heure actuelle, de nouveaux groupes tuent des musulmans dans les mosquées de la région. Ces groupes ont commis des attentats suicides à Hargeisa par le passé, ainsi que dans le port de Bosasso, au Puntland ».

En attendant, certains membres de la communauté internationale se sont engagés plus fermement en faveur à la fois du Somaliland et du Puntland, notamment les Etats-Unis, qui prévoient de dépêcher sur place davantage de diplomates et de travailleurs humanitaires.

« Nous pensons que ces deux parties de la Somalie sont des zones de relative stabilité politique et civile, et qu’elles seront même un rempart contre l’extrémisme et le radicalisme qui pourraient émerger du sud », a dit Johnny Carson, secrétaire d’Etat adjoint aux affaires africaines, le 24 septembre.

Les Etats-Unis ont toutefois souligné que cette initiative ne marquait pas le début d’un processus de reconnaissance de l’indépendance du Somaliland.

En commentaire à l’initiative américaine, Sally Healy, chercheuse associée du programme Afrique de la Chatham House, a dit à IRIN : « Les deux territoires sont assez efficacement administrés par des autorités hostiles à Al-Shabab et à la montée de l’extrémisme en Somalie. Leur position stratégique est importante face aux menaces de sécurité qui émanent du Golfe d’Aden ».

« Ils ont des diasporas importantes et influentes en Occident. Alors il est tout à fait logique que les Etats-Unis fassent affaire avec eux, au lieu de mettre tous leurs œufs dans le panier du GFT, qui reste extrêmement fragile ».

02/09/10 (B567) Puntland – Un journaliste poignardé à mort au Puntland – un journaliste tué dans le nord à coups de couteau (3 articles)

_______________________ 3 – RSF

Un journaliste poignardé à mort au Puntland

Reporters sans frontières exprime sa profonde tristesse après l’assassinat d’Abdullahi Omar Gedi, journaliste de Radio Daljir, le 31 août 2010 à Galkayo, capitale de la région semi-autonome du Puntland. Vers 20 heures,alors que le journaliste revenait du travail, des inconnus l’ont attaqué et poignardé à six reprises au torse et aux jambes avant de s’enfuir avec son téléphone portable. Ce journaliste de 25 ans est décédé lors de son transfert à l’hôpital.

"Nous condamnons cette agression et la mort de ce jeune journaliste. Pour le moment, aucun mobile n’a été avancé et aucun suspect n’a été arrêté. Nous demandons aux autorités du Puntland de tout mettre en oeuvre pour faire la lumière sur cette affaire", a déclaré l’organisation.

Reporters sans frontières déplore une dégradation des conditions de travail des journalistes au Puntland. Fin 2009, Mohammed Yasin Isak, correspondant de Voice of America dans la région a rencontré de sérieuses difficultés qui l’ont empêché d’effectuer correctement sa mission d’information. D’abord pris à partie par la police, il a ensuite été blessé par balles lors d’un contrôle à un check-point.

Le 14 août dernier, Abdifatah Jama Mire, directeur de Horseed Radio FM, a été condamné à six ans de prison pour avoir diffusé un entretien avec un chef rebelle lié à Al-Qaïda. Plus d’informations : http://fr.rsf.org/somalie-un-journaliste-condamne-a-six-ans-14-08-2010,38152.html.

Abdullahi Omar Gedi est le troisième journaliste à perdre la vie en Somalie depuis le début de l’année 2010. Le 24 août dernier à Modagiscio, Barkhat Awale, directeur de Radio Hurma, a été victime d’une balle perdue alors qu’il se trouvait sur le toit de sa radio avec un technicien

(Plus d’informations : http://fr.rsf.org/somalie-combats-a-mogadiscio-un-26-08-2010,38224.html).

Sheik Nur Mohamed Abkey, journaliste à Radio Mogadiscio, a quant à lui été tué par des hommes armés le 4 mai 2010, alors qu’il rejoignait son domicile dans la capitale

(Plus d’informations : http://fr.rsf.org/somalie-assassinat-d-un-journaliste-radio-05-05-2010,37391.html).

_______________________ 2 – AFP

Somalie: un journaliste tué dans le nord à coups de couteau

Un journaliste somalien travaillant pour une radio locale indépendante a été tué à coups de couteau à Galkayo, ville du centre-nord de la Somalie, ont déclaré mercredi des collègues et des témoins.

Abdulahi Omar Gedi, employé à la radio Daljir, a été attaqué par des inconnus mardi soir alors qu’il rentrait du travail, a indiqué l’un de ses collègues, Abdulkadir Mohamed, interrogé au téléphone par l’AFP.

Il a été gravement blessé à coups de couteau et est décédé peu après son transport à l’hôpital.

"Nous ignorons pourquoi il a été tué, Abdulahi était l’un des journalistes travaillant dans la région", selon son collègue M. Abdulkadir.

L’incident a été confirmé par un autre journaliste local, Farhan, qui a dit à l’AFP avoir vu le corps à la morgue, qui portait des traces de coups de couteau.

Selon des témoins, habitants du quartier de Garsor, où a eu lieu le meurtre, Abdulahi a été stoppé par plusieurs assaillants qui l’ont poignardé à l’estomac jusqu’à ce qu’il tombe inconscient. Les assaillants ont pris la fuite.

"Des voisins sont venus lui porter secours, mais c’était trop tard", a expliqué l’un de ces témoins, Jama Moalim Ali.

Capitale de la région autonome de Galmudud, Galkayo, à environ 600 km au nord-est de Mogadiscio, jouit d’une relative sécurité par rapport au reste du pays. Divisée en deux, la ville marque la limite entre la région de Galmudud et l’Etat auto-proclamé du Puntland.

L’assassinat du journaliste a eu lieu dans un quartier sous contrôle des forces du Puntland.

Il s’agit du troisième journaliste tué cette année en Somalie, après le meurtre en mai dans la capitale d’un journaliste de Radio Mogadiscio, et le décès d’un autre journaliste, directeur de la radio Hurma, tué par une balle perdue le 24 août lors de combats dans la capitale.

________________________ 1 – Le Monde avec AFP

Somalie: un journaliste tué dans le nord à coups de couteau

Un journaliste somalien travaillant pour une radio locale indépendante a été tué à coups de couteau à Galkayo, ville du centre-nord de la Somalie, ont déclaré mercredi des collègues et des témoins.

Abdulahi Omar Gedi, employé à la radio Daljir, a été attaqué par des inconnus mardi soir alors qu’il rentrait du travail, a indiqué l’un de ses collègues, Abdulkadir Mohamed, interrogé au téléphone par l’AFP.

Il a été gravement blessé à coups de couteau et est décédé peu après son transport à l’hôpital.

"Nous ignorons pourquoi il a été tué, Abdulahi était l’un des journalistes travaillant dans la région", selon son collègue M. Abdulkadir.

L’incident a été confirmé par un autre journaliste local, Farhan, qui a dit à l’AFP avoir vu le corps à la morgue, qui portait des traces de coups de couteau.

Selon des témoins, habitants du quartier de Garsor, où a eu lieu le meurtre, Abdulahi a été stoppé par plusieurs assaillants qui l’ont poignardé à l’estomac jusqu’à ce qu’il tombe inconscient. Les assaillants ont pris la fuite.

"Des voisins sont venus lui porter secours, mais c’était trop tard", a expliqué l’un de ces témoins, Jama Moalim Ali.

Capitale de la région autonome de Galmudud, Galkayo, à environ 600 km au nord-est de Mogadiscio, jouit d’une relative sécurité par rapport au reste du pays. Divisée en deux, la ville marque la limite entre la région de Galmudud et l’Etat auto-proclamé du Puntland.

L’assassinat du journaliste a eu lieu dans un quartier sous contrôle des forces du Puntland.

Il s’agit du troisième journaliste tué cette année en Somalie, après le meurtre en mai dans la capitale d’un journaliste de Radio Mogadiscio, et le décès d’un autre journaliste, directeur de la radio Hurma, tué par une balle perdue le 24 août lors de combats dans la capitale.